‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 75 sur 341 · PA · texte numérisé non relu

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tobre 153i. Le commoncement de son pon- Ulicat fut inaïqué par l'indication d'im comile général à Mantouo, qu'il trans'iTn ensuite à Trente où la première session se tint le 13 décembre 15V5. Jl tit, avec renipeieui- et les Vénitiens, contre les Turcs, une ligue qui éclioua. 11 eng.igea, en 1338, les rois François I" et Cbarles-Quint à se trouver à Nice, où ils tirent une trêve de 10 ans, qui l'ut bientôt rom ue. Son zèle était ardent et s'étendait à tout- I! établit l'inquisition à Naples, ap|irouva la société des jésuites, condamna VJiHerim de Chailes- Quint , et se conduisit avec autant lie cin onspection que de f rmeté envers Henri VIll, roi d'Angleterre. Ceux qui attribuent le schisme de ce prince à la rigueur du pape ignorent les circonstances tle cet événement, et w réllécliisseiit I as ([u'un bnmme auquel six femmes n'ont pao sulli n'était point disposé à se contenter d'une. Jl est ceriain d'ailleurs qi^ le schisme était consommé avant Paul III. {Voij. Clément VII.) Paul III avait eu, avant d'embrasser l'i'tat ecclésiastique , une iille (|ui épousa Bos'o Sforce, et un tiN, nommé Pierre- Louis Farnèse, qu' il tit duc de Paime et de Plaisance. Ce his ingrat ré'pondit mal aux soins de son père; il gouverna en tyran. Ses sujets se révoltèrent et lui ôtèrent la vie. Le petit-fils de Paul Ili ne se comporta pas mieux que son père, et les chagrins (ju'il fit naître dans le cteur du pontire le niir. ut, spI m quelques-uns, au tomlieau, en 15'i.9, iî 84 ans. Près d'expirer, il s'écria, pénétré de douleur d'avoir souillé son âmi; pour des ingrats : Si mei non fucrint dominati , etc. Paul III aimait les lettres et la poésie, et récom[)eusait ceux c|ui les cultivaient. Il i ous reste quelques /..entres de liitératuro à Sndolet et à Erasme. li avait composé dus Remarques sur plusieuis Iipîtres de Cicéron.

P.'\UL IV (JciN-PiERRE Car affa) , doyen des cardinaux et archevêque de Tiiéate, autrement Chieti, dans le royaume de Napl-s, obtint la liare après Marcel II, en 1533, âgé de 80 ans. Il montra, dès le coajmencement

u'on nattenmenaça des

de son [)ontificat, une vi] dait pas de son gran^"

^ucur q âge. Il

foudres ecclésiastiques l'empereur Cluu'les- Quint, qui ne s'opposait pas avec assez de zèle aux luthériens, et se ligua avec la France, pour faire la cou |uètedu royaume de Naples sur la maison d'Autriche. Ferdirand ayant accepté l'emi^ire sans consullei- le saint-siégo, Paul IV le trouva fort mauvais. Il renvoya Vaaibassadeur de ce prince, qui, outré de ce procédé, ne se r ndit point à Home i>our se l'aire couronner : exemjile que tous ses successeurs iujitèrenl. Il travail'a beaucoup à la réformation des mceurs, obligea les ecclésiastiques ;v porter des habits confurnies à leur étal, condamna avec sévérité les livres impies, pun t les blasphémateurs, défendit les lieux infâmes, et chassa même de Rome ses neveux et leurs familles, parce qu'ils abusaient de leur auiorité contre les lois do la justice et de la religion; il ét( n.iit l'autorisé de l'inquisition comme un moyen nécessaire pi?ur contenir les progrès de l'erreur,

obligea les évoques à résider dans .eurs diocèses, et les religieux à rentrer dans leurs monastères, et travailla avec zèle à rétalHir la religion callioliqu'' en Angb^lerre, sous le règne de la reine Marie. Ou lui a reproché de ne pas avoir reçu favorablement l'envoyé d'filisabefi, qui é'ait venu lui annoncer l'avénement de cette princesse au trône : mais, si l'on considère les dispositions de (cUe reine, surtout sa haine profonde et sanguinaire, quoique d'abord dissimulée , contre les catholiques, on est convaincu que, par des ménagements quelconques, le pape n'aurait rien gagi;é sur elle. Il fulmina, en 1539, contre les hérétiques, une bu.'le ti'rrible par laipxelle il déclara tous ceux qui faisaient profession [)uolique d'héré>ie , déchus de leurs bénéfice'^, dignités, elc. Ce pontife érigea ensuite divers évèchés en archevêchés, et cré I de n^mviMux évècbés pour être leurs suffragants. Eulin, a rès avoir gouverné l'Eglise dans des temps pénib'es et dilhciles, il mourut le 18 août 1339, h 8i ans. Il s'éait Tcn lu recommandahle par son zèle, sa charité et la régularité de sa vie ; mais il n'en fut |)as plus aimé, sa statue fut insullée par la pOi)ulacequi la brisa el en jeta la tète dans le Tibre. On a de lui divers écrits : deSi/inbolo; de cmendanda lù-cleaiu;]n Règle des tlir'alins dont il fui l'instituteur avec saint (îaetan, et qui tirèrent leur nom de son évèché de Théate.

PAUL V (Camille Boiir.urcsF,), originaire de Sienne, né à Rome en 133-2, fut d'abord clerc de la chambre, et ensuite nonce en l'spagiie sous Clément VIII, qm lui accorda le chapeau de cardinal, il monta sur le trône ]iontiiicaI en iGOo, après Léon XI, et eut le tléji'aisir de voir s'élever un dilféieiid assez grave entre le saint-siége et la ré;iul>lique de Venise. Le sénat avait iléf ii m pai- deux décrets: 1" I' s nouvelles fondations de monastères, faites sans son concoui's ; -2° rali<^nation des biens-fonds, soit ecclésiastiques, soit sé.;uliers. Le premier décret fut donné en 1(J03, ei le deu.xième en 1G03. Le sénat fit arrêter vers le même temps un chanoine et un abiié, accusés de divers ciiiucs, et en atlriijua la connaissance à la justice séculière. C'en était plus qu'il n'en fallait pour olfenser le pontife. Clément ^III avait cru devoir dissimuler; mais Paul V, qui venait de faire plier les Génois dans une pareille occa'-ion, se llatia (jue les Vénitiens seraient aussi s(mples : il se trom|)a. I,e sénat soutint qu'il ne tenait que de Dieu le pouvoir de fau-e lies lois, sans distinguer la matière, ni les règ'es, ni les usag s reçus dans les états chrétiens. Il refusa de révoquer sesdécri^ts, et de reraetire les ecclésiastiques prisonniers entre les mains du nonce, comme le pape le demandait. Paul V, irrité, excommunie le dogo et le sénat, et met tout l'état en interdit, si ou ne lui fait satisfaction dans les 2i jours. Le sénat ne fit que protesler contre ce niouitoire,et eu défendit la publication dans toute l'étendue de ses Etats. Une foule d'écrits, lancés de part el d'autre, annonçaient l'animosité des deux partis. Les capucins , les

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thi^alins et les jésuites furent les seuls qui observèrent l'iutcnlit. Le sénat les fit tous emb.irquer pour Home, et les j(''suites furent bannis à perpétuité. Cepend'nt Paul V se. jiréparait ù soutenir les armes spirituelles j)ar les temporelles. Il levait des troupes contre les Vénitiens : ceux-ci se préparaient à lus repousser. Mais le pape, instruit par une lettre interceptée, que Fra-Paolo essayait, à la faveur de ce différend, d'introduire le calvinisme à Venise {Voy. Sarpi), s'adressa à M. d'Arlincourt, ministre de France, et alors le bon Henri IV se donna pour médiateur. Ses ambassadeurs à Rome et à Venise entamèrent la néi^ociation , et le cardinal de Joyeuse la termina en 1607. On convint que ce cardinal déclarerait à son entrée dans le sénat, que les censures étaient levées, ou qu'il les levait : et qu en môme temps ledoge lui remettrait la révocation de la protestation. On accorda le rétaldissement des religieux bannis, excepté celui des jésuites, qui furent réialilis ensuite. Enfui les Vénitiens promirent d'envoyer à Rome un ambassadeur extraoïdinaire, pour remercier le pape de ieur avoir' rendu ses bonnes grâces. Peu de temps après, parut le livre du jésuite Suarez, que Je parlement de Paris condamna. Paul V réclama contre cet arrêt, qui demeura suspendu après de longs débats. Lors de l'assemblée des états généraux, en 1614, ce pontife voulut faire recevoir en France le concile de Trente, mais il ne put l'obtenir. Il réclama également contre le livre de Kicber, docteur en Sorbonne, qui portait atteinte aux droits du saint-siége; l'ouvrage fut censuré, et le pontife s'apa sa. Sous !-on gouvernement les nestûriens-clialdécns se réunirent complètement à rE,j,lise lomaine. Paul V s'était aussi occupé de terminer- un auïred (rér(>nd,longtemjis agité dans Ic'^ congr-égations de Auxilii.t. Il fit diri' aux disputar.ts et aux consultanls, qrre, les congié,.;a ions l'tant linies, il faisait défense aux parties belligérant-'s de se censui'er nuitiiellement. Quelqru's auteurs ont avancé que Paul V avait dressé corrire la doctrine ne Molirra une bulle à la(|uelle il n'a man([ué que d'èlre promulguée; mais ce f it est demeur'é jusi|u'a présent s.ins autre preuve que le projet de cette bulle, qui se trouve à la lin de Vllisloij-ecles coni/réf/nlious de Auxiliis, du P. Serri, qu' ne se fonde que sur des [•elalions manuscrites de la congrégation dr AiiTillis, des PP. Frarrçois PL'gna et Thomas l.emos, airxqucls, selon le décret d'irrnocenl X, du 2;J avi-il ItiS'i-, il ne f.iut nuHemcirt ajouter foi. « Tout ce cpii put in- « téresser à ce sujet la sagesse tlu souverain o porrtife, dit l'alibé |{rraiill,ce fut de main- « tenir la concorde entr-e les écoles catlioli- « qrres, et de réprimer la témérité des doc- « leurs, rpri vouiaierrt dévoiler des mystères « sur lesquels l'Apôlr'e, élevé jusqu'arr Iroi- « sièine cnl, ne savait que s'écrier: 0 pro- « fondeur des In'sois de In sai/esne et de la « science de Dieu,! Il est de foi que l'homme « fait le jiicrr libr'cment, et ((ue la gi'Ace lui « est absoluiirent irécessaire pour les œuvres « du salut ; que la grâce ne nuit point au

« libre arbitre, et que le libre arbitre n'ôte rien au pouvoir de la grAce : voilà deux vérités qu'il faut croire simplement, et qui font également la matière dr notre foi. Mais on ne s'est pas tenu à la substance du mystère ; on a voulu, pour ainsi dire, eir faire l'analyse et en connaître le mode, ou la manière d'être. On a demandé comment, terme qui, en nos mystères, annonce près que toujours la témérité, on a demandé « comment la grâce s'accoi-rlait avec le libr'e » arbitre ; comment le libre arbitre agissait « sous la main de la grâce, et conrment la « grâce disposait de l'activité du libre aibi- « tre ; quelle part ils avaieirt encore chacun « à l'accomjjlissemerrt des préceptes et au « mérite des bonnes œuvres. Objets sagement « voilés à nos yeux, afin que nous attendions « tout du ciel, et qu'en mémetemps nous fris- « sions tout ce qui est en notre pouvoir, afin « que noiresaluts'opérât avec crainte ettrem- « bleiuent,ettout à la fois avec d'autant plus « d'assurance , que nous mettrions moins de « confiancedansnosfaibles elToris. » Voy. Le- Mos , Lessius, MonNi. On pressa Paul V, non moins vainemerrt, de faire un article de foi de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge. Paul se contenta de défendre d'enseigner publiquement le contraire. Ce grand pontife mit le même discernement dans l'affaire de Galilée, ne condamna que le ton décisif avec lequel il soutenait une opinion incertaine en elle-même {Voy. Copermc) et contraire à la lettre de l'Ecriture; il lui permit même de la soutenir conrme uire hypothèse astronomique ; mais Galilée mi' dans sa conduite un fanatisme de sufiisance et d'orgueil, (|ui, aux yeux des sages, le l'endit inexcusable. « Il exigea » (écrrvit Guichardin, ambassadeur de Toscane, au gr-and-duc, dans urre dépêche du k mai-s IGKi) «que le « pape et le saint olîice déclarassent le sys- « tèrae de Copr rnic fondé sur la Bible; il as- « siégea les antirhambres do la cour et des « palais des car'dinaux; il répandit mémoi- « les sur mémoires. Galilée, ajoute l'ambas- « sadcur', fait plus decas de son opinion que « de celle de ses amis. Après avoir persé- « culé et lassé plusieurs cardinaux, il s'est « jeté à la tête du cardinal Orsini. Celui-ci, « sairs ti'op de prudence, a pressé vivement « S. S. d'adhéi'er aux désirs de Galilée. Le « p'i'e fatigué a rompu la conversation... « Galilée met un extrême emportement en « tout ceci, et il n'a ni la force ni la sagesse « de le surmonter. Il pourra nous jeter « tous dans de gramls embari-as; je ne vois « lias ce qu'il |)eut gagner ici par un pirjs « long séjour. » (Voy. Galilée et Urbain VIII.) Paul V s'appliqua à embellir' Rome, et à y rassembler les plus beaux ouvrages de peirUure cl do sculpture. Cette ville lui doit ses phrs belles fontaines, sirr'tout celle qui fait jaillir l'eau d'un vase anlitpie, tiré des Therrrres de Ves|)asien; et celle qu'on appela YAcriiKi l'aoln, ancien ouvrage d'Auguste, que Paul V rétablit. Il y fit conduire l'eau par un aqueduc de 35,000 pas, h l'exemiile de Sixte-Quint. Il acheva le fiontisoicc de Saint-

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Pierre et le magnifique palais de Monte-Cavallo. Il s'appliqua surtout à relever et à réparer les anciens monuments, et à les faire servir, autant que leur nature le comportait, à la gloire du christianisme, comme Texprirae élégamment l'inscription placée sur une colonne de porphyre, tirée du temple de la Paix, et portant une belle statue de la Vierge, à côté de l'église de Sainte-Marie- Majeure :

Impura falsi templa

QiioïKlaninuniinis

Jubente niasia perlerebain Cœsare.

Nunc Iscla veri

Perl'erens Matrein Dei

Te, Paule, nuilis obticebo sœculis.

Son pontificat fut honoré de plusieurs illustres ambassades. Un roi du Japon, celui de Congo, et quelques princes des Indes lui euvoyèrent des ambassadeurs. Le pontife eut soin de leur donner des missionnaires, et de fonder des évécliés dans ces pays nouvel'ement conquis h la foi. Il témoigna la même -itîeclion aux Maronites et aux autres chrétiens orientaux. Il envoya des léî^ats à divers princes orthodoxes, soit pour leur témoigner son estime, soit pour les confirmer dans leur zèle pour la religion, et termina sa carrière le 16 janvier 1621, à 69 ans, après avoir confirmé l'Oratoire de France, les Ursuiines, l'ordre de la Charité, et cpielques autres instituts. « Jamais pape, « dit un historien moderne, n'a plus approu- « vé d'ordres religieux et de congrégations « différentes, persuadé qu'il ne peut y avoir « trop d'asiles à la piété, et que, comme Dieu « ne conduit |)as tous les houniics par la « môme voie, il est à propos de leur ouvrir « différentes routes par où ils puissent aller « à lui.» Paul V, ferme dans ses prétentions, grand dans ses vues, mais pas toujours assez éclairé dans les moyens, brillait plus par sa ■piélé et son devoir que par sa politique. On a remarqué qu'il ne passa aucun jour de sou pontificat sans célébrer la messe, malgré ses infirmités ordinaires, et l'embarras des affaires les plus épineuses. Il ordonna à tous les rciijiicux d'avoir, dans leurs études, des professeurs pour le latin, le grec, l'hébreu et l'arabe; décret qui u'a eu qu'une exécution très-imparfaite.

PAUL DE SAMOSATE, ainsi appelé parce qu'il était de la ville de Samosale sur l'Euphrale, fut nommé patriarche d'Antioche, l'an 2G0 de J.-C. Zénobie régnait alors en Syrie, et sa cour rassemblait tous les hommes célèbres par leurs talents et par leurs lumières. Elle y appela Paul de Samosate, admira son éloquence, et voulut s'entretenir avec lui sur les dogmes du christianisme. Cette princesse préférait la religion juive à toutes les autres, et ne pouvait se résoudre à confesser les mystères de la religion chrétieiuie. Pour affaiblir cette répugnance, Paul tàch.i de réduire les mystères à des notions toutes naturelles. Il dit à Zénobie, que « les « trois Personnes de la Trinité n'étaient « point trois Dieux, mais trois attributs sous

« lesquels la Divinité s'était manifestée aux « hommes; que Jésus-Christ n'était point « un Dieu, mais un homme auquel la sagesse « s'élail communiquée extraordinairement, « et qu'elle n'avait jamais abandonné...» Paul de Samosate ne regarda peut-être ce changement criminel dans la doctrine de l'Eglise que comme une condescendance propre à faire cesser les préjiigés de Zénobie. Mais lorsque les fidèles lui reprochèrent cette prévarication, il s'efforça de la justifier, en soutenant qu'en effet Jésus-Christ n'était pas Dieu, et qu'il n'y avait en Dieu qu'une personne. Les erreurs de Paul alarmèrent le zèle des évêques ; ils s'assemblèrent h Antioche, et l'adroit sectaire leur protesta qu'il n'avait point enseigné les erreurs qu'on lui imputait. On le crut, et les évêques se retirèrent; mais Paul persévéra dans son erreur, et elle se répandit. Les prélats d'Orient s'étant assemblés de nouveau à Antioche, vers 2G8, il fut convaincu de nier la divinité de Jésus-Christ, déposé et excommunié, etDonanus mis en sa place. Le concile, qui était fort nombreux, écrivit au pape saint Denys, pour lui fnropart de ladéjjositiondc Paul et de l'ordination de Domnus. Rien ne prouve mieux que cette condamnation combien la foi de la divinité de Jésus-Christ était affermie et générale dans l'Eglise, longtemps avant le concile de Nicée, et combien les sociniens en imposent en cherchant des par tisans dans les anciens Pères. S'il s'en trouve qui se sont inexactement expliqués, c'est que le langage qui exprime le mystère de la Trinité n'était point encore rigoureusement formé et généralement adoplé, quoique la loi fût certaine et unif irnie. Paul de Samosale, refusant de souscrire à la décision du concile c[ui l'avait condaïuné comme un hérétique, et déposé comme chargé de |)lusieurs crimes, demeurait tou.ours à Anlioche, et ne voulait point quitter sa maison, qui appartenait à l'E-^lise. Les chrétiens s'en plaignirent à l'empereur Aurélien, qui ordonna que la maison fût adjugée à celui h qui le pape de Rome adresserait ses lettres, et qui ]jar là serait reconnu être en communion avec lui : tant il était notoire, même aux païens, que l'union avec l'Eglise de Rome était la marque des vrais chrétiens. Les disciples de Paul furent nommés paulia- 7iistes, et préparèrent la secte qui s'éleva le siècle suivant, et porta le trouble dans l'Eglise et dans rem[)ire. Voij. Arius. Les mœurs de cet hérésiarque étaient tiès-déréglées; des femmes qu'il avait établies jusque dans le palais patriarcal l'accompagnaient partout, et il se rendit od eux par ses extorsions, son faste, et les désordres de tout genre auxquels il s'abandonna.

PAUL LE SILENTIAIRE, auteur grec, ainsi nommé de la dignité qu'il occupait dans le palais de Constanlinople, vivait sous l'empereur Justinien 'au vi° siècle; nous lui devons une Histoire curieuse en vers de y église de Sainte-Sophie. On la trouve dans V Histoire byzantine, avec la traduction et les notes de Du Gange, Paris, 1670, in-folio;

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un poëme en vers grecs sur Us thermes pnysiques, <|ue le ssvant lluet a éclairri de ses «oies, Pciris. 1598, iii-V', et un assez grand rioiiiliro 'VEpigrammes dans V Anthologie. Celle do Bru- ck en coiilicnt 93.

PAUL, diacre de Mrrida, dans l'Estramadtire, lloiissait aux prcniières années du vn" siècle. On a de lui un livre intitul,; : De Vila et moribus Patrum eniTitinsium, dont la meilleure édition est celle d'Anvers en 1638, in-k . avec les notes de Varj^ijus.

PAUL WARNEFHIDE, diacre d'Aquilée, au vnr siècle, illustre jiar sa piété et ses lumières, fut secrétaire de Didier, dernier roi des Lombaids. 11 fut reçu ensuite à la cour de Cliailiuiagne, puis appelé à Metz pour y établir des écoles. Accusé par des envieux d'avoir voulu attenter aux jours de l'empereur, il l'ut relégué dans l'île de Diomèdc, aujourd'hui Trémiti, dans la mer Adriatique. Archise, prince de Bénévent, l'a|!pela quel(|ue temps après à sa cour, et après la moit de ce prince, en 787, il se retira au Monl-Cassin, où il embrassa la vie monastique, et mourut vers 80: . 11 est auteur d'une /Jistoire des I.oiiiliards, en G liv., dejiuis leur origine jusqu'à la mort de Luitpraiid, en 711. On la trouve dans \cs Jierucits de Vulcanins et de (îrolius. Il a eu beaucoup de part îi VHistoiiu Miscella. Cet ouvrage renferme 2'i- livres. Les onze premiers ne sont que les dix livres de IHisîoire romaine d'EuIrope, avec des additions de Paul, insérées par-ci par-là. Les cinq suivants sont enlièremint de Paid, et servent de continuation à Eutrojie ; les huit de niers sont de Landi.lplius Sagax, qui vivait du temps de Lolliaire, (ils de Louis le DébonniWre : ces huit derniers sont presque entièrenieil tii'és de Théojihanes, ou i>lutôt de son traducteur Anastase le Bibliothécaire. Henri Canisius en a donné une édition enrichie de noies, Ingolstadt, 1G03, in-8". L'IliMoria Misvetlu, ei De rébus Longobardorum, se t, ouveiit dans le 1" volume des Itcrum ilalicarum scriptores de Mur; tori. Paul diacre est encore auteur de quelques Vies de saints, et d'une Histoire des evf'mtes de Metz, el de l'hynuje de saint Jean : Cl queanl Iaxis. Voy. Ercue.mheut.

PAUL DE SANTA-MARIA ou de BUK- GOS, sa.ant juif, natif de celle ville, fut détrompé de ses erreius en lisant la Souinte de saint Tliouias. 11 endjrass-i la religion chrétienne, et entra dans l'état ecclésiastique après la mort de sa f inme. Son mérii.e lui procura des jilaces imiKutantes et des bénéfices consiilérables. H ha précepteur de Jean II, roi de Ca.slille, juiis archidiacre de Trévigno, évè(jue de Carlliagène, et entin évoque de Hingos. On dit qu'il mourut patriarche d'Aquilée, en 1U5, à 82 ans, ajirès avoir défendu la religion \k\y ses écrits. Les principaux sont : des Additions aux Poslilles de ^lColas de L.vra; un traité intitulé : Scnilinium Scripturarum, Mantoue, l'i-74, in-fol.; Quœstiones de nomine Tetruyrammuto. Ses trois (ils furent baptisés avec lui, el ,sc rendirent recouimandables par leur mérite. Le

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premier, Alphonse, évêquede Burgos, composa un Abrégé de l'fnstoire d'Espagne, qu'on trouve dans VHispania illustiata,i vol. in-fol.; le .'■econd, Gonzalve, fut évèqu« de Placentia, et le troisième, Alvauès, publia l'Histoire de Jean H, roi de Castille.

PAUL fsaint \ incent de). Voy. Vincent.

PAULE (sainte), dame romaine, née vers 3i9, descendait par .-a mère des Scinions et des Gracques. Elle en eut les grandes qualités, qu'elle releva par toutes les vertus du christianisme. Devenue veuve, elle quitta toutes les pompes et les délices de Uoine pour se renfermer dans le monastère de Bethléem: Romœprœtnlit Bethléem, dit saint Jérôme, et eturo tec.ta.fitlgentia informis luti vilitate mutavit. JLWo y mena une vie pénitente, sous la condu te de ce saint docteur, et fit bâtir des monastères et des maisons d'hospitalité. Elle appii' l'hébreu, pour mieux entendre l'Eciiture sainte, dont elle faisait sa consolation. Voy. Maucelle. Cette illustra sainte termina sa carrière en 407, à 58 ans. Voy. Pammaque , qui avait épousé sainte Pauline, sa seconde tille; et Eustochiim, troisième OUe de sainte Paule,qu) resta vierge et ne quitta jamais sa mère. C'est à cette dernière sainte que saint Jérôme éc.ivit cette lettie qu'on a; pelle Yépitaphe de sainte Faule; ce môme Père écrivit une lettre à sainte P..u!e jiour la consoler de la perle de l'aînée de ses tilles, nommée Blésiile.

PAULE (saint François de). Voy. FRAtj-« çois.

PAULET, tils d'un genlilhomme suédois établi à Foligni, prit l'habit de S.iinl-Frauçois en 1323, à l'i. ans; il ne voulut être que frère lai, atin de pratiquer mieux l'humilité. Gémissant sur l'inobservance de la lègle, il entreprit une réforme qu'il appela tle \'0b~ servance. Plusieurs religieux se rangèrent sous sa bannière, et les. 06.scrian;mi- occuiiaient déjà-un grand nombre ue couvents, lorsque leur instituteur mourut saiuteiueut en 1390.

PAULI (Gréooire), m'nistre de Cracovie vers 1 an ISGOet 15G6, était infecté de l'erreur des nouveaux ariens. Il fut un des premiers qui la répandirent dans la Pologne. II eut même rell'i onterie le fair-e peindre un grand temple dont Luther abaitait le toit, dont Calvin déinobssait les murailles, et dont lui-même sapait les fondements en conibatlant le mystère de la Trinité. Aussi di>.;iit-il liauteme'nt que Dieu n'avait révélé que peu de choses a Lutber, qu'il en avait plus dit h Zwiiigle, et plus encore à Calvin; que lui-même en avait appris davantage, et qu'il espéi ait qu'il en viendrait d'autres qui auraient encore de [ilus parfaites connaissances de tout: \anilé, inconstance, incertitudes, nropi'cs à tons les sectaires dogmatisants. Voy. Lentulus (Sciinon), Servet.

PAULIAN (Aimé-Heisri), peti!-hls d'un ministr'e protestant converli sous Louis XIV, naquit à Nimes le 23 juillet 1722. Il fit ses études cliez les jésuites et entra fort jeujie dans leur société. L'étude des sciences physiques fut sa principale occupation, et il les

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professa jusqu'à la suppression de son ordre. Le P. Paulian se livra (Inpiiis cftto époque à la composition et à la publicaiion de quelques ouvrages. Mais les orales de la révolution ét.uit venus le surjirentlre au milieu de si'S tranquilles occu[)ations, il les abandonna pour *e consacrer au ministère évangélique. La persécution sembla accroîlre son zèle, et la ciainte du supplice n'arrêta jtas son généreuN. dévouemei.t. Le P. Pa\dian mourut octogénaire, vers I802, dans le village de Mauducl près de Nimes où il s'était retiré. Nous lui devons : Dictionnaire de physique, Avigmui, 1761, 3 vol. in-i°. Nous connaissons neuf éditions de cet ouvrage dont la dernière est de Paris, 5 vol. in-8"; iVowvelles conjectures sur tes causes des phénomènes électriques, 1762, in-'i-"; Traité de paix entre Descartes et Newton, Avignon, 176i, 3vo!.in-12; Dictionnaire des nouvelles découvertes faites en plnjsiqiie, 2 vol. in-8"; Système général de philosopfiie, 17G9, 4 vol. in-12; Véritable système de la nature, Avignon, 1771, 2 vol. in-12; Dictionnaire philosophico-thcologique, 1774, in-8'. Pelvert attaqua cet ouvr.ige assez mal à propos dans les Lettres d'un théologien (177G), et Paidian publia une Défense. Guide des mathématiciens, 177-', in-8°; Commentaire sur l'analyse des infiniment petits de l'Hôpital, in-8°. Le P. Paulian avait un frère, avec lequel d piit p.irt à quelques éditions de livres ecclésiastiques publiés à Nimes, chez Baume.

PAULIN (saint), que saint Atlianase aiipelle un homme véritahîemcnt apostolique et un des plus intrépides défenseurs de la foi orthodoxe contre les ariens, remplaça saint Maximin dais -le gouvernement de l'église de Trève-i. Constanc ■, empereur arien, ayant fait assembler un concile à Arles en '3'6'i, contre saint Athanase, y appela aussi saint Paulin pour le faire souscrire à la condamiiatiun du saint patriarche ; mais le saint évéque, loin de se prêtera une proposition aussi inique, fut le premier des évoques occidentaux qui osa se déclarer hautement pour saint Athanase. L'empereur le relégua en Phrvgie, province de l'Asie Mineure, infectée de l'hérésie de jVIûntan. 11 eut beaucoup à souU'rir pendant son exil, qui dura jusqu'à sa )iiOrl, ai'rivée en 358. Saii.t Jérùaie parlant de lui, rap[>elle un homme heuieux par les soullrances : Yirum beatœ passionis, et l'église de Trêves le révère comme martyr. Saint Félix, 'S' évêque après lui, lit transporter son corps de Phrygie à Trêves, vers l'an 390, et le déposa dans l'église qui porte aujourd'hui son nom. Saint Jérôme, dans son maityrologe, place la fête du saint au 31 aoiit, jiiur auquel elle se célèbre encore aujourd'hui.

PAULIN (saint), né à Bordeaux vers 3o3, dune faïuilie illustre par la dignité consulaire, fut conduit dans ses études par le célèbre Ausone. Ses taK'uts, ses richesses et ses vertus relevèrent aux plus hautes dignités ile l'eaipire. 11 fut honoré du consulat l'an 378, et épousa peu de temps après ïhérasie. fille dlustre d'Espagne, qui lui

apporta de grands biens. Au milieu des richesses, des honneurs et de la gloire, Paulin reconnut le néant des choses du monde. li" conce't avec sa femme, ils allèrent chercher une retraite en Espagne, où il avait des terres. Après y avoir demeuré 4 ans, ils se r dépouillèrent e.i faveur des pauvres et des églises, et ils vécurent dans la continence. Le peuple et le clergé de Barcelone, touchés des grands exemples de vertu et de moriiti cation que leur donnait Paulin, le firent ordonner |)i-ètre en 393. Le saint solitaire, trop connu et tro[) admiré en Espagne, passa en Italie, et se fixa à Noie en Campanie, où il fit de sa maison une communauté de moines. Les habitants de cette ville le tirèrent de son monastèr ', pour le placer sur le siège épiscopal, l'an 409. Les commencements de son épiscopat fiu'ent troublés par les incursions des Goths, qui prirent la ville de Noie. Ce fut dans ces malheurs pul)licsque sa charité éclata davantage : il souligea les indigents, racheta les captifs, consola les malheureux, encouragea les faildes, soutint les forts. Après avoir donné di's exemples d'humanité et de grandeur d'âme, il jouit assez i)aisibleni; nt de son évèciié juscpi'à sa mort, arrivée en 431, à 78 ans. Nous avons de ce saint [ilusieurs ouvrages en vers et en prose dans la Bibliothèque des Pères. La plus ample élition qui en ait été fnto partie dièremeiit est celle de Vérone, 173ii, in-fol., par le marquis Maffei. On estiuie celle de le Brun Desmarettes, 1085, 2 tomes en 1 vol. in-4°. On > trouve : 51 Lettres, traduites en français, 1724, in-8°, que saint Augustin ne se lassait |iOint de lire ;un Discours surVuuniône; Histoire du martyre de saint (jeniès; 32 Pièces de poésie. Le style de saint Paulin est fleuri, ([uoiqu'il ne soit pas toujours correct. Il y a de la vivacité dans les pfnsées et de la noblesse dans les comparaisons. Il écrit avec onction et avec agrément, et on peut le mettre au rang des Pères de l'Eglise qui méritent le plus d'être lus. (Voyez sa Vie, in-4°, par D. Gervaise, et le 2' tome délia nolana ecclesiastica Storia, de Bemondi, de la congrégation des somasques, Naples, 1759, infol. Cette histoire renferme la vie de saint Paulin et une excellente traduction italienne de ses OEuvres, surtout de ses poèmes.) On lit dans les Dialogues de saint Grégoire, que Paulin se mit dans les fers pour délivrer le fils d'une veuve, qui avait été pris par les Vandales : ce trait ne s'accorde pas avec les ciiconstances des temps et de la vie de saint Paulin. Le P. Papebrocli {Act. Sanct., toiu. IV, jun.) distingue trois Paulin de Noie, et prétend que ce fut le troisième qui se vendit aux \'andales avant l'an 535, et que c'est de lui qu'on doit entendre ce que dit saint Grégoire, qui coiiiposa ses Dialogues vers l'an 540. — M. Migne a publié les OEuvres très-complètes de saint Paulin de Noie, de Marins Victor, de Mérobaude , de saint Orience, de saint Aus|)ice, de Paulin du Périgord, d'Amœnus, d'un autre Secundinus (>'. PhkijadiO, de Drepane Flore, d'un auteur incertain, d'après les éditions de Muralori,

PAU

de r.nlland et de La Bigne, 1 vol. m-k\ PAULIN (saint), né en Aiitriolie, fut élevé au palriarcit d'Aquilée, vers l'an 77", par Cliarlemagno, ijui voulait récomiicnspr ses connaissances en littérature : l'année d'aup.n-avant, il lui avait adressé un rescrit, oii il lui donnait les titres de Mailrc de (/rammairc et de très-vénerable. Paulin [larut avec éclat au concile de Francfort, tenu en 79'(-, contre E'ipand de Tolède et Félix d'Urgel. Le savant arc'ievôque réfuta ce dernier jiar ordre de Charlemagne, auquel il dédia son ouvrage. Il mourut en 8l)i, aimé et estimé. Madri>ius, orètre de l'oratoire d'Italie, a publié en 17.37, à Venise, in-fol., une édition comjilète des ouvrages de ce saint, avec des notes et des dissertations fort curieuses. Les principaux sont : le Tiaité delà Trinité, contre Féli\ d'Urgel, connu sous le nom de Sacro-Syllahiis; un livre d'Instructions salutaires, attribué loîiglernps à saint Augustin. PAULIN DE SAINT-BARTHÉLEMY (Jean- Philippe Werdin, j)1us connu sous le nom de), carme déchaussé, et missionnaire aux Indes, né à Hof sur la Leitha, près d ■ Mannersdorfdans la Basse-Autriche, le 23 avril 17V8, prononça ses vœux en 1769, étudia la philosophie et la théologie ^rague, et s'embarqua pour la côte de Malabar en 177i. Nommé successivement vicaire général des missions de l'Inde, et visiteur apostolique, il comptait quatorze ans de travaux dans ce pays, lorsque la congrégation de la Propagande le rappela en Europe, pour lui confier la correction des catéchismes et d'autres livres élémentaires à l'usage des missionnaires, cl aus^i pour recevoir de lui le tableau exact et détaillé des missions de l'indoustan. Le P. Paulin se rendit à Vienne en 1798, lorsque les Français eurent envahi l'Itabe. Après avoir été bibliothécaire à Padoue et sec.élaire de la congrégation de la Propagande, pendant la dispersion do cc'lte compagnie, il retourna à Rome en 1800, et fut nommé par Pie VII consulteur de la congn''g.ition de l'Index et ins|ieclour des études au ci)llége Urbain de la Pro- )iaj;nnde. Il mourut ^^ Bome le 7 janvier 180(>. Le P. Paulin a laissé un grand noml>re d'ouvrages relatifs aux missions de l'Inde, et qui lui ont fait une gi-ande céh'brité. Mais ils sont devenus moins utiles de[)uis les diverses publications faites par des savants de nos jours, et surtout nar les membres de )a société asialifpii' de Calcutta. Nous citerons son ViufKjio allr Indic Orientait, Home, I79(i, in-i'i-°, lig.; trad. en français par .Marchcna, avec des observ.itions de Forstcr, d'.\n(pietil-Duperron et Silvcstreile Sricy, Paris, 1808, 3 vol. in-8" avec un allas in-V' et le portrait de l'autein'.

PAULINE (sainte). Voy. Pammaq^e.

PAULLl (Oligeu), faitatiipic ridicule, né l'an li.'i-V, h r.opeidiague, fils d'un médecin distingué, s'adonna au commerce et fut secrélaiie de In compagnie îles Indes. Il lit des affaires bi-illanfes, mais les folies aux(juelles il se livra |iar suite do ses rêveries religieuses le menèrent à une bumjueroute, et il

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abandonna sa femme et ses six enfants. 11 se rendit, en 1695, à Paris, et c'est là qu'il se crut, à la suite d'une vision, appelé à relever le temple de Jérusalem, en qualité de roi d'Israël. Il prétendait que son bisaïeul, en embrassant le christianisme, n'avait pu détruire les droits qu'il tenait de David, dont il descendait en ligne directe. 11 écrivit à Louis XIV ainsi qu'à plusieurs souverains pour les engager à l'aider dans son projet de reconquérir la Judée; Jérusalem étant prise, il devait administrer la Judée jusqu'en 1720, époque où il serait remplacé par le Messie qui commencerait son règne de raille ans. Son audace croissant avec sa folie le fit enfin arrêter, en 1701, à Amsterdam, et il fut condamné à scier du bois de Brésil ; il s'exempta de ce travail au moyen d'une amende animelle de trois cents livres. Paulli mourut dans l'obscurité à Copenhague en 1715. Sa \ic se trouve dans le k' vol. de V Histoire de la folie humaine, par Adelung, Leipzig, 1787. Il reste de Paulli une douzaine de brochures en flamand et en hollandais, avec des titres bizarres : La Colombe de Noé, Amst., 1696; Triomphe dans la pierre abattue sans main, ibid., 1697, etc.

PAUWELS (Nicolas), né en 1635, curé de Saint-Pierre, président du collège d'Arras, professeur royal du catéchisme à Louvain, sa ville natale'^ mort en 1713, a donné une Théologie pratique en 5 vol. in-12, Louvain, 1715. Elle est estimée.

PAYEES (Clals), évêque luthérien deNorwége, succéda à Nordhal Brun sur le siège épiscopal de Bergr'n en 1817, et mourut dans celte ville en 1820, àg!^ de 51 ans. On a de lui un gr/uid nombre de Sermons estimés de ses coreligionnaires et des poésies fugitives, composées ilans sa jeunesse.

PAVILLON (Nicolas], évoque d'Aleth, fils d'Etienne Pavillon, auditeur à la chambre des comptes, et petil-lilsde Nicolas Pavillon, savant avocat au pai-lement de Pai'is, naquit en 1597. Saint Vincent de Paul, instituteur de« missions, sous la direction duquel il s'était mis, connut ses talents, et les em- ])loya. Il le mit à la tète des assemblées de charité et des conférence^ des jeunes ecclésiastiques. La réputation de ses talents pour la chaire parvint au cardinal de Richelieu, ipii réleva à l'évèché d'Aleth. Le nouvel évèque augmenta le nombre des écoles pour les filles et |ioiir les gaiçons; il forma luimême des maîtres et des maîtresses, et leur donna des instructions et des exemples. Ces actions de vertu et de zèle ne l'empêchèrent ]ias de s'élever contre les décrets du sainlsiége. Il était lié avec le docteur Arnauld et avec les amis el les partis uis de ce docteur, et ces relations l'entraînèrent dans (pielques démarches qui ne furent pas généralement appi-ouvées. Vincent de Paul en écrivit à l'évêipie et lui fit des obseivatinns auxquelles celui-ci ne se rendit pas entièrement. Toutefois ce ne fut (ju'après la mort de saint Vinccnl que le jirélat se prononça tout à fait. Il se déclara contre ceux qui signaient le Formulaire, et celte démarche prévint Louis

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