‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 74 sur 341 · PAH · texte numérisé non relu

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PAR

PVHMENTIRR (Antoine), né îl Nivelle lians N' lir.-ilMnt, tiiort ;i iN.inuir le 12 m.ii 17-»-), (Icinleur CM) lliéolDgio à î.niivniii , s'est fiisiïïuiié par son /èle iioui' l.i foi. Oi. a de lui i(iiel<iiies éci-its pour la luilio Uniqcnitus , cniitir 0|isiraet et d'autres rélVactaires, Louvaiii. 1718, iii-S°.

rAKM'LI. (William), niorabre du parlement, ninrtii Caslle-Howard, en Irlande, le '1 avril 1820, prit sans cesse la ihd'ense de ses coiiipalriotes dans la clianilire des communes, et consacra les médilalions et les travaux de sa vie entière à raméliuralion morale et pliysi(|ue do la nation irlandaise. On lui doit deïix écrits concernant cet objet : The causes of pnpitliir (lixconlents in Itiaiid (Causes des niécontenteaients populaires en Irlande); The (ipnliii/i/ for titc cathodes (Apologie pour les (■allii>li(pi('s).

PAUK (Samuel), ecclésiastique anglican, né à H.irrov on 17'i.G, était tils d'un cliirurgien-apotliicairo. Ses études à Cambridge s'étaut terminées, il devint sous-précepteur à l'école de sa ville natale, puis, au bout de cin([ ans, il alla ouvrir un pensionnat à Stanmore. Après avoir été successivement maître de l'école de Colcliesler et de celle de Norwicli, il fut ordonné prêtre en 1777, et, en 1780, il fut recteur d'Asterby en Lincolnsliire. Kn 1781, il publia Sur le dernier Jetine, sous le pseudonyme tie PhUelculherus norfolciensis, iii-4°, un discours qui eut un grand succès parmi ses compatriotes. En 178.3, il fut nommé îi la cure de Hatton, et l'évoque l.owth lui conféra une prébende dans la cathédrale de Saint-Paul. A la suite d'une émeute que les dissenters excitèrent contre le docteur Prieslley, en 1791, à BirmingMam, Parr, que les mêmes agitateurs menaçaient , écrivit sa Lettre d'Ire'nopolis iiux habitants d'Eleuthe'ropolis , ou Se'rieuse adresse aux dissenters de Birmingham, par un membre de l'Eglise établie, brochure de '•■0 pages, très-éloquente. Eu 1793, il montra combien il était versé dans la littératuie classi(|ue, en faisant paraître une critique sur une édition d'Horace , donnée par le révérend Henry Homer et Ch. Combe, et que celui-ci continua seul, après la mort du [iremier. Son célèbre Sermon de l'Hôpital, où il s'attachait <\ combattre l'opinion de quelques pluloso|)hes (jui ont attribué toute bii'iiveillauci' et toute justice à un principe d'égoïsme, fut |irôclié le mardi de lM(pu'S 1800 dans Christclnii'ch, devant un nomijreux auditoire et en i)résence du lord-maire. Ce sermon (jn'il publia avec des notes curieuses lui attira l'inimitié de William Godwin , l'auteur do la Justice politique, dont il froissait les opini(jns. Samuel Parr était recteur de Gralfham on Hiinlingdunshire, lorS(iu'il mourut le G mars 1825, Agi- de 78 ans. On cite de lui : Discours sur l'éducation et sur les plans suiris dans les écoles de charité, 178», in-'t'; l'éilitiuu des trois livr(!s de hcllenden. De statu prisci urbis in lleliqione, Ite pnlitica, et Litieris , etc., donnée en soci('lé avec Homi-r, 1787, in 8"; Opuscules par Warburton et un u-arburlonieu, cuclus de la collection de

leurs œuvres respectives, 1789; Suite à un opuscule récemment répandu par le révérend Charles Curtis, 1792, brochure de 217 pag.; Les Caractères de Charles-James Fox , choisis et en partie écrits par Philopatris Varvicensis, 1809, 2 vol. in-8", ouvrage qui fut loin, dit un biographe, de remplir l'attente publique : c'est un livre mal fait où il y a de belles pa""os.

PAIUIENNIN ou plutôt PARRENIN (Dominique), jésuite de la province de Lyon , né en 16Go, au Russey, bailliage de Pontarlier, en Franche-Comté, fut envoyé à la Chine en 1698. L'empereur Khang-hi legoùta, l'estima, et avait souvent des entretiens avec lui ; ce fut pour ce prince que le P. Parrenin traduisit en langue tartare ce qu'il y avait de plus nouveau en géométrie, astronomie et anatomie, etc., dans les ouvrages de l'Académie des sciences de Paris et dans les auteurs modernes. 11 suivait toujours le monarque chinois dans ses voyages de Tartarie, et il a été le médiateur dans les contestations survenues entre les cours de Pékin et de Moscou. C'est à lui qu'on est redevatile des caries de l'empire de la Chine. 11 mourut à Pékin le 27 septembre 17il. L'empereur voulut faire les frais de ses funérailles, et les grands de l'empire y assistèrent. Le P. Parrenin était en correspondance avec M. de Mairan, et leurs lettres respectives ont été imiirimées en 1739, in-12; elles font honneur à l'un et à l'autre. Il traduisit une ancienne Histoire de la Chine, et eut part h la Brevis relatio eorum quiv spectant ad declarationem Sinarum impcratoris Kam-hi circa Cœli , Coiifucii et avorum ciiltum, Pékin, 1701, 1 vol. On en conserve un exemplaire à la Bibliothèque de Besançon. Le Recueil de l'Académie de cette dernière ville, tome 1", contient son Eloge, par le P. Renaud.

PARSONS ou PERSONIUS (Robert), né en loi7, dans le comté de Somerset , fit ses études à Oxford, et, quoique catholique , il lit le serment impie qu'on exigeait de ceux à qui on conférait le doctorat. 11 s'en repentit, le rétracta en 1574, et alla à Rome, où il se fit jésuite. H partit ensuite pour l'Angleterre avec le P. Edmond Campian. Ce sont les deux premiers jésuites qui y entrèrent. Leur réputation les y devança. On était informé de la manière diont saint Charles Borromée les avait reçus à Milan, et des victoires qu'ils avaient "remportées sur Bèze dans des conférences publiques à Genève. On donna leur signalement dans tous les ports d'Angleterre, pour ({u'ils fussent saisis au moment de leur débar(jueraent; mais leur zèle pour la foi catholique leur lit braver tous les dangers et tromper la vigilance des hérétiques. Parsons travailla avec le plus grand fruit h ramener les hérétiques k l'Eglise, et à ralfermip les catholic^j^ues dans la foi de leurs pères. Ses succès turent si giands, que les sectaires (Muployèrent lousli's moyens possibles pour le faire i)érir; ils mirent sa tète à prix. Ne pouvant le découvrir, ils s'en vengèrent sur lus catholiquis avec tant de fureur, que ceux-ci iirièrent le P. Parsous de se retirer.

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Il se rendit à Rome, où il mourut le 15 avril 1610. Nicolas Antonio, dans sa Bibliothèque des auteurs espnr/nols, dit que Philippe II voulut demander pour lui à Clément VIII le chapeau de cardinal , mais que Parsons l'en détourna par ses larmes et ses prières. I! profita du crédit qu'il avait auprès de ce prince pour l'engager h établir en Espagne et dans les Pays-Bas des séminaires destinés à y élever de jeunes Anglais qui pussent ensuite se consacrer à la propa j;alion de la foi en Angleterre. On a de lui un grand nombre d'ouvrages en anglais, en lalin , en espagnol, pour la défense de la religion catholique, un entre autres sous le nom d'André PAZ/o/ja^cr, en réponse à l'édit d'Eli^aJjeth contre les catholiques. C'est un des jésuites dont les protestants disent le plus de mal ; témoin Larrey, qui en a fait um- espèce de monstre dans son Histoire cV Angleterre, t. II, page 3.31.

PARTHENIDS, évêque d'Andrinople. Yorj.

Cyrille.

PASCAL (Blaise), naquit h Clermont en Auvergne, le 1!) juin 1623, d'un président à la cour des aides. Les mathématiques eurent pour lui un attrait singulier ; mais son père lui en cacha avec soin les principes, de peur qu'elles ne le dégoillassent de l'étude des langues. Le jeune Pascal, gêné dans son goiU pour la géométrie, ne devint que plus ardent à l'apprendre , et il y léussit à un certain point, de même que dans la physique. Son traité de Vliquilibre des liqueurs et les Problèmes qu'il a résolus sur la eijcloïde prouvent que, s'il avait vécu plus longtemps, il aurait excellé dans les sciences auxquelles il s'était consacré. Voilà l'éloge que l'on doit à ses talents. Mais lorsqu'on dit que, dès l'âge le plus tendre, Pascal, sans le secours d'aucun livre, et par les seules forces de son génie, parvint à découvrir et à démontrer toutes les propositions du premier livre d'Euclide jusqu'à la 32% on répond qu'un homme de ce mérite n'a pas besoin de panégyriques fondi'S sur des fables inventées à plaisir; lorsqu'on veut faire regarder Pascal comme l'auteur du sentiment de la gravité de l'air, parce qu'il a fait faire à M. Perrier, son beau-frère, cette expérience sur le Puy-de-Dùme, on répond que cette expérience est de Descartes qui, deux ans auparavant, le pria de la vouloir faire, comme il est marqué dans la Lettre 77% tom. III de ce philosophe , et que d'ailleurs cette expérience n'est qu'une suite de celle de Torricelli; lorsqu'entin on raconte que Pascal, dès l'âge de 16 ans, composa un Traite' des sections coniques, cjui fut admiré de tous les savants géomètres, on répond avec Descarte.s, dans sa 38' Lettre au P. Mersenne, tom. H, que c'était une simple révision du Traité de M. Des-Argues. « J'ai aussi reçu, dit Desi< cartes dans cette lettre, l'Essai touchant « les coniques du llls de M. Pascal ; et, avant « que d'en avoir lu la moitié, j'ai jugé qu'il « en avait pris presque tout de M. Des-Ar- « gués, ce qui m'a été contirmé incontinent « après par la confession qu'il en lit lui-

« même. » Pascal , continuant à se faire de la réputation, se retira à Port-Royal-des- Champs, et se consacra dans cette retraite à l'étude de l'Ecriture sainte. Les solitaires qui habitaient ce désert étaient alors dans l'ardeur de leurs disputes avec les jésuites. Ils cherchaient toutes les voies de rendre ces Pères odieux : Pascal fit plus, aux yeux des Français, il les tourna en ridicule. Ses 18 Lettres provinciales parurent toutes in-4°, l'une aiirès l'autre, depuis le mois de janeier 1656, jusqu'au mois de mars de l'année suivante. Elles sont un mélange de plaisanterie fine et de satire violente ; avant d'être r)ubli(''es, elles furent revues par Arnauld et Nicole. On prétend que Bossuet, interrogé lequel de tous les ouvrages écrits en français il aimerait mieux avoir fait, répondit : les Provinciales. C'est \'oltaire qui rapporte cette anecdote; il cite pour garant Bussi- Rabutin, évèque de Luçon, de qui, dit- il, il l'avait entendu dire. Pour la vérifier, il aurait fallu rappeler à la vie cet évêque. Telles sont les pieuves de Voltaire, et c est sur sa parole que la plupart des lexicographes répètent des assertions si peu vraisemblables. Les gens sensés savent cfu'il ne faut jamais se défier plus de cet homme que quand il affirme quelque chose avec plus d'assurance. Les Provinciales furent foudroyées par la })uissance ecclésiastique et par la puissance civile. Le pape, le conseil d'Etat, des parlements, des évêques, les condamnèrent comme un libelle diffamatoire. Le parlement d'Aix les fit brûler par le bourreau, le 9 février 1657 ; mais tous ces anathèmes ne servirent qu'à les répandre. « Vous semble-t-il, dit « Racine, que les Lettres Provinciales soient « autre chose que des comédies? L'auteur « a choisi ses personnages dans les couvents « et à la Sorbonne. Il introduit sur la scène « tantôt des jacobins et tantôt des docteurs, '( et toujours des jésuites. Le monde en a ri « pendant ipielque temps, et le plus austère « janséniste aurait cru trahir la vérité que « de n'eu pas rire. » Lettre de Racine, ou Réplique aux Réponses de Dubois et Barbier d'Aucour, (innsVAbréyéde V Histoire de Port- Royal, Coliigne, 1770, p. 73. Ajoutons à ce jugement de Racine, celui de ^'oltaire {Siècle de Louis XIV) : « Il est vrai, dit cet auteur, « que tout le livre porte à faux. On attri- « buait adroitement à toute la société des « opinions extravagantes de quelques jésui- « tes espagnols et flamands. On les aurait « déterrées aussi bien chez les casuistes do- « rainicains et franciscains; mais c'était aux « seulsjésuites qu'on en voulait. On tâchait, « dans ces Lettres, de prouver qu'ils avaient « un dessein formé de corrompre les hom- « mes; dessein qu'aucune société n'a jamais « eu et ne peut avoir. » Voltaire va jusqu'à lui ravir le mérite du style des Provinciales, tant (irôné, et prouve, dans une Lettre au Père de La Tour, imprimée en 1767, in-8% que si Pascal a écrit avec beaucoup de sel et (l'agrément, il n'a pas écrit avec toute la pureté que l'on peut exiger ; il fait de ces Lettres avec les écrits de quelques hommes ce-

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lèbres un parallèle qui n'est pas du tout à l'avanlage de Pascal . Iligoley de Juvigny, dans son livre do De In décadence dis lettres et des mœurs, nV'n parli^ pas plus favorablement : « Si ecs Lettres, dit-il, ont fait dans lo temps « la plus grande sensation, c'est qu'elles at- « laquaient une corapac;nie puissante al. rs « dans l'Eglise, dans l'Iitat et dans 1( s lettres. « On les l'c^pandit dans toute l'Europe. La « manière agréable dont elles sont ('crites, « assaisonnées surtout de ce sel dont so « nourrit volontiers la malignité, les lit lire « et rechercher, malgré la sécheresse et le « sérieux des matières qu'on y traite. » Voy. Daniel (Gabriel), Blsembaum, Escobar, Rangé. L'auteur des Pcoimcw/cs' se brouilla avec ses intimes amis, parce qu'il changea de sentiment au sujet de la signature du Formulaire. En lGo7, il soutenait, comme on le voit par les 17° et 18" lettres provinciales, que les cinq Propositions ('talent bien condamnées, mais qu'elles ne se trouvaient pas dans VAuguslinus, et qu'on pouvait signer le Forandaire; en 16(>1, il soutint au contraire que les papes avaient erré non sur le fait, mais sur le droit ; d'où il concluait qu'on ne pouvait pas signer le Formulaire, et que la signature des religieuses de Port-Royal n'était pas sincère. C'est pendant cette querelle qu'un homme du parti dit de lui : « On « ne peut guère compter sur son témoi- « gnage, soit au regard des faits qu'il rap- « porte, parce qu'il en était peu instruit, soit « au regard des conséquences qu'il en tire, « et diS intentions qu'il attribue à ses ad- « versaires, parce que sur des fondements « faux ou incerlains il faisait des systèmes « qui ne subsistaient que dans son esprit. » {Lettre d'un ecclésiastique à un. de ses amis. ] Cependant Pascal déf) Tissait tous les jours ; sa santé s'affaiblissait, et son cerveau se sentit de cette faiblesse. Il croyait toujours voir un abîme à son côté gauche"; i\ y faisait mettre une chaise pour se rassurer. Ses amis, son confesseur, son directeur, avaient beau calmer ses alarmes, il se tran [uillisait pour un moment, et l'instant d'après il creusait de nouveau le préripice. Voy. Nicole. Il croyait aussi avoir eu une extase ou vision, dont il conserva la nu'moire le reste de ses jours, dans un papier qu'il portait toujours sur lui, entre l'élolfc et la doublure de son habit. Ses adversaires se sont trop servis de ce dérange uent d'organes pour affaiblir la grande idée que le parti s'est elforcé de donner d'un de ses plus zélés ad 'ptes-Loin d'imiter un procédé qui semble manquer de générosité, nous nous contenterons, à l'exeranle de saint Jérôme, de regretter qu'un homme si éclairé et si pieux, au moins selon les apparences les plus marquées, n'ait pas été tout simplement attaché au grand arbre de l'I'lglise : Niliil aliuil dico quam Lcrlesiir hominem non fuisse. Pascal mourut h Paris, le 19 août lGG-2, à ;J9 ans. Outre les ouvrages dont nous avons [uu-lé, (Ui a de lui : des Pensées, lecueillies et données au public depuis sa mort, en 1G70, en un vol. in-12. Ce sont dill'érentes réllexions sur le christia-

nisme. 11 avait projeté d'en faire un ouvrage suivi; ses infirmités l'empêchèrent de remplir ce dessein. Il ne laissa que quelques fragments, écrits sans aucune liaison et sans aucun ordre : ce sont ces fragments qu'on a donnés au public. Voltaire les a attaqués. Non content d'avoir traité l'auteur de misanthrope sublime et de vertueux fou, il a beaucoup déjirimé son livre. On sent comment un ennemi forcené du christianisme a dû parler d'un ouvrage qui en contenait d'excellentes preuves. Voy. Gourju. 11 faut convenir néanmoins que l'auteur j est trop occupé de lui-même, et qu'à de bonnes réflexions il mêle des égoisuies dont il semble avoir pris le modèle dans les Essais de Montaigne, mais qui sont d'autant plus déplacés, que la nature du livre et de la religion dont il traite les exclut positivement. Un historien ecclésiastique, en parlant de ses Pensées et d'autres ouvrages faits par des gens de faction et de parti, s'exprime de la sorte : « Comme l'esprit de l'Eglise ne fut « jamais de mettre en recommandation les « ouvrages môme irrépréhensibles des écri- « vains suspects, parce que les simples pas- « sent très-aisément de l'estime de l'auteur à «celle de toutes ses productions, nous avons « cru ne pouvoir mieux faire que de nous « prescrire un silence absolu sur toutes ces « sortes d'écrits; du reste, la jiiété ne jieut « rien y perdre. Avec leur beau style, leur « méthode et leur profondeur même, ils sont « iiresque tous d'une froideur et d'une sé- « cheresse qui resserrent les cœurs au lieu « de les attendrir. Tant il est vrai que l'Es- « prit saint ne communique point son onc- K tion hors du sein véritable de l'Eglise. » Voy. Barual, Marot. Un Traité de l'équilibre des liqueurs, iii-12 ; quelques autres écrits pour les curés de Paris, contre VApoloyie des casuistes du P. Pirot. Les éditions les plus recherchées des Provinciales sont, celle qui fut imprimée en quatre langues, à Cologne, en 1684, in-8° ; celle in-12, en français seulement, sans note-;, imprimée <i Cologne en lGo7, et celle d'Amsterdam en 4 vol. in-12, 1739, avec les notes de Nicole, qui s'est caché sous le nom de Wendrock , conune Pascal sous celui de Louis Montalte. L'abbé Bossut, de l'académie des sciences, publia, en 1779, une édition des Of'wires de Pascal, 5 vol. in-S"; nous en avons, depuis, plusieurs autres, noiamment celle de Paris, Didot, 181G, 2 vol. in-8". M. Ray.mond a publi ■' un Eloge de Biaise Pascal, qui a été couronné i)ar l'académie des Jeux lloraux de Toulouse, 181G. — Gilberte Pascal, sa sœur, veuve de Florin Perrier, a mis à la tête des Pensées sur la religion, la T'i'e de l'auteur. Ou s'imagine aisément comment une sœur engagée dans le môme parti parle d'un frère qui en faisait un des |)rincijwux ornements. [Voy. sur la célébrité des chefs et gens de ))arti, une réilexion (jui se trouve à l'article AuxATLi) Antoine.) ïa's Pensées, souvent réimprimées, ont été frauduleusement mutilées dans l'édition donnée par Condorcet, Londres, 1776, in-8"; réimprimée en 1778,

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avec des notes de Voltaire. Voy. Condobcet. L'auteur de l'article Pascal, d.ins la Biographie de Micliaud, cite cette édition et ajoute: « Elle ne nu^rite aucune couliance : l'éloge « (dont l'éditeur a fait précéder le livre) « contient des erreurs, et se ressent, sur « beaucoup de détails, de l'esprit avec le- « quel il a été composé. L'auleur affi^cte de v< se contredire lui-môme dans les notes, ce « qui jette un louche continuel sur ce qu'il « dit de son h'TOs toujours placé de celle « manière entre la louange el le sarcasme; ce « procédé est celui d'un érriviin qui ne res- « pedc pas plus le publii' qu'il ne sait se res- « pecterlui-iriôme. Lis Pensées de cette éiii- « lion sont incomplètes; quelques-unes sont « mutiléi'S, et (i'aulres même falsifiées. Volce taire faisant les fonctions de second édi- « leur, a renfoicé le travail de Condorcetde « nouvelles notes, dans une édition qui parut « en 1778; réimprimée en 2 vol. in-18, Lon- « dres,Cazin, 1783. A la lecture de ce recueil et « du double commentaire qui l'accompaghe, « le livre tombe des mains. La mauvaise foi « et l'indécence y éclalent à chaque page, « sans parler de la faiblesse du raisonne- « ment dans les passages où les auteurs ont « ■voulu èlre sérieux. Si ce travail est un dé- « plorable monument des elforts de l'incré- « dulité, il atteste du mo ns l'impuissance « des auteurs, dans une triste cause, par la « perfidie des moyens qu'ils sont réduits à « employer. On sait que Voltaire faisait à « Condorcet cette loyale invitation : 3Ion « ami, ne vous lassez point de répéter que défi, puis l'accident du pont de Neuillij, le cer- « veau de Pascal était déranf/é. 11 est vrai « que, selon la remarque de Bossut, il n'y a « à cela qu'une petite dilTicuUé : c'est que ce « cerveau dérangé a ))roduit depuis l'acci- « dent, les Provinciales et les solutions des « problèmes de la Houlette. » Nous emprunterons ici quelques passages à dilférents critiques sur les [irincipaux ouvrages de Pascal : « Une conception bien plus haute que ]es Provinciales, dit Laharpe {Cours de liltér.), ce fut celle du grand ouvrage qu'il ne pût que méditer et n'eut pas le temps de composer; ouvrage où il se propo.sait de prouver invinciblement la nécessité et la vérité de la révélation ; ce qui ne veut pas dire pour ceux qui connaissent leur langue et leur religion, qu'il eût jamais pensé à expliquer les mystères par une théorie purement humaine, ce qui serait détruire la fui pour élever la raison. Pascal n'était pas capable de cette inconséquence auti-chréîieniie, il voulait seuleieent démontrer les motifs de crédibilité fondés sur la certitude des faits et des conséquences, de manière à ce que la raison n'ait rien à y opposer et qu'elle soit forcée d'avouer qu'il suffit de ce que Dieu nous a voulu apprendre pour croire ce qu'il a voulu nous cacher. Ce plan est très-philosophique, très-exécutable, et personne ne pouvait l'exécuter mieux que Pascal, ii en juger seulcmeat par les fragments qui nous restent, tout informes qu'ils nous sont parvenus. La liaison des idées est nécessairement perdue:

c'est une force principale qui manque pour le bien do l'ouvrage; mais celle de pensée et d'expression suffirait pour l'immortaliser. Ex lingue leonem, on voit l'ongle du lion; c'est ce qu'on peut dire h chaque jjage de ce singulier recu' il qui no parut (pi'aiirès sa mort, sous le titre de Pensées. \'oltaire en a combattu quf^lques-unes avec une très-mauvaise logique et beaucoup de mauvaise foi.... Voltaire est allé se heurter contre des pierres diittente, combien il eût réussi encore moins contre l'édifice entier !» — De Fontanes [Disc, prélimin. de la traduct. de l'Essai sur l'homme) parle en ces leimes du stylo des Pensées: « Où se retrouve, o\X se retrouvera jamais le secret de ce style qui, rapide comme la pensée, nous la montre si naturelle et si vivanle, qu'il semble former avec elle un tout indestructible et nécessaire. L'expression de Pascal est à la fois audacieuse et simple, pleine et précise, sublime et naïve. Ne semble-t-il pas choisir à dessein les termes les plus familiers, bien sûr de les élever jusqu'à lui, et de leur imprimer toute la majesté de son génie ? O'ifl est ce raisonnement vigoureux qui poursuit une idée jusque dans ses derniers résultats, e! ne l'abaiulonne qu'après l'avoir forcée de donner tout ce qu'elle contient. On conçoit l'éloquence de Bossuet, empruntant h la poésie de riches images, et ce Ion de l'homme inspiré qui, placé entre le ciel et la (erre, veut émouvoir un grand peuple. Quelques orateurs ont osé suivre de loin, imiter Bossuet: qui tentera d'imiter Pascal? son style ne ressemble h celui d'aucun écrivain ancien ou moderne; et, chose étonnante, il est peutêtre le seul génie original que le goût n'ait presque jamîiis le droit de reprendre; non qu'il semble chercher la correction et la pureté, mais ces idées lui obéissent si bien, qu'elles se manifestent nécessairement sous les formes qui leur conviennent le mieux. » M. Laurentie, dans une Notice sur Pascal, indique les causes qui donnèrent naissance aux Provinciales. « Un jour, d't-il , Pascal s'i'lait allé promener vers Neuilly au bord de la Seine. Les quatre chevaux de son carrosse, car l'histoire parle ainsi, s'étant emportés, le carrosse fut l)risé et Pascal faillit être jeté dans les flots. Cet accident troubla sa lête, il fallut lui commander le repos. Et il alla chercher un asile à Port-Royal , retraite paisible et pieuse, oh il fut accueilli avec transport. — C'est là que s'échautfa son génie aux conférences des solitaires qui avaient pris fait et cause pour le jansénisme. Arnauld, cet homme dont la de.^iuée fut de passer pour gi and sans avoir jamais rien fait, Arnauld s'était emparé do l'inuigination malade de Pascal. Il lui montra les jésuites à immoler, et Pascal se laissa armer de toutes ces colères de c.iuvent pour aller frariper des ennemis qu'il ne connaissai-t ni par l'injure ni par le bienfait. Les jésuites avaient attaqué le jansénisme : Pascal se mit à ledé- , fendre. Mais c'était là trop peu pour une controverse où il fallait tuer une société sous le prétexte de la grâce efticace. Les jésuites

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avaient fait (la livres; ces livres étaient empreints île l'esprit (lu temps; queiques-uns reiifcriiiaient des doctrines mauvaises. Pascal s'aita(iua à ces livies, le jansénisme fut oublié I La controverse s'agrandit , la gi<1ce efficace, m,vsl(''re que les gens du monde ne pouvaient sonder, fit place au probabilisme, aux restrictions mentales, aux cas de conscience, questions qu'il était facile de dénaturer, et sur lesquelles tombait aisément l'ironie, môme sans l'effort d'un génie de méchanceté froide et caustique, et aussi tout le monde se mit à rire aux scènes, moitié tliéologiques , moitié bouffonnes que Pascal opposa pour toute controverse à la gravité des Pères jésuites. La lutte n'était pas égale... Ce fut un engouement, et le clergé sévère y fut entraîné comme le monde. Rien ne résista à l'enthousiasme excité par ]es Provinciales. Que si on étudie le fond des questions traitées avec cette verve de comédie par Pascal, on déplore certes un si grand abus du génie. Il lui avait été facile de sortir des limites du jansénisme pour entrer dans une controverse féconde à la satire; il lui avait été facile de ramasser en des livres oubliés des opinions qui avaient été comme un reflet des opinions universelles d'une époque troublée. Le tort des apologistes, ce fut de ne pas les abandonner à l'ironie de Pascal. Ils eussent amolli ses coups et désarmé sa malice. On se crut obligé à la défense; on ne fit qu'animer la guerre. — Et qu'est-ce qui eût songé sérieusement à rendre un ordre tout entier de prêtres chrétiens responsable des maximes isolées de quelques moralistes malades ? Voltaire n'est pas suspect : « Il ne s'agissait pas d'avoir raison, dit-il, il s'agissait de divertir le public. » Telle fut donc l'inspiration de ce livre de comédie, livre admirable par son exécution, mais malheureusement empreint d'une méchanceté jalouse que le génie même ne saurait faire excuser... On a voulu découvrir le plan de l'ouvrage auquel se rapportaient les Pensées de Pascal. C'est un effort inutile. La nature de Pascal se refusait peut-èlrc à concevoir une grande œuvre d'unité. 11 y a bien jiourtant dans ses Pensées une pensée qui semble prédominante : c'est la pensée de l'abaissement et de la misère de l'homme , quand il est seul, quand Dieu lui manque, quand il se débat jiar ses propres forces contre la nature et contre; lui-même. C'est là très-certainement le fond d'un masnilii[ue ouvrage ot d'une ajiologie très-haute du christianisme. Mais rien n'indique que Pascal soil paiti de cette base ])0ur mouler à l'exposé d'une révélation. Ses Pensées sont comme des lueurs ailmirables jetées dans le ciel, mais dont le centr(! ne paraît point aux yeux. Telles qu'elles sont, elles saisissent l'esprit par leur vivacité et leur énergie. 11 y a (juel- (|uefois des éclats d'éloquence (|ui renuient rame, non, point de cette éh^pience (jni s'exerce |)ar l'excitation des passions ai'diintes, mais d'une éloipience ([ui parle ;i la raison et qui l'étonno et la (l(un|ite îi force de vérité. Le style de Pascal est simple et bril-

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lant à la fois, didactique et éclatant. Il fait toucher au doigt les vérités, il rend sensibles les choses de l'intelligence. Son imagination est ardente , elle se plonge dans les profondeurs de la nature et dans le mystère de l'étendue. Il semble ouvrir les espaces. — Je ne conseillerai point de poursuivre, comme on l'a fait quelquefois et de nos jours encore, l'ordre supposé des Pensées de Pascal. Le désordre m'en plaît. C'est tout ce qu'elles peuvent avoir de poésie, puisque la pensée fondamentale n'en saurait être atteinte, et que l'œuvre ne sera jamais réalisée. — Lisons Pascal tel qu'il est. Il y a de Pascal quelques écrits qui méritent aussi d'être lus : ce sont ses Lettres à Fermât , savant conseiller de Toulouse , avec qui il échangeait des pensées chrétiennes sur la science et la certitude. En tous ces écrits , on voit comment la religion féconde et agrandit les études; c'est au moins un souvenir à présenter à ceux qui ont matérialisé la science. Peu s'en faut que Pascal n'ait voulu appliquer la géométrie à la démonstration de la religion. C'était trop sans doute; mais l'excès contraire, un excès autrement fatal, c'est d'isoler les sciences , et de ne point voir qu'elles sont attachées au ciel par une chaîne divine, sans laquelle leur première parole même est un mystère éternellement insoluble. » — Parmi les.divers travaux qui ont été faits dans ces dernières années sur les Pensées de Pascal, nous citerons un Rapport présenté à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal, par M. Victor Cousin, qui a donné en 1847 la '3' édition de ce travail étendu. M. Cousin n'a pas craint d'affirmer le scepticisme philosophique de ce grand homme; et son paradoxe a soulevé de vives et nombreuses protestations. On peut voir à ce sujet l'Ami de la Religion, tome CXXXIV, p. 61, 81 et (321. On a des Etudes sur Pascal, par l'abbé Flottes, vicaire général de Monl|iellier, professeur à la faculté des lettres, Paris , 1846, in-8% ouvrage dans lequel le savant ajiologiste suit les détracteurs du chrétien , du philosophe et de l'écrivain, et les réfute de la manière la plus victorieuse. C'est une des meilh'ures réponses qu'on ait faites à l'ouvrage de M. Cousin. Entre les éditions récentes des Pensées, nous citerons les deux suivantes • Pensées de Biaise Pascal, rétablies suivant le plan de l'auteur, liubliées par l'auteur des Annales du moyen rf//e(Frantin), Paris, Gaume frères, 1835, 1 vol. in-8°; Pensées, fragments et lettres de Pascal, conformes aux manuscrits originaux , par M. P. Faugère, Paris, Andrieux, 1844, 1 vol. in-8. — Les Pensées font aussi partie du tom. III de la grande collection des Démonstrations évangéliques, de M. Migne, en 18 vol. in-4".

PÀSCHAL 1" (saint), Paschasius, Romain, succéda dans la chau-e de saint Pierre à Etienne IV, en 817. Il envoya des légats à Louis le Débonnaiie, qui contirma en sa faveur les donatiiins laites au saint-siége. Il reçut à Rome les Crées exilés pour le culte des saintes images, et couronna Lothaire em|)ereur. Ce pontife, digne des temps apos-

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toliques par ses vertus et ses lumières , mourut le 11 mai 82i. Il no lui manquait qu'un caractère plus ferme. Uorae fut déchirée par des factions sous son pontificat ; il s'y commit des meurtres et d'autres crimes , suite de l'anarchie. Son successeur fut Eugène II; l'Eglise honore la mémoire de saint Paschal le 14 mai.

PASCHAL II, Toscan, nommé auparavant Rainieri , succéda au pape Urbain H en 1099. Il avait été religieux de Cluny avant d'être souverain pontife. Il excommunia l'antipape Guibert, mit à la raison divers petits tyrans qui maltraitaient les Romains, tint plusieurs conciles, et s'attira de grandes afl'aires au sujet des investitures, de la part de Henri 1", roi d'Angleterre, de l'empereur Henri IV, et Henri V son fils. Ce prince passa en Italie l'an 1110 pour recevoir la couronne impériale; mais le pape ne voulut la lui accorder qu'à condition qu'il renoncerait au droit des investitures. Henri était si peu disposé à satisfaire le pontife, qu'après avoir ciiicané quelques heures, il le fit arrêter, et exerça des cruautés inouïes, jusqu'à faire massacrer les clercs et les religieux qui avaient été au-devant de lui avec des démonstrations d'attachement et de respect. Cette atrocité irrita tellement les Romains, que dès le même jour, ils firent main-basse sur tous les Allemands qui se trouvaient dans leur ville. L'empereur, obligé de quitter Rome, emmena le pape avec lui, et le retint prisonnier jusqu'à ce qu'il lui eût accordé ce qu'il souhaitait. Dès que Paschal se vit en liberté, il cassa, dans deux conciles tenus à Rome en 1112 et lllG, la concession qu'on lui avait arrachée. Accablé autant que dégoûté du poids de la grandeur, il voulut abdiquer le pontificat, et ne put en venir à bout. Il mourut le 22 janvier 1118. On a de lui un grand nombre do Leilres, dans la collection des Conciles du P. Labbe. — Il ne faut pas le confondre avec deux antipapes du nom de Paschal ; l'un , du temps de Sergius I" (Voy. ce nom); l'autre, qui s'opposa au pape Alexandre ill. Voij. Gui de Crème.

PASCHAL BAYLON (saint), naquit en 1540 h Torre-Hermosa, petit liourg du royaume d'Aragon, de parents vertueux, mais d'une fortune trop bornée ]iour qu'il fût envoyé aux écoles. Il y sujjpléa en portant toujours un livre avec lui dans les champs, et priant ceux qu'il rencontrait de lui apprendre les lettres. Il sut bientôt parfaitement lire et écrire, et ne se servit de cet avantage que pour se perfectionner dans la religion. Sorti du premier âge, il se loua en qualité de berger. Dans ce paisible état, il apprit comme David à connaître, bénir et aimer le Dieu qu'il trouvait partout, et acquit en peu de temps une si grande expérience dans les choses spirituelles, (ju'il eut bientôt sujet de dire comme lui : Beat us homo quem tu erw dieris , Domine , et de lege tua duvueris eum (Ps. 93). Voulant rester pauvre, il quitta son maître qui avait voulu l'adopter |iour son fils, et se mit en service dans le royaume de Valence , près d'un couvent de franciscains

déchaussés, où il ne fut bientôt connu que sous le nom ilu saint berger. Eu 1564, il' y fut reçu en qualité de frère convers, et mourut iigé de 52 ans, le 17 mai 1592,àVilla- Réal , près de Valence. Paul V le béatifia en 1618, et Alexandre VIII le canonisa en 1690. Sa \'ie a été écrite par Jean Ximénès, son compagnon, et par Christovel ou Christophe d'Arta. Yoy. les divers monuments que le Père Papebroch a publiés dans le tome de mai , p. 48-132.

PASCHAL (saint Pierre), religieux de la Merci, né à Valence, enseigna la philosophie et la théologie avec succès dans son ordre. Sa réputation le fit nommer précepteur de l'infant don Sanche, puis évoque de Jaen en 1296.11 combattit avec zèle le mahométisme, par un excellent ouvrage publié en 1300, par des sermons solides, et jiar l'exemple do sa vie sainte. Il fut pris par les Maures de Grenade en 1297. Ces barbares le retinrent en esclavage , et le firent ensuite mourir cruellement le 6 décembre 1300, à 72 ans. Le clergé et le peuple de son église lui ayant envoyé une somme d'argent pour sa rançon, il la reçut avec boaucoup'de reconnaissance; mais au lieu de l'employer à se procurer la liberté, il en racheta un grand nombre d'enfants qu'il s'était occupé à instruire durant sa captivité, et dont l'ilge tendre lui faisait craindre qu'ils n'abandonnassent la religion chrétienne. Son nom est vénéré en Espagne, oii il fonda un grand nombre de monastères. Sa Vie a été imprimée à Paris en 1674, in-12.

PASCHASE-RATBERT, né à Soissons, fut élevé avec soin par les religieuses de Notre- Dame de cette ville, dans l'extérieur de leur monastère. Il prit ensuite l'habit de bénédictin dans l'abbaye de Corbie, sous saint Adélard. Pendailt l'exil de son abbéWala, successeur et frère d'Adélard, il.composa, vers 831, un Traité du corps et du sang du Seigneur, pour l'instruction des jeunes religieux de la nouvelle Corbie, en Saxe. Il enseigne dans ce traité que « le corj)S de Jésus-Christ est réellement « dans l'eucharistie le même qui est né de la « Vierge, qui a été crucifié, qui est ressus- « cité et qui est monté au ciel. » Cet ouvrage, où l'auteur ne disait rien de nouveau, renfermait (pielques expressions nouvelles. Ratramne et Jean Scot les attaquèrent; Pascliase les défendit avec force, prouva qu'il n'avait écrit que ce que tout le monde ci'oyait depuis les apôtres : Quod totus orbis crédit et con/itetur. Paschase était alors abbé de Corbie. Les tracasseries qu'on lui suscita, et quelques autres chagrins, le portèrent à se démettre. Il vécut en simple religieux, uniquement occupé à orner son esprit des connaissances sacrées et ecclésiastiques et à enrichir son cœur de toutes les vertus de son état. Ce saint religieux mourut le 26 avril 865, n'étant que diacre, et fut enterré dans la chapelle de Saint-Jean. En 1073, son corps fut transféré dans la grande é^^lise, par l'auteirité du saint-siége. On trouve son nom dans le Martyrologe gallican et dans celui des bénédictins. Son humilité était telle que malgré ses lumières et ses vertus, il se croyait

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le rebut <1e l'ordre monastique, et s'appelait Pcrivsemu mmiachonim. Le ministre Claude, et plusieurs auteurs calvinistes, échos de cet écrivain, ont prétendu que le dogme de la transsubslanlialion n'était pas antérieur a P;ischa<e,-qui en est l'inventeur selon eux ; mais Nicole l'ait voir le ridicule de celte prétention chimérique. Il .a démontré dans son Truiti' de la perpétuité de la foi, que Paschase n'a rien enseigné de nouveau sur ce point , et que la présence réelle a été crue et enseignée de fout temps dans l'Eglise. Les ouvrages du savant abbé deCoibie sont: des Commentaires sur saint Matthieu, sur les Lamentations de Jérémie ; un Traité du corps et du savg de Jésus-Christ dans 1 Eucharistie ; une Epilre à Frudegard, sui le même sujet; la 17e de S»Adélard, celle de Wala, et d'autres ouvrages, que le P. Sirmond lit imprimer à Paris, en 11)18, in-fol. D. Martène a inséré dans sa Collection le traité De corporc Cliristi, plus exact que dans l'édition du P. Sirmond , et quelques ouvrages découverts depuis 1618. Le P. d'Achery a publié dans le tome Xir de son Spicilége)e traité de Paschase Raiberi, De purtu Virginis : question qui fit grand bruit aussi dans le xi' siècle, et ïi laquelle cet illustre bénédictin prit part. {Voy. la Vie de Paschase, par le P. Sirmond, à la tè(e de l'édition que ce jésuite a donnée des OEuvres de ce savant et pieux cénobite, ainsi qu'une autre Vie que dom Hugues Ménard a tirée des archives de Corbie, et qu'il a insérée dans ses notes sur le martyrologe bénédictin. Voy. aussi Ceillier, tome XIX, p. 87 ; les auteurs de VHist. litt. delà France, tom. \, p. 2S7 ; Légipont, Hist. litt. bencd., tom.

PASINI (Joseph), abbé de Montoronisio, ué à Turin on 1G05, se distingua par ses vastes connaissances, et par son profond savoir dans les langues orientales. Le roi de Sardaigne le nomma son conseiller et ensuite bibliothi'cairc de l'université de Turin, où il mourut vers l'an 1770. Ses prinii()aux ouvrages sont : Vocabulario italiano lalino, etc., Turin, 17.j7, 2 vol. iii-i" ; Histoire da Nouveau Testament, avec des réflexions morales et des observations, Tuiin, 17i'J ; ^'en,se, 1751 , 2 vol. iii-'i-" ; Codices manuscripti bibliothccœ regiœ taurinensis olltenwi per linguas digesti, et binas in partes distribua, etc., avec Antoine Uivaulella cl Frani^ois Berla, gardes et conservateurs de la même bibliothèque, etc., Tu.in, 17'i9-30, 2 vol. in-fol.; Grammaticœ linguœ sanctœ instilulio cum vocum anomalaruni cxplicutione, Padoue, 1739. Tous lesouvrages de f'abbé Pasnii sont écrits d'un style élégante! correct, et remplis d'une érudition tiès-clendue.

PASOR (.Matiiias), né en 1399, à Herborn, dans le comté de Nassau, ht de très-bonnes études à Hoidelberg, où. ses succès dans plusieurs actes acadéuiiques lui valurent une chaire de mathématiques en 1020. Les guerres du Palatinat l'obligèrent de s'enfuir en Angleterre ; il se fixa à Oxford, et y professa les langues orieutales jusqu'en IGiU; alors on lui oO'ril la chaire de philosophie ^ Gronin-

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gue. Il y enseigna aussi les mathématiques , la théologie, la mor;de, et y mourut aimé et estimé en 1738. On a de lui : un Recueil de thèses, auxquelles il avait présidé lui-même; un Traité contenant des iilées générales de quelques sciences. Il a publié les ouvrages de Georges Pasor, son père, professeur en grec à Franeker, mort en 1()3'7. Les principaux sont : Lexicon Novi Testamenti, livre utile contenant tous les mots grecs du Nouveau Testament, Elzévir, 1672, in-8° ; Maiiuale Testamenti, elc.-; Colleyium hesiodœum, dans lequel il analyse les mots dilflciles d'Hésiode.

PASQUALIGUS (Zacharie), théatinde Vérone, vers le milieu du xvii' siècle, s'ajipliqua à l'étude de la théologie morale. 11 a àoniié Praxis jejunii. Gènes, 1655, in-folio. Le pays où il naquit a conservé l'usage de dépouiller cjuelques enfants de leur virilité, usage barbare que la jalousie inventa autrefois en Orient, et qu'on renouvela en Occident , pour avoir quelques jjelles voix de plus. Pasqualigus a fait un Traité moral sur cette cmelle opération, qui est si sévèrement défendue par les lois de l'Eglise.

PASQUIEll ^Etienne), né à Paris en 1529, fut reçu avocat au parlement ety phiida avec un succès distingué. Il brilla surtout dans le temps des querelles des jésuites avec l'université. Versoris se chargea de la cause des enfants d'Ignace, et Pasquier défendit celle de leurs adversaires. Le portrait qu'il fit de la société n'était rien moins que flatteur. Sa conclusion fut : « Que cet nouvelle société « de religieux qui se disaient de la compa- « giiie de Jésus, non-seulement ne devait « point être agrégée au corjis de l'univer.-ité, « mais que.le devait encore être bannie « entièrement, chassée et exterminée de « France. » Cette conclusion parut un peu dure, ainsi que le reste du plaidoyer, qui n'élaitd'ailleursqu'une Jéclamation [ileine de fiel. Les jésuites furent seulement exclus de l'université. Henri lil gratifia Pasquier de la cliarge d'avocat général de la chambre des comptes, qu'il remit à sou fils peu de ttiups après. Bépuié en 1588, aux états-généraux de lîlois, il Jut témoin, dans celte ville, do l'as'îassinat du duc de Guise. Après la dissolution des Elat-i, il suivit le roi à Tours, et il V vit la réconciliation d'e ce monarque avec Honri^ IV. Il mourut à Paris en 1613, à 86 ans. Ses principaux ouvrages sont des Toésies latines et fcancais^'s. Celles-ci sont trèsfaibles, les autres valent mjeux. On trouve dans les latines six livres d'Lpigram.'nes et un livre des Portraits de plusieurs grands hommes. Les frangais s sont divisées en Jeux poétiques , en Versions poétiques, en Sonnets, en Pastorales. La Puce et la Main sont ce qu'il y a de plus saillant. Pasquier ayant aperçu une puce sur le sein de mademoiselle des Hoches, en 1388, pe.idant la tenue des grands jours de PoUiers, to is les poètes latins et françiiis ilu royaume !>; ircnt }>art à cette rare découverte, et cet insecte lit bourdonner toui les insectes du Parnasse. Ce fut le sujet d'un recueil intitulé La Puce des

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grands jours de Poitiers. La Main de Pasquier est un aiiti'fi recueil de vers en son honneur. S'étant trouvé aux grands jours de ïroyes, un peintre, qui avait fait son portrait, avait oul)iLé de lui faire des mains. Cette singularité excita la verve de tous les rimailleurs du temps. Ordonnance d'Amour, Anvers (Lo Mans), lG7i, in-8% pièce obscène , remplie d'expressions dont on rougirait même dans les maisons de débauche; Recherches sur la France, en dix livres, d'Uif la meilleure édition est de 1G65, in-fol. Cet ouvrage est un parterre varié de fruits et do fleurs; on y trouve l'utile et l'agréable. Quoique le style en ait vieilli, il ne laisse pas de plaire, parce que l'auteur avait de l'imagination ; mais il faut se délier de ses éloges et de ses satires. Quand il parle des personnes ou des choses qui lui déplaisent, il se livre à ses préventions, il s'éeliaulic, il exa;-;ère. Bos Epitres, en 5 vol. in-8", publii'cs en 1C19, où on trouve beaucou|) d'anecdotes ourieusos sur l'Histoire de France, 1602, in-S" ; Le Catéchisme des jésuites, 1(102, in-8°, plein de sarcasmes et de la satire la plus outrageante. Il traite Ignace, fond: teur des jésuites, de chemlicr errant, de fourbe, de menteur, de cafard, qui voulut cire reconnu pour un autre Jésus-Christ ; de gourmand, de régicide, de Manès,pire que Luther, parce que sa secte est revêtue de |iapelaiderie ; de démon incarné, de grand Sopki, de grand âne, de don Quichotte : telles sont les injures qu'il [irodigue à pleines mains contre le fondateur de cette société, dont le seul nom excitait sa bile ; aussi Bayle s'écriait-il : « Quelle doit « être sa rage en voyant mettre au nombre « des saints celui qu'il avait peint des cou- « leu( s les ])lus noires ! » François-Xavier était selon lui un cafard, un Machiavel, un successeur de l'hérésiarque Manès, ses miracles des contes de la quenouille, etc. Les jésuites sont les scorpions de la France ; ils «ont, « non les promieis piliers du saint- « siège, mais les premiers pilleurs. » On ne doit pas les appeler « ordre jésuite, mais « ordure jésite, parce qu'ils vendent en gros « les sacrements, jilus cher C[ue Giési ne « voulut vendre le don des miracles à Naa- « man ; L s jésuites sont autant de Judas ; il « y a dans la jésuitei-ie beaucoup de lajuive- « rie, voire que tout ainsi que les anciens « Juifs ava'cnt fait le jiroccs à Jésus-Christ, « aussi ces nouveaux Juifs le font maintenant « aux apôtres. » 11 va jusqu'à dire que dans les vœux des jésuites, il y a de l'hérésie, du machiarélisme et une piperie manifeste; enfin ce qu'il dit sur le nom de Pères qu'on donnait auxjésuites, ne pouvait soitir que de la plume de l'auteur des Ordonnances d'amour ; la iiius effrénée luxure n'a rien inventé de plus atroce. On trouve à la fin de ce Catéchisme le Pater noster travesti et la parodie de l'Ave Maria, où il y a autant de sacrilèges que de mots. Dans ladernière pièce surtout, l'impiété et la plus exécrable obsiénité combattent à qui aura le dessus. Tel est l'avocat 3ui a plaidé contre un ordre célèbre, et que es gens qui prétendaient au génie et au bon

goût, ont regardé comme un écrivain sage et élocpient. Il est certain que les jésuites pouvaient dire comme Tertullien : Tali dedicalorc damnationis nostrœ etiam gloriamur. Le Monophile en sept livres, en prose mêlée de vers. — Ce magistrat laissa trois enfauts : Théodore, Nicolas et Gui. Le premier fut avocat général de la chambre des comptes ; le second, maître des requêtes, laissa un vol. de Lettres, in-S", pleines de paiticularités historiques ; et le dernier fut auditeur des comptes. Les OEuvrcs de Pasquier ont été imprimées en 2 vol. in-fol. à Trévoux, en 172.3. 11 y manque : son Catéchisme des jésuites : on a cru servir sa mémoire \mv cette omission ; sou Exhortation aux princes, etc., pour obvier aux séditions (pii sendilent nous menacer pourle fait de la religion, laG2,in-8°, de 27 feuillets, indiquée dans lo nouveau père Le Long, sous le n° 17, 838. Si le P. Garasse avait connu cet ouvrage, dont l'objet est de ])rouver la piétendue nécessité de favoriser et d'admettre le calvinisme, il n'aurait pas manqué de s'en prévaloir. Pasquier s'est indiqué à la fin de cet écrit par ces lettres : S. P. P. facicbat. Dans rexem|)laire de M. Pilhou, elles sont ainsi remplies de sa main : Stephanas Paschasius, Parisinus. Il en avait paru, dès 15G1, des éditions mutilées, que Pasquier désavoue dans un avis à la tète de rin-8°. Il a depuis été inséré dans le recueil connu sous le titre de Mémoires de Condé, dont il termine le 1" volume.

PASSAVANT! (jACQtE.sj, né vers 1297, à Florence, d'une famille distinguée, uioitdans sa patrie en 1357, entra dans l'ordre de Saint- Dominique, et rendit son nom célèbre en Italie par un traité intitulé Le Miroir de la vraie pénitence, \m\)rimé pour la première fois en 1495, in-V°, à Florence. Cet ouvrage est fort estimé tant pour le fond que pourle style. L'académie de la Crusca en donna une édition, en 1681, qui est la septième; celle de Florence, 1725, in-i°, qui est la dernière, est la meilleure.

PASSIONEI ( Dominique), cardinal, naquit à Fossovnbrone, dans le duché d'Urbin, le 2 décembie 1C82, d'une famille illustre. 11 fit ses études au collège Clémeiitin à Rome, oii il commença à former dès lors une riche bibliothèque, devenue depuis si utile aux savants. Kn 1706, il vint à Paris pour porter la barrette au nonce Gualterio son iiarent. Il passa (Je là en Hollande en 1708, et y joua bientôt le rôle de négociateur. Ou commençait à être fatigué de la longue guerre de la succession d'Fspagne. Les puissances be'ligérantes y avaient envoyé des dé])utés pour la paix. Le pape Clément XI, ne |)Ouvant y avoir un nonce , choisit Passionei pour défendre secrètement les intérêts du saint-siége. Ses soins ne fuient pas inutiles : il ob int des alliés l'évacuation des domaines du pape, 011 les troupes allemandes s'étaient élablies. De retour à Rome , il fut nommé par Clément XI caméiier secret et prélat domestique. En 171'*, le pape- l'envoya au congrès deBàle, et, en 1715, à Soleure. Quoiqu'il ne fitt pas heureux dans la première de ces né-

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"ociations, Cliîment XI n'approuva pas moins sa coniii'ite, et le nouiin.i secrétaire de la Propaganiie en 1719. Sa faveur continua aprôs la mort de ce pontife, sous Innocent XIII, (pii le nomma arehcvôque d"Ephèse, éi lui (loniià la nonciatui-e de Suisse, qu'il uartia jusqu'en 1730. Glémenl XII le nomma nliirs k celle do Vienne, où l'empereur Ciliarles VI et le prince Eugène lui lirent un accueil distingué. Ses travaux apostoliques dans ces ditférents pays furent utiles à plusieurs jiersonnes. L'abjuration du savant Kckard el celle du prince de Wurtemberg furent son ouvrage. Il fut fait secrétaire des brefs et cardinal en 1738, et incorporé dans le môme temps aux différentes congrégations de Rome. Benoit XIV, étant monté sur le trùne pontifical, le chargea des affaires les plus importantes, et le nomma bibliuthécaiie du Vatican en 1755. Il enricliit considérablement ce trésor, et en augmenta l'utilité par la communication. 11 mourut d'apoplexie le 5 juillet 17Gl,à 79 ans. L'auteur de son Eloge historique (l'abbé Goujet), imprimé à La Haye, in-12, 1763, prétend que la violence qu'il se lit en signant le bref de condamnation, lancé contre l'Exposition de la doctrine do Mésenguy, hâta sa mort. Serrao, autre zélé du ]iarti, dans son ouvrage De prœclnris catechislis (Vienne, 1777), regarde sa maladie et sa movt comme une punition divine. Tel est le fanatisme de secte : non content de lancer ses traits contre les adversaires do l'erreur, il les dirige sur ceux même qu'il regarde comme ses amis, quand ils ne mettent pas dans leurs démarciies toute la fureur ou l'opiniâtreté qu'il prétend leur inspirer. Le cardinal Passionei n'était pas favorable aux jésuites; il s'opposa fortement à la canonisation du cardinal BoUarmin, et jiroscrivit, dit-on , de sa bibliothèque tous les ouvrages de la société. Il n'aimait pas davantage les autres religieux. La vivacité de son esprit le jetait dans des disputes dont il voulait toujours sortir victorieux. Malgré l'amitié que Benoit XIV avait pour lui, il s'opiniàtrait à soutenir dans leurs conversations ses sentiments avec une vivacité inilexible; c'était presque toujours le pape qui était obligé de céder. 11 n'aimait pas le cardinal A'alenli, secrétaire d'Etat; il ra|i|)elait ]ebach(i. Un jour, en lui donnant le baiser de paix, il lui dit assez haut Salamalec, au lieu de Pax teciun. Malgré ses délauts, le cardinal Passionei a des droits aux regrets des savants el il l'estime de la postérité. La révocation qu'il lit avec le célèbre Foiitanini du Liber uinrnus romanorum pontilicum: une Paraphrase du psaume 19, faite sur l'hébreu; une du 1" chapitre de VAporalypse, sur le syria- (pie ; la Traduction d'un ouvrage grec sur l'Antéchrist; VOraison funèbre lAu i)rince Eugène, traduite lui français [)arM"" du Boccage, sont des monuments de ses connaissances. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, Passionei est l'iuileur des-yk7a ler/utionishelveticce, in-^i-°. Ce sont six discours prononcés en ditlérentes occasions avec quelques lettres sur les all'aires qu'il eut à traiter en Suisse.

Il peut servir d'instruction et de modèle aux nonces qui lui succéderont, puisqu'ils doivent avoir le même but, le maintien de la religion catholique. — Benoit Passionei, son neveu, publia à Lucques, en 1765,1 vol. ita- ' lien, in-fol., oii il a réuni toutes les Inseriptions grecques et latines, rassemblées jjar ce savant cardinal. Cette collection, qui a été dissipée après sa mort, renfermait aussi beaucoup de bas-reliefs, d'urnes, etc. Le cardinal Passionei était membre de presque toutes les sociétés littéraires de l'Italie : il succéda à Maffei, comme associé étranger, dans ''académie des inscriptions. Lebeau y prononça son Eloge.

PATÈRE, Paterius, disciple et intime ami de saint Grégoire le Grand, dans le vr siècle, fut notaire de l'église romaine , et ensuite évêque de Brescia, suivant quelques savants. Cet écrivain ecclésiastique est principalement connu par un Commentaire sur l'Ecriture sainte, tiré des ouvrages de saint Grégoire, à la suite desquels il a été imprimé. Ce livre est meilleur pour le sens spirituel que pour Je littéral.

PATERSON (Alexandre), prélat catholique anglais, né à Enzie dans le comté de Baufl, fut d'abord vice-recteui- du collège des Ecossais à Douai, dans lequel il avait été élevé. Les des[)Otes révolutionnaires de 1793 s'étant emparés de cette maison, Paterson parvint à quitter la France avec les maîtres et les élèves, et retourna dans sa patrie où il exerça les fonctions de missionnaire. En 1816, il devint coidjuteur du docteur Cameron, vicaire apostolique d'Edimbourg, et fut sacré le 28 août de la même année sous le titre d'évèque de Cybistra. Il fil plusieurs voyages à Paris pour réclamer les biens des établissements catholi(iues écossais en France , et publia, en 1822, un excellent Mémoire à ce sujet; mais il ne réussit qu'en partie. Paterson envoya, en 1829, en France, un ecclésiastique, M. Gilliès, missionnaire, et les dons que reçut cet envoyé suffirent pour faire face aux dépenses de la chapelle catholique que l'on a construite à lùlimbourg. En 1828, il devint vicaire apostolique par la mort du docteur Cameron. Il lit encore un voyage en France après la révolution de 183(J , et mourut à Dundee dans l'exercice de ses fonctions, le 30 octobre 1831.

PATORNAY (Philippe), prédicateur , né à Salins l'an 1593, d'une famille distinguée, entra , à l'dge de 18 ans, dans l'ordre des Minimes, qu'il contribua à propager dans le comté de Bourgogne, et professa la philosophie et la théologie. Les succès qu'il obtint ensuite dans la prédication engagèrent l'archevêque de Besançon, Ferdinand de Rye, à le demander au saiïit-siége pour l'un de ses sulfragauts, et ce prélat le sacra évêque de Nicopolis en 1632. Patornay mourut à Besançon le 1" août 1639, regretté surtout des pauvres. Il n'avait publié que quelques J/jmm; mais on conservait dans la bibliothèque des Minimes i\ Rupt, bailliage deGiay,un recueil de SCS Serinons, et un Abréije' des Controverses de Bellarmin, en manuscrit.— Uu de ses pa-

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rents, Léonard Patornay , jésuite, mort la lïK'ino aniK'-e à Bes;inçon,fiit chargé plusieurs fois par Uichclieu île répondre aux écrits des ministres proleslants. On a de lui: Déclarationes muUoruin ikduclorum ad Ecclcsiœ castra, qu'il pujjlia sous un nom supposé.

PATOUIl.LKT (Nicolas), jésuite, né l'an l(i-22 à Salins, prêcha avec succès dans les principales villes dti royaume, et devint supérieiu- de la mission française à Londres. Dans ses vieux ans il se retira dans la maison de son ordre à Besancon, où il mourut le I" nov. 1710. On a de lui': Sentiments d\ine âme pour se recueillir en Dieu, Besançon, 1700, in-12; Healo Francisco de Sales, episcopo Gcnevensi pane(i!/ricus,dictus €amberii,postr. idus novemb., i(J02 : prœmillitur epist. ad Franc, de Bertrand de Chamousset, ms., conservé à la Biljliolhèque royale. — Son frère Etienne, prêtre, mort à Salins en 1690, est auieur d'une Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, Besancon, 108V, in-8°.

PATOUILLET (Louis), né à Dijon en 1699, fit ses études au coliége de cette ville, où il eut pour |irofesseur en rhétorique le célèbie P. Oudin, qui contribua beaucoup à dévelopjier ses talents. Devenujésuite,i! enseigna la plnlosoiiliie à Laon, et se di^lin^ua en même temps par l'éloquence de la chaire. Après avoir prêché à Nancydevant le roi Stanislas, et avoir passé encore quelques années à Laon, il se retira à la maison professe de Paris , s'occupant de divers ouvrages, parmi lesquels on distuigue la Vie de Pelage {y'oy. Pelage), et le Dictionnaire des livres jansénistes, k vol. in-12, qui était une nouvelle édition de la Bibliothèque janséniste du P. Colonia, et qui fut mis à l'index à Home par un déciel du 11 mais 17o't. 1! parut contre lui des Observations de tloujel et une lettre de Kulié. 11 a donné pendant quelque tera|is le Supplément de la Gazette ecclésiastique, où il redressait les eirein-s et réjiarait les omissions de cet écrivain fanat'que. Voy. RocuE (.lacques). On attribue au P. Patouillet plusieurs écrits anonymes surle> all'aires du temps : VApologie de Cartouche, ou le Scélérat justifié par la grâce du P. Qaesnel, 17J:j, in-12; les Progrès du jansénisme, par frère Lacroix, Quiioa, 1743, in-12; deux Lettres à unévéque sur le livre du P. Norbert, 17io; une Lettre sur l'art de vérifier les dates, 1730; Entretiens d'Anselme et d'Isidore sur les affaires du temps, 1730; Lettres d'un ecclésiastique à l'éditeur des OFuvres d'Arfiauld, 17oJ, in-12. Il donna en 1749 et en 1738 les 27' et 28' volumes des Lettres édifiantes. 11 jouit de la confiance de M. de IJeaumont, archevêque de Paris, et ilu saint évêque d Amiens, Al. de La .Motte, chez lequel il vécut quelque temps, et mourut à Avignon, vers 1779. Quelques écrivains lui attribuent la Réalité du projet de Bourg- Fontaine; mais il parait plus vraisemblable que c'est l'ouvrage du P. Sauvage, jésuite de la province de Lorraine. Vog. Filleal.

PATliiCE (saint), évêque et apùtre d'Ir-

lande, né en 372, mort vers l'an 'i-Oi, après

avoir converti une multitude de païens, l'on-

DiCTioNJ». DE Biographie keug. III,

dé des monastères, dont l'un était à Armagh, et avoir rempli l'Irlande d'églises et d'écoles, où la piété et les bonnes études fleurirent longtemps. On a de lui un écrit appelé la Confession de saint Patrice, et une Lettre à Corotic, prince du pays de Galles, dont il eut beaucoup k souffrir. Ces ouvrages sont écrits avec peu d'éiégance; mais ils montrent qu'il était versé dans la science des saint*. Tillemont dit que ces écrits ont des marques certaines d'authenticité; les auteurs qui les ont suivis en écrivant la Vie de ce saint ne l'ont point farcie de faits apocryphes, appuyés uniquement sur des bruits populaires. On lui attribue le Traité des douze rtiuA-, [lublié parmi les ouvrages de saint Augustin et de saint Cyprien. Jacques Ware a publié les OEuvres de saint Patrice, à Londres, 1658, in-8°. Le Purgatoire de saint Patrice, dont Denys le Chaitreux el plusieurs autres écrivains ont dit tant de choses fausses, comme BoHandus l'a démontré, est une caverne située dans une petite île du lac Dearg, dans l'Ultonie. Elle fut fermée par ordre du pape, en 1497, pour arrêter le cours de certains contes superstitieux. On la rouvrit ensuite, et on la visita pour y prier et y pratiquer les austérités de la pénitence à i'imiiatiun de saint Patrice,

3ui se retirait souvent dans ce lieu et dans es endroits écartés, pour y vaquer plus librement aux exercices de la contemidalion. Ceux qui sont étonnés de lire dans la Vie de ce saint des singularités en matière de piété et de mortitications peu conciiiables avec nos goûts , nos usages et nos mœurs, ne doivent [las perdre de vue cette réllexion de l'abbé Fleury : « Il est à « croire que Dieu leur ins[)ira cette conte duile |iour le besoin de leur siècle. Ils « avaient all'aire à une nation si perverse et « si rebelle, qu'il était nécessaire de la frap- « per par des objets sensibles. Les raison- « noinents et les exhortations étaient faibles « sur des hommes ignorants et brutaux, « accoutumés au sang et au pillage. Ils « auraient même compté pour rien des « austérités médiocres , eux qui étaient « nourris dans la fatigue de la guerre, et « qui portaient toujours le harnais. Mais « quand ils voyaient un saint Bonifaco, dis- « ciple de saint Romuald, aller nu-pieds dans « les pays froids; un saint Dominique Lori- « cal se mettre tout en sang en se donnant « la disci|iline, ils comptaient que ces saints « aimaient Dieu, et détestaient le péché. Ils « auraient compté pour rien l'oraison men- « taie; mais ils voyai(Mit bien que l'on priait, « quand on récitait ties psaumes. Knliii, ils « ne |iouvaienl douter que ces saints n'ai- « massent leur priH:haiii, [luiscju'ils faisaient » pénitence pour les autres. Touchés de tout i( cet extérieur, ils devenaient plus dociles, « ils écouta eut ces prclics et ces moines, (' dont ils admiraient la vie; el plusieurs se « convei tissaient. » Celle réllexion suflit [(imr expliquer plusieurs singularités qui, dans riiisloire des saints, peuvent offenser des esprits délicats et trop préoccupés des

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mœurs actupups; elle est appuvt^e par ce mol <ie l'Apôtre : « .le me suis fa t tout à « tous, [lOir i^;i;j,nor tous les hommes à Jé- « sus-Clirist » : Omnibus oinnia fnctus sum, ut omnes facercm salvos. I Cor. IX, 22. Voy. SiMÉON Stylitf.DoMiMQijELoricat. — .M.Mi-;ne a lionne les œuvres iJc saint Patrice avec cel'esd.' Salvieii,sous ce titre : OEuvres tr'scnmptcles de Salvim, précédées d'une notice tirée de Galland et de Schœniiemanu, enrichies des notes di' Biiuze, suivies des OEuvres éj^alemciit très-complètes, 1° irArnol)e le Jeiuie, re,)roduites d'après la Maxima Bibliolhcca PP., de La Bigne;2° de Mamert Claiidii'U, d'après l'édilinn de Gulland ; 3° de sailli Patrice, apùtre de l'Irlande, réimprimées aussi avec les notes et les prolég. de Galland, i" du livre coiuiu sous le nom de Liber Prœ'lestlnati yieprotluil comme les deux Pères préc 'dents avec les notes et les prolég. de Galland, et suivi d'une histoire du prédestiualiaiiisme, par Sirmond, 18i7, 1 vol. in-V".

PATKli^E, Patricins (Augustin Piccoi.omim), liabile écrivain du xv siècle, né à Sienne, d'une faaii le illustre, fut d'abord chanoine de ce; te ville, puis secrétaire de Pic 11, en li60. Ce |ape lui donna ordre de ciimi)Oscr un ylircVy^des Actes du concile de liàle, qui se trouve en manusnrit dans la Bi- Lliolhèque du roi de France, et 'mprimé dans le tome IIP des Conciles du père Labbe. Ses services lui valurent la place de maître des cérémonies de la chapelle du iia|pe, et l'évèché de Plenza dans la Tosca. e. 11 y mnurut en liOG, regarda comme un des plus savants hommes de son temps. 11 était également versé dans l'histoire sacrée et l'histoire profane. II eut pari au Pontifical, imprimé à Roiue en 148."), in-fol. On trouve de lui, dans le Musœum it<ilicnm du Père Mabirou, Adventus Friderici 111 ad Pauluni 11 ; Vita Bencii... et dans Freher : De Comitiis Ralisbonœ celebratis. On lui attribue : Traité des rites de l'Eylise romaine, que Christoplie Marcel, archevêque de Corfou, lit imprimer sous son nom à Venise, lalG, in-fol.

P.VrUlCK fSuiûN), évèque anglican, né l'an 1626 à Gainsborough, dans la province de Lincoln, d'un marchand, fut élève au collège de Cambr dge. Il s'y distingua tellement ' ixu son savoir qu'il en devint pi-ésidcnl. il fut CiiSuile vicair-e de IJatlersea, dans leSurrey, |>uis cuié de Covenigarden, paroisse do Sauit-Paul ù Londres, et tut nommé chapelain du roi Charles 1". En 1GT8, il fut élevé au iJoyenné de Péler>borough, jiuis h l'évèché de Chichesler, en lOSJ. O i le transféra, en 1001, à l'évèché d'Kly, où il termina sa cai'rière, en 1707, h 81 aus. Son empf)rtement contre l'Kgiise romaine n'a honoré ni son savoir, ni les dignités ipi'il a occupées; il v;e fait soiitu- dans tous ses ouvrages. Les princijiaux sont : des Commentaires sur le Pentateutpie et s.t d'autres livres de l'Ecriture sainte ; un litvueil dr prières, etc.

PAI'KIZI uu PAIKIZIO (.Fbançois), de Cherso en Istrie, et selon quelijues-uns do Glissa, dans la Dalmalie, où il naquit en 152'J. il enseigna la phil ist,p|iio à Ferrare, à

Rome et îi Padoue, avec une reputatioQ pîtraordinaire, soi;lint que la philosophie de Platon était en tout conforme au e' ristianisme, et fut ennemi déclaré des sentiments péri|)alé:iciens. 11 mourut à Rome en 1597, à 08 ans. On a de lui : une Edition des livres attribués à Mercure Trismégiste; une Poétique enital en, Ferrare, 1.330, in-i°, divisée en deux décades, q li est une preuve que l'auteur avait bien lu h'S anciens; Paralleli militari, Rome, lo9i, in-fol. C'est un paral'èle de l'art m lilaire ancien avec le moderne. Joseph Scaliger dit que Patrizio est le seul qui ait ex;'liqué les dillicultés de ce sujet important. Ceux qui sont venus après lui n'ont fait que le copier. C'était le plus rare et le plus utile des écrits de cet auteur; Delta nuova e/comctria lihri XV, Ferrare, 1.dS7, in-i°; Délia storia dieci dialoghi, Venise, 1580, in-i° ; traduit en latin par Nie. Stupino, et réimprimé avec le Ulethodus historica, de Bodin, Bjle, 1570, in-8' ; Procli elementa theologica et physica latine reddita, F rrare, 1583, in-i°.

PAITF.N (Thomas), théologien anglican, qui vivait dans le siècle dernier, se rendit célèbre par divers ouvrages savants en faveur du la religion, et qui prouvent qu'il avait bien étudié les saintes Ecritures. Parmi un ;:rand nombre, les suivants méritent une attention [larliculière : Apologie chrétienne, in-8", discours fait pour la chaire ; Apologie chrétienne de saint Pierre, faisant aussi ia luatière d'un sermon qui fut prêché, })uis publié avecdes notes et uûe répanse aux objections du Père Ralih Healhcote, aussi docteur anglican, mort en (695 : La suffisance des preuves données de l'évidence de l'Evangile, soutenue contre la réplique du père Ralph Ileathcole, in-8": L'opposition entre l'Evangile de J.-C. et ce qu'on appelle la religion naturelle, sermon ; Défense du roi David, dont le caractère est mal exposé dans quelques écrits modernes. Patten moarut en 1790.

P.VTUZZl (JEiN-VfScE.NT), célèbre dominicain, né à Conégliano, le 19 juUlct 1700, prit l'habit de son ordre en 1717, dans la congrégation du B. Salomoni, qui est une des branches d.3 l'ordre d(! saint Dominique ; il professa la pliilosophie, puis la théologie k Venise, et composa un grand nombre d'ouvrag s dont on retrouvera la liste dans VEurope /(7/m)(>P (juin 1709): quelques-ont paru sous le nom d'Eusebio Eraniste, qu'il avait adopté, et d'autres >ous celui d'Addfo Dosileo, qu'il prend quehiiielois. Il mourut à Viconce, le 20 Juin 1709. On a de lui : Viladclla vcnerabile serva di Dio Rosa Fialctti, del terzo or dine di son Domenico, con l'aggiunta di alcune sue lettere, canzoni edaltre spirituuli opérette, Venise, 17i0, in-i"; Difcsa délia dottrina del angelico dollor sancto Tomaso sopra l'articolo cinque delta Q. 154, 2, 2, Lucques, 17.V0, \ii-4", sans nom d'auteur. Ce livre est dirigé contre quelques défenseurs du Père Bensi, jésuite. De future impiorum statu libri 1res, Vérone, 1748, in-4"; 2* édition, Venise, 1764; Lettere teologico-morali di Luscbio Eraniste, etc., in difesa délia storia

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Danîello Concina,

dcl probabillsmo del P.

Venise {Trentcj, 1T5-2, I vol. in-S". L'ouvraj;e eut trois cdiiimis dans la même année; Letlere teologico-morali in conlinaazione délia difcsaàeir tstoria del probabillsmo, (Tienle) Voinsc, 1733, 2 vol. iii-8° ; Lettcre teologicomjrall in conlinaazione délia difesa, etc., vvvero Confutazione délia riposta pubblicata dal M. R. P. B. délia compar/nia di Giesu, contro i due primi lomi délie leltere di Eusebio Eranistc, (Trente) Venise, 173i, 2 vol. in-8"; Osservazioni sopra varj punli d'istoria Ictteraria, esposte in alcunc lettcre al M. 11. P. F rancesco- Antonio Zaccarin, con due appcndici, etc., Venise, 1736, 2'^ édit., 17G0, 2 vol in-S" ; De re sacramentaria contra perduellcs hœrcticos (ibri decem, eti:., cura et studio P. R. F. Renati Uj/acinthi Drouin, doctoris Sorbonici, ord. prœdicatorwn, editio secunda cum nutis et addilionibus P. F. Joannis Vincentii Paluzzi, \'enise, 1736, 2 vol. iii-fol. ; Lettcra enciclica del sonuno ponte fice Benedelto XI T, diretta aH'assentblca générale del clero gallicano, illustrata e difesa da Eusebio Eranisie, contro l'aalorc de' dubii e qaesiti proposili ai cardinali e teologi délia sacra congregazione di Propaganda, Lu;^.ino, 1738, in-8", 2' édition, Venise, 1739, insérée dans la Raccolta secta délie case di l^urtugallo, rapporta o' gesuiti, LugaiiO, 173'J ; 2° édition, Venise, con aggiunle e monuvienii 1761, traduit'.' en fançais et iin|iriinée à Ut-recht, 1760, in-12 ; Trattato délia regola prossima délie azioni umane nella scella délia opinioni, etc., Venise, 1738, 3 vol. in-i". Elle fut traduite en latin, Venise, 1761./yrei'e istruzione sopra la regola prossima, nella scella délie opinioni, Venise, 1739, réimprimée à Na()les et à Milan, avec des augmentations, et ensuite traduite en latin, inséiée depuis dans la Théologie morale We Gasparo YatioJo, imprimi'e h Venise, 3 vol. in-4° ; De indulgentiis et requisitis prœsertiin adeas recipicndas dispositionibus, Uome, 1760, in-16. Ce traité parut d'abord sons le nom sup,;.osé de Nicolo Giunchi de' Raspantini ; mais il fut réimprimé la môme année sous le nom du PèrePatuzzi. Esposizioni sulla dottrina cristiana, opéra utilissima ad ogni génère di persane, si ecclcsiastiche che secolari, nuova edi~ ziune rivednta e correta, Venise, 1761. C'est l'ouvrage de l'abbé Mesenguy traduit en italien et imprimé à Naples, mais tellement corrigé et changé dans l'édition qu'en donne lePèro Patuzzi, qu'on peut le regarder comme une œuvre nouvelle, à l'abri des censures de Home ; Lcttere ad un ministro di stato sopra le morali dottrine de'moderni casuisti, e i gravissimi dunni che ne resultano al pulilico bene, alla societa civile, e ai diretti, autorila esicurezza de sovrani, Venise, 1761, 2 vol. in-8' ; deuxième édition, avec des augmentations et corrections, Venise, 1763, sous le nom d'Eusebio Eranistc ; Lettcre apoloqetichc; ovvero Difesa délia dottrina dt san Tomaso, contro le calunnie de' suoi accusulori sulla malcria del tirannicidio, Venise, 17()3, lU-8", sous le nom d'Eusebio Eranistc ; De tede inferni in terris quœrenda dissertatio ad

complementum operis de futnro impiorum statu, dislributain partes très, Venise, 1763, in-l°; La causa del probabillsmo richiamata air esana du M. Liguori e convinta novellamente di falsitn, da Adclfo Dositeo, (Ferrare) Venise, 176.'i., in-8° ; Osservazioni teologiche sopra t'apologia di M. D. Alfonso di Liguori, contro il libro intitolato : La causa del probabillsmo, (Ferrare) Venise, in-8°, sous le nom d'Adelfo Dositeo. Elhica christiana site theologia moralis, ex sanctœ Scriplurœ fontibas dcrivata et sancti Thomce Aquinatis doctrina illustrata. 7 vol. in-4°, Bassano, 1760. Le Père Patu. zi n'ayant pu terminer cet ouvrage, il fut achevé [lar le Père Pierre Fantini, son confrère, qui le publia et le fit précéder d'une Vie de l'auteur et du catalogue de ses ouvrages. On trouve VElogc du Père Patuzzi dans l'Europe littéraire, mois de juin 1769. On ne peut tro;i louer ce père d'avoir poursuivi, sans leur donner de répit, les défenseurs de la morale relâchée. Des personnes qui assurément la condamnent pensent néanmoins qu'd a quelquefois confondu avec elle une sage condescendance, des ménagements que dictent la prudence et la charité, des tempéiaments qu'> demandent qupiquef is l'amour du prochain et les intérêts du salut des pénitents. L'Evangile n'est point une loi d'excessive rigueur, mais de miséricorde aussi bien que de justice ; et on s'étonne de voir compris fiarmi ceux que le Père Paluzzi a combdtus, le vénérable Liguori, missionnaire /élé, homme consommé dans la connaissance des voies spirituelles, instruit, en un mot, par une longue experiiuice, des moyens les plus propres à faire rentrer le [)éclieur en lui-môme, et à le ramener à la pratique des devoirs religieux.

PAl'ZKE (.Tean-Samuel), pasteur et prédicateur protestant, né l'an 1727 à Selov, auprès de Franrfort-sur-l'Oder, d'une famille pauvre, parvint à force de patience et d'énergie h faire de bonnes études, r-t obtint une place de pasteur à ■Wormsfelde par la protection du margrave d; Schwedt. Il fut nommé plus tard pasteur à Liégen, puis, en 1762, piédicateur à Magdebourg. C'est dans cette ville qu'il lit surtout coniaître son talent pour la chaire. Patzke mourut le Ik décembre 1786, laissant: Sermons sur les évangiles de toute l'année, Magdebourg, 1774-1775, 2 vol. in-4.°; Sermons sur les épîtres de touto l'année, \b\d., 1776, 2 vol. in-4° ; un Choix de ses sermons, Magdebourg, 1780; un autre Choix de discours prononcés en chaire \ arut à Dessau, en 179.V. On a ne plus de lui des poésies diverses, des traductions de T'rence et de Tacite, avec nés notes, des feuilles périodiques rédigées dans un but moral, des drames sacrés, etc.

PAUL (taintj, nommé auparavant Sinl, de la tribu de Benjamin, était né à Tai'se, ville de Cilicie, et, en ci tte ijualilé, citoyen romain. Son père, qui était pharisien, l'envoya à Jérusalem, oij il fut élevé et instruit par Gamaliel dans la science de la loi. Il puisa dans la secte des pharisiens une haine violente contre le christianisme. Lorsau'on la^

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pid.iit saint lîtienno, il coopi^ra à sa mort, en u.'iidiiiil les luibilleriicnls des hoiirreaux. niiilii)!!!;''^!! ce saint iiiarl.vr. Une respirji( ,dors (|uo le sang et le carnage contre les disciples de Jésiis-Christ. Il oblinl des lellr.'S du grand-prcUre des Juifs, | our aller h Damas se saisir de tous les chrétiens, et les mener chargés de chaînes h Je usalcm; mais dans le (liemin, il fut tout à coup frap, é d'un éclat de lumière ([ui le r.-nversa. Il ei tendit en même temps une V(]ix qui lui dit : Stiul,Saal, pourquoi me persécutez-vous? — Qui étes-vuus. Seigneur? répondit-il. — Je suis Jhus-CItrist que vous persécutez. Paul en tremblant s'i'cria : Seigneur, que voulez-vous que je fasse? Jésus lui dit de se lever et d'aller à Damas, où il lui ferait connaître ses volontés. Il fui baptisé à Damas, par Ananie, et prêcha a .ssitôt 1 Evangile avec zèle en Arabie, à Jérusalem, à Césaiée et à Tarse, d'où saint lîarnabé le mena à Antioche. Ils y instruisirent un si grand nombre de [lersonnes, l'an 38 de Jésus-Christ, que ce fut alors que le nom de chrétiens fut donné, pour la ]]r .mière fois, aux disciides de Jésus-Christ. De \h il fut envové à Jérusalem, pour y porter les aum'mes des chrétiens (l'Anlioche. Saint Barnabe l'accompagna dans ce voyage. Après avoir rempli leur connnission, ils rev iirent h Antioche. Ils allèrent ensuite dans l'ile de Chypre, l'an 43, |)uis à Paphos, où ils convertirent le proconsul Sergiiis-Paulus On croit que ce lut du nom de ce magistrd, que l'apôtre des gi'ntils prit le nom de Paul, pour lequel il changea son nom primitif de Saul. De l'île de Cliyjire ils pa--sèrent à Antioche de Pisidie, et d'Aiitioche à Icone. Ils convertirent jilusieurs juifs et gentils; mais ayant encore couru risque d'été lapiiés par les Juiis incrédules, ils allèrent à Ly?tres. Ce fut là que l'apùlre guérit un homme perclus dès sa naissance , nommé Enée. Ce miracle les lit prendre jjour des dieux : le peuple voulait les sacrilier. Ils avaient bien de la [leine à réprimer les mouvements de leur idolâtre recomiaissance. lorsque que (|ues juifs, venus d'Icone et d'Antioche de Pisi ne, changèrent les disiiositions de la populace, qui se jeta sur Paul , l'accabla de pierres , et , l'ayant traîné Imis de la vi.le, l'y laissa pour mort. H revint néanmoins dans la vdie d'où il sortit le l.n iemain pour aller- à Derbe avec Barnabe. Ils lepassèrent |)ar Lystres, Icoiie, Antioche de l'isidie, viment en Pamphylie, et ayant annoncé la paiole de Dieu à Perge, ils pa>sèrent ii .Utalie, où ils s'endiar(]uèrent |)0ur Antioche de Syrie, d'où ils étaient partis l'année précé .ente. Les lidèles de cette ville les dé, uierenl à Jé.nsalem vers les apôtres, pour les cniisultersur l'observation des cérémonies légales. Les apôlres s étant assemblés pour en délibéier, arrêtèrent, de l'avis do Pierre, ipii parla le f)iemier tlaiis celle sainte assemblée, regardée connue le [iremier concile di s chrétiens, et doni le discour'S fut forlement appuy.' pai' sain. Jacques, Act. XV, (|ue l'on n'imposerait |ioint aux genlils le joug de U loi, mais qu'on les

obligerait seulement à s'abstenir de viandes sacriliées aux idoles, de chairs étouffées et de sang, qui étaient en abomination chez les Juifs, dont on ne devait pas aliéner les esprits, et de la fornication regardée par les païens comme une chose licite. Paul et Barnabe revini'ent avec cette décision, dont ils firent part à l'église d'Antioche. Paul ayant proposé à Barnabe de parcourir ensemble les villes où ils avaient prêché l'Evangile, ils se séparèrent à l'occasion de Marc, que Barnabe voulait emmener avec eux. Paul prit Sylas avec lui, et parcourut la Syrie, la Cilicie, la Lycaonie, la Phrygie, la Galatie, la Macédoine, eic. Il convertit à Athènes Denys l'Aréopagite, à la suite d'un discours inimitable , iirononcé devant l'Aréopage étonné et stupéfait. Jamais on ne parla plus magnifiquement de la Divinité. Etant retourné à Jérusalem, l'an 58 de Jésus-Christ, il y fut arrêté par le tribun Lysias, et conduit h Félix, gouverneur de la Judée, qui le retint pendant deux ans prisonnier à Césarée. Festus, son successeur, ayant fait paraître Paul devant son tribunal, et ne le trouvant coupable d'aucun crime, lui proposa d'aller à Jérusalem pour y être jugé. Mais Paul, averti que les Juifs voulaient le tuer en chemin, en ajipelaà César, et il fut arrêté qu'on l'enverrait à Rome. Quelques jours a|)rès il parait devant Agi'ippa et la reine son épouse, qu'il convainquit de son innocence. Il partit pour Rome, et aborda dans l'île de Malte, dont les habitants le reçurent humainement. L'apôtre passa trois mois dans cette île; il guérit le père de Publius, le premier du lieu, et fit plusieurs autres mir-acles. Arrivé à Rome, il eut permission de demeui'cr où il voudrait avec le soldat qui le garilait. Il passa deux ans entiers à Rome, occupé à prêcher le ro. aumede Dieu et la religion de Jésus-Christ, sans que })ei'sonne l'en empêchât. Il convertit plusieurs iiersonnes, jusque dans la cour même de l'empereur. Enfin , après deux ans de captivité, il fut mis en linCité, sans que l'on sache comment il fut déchargé do laccusation que les Juifs avaient intentée contre lui. , Il parcour-ut alors l'Italie, d'où il écrivit l'Epître aux Hébreux. Il re/assa en Asie, al a <à Ephèse, où il laissa Timot'iée, puis en Ci-ète, où il élablrt Tite. Il fit ensuite (luehpie séjour àNicopole, revint en Tr-oade, passa )iar Ephèse, puis par Milet, et enfin il se transporta à Rome, où il fut de nouveau mis en prison. Ce grand apôtre consomma son martyre le 29 juin de l'an 66 de Jésus- Christ, Il eut la tête tranchée par l'ordre de Néion, au lieu nommé les Eaux salviennes, et fut enterré sur le chemin d'Ostie. On a bâti définis sur son tombeau une magnifique église, (|ui a été dévoi'ée par un incendie en 1823. Nous avons de saint Paul quatorze I Epiircs (jui poi'tcnt son nom. A l'exception 'i de l'Kpili'c aux Hébreux, elles ne soni pas I l'aiigéis dans le Nouveau Testament selon | l'ordre des temps; on a eu égard ;i la di- I gnité d.> ceux à qui elles sont écrites, et à l'importaucc des matières dont elles traitent.

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Ces Epîtres sont : VEpitre aux Romains, écrite de Corinthe , vers l'an 57 de Jésus-Christ; la 1" et la 2' Epîtres aux Corinthiens, écrites d'Ephèse, vers l'an 57; ÏEpitre aux Galatrs, écrite <i la fin de l'an 56; VEpître aux Ephésiens, écrite de Home pendant sa prison ; VEpUre aux Pliilippiens, écrite vers l'an 62: VEpître aux Colossiens, la môme année; la première Epîtrc aux Thessalonicicns, qui est la jilus ancif^nne, fut écrite l'an 52; \e'2' Epître aux mêmes, écrite quelque temps après; la première <i Timothée, l'an 58; la 2' au mêm'j, écrite de Rome pendant sa prison; ceJe d Tite, l'an 63; VEpître à Philéinon, écrite de Rnnie l'an 61 (Ko)/. Onésime); VEpître aux Hébreux. On lui aattrihué plusieurs ouvrages apocryphes, comme les prétendues Lettres à Sénèque; une aux Laodiciens; les Actes de sainte Thècle, dont un prêtre d'Asie fut convaincu d'être le fabiicateur; une Apocalypse et un Evangile, condamnés dans le concile de Rome sous Gélase. Ce qui nous resie des écrits de ce saint apcMre sullit pour le faire considérer comme un prodige de grâce et de sainteté. On y sent une véhémence, une force pour persuader et pour convaincre, que la fiction ne saurait jamais avoir. Il n'est pas possible à un esprit viai de se soustraire à l'impression que cette lecture a faite sur tant de grands hommes. La sincérité, la candeur de cet illustre apôtre de Jésus-Christ, la ])ersuasion intime qui l'animait lui-môme, sa grande time victorieuse de tant de périls, de tant de persécutions, y paraissent dans le plus beau jour. On croit l'y voir et l'y entendre encore : rien n'est plus animé, pins vivant ; et on peut lui appliquer ce qu'un ancien a dit d'un autre nomme célèbre, du même nom :

Et Pauli slare ingenleni miral)ens iiml)ram.

Saint Jenn Chrysostome, un des plus beaux génies et des esprits les plus solides de l'Orient, a montré dans plusieurs excellents discours de quelle autorité était le lémnignage d'un homme tel que Paul. 11 désirait de voir la ville de Rome, précisément pour y révérer la cendre de ce grand apôtre. {Exhort. moral., serm. 32. — Novem homil. in Paulum, Oper. tom. I, p. 1038.) Bossuet disait que si toutes les preuves du christianisme uisparaiss'iient, les Epîtres de saint Paul l'y tiendraient constamment attaché. Voy. saint Denys d'Alexandrie. La conversion de ce grand homme, telle qu'il la rapporte lui-même dans les Actes des apôires et dans ses Epîtres, a ramené au christianisme un célèbre déiste anglais {Voy. Littleton). Le roi Agrippa ne put en entendre le récit sans se sentir porté à professer la religion do Jésus-Christ (Act. xxvi). Le gouverneur Félix en fut ému jusqu'au fond de Vàme, et refusa d'écouter davanta^e un prisonnier si propi e à persuader des vérités terribles aux hommes du siècle (Act. xxiv). Les premiers fidèles sentaient parfaitement la force de l'argument tiré de la conversion de Paul, et bénissaient Dieu de l'avoir fait

servir à la gloire de la foi (Gaî. i). Les plus grands ennemis du christianisme ont toujours été embarrassés de l'impression qui résulte invinciblement de l'histoire des écrits de ce grand homme. Fréret, qui a fait tant d'inutiles etforts pour répandre des nuages sur les livres saints, n'a point osé toucher aux Epîtres de saint Paul. D'autres ont substitué des sarcasmes et des injures personnelles aux raisons qui leur manquaient. Li' prétendu Bolyngbroke rejette tout ce tju'écrit Paul, parce ^ite, dit-il, // était chauve et petit. Boulanger décide l'atîairc en di-ant que c'est un etithousiaste forcené. Saint Paul s'est attiré, sans doute, ces politesses jihilosophiques, par le peu d'égards qu'il a eus pour les philosophes. On peut croire qu'ils étaient alors à peu près tels qu'ils sont aujourd'hui. Paul les regardait comme des hommes vains, bouffis d'orgueil jusqu'au délire : Diccntes se esse sapientes, stulti facti sunt (Rom. i); comme des hommes sans mœurs, et abominables dans toute la rigueur du terme (Jbid.). Il avertissait les chrétiens de se défier de leurs pom|icuses leçons et de leur suffisance dogmatisante : Yidete ne guis vos decipiat per philosophium et inanem fallaciam (Coloss. ii). Il les réfutait vivement, dès qu'il en avait l'occasion : Quidam autem epicurei et stoici philosophi disserehant cum co (Act. XVII ). On comprend sans peine combien ses princijips, ses sentiments et sa conduite lui donnaient d'avantage sur tous ces vieux pédaj,ogues qui semonçaient froidement et commodément le génie humain par des sentences de parade et de morgue, ou le corrompaient ]iar des maximes «le vice. Qui d'eux eût osé se vanter d'avoir le zèle, l'activité, la [>atience, la ])ersévérance de Paul, et surtout sa parfaite indifférence pour la gloire et le mé|)ris, pour la calomnie et le respect, pour le nom de séducteur ei celui d'homme vini, pour l'obscurité et la réputation ? Per (jloriam et ignobilitatcm, per mfamiam et honain famam, ut seductorcs et veraces, sicut qui ignoti et cogniti (II Cor., c. VI, V. 8). Non, la sublime d sposition d'Ame qui met tout cela de niveau ne leur était pas connue; ils n'en soupçonnaient pas même la possibilité; elle eùî anéanti leur fastueuse sagesse s'ils avaient pu en goûter un moment la divine impression.

PAUL (saint), premier ermite, naquitdans la Thébaïde, de parents riches, vers l'an 229. Il perdit son père et sa mère dès l'ilge de 15 ans, et se trouva maître d'un bien considérable. Il en lit deux emplois également utiles : il soulagea les pauvres, et se fit instruire dans les sciences. Le feu de la persécution s'éiant allumé sousDèce, en 250, il se retira dans une maison de campagne. Son beau-frère, avide de son bien, ayant voulu le dénoncer pour en jouir plus tôt, Paul s'enfonça dans les déserts de la Thébaïde. Une caverne, habitée autrefois par de faux monnayeurs, lui servit de retraite. Cette solitude, à laquelle il s'était d'abord condamné par nécessité, ne tarda pas à lui plaire. Il y passa le reste de sa vie, inconnu aux hommes, et

ne vivant que des fruits d'un palmier dont Jcs feuilles servaient à le couvrir. Dieu le fit connaître à saint Antoine, quelque temps avnnt sa mort. Cet anachorète alla le chertlier, et vint jusqu'à la grolte de Paul, qu'il eut le bonheur d'entretenir. Le saint solitaire lui apprit qu'il touchait à son dernier moment, et lui demanda le manteau de saint Atlianase. Antoine alla le chercher; mais au retour il ne trouva <]ue le cadavie de Paul. Ce saint e\(»ira en 3V2, à 113 ans, après avoir donné naissance à la vie èrémitque. On dit qu'après qu'il se lut nouni df^s dattes d'un palmier jusqu'à l'âge do 53 ans, un corbeau lui apporta tous les jours du pa'n m racuïeusenient, et qu'après sa mort deux lions firent la fosse dans laquelle saint Antoine l'enterra. Quelques savants révoquent ces faits en doute; mais il [tarait que l'histuire que saint Jérôme, si voisin de ce temps, en a écrite avec tant d'intérêt et d'élégance, sulfit pour leur assurer le suffrage des critiques sages. Des moralistes ont trouvé de la diîliculté à concilier la sainteté de Paul avec une solitude qui le privait de la fréquentation des saints mvstères et de tous les secours que présente l'Eglise, en mémo temf)S qu'elle prescrit des devoirs. Mais, sans s'arrêtera ces temps de persécution où la fuite pouv.iit paraître le plus sûr moyen de salut, il est reconnu que dans les règl-s les plus générales comme les plus resjiectables, la Providence a misses exceptions; qu'elle peut déroger t-t déroge en elfet à ses iTopres lois.(ro;(/. Jean DE LA ('rois, Hl'sbboch, T AVLknE.) Quis anachorHarum, dit uo ascétique, si reccptns leycs ac régulas respici.s, salvtts esse sine sncramcntis, sine ullo snlulis adminiculo potitit, sine ulla ecclesiasticarum legum observant ia? El acctpli tamen Dto erani et »i/racu//s fulsere ; Paillas priFscrtim, quia prima œtate ab oinni humano consorlio ad rnorlem unque et Antonii adi^enlum alienus vixit. Quœnain ad hwc responsio , ni^ uominus est filils homims ETiAM sABBATHi ? ,Mallh. xii.) C'cst souvent

f»ar ces exceptions mêmes et ces routes insoites tracées à la sainteté, que la Providence atteint son but d'une nian.ère particulièrement ellicace. (Ko(/. Patrice, Simîson Stïlite.) L'E.^lise célèbre sa fête li; 15 janvier. — On a les Vies de saint Paul, ermite, de saint Hilarion et de saint Malclms, moine-^, par saint Jérôme; suivies d'une Notice sur la vie et les écrits de Sulpice-Sévère; du Di.ilogue de Sulpice-Sévère sur les vertus des moines orientaux ; de la Vie de saint Orieniius, extraite des Actes dos saints ; du Commonitoire de saint Orieniius ; et de fragments de saint Oricntius; traduction avec le texte en regard et des notes, par M. F.-Z. Collombet, 1 vol. in-8°.

l'WL I" (saint), succéda au pape Ktienne II, son frère, en 757. Il donna avis de son élection à Pépin, hn promettant amitié et lidélilé jusqu'à l'ellusiou de son sang. <'e piince lui prêta dus secours pour le défendre contre les

Î'exaiious de Didier, roi des Lombards. Paul onda diverses é.4i>es, et après avoir gou- VBïiiù avec saijQsse et avec prudence, il mou-

PAC

rut en 767. On a de lui 22 Lettres aaus le Recueil de Gretser.

PAUL II (Pierre Barbo), noble Vénitien, neve I du pape Eugène IV, qui l'honora du chapeau de car dnal en livo, monta sur la chaire de saint Pierre après Pie il, en l'tGV. On fit jurer au nouveau pa;e d'observer plusieurs lois que les cardinaux avaient faites dans le conclave. Elles regardaient la continuation de la gueire conire les Turcs, le rétablissement de l'ancienne discipline de la cotir romaine, la convocation d'un concile général dans hu t ans, et la fixation du nombre des cardinaux à ii. De tous ces articles, Paul n'exécuta que celui qui legarda t la guerre cor.tre les infidèles. Cependant, pour se concilier les card'naux, il leur accorda le privilège de porter rii.ibit de pourpre, le bonnet de so.e rouge et une mitre de soie semb!ai le à celle ((ue les souverains |)ontil'es avaient seils dro t de porter, il excommunia Pod.ebrack, roi de Bohême, qui persécutait ouvertement les callioli(|ii: s de ses Etats. Cet anathi me fut suivi d'une croisade qu'il lit prêcher contre ce prince ; mais elle ne protluisit aucun f Ifet remarquable. Les seigneurs d'Italie, divisés entre eux, exerraient des vexations horribles : Paul III travailla à les réunir, et eut le boidieur de réussir. Co pont:fe mourut en l'iTl, à 5V ans, d'un excès de melon. On a de luî des Lettres et desOrdounances, et on lui alliihue un Traite' des règles de la clianeelleriv. Un cordelier, professeur à Bonn, a fabriqué sous le nom de ce ponlilè une Bulle inejite et contradictoire, pour faire de rarche\êciue de Cologne une esjièce de jiape en Allemagne : l'iiiipo-turo fui alors découverte par la maladresse de l'imposteur. (Voy. le Journ. Iiist. et lill., 1" nov. 1770, p. 3't8.) Paul ri,'dui>il le jubilé à 25 ans, par une bulle du 19 avril li'O. Il n'aimait pas beaucoup les gens de lettres (|ui elfectivemei;t ne manquent pas de causer des troubk'S quand ils >oiit eu troj» grand nombre et trop protégés, maïs surtout lor>qu ils sont iuqiunément superficiels et vains, il su|ipriuja le collège des abrévialeurs, composé des plus beaux esprits de Home. Plaline, l'un de ces abréviateuis, ne le ménage pas: mais comme pour de bonnes raisons il avait été d(''poiiillé de ses b'ens et mis deux lois en prison par ordre de ce pajie, il ne faut pas toujours c 'miiter sur ce qu'il en dit. Stella, plus équitable, dit que ce fut un portife juste, cliariiable enveis les pauvres, | articuiièrement envers les cardinaux, h^s évêques, les princes et les nobles qui n'élaient (las favorisés de la fortune ; qu'il les aidait de ses pro; res revenus, de même que les veuves et les malades. 11 ajoute que son principal soin était que la ville de Home fût toujours abondamiiienf pourvue de vivres. Le cardinal Quirini a donné la Vie de PauHi, Borne, 17Ji-0, in-i°, 1 1 l'a très-bien vengé des calomnies de Plaline.

PAUL Ili (Alexandre FARNitsE), Romain, évêque d'Oslie, et doyi-n du sacré collège, fut mis sur la choire de saint Pierre d'une Toix uuûiiime, après Clément Vil, le 13 oc

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