‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 78 sur 341 · Î93 PEL · texte numérisé non relu

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crit stHvant ; Esamc- di alcune asserzioni deî signor Antonio Alnmnnno Prrchioli, nel siio lihro inlilolato : Travlnlus peretirinantm rrrrntiiim'/tie qucrstionuin, etc., Klorcnre, 1-7V9. Si l';lge do Pecchioli et la dnle do sou ouvrage sont exactement exprimés, cet ecclésiastique avait 80 ans (juan 1 il publia son ouvra^çe, et il n'existait plus, lorsque parut l;i rJ'|,ionse de labbé Laini.

PÉDÉIJOBA (PfKK!iK-M\Rri: de), roli^ieux inineuf réformé de Saint-François, ainsi ajipelé de Pederoba, son lieu natal, i:;ro> bourg (lu teri-iloire de TriWiso, naquit le 3 fé rier 1703 : son nom était Pictra Rossa. Il entra dans l'ordre des mineurs réformés, au couvent de Bassano, leOnovendjre 1710. ClKn\-;o de professer suce ssivement la rhétorique, 1,1 plu■l■J.^ophle et la Ihéol gio, il s'en ac(iuitta avec un grand succès. Son talent pour la chaire auj,inerita sa célébrité; il |)rècha, pendant plus de (piarante ans, à Rome, à Tréviso et dans les principales villes d'Italie. Lorsque son grand àgo lui rendit le repos nécessaire, il se retira à Trévise où il mourut ]e 6 novi lubre 1785. On a imprimé son Carême, Vicence, 1786, 2 vol. in-'i-°, dédié à Yictor-Amédée, roi de Sardaigno. Le Caractère d'éloquence du P. Péilértiba est la véhémence, la lorce et l'onction. Outre -on Carême, on a de lui un volume de Panégyriques et <le Sermons, Vicence, 1788. JJenoît XIV l'appelait le prédicateur des prédicateurs.

PKIGNÉ (Etienne), iio îi Paris le 30 décembre 17'i8, fut professeur à Keims , à Amiens, à Liège et à Moulins, obtint l'éméritatet une pension de l'université, et mourut à Par s sur la lin de l'année 1.-22. Indépenlianuuent d'un Traité de Mythologie, (pi'il composa pour ses ''■lèves, et qui fut inqirimé après la mort de l'auteur. Peigné écrivit un Précis de la vie de Jésas-Clirist, extrait de rErangile et des meilleurs auteurs qui ont écrit sur cette matière, avec des notes historiques, géograqhiqucs et chronologiques à l'usage de la jeunesse, particulièrement destiné aux établissciit-enls d' instruction publique ; ouvrage autorisé par l'archevêque de Paris , Paris, 1K21, 1 vol. in-12 et in-18; 2' édition revue et augmentée de la citation en maige des textes de l'Evangi.e et des saintes Ecritures, Paris, 18:i-i. Cet ouvrage est, dans son génie, estime tant pour le fond que jiour la forme. Monlmignon revit et corrigea cette seconde édition. Peigné avait entrepris, peu de temps avant sa mort, les Vies particulières des apôtres , pour faire suite à celle du Sauveur; mais il ne put mener ce travail à tin.

PELAGE I", Romain, diacre de l'Eglise romaine, fut archidiacre du pape Vigile, et apocrisiaire eu Orient, où il se signala par sa iirudence et sa fermeié. !1 fut mis sur la chaiiede saint Pierre en 355. Il dut en partie son élévation à l'empereur Just nien, qui avait goQié son esprit. Le nouveau pontife s'appliqua à réformer les mœurs et à supprimer les nouveautés. 11 condamna les trois Chapitres, dont il paraissait avoir parlé favo-

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rablement en écrivant, en 5'i-6, à Ferrand, diacre de Carthage, pour le prier de délibérer avec son évéqueet les autres les plus instruits sur cette alFiire, et travailla à faire recevoir le cinqu'ème concile tenu à Constantinople en 533. Vigile, son prédécesseu,-, s'était longtemps opposé à cette condamnation, quoiqu'il la tin il y ait acquiescé, parce qu'il craign.iit qu'oll.' ne fit regarder comme hétérodoxes des hommes dont la foi lui paraissait pure, quoi pie leurs éi rits [irètasscnt à la censure. Pelage approuva la condamnation de leurs écrits dans des circonstances où Icuis personnes somb'aieiU n'être plus compromises, et où l'S enlycliiens ne paraissaient |ilus pouvoir tirer avantage de cette condamnation. \oy. Ihas, Vkjh.e. Dans l'attaque des erreurs dominantes, il arrive Irèsnaturellement que les personnes I s mieux inteiilio;inées semblent donner dans une extrémité opposée, et s'écaiter de ce milieu si étroitement circonscrit, où se tient la vériié. Or, rien n'est plus raisonnable (pie de ne pas confondre les défenseurs, peut-être tro(> ardents de l'orthodoxie, avec les partisans d'une erreur reconnue. El c'est sous ce point do vue qu'il faut envisager la conduite quelquefois inégale, quelquefois même opposite, mais toujours conséipiente, que les pontifes et les conciles ont liMiue à l'égard des doctrines et des docteurs. Les évè([ues de Toscane refusant d'adi'iérer au ciniiuième concile, et s étant séparés de la communion de Pelage, il leur écrivit en ces termes reniarqualjles : « Comnnnit ne croyez-vous pas « être séparés de la communion de lout le « monde, si vous ne lécitez pas mon nom « suivant la coutume, dans les saints niys- « tères : puisque, tout indigne que j'en suis, « c'est en moi que subs.ste à présent la ler- « meté du siège apostolique avec la succes- « sion de l'éj/iscopat? " Les Romains assiégés par 1 sdoths lui durent beaucoup. Il distribua des vivres, et obtint de Totila, â la prise de la ville en 330, [)iusii-ars grâces en faveur des citoyens. Il mourut en 330. On a de lui seize Epitres. Le droit que s'atiribua alors Justinien dans l'élection des pa[ies (droit nouveau selon le Père Pagi), soulenu par ses successeurs, occasionna dans la suite des vacances du Siège de Rome beaucoup ]ilus longues qu'auiiaravanl. On voit cependant que, dès le temps d'Odoacr.>, les souverains u'lt;dio avaient prétendu diriger, ou, si l'on veut, truublei- cette élection. 11 eut pour successeur Jean UL

PELAGE II, Romain, (ils de Wiiigil, qui est un nom goth, outint le trône [lontitical après Renoit 1", en 578. 11 s'opposa à Jean, patriarche de Constantinople, qui prenait le titie d'évéque œcunfJniquc \Voyez Gnr;GOiiti-; le Grand et PHocAs),et travailla avec zèle, mais sans succès, à ramener à l'unité de l'Eglise les évoques d'Istrie, qui taisaient schisme pour la déf use dos trois Chapitres. Voy. Vigile, pape, et Ibvs. Il s'éleva do son temps une mala lie extraordinaire, aussi subite que violente : souvent on expirait en éternuant et enbdiUant; d'oii est venu, selon <juelques

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historiens. la coutume de dire à celui qui étcrnuo : />(>« vous bénisse! et celle de faire le sijiiie <le la croix sur la bouche lorsqu'on bâille. Pelage II fut attaqué de cette peste, et en mourut Fan 390. Sa mort fut iionorée des larmes des pauvres, qu'il secourait avec largesse. On lui attiibue 10 Epilres, mais la i", la 2', la 8' et la 9° sont supposées. Il eut pour suci'esseur saint Grégoire le Grand.

PELAGE, appelé d'abord Morgan, ou né sur les bords de la mer, nom qu'il changea contre celui de Pélagius, est un fameux hérésiaripie, né au iV siècle dans la Grande- Bretagne. 11 embrassa l'état monastique à Bangoie, dans le pays de Galles, et vint à Rome, où il se lia avec Rufin le Syrien, disciple de Théodore de Mopsueste, qui -lui apprit les erreurs de son maître. Pelage était né avec un esprit ardent et impétueux. En étudiant l'Ecriture et les Pères, il fixa son attention sur tous les endroits qui détendent la liberté de l'homme contre les partisans de la fatalité, et tout ce qui prouvait la corruption de l'homme et le besoin de la grâce lui écha;)i)a. « Le péché originel, ce grand centre, « dit un théologien, où se réunissent les fils « divers qui conduisent vers la sortie du la- « byrinthe, dont l'ignorance ou l'oubli avait <( lait éelore l'hérésie de Manès, de Cerdon, « de Marcion, et engendré tant de creux sys- « tèmes sur le bien et le mal, tant de vaines « disputes sur l'homme et sur le Créateur, ce « mystère qui en explique tant d'autres, et « dont la croyance devient par là môme si « raisonnable que les sages de l'antiquité « profane ont entrevue et qu'ils ont i)lus ou « moins clairement énoncé , Pelage l'a mé- « connu. » Pelage développa ses idées dans le iV livre du Libre arbitre, qu'il publia contre saint Jérùnic, et dans lequel il découvrait toute sa doctrine, en y ajoutant des erreurs nouvelles. Les principales étaient : 1° qu'Adam avait été créé mortel, et qu'il serait mort soit ([ii'il eût péché ou non; 2" que le péché d'.Vdam n'avait fait de mal qu'à lui, et non à tout le genre humain; 3" que la loi de iMoïse conduisait au royaume céleste aussi bien que l'Evangile; -V" qu'avant l'avénemeut de J.-C. les hommes ont éié sans péché : 5° que les entants nouveau-nés sont dans le môme état où était Adam avant sa chute; 6" que tout le genre humain ne meurt jjoint par la mort et par la prévarication d'Adam, comme tout le genre humain ne ressuscite point par la résurrection de J.-C; "r que l'homme naît sans |)éclu'', et qu'il peut aisément obéir aux commandements de Dieu, s'il veut. Home ayant été pri^e par les Goths, Pelage en sortit, et pas?a, eu V09, en Afrique avec Célestius, le [ilus lialule de ses sectateurs. Il ne s'arrêta pas longtem[>s en Afri- <^ue; il y laissa Célestius, (pu se lixa à Cartilage, où il enseigna les sciitiiiieiits de son maître. Cependant Pelage dogmalisa en Orient où il s'était i eiulu. Ses erreurs furent dénoncées au concile deDiospdlis. Lc'S Pères de celle assemblée \rs anathiMiiatisèrent solennellein.'iit, et l'auteur fut forcé de se rétracter; mais cette rclractatiou ne changea

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pas son cœur. Il fut condamné de nouveau, en 4.16, dans le concile de Caithage et dans celui de Milève. Les Pères de ces conciles firent pari de leur jugement au jwpe Innocent 1", qui se joignit à eux, et continua leur décret. Ce fut après cette décision du saintsiége, que saint Augustin dit à l'hérésiarque : La cause est linie après que Rome a prononcé : Inde rescripta venerunt, causa finita est; utinam aliquando ftniatur error! Innocent I" étant mort peu de temps après, Pelage écrivit à Zozime, son successeur, et lui députa Célestius, pour faire lever l'excoramunicalion portée contre lui et contre son ami. Le pape Zozime voulut bien recevoir son apologie; mais il assem.ila en môme temps des évoques et des prêtres, qui condamnèrent les sentiments de Pelage, en approuvant la résolution où il était de se corriger. 11 reçut en même temps Une Confession de foi de Pelage, où il désavouait les erreurs qui pouvaient lui être échappées. Zozime, trompé par celte soumission apparente, écrivit en sa faveur aux évoques d'Afr'ique pour les prier, non de levorl'excommunicaiion lancée contre lui, comme quelques auteurs 1 ont dit, mais de ditférer de deux mois la décision de cette atlaire. Ces prélats assemblèrent un nouveau concile à Cartilage, en. klT, et ordonnèrent que la sentence prononcée par le pajie Innocent contre Pelage et Célestius subsisterait jusqu'à ce qu'ils anathématisassent leurs erreurs. Le pape Zozime eut la grandeur d'âme de reconnaître qu'il avait été surpris. 11 confirma le jugement du concile et condamna les deux hérétiques dans le môme sens que son prédécesseur. L'empereur Honorius , instruit de cesditférents anathèmes, ordonna qu'on traiterait les pélagiens comme des hérétiques, et que Pelage serait chassé île Rome avec Célestius, comme hérésiari|ues et perturbateurs. Ce rescrit est du 30 avril 4-18. Le 1" mai suivant, il y eut encore un concile à Cartilage contre les" pélagiens, dans lequel brilla saint Augustin, le douleur de la grâce. On y dressa neuf articles d'aiiathèmes contre cette hérésie. Les évoques qui ne voulurent point souscrire à la condamnation furent déposés |iar les juges ecclésiasti(pjcs , et chassés de leurs sièges par l'autorité impériale. Pelage, obligé de sortir do Home, se retira à Jérusalem, où il ne trouva pas d'asile; et l'on n'a su ni en quel lem[)S ni en quel pays il mourut. Quelques saints Pères ont loué les mu3urs de cet hérésiarque; mais Orose et plusieurs autres Pères ont soutenu qu'on l'avait mal connu, que sa prétendue vertu n'était (pi'hypocrisie, qu'il aimait la bonne chère et qu'il vivait dans la mollesse et les délices. Julien d'Eclane fut le chef des pélagiens après la mort de leur premier père. Cette hérésie prit une nouvelle forme sous ce nouveau chef. Elle ravagea pendant quelque temps rOrieiii et l'Occident, et s'éteignit enlin tout à fait. Nous avons de Pelage une Lettre à Déiuélriade, dans le tome deuxième de saint Augusiii», dans l'édition des Bénédictins; des fragments de ses quatre livres du Libre arbitre, et des Commcnlaires sur les

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Epîtres de saint Paul, qui se trouvent dans VAppendix operuin divi Augustini , Anvers, 1703, in-folio. On voit par ses écrits qu'il avait de l'esprit, ruais qu'il n'était pas savant; il rebute par la stérilité et la sécheresse de son style. L'Histoire du pélagianisme a été écrite par le cardinal Noris et par le P. Patoudlet, 1751, in-12. Cette dernière, moins savante que celle du cardinal, est bien écrite, pleine de vues sages et profondes; l'auteur nous montre dans le péla- §ianisme toute la tortuosité et les artifices e l'hérésie qui lui est contradictoireraent opposée, tant la marche et le génie de l'erreur sont les mêmes, de quelque extrémité qu'elle parte. Parmi les auteurs qui écrivirent contre Pelage, on distingue saint Augustin, saint Jérôme, saint Prosper et saint Fulgence.

PÉLAGIE fsainte), vierge et martyre d'Anlioche, dans le iv siècle, durant la persécution de Maximin Daza. Elle se précipita du haut du toit de sa maison, pour échapper à la perte de son honneur, que des gens envoyés par les magistrats païens voulaient lui ravir. La sainte pouvant espérer de faire une chute heureuse, son action ne présente aucune difliculté en morale; mais indépenJamment de cette considération, on peut dire que Pélagie n'écouta que sa foi et le désir de détromper et de convertir les païens. Cette estime héroïque de la chasteté était bien propre à démontrer aux persécuteurs l'iiuiocence des mœurs des chrétiens, que l'on ne cessait de calomnier, et à leur imprimer du respect pour une religion quiinspue tant de pureté et de courage. Voy. Apolline, Ignace d'Antioche, Razias.

PÉLAGIE (sainte), illustre pénitente du v' siècle, avait été la principale comédienne do )a ville d'Antioche. La grâce ayant touché son cœur, elle reçut le baptême, et se retira sur la montagne des Oliviers, près de Jérusalem, où, selon Jacques, diacre d'Héliojiolis, déguisée en homme, elle mena une vie Irès-austère ; mais Théophane {Chron. ad an. 25 Theod. /««.), Nicéphore Calixte [Hist., I. XIV, 30), la représentent comme une religieuse. Basile, dans son Ménologe, la peint sous ces traits, et assure formellement qu'elle se fit religieuse. « Comment, dit un « critique, croire que cette sainte aurait « porté un habit contraire à son sexe ? Ce « genre de déguisement a toujours été en « abomination. L'Ancien Testament le traite « de crime détestable. {Deuteron. xxxn.) Les « Pères et les conciles ont tenu le même « langage. » Il faut convenir néanmoins que la bonne foi et des circonstances particulières justitient souvent des actions exlraordinaires et anormales, que la loi générale semble condamner. Voy. Paul l'Ermite.

PÉLAGIUS-ALVARÈS. Voy. Paez.

PELARGUS. Voy. Storck.

PELETIER (Claude Le), magistrat, né à Paris en 1631, avec des dispositions heureuses, fut lié de bonne heure avec Bignon, Mole, Lamoignon, Despréaux et les autres grands hommes de son siècle. 11 fut d'abord

DlCTIONN. DE BiOORAPHIE RELIG. 111.

conseiller au Châtelet, puis au parlement, tuteur des ))rinces, fils de Gaston d'Orléans, ensuite président de la k' chambre des enquêtes, et prévôt des marchands en 1668. Il signala sa gestion en faisant construire le quai de Paris, qu'on nomme encore aujourd'hui le Quai Peletier. Il se distingua extrêmement dans cette place , et succéda en l683àColbeit dans celle de contrôleur général des finances. Pelelier sentit que si un contrôleur-général faisait quehjues heureux, il faisait beaucoup demécontents. Il se démit de cette place six ans après, l'ut fait directeur des postes, quitta entièrement la cour en 1697, et ne s'occupa plus que de l'étude et de son salut. Il venait passer tous les carêmes aux Chartreux , où il avait un appartement, et demeurait tout le reste de l'aiiiiée dans sa terre de Villeneuve-U'-Roi. Il mourut en 1711, il 80 ans. Les giands sentiments de piété qui l'avaient animé pendant sa vie présidèrent à sa mort. « Ce fut, dit un his- « torieii, un de ces magistrats respectables « qui concoururent, autant par leurs vertus « que par leurs talents, à l'illustration du « règne de Louis XIV. Ce grand homme .( mettait la religion k la tête de tous ses de- « voirs, et dans le temps même qu'il était « chargé du poids des affaires publiques, il « ne laissait [lasser aucun jour sans rassem- « blcr sa famille et ses domestiques pour « faire avec eux la prière en commun. » On a de lui : un très-grand nombre d'Extraits et de Recueils assez bien faits de l'Ecriture, des Pères et des écrivains ecclésiastiques et profanes, en plusieurs vol. in-12; des Editions du Cornes theologus et du Cornes juridicus de Pierre Pithou, son bisaïeul maternel ; à l'imitation de ces deux ouvrages, il composa le Cornes seneclutise\.\<i Cornes rustirus, l'un et l'autre in-12, qui ne sont que des recueils de pensées des auteurs anciens et modernes; on lui doit encore la meUleure Edition du corps du droit canon en latin, avec des notes de Pierre et de François Pithou, en 2 vol. in-fol.; et celle du Code des Canons recueillis par MM. Pithou, avec des Miscellanea ec~ clesiastica à la fin ; enlin l'Edition dos Observations de Pierre Pithou sur le code et les Novelles. La Vie de Claude Le Peletier a été écrite en latin par J. Boivin le ca.let, in-4.°. — Claude Le Pelelier eut dix enfants, dont plusieurs doivent être cités dans ce Die ioiinaire. L'aîné de ses quatre fds, noiiiiué Michel, fut évêque d'Angers, et mourut en 1706, peu de temps après avoir été nommé évèque d'Orléans. Grandet a écrit sa vie. — Louis, le second , fut président à mortier , puis 1" président , et mourut en 1730. -^ Charles-Maurice, le troisième, abbé de Saint- Aubin d'Angers, refusa l'épiscopat et se retira à Saint-Sulpice , dont il mourut supérieur-général en 1731. — Claude, le plus jeune, connu sous le nom de Souzi, mourut ;ïgé de 17 ans en 1686, après avoir donné l'exemple de la plus hrroique piété. L'abbé Proyart a donné sa Vie sous le titre de Modèle des jeunes gens, Paris, 1780, in-18. Louis, le second des lils de Claude Le Pelelier, est

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In tîOT (Ips Lo Pelclier de Rosainho, dôrtt le ilornior. pit'siilent à niortiiT. (iWta st» ttHe «iir l'i'iliaffliiti avec l'illusire Maleslierbes , sou li.',ni-in rp.

l-KLllIiSTiUî (PiF.RRi:\ fils il'im tailleui-, ne h Rdiieii vors 1035, inntt A Paris on 1710, H 7Jall^■, lisait tonl.knais avec do bnnfe i)iincijies et des imotilinns litoites. Il ii'élâit Agé (|-':c de 18 ans, ijuand l';in'hevc'({ne de I*aris, l'orélixe, le niaiitki : « J'apprelid*, lui dil-il, Cl (|ne voii<i lise/, de' livrés hi^réliqUos; Otcs- « vous assez docte jv^^ni' cela ? — Monsei- « giieur, r('';-oiidit l^-^ jeimt hoiimie; votre « question ni'etwbarrasse : si je dis que je « suis assez savant, VOds nie direz «^ifê je « suis un orgiieiiléuf, si je dife que non, « vous me d^iteiKliVî; de !eSrlirb. * Sur celle vci)ons;\ic {>ri''lal lui jiernflît de continuer. Il a donné une seconde ôvlilion du ÎVniW de la lecture des Pires, et des -Vo<<'.'! exceHénIes sur le te^te ds cet ouvragé, Paris , 1697 , in-1-2.

PÉUSSON. Yay. PéllissO*».

TKLLEGRIN (Siy.oS-Josbvtt), t^lsd'Un conseilier au parlement de Marsbillt?, oi\ il na- (iiiit en 1003, ênt.a dans Tcrrdre deS religieux se: vifes, et doûieura lottjitemps ])aruii enx, à Mousiiefs, darts lé dioèèse de liiez. Mais, déu;o'àtL' rie son état, il s'eniivarqua sur «n vaisseau en cfu^alité d'anuièdi^er, et lit une ou deux courses. f>e refjiir en 1703 do ses caravanes, il oritrit bouiiquo d'épigi'ammcs, de vradriffet'uXjé'i'-pidtalameis, de compliments ]wxiv 'fontes sortes <le lîêles et d'o;;casions; il les vendait vlus «lU inoins, sv\<n\ le nombre des vers et leur différente mesuri\ Il travailla ensuite pour les Ihéûti-es de Paris, et sni'foul pour celui de n)|)éra-comique. Ce cpii fil dire à un plaisant :

Le malin catholique el le soir idotàlre, Il dîna de i auiel el soupà du ibcàire.

Ce yenre d'ouTragcs n'étant nullcrtvent digne d"-au prêtre, le cardinal de Nondles lui ]i"ronosa de reiiOTicor à la ruesse ou à Topera : raljbé Pcllci^rirt vouhit gar ier ce qui le 'Mgail vivre, et le cardinal rir.terdit. Ses protect nus lui procurèrent une pension sut- le Mercure, auquel il travailla pour la parlie «les siwclaeles. H mourut en IV'iS, à 82 ans, sincèrcmrnl converti. On ado lui, outre des IVat/cdies et des Cvmi'dies dont le plan ne vaut ordiu.iiremcnl rien, et dont la versiilcali(Hi est l'ade el lan^uissanlc : Cantif/ues sjririliivts sur les points les plus irfiuoil-anls ûc in religion, sur ditlérenis airs d'o'|iëi-a , y)Oui' les dBn«3sde Saint-Cvr, îi Pans, în-S" ; hntres ('antiques sur 'les lîoiiils princijwux de la rciij^ion el d« lu morale, Paris, 1725, iii-12; Jiisloirc de l'Ancien et du Nonrenn Teslamart. mise en (,Hnliqu«s, sur les airs de l'opi'l-a et d s vaudev.UcSv 1 vol. in-8", Paris, 1703 ; 1 s i^saumes de 'liavid, en vers français, sur les plus beau K airs de LuHy, Lanib-il et Canipru, à Palis, 17()o, in*'; ïinii(<rli<m de Jiitus-Christ sur Nîs jilus lioaiU vaudevilles, iMris, 17-2.), ifi-8'; ItiaOlinvres^' Horace tradnilis un virs français, <*clar»rips par des Hutt's, aUguiofitéot. ïi'uu't/rcs traductions et

tEI.

|>i&ces de poésies, avec un discours sur ce célèbre ]X)'éle, et un abrégé de sa vie, ^aris, 1715, 2 vol. in-12. 11 n'y à que Slivres à'OtIos, qui soient traduits.

PRLLEr.RiM(JOsEPH-Lôtis), jestiite, né à Vérdriè en 1718, s'adonUa h hx jDrfdicution îiVec un tel succès, que l'inniéiatrlcc Mai'ie- Tiiérèso l'appela à Vienne où il prêcha un carême devant la cOur impéi-iale. l)e retire en Ifnlié, il continua d'occuper Ja chaire ^vàngéliciuc avec une grande distinction , Sans négliger la poésie et la littérature. Le I*. Pellegiini mourut à Vérone lo 18 avril 17'J9, Agé de 81 ans. On a de lui : Poésies latines et iïaifetines, Venise, i77V, 2 to!. ià-8"; Bassano, 17i)l, iii-8°; Ati peuple Yc'ronais, oraison, Î800, in-8° : elle est précédée d'une Notice sur la vie de l'auteur, parle comte Giuliari ; Vers consacre's à Ici mort d'Anwritle. 1800 , in-8°, Amaritte, anÀ:3ramme de Maridte, était le noili d'itné sœur, qui lui était extrêmement clière, et d'ont il pleurait la mort prématurée; Bébora, Jcijhté , Johas, leçons sacrées, Venise, 1801, 2 vol. in-S°; Tobie, •raisonnements, ilnd., 1818, 2 Vol. in-8°; Scrmohs, ibid.. ifli, 1 vol. in-^' : 1818, 5 vol. lU-S"; Panéfjip-itjnes, ihid., 1820, in-8°. 11 était membre ut l'acadëUilé des Arcades de Bom'e, et de beaucoup d'autres sociétés littéraires.

PELLEPP.AT (Pi'cAft'E), jésuite., né l'an Ifi^H) à Bordeaux, proïeSsà d'abord dans plusieurs collèges, parut avec uislînction dans la chairis sacré'e à ï^aris, éi olitiùt de ses su- 1f)tMieurs, siirla fui de lG39,'là permission de s'embarquer Sur un bAtimenl qui se rendait t la Maitinique. I)e là il passa au Mexique, oîi il s"api}liqua pendant onze années à l"inslructiou des haiûtantsdupays. 11 mourut au milieu de ses travaux, le 21 avril 1667, à Puebla de los Àugeiès. Ou a du P. Pelieprat : Prolit iones oratoriic, Paris, IGii, in-S% recueil de discours prononces en diverses occasions; îiCluTion des missions des jésuites dans tes îles et dans ?« terre- fer me de I Àmérifltie méridiourde, Paris, 1633, in-S", Introduction à la langue des Calibis. sauvages de l'Améiique méridionale, Paris, 16ao, in-8', opuscule rare et recherché.

PIELLETIER (Jea^ Le), né k Rouen mi l'6o'3, s'appliqua d'abord à la peinture. Il l'abandonna pour l'étude des langues, et apprit sans raaitré lo latin, le grec, l'itaiicu, l'espagnol, l'béôreu , les mathématiques, l'astronomie, rarcliifecture, la médecine et la (Hiiinie. Sur la tin de ses jours il ne s'afipliqua presque plus qu'à l'étude de la religion, ut continua Cette étude juMju'à ^a mort, arrivée en 1711, à 7S ans. Ou a de lui :. i ue sa- ATinte Dissertation sur I arche de Noé. U y explique la i)Ossibilité du déluge universel, et comment toiiles les espères d'animaux ont pu tenir dans l'arche. Hiu-rel avait déjà démontré la uiéme chose; mais Pelletier, sans tOnlesier ses mesures et svs calculs, avait trouvé des iueonvcnients dans sou plan, et il tAciie de les éviter dans celui qu'il propose. (r«.v. Roiiuui. ot \\'iLM>NS.j h y ajoint une Vis'serlation sur ïHcininc de saint Uc-

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ïwtt. C'est un gros yoI. in-12, dans lequel il y a autant de savoir que de sagacité. Des hisser talions sur les poids et mesures des antiens; sur Kesitah, mot liébrcu dans la Genèse, chap. Kxxni ; swr la ehevehtre d,' Ahsaloni sur le temple de Sa/omon et d'Ëze'ihiel, sur la mort de Socrate, sur tes erreurs des peintres, etc., dans les Journnux de Tréroux ; nno Traduction française i\e la Vie de Sixle- Qiiint par Lcti, 1(51)V, 2 vol. in-12; de Touviage anglais de Uoliei't Nanlon, sous letiire de Fraf/menta regalia ou Caractère véritable d'Elizaheth, reine d'Ânglcierre, et de ses favoris. On le trouve dans les dernières éditions de la Vie de celte princesse par Leti. Les dissertations de Pellelier sont écrites d'une manière prolixe <'t liinguissante, mais le résidtat en est net et solide.

PELLETIER (Claude), docteur en théologie et clianoine de Saint-Pierre <le Reims, est auteur d'un grand noiebro d'ouvrages, la plupart en faveur de la solmuissIoq aux décisions de l'Eglise catholique, et en fiarlicuiier h la constitution Unigenitus. Ou sent bien que sous ce point de vue les hommes du parti ne l'ont point épirgné. Voy. le catalogue de ses éci'its, à la tin de son Traite' dogmatique de la grâce tmvcerselle, 1727. il mourut vers 1751. 11 dénonça les instructions de M. Bossuet, évèquede Troyes, à M. Languet, archevêque de Sens : Bossue! le traduisit au jiarlement, et obtint contre lui un arrêt de cette cour, en date du 2 jaillet 1735. Une Nouvelle défense de la Constitution qu'il pubiaà Rouen, 172!), 2 vol.; et un Traité de Vamov/r de Dieu, tiré des livres saints, furent déférés au fiarliMuent ; etce cor[»s dégénéré, jugeant sur des allaires qui n'étaient {ms do son ressort, su,;i;prima les ouvra'<;'s,

PELLETIER (Lej. Voy. PELisTiER.

PELLiiVÉ (Nicolas de), né au châtejjru de Jouy en 1518 d'une ancienne iamille de Normandie, s'attac: a au cardinal de L©rpaine, qui lui procura l'éviiché d'Amiens, en 1553. On l'envoya en Ecosse l'an lo39"av<3c plusieurs docteurs de Sorbonne, pour essuyer de ramener les hérétiijues ; mais la reine Elisabeth s'étant 0])posé€ à leurs pieux desseins, Pellevé fut obligé de revenir en France. Il quitta son évôché d'Amiens pour l'archevêché de S.ns, et suivit le cardinal de Lorraine au concile de Trente, oà il parut a\ ce tant d'éclat, que Pie V l'honora de la pourpre en 1570. Envoyé à Rome deux, ans après, il servit les rois de France avec beaucoup de zèle et de hdélilé pendant plusieurs années. Les troubles des nouvelles hérésies l'ayajit engagé dans la ligue, Henri 111 lit saisir les revenus de ses bénétices en lo8o ; mais bientôt après ce prinee lui accorda la mainlevée de ses biens, et le lit archevêque de Reims, après la mort du cardinal de Lorraine , aux états d€ dois, en 1388. Il mourut en lo%.

PELLICAN (Conbad), né h Rutlach, en Alsace, l'an Ii7S, se -lit cordelier eu liOi, et changea le nom de sa famille qui était Karschner en celui de PcUican. il eserra les pducipales cterges de 8<» oi-dré en iFrance,

en Italie et ailleurs. Ayant éié fait gardien du couvent de Bille eii 1522, le commerce qu'il eut avec les hérétiques le pervertit. S'étant lié avec Zwingle, il donna dans les sentiments de Luther, qu'il enseigna d'abord avec précaution, pour ne |)as provoquer le «èle des catholiques ; mais en 132G il (juitta son habit religieux, et alla enseign('r l'hébreu à Zurich, où il s? maria bientôt après. I] mourut en 1556, à 78 ans, après avoir eu des démêlés fort vifs avec Erasme. On a de lui plusieurs ouvrages, que les protestants ont fait im|irinier en 7 vol. in-folio. On y trouve une traduction latine des Commentaires hébraï((ues des rabbins , non-seulement sur lEcriiure sainte, mais encore sur la doctrine particulière des Juifs.

PELLICIER (Gi hxaume), évoque de Montpellier, né dans le petit bourg de Melgueil ou Mauguio en Lan,j,uedoc, s'acquit l'estime de Fruiçois I" par son esprit, (-e ))rince l'envoya, en 15V0, ambassadeur à Venise. Paid III lui accorda la sécularisation de son chai>itre, et la permissiou de transférer son siège de Maguelone à Montpellier. Ce prélat montra beaucoup de zèle contre lecalvinisme, et ce zèle lui attira de la part des sectaires des calonmies de to'is les genres. Il mourut à Monipedier, en 1308, d'un ulcère dans les entrailles , causé par l'ignorance ou par la malice d'un apothiciire qui lui lit prendre des pilules de coloquinte mal broyées. Pelhcier avait une riche bibliothèque et de précieux manuscrits, dont plusieurs se trouvent à la bibliotlièque de la rue Richelieu. Cujas, Rondelet, Turnèbe, de Thou, Scévole de Sainte-Martiie, et les autres savants de son temps, ont célébré son savoir et ses autres qualités. Il a lais.-é plusieurs ouvrages manuscrits, et l'on [irétenl que c'est à lui que nous devons l'Histoire des poissons, que nous avons sous le viom de (millaume Rondelet, médecin de Montpellier

PELLiNI (Janvieiî), archevêque de Conza, né h Naples le i\ s ptembre 17.^.1, fut d'abord employé par le cardinal Rulfo Scilla, archevêque de Naples, en diverses occ/isions, no- •tamment dans son collège .-irchiépiscopal, où il enseigna le dogme, il devint chanoine de Nsfiles en 1823 , et professeur d'EcritiU'e sainte d.ms l'université. Elevé sur le siège archiépiscopal de Con;a en 1832 , Peliiui montra «utanl de charité que de zèle dans l'auminislration de son diocèse. Par ses soins les étu.iles ecclésiastiqies se relevère'Ht, etil établit dans son séminaire l'étude des Jangues savantes. Ce prélat est mo: t le & octobre 1835. Il avait prononcé les Eloyes de Léon Xîl et de Pie Ylll en italien, il avait encore composé un Entretien liistorigue sur le couronnement des images de la sainte Vierge dciMs l'église du Vieux-Jésus ; un autre sur les glorieux faits de saint Higin, pape ; des Traités théologiques sur la sainte Vierge, sur le Culte des Saints et sur la Vérité de la rdigion ihrétienne ; des Appendices aux însilitutitiiuis iiiàéalogjquxis ëe Thomas de Chariftes.

PELLISSON-FONTAMBR (Paui.) , né \

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«éziers en 162V, il'tiiiP famille dp robe, originaire de Castres, perdit son père de bonne heure. Sa mère IVieva dans la religion jjréleniliie réformée. Ses talents donnaient des espérances à cette secte; il avait autant de |iénélrntiiin que de vivacité dans l'esprit. Il •Hudia successivement àCastres,àMontauban çt à Toulouse. Les auteurs latins, grecs, français, espagnols, italiens, lui devinrent familiers. .\ peine avait-il donné (pielciues mois h l'étude du droit, qu'il entreprit de paraphraser les Itutitulions de Justinien. Cet ouvrage, imprimé à Paris, in-8", en 16i5, ëtsit écrit de façon h faire douter que ce ïùt ia production d'un jeune homme. Pellisson parut bientôt avec éclat dans le barreau de Castres; mais lorsqu'il y brillait le plus, il fut attaqué de la petite vérole. Cette maladie affaiblit ses yeux et son tempérament, et le rendit le modèle de la laideur. Sa figure était tellement changée, que Mlle de Scudéri, son amie, disait en plaisantant qu'il abusait de la permission qu'ont les hommes d'être laids. 11 était étroitement lié avec cette personne aussi laide que lui, et il figura dans les romans de cetic femme auteur sous les noms lïAcnnte et d'Herminius. Plusieurs ouvrages qu'il composa à Paris l'y firent connaître avantageusement de tout ce qu'il y avait alors de gens d'esprit et de mérite, il s'y fixa en 1652, et l'académie française, flont il avait écrit VHisloire, fut si contente ide cet ouvrage, qu'elle lui ouvrit ses portes. îFonquet, instruit de son mérite, le choisit ipoui- s^jn premier commis et lui donna toute <^a conliance. Ses soins furent récompensés, PU 1660, par des lettres de conseiller d'état. Il avait eu beaucoup de part aux secrets de Fouipiet ; il en eut aussi k sa disgrâce. 11 fut conduit à la Bastille, et n'en sortit que quatre ans après, sans qu'on pût jamais le détacher de son maître. Il y composa pour lui des Mémoires qui sont des chefs-d'œuvre. « Si quelque chose approche de Cicéron, dit « l'auteur du Siècle de Louis Xiy\ ce sont ces « tiois Factuins. Ils sont dans le môme genre « que plusieurs discours de ce célèbre ora- ■<( leur, un mélange d'atfaires judiciaires et «d'.dlaires d'état, traitées solidement, avec « un art qui paraît peu, et une éloquence ■« touchante. » Fouquet se serait peut-être perdu sans la présence d'esprit de Pellisson. Confrontés ensemble, le |)remier craignait qu'on ne lui oi)pos;U des pièces redoutables : il demeurait interdit , lorsque Pellisson s'écria : Monsieur, si vous ne saviez pas que les papiers qui attestent le fait dont on vous charge, sont brûlés, roits ne le nieriez pas flcfc tant d'assurance. Fouciuel, ainsi averti, <int ferme et ne nul être convaincu. Pellisson avait conserve une foule d'amis dans ses malheurs, et ces amis obtinrent enliii sa liberté. Le roi le dédommagea de cette captivité par des pensions et des places. Il le chaigea d'écrire son histoire, et l'emmena avec lui dans sa première conipièio do la Frauclie- umté. Pellisson inédiluil depuis louijtemps d'abjurer la religion prolestante ; il «micula cv dessein en 1670. Peu de temps

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après, il prit l'ordre de sous-diacre, et ootint l'abbaye de Gimont et le prieuré de Saint- Orens, riche bénélice du diocèse d'Auch. L'archevêque de Paris ayant été reçu à l'académie française en 1671, Pellisson répondit à ce prélat avec autant d'esprit que de grâce. Ce fut dans cette occasion qu'il prononça le Panégyrique de Louis XIV, traduit en latin, en espagnol, en italien, en anglais, et même en arabe par un patriarche du Mont-Liban. 11 fut reçu la même année maître des requêtes. La guerre s'étant rallumée en 1672, il suivit Louis XIV dans ses campagnes. Son zèle i)Our la conversion des calvinistes lui mérita l'économat de Cluny en 1674-, de Saint-Germain-des-Prés en 1675, et de Saint-Denis en 1679. Le roi lui confia en même temps les revenus du tiers des économats, pour être distribués à ceux qui voudraient changer de religion , et qui par Ih pourraient se trouver dans l'abandon et le besoin. Il était occupé à réfuter les erreurs des protestants sur l'eucharistie, lorsqu'il fut surpris par la mort à Versailles, en 1693. Il ne reçut point les sacrements, parce qu'il n'en eut pas le temps. Il est faux qu'il les ait refusés, comme l'assurent encore aujourd'hui les calvinistes, et il est très-ceitain qu'il avait communié peu de jours avant sa mort. On a de lui un grand nombre d'ouvrages dont le style en général est noble, léger, facile, mais quelquefois négligé. Les principaux sont : Histoire de l'académie française, qui parut pour la première fois en 1653, à Paris, in-12, et dont la meilleure édition est celle de l'abbé d'Olivet, qui l'a continuée, en 1730, 2 vol. in-J2. Trop de minuties sur de petits écrivains et d'inexactitudes dans les faits ont nui à cet ouvrage, d'ailleurs assez curieux. Histoire de Louis XIV, depuis la mort du cardinal Mazarin, en 1661, jusqu'à la paix de Niinègue, en 1678. Cet ouvrage, imprimé en 1749, en 3 volumes in-12, sent beaucoup le courtisan, et annonce peu le bon historien. Abrégé de la vie d'Anne d'Autriche, in-folio, qui tient du panégyrique ; Histoire de la conquête de la Franche-Comté en 1668, dans le tome vu' des Mémoires du père Desmolets. C'est un modèle en ce genre, suivant les uns, et c'est peu de chose suivant d'autres ; Lettres historiques et OFuvres diverses, 3 vol. in-12, Paris, 17i9. Ces lettres sont comme un journal des voyages et des campements de Louis XIV, depuis 1670 jusqu'en 1688; il y en a 273. Elles sont écrites sans précision et sans pureté. Recueil de pièces galantes, en prose et en vers, de Mme la comtesse de La Suze et de Pellisson, 1695, 5 vol. in-12. Les poésies de Pellisson ont du naturel, un tour heureux et de l'agrément, mais elles manquent un peu d'imagination. Poésies chrétiennes et morales, dans le recueil dédié au prince de Conti. Réflexions sur les différends de la religion, avec une réfutation des chimères de Jurieu et des idées de Leibnilz sur le toléiMutisme, en k vol. in-12. Traité de l Eucharistie, in-12. Ces deux ouvrages méritent l'estime des gens sensés, autant pour le fond d«s choMS, que pour la

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