LEGRAS — LEVI
en juin 1848, aux protestations de la Montagne contre l’état de siège. Son opposition à la politique de l'Élysée ne se démentit pas dans l’Assemblée législative, où le même département le renvoya, le 13 mai 1849, le troisième sur quatre avec 20.732 voix. Il appartint à la minorité républicaine, s’associa à tous ses voles comme à toutes ses manifestations: il se montra très hostile au coup d'Etat de 1851 qui l’'expulsa de France. Lefranc s’occupa alors de commerce et reprit plus tard, à Perpignan, la direction d'un journal. Le gouvernement du 4 septembre 1870 l'appela à la préfecture des Pyrénées-Orientales. Avant quitté ces fonctions pour se présenter, le 8 février 1871, comme candidat républicain à l’Assemblée nationale, Lefranc fut élu représentant de son département, le troisième sur quatre, avec 20.691 voix, et alla s'asseoir à gauche. Il parut quelquefois à la tribune, notamment pour combattre le systèine du cautionnement des journaux et pour répondre aux attaques du général Ducrot qui avait dénoncé, en mars 1872, à ses collègues, un article publié par le député des Pyrénées-Orientales dans L'Indépendant, article que le général estimait injurieux pour l’Assemblée. Lefranc revendiqua la responsabäilité de son article et demanda à être renvoyé devant le jury ; mais le général Changarnier proposa à la majorité « l’amnistie du dédain ». Lors des élections sénatoriales du 30 janvier 1876, Pierre Lefranc, porté candidat par les républicains en compagnie d'Emmanucel Arago, se présenta comme lui «en qualité d'auteur et conservateur de læ Constitution du 25 févricr 1875 ». Il fut élu sénateur des Pyrénées- Orientales par 155 voix sur 278 votants, appartint, dans la Chambre haute, à la gauche républicaine, et mourut à Versailles, le 16 juin 1877. On a de Pierre Lefranc quelques romans et brochures politiques : La République et les parlis (1851) ; le Rastell électoral (18681 ; L'Eglise devant l'Histoire, etc. En 1864, il avait entrepris un recueil périodique, Le livre d'or des peuples.
RoBrtus. BoURLOTON et Coucxx. Dictionnaire des Parlemen-
laires. — Horace CHaAUvET, Hisloire du parti républicain dans les Pyrencées-Orientlales.
LEGRAS (François), écuyer, seigneur de Luart, fut none iutendant du Roussillon, le 17 juin 1724, en remplacement du chevalier d'Andrezel qui passa à l'ambassade de Constantinople. Il occupa cette situation durant l’espace de deux ans, exactement jusqu'au mois de mai 1726, et eut pour successeur Philibert Orrv.
Archives des Pyr.-Or., GC. 1493.
LÉON (Jean de) fut nommé par Ferdinand I”, roi de Castille et d'Aragon, aux fonctions de châte-
LS
‘ain de Bellegarde. Son fils Jean le remplaça dans
cet emploi ; il reçut de Charles-Quint le privilège de la survivance de son office à l’un de ses enfants mâles. À sa mort, Jean de Léon ne laissa qu’un petit garçon nommé Jean-François, à peine âgé de trois ans. Charles-Quint octroya des provisions à Gabriel de Léon, frère du défunt Jean de Léon, pour occuper la châtellenie de Bellegarde durant la minorité de son neveu. Celui-ci étant décédé peu de temps après, Gabriel de Léon fut nommé définitivement à l’alcaydie de Bellegarde.
LERIS (Antoine de), littérateur français, né à Mont-Louis, le 28 février 1723, mort en 1795. Il était premier huissier de la Chambre des comptes de Paris. On a de lui:
La Géographie rendue aisée, ou Trailé méthodique pour apprendre la géographie, Paris, 1753, in-8& :
Sentiment d'un harmoniphile sur différents ouvrages de musique (avec l’abbé Morambert)}, Amsterdam, 1756, in-12 :
Les après-soupers de la campagne, ou recueil d’hisloires courles, amusantes et inléressantes (avec le chevalier Bouix), Amsterdam et Paris, 1759-1764. 4 vol. in-12 ;
Dictionnaire portatif, historique et littéraire des théätres, conlenant l'origine des différents théâtres de Paris, Paris, 1754-1763. in-8° souvent réimprimé. C'est, suivant Quérard, une compilation assez bien faite, d'après l'Jlistoire du Théâtre Français des frères Parfaict.
HœrEr, Vourelle biographie générale.
LEVI BEN ABRAHAM, né à Villefranchc-de- Conflent vers 1245 ou 1250, fut un rabbin célèbre par le rôle qu’il joua dans la polémique entre les partisans des études philosophiques et des orthodoxes. « En 1276, dit M. Pierre Vidal, il avait composé son poème didactique intitulé Coffret de par-
fums et son Traité d'astronomie tout en étant jeune
encore. landis qu'en 1304 on le désigne avec l’épithète de « vieillard », expression employée généralement pour une personne qui approche au moins de la soixautaine. Les parents de Levi habitaient Narbonne, et lui-même quitta Villefranche pour aller à Montpellier, où il composa son Trailé d'astronomie (12761. On le trouve ensuite à Perpignan (1303), puis à Arles (1314). Il résulte des lettres que les rabbins orthodoxes et surtout Salomon ben Adret ont écrites contre Levi. non seulement qu'il était un écrivain hardi, mais encore qu’il enseignait et prêchait conformément à son système. »
P. Via. Les Juifs des anciens comtés de Roussillon et de Cerdagne.
LEVI BEN GERSON, connu aussi sous le nom de maître Léon de Bagnols, « était peut-être né à Bagnols (Var), dit M. Vidal. On prétend qu'il mourut à Perpignan en 1370, mais cette date est fausse. S'il est vrai que son père, Gerson ben Salomon, fut catalan, comme dit l’auteur du livre Schalscheleth hakkabala, s’il est vrai encore que Gerson ben Salomon soit mort dans cette ville vers la fin du xur' siècle, comme le croit Torres-Amat, on pourrait conjecturer avec quelque fondement que la famille Gerson était une famille perpignanaise ; cette conjecture sera d'autant plus fondée si l’on considère que nous rencontrons encore, en 1412, sur une liste de juifs de Perpignan, un Isaac Gerson et un Jaco Gerson, comme appartenant à la juiverie de cette ville et dont les noms ne sont suivis d'aucune indication de localité ». Levi ben Gerson a composé des Commenaires sur la sainte Ecrilure et un ouvrage intitulé Beillum Domini. Ses œuvres sont remplies d’érudition philosophique et de subtilités métaphysiques.
ToRRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — P. VipaL, op. cil.
LISSO, LIXO ou LIXON (Jean), fondeur de cloches du lieu de Bourg-Sainte-Marie, au diocèse de Toul, passa contrat, le 4 juillet 1407, pour la fonte d’une cloche destinée à l’église de Laroque-des-Albères. Le 16 janvier 1409, ce même fondeur, qualifié « magister faciendi simbalha et squillas de Burgo Sancte Marie regni Francie, comorans in villa Perpiniani », donna quittance à l’université de Montbolo et à l’œuvre de Saint-André du dit lieu des 22 livres barcelonaises à lui dues suivant contrat passé à Arles, le 25 septembre 1407. En 1408, Jean Lixo prit à son service, pour une durée de deux ans, le fondeur Pierre C2rnell, son compatriote. Le 5 février 1422, Jean Lisso refondii la cloche de l'église Notre-Dame du Pont à Perpignan. On trouve dans ce document l’état des objets qui lui élaient nécessaires pour cette opération.
Pasusre, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
LIXO ou LICHO (Pierre), fondeur de cloches, appartenait probablement à la famille du précédent ; il était aussi originaire du lieu de Bourg-Sainte- Marie, en France. Le 19 octobre 1418, il passa contrat pour la fonte d'une cloche destinée à l'église du Soler.
PALUSTRE, op. CU.
LLABOUR (Abdon) naquit à Saint-Marsal, le 12 juin 1797. Son père s'appelait Jacques Llabour et sa mére Quittérie Bouche. De bonne heure, Abdon Llabour se fit remarquer par son inclination aux choses de la religion et son esprit sérieux. [prenait
LEVI — LLABOUR
plaisir à entendre le récit des faits de la Bible et des miracles de l'Evangile. Doué d’une intelligence précoce, Abdon Llabour fut envoyé, tout jeune, aux écoles secondaires alors existantes de Céret et de Perpignan. Il alla terminer ses études littéraires au Petit Séminaire de Carcassonne et remporta le prix d'excellence, lors de la clôture de ses classes d'Humanités et de Rhétorique. En 1817, Abdon Llabour franchit le seuil du Grand Séminaire de Carcassonne, suivit dans cet établissement le cours de philosophie durant une année et s’appliqua avec succès, durant deux autres années consécutives, à l’étude des sciences théologiques, scripturaires et patristiques. Mais ne se sentant pas d'’attrait pour l’état ecclésiastique, Abdon Lilabour quitta en 1820 le Grand Séminaire de Carcassonne. Il se prépara à conquérir tous les grades universitaires, dans le but de se vouer à la carrière de l’enseignement. Ses efforts furent couronnés de succès. Le 31 décembre 1821, Abdon Llabour obtint, devant la Faculté de Rouen, le titre de bachelier ès-lettres, et le 30 septembre 1826, il conquit. devant la Faculté de Caen, le diplôme de licencié. Abdon Llabour compléta la série de ses grades pédagogiques en subissant victorieusement les épreuves d'agrégé. Vingt-six candidats affrontèrent le concours ; Abdon Llabour fut reçu avec le n° 1. L'Université lui confia la chaire de philosophie au collège d'Amiens, et bientôt après celle du lycée d'Avignon. C’est dans cette ville que le professeur exerça un véritable apostolat. La maladie étant venue fondre sur lui inopinément, Abdon Llabour conçut, après sa guérison, l’idée de fonder la Sociélé de la foi, véritable Conférence de Saint-Vin'centde-Paul, née en même temps que l’œuvre de Frédéric Ozanam, distincte d’elle, mais se proposant comme elle le même but, la charité chrétienne exercée à l'égard des pauvres. Pour faire connaître et apprécier la Société de la foi, Abdon Llabour composa, en 1839. un ouvrage de trois cent cinquante pages, dans lequel il retrace les origines de l'association. explique l'organisation et le fonctionnement de cette œuvre. « Un homme du monde, dit-il, en faisant sa propre confession, domicilié à Avignon, ayant été atteint de la maladie du choléra qui le mit en deux jours aux portes du tombeau. crut en avoir été délivré par les prières de quelques âmes pieuses, par la protection de la Très Sainte Vierge et par la vertu des derniers sacrements. Ses amis et d'autres personnes estimables de la ville lui avaient témoigné. pendant sa maladie, un intérêt et un dévouement auxquels il ne croyait pas avoir de droil. C'est pourquoi, le cœur profondément touché de sa délivrance et de la conduile généreuse des Avignonnais, il conçut le projet d'une société charilable en faveur des jeunes gens du monde, pour la plus wrande gloire de Dieu. «
LLAMBY
Abdon Llabour communiqua ses vues à un jeune négociant de ses amis, le même qui l'avait aidé à tenir la plume, sur son lit de douleur, pour tracer ses dernières volontés. Semblable communication fut faite à un commerçant avignonnais qui accueillit avec empressement les propositions d’'Abdon Llabour. Les nouveaux sociétaires dévoilèrent leur entreprise à un vicaire général de l'archevêque d'Avignon qui, les ayant approuvés, offrit sa maison d’habitation comme lieu de réunion aux membres de l’association naissante. La Sociélé de la F'oi devint bientôt florissante. Elle atteignit toutes les classes. Les jeunes gens et les autres âges, les riches et les pauvres, los malades, les prisonniers furent évangélisés avec un zèle apostolique. De nombreuses unions illégitimes furent régularisées. Un manuscrit rédigé par Abdon Llabour ct qui renfermait les procès-verbaux des séances de la Sociélé de la Foi contient des détails pleins d'intérêt sur les travaux de cette œuvre de bienfaisance. Pour stimuler le zèle des associés, chaque semaine avait lieu une réunion des membres actifs. Après la récitation de la prière, on se commurniquait les impressions reçues. Chaque membre exposait les circonstances de temps, de lieu, de personne au milieu desquelles son zèle avait cu occasion de se déployer. Abdon Elabour dirigeait les débats avec tact et discrétion. La Société de la Foi tenait sa réunion générale le 8 décembre de chaque année, sous la présidence de l’archevêque d'Avignon. Le prélat qui occupait alors le siège de l’antique ville des Papes était, comme Llabour, d'origine roussillonnaise. Paul Naudo constatait avec satisfaction les résultats obtenus par l’œuvre charitable d’'Abdon Llabour. Son vicaire géiéral, le chanoine Barrère, se plaisait à redire : « La Société de la Foi, dans un certain sens, opère plus de bien que tout le clergé avignonnais. Les apôtres laïques sont accueillis dans des milicux que le prêtre ne pourrait aborder. La ville d'Avignon a fait, sous le rapport religieux, des progrès très considérables depuis la fondation de la Sociélé de la Foi». Le prosélytisme religieux du professeur de l'Université porta ombrage au pouvoir existant. De nombreux rapports adressés au gouvernement dénoncèrent Abdon Llabour qui se vit retirer son emploi de professeur de philosophie à Avignon pour être envoyé en disgrâce au collège municipal de Rodez. Avant de se rendre dans sa nouvelle destination. Abdon Llabour demanda et obtint de ses supérieurs hiérarchiques un congé de deux ans qu’il alla prendre à Paris. 1l ne resta pas inactif dans la capitale. Durant le temps qu'il y séjourna, il composa et publia des ouvrages estimés. Dans Le Journalisme et les journaux, brochure de 250 pages parue la première en date, il passa en revue toutes les publications de son temps. Il fournit son apprécia-
tion sur le bien et le mal causés par les feuilles publiques et donna à ses contemporains des avis judicieux. Dans le second de ses ouvrages, Que faire de la France ? brochure de 150 pages, Llabour démontra qu'on devait nécessairement établir la pratique de la religion chrétienne dans toutes les classes de la société si on ne voulait pas voir le pays sombrer dans l’abime. Au moment où se discutait devant les Chambres la question de la liberté de l’enscignement, Llabour se méla aux débats en publiant un Mémoire sur l'Instruction publique, volume d'actualité qui contient 112 pages. Il inséra en même temps de nombreux articles dans la Revue catholique dont il était le gérant. Avant de se rendre à Rodez, Llabour composa un Manuel et un Grand cours de philosophie, œuvres qui n'ont jamais vu le jour et qui sont entre les mains de ses héritiers, domiciliés à Saint-Marsal. Llabour posa, sans succès, sa candidature aux élections législatives qui eurent lieu dans le département des Pyrénécs-Orientales, le 23 avril 1848, et descendit dans la tombe dans le cours de cette même année.
Communication obligeante de M. l'abbé Jules Puy, curé de Saint-Marsal. |
LLAMBY, LLEMBI ou LLENBI (Augustin) était mercader imimatriculé de la ville de Perpignan, vers le commencement du xvr° siècle. [l épousa Isabelle, qui. devenue veuve, convola en secondes noces avec le notaire de Pontich. Du mariage d'’Augustin Llamby et d'Isabelle naquit un fils, Joseph.
Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 389.
LLAMBY, LLEMBI ou LLENBI (Joseph), fils du précédent. acquit une charge de notaire à Perpignan. }l se maria à Thomase Ferriol qui lui donna six enfants: Augustin, Joseph. Thomas, Isabelle, Thérèse, religieuses dominicoines au couvent de Sainte-Catherine de Sienne, et Thomase. Resté veuf, Joseph Elamby épousa Marie-Angèle Rovira. Du second lit sont issus : Dominique. Catherineet Marie. Joseph Llamb\, notaire, mourut en 1683 et fut enseveli dans la chapelle du couvent des Grands- Augustins de Perpignan. |
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 389.
LLAMBY (Augustin), fils ainé du précédent et de Thomase Ferriol. embrassa la vie religieuse dans l'ordre de Saint-Benoît. Le 30 mai 1682, il reçut ses bulles de provision de la prévôté de Fillols, annexée à l’abbaye de Cuxa. A la mort de l’abhé Pouderoux. Augustin Llamby fut promu abbé de Saint-Martin du Canigou. le #4 octobre 1714: il pril possession de sa prélature, le 2 mai 1715. I la conserva durant treize ans. Ignace de Valls Lui succéda en 1728.
Archives des Pyr.-Or. HE 69, 154.
ar
LLAMBY (Joseph), frère du précédent, entra |
dans la carrière militaire. Il était cadet dans le régiment de Ximenès appelé le régiment royal d'infanterie du Roussillon. en 1693, année où il fit son testament.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 389.
LLAMBY (Dominique de), fils et héritier universel de Joseph Llamby et de Marie-Angèle Rovira, étudia le droit, se pourvut du doctorat es-lois, et devint ballle royal de la ville de Perpignan. Le 16 juin 1699, il fut nommé bourgeois honoré. De son union avec Marie-Thérèse Albafulla naquirent trois fils: Joseph, qui suit, Dominique et Sauveur, prêtresbénéficiers aux églises de Saint-Jean et de la Réal, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 389.
LLAMBY (Joseph de), fils du précédent, recueillit la succession paternelle. Il était déjà batlle royal de Perpignan, lorsqu'il épousa, le 30 avril 1716, Anne Compte-Riu. De celle-ci, Joseph de Llamby n'eut qu’une fille. Thérèse, qui mourut le 7 mai 1742, après avoir uni ses destinées à Michel Serradell. Joseph de Llamby, demeuré veuf. convola en secondes noces avec Marie Bonet. Il mourut le 14 juin 1750, laissant un fils du même nom que lui.
LLAMBY (Joseph de), fils du précédent, fut à son tour conseiller du roi et batlle de Perpignan. Il occupait cette charge au moment de la Révolution. Son épouse et son fils aîné sont inscrits sur les listes des émigrés.
Archives des Pyr.-Or., G. 744. — Abbé ToRREILLES, Perpignan pendant la Révolulion.
LLANTA (Jacques - François - Gaudérique) naquit à Perpignan, le 18 novembre 1807. Ses parents étaient d'origine espagnole. Il étudia d'abord la peinture dans l'atelier du baron Gros et entra à l’école des Beaux-Arts en 1828. Jacques Llanta exposa même, bien qu'à d'assez longs intervalles (1838-1848) plusieurs tableaux de genre : un Sujet calalan, C'est la foi | qui sauve, etc. Livré de préférence à la lithographie, | il produisit, à dater de 1825, un nombre infini de | compositions dans ce genre, la plupart destinées au |; commerce. Ses principales lithographies sont celles | dont il a fait lui-même un choix assez heureux pour les expositions annuelles. On cite dans ce nombre : La déclaralion de la Chambre des Députés au duc d'Orléans, de Heim (1835) ; une Vierge el la religion chrélienne, de Signol (1839) ; la Reine des cieux d’après Cazes ; la Mère du divin Sauveur, de Raphaël; le Bon Pasteur, de Ziégler ; le Portrait du Régent, d’après
LLAMBY — LLAR
Santène ; celui du roussillonnais Paul Naudo, archevéque d'Avignon, d’après Billet ; celui du baron Desnoyers, d'après Dubufe ; ceux enfin du vicomle-puir de Caux, de Tamburini, de Santini et d’autres artistes de toutes les classes. Jacques Llanta obtint une troisième médaille en 1839. Il mourut à Paris, le 5 mai
CroucnaxDEL, Calalogue raisonné des objels d'art du Musée de Perpignan.
LLAR (Inès de), jeune fille de l’une des maisons nobles de Villefranche-du-Conflent, à l’époque du traité des Pyrénées, avait une intrigue amoureuse avec le lieutenant du roi, de la place, nommé de Parlan. Toute la famille de Llar était dans un complot contre la nouvelle autorité de la France, et le frère d’Inès, François, en était même un des chefs. La conspiration, très bien ourdie, devait éclater dans la nuit du vendredi au samedi de la semaine de la Passion de l’année 1674, mais les hésitations du gouverneur de Puigcerda en firent remettre l’explosion au jeudi suivant. Ce délai fit échouer le complot. Deux jours avant le terme fatal, les quatre principaux conjurés se trouvaient réunis dans la chambre de François de Llar, placée au-dessous de celle de sa sœur. Celle-ci entendit, à travers les simples planches qui séparaient les deux étages, des paroles qui l’étonnèrent. Prêtant l'oreille, elle reconnut qu'il était question de la vie de Parlan. Dès lors son attention redoubla: On décida que si cet officier offrait la moindre résistance, quand on irait s'emparer de lui dans la chambre, on le tuerait. Tremblante pour la vie de son amant, Inès de Llar l'informa de ce qu'elle avait entendu. De vagues bruits qui circulaient depuis quelques jours avaient déjà donné l'éveil, sans rien préciser. La révélation de la jeune fille démontra que le danger était imminent. Le temps fut mis à profit. L'arrestation de quelques-uns des coupables livra bientôt à la justice le plan de toute la conspiration. Un oncle d’'Inès, Emmanuel Descatllar, le premier mis en jugement, fit des révélations complètes sous les premiers coups de la torture. et l’on sut tout. Pendant la nuit, deux cents Espagnols devaient se cacher dans la grotte de Villefranche (la Cova Pastera) et le lendemain, de très grand matin, quelques miquelets, portant leurs armes dans des faix de paille sous lesquels leurs têtes auraient été cachées, devaient entrer dans la ville aussitôt après l'ouverture des portes. Arrivés chez l’un des complices, ces miquelets saisissant leurs armes se seraient rendus aux portes de la place, dont ils se seraient emparés, secondés par les conjurés, et aux coups d’escopette qu’ils auraient tiré, les hommes cachés dans la grotte se seraient précipités dans la ville. Dans le mêmetemps, des paysans
LLÉOPART
gagnés par les chefs de la conspiration devaient arriver en armes des villages voisins, et un corps de troupes parti de Puigcerda en prenant sa route par le Capcir, se serait, le matin même du Jeudi-Saint, trouvé aux environs pour se jeter dans la place dès qu'on en serait maître. De son côté, le roi de Catalogne, entrant en Vallespir par Maureillas, se serait porté rapidement sur Ille. et les deux forces espagnoles réunies auraient marché sur Perpignan, où quelques intelligences étaient ménagées. François de Llar, informé à temps de la découverte du complot, s'enfuit en Espagne. Carlos de Llar, son père, averti de ce départ, dont il pressentait les fâcheuses conséquences, avait fait courir après lui pour le ramener ; mais on ne put le rejoindre et il dut regretter lui-même de n'avoir pas suivi son exemple. Le 3 avril, ordre fut donné de transférer à Perpignan les conjurés, avec les membres de la famille de Llar, sans en excepter la plus jeune fille de Carlos de Llar, Hermance, qu'on ne voulut pas séparer de sa mère. Le drame judiciaire commencé par leur arrestation eut un prompt dénouement. Descatllar et Soler, second consul de Villefranche, furent conduits le 2 avril à la citadelle de Perpignan. Anna de Llar, sa fille Hermance et ses domestiques y arrivèrent le lendemain. Carlos de Llar eut le Castillet pour prison et Inès entra au couvent des religieuses Enseignantes. Emmanuel Descatllar, convaincu du crime de lèse-majesté, ouvrit la série des condamnations capitales. Arrêté le 2 avril, jugé le 20, il fut exécuté le même jour, à l’âge de vingt-six ans, sur la place de la Loge. Après Descatllar, François Soler, condamné comme lui. eut sa tête placée dans une cage de fer, au-dessus de la porte de Villefranche, avec cette inscription :
Consul Nec regi, nec patriæ, nec sibi consulens Consulti, nec revelantis conspiratoris Justas justo consilio Sic luit pœænas.
Carlos de Llar subit la torture le # mai 1674. T1 fut livré à l’exécuteur mutilé et agonisant pour subir le supplice du garrot (la strangulation par un tourniquel). Quant à Inès qui, pendant tout le temps de la procédure avait été retenue prisonnière dans le couvent des Enseignantes de Perpignan, flétrie dans l'opinion des hommes, déshonorée par la procédure, déchirée par la douleur d’avoir livré à l'échafaud la tête de son père et à l'exil sa mère et le reste de sa famille, elle s’ensevelit dans un cloitre.
HENRY, Le Guide en Roussillon. — V. \RaGoN, Le Roussillon aur premiers lemps de son annerion à la France.
LLÉOPART (Jérôme), fils cadet d’un bourgeois
noble de Barcelone, se livra au commerce des toiles,
du papier et des draps, depuis 1632 jusqu’en 1639. A cette dernière date, il leva une troupe de soldats pour venir en aide au roi de France.ll entra dans les ordres, prit le doctorat en droit civil et en droit canon puis passa trois ans à Paris près dela Cour. En 1644, Jérôme Lléopart fut pourvu de l’archidiaconé du Conflent. Il ne cessa de rendre des services à la cause française. notamment durant un séjour qu'il fit à Rome, vers cette époque de sa vie. Ces services lui valurent une bonne part dans la distribution des biens confisqués sur les catalans fidèles à la domination espagnole. En 1653, au milieu de la défection générale, Lléopart demeura fidèle au parti français. Il partit de Barcelone où il avait été enfermé pendant le siège de cette ville par les armées de Philippe IV et vint en Roussillon mettre son activité au service de Sagarre, son compatriote et ami. Le 25 novembre 1653, le maréchal d'Hocquincourt le nomma sequestre des revenus du Saint-Office. Sur une plainte que Sagarre avait portée contre le vicaire capitulaire Sébastien Garriga. le chapitre d’Elne dépouilla celui-ci de sa charge et en investit aussitôt Jérôme Lliéopart. Le 24 décembre 1653, les chanoines de Saint-Jean révoquèrent le nouvel élu parce qu'il avait manifesté la volonté énergique de mettre un terme aux abus. jusque dans les rangs du chapitre. Un procès fut instruit en cour de Rome contre Lléopart qu’on chargeait de griefs, entre autres : ceux de la résidence non observée, de l'exercice des fonctions de sequestre. de l'appel à l'autorité civile pour obtenir la charge de vicaire capitulaire, de nominations à des cures durant les mois réservés à la cour de Rome et de la réduction arbitraire et sans mandat d'un grand nombre de messes. Lléopart établit si bien le mal fondé des accusations formulces contre lui que la congrégation des évêques et réguliers rendit un décret, le 31 mars 1656, le maintenant dans ses fonctions de vicaire capitulaire du diocèse d'Elne. Un an après, le chapitre d’'Elne déposa Lléopart pour la seconde fois et le remplaça par Garriga. Üne nouvelle décision survint de Rome, le 5 octobre 1657, qui confirma celle du 31 mars 1656. Mais les membres du chapitre ayant fait appel de la dernière décision à la congrégation mieux informée, se virent excommuniés par Lléopart. Ils ne tardèrent pas à faire acte de soumission à ce dernier qui les releva de leur excommunication, le 24 novembre 1659. En 1658, Louis XIV avait présenté à l'agrément du Pape la nomination de Vincent de Margarit, comme évêque d'Elne.
Alexandre VII se refusa à préconiser l’évêque nommé, parce qu’un concordat réglant la situation religieuse du Roussillon n'était point intervenu entre le roi de France et le Saint-Siège, après le traité des Pvrénées. Le 12 août 1661, la congrégation des évêques et réguliers confia de nouveau à Llcopart le titre de vicaire
capitulaire du diocèse d’Elne. Les chanoines de Perpignan intentèrent alors un nouveau procès à Jérôme Lléopart, Le déposèrent et élurent à sa place le chanoine Sébastien Quéralt, l'aller ego de Garriga. De nouvelles discussions s’élevèrent entre le chapitre et Lléopart. Le 30 juillet 1666, les chanoines acclaméèrent Garriga comme vicaire capitulaire ; mais un arrêt du Conseil d'Etat, en date du 14 octobre 1666. maintint Lléopart dans ses fonctions de vicaire capitulaire, et le 5 août 1667, Rome ratifia les décisions royales. Le 17 avril 1664, Vincent de Margarit prit possession du siège épiscopal d’Elne, Jérôme Lléopart cessa ses pouvoirs juridictionnels et rentra dans la vie privée. Il exerça les fonctions de sacristainmajeur du chapitre d’Elne jusqu’à sa mort survenue le 21 juin 1671. Jérôme Lléopart fut inhumé dans la chapelle du Dévot Crucifix. à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or.. G. 14, 26, 53, 116, 124. 129. — Abbé Tornetzces, La Vacance du siège d’Elne, dans le XL[ Bulletin de la Societe Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées- Orienlales.
LLO (Bernard de), époux de la fille d'Arnal de So, préta foi et hommage au roi Alphonse d'Aragon, en 1182, pour son château de So. Il acquit. en 1177. les châteaux d'Amorte, Castel-Por et Beaufort dans la vallée de l’Aude. 11 figurait dans le nombre des principaux feudataires de Sanche, second fils du roi Alphonse, qui obtint en apanage le Roussillon et la Cerdagne, en 1185. Sa maison. riche et puissante fut fortement ébranlée par les guerres des Albigeoiïs. Ses comtés de Carcassonne et de Foix, placés sous la suzeraineté du roi d'Aragon, furent spécialement troublés par l'hérésie et réclamèrent son intervention. Pierre Il se laissa gagner par les Albigcoiïis et leur promit aide el protection ; son frère Sanche et Bernard de Llo prirent parti pour les croisés. Bernard de Elo reçut même ordre de se présenter à la cour et de livrer ses châteaux aux officiers du roi. Sur son refus, il eut tous ses biens confisqués. Les fiefs d'Evol et d'Estavar, les châteaux de So et de Querigut furent donnés au comte de Foix, le 9 janvier 1209. Trois mois après. les troupes de Simon de Montfort entrèrent dans le Languedoc, et le 15 août de cette même année 1209, Carcassonne se rendit aux croisés. Pierre d'Aragon, venu à son secours, n’arriva qu'au mornent où se livraient les derniers assauts et fut obligré de se retirer. Il ne put empècher les Français de s'emparer d'une grande partie des dépendances de Carcassonne et de Foix ; un an après, ce prince accepta la paix. Bernard de Llo recouvra ses chàäteaux par le secours des Français. La croisade entreprise. en 1212, contre les Maures fit cesser un instant la vuerre des Albigeois ; l’année suivante, les hostilités furent reprises avec vigueur. Elles eurent leur
LLO
dénouement à la bataille de Muret ou Pierre IT trouva la mort. Nunyo Sanche. comte de Roussillon, se ligua alors contre les Français, pour les obliger à renvoyer l'infant Jacques, retenu en Ôtage.Il demeura quelques années l'ennemi d’Amauri de Montfort ; cependant, il combattit avec lui en 1226. après en avoir obtenu l'investiture de la vicomté de Fenouillèdes. Cette réconciliation valut à Bernard de Llo la restitution de tous ses domaines. II fit hommage au roi de France pour le château de So et ses dépendances et il prêta serment entre les mains de l'abbé d’Ardorel, le 16 mars 122%. Roger Bernard ayant été remis en possession de ses états en 122%, chercha querelle au comte de Roussillon et voulut reprendre ses droits sur le Donnezan et les dépendances de la vicomté de Castellbo. Üne guerre longuc et sanglante s'eu suivit, à l’issue de laquelle le comte de Foix dut céder. Mais s’il reconnut les droits de suzeraineté de Nunyo Sanchesur le Donnezan, il n'entendit pas que Bernard de Llo put se prévaloir des conquêtes de Simon de Montfort. On convint de la paix au mois de septembre 1233; un article du traité conclu en cette circonstance stipula qu'Arnal de So et Bernard de Llo, tant pour eux que pour feu Bernard de Lio, leur père, prêèteraient hommage pour le château de So au comte de Foix et que celui-ci tiendrait ce fief pour le comte de Roussillon qu'il considérait comme suzerain au mème titre qu'il avait auparavant reconnu le roi d'Aragon. Le comte de Foix promit, au cas où il posséderait le château de So, de s'acquitter envers le comte Nunÿo Sanche de toutes les servitudes de vasselage auxquelles les prédécesseurs de Bernard de Llo avaient été soumis à l'égard des comtes de Cerdagne. Le comte de Roussillon s'engagea à forcer les scigneurs de So à reconnaître la suzcraineté du comte de Foix. Ces conventions. déposées dans l’abbaye de Fontfroide, furent rompues presque aussitôt par la reprise des hostilités. On convint bientôt d'un nouveau traité, grâce à l’entreprise de Bernard, évêque d'Elne, et de Ravmond, vicomte de Cardone:; on unit en mariage la sœur de Roger Bernard, comte de Foix, avec le fils de Bernard de Elo.
Abbé Ginazr, Nolice historique sur la vicomté d'Evol, dans le
XLVT Bulletin de la Sociélé \gricole, Scientifique et Littéraire des Pyrènées-Orientales.
LLO (Bernard de), fils du précédent, épousa Esclarmonde de Foix. Celle-ci lui apporta une dot de dix mille sols de Malgwone, pour la garantie desquels ses deux frères offrirent les bourgs d'Artigues et de Mijanès. Le contrat de mariage fut signé à Panriers, le 5 janvier 1235. Les bons rapports qui s'établirent alors entre les deux familles permirent d'arriver à un accord plus complet. Le 2 février 1236,
LLOBET
Bernard de Llo son père et Arnal de So reconnurent la suzeraineté moyenne du comté de Foix pour la baronnie du Donnezan et ses dépendances : Quéri-
gul, Evol el Estavar. Ils reçurent en compensation
tout le Donnezan avec la propriété de plusieurs autres châteaux et seigneuries. Le comte de Foix ayant eu un différend en 1244 avec l’évêque d'Urgell au sujet du pays d’'Andorre, il choisit pour arbitres les chevaliers Raymond de So et Bernard de Llo. Ce dernier eut un fils, Guillaume, plus connu sous le nom de Guillaume de So.
Abbé GIRALT, 0p. cit.
LLOBET (Raphaël), chanoine et official d’Elne, instruisit, en 1625. une affaire d'abus de pouvoirs contre Laurent Valls, vicaire général de l’abbé de la Réal. Celui-ci fut mis en prison et y demeura huit mois. Une fois remis en liberté, Laurent Valls se rendit à Madrid pour réclamer auprès du nonce contre les poursuites dont il avait été l’objet. F1 fut justifié par le représentant du pape, qui envoya à Perpignan un commissaire délégué nommé Jean Abogado. Celui-ci devait poursuivre une procédure contre l’official d’Elne. Au mois de mars 1628, Jean Abogado fit jeter en prison Raphaël Llobet, mais dans les derniers jours de septembre de cette même année, le commissaire délégué fut rappelé à Madrid et l’official délivré et réhabilité. En 1626, Raphaël Llobet avait été envové aux corts de Barcelone avec mission de représenter à Philippe IV la détresse de l'église d'Elne « la plus pauvre de l'Espagne ». Dès son arrivée dans le diocèse d’Elne, l’évêque Grégoire Parcero choisit Raphaël Llobct pour son vicaire général. Son successeur, Gaspard Prieto, le délégua pour prendre possession du siège épiscopal, le
27 avril 1637. Raphaël Llobet était, à cette date, chan- | celier de l'Université de Perpignan, vicaire général
et official de l'évêché d’Elne. L'année suivante, il procéda à une autre prise de possession du siège d'Elne, au nom du nouveau pontife d'Elne, François Pérez- Roy (11 décembre 1638). Raphaël Llobet mourut chancelier du Sénat suprême de Catalogne.
Archives des Pyr.-Or.. G. 25, 63, 399, 401. — Mémoires de Jaume.
LLOBET (Onuphre) fut nommé bourgeois
immatricuie de la ville de Perpignan en 1595. L'office de receveur général des comtés de Roussillon et de Cerdasg 1 lui fut attribué des sa création et Philippelll lui conféra les privilèges nobiliaires accordés aux citoyens honorés de Perpignan. Onuphre Llobet donna la démission de sa charge de receveur général; le roi Philippe IT nomma à sa place Montserrat Regnes, de Perpignan. Onuphre Llobet était enrôlé dans les milices de la noblesse catalane que com-
mandait Dalmace de Quéralt, en 1639. Ses biens furent donnés, en 1653, par Louis XIV à Jérôme Lléopart, archidiacre d’Elne, et au chapitre de l’église Saint-Jean de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 378, 380, 390, 394, 401.
LLOBET (Louis-Joseph-François- Michel), plus connu sous le nom de Père Méliton, naquit à Perpignan, le 1° janvier 1682, de Michel Llobet et de Marie Estival. Il fut tenu sur les fonts baptismaux de l'église de la Réal par Louis de Copons de Tamarit et par Marie-Thérèse Réart-Balla. Entré dans l’ordre des Capucins vers l’âge de vingt ans, Louis Llobet prit le non de frère Méliton qu'il devait immortaliser. Il ne tarda pas à être désigné par ses supérieurs en qualité de Lecteur de philosophie, et puis de théologie au couvent de Toulouse, chef-lieu de la province de l'Ordre. Ses occupations dans l’enseignement des sciences ecclésiastiques et la parfaite régularité qu’il apporta toujours dans l'exercice et l’accomplissement de ses devoirs monastiques, ne l’'empêchèrent point de cultiver les mathématiques et l'astronomie, sciences pour lesquelles il possédait une aptitude spéciale. Quelques écrits l'ayant fait connaître ct apprécier, ce fut durant son séjour à Toulouse que le Père Méliton fut affilié à l’Académie des Sciences de cette ville. Le Père Méliton fut choisi six fois comme gardien ou supéricur du couvent de Perpignan, savoir: {°le 11 septembre 1722, au chapitre de Carcassonne ; 2° le 7 septembre 1725, au chapitre tenu dans la même ville; 4 le 30 maï 1727, au chapitre de Castelnaudary ; 4° le 12 mai 1730, à la Congrégation de Montpellier ; 5° le 3 septembre 1734, au chapitre de Carcassonne ; 6° enfin, le 12 septembre 1749, à la Congrégation capitulaire de Montpellier ; ce qui représente, en tout, dix ans de gardiennat. Il dut assister, en qualité de gardien sortant, aux chapitres de Montpellier (1724), de Castelnaudary (1727), de Narbonne (1728), de Béziers (1731), de Pezénas (1737) et de Castelnaudary (1730). Le Père Méliton fut, en outre, gardien du couvent de Prades en 1728, gardien du couvent de Céret en 1729 et 1737, maître des novices, et définiteur. Pendant ces divers gardiennats. on Île trouve prenant une part active aux missions du diocèse, et prêchant en 1727 et 1736 à la Réal, en 1737 à Baixas, et cn 1749 à la Roquedes-Albères.
En 1727, fut donnée à Perpignan une grande mission, qui ne dura pas moins d'un mois et demi environ. Il y avait trente prédicateurs de l’ordre des Capucins. Le Père Méliton, alors gardien du couvent de Perpignan, Y prit une grande part. Il fit entendre sa parole savante, tous les soirs, dans l’église de la Réal, et écrivit une relation de cette mission dans les registres de son monastère. Durant l'intervalle
qui s’écoula entre son cinquième et son sixième gardiennat à Perpignan, le Père Méliton dut accomplir le voyage de Rome ; car dans la lettre par laquelle Dortons de Mairan annonce au savant religieux l'envoi de l'approbation de son principal ouvrage par l’Académie des Sciences, on lit: «... Comme « j'ignore si celte lettre vous trouvera encore à « Rome, je prends le parti de l'envoyer à votre R. P. « agent de Paris, à qui vous vous étiez adressé, etc. « (Lettre du 18 septembre 1740). » Puis, on trouve le Père Méliton remplissant les fonctions de gardien du couvent de Montpellier (1745). L'année précédente, il avait été appelé, en qualité de Vicaire-Provincial, à prendre durant neuf mois le gouvernement général des couvents de la province de Toulouse. Lorsqu'il eut atteint l’âge de soixante-dix ans, le Père Méliton se démit de sa charge de gardien du couvent de Castelnaudary et obtint la faculté de vivre retiré dans le monastère de sa ville natale, libre de tout emploi et de toute charge. Il mourut à Perpignan, le 44 juin 1755, après une maladie de vingt jours, causée par une chute qu'il fit à l’escalier, en se rendant à vêpres. Dès les premières années de son entrée en religion, le Père Méliton avait publié un livre de piété intitulé: Neuvaine à Notre-Dame d'Espérance, in-18, Perpignan, Viger, 1710 et 1713. Les chroniques des Archives de Toulouse apprennent que ce savant religieux fut souvent investi des fonctions de jabricier. Il fut aussi quelquefois délégué par l'évêque d'Elne pour revêtir de son approbation des écrits ascétiques ou autres. La première œuvre scientifique du Père Méliton parut en 1738, sous Île titre : Les Epactes grégoriennes éclaircies el justifiées, ouvrage duns lequel, après avoir rejelé le nouveau système des Epuctes imaginé par Fr. Hugues Perrin de Saint-Bruno, solilaire à Lyrac, l'auteur établit les principes de la correclion grégorienne, justifie ses épacles, en les élendant depuis la créalion du monde jusqu'à dix mille ans après la venue de Notre-Seigneur, el donne une méthode facile et claire pour trouver la Päque el les fêles mobiles aux années centenaires el aux intermédiaires à perpétuité. Cet ouvrage, qui formait un volume in-12, fut imprimé à Toulouse chez J. Rellier, place du Palais. Le livre n’est autre chose qu’une lettre d'environ 85 pages adressée par le Père Méliton au marquis de Caumont qui lui avait envoyé un écrit récemment publié par le Fr. Hugues de Saint-Bruno, sous le titre : Le bouclier grégorien astronomique, au sujet duquel l’illustre correspondant désirait connaître le sentiment du savant capucin. Ce qui fait surtout la gloire du Père Méliton, c’est le livre important qu'il édita, en 1743. Il est intitulé : La correclion grégorienne expliquée. mise en lumière el défendue contre ses détracteurs, embrassant, d'après les règles grégoriennes, la série de lous les siècles, depuis la création
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jusqu'à la fin des lemps. Cet ouvrage entièrement écrit en latin et édité à Cologne, forme un volume
.in-4°, renfermant la matière de deux volumes in-8°
ordinaires. L'auteur le dédia au cardinal Ruffo, ancien évêque de Ferrare, alors doyen du Sacré- Collège et Protecteur de l’ordre des Capucins. Après avoir exposé les principes et les défauts de tous les calendriers inventés jusqu'alors, les réformes dont ils sont susceptibles et la manière de les accorder, le Père Méliton donna les éléments du comput ecclésiastique, et formula ensuite les règles de l’ancien calendrier et les principes de la correction grégorienne, dont il justifia l'exactitude, faisant voir que par son moyen on pouvait remonter jusqu'à l’année de la création du monde et la rapporter à l’an 5043 avant Jésus-Christ. L'auteur fournit un nouveau cycle solaire et un autre lunaire, dont il détermina les nombres par le calcul direct et rétrograde, pour années futures et passées. Il indiqua aussi une nouvelle méthode aisée de se servir de la correction grégorienne, en substituant les épacles des pleines lunes à celles des nouvelles. La grande période grégorienne qu'il proposa et qui allait en rétrogradant depuis 1742 de l’ère chrétienne jusqu’à l’origine des temps, remit les solstices et équinoxes, aussi bien que les nouvelles et pleines lunes, aux jours des mêmes mois du calendrier grégorien, ce qui fut vérifié par le calcul, ainsi que par les éclipses de soleil et de lune rapportées par les historiens et les astronomes. Cet ouvrage du savant capucin fut revêtu des plus hautes el des plus respectables approbations. En effet, outre celle du Provincial du Ministre-Général des Capucins, qui, sur le rapport de plusieurs théologiens de l'Ordre. en permettait l'impression, suivant les règles de l’Institut, il avait encore été approuvé par la Société Royale des Sciences de Montpellier, sur le rapport de deux de ses membres qui avaient été chargés d'examiner le livre. Le 6 septembre suivant, une approbation plus haute et plus flatteuse, était atiachée à cet ouvrage: celle de l’Académie Royale des Sciences de Paris, signée par Fontenelle. alors secrétaire-perpétuel. Le savant Cassini fut un des deux Académiciens chargés de rendre compte de l'ouvrage du Pere Méliton, nommé quelque temps après membre correspondant de l’Académie des Sciences et honoré des félicitations des plus célèbres astronomes de l'époque. Le 25 janvier 1742, l'Académie des Sciences de Toulouse avait approuvé hautement la publication de l'ouvrage, encore manuscrit. de son associé, ct ajoutait, après avoir proclamé la grande utilité de la Gregoriana correclio, que ce livre faisait le plus grand honneur au Père Méliton. Les nombreuses sociétés savantes auxquelles cet ouvrage avait été soumis. constatèrent la justesse et l'exactitude des calculs de l'auteur, la
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clarté et la solidité de ses raisonnements, la portée judicieuse de ses réflexions. L'Académie Royale des Sciences, en particulier, en rendant hommage aux recherches curieuses que présentait ce livre, déclarail que « la substitution faite par l’auteur des épactes des pleines lunes à celles des nouvelles, au moyen de laquelle le calcul était singulièrement abrégé et notablement simplifié, était très ingénieuse, et qu’en général tout l’ouvrage dénotait beaucoup de sagacité et de connaissance de cette matière dans l’auteur, qui l'avait traitée d’une manière nette et précise... » Des éloges et des remerciements furent adressés à l’auteur par Monseigneur de Luynes, évéque de Bayeux (lettre du 15 mars 1743), par le cardinal Ruffo (12 juin 1743), par Zanotti, au nom de l’Académie de Bologne, etc. Toutefois, l'œuvre du Père Méliton fut attaquée en Italie par Bettazzi, de Prato, curé du diocèse de Pistoie, en Toscane, et auteur d'un livre intitulé : Epitome operis Paschalis, publié à Florence en 1733. La nouvelle dissertation du critique italien fut composée en langue vulgaire et imprimée à Lucques, sous le titre: Sentimento del Piovano Jacopo Bettazzi, di Prala, in torno el libro del molto Rev. P. Melilone, da Perpignano. L'auteur, en envoyant au Père Méliton un exemplaire de son mémoire, protestait que, s’il avait employé l’idiome vulgaire, pour combattre un ouvrage scientifique écrit en latin, ç'avait été, non point pour pouvoir rabaisser impunément le livre du capucin auprès des ignorants, mais seulement afin d'être compris de ceux de ses amis qui ne connaissaient pas la lanque ecclésiastique. La défense que prépara immédiatement le Père Méliton ne parut qu'en 1745, lorsqu'il était à Montpellier. La publication en avait été retardée, d'abord parce que le Père Méliton dut recourir à un interprète pour se faire traduire le mémoire italien de Bettazzi ; en second lieu, parce qu'il dut se procurer l'Epilome operis Paschalis, auquel l’auteur renvoyait souvent dans son mémoire, et sur lequel il fondait ses griefs contre les théories du savant capucin; enfin, parce que, la mort du KR. P. Provincial étant survenue sur ces entrefaites, le Père Méliton s'était trouvé occupé par les fonctions de la charge de Vicaire-Provincial. Dans sa défense ou À pologia, écrite aussi en latin, le Père Méliton, suivant pas à
contre Bettazzi : 1° l'exactitude et la supériorité de la réforme grégorienne, attaquée elle-même par le critique italien ; 2° l'avantage de ses calculs, dont il justifie la précision, en repoussant ceux qu'avait proposés Bettazzi dans son Epilome. Après cela, il demeurait acquis au débat que la thèse de Bettazzi était insoutenable ; car ce que disait le savant capucin pour justifier les corrections solaires et lunaires faites dans le calendrier s’accordait parfaitement avec
les calculs astronomiques. Le passage relatif à l'anticipation des nouvelles lunes (qui est de huit jours en 2.500 ans), était extrêmement précieux. Le Père Méliton démontrait que l’année 550 est celle qu'on a dû choisir pour diviser en deux parties égales cette grande période, et que l’année 500 a dù être rejetée comme n'ayant point les caractères nécessaires pour cette division. Par sa réplique, il acheva de faire disparaître la fameuse objection tirée de ce qu'on a fixé au lendemain du jour de la conjonction moyenne le premier jour de la lune grégorienne, fixation faite à dessein par les auteurs de la Réformation du Calendrier, qui ont mieux aimé s’écarter un peu de la méthode pratiquée au temps du Concile de Nicée, que de s’exposer à l'inconvénient de célébrer souvent la Pâque le même jour que les Juifs. Après cette polémique, dans laquelle l’avantage resta tout entier au capucin-astronome, celui-ci, le 30 novembre 1745, envoya au savant Benoît XIV, qui occupait alors la chaire de Saint-Pierre, un exemplaire de son grand ouvrage et de sa défense. Il reçut à l’occasion de cet envoi, le 8 janvier 1746, une lettre approbative des plus flatteuses du Souverain Pontife. A l'activité dans l'administration des couvents qu'il eut à diriger, au ministère actif de la prédication qu'il exerça, aux tälents de l'écrivain ascétique et du théologien, le Père Méliton ne joignit pas seulement la connaissance et l'étude solide des sciences exactes, il fut encore artiste, et artiste inventeur. Il donna tous ses
. soins à la simplification d’un système de mosaï-
, ques, qu'il exposa et développa dans un ouvrage
curieux à plusieurs titres, et dont on peut consulter, dans la Bibliothèque publique de Perpignan, le manuscrit demeuré inédit jusqu'à ce jour. Ce volume a pour titre: Traité des carreaux de deux couleurs, mi-parlis par une diagonale. L'auteur entend par carreau l'assemblage de deux triangles isocèles de différente couleur, susceptibles de recevoir deux positions différentes, suivant qu'ils sont placés sur les côtés ou sur les angles. Or, le Père Méliton expose une méthode qui permet de produire une variété presque infinie de dessins, par les nombreuses combinaisons de ces deux positions et avec l'unique secours de deux couleurs. On peut remarquer dans
l'ouvrage manuscrit du Père Méliton deux parties pas chacune des objections de son adversaire, établit
bien distinctes. Dans la première partie, toute scientifique, et qui comprend les deux tiers de l'ouvrage, l'auteur, à l’aide de nombreux calculs et de savantes théories, développe son système avec une rare clarté. Ces pages dénotent chez le savant capucin une profonde connaïissance des mathématiques, une forte application au travail. enfin la simplicité dans la méthode exposée. La seconde partie, embrassant l'autre tiers du volume et comprenant 89 planches, est à la fois artistique et mécanique, car elle présente
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l’heureuse application de cette méthode. D'après l'opinion de juges éclairés et compétents, cette seconde partie pourrait, à la rigueur, être considérée comme la seule vraiment utile au fabricant ct à l'ouvrier, si ce bel et curieux ouvrage du Père Méliton était jamais livré au public. Ce qui est certain. c'est que les nombreuses figures contenues dans chaque planche, ctonnent par la variété et la régularité des dessins obtenus au moyen de deux seules couleurs ; si bien qu'on ne sait ce qu'il faut admirer le plus, ou de la grâce ingénieuse de ces dessins. ou de la savante complication des figures, dont certaines sont composées de 64 et même de 100 carreaux. IL existait deux exemplaires manuscrits de cet ouvrage: l'un à la Bibliothèque nationale, à Paris, l'autre ”a la Bibliothèque de Perpignan. Ce dernier, qui provient de l’ancien couvent des Capucins de cette ville, forme un volume in-#°, écrit de la main même du Pere Méliton et portant la date de 1724. Cette œuvre avait été soumise à l’Académie des Sciences de Paris, dans le sein de laquelle elle fit l'objet d'un rapport favorable et très élogieux de Fontenelle, qui devait, quelques années plus tard, apprécier si avantageusement la Gregoriana correctio illustrala, composée par Ie même auteur. « Il v a dans cet ouvrage, disait l’illustre académicien, beaucoup de méthode et de travail ; il ajoute à ce que le R. P. Donat, religieux Carme, avait ingénieusement trouvé sur cette matière. Cette méthode, plus juste et plus courte que celle du R. P. Sébastien Fruchet. membre honoraire de l’Académie des Sciences. produit un nombre infini d'arrangements différents qui n'avaient pas été trouvés, et en règle le choix... » L'Académie de Montpellier, qui avait aussi approuvé et très honorablement mentionné le livre du Père Méliton, ajoutait qu'il serait « d’une grande utilité au public, surtout pour le pavé des églises et des grandes salles, où ces combinaisons et changements pourraient paraître dans toute leur étendue. » On doit regretter qu'une œuvre de celle nature, soil demeurée inédite et à peu près ignorée, même en Roussillon. Le P. Bernard de Bologne apprend que le Père Méliton, voyant que l'impression de son ouvrage et surtout la reproduction des planches eutraineraient des frais considérables et peu compatibles avec la pauvreté des Frères Mineurs, avait insisté lui-même pour empêcher cette publication. M. Comet, frappé des innombrables combinaisons possibles avec le système du Père Méliton, en a reproduit plusieurs planches dans son ouvrage l'/mprimerie à Perpignan. Le Père Méliton eut deux frères et deux sœurs : Marie-Angélique, religieuse au couvent des Enseignantes. Michel qui continua la lignée de la famille, François et Baselice.
Archives de la famille de Llobet. — Archives communales,
= ee ee ne — mémmgene —
GG. 138. — ToLra DE Borpas, L'Ordre de Saint-François d’Assise en Roussillon. — Couer. L'Imprimerie à Perpignan.
LLOBET (Michel), frère ainé du précédent, né à Perpignan en 1577, épousa, le 22 janvier 1696, Marie-Thérèse Bresse, de Torreilles, qui lui apporta en dot une grande fortune. De leur mariage naquirent deux fils : Joseph, qui suit, et un garçon dont on ignore le nom de baptème. Michel Llobet fut officier des gardes du duc de Noailles. Demeuré veuf, il convola en secondes noces avec Honorée Bou. dont il n'eut pas d'enfants.
Archives de la famille.
LLOBET (Joseph de), fils du précédent, naquit à Torreilles, le 18 janvier 1703. Le 6 avril 1728, il contracta mariage, dans l’église de Vinça. avec Rose de Massia, fille d'Antoine de Massia, bourgeois noble de Perpignan et d'Emérenticenne Riu, de Vinça. De leur union sont issus : Emérentienne, femme de Joseph de Kennedy, baron du Boulou, Honorée, épouse de Jean-Baptiste de La Boissière, aide-major de la place de Perpignan, Marie-Thérèse, Michel, Joseph, Madeleine, Rose, Antoine et Josèphe. Joseph de Llobet fut ennobli par lettres-patentes. en’ forme de charte. données par Louis XV, à Versailles, au mois de juillet 1760. Il mourut le 29 de ce même mois, sans avoir vu l'entérinement de ses titres de noblesse. Ses armes portent: d'or, au loup ravissant de gueules : au chef d'azur, chargé de lrois éloiles à six rais d'argent.
Archives de la famille.
LLOBET (Michel de), fils du précédent, naquit à Perpignan. le 11 juillet 1736. Le 17 octobre 1770, il se maria, aux Cabanes de Fitou, avec Thérèse d'Auderic, de Lastours, qui lui donna sept enfants: Gabrielle, épouse de Jean de Gazanvola, Thérèse. femme de Jean-Raymond de La Nougarède, maire de Castelnaudary, Hercule, Joseph, Charles, Louise et Marie, morts sans postérité. Michel de Llobet de Massia fut présent aux séances de l’ordre de la noblesse du Roussillon, réunie en 1787 pour nommer ses députés aux Etats généraux. Il avait acquis, le 31 mars 1771, l'hôtel appartenant à de Saint-Affrique. lieutenant des armées du roi en Roussillon ; ce dernier l'avait précédemment acheté (12 septembre 1755) à la marquise Marie-Josèphe de Rebé. Michel de Llobet mourut à Perpignan. le 26 juin 1824.
Archives de la famille.
LLOBET (Hercule de), né à Torreilles. le 28 septembre 1735, épousa. le 27 février 1824, Emérentienne de Kennedy. De leur union naquirent quatre enfants. dont un seul, Joseph. survécut. Celui-ci épousa, le 25 janvier 1853, Gabrielle de Chefdebien de Çagarriga et laissa une nombreuse postérité.
Archives de la famille.
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LLONGUET — LLORENS 325
LLONGUET (Michel) était archidiacre d'Elne en 1587.
Archives des Pyr.-Or., G. 116.
LLORAN (Pierre) reçut, le 18 octobre 1623, provision de l'office de maître de la Monnaie de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 388.
LLORENS (François), orfèvre de Perpignan, vivait vers la fin du xvur° siècle.
Archives des Pyr.-Or., G. 270.
LLORENS, dont l'appellation patronymique était Carmell, originaire de Besalu, en Ampourdan, fut appelé par le baïilli de Millas, en 1618, pour reconnaître et dénoncer les sorciers et les sorcières dont on disait la province du Roussillon infestée. Cet imposteur assura que les personnes adonnées à la sorcellerie portaient toutes une marque à laquelle on pouvait aisément les reconnaître, et dont la forme, à peu près semblable à celle de la patte d'un coq, apparaissait sur leur épaule droite, à l’aspersion de quelques gouttes d’eau bénite. La renommée du dénonciateur s’accrut. De tous côtés la justice criminelle le requit pour l’aider à découvrir les sorcières. On en trouva partout. Le funeste résultat de ces absurdes et barbares investigations fut que durant les premiers mois de l’année 1619 on pendit un certain nombre de prétendues sorcières à Laroque-des- Albères, Sorède, Palau-del-Vidre, Banyuls, Millas, Ille, Néfiach et en d’autres endroits. Le nombre des victimes eut été sans doute plus grand, si l’'Inquisition de Barcelone n'eut réclamé le sorcier pour Île traduire à sa barre et l’'examiner à son tour.
Archives des Pyr.-Or.. G. 241. — p6 GazanyoLA, Hisloire du Roussillon. — Abbé J. Carrizze, Etude historique sur Millas.
LLORENS ou LLAURENS (Rose) naquit à Pézilla-de-la-Rivière en 1770, de Jean Llorens et de Anne-Marie Estèva, famille de braves cultivateurs. Elle avait vingt-trois ans lorsque la Révolution porta sa main sacrilège sur l'Eglise de France. Le dimanche 15 septembre 1793, le curé de Pézilla, Jacques Pérone, avait encore pu célébrer les offices de la paroisse et même faire la procession du Saint-Sacrement dite de la Minerve. Mais tout à coup l'orage gronda plus fort et Jacques Pérone fut obligé de fuir précipitamment. Arrivé à Saint-Féliu-d’Avail, il se souvintqu'il avait laissé des hosties consacrées dans le Tabernacle, et se tournant vers Pézilla, les veux baignés de larmes, il dit en soupirant : « Ah! que ne donnerais-je pas pour pouvoir retourner à Pézilla et y passer seulement un quart d'heure. » Rose Llorens avait entendu l’exclamation de Jacques Pérone ;
elle avait coinpris le sens du souhait formulé par ce prêtre et résolut de soustraire les saintes hosties à la profanation. Elle alla trouver le maire de la localité, Jean Bonafos, que le département des Pyrénées- Orientales venait de mettre à la tête de la municipalité. Elle le supplia de la seconder dans son dessein. Le 7 février 1794, Jean Bonafos, accompagné du témoin Pierre Boyer et de Rose Llorens, pénétra dans l'église et procéda à l'ouverture du tabernacle de l'autel. Il trouva quatre petites hosties, enfermées dans le ciboire, et une grande hostic. la même qui, ayant servi pour la procession de la Minerve, était demenrée placée dans le soleil de l’ostensoir. Jean Bonafos versa les quatre hosties dans un purificatoire qui se trouvait dans le tabernacle et les confia à Rose Llorens, avec la grande hostie dans la gloire de l’ostensoir dont le pied était sous les scellés dans la sacristie. Rose Llorens remit la grande hostie entre les mains de Thomase Bonafos, épouse du maire. Celui-ci la déposa lui-même, avec l’ostensoir, dans un coffre de bois qu'il ferma à clef et cacha ce coffre sous un plancher de sa maison, à côté de la voûte d'un four à cuire le pain. L'ostensoir et la grande hostie restèrent dans cette humble cachette depuisle7 février1794 jusqu’au 9 décembre 1800. Les quatre petites hoslies furent remises par Rose Llorens à sa mère, Anne- Marie Llorens-Esteva, qui les enferma immédiatement dans une armoire pratiquée dans la muraille. Sur le conseil de Joséphine de Romanya, religieuse du couvent de Saint-Sauveur de Perpignan. elles furent déposées dans le vase le plus précieux de la maison, un modeste compotier de cristal, et le vase lui-même fut enfermé dans un petit sac de soie rouge que l'on conserve encore. Si la maison de Bonafos ne pouvait pas recevoir d'adorateurs, celle de Rose Llorens fut ouverte aux personnes pieuses qui vou: lurent adorer leur Dieu caché sous les apparences des petites hosties. Deux fois avertie à temps queles révolutionnaires allaient fouiller sa maison, Anne- Marie Llorens dut confier son précieux dépôt à la veuve Anne Duchamp. l’espace d'environ un mois en deux fois. Une troisième fois, l’imminence du danger obligea Anne-Marie Llorens de cacher les quatre petites hosties pendant quelques heures. bien enveloppées avec le même purificatoire, aans un sac de farine. Hormis ces trois circonstances, Anne- Marie Llorens garda, jusqu’au 5 décembre 1800, les quatre petites hosties consacrées dans la même armoire, fermée à clef. Ce jour-là, Honoré Siuroles, vicaire de Pézilla-de-la-Rivière, rentré de l'exil, vint les retirer de la maison de Rose Llorens et les porta, avec le compotier de cristal. dans le tabernacle de l'église paroissiale. On put remarquer alors que le compotier de cristal, parfaitement blanc avant de l'employer, portait maintenant, dans l'épaisseur du
verre, des traces très apparentes de dorure qui s'agrandirent encore : Jésus avait doré lui-même le ciboire improvisé de la famille Llorens. Quatre jours après. le curé Jacques Pérone, revenu aussi de la terre étrangère, sur la demande de Bonafos. accompagné du maire Marc Estrade, qui avait été à la fois le prédécesseur et le successeur de ce dernier, vint retirer du coffre de bois, où il avait été caché pendant sept ans, l’ostensoir avec la grande hostie et le porta solennellement dans l'église, au milieu de l'enthousiasme général des habitants de Pézilla. Les témoins et les acteurs survécurent longtemps à ces événements : Jean Bonafos mourut le 5 novembre 1807, à l’âge de 50 ans ; sa femme, Thomase ‘Gally, mourut le 16 juillet 4818, à l'âge de 64 ans; le curé, Jacques Pérone, mourut le 31 janvier 1811, à 3 ans ; Anne-Marie Esteva, la mère de Rose Llorens, mourut le 29 novembre 1817, âgée de 85 ans. Celle qui en fut l'héroïne se maria vers 1802 à Pierre Colombier, et en eut deux fils connus : Pierre et Joseph. Rose Llorens, épouse Colombier, mourut à Pézilla le 28 octobre 1839, à l’âge de 69 ans. L'autorité ecclésiastique a fait au sujet des Saintes Hosties de Pézilla-de-la-Rivière, merveilleusement conservées depuis plus d’un siècle. plusieurs enquêtes officielles. Toutes ont abouti à constater la certitude de l'entière æt parfaite conservation des espèces sacramentelles et «le l'identité des hosties actuellement existantes avec celles que Rose Llorens sauvegarda, le 7 février 1794. La maison de Rose Llorens est encore bien conservée. On y voit de nos jours l'armoire qui, pendant la Révolution, servit de tabernacle aux quatre petites hosties. Au plafond de cette armoire on remarque la trace de la fumée de la lampe entretenue par la piété des fidèles de Pézilla en présence de leur Dieu caché. L'habitation de Bonafos a subi des modifications ; des réparations successives ont fait même disparaître le plancher et l’humble cachette de la urande Hostie. Le modeste ciboire de cristal, doré par Jésus-Christ, est précieusement conservé dans un magnifique reliquaire offert par M'"° Berthe Delcros de Mirman. L'ancienne église paroissiale. démolie, a fait place à un nouvel édifice religieux construit en style roman, majestueux et simple. Ce monument d'architecture a été béni et inauguré par Noël Gaussail, évêque de Perpignan. Le 30 avril 1893. Le 15 octo. bre suivant. cette église fut consacrée par le cardinal Bourret, évèéque de Rodez, assisté de plusieurs évêques et prélats. De la Bouillerie a écrit un cantique sur le Ciboire doré, et Jacinto Verdaguer un poème catalan. Lo Sol de Pézilla. | Augustin Vassarz, Histoire des Saintes-Hoslies secnlaires de l'ézilla-de-la-Rivière, Perpignan, sans date, Payret. — Abbé Focra DE Bonpas, Les Saintes-Hosties et le Ciboire doré de
Pézilla-de-la-Rivière, Paris, Tolra et Haton, 1863, — Abbé Philip. Visile aur Sainles-Hoslies de Pézilla, Paris, Tolra et Haton. 1869.
LLOT — LLOUBES
LLOT DE RIBERA (Michel), né à Claira en 1555, entra de bonne heure dans l’ordre de saint Dominique. Il fut professeur de théologie à l’Université de Perpignan, et était recteur de cette compagnie en 1586. [1 fut envové à Rome comme promoteur dans la cause de canonisation de saint Raymond de Pennafort. et il écrivit à cet effet : De laudabili vilä et de actlis haclenàs in curiû romanä pro canonizalione Fr. Raymundi de Peñafort, ad Clementem VIII P. M. Il a encore composé une Vie de la sœur Marie Raggi du liers-ordre de suint Dominique. Durant son professorat, il fit imprimer à Perpignan une Epilome seu collectio eorum omnium quæ n P. Lombardo sentenliarum magislro in suis quatuor libris conscripta reperiuntur. Mais ce qui rend surtout son nom célèbre aux yeux des Roussillonnais, c'est la dissertation catalane sur la relique insigne du bras de saint Jean- Baptiste que possède la cathédrale de Perpignan, qu'il a composée sous le titre: Dels miracles que lo Senyor ha obrals per medi de la santa reliquia del bras i ma esquerra del glorios san Joan-Balista. Cette même année (1591). Michel Llot fit aussi imprimer à Perpignan son Llibre de la translacio dels invincibles y gloriosos marlirs de Jesus-Chrisl Abdon y Sennen, y de la miraculosa aygua de la sancla lumba del monasiir de sant Benet en la vila d'Arles, un vol. in-12. Il mourut à Lérida, en 1607, étant prieur du couvent de son ordre dans cette ville.
ToRRES-AMAT, Diccionario crilico de los escritores calalanes. — Couer, L'Imprimerie à Perpignan.
LLOUBES (Jean - Jacques - Pierre) naquit à Perpignan, le 5 octobre 1783. Ses études classiques terminées, il entra dans le haut commerce où, par son zèle et son intelligence précoces, il ne tarda pas à se placer en première ligne parmi les négociants de sa ville natale. En 1809, il fonda une maison de banque à Perpignan, sous la raison sociale Lloubes et Auriol qui, depuis lors, a toujours progressé. Ses efforts furent couronnés de succès ; il acquit une belle fortune, fruit d'une carrière laborieusement remplie. Après 1830, sa capacité el ses connaissances administratives fixèrent sur lui l'attention de ses concitoyens, qui le nommèrent membre du conseil municipal de Perpignan et le réélurent constaniment durant plusieurs années. De 1825 à 1850, Jean Lloubes fut appelé spontanément par le suffrage des notables commerçants de cette ville aux fonctions de juge du tribunal de commerce, puis à celles de président. Dans ce laps de temps, une longue habitudeetune science approfondiele firent réélire quatre fois. C’est en cette qualité qu'il prononça un discours remarquable, le 3 octobre 1852, au Prince-Président. lors de son passage à Narbonne. Le 1° janvier 1853, Jean Lioubes fut nommé chevalier de la Légion
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LLOUBES — LLUCIA 397
d'honneur, en rémunération de ses importants ser- | vices, tant consulaires que municipaux. Il mourut | à Perpignan, le 25 avril 1863.
LaAcaINE et LauuenTt, Biographies et necrologies des hommes | marquants du XIX° siècle.
LLOUBES (Auguste-Jean-Jacques-Pierre- Napoiéon), fils du précédent, naquit à Perpignan, le 8 décembre 1811. Après avoir fait de fortes études classiques, il embrassa la carrière financière dans laquelle il ne tarda pas à se faire connaître avantageusement par sa perspicacité et une profonde connaissance des affaires commerciales ; aussi devint-il bientôt un des membres de l'importante maison de banque Lloubes et Auriol. Nommé membre du conseil municipal de Perpignan, appelé ensuite par le suffrage des électeurs notables de cette ville aux fonctions de juge du tribunal de commerce, il donnades preuves nombreuses de sa compétence. En août 1848, Auguste Lloubes fut désigné par le vœu de l'opinion publique pour remplir les fonctions de maire de sa ville natale. 11 fut investi de son mandat par décret du chef du pouvoir exécutif en date du 28 septembre de la même année, sur la proposition de Sénard, alors ministre de l’intérieur. La tâche était difficile et périlleuse ; Lloubes la remplit avec fermeté et tact ; il sut s’attirer les sympathies de tous les hommes d'ordre. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 10 décembre 1849. Lors des événements du 2 décembre où l’effervescence était à son comble, Auguste Lloubes déploya une fermeté inébranlable et un grand courage civique. Par des mesures sages et prévoyantes, il parvint à réprimer la fureur des démagogues. Le 12 avril 1851, l’ordre étant rétabli dans la ville, il donna spontanément sa démission, pour se livrer entièrement à ses affaires privées. Au mois d’août suivant, ses concitoyens le nomimèrent membre du Conseil général du département. En 1853, il fut placé à la tête de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. Auguste Lioubes occupa la présidence de cette association savante jusqu'à sa mort, survenue le 11 janvier 1866.
LACAINE et LAURENT, op. cit.
LLOUBES (Numa) consacra son temps et son activité aux intérêts agricoles du département des Pyrénées-Orientales. On trouve de lui dans la collection des bulletins de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire divers mémoires, entr'autres une étude économique sur les octrois qui contient d'intéressantes indications. Les travaux d'irrigation le préoccupèrent également. 1 collabora au journal le Progrès Agricole et Vilicole de Montpellier, fut rédacteur
en chef du Moniteur roussillonnais, journal agricole, et mourut à Perpignan en 1884.
\\VI" Bullelin de la Société Agricole, Scientÿfique et Lilléraire des Pyrénées-Orientales.
LLUCH (François de), religieux Augustin. pro.
fesseur de théologie à l’Université de Perpignan.
publia, en 1580, la Vida de S. Guillermo, confessor.
TonuEs-AMaT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.
LLUCIA (François-Xavier-Antoine de), fils d’Assiscle de Llucia et de Thérèse Tabaries, naquit à Perpignan, le 2 décembre 1752. Son père qui appartenait à une famille de riches mercaders avait été annobli le 16 juin 1761 et faisait partie des citoyens nobles de la ville de Perpignan. François-Xavier de Llucia fut nommé procureur-syndic du Tiers-Etat à l’Assemblée provinciale du Roussillon, en 1787. Comme on lattaquait à propos de ses fonctions de représentant du Tiers. il répondit que «fils d’un père nouvellement annobli, toute gloriole sur ce point eut été de sa part pour le moins ridicule » et se déclara fier d’un titre qu’il devait au suffrage de ses concitovens. Il apporta dans l'exercice de ses fonctions une activité passionnée. Llucia n'était point homme à se contenter d’un titre purement honorifique ; il se montra déjà partisan ardent des réformes, jaloux du pouvoir. et défenseur énergique des attributions qui lui furent confiées. Caractère entreprenant plus que résolu, intelligence vive, doué d'une grande facilité d'assimilation, d’une fievreuse activité, il fut le créateur et le directeur de la première période du mouvement révolutionnaire dans les Pyrénées-Orientales. H assista à l’Assemblée de la noblesse du Roussillon réunie pour la nomination des députés aux Etats généraux et Y prit une part active, comme secrélaire de l'Ordre. Le 23 mai 1790, François-Xavier de Llucia fut chargé des hautes fonctions de procureur-svndic du département, et garda cette charge jusqu'au 30 août 1791, date à laquelle il fut élu député à la Léwislative, le premier sur cinq, à la pluralité des voix. IT fil procéder à la vente des biens ecclésiastiques comme biens nationaux. prit l'initiative de la nomination de l’évêque constitutionnel Deville etexerça des mesures derigueurcontre les membresdu clergé roussillonnais, réfractaires à la Constitution civile. À l’Assemblée législative, Françcois-Xavier de Llucia siégea parmi les réformaleurs et se lia avec les principaux Girondins. Revenu en Roussillon, il fut élu. Le 16 septembre 1792. maire de Perpignan, à la place de Joseph Guiter, qui venait d'être envoyé à la Convenlion nationale. Nommé de nouveau procureur-général svndic par l’assemblée électorale qui se tint à l'église Saint-Pierre de Prades. les 42 et 16 novembre 1792. François-Xavier de Llucia
quitta, le 20 novembre, la mairie de Perpignan pour le Conseil du département. Il organisa la résistance contre l'invasion espagnole et se révéla par ses actes et sa correspondance comme un homme d’exceplionnelle valeur. Les lettres qu'il écrivit, en 1793. au ministre de la marine et à Lacuée, pour les éclairer sur la situation et pour réclamer des secours..témoiynent de sa perspicacité et de sa clairvoyance. Dénoncé comme suspect, François-Xavier de Llucia se rendit à Paris pour se justifier. Les dangers qui l'entouraient l’obligèrent à se cacher. Il dut dissimuler sa personnalité en vivant péniblement dans une librairie, située dans la rue Croix des Petits- Champs. n° 73.
Le 21 pluviôse an II, il fut décrété d'arrestation par ordre du comité de sûreté générale et il allait être emprisonné quand il mourut le 5 prairial suivant (25 mai 17%4). Sa mort fat certifiée par ses amis Joseph l'abre, représentant du peuple à la Convention, et Laurent Frizon, ancien administrateur des subsistances mililaires. On a prétendu que Llucia s'était suicidé pour se soustraire au jugement qui l'attendait. Rien dans les notes d'archives ne permet de l’affirmer. Ses papiers furent mis aussitôt sous scellés, à la requête des citoyens Collet et Voiribe, membres du comité de surveillance de la halle du blé. On n'y trouva rien de suspect et la succession fut alors déférée pour la forme à sa mère Thérèse Tabaries, veuve d’Assiscle de Llucia, qui, de Saint- Pons de Thomière (Hérault), où elle habitait. sollicita la levée des scellés. De nombreux créanciers s'y opposèrent; médecin. cuisinier, domestiques. n'étaient pas payés depuis plusieurs mois. Llucia, victime de la Révolution, après avoir consacré ses facultés et sa fortune à la défense de son pays, était mort sans ressources et avait dù engager chez un voisin, Antoine Patrichon, horloger, rue Croix des Petits-Champs, n° 1, jusqu'à sa montre en or avec cachet gravé à son chiffre. Dans l'inventaire du mobilier. il ne possédait en propre qu’un secrétaire de bois plaqué et quelques livres dont la prise fut faite par Michel Leboucher. libraire, rue Honoré, 453. Le nom de Llucia a été donné à une rue de Perpignan. François-Xavier de Elucia avait épousé, le 23 août 1772, Rose de Cremadells, veuve de NX. de Costa. Ï laissa une fille adullérine. Adélaïde. née en 1733, qui épousa, en 1801, Joseph Romain Clara. propriélaire à Thuir, el n'eut pas de descendance.
La famille de Llucia remonte par une filiation ininterrompue à Pierre Elucia qui vivait à Millas en 1446. Son petit-fils, Jean, né vers 1440, acheta en 1463 un domaine à Trouillas et s’y fixa. En 1706, deux branches subsistaient : l'ainée, représentce par Jean Llucia, bayle de Frouillas, qui avait épousé en 1635 Marguerite Terrats, d'où François, né en 1686. Celui-
LLUCIA — LLUPIA
ci épousa Raphaëlle Ginart et eut pour fils Assiscle de Llucia. Ce dernier, né en 1729, annobli le 16 juin 1764. testa à Perpignan le 14 mai 1765; il avait épousé Thérèse Tabaries en 1745 et eut pour fils François- Xavier de Llucia, qui précède.
La branche cadette était représentée par Raphaël Llucia, frère de Jean, qui s'établit à Perpignan, épousa Françoise Garrigo et eut pour fils Joseph Llucia, docteur es-lois, qui épousa le 21 mars 1719 Raymonde Vidal, d'où Raphaël de Llucia, qui suit.
RosenT, BouuLoron et Coucxy, Diclionnaire des Parlemenlaires. — Marcel SEcnier, L'Assemblée provinciale en Roussillon. — P. Vipas, Hisloire de la Revolution francaise dans les Pyrénées-Orientales. — SoneL, Les Girondins du Roussillon. — Abbé ToRREuLESs, Histoire du clergé dans le déparlement des Pyré-
nées-Orienlales pendant la Revolution française. — Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
LLUCIA (Raphaël de), cousin du précédent, né à Perpignan en 1721, est signalé comme procureur du roi à la commission générale du domaine en Roussillon, le 5 décembre 1749. Il fut, dans la suite, conseiller du roi et avocat général au Conseil souverain de Roussillon et se trouva annobli par sa charge. Il épousa en 1765 Marie-Thérèse de Garau et mourut en 1788, laissant un fils Joseph-Raphaël de Elucia, né à Perpignan en 1766. mort en janvier 1848. Celuici épousa, en 1809, Louise de Guanter, fille de Mariano de Guanter et de Madeleine de Banyuls. Sa descendance s’est éteinte dans les familles ci-après : Louise de Llucia, fille de Raphaël, épousa, en 1829, Jean de Rovira ; Balbine, la sœur cadette, épousa, le 10 avril 1834, Ferdinand de Lacroix, et Perpétue, la plus jeune, épousa, le 24 avril 1843, Gaspard de Cagarriga.
Archives des Pyr.-Or., B. 404. — Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
LLUPIA (Ermengaud de) était fils de Gaucerand de Céret et de dame Fina. En 1280. il fit des reconnaissances féodales en faveur de Guillaume de Castellnou pour le château ct la force du lieu de Montauriol-d'Amont ainsi que pour la moitié du château de Llupia dont l’autre moitié ctait possédée, parindivis, par son frère Arnald de Llupia. Le 6 novembre 1296. Ermengaud de Elupia ajouta à son patrimoine Île village de Bases que sa femme lui avait apporté en dot. Il avait une sœur, Sibille, qui était abbesse de l'Eula, en 1319, et deux frères : Arnald qui suit, et Simon qui mourut jeune. Ermengaud de Elupia laissa un fils. Hugues.
Archives des Pyr.-Or., B. 16, 73, 74, 112, 190, G. 22.
LLUPIA (Arnald de), frère du précédent, partageait avec lui les justices de Llupia dont Jacques I°, roi de Majorque, les avait simultanément gratifiés.
LLUPIA
Arnald de Llupia possédait aussi par indivis la moitié du château et du lieu de Maurellas; son frère Simon en détenait l’autre moitié. Son fils, du même nom que lui, demeura fidèle à la cause de l’infortuné Jacques I1, de Majorque. Considéré comme un rebelle, il se vit dépossédé de ses biens par le roi d'Aragon, qui en fit donation à Michel-Pierre Çapata et Jorda-Picrre d'Urries. Arnald de Llupia, second du nom, se retira à Clayra où sa descendance survécut. Un de ses petits-fils, Arnald de Llupia fut lieutenant du gouverneur de Roussillon, au commencement du xv' siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 16, 74, 97, 106, 190, 232, 234.
LLUPIA (Hugues dej), fils d'Ermengaud de Llupia eut trois fils: l’ainé qui porta le même nom que lui mais qui est plus connu sous le diminutif d'Huguet, Pons et Antoine, prieur d'Espira-de-l'Agly 1349-1369). Huguet de Llupia fit reconnaissance du fief de Montauriol-d'Amont à Jacques Il, en qualité de seigneur de la vicomté de Castelinou. A son tour, il laissa deux garçons : Raymond qui devint seigneur de Bages. Saint-Jean-pla-de-corts, La Bastide et Montauriol, et Hugues promu à l'épiscopat en 1379.
Archives des Pyr.-Or., B. 78, 105.
LLUPIA (Pons de), petit-fils d'Ermengaud de Llupia, fut conseiller du roi de Majorque, Jacques Il. Il épousa Bonet et leur enfant, François, servit aussi à la cour de ce monarque en qualité d'huissier d'arines.
Archives des Pyr.-Or., B. 95, 97, 116, 131.
LLUPIA (Raymond de) était fils d'Huguet de Llupia. Comme il possédait la seigneurie de Bages, il était aussi connu sous le nom de Raymond de Bages. Une charte de Jean !", roi d'Aragon, lui concéda le licu de La Bastide qu'il avait acquis par voie d'achat. En vertu d'un acte de vente conclu entre Raymond d'Ortafa et Raymond de Llupia, la puissance juridictionnelle sur le château de Saint-Jean-
Re ——
pla-de-corts passa aussi entre les mains de ce dernier.
chevalier. Le roi d'Aragon Jean | et son épouse Yolande avaient vendu à l’apothicaire roval. Etienne de Torre, trois mille cinq cents sols de rentes sur les licux de Prats-de-Mollo, Conat, Cortsavi et Montbaulo. L'acheteur les revendit quelque temps après à Raymond de Llupia. Martin [° attacha le seigneur de Bages à sa cour et eu fit son conseiller et son chambellan. Il l’autorisa à établir pendant cinq ans des impositions ou aides sur le pain, le vin, la viande, les grains et autres marchandises dans ses terres, pour subvenir aux réparations et à l’entretien des murailles et des fossés de ses châteaux seigneu-
riaux. Raymond de Llupia assista aux corts célébrées à Barcelone le 22 avril 1422 et mourut peu après. Il avait eu de son épouse Sibille un fils, Gaspard, qui lui succéda, et une fille, Barthélemine qui épousa Bérenger Batlle, chevalier de Rivesaltes.
Archives des Pyr.-Or., B. 156, 190, 202, 205, 216, 232, 240. 37%. — Abbé J. CaPeizre. La seigneurie de Saint-Jean-pla-de-corts.
LLUPIA (Hugues de), frère du précédent, fut nommé évêque de Tortose en 1379. Villanueva ne fait monter Hugues de Llupia sur le siège épiscopal de Tortose que le 4 février 1387. Cet historien commet une erreur de date : Guillaume de Torrelles, évêque de Tortose, étant décédé le 16 février 1379, Clément VIT désigna, dès le 26 mars suivant, Hugues de Llupia pour lui succéder. Les bulles pontificales de nomination apprennent que le nouvel élu était chanoine de Valence, licencié en droit et engagé dans l'Ordre majeur du sous-diaconat. De plus, Hugues de Llupia devait avoir un âge relativement Jeune, car on le voit fournir ensuite une longue carrière de quarante-huit ans dans l’épiscopat. Le 15 octobre 1388, ce prélat célébra un synode dans son diocèse. Il y établit la fête de l’Immaculée-Conception et prescrivit de la célébrer sous le rit double. Il décréta, en outre, que les heures des trois Fériesmajeures se clôtureraient par la récitation de l’oraison Respice quæsumus Domine, comme d'ailleurs la liturgie le pratique actuellement dans les églises, aux Offices de Ténèbres chantés pendant la Semaine Sainte. Hugues de Llupia promulgua un certain nombre de constitulions synodales, propres à sa cathédrale, durant les années 1390, 1393 et 1397. On les trouve conservées, au dire de Villanueva, dans les archives de Tortose. Après dix-huit ans d’épiscopat dans le diocèse de Tortose, Hugues de Llupia fut transféré, par Benoît XIIF, sur le siège important de Valence.
Au mois de novembre 1397, il v avait deux ans et demi, que Jacques d'Aragon, évêque de Valence. était mort. Le 28 de ce mois. Hugues de Llupia reçut de Benoît XIII les bulles qui le désignaient pour recueillir, à Valence, la succession du prélat défunt. Il ne tarda pas à convoquer un synode diocésain dans sa ville épiscopale : il adressait, au mais d'octobre 1400, une lettre à son clergé pour le prier de se rendre à ces assises ecclésiastiques. Partisan fidèle de Pierre de Luna, Hugues de Llupia se rendit, en 1408, au concile de la Réal. Son nom figure sur la
liste des Péres qui siégèrent aux sessions de cette
assemblée ; mais il ne paraît pas y avoir joué un rôle saillant. D'autre part. on sait que l’évêque de Valence avait publié, dans le courant de cette annéelà diverses constitntions liturgiques sur les Offices divins. On Îles rencontre citées ür-ertenso dans un
Bréviaire manuscrit de la Bibliothèque de l'église de Valence de l’an 1464. Villanueva les a reproduites dans le 4° appendice du tome [°° de son Viaje literario. Hugues de Llupia réunit encore des synodes dans sa ville épiscopale en 1422 et 1425 : les dispositions prises dans cette dernière assemblée ont trait à l’ordre des distributions faites dans l’église cathédrale. Il mourut le 1" avril 1427.
TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escritores catalanes. — VILLANUEVA, Viaje lilerario a las iglesias de España, t. T'et V. — Abbé J. CaPEiLe, Figures d’évèques roussillonnais.
LLUPIA (Gaspard de), fils ct héritier de Ravymond, épousa Marquesa. En 1427, il fut dans la nécessité de faire une cession de rentes sur les vallées de Prats et de Conat, comme aussi sur les lieux de La Bastide, Cortsavi et Montbaulo en faveur de l'aumône commune de Perpignan, pour solder de nombreux arrérages occasionnés par lenon-paiement des 33 livres 5 sols que cette œuvre de charité était en droit d'exiger des seigneurs de Saint-Jean-pla-decorts, depuis l’année 1211. Gaspard de Llupia eut un fils, Jean-Paul qui se trouvait en 1448, à Gênes. Le 4 août de cette année, il souscrivit une lettre de change, avec endossement de Ferrer Ram, Johan Lull et Nicolas de Llupia.
Archives des Pyr.-Or., B. 226, 229, 230, 240, 254, 405. — Abhé J. Caprice, La seigneurie de Saint-Jean-pla-de-corts.
LLUPIA (Nicolas de), chevalier, détenait la seigneurie de Canet, en 1463, au nom de Louis XI. [ne tarda pas à abandonner le parti français ; ses biens furent alors confisqués et attribués à Jean Le Bouteiller, homine d’armes.
Archives des Pyr.-Or., B. 283, 285, 302, 405.
LLUPIA (Gelabert de), damoiseau de Perpignan, refusa de reconnaitre la domination de Louis XI en Roussillon. Comme tel, il fut considéré comme rebelle, et une ordonnance de Jean Adam et de Jean de Cambray, procureurs royaux du monarque français, portée en 1476, mit ses domaines sous séquestre et les attribua à Pierre Ylari, homme d'armes. Gelabert de Llupia avait épousé en premières noces Jacmina. fille du chevalier François Ça Ribera. En 1494, il rentra de nouveau en possession de ses biens; il vendit, en 1507, sa maison située dans la rue de la Main-de-Fer, à Bernard Xanxo, mercader de Perpignan. Sur son emplacement et sur le terrain occupé par quatre autres maisons contiguës, ce riche commerçant perpignanais, construisit le magnifique hôtel gothique qu'on admire de nos jours dans la rue qui porte encore ce même nom. Gelabert de Llupia eut pour fils Pierre, son successeur. Celui-ci donna le jour à François-Gelabert qui vivait en 1513.
Archives des Pyr.-Or., B. 302, 411, 417.
LLUPIA
LLUPIA (Michel de), chevalier, fut attaché à la cour de Jean II, roi d'Aragon. Après l'engagement des comtés de Roussillon et Cerdagne à la couronne de France, Michel de Llupia porta un message que la reine d'Aragon avait envoyé à la Ville de Perpignan. Il était ambassadeur de Philippe-le-Beau, roi des Romains, en 1494. Des lettres de Sanchis Gabriel, trésorier du roi d'Espagne, expédiées en cette année, ordonnèrent de payertrois cents livres à Monseigneur Llupia, ambassadeur des Romains « por quanto Sa Alteza tiene necessidad y razon de tenerlo contento ». Michel de Llupia mourut peu de temps après, laissant un fils qui portait le même nom que lui.
Archives des Pyr.-Or.. B. 286. 342, 401. #14. — CALMETTE. Louis XI, Jean II et la révolution catalane, Toulouse, Privat, 190.
LLUPIA (Jean de), seigneur de Llupia et de Vilarmilar, s'opposa à la domination de Louis XI en Roussillon. Ses domaines donnés une première fois, par ce souverain, à Jean de Garric, furent ensuite distribués par Charles VIII entre Julien de Stor et Samson de Grime. Jean de Llupia eut quatre fils: Bernard, qui lui succéda, François, Jean et Thomas.
Archives des Pyr.-Or., B. 281, 293, 302, 326.
LLUPIA (Bernard de), fils aîné du précédent, est le fabulateur catalan qui inventa, en 1480, une soi-disant sainte Eulalie de Ruscino. Il écrivit, en style cicéronien et sous le pseudonyme d’Hausbert, un recueil de rapsodies historiques sur les populations primitives de l'Espagne et les origines chrétiennes du Roussillon. Bernard de Llupia afferma. le 20 juin 1508, à Barcelone, le droit de bulle de la laule ou banque de Perpignan, à raison de 750 parifics d'or par an. Charles-Quint le nomma, plus tard, châtelain du château royal de Segura. dans la vallée de Ribes. Bernard de Llupia avait épousé Anne: il eut d'elle un fils, Jean. qui fut son successeur à la tête de la seigneurie de Llupia.
Archives des Pyr.-Or.. B. 368. 378. 4IN. — ArnanT, Nolices luixloriques sur les communes du Roussillon. 1° série.
LLUPIA (François de), frère du précédent.
damoiseau de Perpignan. fut nommé d'office, par le procureur royal, le 3 octobre 1503, administrateur des biens de Marguerite, épouse de Guillaume- Arnaud de Château-Verdun, co-scigneur de la baronnie de Castellnou. Georges Batlle, de Rivesaltes. avait acquis, en 1451, la moitié de la baronnie de Castellnou, et sa fille Marguerite, s'était mariée à Guillaume de Château-Verdun. En 1539, leur fils François vendit ce fief à Galcerand de Phelippes. époux de Louise de Llupia. Celle-ci eut pour hérilier, en 1562, un de ses frères, Pierre de Llupia. A son tour, ce dernier laissa ses domaines à son second
LLUPIA
frère Charles, lequel acheta, en 1571, la seconde moitié des baronnies de Castellnou à Louis Canta, damoiseau de Perpignan, et devint le fondateur de la branche des Llupia, seigneurs de Castelinou. François de Llupia épousa Anne. De leur union naquit un fils appelé aussi François. Celui-ci fut le père de Louis de Llupia qui, s'étant marié à Marie d'Oms, fille de Jean d'Oms, seigneur de Corbère, apporta cette dernière seigneurie dans la maison de Llupia, sur le déclin du xvr siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 416, E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (François de), neveu du précédent et fils de Jean de Llupia, unit ses destinées à celles d'Angèle, fille unique et héritière du riche négociant roussillonnais, Bernard Xanxo. et de sa femme Elisabeth. Bernard Xanxo fit construire, vers 1510, l'éléant hôtel en style gothique que l’on admire encore actuellement dans la rue de la Main-de-Fer, à Perpiwnan. François de Llupia ayant été nommé, en 1535, procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne, établit sa demeure dans cette maison luxueuse. Elle servit d'habitation à ses descendants qui furent ses successeurs dans la même charge. Etle s’appela désormais la maison de mossen Llupia et la ruc porta aussi le nom de carrer del Procurador real. François de Llupia reçut, de Charles-Quint, une lettre qui conférait privilège de noblesse pour lui et ses descendants. En 1559, il se démit de son office en faveur de son fils Louis. Outre cet enfant, l‘rançois de Llupia avait eu, de son épouse, deux filles : Lucrèce, mariée à Galcerand de Vallgornera, et Elisabeth, femme de François Grimau.
Archives des Pyr.-Or., B. 357, 36S, E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (Thomas de), frère du précédent, fut abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Pierre de Rodes, dans le diocèse de Gérone. Il se livra d'abord à L'industrie métallurgique. En 1559, il exploita, en compagnie de son neveu Gaucerand de Vallgornera et de Jean-Lazare Borras, professeur de médecine à Perpignan, des gisements argentifères découverts sur le territoire des Bains d'Arles, au lieu dit « Côte des Amandiers ». Des provisions de Philippe IT conférèrent ensuite à l'abbé Thomas de Llupia la châtellenie de Salces. avec jouissance des revenus du four banal de cette localité. Dès avant 1570, le petit-fils de Bernard Xanxo était aussi devenu armateur. L'abbé Thomas de Llupia avait équipé une galère appelée « galera Lupiana » qu'il commandait en personne et qui faisait la traversée de la Méditerranée. Elle échoua une fois près de Mélilla (Maroc). A la mort de l'abbé Thomas de Llupia, survenue en 1:80, ce navire, dont l'équipage se composait de quatrevingt-quatre esclaves ou forçats. devint la propriété
de son petit-neveu, Gabriel de Llupia. Plus tard, il fut acquis par la couronne d’Espagne. Thomas de Llupia, qui fut remplacé à la châtellenie de Salses par Hortensio Armengol, fut inhumé dans la chapelle de Notre-Dame dels Correchs, située dans le vieux Saint-Jean de Perpignan, et où se trouvait le caveau de sa famille. Il eut pour héritier son neveu, Louis de Llupia, procureur royal.
Archives des Pyr.-Or., B. 375, 378, 430, E. (Titres de famille),
LLUPIA (Louis de), neveu du précédent, était fils de François de Llupia, procureur royal, et d'Angèle Xanxo. Il se trouvait encore dans sa minorité, lorsqu'une ordonnance de Philippe IL, de l’année 1559, l'éleva à la charge de procureur royal de Roussillon et de Cerdagne, à la place de son père, démissionnaire en sa faveur. En attendant l’âge de sa majorité, la régence de cet office fut exercée par Scipion de Vallgornera. Louis de Llupia assista aux corts de Monçon, convoquées par le roi d'Espagne. Dans la lettre de convocation qui lui fut adressée par Philippe I], ce souverain lui ordonnait de préparer et de présenter aux corts les comptes de son administration. Sa gestion ne fut pas dans un état de prospérité, car son fils et successeur, Gabriel de Llupia. demanda au roi un délai de douze ans pour solder au trésor les arrérages dus par son père. Louis de Llupia mourut, à peine âgé de cinquante ans, en 1589. Il fut enseveli dans le caveau de la famille Xanxo, creusé sous la chapelle de saint Bérenger, située dans l'église Saint-Jacques de Perpignan. Louis de Llupia s'était marié à Yolande de Saragosse. Quatre enfants étaient issus de leur union : Gabriel et Jean qui furent successivement procureurs royaux ; Marie. épouse de Gaspard Tord, baron de Tresserre et Villemolaque, et Angèle, qui se maria à François Ballaro.
Archives des Pyr.-Or., B. 367, 36K, 378, E. (Titres de famille),
LLUPIA (Gabriel de), fils ainé du précédent, embrassa, jeune encore, la carrière des armes. En 1515, il s'enrôla dans la flotte de don Juan d'Autriche, qui mouillait dans les eaux de la Méditerranée, et passa en Italie. Gabriel de Llupia demeura trois ans sous les ordres du vainqueur de Lépante. Le 5 février 1580, son oncle, l'abbé Thomas de Llupia, vint à décéder. Gabriel de Llupia prit alors le commandement de la galère Lupiana. Durant l'hiver de 1581, il s'embarqua sur le galéon San-Phelipe et servit sous les ordres du capitaine-général Alvaro de Baçan. marquis de Santa-Cruz. Il prit une part active aux expéditions entreprises par Philippe IL, successivement contre le Portugal et contre la France.
Gabriel de Llupia fut le premier de la flotte espagnole qui mit pied à terre pour monter à l'assaut des fortifications et des retranchements de l'ennemi. Son père, Louis de Llupia, procureur royal de Roussillon et de Cerdagne, étant mort en 1589, le roi d'Espagne lui offrit la succession de cette charge. Gabriel de Llupia se dessaisit alors de la galère Lupiana en faveur de la couronne. Pour l’indemniser, Philippe TI lui fit cession, le 43 mars 1606, de de la seigneurie de Conat, des revenus de Prats-de- Mollo et des scrivanies de la viguerie de Roussillon et Vallespir, ainsi que de celles du bailli de Perpignan. Le souverain lui accorda un délai de douze ans pour solder au trésor les arrérages dus par son père ; les premiers membres de la noblesse catalane, Balthazar d'Oins, Séraphin dez Vivers, Galcerand de Sent-Menat. son frère, Jean de Llupia, et son cousin, Bernard de Llupia, fournirent caution pour assurer au nouveau procureur royal la possession de son office. Au début de son administration, Gabriel de Llupia ne respecta pas les libertés et les immunités ecclésiastiques. L’évêque d’Elne, François Robuster y Sala, porta contre lui une sentence d'excommunication, et le 28 juin 1593, on vit le procureur royal, entouré de ses officiers subalternes, debout, aux pieds du maïître-autel de Saint-Jecn, à Perpignan, écouter, la tête découverte, l’arrèl canonique porté contre lui et ses agents. En 1613, Gabriel de Llupia unit ses destinées à celles de sa nièce, Françoise de Ballaro de Llupia, la fille de sa sœur Angèle. Les dispenses d’empêchement de consanguinité avaient été accordées par le pape Paul V et rendues exécutoires par l'official du chapitre d'Elne. On s’'aperçut plus tard d'un vice de forme survenu lors de la fulmination du document pontifical, qui aurait dùû être notifié aux intéressés par l'évêque et non par la chambre de l’officialité capitulaire. On recourut de nouveau à Rome, et, en 1621, Grégoire XV porta absolution de Gabriel de Llupia et de sa nièce, devenue son épouse. Le 11 octobre 1615, Gabriel de Llupia fut nommé Gouverneur intérimaire des comtés de Roussillon et de Cerdagne, en remplacement de Guillaume de Ivorra, décédé. Il exerça durant un an ces hautes fonctions, jusqu'à la nomination de Christophe de Gallart y Traginer au poste de Gouverneur de Roussillon. Durant le temps qu'il passa à la tête du gouvernement civil de la province, Gabriel de Llupia se fit remarquer surtout par un trait de dévouement et de généreux désintéressement. En 1616, vingt-deux compagnies de soldats espagnols arrivèrent à Collioure, dénuées de ressources et décimées par la maladie. Pendant trois mois, Gabriel de Llupia les ravitailla et les entretint à ses frais. procura deux cents lits aux malades. Plus tard, Philippe II fit à Gabriel de Llupia une offrande de
LLUPIA
quatre mille ducats pour le récompenser de son geste de patriotique générosité. En 1621, ce prince nomma Gabriel de Llupia à l'office de lieutenantgénéral en Roussillon, Cerdagne et dans l’Ampourdan. Il lui confia en même temps le commandement du château majeur de Perpignan qui était réduit à la dernière extrémité. Dans le but de remédier à cette lamentable situation, Gabriel de Llupia
‘ dépensa en un an plus de six mille écus, de ses pro-
pres deniers. Le 14 août de cette même année, il perdit son fils unique, Thomas. Lui-même ne tarda pas à descendre dans la tombe. Ses obsèques magnifiques furent célébrées dans l’église Saint-Jean de Perpignan, le 21 octobre 1623. Son corps. revêtu de la bure franciscaine, fut provisoirement déposé dans le caveau de famille, creusé sous la chapelle de Notre-Dame dels Correchs, au vieux Saint-Jean. En exécution de ses dernières volontés, il fut plus tard transféré dans la chapelle de Sainte-Gertrude, nouvellement édifiée dans l’église des Dominicains de Perpignan. Gabriel de Llupia fit, entre autres œuvres de bienfaisance, un legs de mille réaux pour entretenir deux lampes dans la chapelle de Saint-Gaudérique, à l'abbaye de Saint-Martin du Canigou. A sa mort, il ne laissa qu'une fille, Marie, religieuse au couvent de Sainte-Claire, à Perpignan. Sa veuve, Françoise, convola deux ans plus tard (1625) en secondes noces avec son cousin-germain, Gabriel de Llupia, fils de Jean de Llupia. Celui-ci succéda à son frère dans la charge de procureur royal.
Archives des Pyr.-Or.. B. 375, 378, 380, 384, G. 241, E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (Jean de), frère du précédent, suivit aussi le métier des armes. Le 25 juillet 4514, le capitaine-général de Catalogne lui donna commission de chef de guerre des habitants de Castellnou, Camélas, Oms, Prunet, Tallet, La Bastide. Saint-Marsal, Bellpuig, Bula-demont. Cortsavi. Serrabona, Candell, Santa -Coloma et Casafabre, pour repousser les incursions des huguenots à la frontière de France. Lors de l'attaque de Perpignan, par Alphonse d'Ornano, en 1597, Jean de Llupia combattit aux côtés du Gouverneur de Roussillon, Jérôme d’Argensola. Il avait aussi rempli les fonctions d'alcayd du château d'Elne. À la mort de son frère Gabriel. Jean de Llupia fut désigné pour son successeur par le roi Philippe IT. En 163%. il se rendit à Barcelone, auprès de Michel Rodo, ancien archiviste de la Procuration royale, qu'on avait jadis chargé de la mise en ordre et de la confection de la rubrique des archives du Domaine. Le roi avait attribué à cet érudit travailleur la somme de mille ducats qui n'avaient pu lui être payés, parce que la caisse du Domaine était à sec. Dès lors Michel Rodo s'était retiré à Barcelone.
LLUPIA
détenant par devers lui le précieux inventaire des archives de la Procuration royale. Jean de Llupia
l'ayant visité, lui paya six cents réaux, de ses propres
deniers, moyennant lesquels Michel Rodo lui fit la remise du Libre ou Index et Rubrica general del arxiu del Real Patrimoni. Jean de Llupia fit son testament en 1644. D’après ses dernières volontés, son cadavre aurait dû être déposé dans la chapelle de Saint- Raymond de Pennafort, de l’église des Dominicains de Perpignan; maïs Jean de Llupia ayant adopté le parti espagnol, se retira à Barcelone, où il mourut en 1657. Il avait épousé Marie de Pagès, sœur de Gaudérique de Pagès, seigneur de Saint-Jean-pla-decorts. De leur union naquirent: Gabriel, qui lui succéda ; Michel, prieur de Notre-Dame de Lledo et paborde du Vilar ; Marguerite, épouse de Vincent de Magarola ; Emérentienne, femme de N. Réart ; et Oronsia, religieuse du couvent de Sainte-Claire. à Perpignan.
LLUPIA (Gabriel de), fils aîné du précédent, fut nommé à l’alcaydie du Castillet de Perpignan, avant de devenir substitut du Procureur royal, Jean de Llupia, son frère (20 février 16361. Il figura avec le grade de « mestre de camp » dans l’armée de Dalmace de Quéralt, levée au mois d'août 1639. Il adopta le parti de l'Espagne et se retira à Barcelone. Le 8 novembre 1653. ses biens ainsi que ceux de son fils Emmanuel furent donnés à Joseph de Biure de Margarit, marquis d'Aguilar. Les domaines de son père furent attribués à Isabelle Dulac, épouse de Pierre La Cavalleria. Celle-ci posséda, à ce titre, l'hôtel de la rue de la Main-de-Fer. Devenue veuve, elle convola en secondes noces avec Pierre Talon, surintendant et commissaire-gwénéral des vivres des armées de France. Le 10 avril 1660, lors du séjour que Louis XIV ct sa cour firent à Perpignan, la Reine-MGre Anne d'Autriche occupa la maison des Llupia. à la façade ornementée dans le strle gothique fleuri. Le roi logea dans la maison Bosch, occupée plus tard par le Gouverneur de la province. sur la place de la Eaine, la place d'Armes actuelle. Gabriel de Llupia avait épousé, en 1625, Françoise Ballaro, sa cousine-germaine. veuve d'autre Gabriel de Llupia, oncle respectif des deux parties, qui étail décédé deux ans auparavant. 1leut d'elle un fils, Emmanuel.
Archives des Pvr.-Or., B. 388, 390, 394, 445, E. (Titres de faille), 401. — Anacox, Le Roussillon auc premiers temps de son annerion à la France.
LLUPIA (Emmanuel de), fils du précédent, retiré à Barcelone avec sa famille, après la prise de Villefranche (16:52), vit ses biens du Roussillon confisqués,
le 8 novembre 1653 et attribués au marquis d’Aguilar. En 1674, il commandait un corps de troupes espagnoles, sous les ordres du duc de San-Germa, viceroi de Catalogne. Celui-ci ayant pénétré dans le Vallespir, attaqua vainement le fort des Bains, dans la nuit du 5 au 6 juin 1674: il fut repoussé par le commandant napolitain Jean Pignatelli, au service dela France. Emmanuel de Llupia était établi à Arles-sur- Tech avec cinq cents soldats et une nuée de miquelets, prêt à pénétrer en Roussillon, lorsque l’avortement de la conspiration de Villefranche l’obligea à retourner en Espagne. Dans les dernières années du xvu' siècle, il soutint un procès contre \Marie-Angèle d'Alemany y Fontanella au sujet de la seigneurie de Conat. Il portait alors les titres de chevalier d’Alcantara, de conseiller de Sa Majesté Catholique et de vice-gouverneur de la Principauté de Catalogne. Ce procès eut son dénouement tardif dans un arrêt du roi, en date du 12 janvier 1773 ordonnant le retour à la commune de la seigneurie de Conat dont Antoine d'Ortafa d’Alemany de Ros, chevalier, ancien capitaine de cavalerie au régiment de Noaïlles. demeura le seigneur engagiste. En 1698, Emmanuel de Llupia commandait l'artillerie espagnole, et son fils Jean était vice-gouverneur de Catalogne.
Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (François de), fils de Louis de Llupia et de Marie d'Oms, damoiseau de Perpignan, était commissaire des chasses en 1596; mais il ne tarda pas à se démettre de cette fonction. En 1600, il prit possession de la seigneurie de Corbére, fief dont sa mère, fille de Jean d'Oms avait hérité. D'un premier mariage, François de Liupia avait un fils Jacques. Une fois veuf, il convola en secondes noces avec Hélène de Tamarit qui lui donna un autre garçon, Pierre, et une fille, Françoise. François de Llupia mourut en 4610, laissant la seigneurie de Corbère à son fils aïné, Jacques. Celui-ci qui était aussi sciwneur de Villeneuve-de-la-Raho, mourut en 1633, sans enfants mâles. Son frère Pierre recueilli sa succession, mais ne tarda pas à descendre dans la tombe. Pierre de Llupia légua ses biens en héritage à sa sœur Françoise, épouse de François Ça Cirera. retiré à Barceione. Celui-ci fut le confident du vice-roi de Catalowne, San-Germa, et son agent le plus actif dans les affaires des conspirations roussillonnaises qui suivirent le Traité des Pyrénées. François Ça Gicera vendit le château et la seigneurie de Corbere à Joseph de Caramany, moyennant 9.000 doubles.
Archives des Pyr.-Or.. B. 616, 437, HN, E. (Fitres de famille), 401.
LLUPIA (Jean de), fils de Bernard, seigneur de Llupia et de Vilarmilar, succéda à son père. Il avait épousé Marguerite. ct celle-ci était déjà veuve en
1537. Son fils aîné, Pierre, hérita de la seigneurie de Llupia et de Vilarmilar, et ajouta à ses domaines, en 1539, la moitié des baronnies de Castellnou que lui légua sa sœur Louise, veuve de Galcerand de Phelippes. Décédé à son tour en 1562, sans descendance mäle, Jean de Llupia donna ses fiefs à son frère cadet ‘Charles.
Archives des Pvr.-Or.. E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (Charles de), frère du précédent, seigneur de Llupia, de Vilarmilar et de la moilié des baronnies de Gastellnou. acquit en 1571, de Louis Canta, la seconde moitié des domaines de Castellnou.Ïlse maria à Yolande et eut d'elle cinq enfants: Jean, Charles, Gaspard. Anne. épouse de Pierre de Solanell. et Sigismonde.
Archives des Prr.-Or., E. (Titres de famille), 404.
LLUPIA (Jean de), fils ainé du précédent, possédait les seigneuries de Llupia. Vilarmilar et Castellnou. en 1580. Le 21 janvier de cette année-là, Michel de Vilanova, baron de Molitg et Bernard Réart. quatrième consul de Perpignan, se dirigèrent vers le Conflent avec le somalent pour mettre un lerme au grand bandol du seigneur de Nyer qui tenait assiégés dans Catllar Gaspard et Jean de Llupia,
avec leurs gens. Le baron de Molitg arriva, comme
il put, avec deux cents hommes, en vue de Catlilar ; les assiégés firent une sortie pour se joindre à lui, et tous ensemble tombèrent sur les gens de Nyer, près du pont de Prades. « Bien valut la nuit qui les sépara, dit le chroniqueur (Mémoriaux de Saint-Jean de Perpignan). car il y eut une centaine de morts sans compler une infinité de blessés qui ne survécurent que deux ou trois jours. » Jean de Llupia épousa Jéromine Joli, dame de Pia, qui mourut en 1618, sans lui avoir donné d'enfants. Sa sœur Emérenlienne, épouse de Guillaume d’'Oms revendiqua à Jean de Llupia la dot de sa femme ; le différend se clôtura par une transaction à l'amiable. Jean de Llupia était déjà décédé en 1620. Son frère Charles, épouse d'Isabelle Ballaro, qui recueillit sa succession, le suivit dans la tombe l’année suivante. Il ne laissait pas non plus de descendance ; c'est pourquoi les seigneuries de Elupia. Vilarmilar ct Castellnou passérent en la possession de son troisième frère, Gaspard de Liupia.
Archives des Pyr.-Or., G. 240, E. (Titres de famille), 401.
LLUPIA (Gaspard de), frère des deux précédents, embrassa la vie militaire. En 1615, il était châtelain de Bellver. et à la mort de son parent Gabriel de Llupia, survenue en 1623, il fut nommé à sa place lieutenant du capitaine-général de Catalogne. Il recueillit aussi la succession de ses frères à la tête
LLUPIA
des seigneuries de Castelinou, Llupia, Vilarmilar et Bellpuig. Il épousa, en 1623, Magdelcine, veuve de Jean de Vilanova. baron de Molilg, Deux fils naquirent de leur union: Gaspard, l'ainé, qui, après avoir été l'héritier des fiefs scigneuriaux, mourut en 4641, sans enfants, cttransimit par testament tous ses biens à son frere, el Charles. Gaspard de Llupia décéda le 28 octobre 1634, el fut enseveli dans la chapelle des Saints-Innocents. à Barcelone.
Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 408.
LLUPIA (Charles de), lils cadet du précédent, recueillit, n'étant qu'impubeére., en 1641, la succession de son pere et de sou frère Charles, à la tête des scigneuries de Llupia, Vilarmilar, Castellnou et Bellpuisr, auxquelles il ne tarda pas d'adjoindre celle de Paracols (Molita). Cette dernière Jui parvint, par voie d'héritage, de sa mère Magdeleine, veuve en premières noces de Jean de Vilanova, lequel n'avait laissé qu'un fils, Joseph, décédé sans descendance. Au mois d'octobre 1649, Charles de Llupia dicta son testament, à l'occasion d'un voyage qu'il se disposait à effectuer à Rome, l'année suivante, pour gagner le Jubilé de l'Année sainte. Il v exprimait la volonté d'être inhumé dans la chapelle Saint-Thomas de l’église de Llupia, où se trouvait le tombeau de famille. Il donnait ordre à ses héritiers de transporter dans ce même caveau les ossements de son père Gaspard. En outre, Charles de Llupia voulait qu'on luiélevât un mausolée en marbre blanc, identique à celui des comtes de Perellos, érigé dans le couvent de Saint-François de Perpignan. Le monument devait être surmonté d’une statue représentant un chevalier équipé aux armes de Llupia. Mais la politique et la guerre en décidèrent autrement. Charles de Llupia prit parti contre la France, lors des événements qui amenèrent la conquête du Roussillon, et ses biens déjà mis sous le séquestre par Louis XIV, furent confisqués à diverses reprises : une première fois en 1653, au profit d'Isabelle Dulac, veuve de Pierre de La Cavalleria, épouse en secondes noces de Pierre de Talon ; une deuxième fois, en 1667, en faveur de Diego Rodrigue, marchand de Bayonne, puis en 1668. en faveur du baron de Monclar. Les seigneuries de Llupia, Vilarmilar. Castellnou. Bellpuig et Paracols. furent restituées à Ange-Charles, fils de Charles de Llupia, sur la fin du xvn' siècle. Charles de Llupia avait épousé Emmanuelle de Roger et avait eu d'elle cinq enfants : Philippe, mort en bas-âge ; Thomas, religieux de l'ordre de Saint- Benoît ; Ange-Charles, son successeur ; Joseph et François.
Archives des Pyr.-Or.. B. 394, E. (Titres de famille), 401. — ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 1% série.
LLUPIA — LOMAGNE
LLUPIA (Ange-Charles de), fils du précédent et d'Enimanuelle de Roger, fut créé marquis par le roi d'Espagne. Lui et ses descendants se fixèrent définitivement en Calalogne et possédèrent toutefois, jusqu’en 1789, les baronnies de Llupia, de Castellnou et de Paracols, avec les lieux de Molitg et de Coma.
ALART, OP. Cül.
LOAZES (Ferdinand de), natif d'Orihuela.
était Inquisiteur à Barcelone lorsqu'il fut promu à l'évêché d'Elne, le 5 mai 1542, en remplacement de Jérôme de Requesens, transféré sur le siège de Tortose. Dans un registre de l'évêché d’Elne, il se trouvait qualifié de docteur en l’un et l’autre droit, ainsi que d'Inquisiteur de la Principauté de Catalogne et des Cointés de Roussillon et de Cerdagne. Le 13 juillet de cette année, Ferdinand de Loazes prit possession de son évêché par procureur et prêta le serment d’usare, le lendemain. Ïl fit son entrée solennelle à Perpignan, le 10 juin 1543. Le chapitre d'Elne lui fit la remise d'une somme de 270 livres pour l’acquisition de la chapelle et d’une chape que, de temps immémorial, il avait accoutumé d'offrir au nouvel élu, comme don de joyeux avènement. Peu de temps après, Ferdinand de Loazes fut transféré sur le siège épiscopal de Lérida, dont il prit possession, Le 23 janvier 1544. Ce prélat célébra un synode à Monçon, le 20 avril 1545, puis remplit des missions diplomatiques à l'étranger. Durant son absence hors du diocèse, Benoît Sabater. évêque de Philadelphie, son coadjuteur, Le suppléa dans ses fonctions pontificales. Ferdinand de Loazes tint à Lérida, le 19 janvier 1550. un autre synode diocésain qui dura trois jours. Son administration fut traversée par des difficultés d’ordre canonique qui furent suscitées par les membres du chapitre de sa cathédrale. Le 23 août 1551, l'évéque de Lérida se rendit aux sessions du concile de Trente, et le 1” mai 1553, le pape le transféra sur le siège de Tortose. Ferdinand de Loazes administra ce diocèse durant l'espace de sept années. Le 5 avril 1560, il fut élevé par Pie IV sur le siège archiépiscopal de Tarragone. Après avoir assisté aux corts de Monçon, en 1563, Ferdinand de Loazes tint un concile à Barcelone. le 30 août 1564. C’est en cette assemblée de prélats de la province ecclésiastique, qu'il fut décidé que le diocèse d'Elne serait agrégé de nouveau à la métropole de Tarragone. Pie V envoya à Ferdinand de Loazes le titre de patriarche d’Antioche. Ce prélat fonda à Orihuela, son pays d'origine. un couvent de religieux Dominicains. Transféré à Valence, en 1567, Ferdinand de Loazes mourut le 28 février de l'année suivante.
Archives des Pvr.-Or., G. 24. — VintaatE vs, Fiaje lilerario 4
das iglesias de España, À 1, XV, XVII, NX. — Purccaxt, Calalogue biographique des évéques d'Elne.
LODRIGO (Raymond), peintre de Perpignan.
Le nom de Lodrigo est la forme catalane encore usitée en Roussillon, au xv° siècle, pour le prénom de Rodrigue, et le peintre qui le portait et en avait fait un nom de famille, est aussi quelquefois appelé Rodrigo. On le trouve mentionné pour la première fois dans un acte du 27 novembre 1276, par lequel il empruntait, de concert avec son fils Jacques et Bérenger Ermengau, peintre, son gendre, une somme de 137 sols 6 deniers barcelonais au juif Jacob de Montpellier. Îl devait être alors d'un âge assez avancé. el on peut le considérer comme un des plus anciens peintres connus de la ville de Perpignan. Raymond Lodrigo mourut l'année suivante, puisque le 22 septembre 1277, il fit donation de ses droits sur une maison sise au Puig de Saint-Jacques, à son fils Jacques. et celui-ci dit son père déjà décédé le 7 novembre suivant.
ALART, Noles hisloriques sur la peinture et les peintres rous-
sillonnais, dans le XIX° Bulletin de la Société Agrivole, Srientifique el Lilleraire des Pyrénées-Urientales.
LODRIGO (Jacques), peintre de Perpignan, fils et héritier du précédent. ne s’altribuait pas encore la qualification de peintre, après le décès de son père, le 7 novembre 1277, en donnant procuration à un coutclier de Béziers, pour recouvrer une somme de 17 sols de Malgone, dus à sa famille par Pons de La Balme, habitant de cette ville. Toutefois, il cxerçait la profession de peintre, d’après un acte du 17 fé. vrier 1279, par lequel il affermait pour quatre ans à Saurine Gros un ouvroir ou boutique qu’il possédait au Puig de Perpignan. Jacques Lodrigo est encore mentionné comme peintre vivant en cette ville, à la date du 26 août 1286.
ALART, Op. Cil.
LOMAGNE (Joseph) naquit à Perpignan, le 47 octobre 1803. Les heureuses dispositions musicales qui devaient faire de lui un maître accompli, se révélèrent dès son enfance. À peine entré dans la vie, toutes ses aptitudes semblérent se concentrer vers un point unique: l’art musical pour lequel il négligea même ses études classiques. De bonne heure, Lomagne fut jugé capable d'adopter un instrument. Il choisit la flûte ; mais il dut y renoncer ; la fatigue l'y obligea. Il apprit alors le violon. M. Coste, maître de chapelle à la cathédrale de Perpignan, lui enseigna les premières leçons de cet instrument de musique. En 1817, on avait fondé à Perpignan une société [vrique au sein de laquelle il fit ses premières armes. de pair avec Jacques Gallay. Il s’y fit tellement remarquer que, sur le conseil de plusieurs virtuoses. son père se décida à envoyer Joseph Lomagne à Paris, afin de développer son
talent naissant. Son vieil oncle, Honoré Valant, le conduisit chez Kreutzer. Ce dernier ne l’eut pas plus tôt entendu jouer de son instrument, qu'il l’admit
dans la classe de musique qu'il dirigeait lui-même
au Conservatoire de Paris. Joseph Lomagne quitta bientôt l’Académie royale pour retourner à Perpignan. À partir de cette époque, Lomagne occupa diverses situations honorifiques. Il fut appelé en qualité de chef d'orchestre au collège de Sorèze où il demeura quelques années. De là. il passa aux grands théâtres de Nimes et de Bordeaux avec le titre de premier violon-solo. Joseph Lomagne aurait pu prétendre à des emplois plus lucratifs encore, si l'attrait du pays natal n'avait été pour lui irrésistible. Il revint dans le Roussillon en 1836. Lomagne se voua dès lors à l’enseignement de la musique et fut assez heureux pour créer le Conservatoire de Perpignan. Cet établissement ouvrit ses cours au mois d'août 1848. Il fut jusqu'au jour de la mort de son fondateur l'objet de sa plus constante et de sa plus vive sollicitude. Pendant vingt-six ans, Lomagne déploya son talent et son énergie dans l’œuvre de l'éducation des musiciens et des instrumentistes perpignanais. Les succès couronnèrent ses efforts et plusieurs virtuoses roussillonnais furent redevables à Lomagne de leur formation et d'une bonne part de leur gloire. Entre temps, Lomagne se livra à la composition musicale. Il écrivit un grand nombre d'œuvres, de genres divers, parmi lesquelles on cite les suivantes :
La Maronile, opéra en cinq actes ;
Messe à trois voir, composée en 1850 et exécutée à la Réal, en présence de M. Batton, inspecteur-général des écoies de musique de France ;
Slabal mater avec soli et chœurs ;
Recueil d’études pour le violon ;
Diverses compositions religieuses, entre autres des psaumes, des vêpres du dimanche, des cantiques, un Chemin de croix ; |
Trios et quatuors pour instruments à cordes ;
Fantaisies el airs variés pour le violon.
Joseph Lomagne mourut à Perpignan, le 30 juil-
let 1868.
Emile NÉGnix, Histoire de J. Lomagne, violoniste. compositeur, direcleur du Conservaloire de musique de Perpignan, Toulouse.
S5N, in-12. — FéTis. Supplément à la Biographie universelle des musiciens. — Journal des Pyrenees-Orientales, année 1K6$. n° 39.
LOPEZ DE MENDOZA (François), maitre en théologie. chanoine de Valence, inquisiteur et consulteur. fut institué évêque d'Elne par une bulle pontificale émanée de Rome en date du 30 août 1627. I fit son centrée solennelle dans Perpignan, le 4 juin 1628 ; le 15, il prêta son serment par procureur, à la communauté des prètres de Saint-Jean. Le 7 février 1629, François Lopez de Mendoza rendit un
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