LOPEZ — LORIS
grand service à la ville de Perpignan, das une circonstance critique. Comme les officiers royaux voulaient empêcher à toute force cette ville d’user de son droit de vindicte, le peuple entra en défiance sur ce qui avait été délibéré dans le conseil général à ce sujet. Vers les huit heures du soir, au son du tocsin, la population de Perpignan se rassembla en armes devant l'hôtel-de-ville et dans les rues voisines. Touché des malheurs qui allaient résulter de cet état de choses, le prélat réunit quelques ecclésiastiques, et, le Saint-Sacrement à la main, il s’avancça processionnellement, à travers la foule tumultueuse et menaçante, jusque dans le consulat. Puis se montrant au balcon, il promit au peuple de ne point descendre que les conseillers (qu’on venait de ramener brutalement à l'assemblée) n'eussent pris une décision telle qu'on la désirait. Cette promesse produisit d’abord quelque effet, et comme elle ne tarda pas beaucoup à se réaliser. le plus grand calme succéda enfin au plus violent orage. François Lopez de Mendoza ne survécut guère à cet acte héroïque. Il mourut le 19 septembre de cette même année, 1629, et fut enseveli près du maître-autel de l’église Saint- Jean de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., G. 241. — Publicaleur des Pyrénées- Orientales, 1834. — Puiccani, Catalogue biographique des éveques d'Elne.
LORIS (François de), natif de Valence, en Espagne, neveu d'Alexandre VI, son pro-secrétaire et trésorier-général, reçut de ce pape l'évêché d’Elne, le 5 novembre 1499. Le 28 juillet 1500, par une lettre datée de Rome, il conféra le titre de vicaire-général à Pierre Sort, chanoine de Valence. Le 21 mars 1503, Pierre, évêque de Civita ou de Terra-Nova (île de Sardaigne) fit une ordination à Elne, dans la chapelle de Saint-Etienne, qui était en dehors de la cathédrale. Le 31 mai de la même année, François de Loris fut créé cardinal-diacre de Sainte-Marie-la- Neuve, obtint le patriarcat de Constantinople, les évêchés de Valence, de Saint-Diez, et fut vulgairement appelé le cardinal d'Elne. Il était encore mentionné dans le registre de l'évêché d'Elne, en 1504, 1505 et jusqu'au mois de juillet 1506. Il fut enfin nommé administrateur de l'église de Terni et mourut à Rome le 22 juillet 1506. François de Loris était intimement lié avec César Borgia dont il recueillit la succession sur le siège d’Elne. Ce fut un des huit affidés de ce méchant homme, chargés de lui amener traitreusement quatre chefs d’insurgés auxquels il destinait une mort de guet-apens, tandis qu'il venait de transiger et de se réconcilier avec eux. Cette atrocité fut commise à Sinigaglia le 31 décembre 1502. La description du sceau de François de Loris a été ainsi faite par Alart : « L'empreinte du
LOYARD — LUNA
sceau est marquée presque partout avec une remarquable netteté. Ce sont, comme dans le sceau de l'évêque Galcerand (Albert), les saintes patronnes d'Elne, dans des niches à colonnettes, surmontées de dômes gothiques, avec pendentifs, pinacles et clochetons gracieusement découpés. Mais la différence est grande sous le rapport de l'art et dans les détails d'une ornementation, dont la richesse trahit l'inspiration nouvelle qui animait déjà toutes les branches des beaux-arts. C’est le souffle de la Renaissance qui pénètre dans l’art ecclésiastique et nous verrions sans difficulté l’œuvre d’un artiste de Rome ou de Florence, dans ce sceau d’un prélat qui passa le reste de ses jours en Italie... L’écu de François de Loris occupe la partic inférieure du sceau ; mais nous n'avons pu reconnaître les armes qu'il portait et tout ce que nous avons pu lire de la légende se réduit au mot Loris. » Ce sceau ogival, de 0°07 sur 0°043 est attaché à une charte du 18 mai 1501, relative à la collation d’un bénéfice fondé dans une église d'Ile.
Puorceant, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — ALanT,
Les patronnes d’Elne, dans le X{° Bulletin de la Socielé Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales.
LOYARD D’UZOS (Cyprien de) recueillit, en 1712, la succession de Sébastien Ferriol à l’archidiaconé de Vallespir. Le 12 juin 1724, il résigna cette dignité en faveur de Joseph Xaupi.
Archives des Pyr.-Or., G. 126.
LUNA (Pierre de), plus connu sous le nom de Benoît XIIT, naquit à Illueca, non loin de Calatayud (Espagne), en 1344. Il fit ses études à Salamanque et suivit la carrière des armes, qu’il abandonna bientôt pour les lettres et l'Eglise. Il professa le droit canonique à Montpellier. En Espagne. ses talents ne tardèrent pas à l'élever aux plus hauts emplois. Grégoire XI le créa cardinal le 13 décembre 1374. Il fut un des quatre légats envoyés par Clément VII pour travailler à la pacification de l'Eglise. L'origine du cardinal d'Aragon, ainsi qu'on le nommait, le désigna naturellement pour l'Espagne. Après ses succès en Castille, on pensait à utiliser ses talents diplomatiques pour réconcilier les deux cours de France et d'Angleterre ; il allait passer le détroit et peut-être aurait-il attiré PAngleterre à l’obédience avignonnaise, si Clément VIT ne leût retenu sur le continent. Quelques cardinaux l’accusaient de vou: loir faire déposer les deux pontifes et se faire élire à leur place. En attendant, il revint dans son pays où la mort de Clément VIT le trouva, administrant Île diocèse de Tarragone. Le 28 septembre 1394, les car-
dinaux d'Avignon l’élurent pape, tandis que ceux
de Rome élisaient Boniface IX. Picrre de Luna prit
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Je nom de Benoît XIII. Avant son élection, le cardinal d'Aragon avait promis de résigner la tiare si on l’exigeait. Une fois élevé à la papauté. Pierre de Luna oublia sa promesse. Il feignit d’abord de la ratifier ; c'était pour temporiser, et amuser Charles VI, roi de France, et divers princes de l'Europe. Il finit par déclarer qu'il gardait la tiare. Restait encore la voie de la cession. Elle fut tentée, mais inutilement. Dès lors en France et dans presque toute l’Europe, on le regarda comme un schismatique. On résolut de se soustraire à son obéissance et de s'emparer de sa personne. Charles VI le fit assiéger dans Avignon. Benoît réussit à s'évader dans la nuit du 12 mars 1403 et se refugia à Château-Renard, à quelque distance d'Avignon. Il erra pendant quelque temps en Provence, passa successivement à Carpentras, Marseille et Tarascon, cherchant à se procurer l’auréole qui s'attache aux grands fugitifs, puis fixa sa résidence dans l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, durant le mois de mai 1404. Pendant quatre ans, Pierre de Luna envoya des ambassadeurs auprès de ses rivaux successifs, Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XIL, à l'effet de trouver un moyen capable d’'éteindre le schisme et de procurer l'unité à l'autorité de l'Eglise. Les diverses entrevues qui curent lieu à cet effet n'aboutirent à aucun résultat. Le roi de France se disposant à prendre des mesures énergiques contre Pierre de Luna, celui-ci crut devoir s’abriter en lieu sûr. [l s’adressa à son beau-frère, Martin 1”. roi d'Aragon, qui lui assigna pour résidence le château majeur de Perpignan (citadelle actuelle). Par une encyclique datée du 15 juin 1408, Benoît XIII annonça à l'univers la convocation, pour la Toussaint suivante, d'un concile général qui devait se tenir dans l'église de la Réal, à Perpignan. Le lendemain, il s'embarqua à Porto-Venere, port situé sur la côte de Gênes, suivi de sa cour qui montait six galères composant la flotte pontificale. Pierre de Luna aborda à Port-Vendres, le 2 juillet 1408, vers les neuf heures du matin, et se transporta à Collioure dans la soirée de ce même jour. Le lendemain, 3 juillet, les cinq consuls de Perpignan, escortés d'un certain nombre de notables vinrent offrir au pontife leurs respectueuses salutations. Le 24 juillet. Benoît XIII fit son entrée à Perpignan où il fut recu solennellement. Des tentures avaient été disposées de la porte d'Elne au château royal. Le 23 août, il reçut la visite du roi de Navarre, Charles III le Noble. Le 1° novembre 1408, jour de la Toussaint, Pierre de Luna célébra les saints mystères dans la chapelle du château royal, el le 15 de ce mois, qui était un jeudi, entre sept et huit heures dn matin, il se rendit processionnellement et en grande pompe, à l’église de la Réal. Le chemin que suivil le cortège était tendu de draps d'or. Le dais sous lequel s'avancçait le pontife fut