RAMON — RAYMOND
RAMONEDA (Christophe), docteur ès-arts et en théologie, chanoine et préchantre de la cathédrale d’'Urgell, professa trois cours de théologie à l’Université de Perpignan. En 1591. il fut chargé d'examiner l'ouvrage du P. Llot sur les Saints Martyrs Abdon el Sennen et lui donna son approbation. Christophe Ramoneda publia. en 1596, chez Sampso Arbus, imprimeur de Perpignan : Commentaria in librum divi Thom : « De ente et essentia ». Il dédia cet ouvrage à Jean Terès, ancien évêque d'Elne. et à cette époque, archevêque de Tarragone.
TonREs-AMAT, Diccionario cr'lico de los escrilores catalanes.
RATHEAU (A.), ancien élève de l'Ecole polytechnique, était capitaine du génie lorsqu'il publia en 1860 : La monographie du chäleau de Salses, Paris, Ch. Tanera, in-4°, 65 pages. Chef du génie au Fortles-Bains. en 1863, il fit paraître Les ruines de Cabrenc, dans le XZV° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénées-Orientales. Au cours des sessions du Congrès archéologique tenu à Perpignan en 1868, Louis de Bonnefoy donna lecture d’un travail du commandant du génie Ratheau sur l’Ancienne église d’Amélie-les-Bains, et donna communication de notes archéologiques émanant du même officier sur divers monuments du Roussillon et notamment sur les ruines du château de la Clusa.
RAUVAL (Abbé), vicaire-général de Perpignan, a publié : L'Ange conducteur des enfants pendant l'année de leur première communion, Caen. imprimerie religieuse de Pagny, 1844 ; Mois de Marie à l'usage de ses slalions du mois de mai, Caen, Pagny, 1844.
Communication obligeante de M. Amédée Aragon.
RAYMOND, comte de Cerdagne, succéda au comte Guifre son père, vers l’an 1036, à l’époque où ce dernier se retira à l’abbave de Saint-Martin du Canigou. Il assista à l’assemblée tenue à Toulouges en 1047, pour la trêve de Dieu. Le 15 novembre de l’année précédente, le comte Raymond avait été présent à la consécration de l’église d’Arles-sur-Tech. Il eut quelques démêlés avec ses trois frères Bernard. Guillaume et Bérenger que soutenaient les comtes d'Urgell et de Barcelone ; mais ils étaient déjà terminés en 1050. Raymond, comte de Cerdagne, eut de sa femme Adèle, deux fils : Guillaume-Raymond, qui lui succéda, et Henri, qui fut vicomte de Cerdagne et se rendit célèbre par sa valeur et ses vertus. Le comte Raymond mourut en 1068.
DE GazanyxoLa, Histoire du Roussillon.
RAYMOND-BÉRENGER III, marquis de Barcelone et des Espagnes, était aussi comte de Besalu et de Provence. Dans ces divers titres, étaient com-
RAYMOND
pris les comtés de Barcelone, de Tarragone, d’Ausone (Vich), de Manrèse, de Gérone, de Besalu, de Vallespir, de Fenouillèdes, de Roussillon, de Cerdagne, de Carcassonne, de Razës, de Provence et des possessions dans le Rouergue, le Gevaudan et le pays de Carlat. Les exploits, la sagesse, la piété et la générosité de Raymond-Bérenger III rendirent son nom populaire. Quelque temps avant sa mort, ce prince, suivant l'exemple donné por plusieurs guerriers illustres, prononça des vœux qui le lièrent à l'Ordre du Temple et vécut sous la règle de cette institution jusqu'au 19 juillet 1131, jour où se termina sa glorieuse existence. Par son testament Raymond-Bérenger II] divisa ses Etats entre ses deux fils, donnant à l'ainé Raymond-Bérenger IV, la Marche d'Espagne, Carcassonne, avec tous les domaines qui lui venaient de sa farnille, tandis que Bérenger-Raymond, le cadet, hérita de tout ce qu'avait apporté la comtesse Douce de Provence, seconde femme du testateur, c'est-à-dire la Provence et les possessions du Gevaudan, du Rouergue et de Carladès. Lorsqu'il fut devenu maître de la Cerdagne, au décès du comte Bernard-Guillaume, Raymond-Bérenger III s'empressa de se rendre dans ses nouveaux États. Le & avril 1118, ayant convoqué l'évêque d’Elne, Pierre- Bernayd avec les autres magnats et les chevaliers de sa nouvelle acquisition, il v statua de concert avec eux, une ordonnance de paix et de trêve par laquelle il fut défendu, sous peine de soixante sols d'amende, de s'emparer des bœufs de labourage d’autrui, ou d'en inquiéter les gardiens. Raymond-Bérenger III rétablit dans ce pays le cours de la monnaie de Barcelone, dont il promit de ne changer durant sa vie ni le titre ni le poids.
HæœrEen, Nouvelle Biographie générale.
RAYMOND-BÉRENGER IV, comte de Barcelone, prince d'Aragon et marquis de Provence, mourut au bourg de Saint-Dalmace, près de Gènes, le 6 août 1162. Il fut inhumé dans l’église Sainte- Marie de Ripoll, ainsi que la plupart de ses prédecesseurs. Un éloge funèbre conservé dans ce monastère rappelle ses titres à l'admiration de la postérité. La tradition catalane l’appelle Raymond le Saint, quoique l'Eglise ne l'ait jamais reconnu pour tel. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce prince mérite, aussi bien que son père, le surnom de Grand par ses vertus, sa valeur militaire et son habileté politique. La puissance de la maison de Barcelone, préparée par ses prédécesseurs, atteignit, sous son règne, son apogée dans le Midi de la France. Tandis que les croisades d'Orient affaiblissaient les comtes de Toulouse, leurs rivaux, les comtes de Barcelone s’agrandissaient à leurs dépens. Des Pyrénées aux frontières du Piémont et de la république de
Gênes, tous les pays septimaniens et provençaux étaient dominés par l'influence de Raymond-Bérenger IV. Les comtés de Foix, de Comminges, d'Armagnac, de Bigorre, de Béarn, les seigneurs d’Albret se reconnaissaient ses vassaux pour une partie de leurs domaines. Ayant eu trois fils de Pétronille, reine d'Aragon, sa femme, Raymond-Bérenger IV donna au second, appelé Pierre, le comté de Cerdagne avec le droit de suzeraineté sur Carcassonne et sur les fiefs que possédait Trencavel, et avec tous les droits qu'il avait sur la vicomté de Narbonne, le tout sous la dépendance de son frère ainé Raymond (depuis Alphonse Il), qui possédait le reste de ses Etats. Pierre étant mort jeune. il lui substitua son troisième fils, Sanche. Mais Alphonse Il ne se pressa pas de lui donner la Cerdagne. Il n'avait lui-même que dix ou onze ans à la mort de son père. Avant hérité du Roussillon en 1172, il se trouva maître de tout le pays compris aujourd’hui dans le département des Pyrénées-Orientales.
Hoœrer, Nouvelle biographie générale.
RAYMOND I était fils du comte d'Empurias. Il fut choisi en 1062, comme évêque d’Elne par Guifre de Cerdagne, archevêque de Narbonne, comme l'homme le plus capable, à tous égards, de restituer aux chanoines d'Elne les biens dont les vicomtes de Castellnou les avaient dépouillés. Raymond I ne put triompher de la ténacité des usurpateurs qu’en faisant fermer toutes les églises du diocèse. Ce prélat rétablit alors la maison canoniale. l’enrichit de nouvelles dotations aux dépens de la mense épiscopale, et partagea les revenus communs entre les chanoines, au nombre de vingt-quatre. En 1064 ou 1065, un concile mixte, présidé par le même archevêque de Narbonne, eut lieu dans les plaines de Toulouges. Dans cette mémorable âssemblée, où il s'agissait de modérer de plus en plus la fureur des hostilités privées, on en restreignit l'exercice à quarante-six jours épars dans le courant de l’année. En 1609, l'évêque Raymond, le comte de Roussillon et son épouse, ainsi que les fidèles de toute classe, firent construire, à leurs frais, un maïtre-autel dans ‘église d'Elne, comme le témoigne l'inscription suivante qu'on lit encore sur les deux côtés de la table de l'autel existant :
(Côté gauche de l'autel,
Anno : LX : VIII post millesimo incar nacione dominica indiccione VIH : reverentisi mys episcopys istivs * ecclesic Raimvndyvs et Gavcefredyvs comes simviqve * Azalaiz comitissa pariterqve homnibys * hominibys istivs terre potentes mediocres atqve minores ivsservnt hoc altare in onorem domini nostri IHV XRI et martiris hac virginis ejvs Evla lie edificare propter Devm et remedivm animas illorvm
(Côté droit de l'autel)
illos et illas qi ad hoc al tare adjvtorivm fecervnt cvm consangvinibys illorvm tam vivis qvam defvnc
tis electorvm tvorvm jyngere digneris consorcio.
Le 6 des calendes d'août 1075, Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne, ayant fait indignement arracher par ses satellites, Gauzbert, comte de Roussillon, de l'église de Saint-Michel de Cuxa. alla se présenter humblement à l'évêque Raymond, pour recevoir de lui la pénitence que méritait son sacrilège. Après l'avoir reçue et acceptée, il promit en outre de se rendre tous les ans, en décembre, à l’église d’Elne, et d’y traiter somptueusement les chanoines à ses frais. Le 15 avril 1073, Raymond TI consacra l’église de Sainte-Marie de Riquer, et y établit une cellule soumise au monastère de Cuxa. En 1086, il reçut pour son église un don detrois métairies dans la Cerdagne. Il mourut dans les premiers mois del’année suivante.
Marca hispanica, col. 860, 461, 1147, 1178. — Puiccarit, Notices sur Elne et Catalogue biographique des évêques d’Elne. — L. DE Box\erox. Epigraphie roussillonnaise. — BRUTAILS. Monographie
de la cathédrale et du cloitre d'Elne. — P. Vipau, Elne historique el archéologique.
RAYMOND I, évêque d’Elne, souscrivit comme témoin, avec plusieurs autres évêques, le serment de fidélité que Raymond de Rocafull prêta à l'Eglise le 16 mars 1225. Le 7 avril 1226, Guillaume Jorda, archidiacre d’Elne, lui céda définitivement le château du Soler. Raymond IT siégeait encore en 1225, où il transigea avec Guiraud, prieur de Notre-Dame de Riquer.
Gallia christiana, t. VE, col. 201. — Puiccart, Catalogue biographique des évêques d’'Elne.
RAYMOND lil, précenteur de la cathédrale d'Elne, fut élu évêque de ce diocèse, le 19 novembre 1311, en remplacement de Raymond de Costa, décédé. Il se rendit la même année, auprès de l'archevêque de Narbonne, Bernard de Fargis, pour recevoir de lui la consécration. C’est ce qui conste de la supplique qu'il lui présenta à cet effet, souscrite par les archidiacres de Roussillon, de Conflent, de Vallespir et de Fenouillet. Raymond III mourut le 18 septembre 1312. Guillaume de Castillon lui succéda le 12 juillet 1313.
PuicGani, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Conrad EUBEL, Hierarchia catholica medii œvi.
RAYMOND ÎI, abbé de Notre-Dame d’Arles-sur- Tech en 1141, fit consacrer le 27 novembre 14142, l'église de Notre-Dame de Coustouges, par Udalgar de Castellnou, évêque d'Elne. Le 13 octobre 1157, Bérenger de Narbonne, archevêque de Narbonne,
ne —————————————— —…—— —————— — ————— < << << "<< << ……— —…………….… ……….…………——…— ———"…"—…— …"…——— … — — —— ——————
RAYMOND
assisté d’Artal III, évêque d’Elne, et d’autres prélats, consacra l'église de l’abbaye d’Arles, restaurée aux frais de l'ordinaire du diocèse. Artal III consacra différentes églises du ressort de l’abbaye d'Arles: Saint-Martin de Cortsavi, le 12 octobre 1158; Saint- Etienne d’Arles, le 19 octobre de la même année; Sainte-Cécile de Cos, le 21 octobre 1159 ; Saint-Etienne de Riuferrer, le 15 novembre 1159 ; la chapelle de Saint-Laurent, martyr,surla paroisse de Coustouges, le 22 novembre 1159. Raymond [°' était à la tête de l’abbaye d'Arles en 1174.
Gallia christiana, t. VI, col. 1087.
RAYMOND II fut élu abbé d'Arles, durant l’année 1261, en remplacement de Pons de Descatilar. Il fonda un bénéfice dans l’église de son monastère dont il céda le patronat au prieur de l’abbaye d'Arles, le 18 février 1275.
Gallia chrisliana, t. VI, col. 1088.
RAYMOND HIT figure comme abbé d’Arles de 1287 à 1303. Le 29 avril 1296, il acheta le lieu de Codalet situé entre Arles et les Bains.
Gallia christiana, t. VI, col. 1089.
RAYMOND IV, élu abbé d'Arles en 1344,° vivait encore en 1350 ; mais à cette dernière date, il eut pour successeur Bérenger de Perapertusa. Le 17 novembre 1345, RaymondIV obtint de PierreleCérémonieux une juridiction civile et criminelle très étendue sur Fourques, Codalet et les Bains, moyennant le versement de la somme de vingt mille sols de Barcelone.
Gallia christiana, t. VI, col. 1090.
RAYMOND 1, sacristain de l’abbaye de Ripoll, fut élu abbé de Saint-Martin du Canigou, en 1159, au milieu d’un concours de circonstances difficiles. Le prieur et quinze moines de Saint-Martin avaient procédé à la nomination de leur supérieur ecclésiastique. La reine d'Aragon s'était intéressée à cette élection, Le roi, Raymond-Bérenger IV, sans s'opposer formellement à la nomination de l’abbé Raymond, témoignait le désir de protéger des droits acquis au monastère de la Grasse sur les religieux bénédictins du Canigou. Il écrivit, en conséquence, à l'abbé Guillaume de ne pas attaquer l'élection du nouveau prélat, jusqu'à ce que celui-ci se fut rendu, ainsi qu'il y était invité et qu'il l’avait promis à l’archevêque de Narbonne, auprès d’eux, pour expliquer sa conduite en cette circonstance. Mais l'abbé de la Grasse n'écoutant que les intérêts qui lui étaient confiés, et dont il avait la responsabilité, lança l'interdit sur l’abbaye de Saint-Martin du Canigou et sur les églises qui en dépendaient. Le pape Alexandre III,
RAYMOND
non seulement approuva cet interdit, le 1” mars de l’année 1161, mais encore le 27 avril 1162, il écrivit à l'abbé Raymond I et à ses moines pour leur donner connaissance des plaintes des religieux de la Grasse. Ceux-ci, en effet, se disaient avoir été chassés de l'abbaye du Canigou, à main armée. Le Souverain Pontife ajoutait qu'il avait chargé l’évêque d’Elne Artal III d'informer sur les faits dont la gravité lui avait été signalée. Raymond I, dès son élévation à l’abbatiai de Saint-Martin. s'empressa, de son côté, de recourir aux influences. Gaufred, abbé de Ripoll, recommanda tout particulièrement cette affaire à la reine d'Aragon. L’évêque de Vich, aussi sollicité, se rendit auprès de l’évèque d’Elne, Artal III. Ce dernier écrivit au roi d'Aragon que c'était sans son consentement, sans même avoir été consulté, que les moines du Canigou avaient fait choix de Raymond pour leur abbé. Le prieur examina sérieusement cette affaire délicate en présence de l’archevéque de Narbonne et de l’abbé de la Grasse qu'il avait appelés à une assemblée composée de suffragants de Tarragone et des magnats de l'Etat. L'assemblée força l'abbé de la Grasse à lever l'interdit. Les moines de la Grasse, irrités de cette décision si contraire à leurs intérêts et à leurs prétentions, partirent aussitôt de leur abbaye, suivis d’une multitude de gens armés. Ils vinrent fondre à l’improviste sur le monastère du Canigou, brisant tout sur ieur passage. Ils frappèrent les moinesinoffensifs. en blessèrent plusieurs, même au pied des autels où ils s'étaient réfugiés, en tuèrent un et percèrent même de traits l’image de Jésus crucifié. Ils chassérent les religieux lettrés attachés à la communauté, en les accablant de coups, d’injures et de mauvais traitements. Ils en emprisonnèrent même quelques-uns qu'ils laissèrent presque mourir de faim, puis s’emparant des biens et des effets du monastère, ils les vendirent ou les dissipèrent. Le roi d'Aragon, outré de cette conduite, écrivit au Saint-Père pour exposer les faits qui venaient de se passer. Prenant en mains Ja cause de l’abbaye du Canigou, ce prince demanda que justice fut prompternent et sévèrement faite des attentats commis. Alphonse IT, qui venait de succéder à son père Raymond-Bérenger sur le trône d'Aragon, s’adressa au pape Alexandre III, conjointement avec l’évêque de Barcelone, le sénéchal du palais et tous les seigneurs de la cour. Il peignit avec la plus grandeindignation les torts et les méfaits de l'abbé et des moines de la ‘Grasse, justifia et plaignit leurs victimes et supplia le Saint-Père de mettre promptement fin à ces lamentables désordres. Le 13 février 1163, le Souverain Pontife chargea l'archevêque de Narbonne Pons d’Arce et l'évêque de Lérida d'informer de cette affaire, et leur adjoignit, le 16 mai suivant, l'évêque de Gérone. Le 11 juin de la même année, le Pape
étant à Rome, rendit aux moines de Saint-Martin et à toutes les personnes attachées à ce monastère, leur abbé Raymond et ordonna, le jour suivant par lettres apostoliques. que tout ce que possédait l’abbaye du Canigou lui fut rendu, nommément les domaines qu'il prit soin de désigner dans quarante-cinq lieux divers. Le pape ordonna, en outre, qu’à l'avenir, ainsi que l'avait établi Serge IV, il n’v eut pas d’autre abbé que celui élu par la communauté et que le monastère ne fut soumis qu’au Saint-Siège. Raymond [° aurait siégré jusqu'à l’année 1170, s’il avait
réellement été abbé pendant onze ans, comme le dit
la Petite chronique; mais le Gallia chrisliana pense que l’on a imprimé XI ans pour IX ans. C’est aussi l'avis de la liste donnée par les nouveaux éditeurs de l'Histoire du Languedoc. L'abbé Raymond eut pour successeur, sur le siège abbatial du Canigou, son propre frère Géraud.
Inventaire de dom d'Agullana, n° 31, 33, 47, 38. 40, 41, 83, 46,
48. — Marca hispanica, col. 449, 507, 1384. — Abbé Font, Hisloire de l'abbaye royale de Saint-Martin du Canigou.
RAYMOND -BÉRENGER recueillit, le 9 décembre 1360, la succession de Pierre sur le siège abbatial de Saint-Martin du Canigou. De concert avec les moines de son monastère, il accorda, le 29 juin 1366, l’affranchissement des Mauvais usages aux habitants d’Odeillo, Vilalta, Pardinella, Egat, Targassonne et Pla. Une pareille exemption fut octroyée par ce prélat, le 12 juin 1370, en faveur des gens de Marquixanes. L’abbave de Saint-Martin du Canigou éprouva des dommages considérables et de nombreuses vexations durant l’année 1374, lorsque l’'Infant de Majorque, avec ses partisans, vint, de nuit. par des chemins détournés, et à travers la montagne, envahir le monastère. L'abbé et les moines furent maltraités ou blessés. On les emmena prisonniers ; les joyaux de l’église furent volés; le château et le village de Vernet furent ruinés. Le 18 octobre 1375, le roi d'Aragon donna des lettres d’absolution à l’abbé, aux moines et aux prêtres de Saint-Martin, pour les crimes qui leur avaient été imputés lors de l'invasion de leur monastère par l’Infant de Majorque. Ce prince ordonna de restituer à l'abbaye du Canigou tout ce qui avait été saisi dans cette circonstance. L'abbé Raymond-Bérenger administra le monastère de Saint-Martin jusqu’au 28 janvier 1380.
Inventaire de dom d'Agullana, n° 126, 283, 741.
RAYMOND ÎI était abbé de Saint-Génis-des-Fontaines en 1178.
Gallia chrisliana, t. VI, col. 1105.
RAYMOND Il, élu abbé de Saint-Génis-des-Fontaines en 1184, mourut le 17 mars 1196, comme en
fait foi l'épitaphe suivante en vers latins qu'on lit encore dans le cloître, sur le seuil de l'église : Verax, facundus, fons manans, flos rubicundus, Hospes jocundus, miserorum pascua, fundus, Fructu fecundus, nulli probitate secundus, Præ mundis mundus fuit abbas iste Raimundus, Quem pia lux Martis decaseptima duxit in astris, Quatuor exemplis annis de mille ducentis.
Gallia christiana, t. VE, col. 1105.
RÉART (Jean-François-Onuphre), fils de Pierre Réart, mercader, et de dame Isabelle, reçut le baptême dans l’église Saint-Jacques de Perpignan, le 1° novembre 1551. Il fut tenu sur les fonts baptismaux par Jean Blanch et Estasia Domenech. Onuphre Réart était chanoine-pénitencier de Barcelone, lorsqu'il fut nommé à l'évêché d'Elne, dont il prit possession par procureur, le 4 mai 1599. Un des premiers soins du nouvel élu fut de travailler activement et efficacement à la translation de la résidence de l’évêque et du chapitre d’Elne à Perpignan. Cinq de ses prédécesseurs s'étaient occupés, depuis la tenue du Concile de Trente, de cette question capitale pour les intérêts du diocèse, de l’évêque et des chanoines. Dès le 18 juillet 1565, et sous l'épiscopat de Loup de la Gunilla, une enquête avait été faite par le syndic du chapitre d’Elne. Elle établissait entre autres considérants : que la cité d’Elne, sise dans le voisinage de la mer, était exposée aux incursions des Turcs, des brigands et des Français ; que les chanoines ne pouvaient se rendre à Perpignan sinon à cheval ou escortés ; qu'ils ne pouvaient vivre à moins de trente ducats pour la nourriture et cinquante ducats pour le costume et les ornements ; que les villages ctaient presque dépeuplés. à l’exception d’une trentaine entourés de remparts. Et de fait, Loup de la Gunilla et ses successeurs fixèrent à Perpignan leur résidence habituelle. Ce prélat mourut à Perpignan et non à Elne, ainsi que ses successeurs immédiats, Pierre-Martyr Coma et Pierre de Sainte-Marie. Il ne fallut rien moins que l’influente intervention du roi d’Espagne, en cette circonstance, pour amener la cour de Rome dans la voie des concessions. On conserve au dépôt des Archives des Pvrénées- Orientales la copie de la lettre adressée par Philippe III au Souverain Pontife, dans laquelle le monarque espagnol recommande à Clément VIII les chanoines qui vont lui demander la faveur de la translation du siège épiscopal et du chapitre à Perpignan. Puiggari affirme que Philippe IT sollicita lui-même cette grâce du Pape. Par une bulle, en date du 27 août 1601, Clément VIII acquiesça aux requêtes multiples du souverain et des parties intéressées. Les affaires traînant en longueur, Île roi d'Espagne écrivit encore une lettre au Pape, le 27 février 1602, le pressant de décider le plus tôt possible
RÉART
la translation tant souhaitée. Le 30 juin 1602, au rapport du notaire Pasqual, fut mise en exécution l'ordonnance pontificale. Ce jour-là, l'évêque de Barcelone, Alphonse de Coloma, délégué par le Saint- Siège, sortit d’Elne, vers les sept heurcs du matin, escorté d'un nombreux clergé et d’une foule compacte. Les reliques vénérées des saintes Eulalie et Julie étaient portées en triomphe de leur antique cathédrale à l’église Saint-Jean de Perpignan. De son côté, Onuphre Réart, suivant une longue théorie de deux cents jeunes filles vêtues de blanc, quittait cette dernière église et allait à la rencontre de l’auguste cortège. À son arrivée, eut lieu l'office pontifical célébré par l'évêque d’'Elne. Alphonse de Coloma prononça une remarquable allocution. Le soir, des réjouissances publiques témoignèrent de la joie des perpignanais pour l'événement survenu dans la journée. Les occupations et les soucis créés par cette longue affaire furent loin d’être un ohstacle à l’activité administrative et intellectuelle de l’évêque d’Elne. Pendant que son vicaire-général, Onuphre Compter, procédait à la visite des églises du Roussillon, il parcourait lui-même diverses parties de son diocèse, pour se rendre compte de l’état matériel et spirituel des paroisses. A la suite de l’une de ses tournées pastorales, Onuphre Réart, déclara suspens, le 11 septembre 1601, Gaspard Pagès, de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et prieur de l’église de Collioure. Torres-Amat affirme que ce prélat fut l’auteur d'un petit nombre de brochures intitulées : Opusculos hisloricos qui ont presque toutes disparu. Dès sa venue en Roussillon, Onuphre Réart avait conçu le projet de fonder un collège de jésuites au sein de la ville de Perpignan. Durant les premiers mois de l’année 1601, il fit prêcher dans la cité une mission par deux religieux de la compagnie de Jésus. Ceux-ci gagnèrent l'estime des perpignanais et, grâce aux collectes ainsi qu'aux libéralités de l'évêque d’Elne, acquirent une maison pour y établir leur résidence. Des obstacles empêchèrent la fondation du collège jusqu’en l’année 1614. Le 29 décembre 1606, Onuphre Réart bénit la chapelle nouvellement construite dans la maison du consulat de Perpignan sous le vocable de la Vraie Croix et de l'Immaculée-Conception. Il fut transféré sur le siège de Vich, dès les premiers jours de 1608. Le 8 janvier de cette année-là, Onuphre Réart adressa une lettre aux membres du chapitre de sa nouvelle ville épiscopale, pour leur notifier sa nomination officielle à l'évêché de Vich. Les chanoines lui dépêchèrent deux des leurs, en ambassade à Perpignan. En réponse à ce témoignage de déférence, Onuphre Réart écrivit, le 23 janvier 1608, une seconde lettre aux membres du chapitre de Vich pour les remercier. Il leur annonçait en même temps qu'il se rendait au concile de
RÉART
Tarragone. Le 16 avril suivant, Onuphre Compter, son vicaire général, et André Réart, son frère. présentèrent aux chanoines les bulles de nomination du nouvel évêque. Celui-ci arriva dans son diocèse, le dimanche 20 avril. Sans retard, l’évêque de Vich procéda à la visite pastorale des paroisses soumises à sa juridiction. Le 1° mai 1609, Onuphre Réart bénit le terrain sur lequel allait se construire le couvent des capucins, à Vich. Ce prélat eut l'honneur de faire aussi la pose de la première pierre du nouveau monastère. Le 26 octobre de l’année suivante, l’édifice étant achevé, les religieux prirent possession de leur nouvelle maison d'habitation ; au préalable, ils avaient organisé une procession solennelle qui se déroula dans les rues de la ville et que présida Onuphre Réart tenant en mains le Saint-Sacrement. La communauté séculière de Vich choisit Onuphre Réart pour arbitre dans le différend qui s'était élevé entre elle et le chapitre, au sujet des scribanies. Durant le court passage qu'il fit dans le diocèse de Vich, il tint deux synodes. Dans le premier, qui fut célébré le 29 avril 1609, ce pontifie édicta quinze constitutions relatives à la discipline ecclésiastique. Il en promulgua cinq autres, durant le second qui se tint le 21 avril de l’année suivante. Après avoir occupé le siège épiscopal de Vich durant quatre ans, Onuphre Réart se vit désigné pour l'évêché de Gérone. Il en prit possession le 30 avril 1612. Deux actes principaux marquèrent son épiscopat dans ce nouveau diocèse. Onuphre Réart avait conçu le dessein de diviser son diocèse en doyennés ; il parvint à ses fins, malgré l'opposition que lui suscitèrent les membres du chapitre. En vertu d’un bref pontifical que Paul V lui adressa de Rome. le 23 novembre 1613, il fit une défense formelle aux ecclésiastiques de porter sur eux des armes. En 1616, l'évêque de Gérone reçut la visite d'un vieil ermite inconnu qui lui conseilla de déposer la charge pastorale, pour mieux opérer le salut de son âme. Onuphre Réart accueillit les dires de l’étranger comme un avis venu du ciel, et sans retard demanda à Rome sa mise à la retraite. Les membres du chapitre qui avaient de la vénération pour leur évêque adressèrent des lettres au Pape et au roi d'Espagne, les priant de ne point accéder à la requête de l’évêque de Gérone. Après bien des hésitations, le Souverain Pontife agréa la demande d'Onuphre Réart qui ne quitta définitivement son évêché que le 21 février 1621. C’est au sein de sa famille qu'Onuphre Réart vint goûter les douceurs de la solitude et du recueillement. Il n’en jouit pas longtemps, car la mort le frappa, à Perpignan, le 22 octobre 1622. Après son décés. on transporta le cadavre d'Onuphre Réart dans la chapelle des chanoinesses de Saint-Sauveur. Il demeura exposé à la vénération des fidèles durant trois jours et trois
nuits. On se disait que l’ancien évêque d’Elne était mort en odeur de sainteté. L’affluence des visiteurs fut immense autour de sa dépouille mortelle. Un soldat de la citadelle ne cessa de sonner la cloche du chapitre de la cathédrale, nuit et jour, à partir du moment de la mort du prélat jusqu’au moment de son inhumation. Le peintre Honoré Rigaud décora les piliers et l'enceinte de la cathédrale : on y suspendit quatre-vingt-dix-neuf écussons aux armes du défunt. Huit prêtres portèrent le cadavre du vénéré pasteur. de l’église Saint-Sauveur à l'église Saint- Jean. Cinquante jeunes gens précédaient le cercueil, tenant allumées à la main des torches en cire. Le corps d’Onuphre Réart fut enseveli dans l’église du vieux Saint-Jean, devant le maïtre-autel.
Archives des Pyr.-Or., G. 13. 50, 54. 55, 56, 116, 769. — ToRRESs- AMAT, Diccionario crilico de los escritores catalanes. — Puicaant, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — ViLLaANtEvA, Viaje lilerario a las iglesias de España, t. XIV. — Luis NapaL, Episro-
pologio de Vich, t. HI. — Abbé J. CaPEiLe, Figures d’évèques roussillonnais.
RÉART (Jean-François de), frère aîné du précédent, était bourgeois immatriculé de Perpignan, lorsqu'il obtint de Philippe ITT un privilège lui concédant, ainsi qu’à son frère André, les privilèges nobiliaires accordés aux citoyens honorés de Barcelone. Il épousa en 1588, Lucrèce de Blanes, fille d’Antoine-Jean de Blanes et d'Eléonore Albert. Il était déjà décédé en 1608, et son corps avait été inhumé dans le caveau de famille creusé sous la chapelle de Notre-Dame de la Soledad, dans l'église de la Réal. Jean-François de Réart, en mourant, laissa un fils Joseph, dont la notice suit, et une fille, Anastasie, qui épousa Pierre Pineda, docteur en droit de Barcelone.
Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 609.
RÉART (Joseph de), fils du précédent, unit ses destinées à Anne de Taqui qui lui donna cinq enfants: François, Charles. Sauveur, Louise, femme de Marc- Antoine Jorda-Rossello, et Cécile, décédée sans postérité le 2 février 1682, après avoir successivement épousé François Masdemont et Hyacinthe Ferran. François, fils ainé de Joseph de Réart, après s'être marié le 114 avril 1638, à Jéromine d'Oms, veuve d'Antoine d'Oms, convola en secondes noces, en 1646, avec Isabelle Viader et mourut le 25 octobre sans laisser de descendance. Charles, le cadet, vit ses biens confisqués en 1653 et donnés à Bertrand du Bruelh, maréchal de camp, lieutenant de roi de la citadelle de Perpignan. Rentré en possession de son patrimoine après le traité des Pyrénées, il épousa en 1666 Françoise Sprer, veuve d'Hyacinthe Vigo et n'eut d'elle qu'une fille, Maric-Espérance, née en 1670. Sauveur, le plus jeune, épousa en 1661 Thérèse
Compter-Badaula, fille d'Onuphre Compter. De leur union naquit en 1665 un fils appelé Sauveur-Hippolyte, qui vivait en 1714, et une fille, Marie-Anne.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 609.
RÉART{(Anäiré de), frèrecadet d'Onuphre,évêque d’Elne, et de Jean-François, bourgeois matriculé de Perpignan, fut, comme ce dernier, anobli par Philippe III. Le 5 juillet 1573, il contracta alliance avec Jeanne-Anne Farret et eut d'elle un fils nommé François. Celui-ci se maria, en 1600, à Françoise Guillami, fille d'un docteur en médecine de Perpignan. Il devint dans la suite député royal à la principauté de Catalogne et laissa quatre enfants, dont deux embrassèrent la carrière ecclésiastique: Jean, l'un d’entr’eux, doyen de Tortose, en 1633, était chanoine et vicaire-général d'Elne en 1633; François, le cadet, fut aussi chanoine d'Elne. Leur sœur unit ses destinées à Louis d’'Alemany ; Antoine, le quatrième, dont la notice suivra, épousa, à Barcelone, Marie de Jahen et fonda une branche nouvelle de la famille de Réart. A la mort de Jeanne-Anne Farret. André de Réart convola en secondes noces (1586) avec Anastasie Pals. Iltesta en 1618 à Perpignan et mourut dans cette ville, le 26 mars 1622. André de Réart institua héritier universel, André, son fils du second lit. Anastasie Pals, sa femme, décédée à Perpignan le & septembre 1621, lui avait encore donné un autre fils, Jean, et une fille, Marie-Angèle, qui fut chanoinesse de Saint-Sauveur.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 609.
RÉART (André de), fils et héritier du précédent et d'Anastasie Pals, se maria à Perpignan, en 1623, à Mancia de Llupia, fille de Jean de Llupia de Saragosse et de Marina de Llupia de Pagès son épouse. Il mourut en 1659 et fut enseveli sous la chapelle de Notre-Dame des Anges, construite dans l’église du couvent de Saint-François (hôpital militaire actuel). De l'union qu'il contracta avec son épouse, sont issus : Jean, dont la notice suit ; Onuphre ; et Anastasie, femme de Joseph de Blanes.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 609.
RÉART (Jean de), fils du précédent, figura dans l’armée des nobles catalans que Dalmace de Queralt commandait à Perpignan, dans le courant du mois d'août de l’année 1639. Partisan de la domination espagnole, il vit ses biens confisqués, le 28 juillet 1653 et attribués aux religieux du couvent de Sainte- Monique, de l’ordre des Auguslins déchaussés, qui desservaient les hôpitaux de l’armée française. Il passa à Barcelone où ses enfants se fixèrent.
Archives des Pyr.-Or., B. 390, 394.
RÉART
RÉART (Antoine de), quatrième enfant d'André de Réart et de Françoise Guillami, contracta alliance avec Marie de Jahen, de Barcelone. Trois enfants. naquirent de leur union: François, qui suit; Antoine; et Françoise qui épousa, en 1666, Gaudérique de Jorda-Rossello. |
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 609.
RÉART (François de), fils aîné du précédent, épousa en 1663, Anne Balle, fille d’Ange Balle, bourgeois honoré et matriculé de Perpignan. Celle-ci mourut en 1672, laissant une fille Marie-Thérèse qui unit ses destinées à Philippe de Copons. Resté veuf, François de Réart convola en secondes noces, en 1674, avec Marie-Anne de Maduxer de Soler, et eut d'elle deux fils : Joseph, né le #4 avril 1676, mort sans postérité après avoir épousé Marie-Thérèse Sabater, d'Ille-sur-Tet, et Antoine qui suit.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 609.
RÉART (Antoine de), fils du précédent et de Marie-Anne de Maduxer contracta alliance avec N. de Taqui. Trois enfants naquirent de ce mariage : Jérôme, mort sans postérité ; Joseph, abbé de Cuxa, et Jean dont les notices suivront.
RÉART (Joseph-Antoine-François-Jérôme de), né en 1709, entra jeune dans l’ordre de Saint- Benoît. Il était déjà religieux au monastère de Cuxa en 1734. Pourvu d’une des deux places monacales de cette célèbre abbaye avant 1738, Joseph de Réart fut à cette époque nommé prieur de Notre-Dame de Riquer. De 1741 à 1756, il fut en possession de l'office de la grande prévôterie qu’il occupa en remplacement de Jean de Copons. En 1757, Joseph de Réart fut nommégrand-sacristain,et,à cetitre, devintseigneur des lieux de Licch et de Los Masos. Dans cette dignité monacale, il recueillit la succession de Jacques de Cahors, élevé à l’abbatiat. Joseph de Réart succéda en 1753 à Melchior de Bru, en qualité de secrétaire du chapitre et occupa cette place ainsi que la grande sacristie jusqu’à sa promotion à la prélature. À la mort de Jean de Guanter, il fut nommé abbé de Saint-Michel de Cuxa par brevet royal en date du 25 août 1771. Le 15 juillet de l’année suivante, Joseph de Réart reçut confirmation de son titre par bulles de Clément XIV délivrées à Sainte-Marie-Majeure. Le chapitre de Cuxa, par une délibération spéciale, autorisa l’abbé de Réart à se servir d’un tapis et d’un coussin de velours violet qui lui appartenaient. Dès le début de son abbatiat, Joseph de Réart se trouva en présence de graves difficultés. Un premier édit royal du mois de mars 1768, suivi d’un second donné au mois de février 1713, ainsi qu'une bulle du pape
RÉART — REDIER
Clément XIV en date du 15 juillet 1772, avaient ordonné le rétablissement de la vie commune des moines dans les couvents bénédictins du Roussillon. Ces monastères s’adressèrent à Gouy-d’'Avrincourt, évêque d'Elne,et lui exposèrent la difficulté et l’impossibilité où ils étaient d'obtempérer aux ordonnances du roi et du Pape. En vertu d’un accord intervenu entre le pouvoir royal et l'autorité ecclésiastique, le chapitre de Cuxa prit, le 3 octobre 1778, une délibération ordonnant que les revenus des places monacales vacantes seraient employés aux distributions afférentes à l’assistanceaux offices divins, dans l’église du monastère. Le 29 avril 1790, Joseph de Réart signa avec les autres religieux de Cuxa l'inventaire général des objets et titres de rente de l’abbaye, que dressèrent les membres de la municipalité de Codalet. Il descendit dans la tombe le 17 novembre de l'année suivanteet son corps fut déposé dans une des cryptes de l’église de Cuxa réservées aux abbés du monastère. Un jour du mois de juin 1825, la rupture d’un arceau de la grande nef entraîna dans sa chute l'écroulement de la voûte du caveau funèbre où reposaient les anciens abbés de Saint-Michel. Les cendres de Joseph de Réart et de ses prédécesseurs furent recueillies et portées solennellement au cimetière de Codalet.
DELAMONT, Hisloire de la ville de Prades. — Abbé For, Histoire de l’abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa.
RÉART (Jean de), frère du précédent, épousa Josèphe d'Oms. Un fils unique, Joseph, est issu de ce mariage.
Archives communales de Thuir, GG. 69.
RÉART (Joseph-Jean-Paul-Antoine de), fils du précédent, naquit à Thuir le 22 mars 1737. Ilembrassa la carrière des armes et fut lieutenant au régiment de la Sarre-Infanterie et lieutenant des maréchaux de France. Joseph de Réart, seigneur du terroir du mas Paulet et du Riambau, assista en 1789 à l’Assemblée de la noblesse du Roussillon. Il avait épousé, pour le point d'honneur, en 1772, Madeleine, fille de François de Copons et de Marie d'Oms, dernière héritière de la famille française de Copons, qui ne lui donna point d'enfants. Joseph de Réart émigra en 1792.
RÉART-MIQUEL (Joseph de)appartenaitä une famille de bourgeois nobles de Perpignan, distincte de la maison de Réart de Taqui-d'Oins, bien qu'apparentée avec elle. Joseph de Réart-Miquel, qui assista à l’Assemblée de la noblesse du Roussillon en 1789, épousa, avant la Révolution, Catherine de Canta, et de cette union naquit Catherine de Réart-Canta. Celle-ci ayant uni ses destinées à N. Jaubert, fut la
mère de Joseph Jaubert de Réart, célèbre archéologue roussillonnais. (V. ce nom). La fille de ce dernier se maria à Esprit Singla, de Rivesaltes.
Mémoires de Jaume.
REBÉ (Claude de) descendait d’une ancienne et noble famille. Son père était baron d'Amplepuis, de Chavaigny-le-Lombard et de Thisy ; sa mère s’appelait Jeanne de Meysé. Nommé, en 1622, coadjuteur de l'archevêque de Narbonne, Louis de Vervins, alors octogénaire, Claude de Rebé recueillit six ans plus tard la succession de ce prélat. En 1643, il reçut magnifiquement dans sa ville épiscopale le roi Louis XIII qui avait quitté Paris pour diriger en personne le siège de la ville de Perpignan. Le 25 octobre 1648, Claude de Rebé sacra, dans la cathédrale Saint-Just de Narbonne, le savant Pierre de Marca, nommé à l'évêché de Couserans. Le titre de métropolitain mit Claude de Rebé dans l'obligation de s'occuper de la situation faite au siège épiscopal d'Elne, dépourvu de titulaire. Il écrivit une Episcopologie d’Elne qui est restée inédite. Le manuscrit de cette œuvre se conservait encore dans la bibliothèque du Grand Séminaire de Perpignan, durant la seconde moitié du xrx° siècle. Claude de Rebé mourut à Narbonne, le 17 mars 1659, à l'âge de soixantequinze ans. Son neveu, Claude-Hyacinthe de Rebé, épousa Thérèse de Pons de Monclar, dame de Millas.
Gallia christiana, t. VI, col. 119 et 120.
REBOLLEDO (Aiphonse de) fut nommé par l'empereur Charles-Quint aux fonctions de Procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Il succéda dans cette charge à François Agosti, décédé. Alphonse de Rebolledo fut remplacé à son tour dans son office par François de Llupia.
Archives des Pyr.-Or.. B. 368.
RECIMIRUS, quatrième abbé du monastère de N.-D. d'Arles-sur-Tech, vit, en 876, son couvent envahi et dévasté par les Normands.
Gallia christiana, t. VI, col. 1084.
RECINDUS gouvernait l’abbaye d'’Arles-sur- Tech en 844. Il eut pour successeur sur le siège abbatial son frère Recimirus.
| Gallia christiana, t. VE, col. 1084.
REDIER (A.) naquit à Perpignan, le 25 décembre 1817. Il alla à Paris en 1832 et fut reçu le premier au concours ouvert par le gouvernement en faveur des boursiers horlogers. Il fut placé aux frais de l'Etat comme élève-interne, chez Perrelet, un des horlogers les plus habiles de la capitale à cette époque.
A. Redier était doué d'une fécondité d'imagination extraordinaire. Ses nombreuses créations en horlogerie ont donné un développement considérable à l'industrie française. Ses réveils, ses baromètres. ses thermomètres, ses appareilsenregistreurs, ses compteurs, son oculaire astronomique, son électromètre, son système d’unification de l'heure ont été d’une grande utilité pour le progrès des sciences physiques etnaturelles. La plupart des travaux et des inventions de A. Redier figurèrent aux expositions de 1849, 1855 et 1867 et lui valurent la croix de chevalier et la rosette d’officier de la Légion d'honneur, ainsi qu'un grand prix etune médaille d’or. Il fut aussi plusieurs fois lauréat de la Société de géographie et de la Société d'encouragement aux arts et à l’industrie. On doit à A. Redier plusieurs publications, parmi lesquelles on cite: Mémoire sur le pendule conique, Récompenses de la classe 23 à l'Exposition de 1867, Etude sur le baromètre, Calcul des engrenages, etc. Il mourut à Melun, chez l’un de ses enfants, le 31 décembre 1892.
Alfred Beizzanp, Recherches sur l'horlogerie, ses inventions et ses célébrités, Paris, E. Bernard, quai des Grands-Augustins, 53.
RÈGNES (Montserrat de), fils d'un parayre ou marchand de draps de Perpignan, appeléJean-Pierre, épousa, en 1593, Angèle, veuve de Barthélemy Marsa, ancien tanneur dans la même ville. Montserrat de Règnes qui avait obtenu de Philippe III l'office de receveur-général des deniers du roi, en remplacement d'Onuphre Llobet, démissionnaire, reçut aussi le privilège de bourgeois honoré de Perpignan. Un instant révoqué de sa charge, Montserrat de Règnes fut réintégré dans son emploi par Pierre Manrique, archevêque de Saragosse et capitaine-général de Catalogne. Il eut de son épouse deux fils : Jean, qui entra dans les ordres et fut curé de Laroque-des- Albères, et Joseph.
Archives des Pyr.-Or., B. 380, G. 799, E. (Titres de famille),
RÈGNES (Joseph de), fils de Thomas de Règnes, était docteur en médecine, lorsqu'ilcontractaalliance, en 1685, avec Anne-Marie, fille de Raymond de Blay, docteur en droit, de Perpignan. De cette union naquirent : Joseph, qui suit, et Françoise, qui unit ses destinées à Philippe de Boquet, chevalier et docteur en droit.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 614.
RÈGNES (Joseph de), fils du précédent, bourgeois noble de Perpignan, docteur en droit, était, en 1716, conseiller du roi et juge aù siège du bailliage de Perpignan. Il devint avocat-général au Conseil Souverain le 28 avril 1722, et procureur général le