PORTA — PRIETO
PORTA (Arnaud) reçut des lettres-patentes de Martin [°, roi d'Aragon, qui l’investirent des fonctions de procureur royal de Roussillon et de Cerdagne, en remplacement de Pierre Vidal, suspendu le même jour à cause de sa mauvaise gestion.
Archives des Pyr.-Or., B. 163, 177, 18%.
POUDEROUX (Pierre), moine et ouvrier (operarius) du monastère bénédictin de Caunes, au diocèse de Narbonne, fut nommé abbé de Saint-Génisdes-Fontaines le 30 octobre 1655. A ppelé à l’abbatiat de Campredon, avant d'avoir pris possession de son siège, Pierre Pouderoux fut placé à la tête du monastère de Saint-Martin du Canigou par brevet du roi Louis XIV, en date du 29 mars 1698. Un arrêt du Grand Conseil, édicté le 13 août de la même année, autorisa le nouvel élu à prendre possession de l'abbaye, à charge par lui de continuer ses diligences en cour de Rome pour obtenir ses bulles dans l'intervalle de six mois. Pierre Pouderoux prit possession du siège abbatial par procureur, le 4 septembre 1698. Les bulles de provision du pape Innocent XII n'ayant été expédiées que le 23 octobre suivant, Pierre Pouderoux fut intronisé en personne dans son abbaye le 20 janvier 1699. Son premier soin fut d'améliorer le temporel et de restaurer les édifices de l’abbaye du Canigou. Il entreprit la construction d’un hôpital militaire et d’autres corps de bâtisses aux thermes de Vernet. Il aménagea à neuf la maison abbatiale et fit réparer le chemin du monastère que l’eau des pluies avait raviné et rendu impraticable. Pierre Pouderoux mourut à Paris, le 28 août 1714, dans un âge avancé et fut enterré dans l'église de Saint-Séverin. Ses neveux, officiers au régiment de Noé, réclamèrent les rentes et les titres personnels qui étaient la propriété de ce prélat.
Archives des Pyr.-Or., C. 1328, H. 153. — Hisloire de saint Gauderic, confesseur, Perpignan, 1716.
POURTET (Nicolas), né à Perpignan en 1797, était fils de Joseph Pourtet, marchand-droguiste, et de Marie Clergue. Il fit ses classes au collège de sa ville natale et s'adonna spécialement à l’étude de la musique. Durant trente-deux ans, Nicolas Pourtet donna des leçons de solfège et de chant dans la ville de Perpignan ainsi qu’au pensionnat du Sacré-Cœur de cette cité. Il était doué d’un timbre de voix limpide, et sa prononciation particulièrement distincte rendait compréhensibles les syllabes proférées à une très grande distance. Nicolas Pourtet s'est surtout fait connaître par ses compositions de musique religieuse. On cite de lui: deux messes à grand orchestre ; un Slabat Maler à grand orchestre, interprété à diverses reprises par la maitrise de la cathédrale de Perpignan ; un Miserere à grand orchestre :
un Ze Deum; des cantiques et des motets. Nicolas Pourtet est mort à Perpignan, le 25 mars 1867.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
PRAT et SENJULIA (Isidore), magistrat, fut nommé conseiller au Conseil Souverain du Roussillon lors de la création de ce tribunal suprême (10 juillet 1660). Isidore Prat épousa, en 16614, Anna Scuder, veuve d'Ignace Manalt, docteur en droit civil et en droit canon. Il mourut en 1695 et laissa ses biens à François de Calvo.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille).
PRIETO (Gaspard), né à Burgos le 14 août 1578, d’une famille noble, entra dans l’ordre de la Rédemption des captifs, à l’âge de seize ans. Il reçut de bonne heure le grade de maître en théologie et enseigna cette science successivement à Valladolid, à Tolède et à Salamanque. Après avoir rempli les fonctions de commandeur dans plusieurs couvents de son ordre, Gaspard Prieto devint provincial de Castille. Il fut élevé à la dignité de maître général de la Merci dans l’assemblée que le chapitre de l'Ordre tint à Saragosse, le 14 mai 1622. Au bout de quatre années, Gaspard Prieto se démit de sa charge et assista, en qualité de baron, aux cortès réunies à Monçon durant l’année 1626. Il fut nommé, peu après, évêque de Solsone, puis d’Alghieri en Sardaigne. Le roi d'Espagne confia à Gaspard Prieto le poste de capitaine-général de cette ile, où il vint tenir des cortès. Appelé à l'évêché d’Elne en vertu de bulles pontificales datées du 18 février 1636, Gaspard Prieto ne prit possession de ce siège que le 19 mars de l'année suivante, par l'intermédiaire de son procureur, le chanoine Raphaël Llobet. Son entrée à Perpignan eut lieu le 5 juin 1637. Gaspard Prieto publia un mandement, le 23 septembre 1637, par lequel il enjoignait aux fidèles de son diocèse de lui dénoncer les ecclésiastiques qui refuseraient l'administration des sacrements, sous prétexte qu'on ne leur aurait point payé les honoraires; les personnes qui auraient dansé, fait de la musique ou porté des armes prohibées, la nuit, dans les rues; les sorciers, les bigames, etc. Ce prélat est encore l’auteur de deux traités sur la façon de tenir les cortès dans le royaume d'Aragon. Gaspard Prieto, qui était un pontife aussi charitable que pieux, finit ses jours à Perpignan, le 30 octobre 1637. Il fut inhumé dans le vieux Saint- Jean, à côté du perpignanais Onuphre Réart, ancien évêque d'Elne, de Vich et de Gérone. En 1694, son tombeau s’écroula. Le chapitre de la cathédrale de Perpignan lui en fit construire un autre au même endroit, et fit graver cette épitaphe sur le sarcophage : Hic jacet illustrissimus D. D. Gaspardus de Prieto, religiosus B. Mariæ de Mercede, episcopus
Elnensis. Obiit die 30 octobris 1637. En déterrant son cadavre, on trouva dans la main droite un tube de verre, contenant un écrit qui a été donné dans le Gallia chrisliana pour une épitaphe que le chapitre aurait fait graver en son honneur, outre celle qu'on vient de lire. Celle inscription est une notice nécrologique qui rapporte les principales étapes de la carrière de Gaspard Prieto.
Archives des Pyr.-Or., G. 9, 50, 259. — Gallia christiana, t. VIT, col. 1073. — Puiccart, Catalogue biographique des évèques d’Elne.
PROFET ou PROFAYT (Vidal), nom vulgaire d'un poète juif appelé Pinhas-Hal-Levi, qui habitait Perpignan vers la fin du ximr° siècle. Il était le frère de R. Ahron Hal-Lévi ben Joseph ben Benevenist, une des plus grandes célébrités du monde rabbinique.
P. Vipar, Les Juifs des anciens comtes de Roussillon et de Cerdagne.
PROTASIUS, archidiacre de l’église d’'Urgell, quitta son pays et les dignités ecclésiastiques, en compagnie de six prêtres libres (Witisa, Victor, Lucanus, Guntfredus, Recceswindus, Sanctiolus) et de quelques laïques (Attila, Baro, Leudominus, etc.), pour fonder une association monastique. Ces divers personnages arrivèrent à Exalada, situé dans la vallée d'Engarra, sur le bord de la rivière de la Tet, et v achetèrent un terrain, dans le but d'’édifier un couvent en ce lieu. Ils choisirent pour patrons de leur monastère Saint André, Saint Pierre et Saint Jean. Le 24 février 846, le comte Bera, fils d'Argila. donna à cette colonie monastique l’église de Saint-André el le terrain voisin qui était attenant au territoire de Canaveilles. Dans le but d'assurer la conservation du nouveau couvent et de ses biens, Protasius ct ses moines sollicitèérent un diplôme de l'empereur Charles-le-Chauve. Le 5 août 871, ce monarque prit sous sa sauvegarde le monastère de Saint-André d'Exalada et accorda aux religieux la faveur d'élire leur abbé selon la règle de saint Benoit. Mais le monastère ne tarda pas à ètre ruiné par une inondation de la Tet. Dans le désastre. plusieurs moines périrent; les actes de propriété des biens du couvent ainsi que le diplôme de Charles-le-Chauve disparurent. Le sinistre se produisit en 874, selon les continuateurs de l’Hislotre de Languedoc, ou en 877, d'après l'avis de certains historiens. « Trente-quatre moines ou clercs. écrit judicieusement M. de Blay de Gaïx. qui avaient échappé à la mort, se réunirent sous l'autorité de Protius, prêtre, qu'ilsavaient élu abbé, et se transportèrent, en 878 (an 1 du règne de Louis IT, dit le Begue). au village de Clara, dans l'église de Saint-Martin, en attendant la reconstruc- Lion d'un nouveau couvent sur un emplacement
PROFET — PROTASIUS
exempt de tout danger d'inondation. Ils choisirent le lieu de Cuxa, assez voisin du village de Codalet. L'acte qui constate la translation en ce lieu de l'ancien monastère d'Exalada, est daté du 13 des calendes de juillet 879 (anno primo quo obiit Ludovicus rex) ; cet acte fut approuvé par quelques autres moines en 882 et 884 (ans 3 et 5 du règne de Carloman). L’empereur Charles-le-Chauve, qui mourut en 877, fut informé, peu de temps avant son décès, par Protasius, du désastre survenu au monastère d'Exalada ; le monarque écrivit à Protasius qu’il compatissait au malheur qui avait frappé sa communauté et lui recommanda de se fier à la merci de Miron, comte de Roussillon ; en outre, il prescrivit aux moines, dans cette même lettre, de choisir Protasius pour leur abbé. Ces indications nous sont données par le le testament de Protasius, copié dans le cartulaire de Cuxa, et daté des ides de septembre de l'an 878; dans ce document, l'abbé a soin de signaler que la lettre de Charles-le-Chauve est entre les mains du comte Miron. Ce dernier répondit à l'attente de son souverain ; il accorda sa protection, en 879, aux religieux échappés d’'Exalada et les aida à s'installer à Cuxa. Il leur donna une nouvelle assistance, en abandonnant généreusement au monastère, de concert avec sa mère Ermessinde, son frère Raoul et la comtesse, Guiscle, l'église de Saint-Vincent-du- Vernet, plusieurs autres églises en Conflent et diverses terres. Deux mois avant de rédiger son testament, en juillet 878 (an 1 du règne de Louis Il), Protasius avait assuré tout son bien au monastère qu’il voulait édifier en l'honneur de saint Germain, évêque d'Auxerre, afin d’y vivre, lui et les moines échappeés au désastre, selon la règle monastique de Saint-Benoit, et sous la protection du roi Charles et de ses successeurs. 11 déclara, dans l'acte de cette donation, qu'il faisait cette largesse à la sollicitation du comte Miron, et qu'il priait celui-ci et ses frères de garantir le futur établissement contre toute atteinte. Le 3 des nones de novembre de cette même année 878, divers laïques. entrainés par l'exemple du comte Miron et de Protasius, donnèrent à ce dernier et à ses moines, divers biens pour les aider à reconstruire le monastère de Saint-André d'Exalada. sous les vocables de saint Germain et de saint Jean: ces biens étaient situés dans les territoires de Canaveilles, d'Onzès, de Llar et d'En. Mais il ne suffisait pas à Protasius de recevoir des dons pour assurer le succès de son œuvre, il voulut encore reconstituer les titres confirmant les achats de biens et ie diplôme royal, établis en faveur du couvent de Saint-André d’'Exalada, et perdus dans le désastre causé par l'inondation. Une requête avait élé présentée, dans ce but, par l'abbé Baro et le moine Protasius, peu après l'accident. Conformément à la loi visigothe, la reconstitution
PROXIDA — PUIG
fut opérée par des juges qui procédèrent à des enquétes par témoins. Les titres reconstitués furent groupés dans trois actes datés du 2 des calendes de février, en 879 (an 2 de Louis Il); ils remplacèrent ceux que l’inondation avait détruits et qui étaient datés des années 1, 9, 10, 15, 25, 27, 30, 33, 34, 35 et 36 du règne de Charles-le-Chauve (regnante Karolo rege). Il résulte de ces actes reconstitués que l'abbé Baro, prédécesseur de Protasius, survécut au désastre, mais qu’il mourut peu de temps après, puisque son nom ne figure dans aucun acte de date postérieure. Le nouveau couvent de Cuxa, dédié à saint Germain, fut terminé en l’an 883 ; et Protasius, l’archiprêtre d'Urgell, qui avait été agrégé au monastère d’Exalada, sous le gouvernement des abbés Witisa et Baro, prit possession du nouveau couvent, cette même année 883. »
DE BLAY DE Gaïx, Elude sur la fondation de l'abbaye de Saint-
Michel de Cura, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. VI.
PROXIDA (Jean de) figura, avec le titre de grand
archidiacre, au synode qui fut tenu à Elne, le 10 mai 1388.
Archives des Pyr.-Or., G. 169.
PUIG (dez). Voyez articles: Arnaud, Pierre, Guillaume, Jean-Pierre, Bernard, Mathias De: Puig.
PUIG (Michel dez), catalan, docteur en l'un et l’autre droit et chanoine de Barcelone. fut nommé à l'évêché d’Elne, le 8 juillet 1545. Le 28 de ce même mois, il adressa une lettre au chapitre d'Elne pour lui envoyer les bulles de nomination. Le 2 août suivant, Michel dez Puig prit possession par procureur de la chapellenie majeure de Saint-Jean et fut reçu chanoine de la collégiale. Ce prélat résigna, le 28 mai 1547, un canonicat qu'il possédait dans la cathédrale de Barcelone, en faveur de son frère Jean- Joachim dez Puig, clerc de cette ville. Il se rendit aux sessions du concile de Trente et fut du nombre des évêques qui s'opposèrent à la suspension de cette imposante assemblée œcuménique. En son absence, l'administration du diocèse d’Elne fut laissée entreles mains du vicaire-général, Michel Giginta. C'est ainsi que le 20 mars 1552, Jean Punyet, évêque de Cvrène et auxiliaire de l’évêque d'Urgell François de Ürries, consacra l’église du nouveau couvent de Sainte-Claire de Perpignan. Au préalable, le prélat consécrateur avait obtenu de Michel Giginta, la permission de procéder à cette cérémonie. Le 27 avril 1552, Michel Giginta adressa un mandement aux prêtres du diocèse d'Elne, pour leur enjoindre de prescrire l'obligation pour les fidèles de célébrer la fête de saint Gaudérique, sous peine d'excommunication. C’est sous le patro-
nage de Michel dez Puig, que François Salsona, professeur de droit à l’université de Barcelone, publia un de ses ouvrages: Slylus capibreviandi cum ulili tractatu de stylo clausularum. Michel dez Puig envoya au Pape sa démission de l'évêché d’Elne, vers le milieu de l’année 1552. Il ne tarda pas à être pourvu d'un nouveau siège épiscopal. Jules III le nomma à l'évêché d’Urgell, dans le courant du mois de janvier 1553. Dès son arrivée dans le diocèse, Michel dez Puig fut choisi comme arbitre pour trancher les difficultés qui divisaient les membres du chapitre et ceux de la communauté ecclésiastique de la cathédrale, touchant leurs droits respectifs sur les funérailles. Paul IV transféra Michel dez Puig à l'évêché de Lérida, le 13 avril 1556. Ce prélat prèta serment, le 22 maisuivant. entre les mains de l’évêque de Barcelone Jacques Caçador, et prit possession de son siège le 4 juin de la même année. Il donna particulièrement tous ses soins à l’œuvre de la formation du clergé diocésain. Dans ce but. il fonda à Lérida, dès l’année 1589, un séminaire qui peut être considéré comme le premier érigé en Europe, d’après les constitutions du concile de Trente. Conformément à ses volontés, on devait travailler dans cet établissement à la formation cléricale de douze séminaristes, dont trois devaient être originaires du diocèse de Lérida, trois autres de l’évêché de Barcelone, trois de celui d’'Urgell, deux de celui d’Elne, et le douzième devait provenir de la famille dez Puig. L'évêque de Lérida tint un synode en 1557. Il édicta dans cette assemblée diverses constitutions afférentes à la discipline ecclésiastique et au culte divin. Michel dez Puig les promulga sous la rubrique : préceptes spirituels. Il avait projeté un plan de réforme de l’Université de Lérida qui ne fut mis à exécution que sous le pontificat de son successeur, Antoine Augustin. Michel dez Puig mourut à Lérida le 21 novembre 1559, des suites d'une attaque d’apoplexie.
Archives des Pyr.-Or., G. 10, 48. — TOoRRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes. — Puiccari, Calalogue bivgraphique des évêques d’'Elne. — VizLANTEVA, Viaje literario a las iglesias de España, t. XI et XVII.
PUIG (Pierre), prêtre des Escaldes, est l’auteur d'un livre intitulé Politar Andorra, contenant en abrégé la série des évêques de la Seo d'Urgell, avec une notice sur chacun d'eux. Les actes de ces prélats sont étudiés surtout au point de vue politique. Cette portion du manuscrit laisse beaucoup à désirer; il y a des doubles emplois, des interversions, des anachronismes, des omissions, etc., contre lesquelles on ne saurait trop être en garde. Tout n'est pourtant pas à rejeter et le livre de Pierre Puig contient des indications qu'il est impossible de trouver
ailleurs.
PUIGDAULUCH (Bernard) fut dépensier de la cour royale de Majorque, sous Jacques Il. Philippe de Castro, chambellan de Pierre le Cérémonieux, et Pierre de Moncade, amiral de ce monarque, envoyés au mois de juillet 1344 au château de Perpignan, pour saisir les papiers et les pièces à conviction pouvant servir au procès de l'atelier monétaire de Perpignan, se buttèrent contre la vive résistance opposée à leurs investigations par Bernard Puigdauluch. Les agents du roi d'Aragon parvinrent à fracturer les armoires de la dépense et les trouvèrent remplies de cabas pleins de moules et de coins de monnaies. En 1345, Pierre le Cérémonieux fit mettre sous séquestre les biens de Bernard Puigdauluch, considéré comme rebelle.
Archives des Pyr.-Or., B. 97. — Lecoy DE LA MARCHE, Les relalions poliliques de la France avec le royaume de Majorque.
PUIGDAULUCH (Jacques) fut nommé maître de la Monnaie de Perpignan, en 1341, par le roi de Majorque, Jacques II. Ce prince le pria de se charger de fabriquer ses monnaies, de concert avec Raymond Albert. Jacques Puigdauluch s’excusa en avouant son incapacité ; mais le souverain le força d'accepter le brevet de maître de la Monnaie, scellé de son sceau. Jacques Puigdauluch et Raymond Albert frappèrent la monnaie, sur les indications du roi de Majorque en personne. La création de cet atelier monétaire à Perpignan fut la cause occasionnelle qui entraîna la chute du royaume de Majorque.
LEcoY DE LA Marcue, Les relations poliliques de la France avec le royaume de Majorque.
PUIGGARI (Pierre) naquit à Perpignan, le 27 janvier 1768. Doué d’une intelligence d'élite, il voua presque toute son existence à la culture des lettres. Jeune et après avoir fait d'excellentes études, il entra comme novice au monastère des Bénédictins d'Arles-sur-Tech. Il désirait faire partie de cet ordre célèbre qui a fourni tant de noms chers à la science, et il était, en effet, bien digne d'y prendre place ; mais il fut contrarié dans ses penchants par la Révolution de 1789. Il passa en Espagne, se rendit à Madrid, où il se livra avec ardeur à l'étude si riche de la langue castillane. Rentré dans sa patrie. il embrassa la carrière de l’enseignement : pour un homme tel que lui, c'était presque suivre sa première vocation. Il fut successivement professeur d'humanités et de rhétorique et il devint plus tard principal du collège de Perpignan. Ce fut à cette époque qu’il composa ses Leçons de langue espagnole, le meilleur livre qui ait encore paru en ce genre. Il donna ensuite une nouvelle édition de la Grañmaire espagnole-française de Chantreau, ouvrage destiné aux Espagnols et qui a obtenu à juste titre les plus grands succès. Profon-
PUIGDAULUCH — PUIGGARI
dément versé dans la littérature ancienne et moderne, c'est de préférence vers les études historiques et archéologiques que Puiggari dirigea les grandes facultés de son esprit. Il avait acquis la connaissance la plus complète de l’histoire du Roussillon, en fouillant avec sagacité dans les vieilles archives, parmi les chartes et les parchemins, et il possédait une vaste érudition, qui s’alliait à une remarquable netteté de jugement. C'était presque un jeu pour lui d'aborder les questions les plus difficiles ou les plus controversées ; toujours armé d’une critique sûre, la lucidité de son opinion apportait partout la clarté. Son style correct, élégant et facile était empreint de cette logique qui entraîne avec elle la conviction. Infatigable au travail, il n’a pas cessé d’être jusqu’à ses derniers jours, un de ces Bénédictins volontaires pour qui l'étude était une nécessité. Il a inséré dans le Publicateur (de 1832 à 1838) et disséminé dans d’autres recueils un grand nombre d'articles estimés sur divers sujets d'archéologie, tels que les inscriptions romaines en Roussillon, Ruscino, Illiberis, Villa Gothorum, les anciennes villas romaines, l'église Saint-Jean-le-Vieux, les origines de Perpignan, Saint-Martin du Canigou. En 1842, Pierre Puiggari publia le Catalogue biographique des Evêques d'Elne, depuis l’an 571 jusqu’à nos jours. On ne saurait assez apprécier, en lisant cet ouvrage. combien il a fallu de temps et de savoir pour découvrir, à cette époque, dans les vieilles annales religieuses du Roussillon un nom ou une date inconnus, et leur fixer la place qu'ils doivent occuper dans l’histoire. Aussi ce volume est pour le monde savant un travail considérable et de haute portée. Il a servi à corriger une foule d'erreurs qui avaient été introduites dans le Gallia christiana. L'intelligence de Pierre Puiggari, qui n'avait rien perdu de sa vigueur, lui permit de publier une Grammaire calalane, à l’âge de quatrevingts ans. Il a laissé aussi, en manuscrit, un Diclionnaire catalan-français qui est le complément de sa Grammaire. Pierre Puiggari mourut à Perpignan le 4 septembre 1854.
Morer, Pierre Puiggari, dans le X° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales.
PUIGGARI (Antoine -Jean-Baptiste-François-Xavier), neveu du précédent, est né à Perpignan le 17 janvier 1815. Admis, en 1833, à l'Ecole Polytechnique, il passa par l'Ecole d'application de Metz et entra dans le corps du Génie. Puiggari servit quelque temps en Afrique, fut ensuite chargé des chefferies de Prats-de-Mollo et de Fort-les-Bains, de mars 1841 à juillet 1848, et fit la campagne de Rome, comme commandant d’une compagnie de sapeurs.
Il remplit les fonctions de chef du Génie, à Perpignan, par intérim, pendant l'été de 1850, et à Nar-
PUIGGARI
bonne. Il fut nommé chef de bataillon à Montpellier et termina sa carrière militaire à Perpignan, où il fut directeur des fortifications, de 1867 à 1875. Chevalier de la Légion d'honneur en 1849, il fut promu officier le 12 août 1862 et commandeur le 21 avril 1874. En 1842, Puiggari rédigea pour Amélie-les-Bains un projet d'hôpital thermal. Le talent dont il fit preuve en cette circonstance, l'habileté qu’il montra dans la direction des travaux, le zèle avec lequel il s'employa à défendre les intérêts de l'Etat dans diverses affaires d’expropriation, lui valurent de nombreuses félicita-
tions de ses chefs. Plus tard, Puiggari établit les projets du fort des Bazergues, dans la vallée de l'Ariège, de la caserne de Mende, d'une caserne à Montpellier, etc. Il fut commandant de place à Perpignan, pendant la difficile période du 2 novembre 1870 au 30 mars 1871. Ses services de guerre étaient non moins remarquables. Sans parler de ses campagnes d'Afrique, à Rome, où il rencontra le général Niel, qui avait appris à l’apprécier en Algérie, le capitaine Puiggari prit part à diverses affaires, notamment au combat du 30 avril 1849, où il se trouva en tête d’une colonne ; le rare courage dont il fit preuve ce jour-là, lui valut la croix de la Légion d'honneur. Avec de pareils états de service, Antoine Puiggari aurait pu prétendre aux plus hauts grades. L'attachement de Puiggari à son pays natal, l’affection sans borne qu'il avait voué à sa famille, contrarièrent son avancement. Puiggari appartenait à une famille où la science historique était en honneur : son oncle Pierre Puiggari était sans conteste le plus érudit des esprits roussillonnais de sa génération. Sans doute. cet exemple ne fut pas sans exercer quelque influence sur le neveu, qui témoigna lui-même, dès les premiers temps de sa carrière, d'un esprit curieux des choses de l’érudition. En Afrique, Antoine Puiggari avait appris l'arabe et s'était adonné à l'étude de l'archéologie orientale. Pendant l’expédition de Rome, il joignit l'italien à l'espagnol, qu'il connaissait déjà, et il présida une commission chargée de travaux historiques. Doué d'une mémoire heureuse, d’un esprit précis et perspicace, chercheur infatigable, il possédait de plus une qualité infiniment précieuse pour un archéologue : une habileté surprenante au dessin. L'Ecole d'application de Metz gardait, en 1870, des épures de lui, et il a laissé dans ses cartons nombre de plans où on ne sait ce qu'il faut le plus admirer de la sûreté de la main ou de la patience du dessinateur. Le colonel Puiggari avait aussi un réel talent d’exposition. La description des plombs trouvés par lui à Amélie-les-Bains est véritablement un modèle de clarté. Jusqu'à la fin, d’ailleurs, il exerça sa plume: pour se distraire, ce vieillard ne dédaignait pas de tourner des vers latins, catalans ou français. Archéo-
logue d'autant plus sùdr qu’il était habile constructeur, Antoine Puiggari était surtout un catalaniste accompli. Au dire d’un bon juge, la vieille langue de la province coulait de ses lèvres, pure et nette comme une source coule des glaciers du Canigou. Malgré ces dispositions exceptionnelles, il ne publia cependant pour ainsi dire rien. Tout le long du jour, il travaillait pour apprendre, non pour imprimer, se contentant d'accumuler les notes et les ouvrages, les plans et les admirables reproductions de manuscrits ou d’estampes, dans sa belle bibliothèque de la rue Saint-Christophe. A qui l’engageait à faire connaître le résultat de ses études, il répondait en plaisantant qu'il avait bien assez de mal à s’instruire sans chercher à instruire le public. Le colonel Puiggari a laissé néanmoins un certain nombre d’études manuscrites. En voici l’'énumération : Les Goigs; Le pluriel féminin catalan; L'interjeclion catalane: Carail ; Les dates métriques ; Une inscription du VI° siècle à Prats-de-Mollo; Une inscription catalane du XII siècle ; Un bassin de cuivre jaune de Saint-Michel de Cuzxa :; Un ivoire de Narbonne ; Les dynars trouvés à Monastirdel-Camp ; Les monnaies seigneuriales de Besalu et de Roussillon trouvées près de la Junqguera; Le premier livre imprimé à Perpignan, en 1502; Le prieuré de Saint-Estève-del-Monastir ; Notes sur saint Enves; La légende de saint Lin; L'apparition de l'Ange; Le bras de saint Jean-Baptiste conservé à Saint-Jean ; Le vieux Saint-Jean, et d’autres petits travaux qu'il serait trop long d’'énumérer. Ce savant communiquait avec une libéralité bien rare les notes qui lui avaient coûté tant de labeur. Par ses indications et ses conseils, il exerça sur les études historiques en Roussillon une influence considérable. Il fut, de plus, en correspondance avec Anatole de Barthélemy, Reinaud, de Saulcy, Allmer, Sacaze, Révoil, Douais, etc., et avec les plus distingués parmi les écrivains de la Catalogne. À Perpignan, il était inconnu ou plutôt méconnu: c'est que, malgré le long commerce des hommes, il était resté un de ces délicats qui fuient volontiers le contact du vulgaire et le bruit des foules. Des son arrivée à Perpignan, en 1867, Antoine Puiggari s'était fait recevoir de la Société scientifique. À Narbonne déjà et à Montpellier, il avait pris part aux travaux d'érudition, et la Commission archéologique de Narbonne le nomma plus tard membre honoraire, comme étant « l’un des hommes dont elle avait eu le plus de droit de s enorgueillir. » La Société des Pyrénées-Orientales fut amenée à lui offrir, en juillet 1871, la vice-présidence. Le colonel Puiggari refusa, persuadé qu'au lendemain de nos désastres, un officier n'avait pas le droit de dérober à ses occupations professionnelles une part quelconque de son temps et de ses forces. En 1874, la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-
Orientales fit de nouvelles démarches, auxquelles Antoine Puiggari répondit encore par un refus. Le 3 décembre 1890, au matin, il fut trouvé mort au pied de son lit. Ses obsèques eurent lieu sans pompe. Simple et droit jusqu’au bout, le colonel Puiggari avait voulu qu'il n’y eut à son enterrement ni discours ni honneurs militaires. Il voulut aussi être enseveli dans la fosse commune.
BRuTAILSs, Notice sur le colonel Puiggari dans le XXXII° Bul-
letin de la Société Agricole, Scientifique et Lilléraire des Pyrénées-Orientales.
PUIGMARI Y FUNES (Pierre de), docteur en droit et chancelier du roi d'Espagne dans la principauté de Catalogne, les comtés de Roussillon et de Cerdagne, fut élu abbé de Saint-Michel de Cuxa, en 1618. Il succéda à François d’Erils. occupa le siège abbatial de ce monastère durant neuf années et mourut en 1627. En 1631 on publia, à Barcelone. un ouvrage de cet abbé scus la rubrique: Lilterarum pasloralium ediclorum, etc., Miscellaneum, in-8°.
FOURQUET, Catalogue des livres imprimés et manuscrits de la
bibliothèque communale de Perpignan. — Abbé Fort, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
PUIGNAU (François), notaire de Perpignan, se livra durant trente-cinq ans à des recherches historiques dans les archives du Roussillon. Le 16 février 1605 il termina un Llibre de rubricas del capitol de la Réal qui renferme l'analyse d'actes déposés chez divers notaires. Les pièces analysées concernent les fiefs, les censaux, etc. du chapitre et de la commurnauté ecclésiastique de la Réal. Elles sont au nombre de 192, rangées dans un ordre arbitraire; elles vont de l’année 1368 à 1690. Le 12 septembre 1608, François Puignau entreprit l'inventaire des archives du chapitre d'Elne et le 23 juillet 1630, l'analyse des documents de la communauté de Saint-Mathieu de Perpignan. Ce dernier répertoire comprend 814 articles dont les 694 premiers seulement ont été rédigés par Puignau. On cite surtout de Puignau les Rubriques, dix volumes inédits contenant l'analyse de milliers d'actes, source précieuse pour l'histoire du Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., G. 6, 62, 393, 579. — P. Vipa, Histoire de la ville de Perpignan.
PUIGMARI — PUJOL
PUIG-ORFILA (Quillaume de) s'attacha à la fortune de Jacques [°, roi de Majorque. Ce monarque lui fit donation de droits domaniaux sur des maisons, jardins, vignes, différents terrains situés à Collioure. Plus tard Guillaumede Puig-Orfilaacheta à Guillaume dez Volo, la moitié de la dîime du vin, des raisins, de trois parts de la dime des blés, des légumes et du quart de la dîme des autres fruits du territoire de Toulouges pour 5050 sols de Malgone. Un privilège de Jacques [° porta encore concession en sa faveur des justices du château de Vilaclare. Guillaume de Puig-Orfila devint conseiller du roi de Majorque. Le dévouement qu'il porta à la dynastie majorquine lui attira l’inimitié du roi d'Aragon qui, étant venu à l’improviste à Perpignan, en 1285, le fit arrêter en compagnie d’'Arnaud Batille, un autre des conseillers royaux. En 1275, Guillaume de Puig-Orfila avait gracieusement octroyé aux Frères-Prêcheurs, des locaux et des terrains, pour construire un couvent de leur ordre dans la ville de Collioure. Il fit encore donation à l'hôpital et à l'aumône de cette ville des dîimes de Malloles et de Toulouges qui étaient en sa possession. Guillaume de Puig-Orfila eut un fils, Arnaud, qui fut aussi docteur ès-lois et partisan dévoué dudernier roi de Majorque. A son tour, Arnaud de Puig-Orfila ne laissa qu’une fille, Fina. Celle-ci unit ses destinées à Pierre Amoros, d’Argelès.
Archives des Pyr.-Or., B. 192, 209, 211, 217, 219, 357, 318. —
LEecoY DE LA MARCHE, Les relations politiques de la France avec le royaume de Majorque.
PUJOL. (Bernard), chanoine de la collégiale de Saint-Jean de Perpignan, avait été reçu au doctorat en théologie dans l'Université de cette ville, en 1596. Il fut recteur de cette compagnie, de 1604 à 1609. Bernard Pujol écrivit sur l’adoration due à la sainte Eucharistie: De sacro adorationis cultu, disputationes quatuor, 1608, in-8°. Il contribua pour une large part à la construction du retable en marbre blanc qui orne le chevet de la cathédrale de Perpignan. Les armes du chanoine Pujol (une montagne sommée d'un soleil) sont sculptées sur deux panneaux de ce monument ainsi que sur l'autel du dévot Crucifix.
Coma, Noticies de la iglesia insigne collegiada de Sant Joan de Perpinya. — Annuaire des Pyrénées-Orientales, année 1834.
QUER (Bernard) fut maître des œuvres royales en Roussillon, sous les rois de Majorque. En 1346, Pierre IV, roi d'Aragon le mit à la retraite.
Archives des Pyr.-Or., B. 97.
QUER (Jean), fondeur de cloches à Villefranchedu-Conflent, fabriqua une cloche pour l’église de Finestret, en 1354.
Archives des Pyr.-Or., B. 102.
QUER YŸ MARTINEZ (Joseph), botaniste, né à Perpignan, le 26 janvier 1695, y reçut sa première éducation et se livra à l’étude de la botanique, de l'anatomie et de la chirurgie. Il fut ensuite nommé chirurgien-major d’un régiment espagnol, et resta, comme son père, attaché à son ancienne patrie, quoiqu'il fut devenu français par la cession du Roussillon à la France. Quer alla successivement herboriser dans les provinces orientales de l'Espagne, sur les côtes d'Afrique où son régiment faisait partie de l'expédition d'Oran ; à Naples, en Sicile, où il fut nommé chirurgien-major de plusieurs hôpitaux, et dans les autres parties de l'Italie, où il cultiva aussi la chimie. Revenu en Espagne en 1737, il s'établit chez le frère de son colonel, le duc d'Atrisci, devenu son Mécène. Il mit en ordre ses collections et forma dès lors le projet de composer une Flore Espagnole pour laquelle il réunit encore dans son pays de nombreux matériaux. En 1742, il revit l'Italie, en qualité de chirurgien-major de l’armée, et sut allier les devoirs nombreux de sa nouvelle place avec le commerce des naturalistes italiens et les excursions botaniques. Lors de l'attaque du camp de Viterbe par les Allemands, ne voulant pas quitter le duc d'Atrisci au moment du danger, il fut fait prisonnier mais bientôt relâché, après avoir été dépouillé de tous ses vêtements, ne conservant que son herbier qu'il avait confié au trésorier-général de l’armée. A la paix, il revint en Espagne par le Midi de la France, où il vit Sauvage et Barrère. Accueilli par la duchesse d'Atrisci, devenue veuve, il profita de sa permission pour semer dans ses jardins les nombreuses graines que ses voyages lui avaient procurées, ainsi que celles que de nouvelles excursions en Espagne lui
rapportèrent, et celles qu'il continua de recevoir de France et d'Italie. Il ne tarda pas à manquer d'espace, et alors il fit l'acquisition d’un jardin dans le voisinage où, en peu d'années, il réunit plus de deux mille espèces. Cet établissement, le premier qui fut formé en ce genre en Espagne accrut beaucoup sa réputation, et répandit le goût de la botanique. Les succès de Quer donnèrent à Charles ITT l’idée de créer un jardin botanique dans le potager du Prado ; mais ce projet ne fut mis à exécution que sous Ferdinand VI en 1755. Les plantes cultivées dans le jardin de Quer firent le fond de celui du roi et lui-même en fut nommé le professeur. Les premiers progrès do la botanique en Espagne furent dus aux cours qu'il fit en cette qualité, à ses conversations avec les jeunes gens qui visitaient en grand nombre le jardin, autant peut-être qu'à sa flore. Quer renonça dès lors presqu'entièrement à la pratique de la chirurgie qui lui avait cependant été très utile, et se consacra exclusivement à la botanique. Il avait précédemment visité l'Estramadure et la chaîne des Pyrénées où il observa le chamois et le lagupède dont il donna des descriptions détaillées et intéressantes. Il explora ensuite la Vieille-Castille et les provinces maritimes du Nord- Ouest de la Péninsule. Au retour de son voyage, il s’occupa de la rédaction de la Flore Espagnole et mit en ordre les matériaux qui devaient remplir les derniers volumes; mais il n'eut pas la satisfaction de terminer cet ouvrage. Il mourut d'une fièvre inflammatoire, le 19 mars 1764. Avant Quer, la botanique était très peu cultivée en Espagne. Il convient lui-même, et c’est aussi l'opinion de Rodriguez, que les Espagnols n'avaient aucun botaniste marquant à opposer à ceux des autres nations. Huguna, moins naturaliste que médecin, n'était connu que par un commentaire sur Dioxoride. Hernandez, Garcias ab Horto, Acosta, Monardès avaient fait connaître un grand nombre de plantes des deux Indes; mais ils avaient très peu avancé la botanique. Jacques Salvador, ami et contemporain de Tournefort, était seul nommé avec distinction, quoiqu'il n'eut rien publié. Les plantes de l'Espagne n'étaient connues que par les herborisations ou les ouvrages de l’Ecluse, Tournefort, Ray, Barrelier, Antoine de Jussieu, Lœæfling
et d’autres étrangers. Quer fut le premier Espagnol qui publia un travail sur les plantes de son pays. Cet ouvrage parut à Madrid, sous le titre : Flora española, 6 Historia de las plantas que se crian en España (1762- 1784), 6 vol. in-4°, avec 188 planches. Bien qu'il ait été composé à une époque où dominait le système Linné, il est cependant distribué d’après la méthode de Tournefort. La cryptogamie y est omise presque entièrement, tandis que les coraux et corallines y figurent encore parmi les plantes. Les quatre premiers volumes ont été publiés par l’auteur, et Ortega donna ses soins aux deux autres. Les services que Joseph Quer a rendus à la botanique ont été reconnus par Lœfling, qui lui a consacré le genre Queria, de la famille des légumineuses. Outre cet important ouvrage, Quer avait préparé divers travaux qui n'ont jamais été livrés à la publicité. On cite entre autres : La traduction des œuvres de Le Draud, une Serpentologie et une Disserlalion sur la ciguë.
ToRRES-AMAT, Diccionario critico de los escrilores calalanes. —
Annuaire des Pyrenées-Orientales, année 1834. — HŒrERr, Nouvelle biographie générale.
mr en -. QUERALT (Pierre de), noble aragonais, signa,
le 20 janvier 1279, à Perpignan, la convention conclue entre Pierre III, roi d'Aragon, et son frère Jacques I”, roi de Majorque, par laquelle le second se reconnut le vassal du premier, sous certaines réserves. Pierre de Queralt fut nommé plus tard seigneur justicier de Céret.
Archives des Pyr.-Or., B. 1. — LEecoy DE LA MARCHE, Les relations politiques de la France avec le royaume de Majorque.
QUERALT (Gérard de) détenait par engagement la baronnie de Tresserre, au début de la première annexion du Roussillon à la couronne de France. En 1468, ce fief fut confisqué au nom de Louis XI, au détriment de Gérard de Queralt.
Archives des Pyr.-Or., B. 283, 407, 48.
QUERALT (Georges de), seigneur de Mossel, au commencement du xv° siècle, percevait des rentes sur les lieux de Prats-de-Mollo, Conat et Cortsavi. Il mourut sans postérité, laissant ses biens en héritage à sa sœur Eléonore, épouse de Bernard de Centelles.
Archives des Pyr.-Or., B. 240, 247.
QUERALT (Jean de) reçut de Philippe Il, roi d'Espagne, commission de coadjuteur ou adjoint du Gouverneur des comtés de Roussillon etde Cerdagne. À la mort de Guillaume d'Ivorra, Jean Blan-Ribera prit la direction intérimaire de l'administration de la province, jusqu'au jour où Jean de Queralt fut nommé à l'office de Gouverneur. Lors de l'attaque du château de Mosset par le seigneur du Vivier, Jean
QUERALT
de Queralt fut l'objet d’une accusation calomnieuse. François Semaler, originaire d’Ille, résidant à Aleth, déclara que le gouverneur du Roussillon était de connivence avec les assiégeants, et qu'il avait vendu frauduleusement deux chevaux à M. de Joyeuse. Le duc de Feria, capitaine-général, destitua Jean de Queralt de sa charge, et le traduisit devant le Conseil du roi. Devant les juges, François Semaler rétrecta ses fausses allégations. Après s'être confessé et-avoir communié, il déclara dans la sacristie du couvent des Carmes de Perpignan que sa déposition n'était pas l'expression de la vérité, et qu’elle lui avait été suggérée par Diego de Robledo et de Vera, Fernand de Tolède, capitaine-général, et Gérard de Cruilles, seigneur de Mosset. Ceux-ci lui avaient fait entendre que, par suite de son accusation, Gérard de Cruilles deviendrait gouverneur du Roussillon et lui donnerait l'office de baïlli de sa seigneurie. Un privilège de Philippe III réintégra Jean de Queralt dans sa charge de gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne. À quelque temps de là, il fut appelé, par ce prince, au gouvernement de la province de Catalogne.
QUERALT (Joseph de), magistrat, partisan de la domination française en Catalogne, fut nommé par Louis XIV, doyen de la Royale Audience. Le 29 juillet 1653, ce prince lui octroya des rentes sur les biens d'Antoine Reart. Joseph Queralt fut nomméconseiller au Conseil souverain du Roussillon le 10 juillet 1660 et mourut peu de temps après (avril 1661), laissant trois fils : Sébastien, chanoine de la Réal; Fructueux et François dont les notices suivent.
Archives des Pyr.-Or., B. 394.
QUERALT (Fructunux de), fils aîné du précédent, recueillit, le 43 mai 1661, la succession de son père au Conseil souverain du Roussillon. Il épousa, en 1666, une riche veuve, Cornell et Dassus, qui lui donna un fils appelé aussi Fructueux. Celui-ci reçut le diplôme de docteur en droit, entra dans les ordres, devint chanoine d’Elne et conseiller au Conseil souverain du Roussillon. Le 17 novembre 1727, il prononça dans l’église de l’Eule l’Oraison funèbre de messire Élienne de Ponte comte d'Albaret, premier president du Conseil Souverain, Perpignan, Fr. Reynier, in-4°, 44 pages.
Archives de M°° Babut.
QUERALT (François de), frère du précédent, embrassa la carrière ecclésiastique et ne tarda pas à posséder un canonicat à Perpignan, dans le chapitre de Saint-Jean. Il fut nommé vicaire capitulaire du diocèse d’Elne, dans le courant du mois d'avril 1664,
QUERALT
à la suite de la déposition de Jérôme Lléopart. Le Conseil souverain ayant appris que Lléopart et Queralt ne craignaïient pas de faire office de vicaire, les pria de cesser provisoirement leurs fonctions. Lléopart promit d’obéir. Queralt et le chapitre refusèrent. Le Conseil souverain lança un arrêt, le 5 mai 1664, maintenant Lléopart dans la charge de vicaire capitulaire jusqu’à ce que Rome eut tranché le débat. François de Queralt excommunia alors ses adversaires: Lléopart, le président Sagarre et le conseiller de Marti. « La Cour, raconte M. le chanoine Torreilles, crut de sa dignité de mettre un terme à de tels déportements ; la tranquillité publique paraissait aussi l’exiger. En ville ce n'étaient partout que conciliabules, réunions, provocations, les uns restant fidèles à Lléopart, les autres, surtout les exaltés, prenant fait et cause pour Queralt et ses deux séides, l’'archidiacre Garriga et le bénéficier Pugsech, curé de Saint-Jean. La presque unanimité opina pour une répression sévère et, dans une réunion secrète tenue le 21 mai, on parla d’infliger une forte amende aux chanoines Queralt et Garriga et au bénéficier Pugsech. La sentence devait être précisée, arrêtée et portée le lendemain en séance publique. Celle-ci s'ouvrit à une heure matinale, sûrement avant 9 heures. puisque l'avocat général raconta que Queralt et ses deux complices, ayant eu vent des résolutions prises la veille en réunion secrète, allaient lancer durant la messe du chapitre une sentence d’excommunication contre le Conseil. Une indiscrétion, presque une trahison avait été commise; la Cour qui soupçonnait véhémentement le conseiller Queralt, frère du chanoine de ce nom, d'en être l’auteur, ordonna une enquête sur ce point. Elle décida ensuite de se réunir à nouveau dans la soirée, non sans avoir au préalable nommé un rapporteur de l'affaire. Vers 3 heures, les conseillers réunis apprirent que Queralt s'était contenté de lancer, à la messe capitulaire, un monitoireenjoignant à Sagarre, à de Marti et à l’alguasil Giminell, d’avoir à comparaître devant son tribunal avant midi, faute de quoi ils seraient excommuniés durant les vêpres. Les susdits n’ayant pas paru, Queralt les avait solennellement excommuniés du haut de la chaire de la Cathédrale. À l’'excommunication le Conseil répondit par un arrêt bannissant Queralt, Garriga et Pugsech. Ordre était donné de prévenir immédiatement le sieur de Chatillon, chargé comme lieutenant de roi de la police de la ville et de la province. La Cour se réunirait une troisième fois, à 5 h. 1/2, pour connaître du résultat de la démarche. Elle vint à l'heure dite, mais de Chatillon pas de nouvelles. Comme les parlements aux jours d'émeute, elle se déclare alors en permanence. Un premier estafette qui a rencontré le lieutenant du roi sur la Loge, au milieu de ses
officiers, raconte que celui-ci ne viendra pas avant 8 heures, « car il doit aller souper au jardin d’en Simon. » Un second annonce que le lieutenant du roi s'est ravisé et attend chez lui une ambassade de la Cour. L'ambassade rentre peu après et rapporte que Chatillon, « vu la gravité de l'affaire » a demandé un sursis pour conférer avec l'avocat général et l'intendant. Sur ce, levée de la réunion et $on renvoi au lendemain matin, à 9 heures. Sagarre annonce, dès l'ouverture de la séance du 23 mai, que Chatillon continue ses pourparlers ; il s’entretient à l’heure actuelle avec le gouverneur de la citadelle. C’est que, depuis la veille, la situation a empiré: Queralt, Garriga et Pugsech, « armés de pistolets et de carabines » se sont retranchés dans Saint-Jean, en menaçant de faire feu contre tout assaillant « sous prétexte de conserver l’immunité ecclésiastique ». On apprend peu après que Chatillon recule. Il veut bien exécuter les ordres du Conseil, « pour actes à faire dans la rue »; mais il n’ose prendre sur lui de monter à l'assaut d’une église. « Il y aurait des morts et Sa Majesté trouverait peut-être mauvais qu’on ne l’ait pas consultée. » Par suite de cette reculade de l'autorité militaire, la Cour restait désarmée. Elle eut beau, pour masquer sa défaite, décider le jour même l'envoi à Paris du conseiller de Trobat, lui compter sur l'heure 100 doubles d’or pour le voyage, lui remettre peu après des instructions aussi précises que menaçantes, ce n'en était pas moins un échec que Queralt et ses complices soulignèrent par d'éclatants défis. Un rapport de l’intendance déclare qu'ils organisèrent une réunion publique et qu'ils osèrent prier les consuls d’obliger Lléopart à céder tous les papiers de son administration. Ils firent mieux le jour de la Fête-Dieu ; le Conseil souverain assistait en corps tous les ans, ce jour-là, aux offices et à la procession de la Cathédrale. La veille il décida des’y rendre avec la même solennité et, pour qu'il n’y eut pas de défections, il menaça d’une amende de 500 livres ceux qui s'en dispenseraient sous quelque prétexte que ce fut. Sagarre et de Marti étant excommuniés, la Cour bravait, en se solidarisant avec eux, la sentence portée par Queralt. Elle entendait aussi l'acculer à une reculade ou à un éclat. Queralt répondit à cette bravade par une autre bravade. « Aussitôt que ce Conseil fut entré dans l’église, racontel'intendant, il fit enfermer le Saint-Sacrement qui était exposé, cesser de célébrer la messe et autres actions publiques, au scandale de tout le peuple et mépris des officiers de Sa Majesté. » En attendant la revanche publique, que Trobat réclamait à Paris et sur laquelle on comptait à Perpignan, le Conseil se vengeait des insolences de Queralt en annulant les sentences favorables qu'il obtenait en Cour de Rome. Le 28 juin, arrêt écartant, « comme simple prépara-
toire pour arriver au plein possessoire de son titre de vicaire général », un décret du juge des appellations de la Curie romaine qui maintient Queralt dans la quasi-possession de son titre de vicaire capitulaire. Autre arrêt, le 14 août, déclarant sans valeur un monitoire du mèine juge, qui cite Lléopart « devant le lieutenant criminel de l’Auditeur de la Chambre apostolique » pour y répondre de ses atteintes à l'immunité ecclésiastique par son appel aux juges laïques du Conseil souverain. Par contre, la Cour signifie au chapitre l’arrêt du Conseil d'Etat du 18 juillet qui confirme son arrêt du 5 mai précédent en faveur de Lléopart. Et quand Trobat revient de Paris porteur d’une lettre du roi qui, sans désavouer Chatillon, lui enjoint à l’avenir d’obéir « sans retardement ni difficulté » aux ordres de la Cour, elle la notifie séchement à cedernier, pour faire comprendre aux rebelles Queralt, Garriga et Pugsech que désormais leur sortest entre ses mains.» Louis XIV menaça François de Queralt de peines sévères s’il ne s’amendait pas. La leçon lui servit. Une lettre de Louvoiïs à l'avocat général de Trobat en date du 21 septembre 1666 félicite François de Queralt de son attitude faite de prudence et de réserve. Le 17 avril 1669, Vincent de Margarit ayant été promu à l'évêché d'Elne, François de Queralt devint vicaire-général de ce prélat. Il mourut vers la fin de l’année 1681. Abbé TorReiLres, La vacance du siège d’Elne (1643-1669),
dans le XLI° Bulletin de la Sociélé Agricole, Scientifique et Litteraire des Pyrénées-Orientales.
QUEYA (Antoine), originaire du Boulou, se fixa à Perpignan dès les débuts de la Révolution française. Le 17 juillet 1792, il partit pour le camp de Soissons. Se trouvant à Paris le 10 août suivant,
QUEYA — QUINSON
Antoine Queya se joignit aux assaillants du palais des Tuileries. Il reçut la décharge des gardes suisses et fut trouvé parmi les morts. Le 18 août, lorsque la nouvelle de sa mort fut parvenue à Perpignan, le comité des Amis de la Constitution vota la somme de cent livres pour les parents d'Antoine Queya. Le 22 du même mois, le comité décida qu'outre l'argent qui a été remis à la famille Queya, on lui octroyerait encore vingt-cinq livres tous les trois mois. Les mânes d'Antoine Queya, pour employer le style de l’époque, présidèrent à la fête qu’on donna le 28 août 1792 à l'Esplanade, en l'honneur de la liberté. Les orateurs le louèrent, la foule l’acclama et la municipalité de Perpignan donna, à cette occasion, l'appelation de Queya à l’ancienne rue de la Tapineria.
Abbé ToRREILLES, Perpignan pendant la Révolution, t. I.
QUINSON DE VERCHÈRE (Jean de), maréchal de camp, fut nommé lieutenant-général commandant en Roussillon durant l’année 1692. Il recueillit à ce poste la succession de François de Monnestay, marquis de Chazeron, décédé. Jean de Quinson était originaire du Bugey. Son frère François qui possédait les seigneuries de La Servette et de l’Ayment, servit aussi dans les armées de Louis XIV, en qualité de capitaine au régiment de cavalerie de Noailles. Par son testament du 14 décembre 1706, Jean de Quinson demanda que son corps fut enseveli dans la paroisse où il mourrait, sans aucune pompe, à l'instar des plus pauvres. Il mourut le 7 mai 1713 et institua héritière universelle, sa nièce d'Euvrard de Courboin. épouse d’Etienne de Blanes, seigneur de Millas.
Archives des Pyr.-Or., C. 1440.
RAMADIÉ (Etienne-Emile) naquit à Montpellier, le 6 septembre 1812, d'une honorable famille d'ouvriers qui comptait huit enfants. Conduit au seuil du séminaire par les soins du docteur Goffin qui avait été frappé de son intelligence précoce, Etienne Ramadié justifia pleinement les espérances qu’il avait fait concevoir. Avant de recevoir l’ordination de la prêtrise, il fut élevé par son évêque, Mgr Thibault, à la chaire de mathématiques, de philosophie et de physique du Grand-Séminaire de Montpellier. Immédiatement après avoir été promu au sacerdoce, le jeune professeur renonça à la carrière de l’enseignement pour se vouer aux travaux du ministère. Animé d'un zèle ardent, d'une activité indomptable, d'un esprit d'initiative que complétait une science étendue et solide, il ne tarda pas à conquérir l’estime des populations d'Aniane, de Lunel et de Maguelonne au sein desquelles il passa, en qualité de vicaire. L'abbé Ramadié remplissait depuis 1840 les fonctions de curé à l’église de la Madeleine, de Béziers, lorsque Mgr Thibault lui confia, en 1849, la paroisse importance et populeuse de Saint-Jacques de cette ville. Cette église était la plus pauvre de la cité, lorsque l’abbé Ramadié en prit la direction. Le nouveau pasteur fut dans l'obligation de se créer de toutes pièces les ressources nécessaires pour conduire à bonne fin les établissements nombreux qu'il projetait de fonder. Doué d’un réel talent oratoire, il se donna surtout pour mission de répandre les vérités religieuses, de prêcher la morale de l'Evangile au milieu des classes laborieuses, chez lesquelles de dangereux enseignements et des excitations coupables avaient faussé la droiture naturelle du cœur et de la raison. Chargé de porter la parole lors de la bénédiction du pont-canal sur l’Orb, Etienne Ramadié sut, par l'élévation de ses pensées, la profondeur de ses vues, le charme de la parole et l'éclat de la voix captiver les personnages officiels et son auditoire tout entier. Un décret de Napoléon III, en date du 17 septembre 1864, désigna au Pape l’abbé Ramadié pour le siège épiscopal de Perpignan, laissé vacant par la mort de Gerbet, un des prélats qui avaient le plus honoré l'Eglise de France. Un article d’un journal étranger reproduit par une partie de la
presse française, vint donner à entendre que le choix de l'Empereur était mal accueilli par Pie IX. L'abbé Ramadié se rendit à Rome durant les derniers jours du mois de novembre 1864 et en revint, le 8 décembre suivant, le cœur débordant de reconnaissance et d'amour pour le Souverain Pontife qui l'avait comblé de bontés et honoré de sa confiance. Préconisé Le 27 mars 1865, Etienne Ramadié fut sacré évêque, le 6 mai suivant, dans la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. Le prélat consécrateur fut François Le Courtier, évêque de Montpellier ; il fut assisté de Joseph Peschoud, évêque de Cahors. et de l’évêque de Sura, in parlibus infidelium. Etienne Ramadié fit son entrée solennelle à Perpignan le 24 mai 1865. Il dépensa toute son activité en faveur de ses ouailles. Toutes les paroisses du diocèse, sans exception, reçurent la visite de leur nouveau pasteur. Etienne Ramadié institua les exarnens périodiques des jeunes prêtres, appela à Perpignan, en 1866, les sœurs de Saint-Vincent de Paul, et publia peu de temps après un nouveau catéchisme. Ce prélat se préoccupa principalement de la fondation d’un établissement d’instruction secondaire libre, dans sa ville épiscopale. Grâce à son initiative, l’Instilution Saint-Louis de Gonzague put ouvrir ses cours et distribuer son enseignement aux jeunes gens des classes aisées, dès l’année 1866. Le 28 novembre 1869, Etienne Ramadié se rendit à Rome pour assister aux sessions du Concile du Vatican. Il fit partie du groupe d’évêques français qui jugèrent inopportune la définition de l'infaillibilité pontificale et son opposition à la proclamation de ce dogme agita le clergé roussillonnais presque en entier ultramontain. Le 18 décembre 1871, Etienne Ramadié procéda à la consécration de l’église d'Amélie-les-Bains. Ce prélat obtint du gouvernement l'érection de dix-sept succursales et remplaça, en 1874, les sœurs Dominicaines par les religieuses de l’Espérance. Transféré de Perpignan à l’archevéché d'Albi par décret du maréchal de Mac-Mahon, le 17 janvier 1876, Etienne Ramadié fut préconisé le 26 juin suivant et installé par procureur le 5 août de la même année. Il fit son entrée solennelle à Albi cinq jours après. Il transporta ses auditeurs, le jour de son intronisation, quand il s’écria du haut de la
chaire de sa cathédrale : « Catholiques d’Albi, prenez cette crosse et brisez-la sur ma tête si, un seul jour, j abandonne l'arène des saints combats ! » Par ses courses continuelles à travers le diocèse, Etienne Ramadié se rendit compte par lui-même de ce qui était du ressort de l'administration ecclésiastique. Il tint un synode, à l'issue duquel il publia des statuts, fonda l'institution libre de Saint-Etienne de Valence et fut du nombre des évêques qui condamnèrent les manuels d'instruction civique. Le dénouement de cette affaire lui causa un chagrin profond qui hâta sa mort. Une crise de cœur l’emporta le 24 juillet 1384. Son oraison funèbre fut prononcée le 31 juillet 1884 par Joseph Bourret, évêque de Rodez. Le 25 octobre 1894, un buste en bronze reproduisant les traits d'Etienne Ramadié fut érigé en l'honneur de ce prélat dans la cour d'honneur de l'Institution de Saint-Louis de Gonzague, de Perpignan. Ses armoiries portaient : De gueules à l'agneau de la vicloire d'argent, au chef cousu d'azur, chargé de trois coquilles de Saint-Jacques d'argent, avec la devise : « Plus charilas quam protestas ». Elles sont peintes au bas des splendides vitraux qui ornent l’abside de la cathédrale de Perpignan.
Articles parus dans divers périodiques. — Pisani, L’Episcopat français depuis le Concordat jusqu'à la Séparalion.
RAMON (Bernard) remplit la charge de Procureur royal des comtés de Roussillon et de Cerdagne, après la ruine du royaume de Majorque. En 1346, Pierre III, roi d'Aragon, lui fit don de cinq mille sols, en compensation de l’abandon qu'il avait fait des biens de Raymond de Vilallonga, damoiseau de Saint- Hippolyte, confisqués antérieurement à son profit.
Archives des Pyr.-Or., B. 97, 99, 136.
RAMON (Jean) fut procureur royal de Roussillon et de Cerdagne en 1462. Sa nomination fut faite par les députés du Général et leur conseil représentant la principauté de Catalogne. avec le consentement de la cité de Barcelone.
Archives des Pyr.-Or., B. 292.
RAMON (Joseph), célèbre jurisconsulte, né à Perpignan, devint professeur de droit dans l'Université de cette ville en 1599. Il exerça en même temps la profession d'avocat. Il occupa plus tard une chaire de droit à l'Université de Barcelone et devintcitoyen honoré de cette ville. Joseph Ramon publia, en 1628, à Barcelone un recueil des arrêts et des décisions de la Royale Audience de Catalogne, sous le titre : Consiliorum una cum sententiis el decisionibus Audientiæ regiæ principalus Calhaloni: primum volumen, in-fol.
FORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — Annuaire de 1834.