RENAUDIN — REQUESENS
Ernest Renaudin partit pour la Chine deux ans plus tard, assista à la prise des forts du Pé-thang et du Pei-Ho et reçut, le 12 novembre 1862, la décoration commémorative de cette expédition. Il prit part à d’autres affaires militaires en Cochinchine et dans la Chine du Nord, suivit la campagne du Mexique, et assista en 1870 au siège de Strasbourg. Blessé une première fois d'une balle au pied droit, le 16 août 1870, Ernest Renaudin retourna au feu à peine convalescent et eut l'épaule emportée par un éclat d’'obus, le 23 septembre 1870. Le 6 octobre suivant, il fut décoré de la médaille militaire. Ernest Renaudin est décédé à Perpignan, des suites de ses blessures, le 23 novembre 1878.
Archives de la famille.
RENAUDIN (Alfred), frère du précédent, naquit à Perpignan le 30 mars 1854. Il suivait les cours du collège de Perpignan, et il était à peine âgé de seize ans lorsqu'éclata la guerre franco-allemande de 1870. Il s’'engagea sur la frégate la Revanche, pour voler au secours de sa patrie. Les marins français furent débarqués et joints aux armées de terre qui se retiraient devant les Prussiens envahisseurs. Pendant l'attaque de Chartres, Alfred Renaudin se conduisit comme un véritable héros. Il tomba frappé dans le combat et l'amiral Ôôta sa propre décoration, pour la placer sur la poitrine du jeune mourant. Entouré de soins, Alfred Renaudin recouvra la santé, retourna à Perpignan et reprit le cours de ses classes secondaires au collège de sa ville natale. On venait d'’instituer alors les bataillons scolaires. Durant une revue que passa le général Barry dans la cour du Collège, Ernest Renaudin fut pourvu du commandement de ses condisciples. Le général, croyant à un amusement, fit observer à l’abbé Granier de Cassagnac, alors principal de cet établissement d'éducation, que les collégiens avaient eu tort de placer une décoration sur la tunique de leur jeune chef. L'abbé Granier de Cassagnac, heureux de la méprise du général Barry, manda Alfred Renaudin en présence de l'officier et lui ordonna de faire le récit de ses exploits militaires durant la guerre de 1870. Le général, les larmes aux yeux, embrassa l’héroïque collégien et le donna comme modèle à tous ses camarades. Alfred Renaudin mourut des suites de ses blessures, le 7 octobre 1880, à peine âgé de vingt-six ans. Son nom, ainsi que celui de son frère aîné, sont gravés sur le monument commémoratif de 1870, élevé sur la promenade des Platanes à Perpignan. Le nom de leur père, tué pendant la guerre de 1870, est inscrit sur celui de Rennes, sa ville natale.
Archives de la famille.
RENYO (Jean), peintre de Santa-Coloma de Serves (diocèse de Gérone), s’engagea par contrat, en 1540, à peindre un retable pour l'église du Boulou.
Archives des Pyr.-Or., G. 735.
REQUESENS (Galcerand de), comte de Palamos et d’Avellino, fut nommé durant l'année 1505, en vertu d’une ordonnance de Ferdinand, roi de Castille et d'Aragon, à l’alcaydiat du château royal de Salses, restauré l’année précédente, après l'attaque des Français. Il mourut à Gênes sur un navire de la flotte qui ramenait le roi Ferdinand-le-Catholique en Aragon. Une nouvelle ordonnance royale désigna Louis de Requesens de Soler, comte de Palamos et lieutenant-général du gouverneur de Catalogne, pour recucillir, au château de Salses, la succession de son fils décédé. Louis de Requesens ne tarda pas à être remplacé à son tour par son frère Dimas. Celui-ci eut pour successeur Jean de Requesens. qui suit.
Archives des Pyr.-Or., B. 357.
REQUESENS (Jean de) fut pourvu de l’alcaydie du château de Salses par une lettre de Charles-Quint. Il avait épousé Catherine Veguer.
Archives des Pyr.-Or.. B. 357, E. (Titres de famille), 616.
REQUESENS (Jérôme de) fut nommé à l’évéché d’Elne, le 23 juillet 1537, au décès de Jacques Rich. Ilen prit possession par procureur, le 9 novemnbre de la même année. On trouve ce prélat mentionné dans les registres de l’évêché d’Elne en 1538 et 1539. Le 8 avril 1540, il vint à Perpignan et le 18 du même mois, il donna la tonsure dans le village de Saint Jean-pla-de-Corts à Antoine Joli, chez Gaudérique Pagès, seigneur de ce lieu. Le 15 mai suivant, son vicaire-général fit un acte rapporté dans les archives des prêtres de Saint-Jean. Jérôme de Requesens fut transféré à l’Eglise de Tortose en 1542. Ce prélat marqua son passage dans son nouveau diocèse en introduisant parmi les clercs une édition corrigée du bréviaire qu'il fit imprimer à Lyon, en 1547, par Denis Hersée. Jérôme de Requesens mourut à Barcelone, le 21 novembre 1548. Il portait, de sa famille, une des plus considérables de Catalogne : écartelé au 1°" el au 4° d'Aragon, au 2° et au 3° d'azur à trois rocs d'échiquier d'or, à la bordure engrélée d'argent.
VILLANUEVA, Viaje lilerario a las iglesias de España, t. V. — Puiccart, Catalogue biographique des évèques d'Elne.
REQUESENS (Dimas de), qui entra dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, était commandeur d'Orle en 1537. En 1560, il portait le titre de bailli de Negroponte et de commandeur de Bajoles. Dimas de Requesens avait pour frère, Antoine, qui suit.
Archives des Pyr.-Or., G. 75, E. (Titres de famille), 516.
REQUESENS (Antoine de), noble, domicilié à Perpignan, faisait son habitation au Mas-Deu, déjà en 1552. Le 3 août 1562, il s’incrivit comme membre fondateur de la confrérie de Saint-Georges que la noblesse de Roussillon et de Conflent venait d’instituer. Antoine de Requesens n'avait eu d'Isabelle, sa première épouse, qu'une fille appelée Cécile. Après avoir convolé en secondes noces avec Stazia, il laissa à sa mort, survenue en 1564, une seule fille nommée aussi Stazia. Celle-ci hérita de sa tante Stazia de Requesens, veuve de Galcerand de Caramany et épousa Michel de Sentmanat.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 616.
REXACH (François), fils d'Etienne, marchand de Perpignan et d’Antoinette, acquit en 1490, la juridiction du château de Buaca, des frères Clément et Jean Ça Ribera. Ceux-ci ne lui avaient cédé ce fief qu’en emphytéose. François Rexach, qui se disait chevalier en 1507, acheta, le 22 février 1511, la baronnie de Tresserre. Il avait épousé, en 1483, une sœur de Laurent Paulet, seigneur de Banyuls-dels-Aspres, et eut d’elle un fils, Jacques-Jean, qui lui succéda.
Archives des Pyr.-Or., B. 311, 357, 409, 412, 413, 417, 419.
REXACH (Jacques-Jean), fils du précédent, baron de Tresserre, en 1530, vendit son fief seigneurial à Jean Taqui, le 2 avril 1541.
Archives des Pyr.-Or., B. 374.
REYNIER (Corneille), typographe lyonnais, succéda à Barthélemy Breffel, imprimeur à Perpignan. Îl édita en 1684, une Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est considérée comme le premier livre imprimé en français dans la capitale du Roussillon. L'année suivante, son frère Louis Reynier recueillit sa succession. Ce dernier imprima divers ouvrages, notamment un livre de Jocavell sur les ermitages du Roussillon et les Avis pour les curés de Louis de Montimort, évêque d'Elne. Louis Reynier mourut en 1689, laissant l'imprimerie entre les mains de son plus jeune frère, François.
Couer, L'Imprimerie à Perpignan.
REYNIER (François), à peine àgé de vingt ans, remplaça ses frères comme imprimeur, en 41689. Il fit sortir de ses presses de nombreux volumes, en majeure partie religieux. En 1727, son neveu, Antoine Reynier, acheta l'imprimerie Vigé, installée aussi à Perpignan. L'année suivante, cette imprimerie fut réunie à celle de François Reynier qui dermeura seul typographe à Perpignan. François Reynier mourut en 1733, laissant son industrie à son fils Jean-Baptiste.
CouET, L'Imprimerie à Perpignan.