REQUESENS — REYNIER
REYNIER (Jean-Baptiste), fils du précédent, obtint, en 1734, le privilège d'être seul imprimeurlibraire dans la province du Roussillon. En 1741, il imprima un ouvrage du P. Caussade, qui fut pour lui la source de multiples ennuis ; ils lui vinrent de l’administration, par suite du défaut de mention du privilège dans le corps de l'ouvrage. Les exemplaires de ce livre furent saisis et une partie fut vendue au profit des pauvres. Jean-Baptiste Reynier avait épousé Anne Jué. De cette union naquirent : Joseph-François et Pierre, dont les notices suivent, et Anne qui, s'étant mariée à Bonaventure Frigola- Sérane, eut une fille appelée Anne, épouse de Jacques Vassal.
Couer, L’'Imprimerie à Perpignan.
REYNIER (Joseph-François), fils du précédent, naquit à Perpignan en 1741. Il épousa Rose Tastu- Mundi, succéda à son père vers 1771, et imprima différents ouvrages d'ordre administratif et religieux. Joseph-François Reynier fonda en 1776 le premier journal roussillonnais. connu sous la rubrique : Affiches, annonces et avis divers de la province. En 1781, il intéressa à ses affaires son beaufrère Tastu, à la suite d'un acte qui ne devint public qu'en 1792. Joseph-François Reynier mourut à Perpignan en 1797. À sa mort, l'imprimerie continua sous la raison sociale : veuve Reynier et Tastu ; mais à dater de 1804, Pierre Tastu en devint le seul propriétaire.
Couer, L'Imprimerie à Perpignan.
REYNIER (Pierre), frère du précédent, embrassa la carrière ecclésiastique et fut pourvu, le 26 août 1728, alors qu’il n'était que simple clerc, du bénéfice fondé à l'église Saint-Jean de Perpignan par Martin Mir, drapier. Le 22 avril 1730, il obtint au sein de cette même collégiale, un second bénéfice institué par Béatrix Réal. La collation de ce titre lui fut octroyée par Bertrand Cérès, chanoine de Saint-Papoul, vicairegénéral de l'évêque d'Elne, Jean de Lanta. Pierre Reynier prit possession, le 10 mars 1771, du bénéfice fondé à la cathédrale de Perpignan, par Jacques Mathieu. Il assuma alors la charge de chanter les évangiles durant les offices divins. Le 10 avril 1773, Pierre Reynicr obtint le bénéfice que Guillaume Rouff avait créé à la chapelle de Saint-Antoine, dans l’église de Saint-Jean-le-Vieux. Pour se conformer au cérémonial d'usage, il avait, dans chacune de ces circonstances, procédé aux rites suivants: prière faite à genoux devant l'autel, baiser de la pierre sacrée, sonnerie de la cloche et lecture d’un livre de chœur. Pierre Revnier est l’auteur d'une épiscopologie d’Elne ayant pour titre: Chronologia Helenensium episcoporum. Cette œuvre est inédite. Puiggari l’a connue et
RIAMBAU — RIBES
l'a utilisée dans son Calalogue biographique des évéques d'Elne, comme il l'avoue lui-même dans la préface de son livre : « A la vérité, observe cet historien, dans ce qui précède le xrrr° siècle, Reynier n’a fait que copier le Gullia chrisliana ; mais comme pour les temps postérieurs à cette époque jusqu’à celle de la Révolution, il avait la faculté de puiser de précieux matériaux dans les archives de l’église Saint-Jean de Perpignan, il a eu le bon esprit et la patience de les y chercher et de les en extraire avec le plus grand soin. Et quel service ne nous a-t-il pas rendu en nous conservant ainsi une partie si intéressante de ces regrettables archives, dont il ne nous reste guère que six volumes isolés des Mémoires de la communaulé des prêtres de Saint-Jean, et quelques registres des notaires de cette église. Dans ces débris, on peut encore vérifier l'exactitude des citations de ce laborieux scrutateur, dont la modestie... égalait la piété. » L'abbé Pierre Reynier émigra pendant la Révolution.
Archives des Pyr.-Or., G. 366, 373, 377, 379. — Puiccart, Calalogue biographique des évêques d’Ælne (préface).
RIAMBAU (Bernard), marchand de Perpignan, obtint, le 4 novembre 1430, l’afferme de la Monnaie royale ou Secca de Perpignan pour un espace de cinq ans. Il y frappa des florins d’or d'Aragon. Bernard Riambau se livra aussi au commerce et à l’exportation des vins du Roussillon. En 1447, il constitua une société de teinturerie avec Paul Codony, d'Illesur-Tet. Il eut un fils appelé Gérard.
Archives des Pyr.-Or., B. 235, 240, E. (Titres de famille), 620.
RIAMBAU (Gérard), fils du précédent, fut régent de la viguerie du Roussillon en 1471. Il avait épousé Jeanne Seguer qui ne lui donna qu'une fille, Elisabeth. Celle-ci descendit dans la tombe avant sa mère.
Archives des Pyr.-Or., B. 311, 410, 412.
RIBELL (André), docteuren médecine, étaitmembre du Conseil municipal de Perpignan, à l’époque des élections législatives du 1” août 1846, qui donnèrent le triomphe à François Arago sur le comte de Contades. A la suite des troubles survenus dans la ville, au lendemain du vote, le baron Guiraud de Saint-Marsal, maire de Perpignan, fut suspendu de ses fonctions et remplacé par le docteur Ribell. La nomination de ce dernier à la première magistrature de la cité, fut l’objet d’une protestation du Conseil municipal et d'un débat à la Chambre des députés. André Ribell fut à la tête de l'administration communale de Perpignan, depuis le 23 décembre 1846 jusqu'au 6 mars 1848. A cette date, il fut remplacé par Hippolyte Picas. Perpignan est redevable au docteur
Ribell du développement des salles d'asile, de la perforation de puits artésiens et de l'insertion, dans les journaux locaux, du résumé officiel des séances du Conseil municipal. Le gouvernement le décora de la croix de la Légion d'honneur. 1l mourut le 15 juillet 1860.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
RIBELL (André), fils du précédent. naquit à Perpignan, le 1° décembre 1828. Nommé aspirant de première classe, le {* août 1847, au sortir de l’Ecole navale, il fut promu enseigne de vaisseau en 1851. André Ribell embarqua sur l’A{ger, et fit, à bord de ce vaisseau, la campagne de Crimée. Sa belle conduite durant cette expédition militaire lui valut le grade de lieutenant de vaisseau. Il reçut le brevet de sa nomination devant les murs de Sébastopol, en 1854. André Ribell occupa successivement au Sénégal, en 1861, auprès du capitaine de vaisseau Jauréguiberry, le poste d'adjudant et de chef d'état-major, et coopéra, en cette dernière qualité, aux opérations de 1862 et 1863, dans le Fonta. A son retour en France, il reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur. C’est encore sous les ordres de l’amiral Jauréguiberry que Ribell combattit pendant la guerre franco-allemande de 1870. Il fit partie de l’armée de la Loire comme colonel auxiliaire d'une brigade d'infanterie. Sa conduite aux batailles de Maugé, du Mans et de Saint- Jean-sur-Erve lui valut la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Quelques mois plus tard, il fut nommé capitaine de vaisseau ; il commanda successivement le Desaix, la Revanckhe, le Colbert, la Gauloise, et l’'Héroïne. Comme contre-amiral, grade qu’il obtint le 10 août 1883, André Ribell fut à la tête de la marine en Algérieet de la division navale de l’Atlantique-Sud. Promu vice-amiral, le 25 août 1889, il fut nommé préfet et commandant-chef du 4° arrondissement maritime à Rochefort. André Ribellmourutà Bayonne, le 31 août 1892, dans la villa Lagarde-Mousserolles, oùilétait venu prendre un peu de repos, aulendemain des opérations de la mobilisation des réservistes du- 4° arrondissement maritime. Son corps a été inhumé au cimetière Saint-Martin de sa ville natale. Une rue de Perpignan porte le nom de l’amiral Ribell.
RIBES (François de), damoiseau, partageait avec le roi d'Aragon Pierre-le-Cérémonieux les revenus de la vallée de Ribes. Il mourut vers 1380, laissant un fils du même nom que lui. Ce dernier possédait des biens à Thuir qui furent mis sous séquestre par le Procureur royal, Bernard Albert. François de Ribes fut nommé viguier de la vallée de Ribes. Une sentence rendue par François dez Soler, viguier de Cerdagne, le condamna à payer, sur ses revenus,