‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 150 sur 227 · ROS · texte numérisé non relu

ROS

| notices suivront, et une fille, Marie-Thérèse, épouse

d'Antoine d'Ortaffa. | Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), G5s.

ROS (Antoine de), fils du précédent, comte de Saint-Féliu, épousa Marie-Thérèse Delpas de Générès, fille d'Ange-Charles Delpas et d'Oms, marquis de Saint-Marsal. De ce mariage naquirent six enfants: Augustin, le 17 juin 1742, à Saint-Esléve; Ange, à Thuir, le 25 mai 1745 ; Marie-Thérèse à Perpignan, le 7 avril 1748 ; Marie-Gaëlane, à Perpignan, le 20 mai 1751 ; Joseph, à Perpignan, le 14 octobre 1755; et Jean, à Perpignan, le 9 avril 1759. Il ne restait en 1789 que trois garçons et une fille : Jean de Ros, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem,qui mourut durant la Révolution ; Joseph de Ros, chevalier de Malte, comme son frère, licutenant colonel d'infanterie qui était au service du roi d'Espagne comme lieutenant des gardes Wallones cet qui descendit dans la tombe peu de temps après Jean de Ros ; Ange de Ros, chanoine de Saiunt-Claude, qui n'émigra point et qui devint l'héritier universel des biens de la famille à la mort de son père survenue le 2 novembre 1792. A sa mort, Ange de Ros laissa toute sa fortune à sa sœur Marie, qui avait épousé le 8 avril 1777, à Perpignan, Antoine-Joseph de Canclaux, trésorier de l'extraordinaire des guerres.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 658.

ROS (Jean-Baptiste de), frère du précédent, naquit le 5 février 1712. Il était baron de Cabrens. Jean-Baptiste de Ros épousa, en 1742, Marie de Banyuls de Forcades, sœur de Joseph Emmanuel de Banyuls, marquis de Montferrer, dont il eut, entre autres enfants, deux fils et deux filles. Jean-Baptiste, J'ainé, fut capitaine des carabiniers du roi et mourut avant son père, laissant, comme héritière de la famille de Ros, une fille unique Ifenriette de Ros de Vassé. Abdon-Scennen de Ros. le cadet, épousa sa nièce Henriette et prit, après le décès de son père, le titre de comte de Saint-Féliu d’avail et de Saint- Féliu d'amont ainsi que celui de baron de Cabrens, qu'il garda jusqu'à l’époque de la Révolution. Abdon- Sennen de Ros émigra avec sa femme en 1792. Ses deux sœurs, Augustine et Marie de Ros, épousèrent : la première, Jean de Çagarriga; la seconde, Paul- Bonaventure d'Ortaffa.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 658.

Branche cadetlle

ROS (Pierre), fils de Jean Ros, docteur en droit à Perpignan, et de Marguerite, reçut, de Charles- Quint, des lettres le nommant à l'office de juge du Domaine royal. Une ordonnance de Philippe EE lui

ROS — ROSEMBACII

octroya, plus tard, la commission d'avocat fiscal simultanément avec la charge de juge du Domaine. Pierre Ros contracta alliance avec Anne de Giginta, et de leur union naquirent cinq enfants : Jean, Sébastien, dont les notices suivront ; Pierre, chanoine d’Elne ; Angèle, décédée sans postérité. Île 2% mars 1619, et François qui fixa sa résidence à Majorque.

Archives des Pyr.-Or., B. 367, 368, E. (Titres de famille), 658.

ROS (Jean), fils du précédent, conquit le diplôme de docteur en droit civil, le 15 octobre 1581. Le 5 fevrier 4594, 11 fut nommé avocat fiscal des cours royales de Roussillon et exerça ces fonctions jusqu'à sa mort survenue en 1630. Jean Ros épousa, en 1589, Espérance Reig, décédée le 28 juin 1599. laissant un fils, Joseph, qui continua la lignée de la branche cadette de la maison de Ros. Jean Ros ayant convolé en secondes noces avec Eléonore Joan, eut d'elle un fils, Alexis, né en 1619, décédé en 1634, et une fille, Marie, épouse de François de Blanes.

Archives des Pyr.-Or., B. 384, 444, E. (Titres de famille), 658.

ROS (Sébastien), frère du précédent, avait uni ses destinées, en 1583, à celles de Stazia Calcer. Resté veuf, il contracta alliance deux ans plus tard avec Jéromine, veuve de Fernand Ballaro qui avait déjà trois enfants: Mancia Ballaro, épouse de Gaspard de Çagarriga; dacques Ballaro et François, religieux bénédictin à Bañolas en 1601, sacristain de Saint-Michel de Cuxa en 1615. Du second lit, Jéromine Ros eut deux fils : Joseph et Frédéric Ros. Joseph, l'ainé, contracta alliance, en 1625, avec Hélène Alzine, veuve de Joseph Alzine en son vivant « oydor per lo bras real del general de Catalunya », décédée sans postérité le 27 décembre 1668. Ses biens avaient élé confisqués en 1657 et attribués à Vincent Albert, par Louis de Foix, capitaine-général de Cataiogne. Frédéric Ros, fils cadet de Sébastien Ros et de Jéromine Ballaro se maria, en 1629, à Marie de Billerach, fille de Raphaël de Billerach de Léon et de Jéromine de Meya. Ses biens furent confisqués en 1669 et donnés à Joseph de Bassédas. Leur fils Joseph de Ros de Billerach qui fixa sa résidence en Espagne, était domicilié en 1698 à la Bisbal.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 658.

ROS (Joseph), fils unique et héritier de Jean Ros et d’Espérance Reig, sa première femme, unit ses destinées, en 1619, à celles de Marie-Anne d'Alemany, fille de Charles d'Alemany de Bellpuig, domicilié à Portella et de Jéromine de Joan. Il mourut le 6 août 1636 et son corps fut inhumé dans la chapelle du Dévot Crucifix, à Perpignan. Joseph Ros avait eu de son épouse, trois fils : Joseph, né le

& avril 1621, dont la notice suit ; Charles, né le 4 juin 1626; Hyacinthe, décédé sans postérité, le 5 novembre 1674, et Marie-Thérèse.

Archives des Pyr.-Or, E. (Titres de famille}, 658.

ROS (Joseph de), fils ainé et héritier universel du précédent. avait épousé Isabelle dez Guell qui mourut jeune, lui ayant donné une fille unique appelée Marie-Grâce. Joseph de Ros se remaria, en 1650, à Thècle d'Ortaffa de Galba et quatre ans après descendit lui-même dans la tombe, à peine âgé de trente-troisans. fl laissa pour héritier son fils Charles de Ros d'Ortaffa.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 658.

ROS (Charles de), fils unique et héritier du précédent, naquit le 21 mai 1652. Il épousa, en 1675, Marie de Réart, fille de François de Réart et d'Anne Fabre. Une fille unique, Hippolyte, naquit de leur union, le {#4 mai 1676. Son acte de baptême est singulicr ; il mentionne dix-neuf prénoms assignés à la nouvelle baptisée. Hippolyte de Ros fut inscrite sur les registres de catholicité sous les noms de : Marie-Anne, Françoise, Joséphine, Ignace, Benoîte, Mawdeleine, Thérèse, Hippolyte, Eulalie. Andréa, Raymonde, Théodorine. Eudale, Emmanuelle, Gaudérique, Marguerite, Louise, Séraphine, Jeanne. Un an après sa naissance, sa mère, Marie de Ros, mourut et Charles de Ros, en 1679, convola en secondes noces avec sa parente éloignée Jeanne de Ros de Ros. Il n’y eut pas d'enfants du second lit. Charles de Ros mourut en 1716 et sa veuve descendit dans la tombe le 21 mars 17334, laissant tous les biens à l'église Saint-Jean de Perpignan. Tippolyte de Ros épousa, en 1695, Bonaventure d'Ortaffa.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 658.

ROSEMBACH (Jean), prûtre, imprimeur, naquit à Heidelberg (Allemagne) à une date qu'on ne peut préciser, à cause de l'incendie qui dévora Îles archives de cette ville en 1693. D'après Hurtebize et autres historiographes de l'imprimerie en Catalogne, Rosembach aurait imprimé à Barcelone un bréviaire sans date auquel Blanc, dans l’archiépiscopologie de cet archidiocèse, donne la date de 1483. En 1490, il termina à Valence un livre intitulé: Tirant lo blanch, qu'y avait commencé Spindeler. En 1491, Rosembach regla ses comptes avec des clients de Saragosse et de Pampelune: « Le 27 avril 1491, Jean Paris, imprimeur de livres, donne procuration à Nicolas Zimmerlin, son serviteur [employé] pour régler ses comptes avec Jean Rosembach. imprimeur de Valence, et pour retirer d'entre ses mains les livres qu'il détient : « levandum, percipiendum etexigendum à Magistro Johanne Rosembach, impressatore Valencie magne, omnes

res, libros et summas, etc. » avec Pierre Verdet, presbitero habitatore Pampelone », et enfin avec Denis de la Roche, habitant de Saragosse « a Donitio de la Rocha habitatore de Saragosse ». (Etude sur l’origine et la propagulion de l'Imprimerie à Toulouse au xv'siècle. Communication de M. Macary au comité des Travaux historiques et scientifiques, Bulletin de 1898, pages 242 et suivantes). M. Claudin l'auteur distingué des Origines de l'Imprimerie en France, ouvrage monumental destiné à l'Exposition Universelle de 1900, pense que Rosembach pourrait bien être l’imprimeur du Bréviaire de Narbonne, sorti en 1491 du cloïtre de Saint-Just. En 1493, dit encore M. IHurtebize, « Rosembach quitte Valence où il vend son atelier et il se rend à Barcelone où ses travaux jouissaient d’une telle réputation qu'il fut, durant sept ans, l’imprimeur le plus en faveur à cause du soin extrême qu'il donnait à ses œuvres ». Rosembach imprima à Barcelone, en 1493, d'ordre de Jean Margarit, évèque de Gérone, un Missel qui fut réprouvé, mais conservé comme monument de l’art. En 1494, il imprima à Barcelone le Llibre dels Angels, en catalan, de Mgr Ximenez, évèque d'Élne, ouvrage qui a élé imprimé: en latin, à Genève, en 1478; en français, à Genève, en 1478; en espagnol, à Burgos, en 1498, 1516, 1527, et en catalan à Barcelone, en 1495, avec le nom de Pere Miquel. En 1495, il imprima le Llibre de les dones, du même auteur, traduit aussi et publié plusieurs fois. Ce livre a été également copié à la main par le colonel Puiggari en 1881 et par l'abbé Jalabert, de la Réal, en 1858. La première copie surtout est une merveille par la finesse des dessins qui ornent les initiales. Rosembach a encore fait sortir de ses presses : lranciscus Niger, de modo epislolandi, 18 sept. 1493 ; Constilulions de Cathalunya, 30 mai 1494; /lisloria e conquestes dels comtes de Barcelona y reis d'Arago, 4 juin 1495 ; P. Eli Donati in sex P. Torenlt afri comisediis inlerpretalio, ÂT imars 1498 ; et quelques autres de peu d'importance. Ce fut à cette époque, c'est-à-dire vers le milieu de l’année 1493, que Rosembach importa l'imprimerie à Tarragone. Dans cette ville, il a imprimé deux ouvrages importants : Liber hymnorum, 18 sept. 1498 : Missale ecclesie Tarraconensis, 26 juin 149%. Apres cetle impression, Rosembach vint à Perpignan. Un fait qui peut avoir une très grande importance, c'est le décès ab inleslal à Perpignan, en 1499, d’un imprimeur nommé Jean Valdes. qui avait imprimé à Gérone. Est-ce un ouvrier de Rosembach ou avaitil entrepris pour son comple une œuvre que Roseinbach dut continuer? Nous savons seulement que celui-ci imprima, en 1509, le Bréviaire d’'Elne dont un bel exemplaire sur velin, le seul qui existe, est conservé à la bibliotheque Sainte-Geneviève à Paris. Cest un don fait par Mgr Le Tellier, archevèque

ROSEMBACH

de Reims. En voici le titre avec ses abréviations : BRevrariIümM EILNENSE. Jncipil breviarium secudu || usum Elne. Ad honorem sun ;] clissime lrinilalis. El Beatis |} sime virginis Marie, sanctis || simarumq. virginu ac mrm || Eulalie et Julie. Ce bréviaire est imprimé sur deux colonnes de 35 lignes chacune, format in-8°, caractères gothiques, sans réclames, avec signatures. Il contient 472 feuillets chiffrés plus 28 feuillets non chiffrés, destinés aux offices particuliers. Au recto, 2° colonne du 218° feuillet de la troisième partie, on lit cette inscriplion en rouge : Ad honore e gloria sanctis || me (sic) individue trinitatis...… Breviari {| um ad usum elnesu ecclesie || optime ordinatu ad diligetu cu || ra castigatu:.... impressa sunt felici || ter ppniani per Joanem Ro || sembach Germanu de Handelberg anno incarnationis do | minice millesimo || MCCCCC. A la fin la marque de l’imprimeur petit format (il en avait plusieurs). La première et la dernière page de ce précieux incunable ont été reproduites dans le bel ouvrage de M. O0. Thierry- Poux, Premiers Monuments de l'imprimerie en France au xv' siècle. Rosembhach imprima d’autres livres à Perpignan à cette époque. M. P. Deschamps, dans son Diclionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du libraire et de l'amnaleur de livres (Paris, Didot, 1870), colonne 1013, cite d’après Gallardo, un VOGABULARIUS GATALAN Y ALEMAN, in-8° à deux colonnes, qui aurait été imprimé en 1502 avec les caractères du Breviarium Elnense. Avec la date de 1503, il existe un volume imprimé à Perpignan par Rosembach, appartenant à la bibliothèque particulière de M. Claudin, 16. rue Dauphine à Paris, qui a bien voulunousendonnerle titre: «La cirurgia delreverend e merilissim doctor en arts e en medicina lo reverencd Mestre Pcre de Argilalu loqual estal traduit de lati en lengua vulgar calhalana per lo venerabtle en Narcissota balxeler en arls e en medecina cirurgia cuilada de Barchelone, corrigit emendat per los reverendissims e merilissinms doclors en arls e en medecina Meslre Francesch Servent y Mestre Alfonso de Torrelleo e Mestre Gelaberl cirurgia lots de la vila de Perpinya ». On lit à la fin : « Estampat ab gran diligencia en Ja noble vila de Perpinya per Mestre Johan Rosembach alamany a xv del mes de gener any M. D. If. » Audessous, la marque de Rosembach. C'est un labeur important qui ne comprend pas moins de ccc.viij feuillets chiffrés plus 6 feuillets non chiffrés de table : letoutimpriméen lettres gothiques, à deux colonnes. M. Puiggari conservait dans ses dossiers une page manuscrite, copiée de cet ouvrage. M. P. Deschamps cite encore un autre ouvrage imprimé à Perpignan : Tomas de Perpinya, del eslilo de escribir a cualquier persona (en catalan) junii 1510, in-4°; mais cetle date ou le lieu d'impression soulèvent quelques doutes, car Rosembach imprimait en 1509, à Barcelone, un

ROUMIGUIÈRES — ROURE

Missel de Tarragone, et en 1510, le 29 avril, la Aecoldeclta de tols los privilegis, provisions, pragmatiques e ordinacions de la fidelissima vila de Perpinya, qu'on appelle communément la Rigaudina, du nom de son auteur Rigaud. Cet ouvrage comprend en tout 99 feuillets chiffrés en 198 pages, est imprimé sur une seule colonne, en lettres gothiques, avec initiales et notes marginales. Au milieu du livre se trouve un titre imprimé en rouge : T'aula dels eslils de la Cort del veguer de Rossello e de Vallespir. À la première page, au-dessous du titre, sont les armes de la ville dont le dessin est le plus ancien connu. C’est certainement une planche xylographique exécutée par Rosembach lui-même. A la fin on lit: « À lahore gloria de Nostre Senyor Deu Jesu Christ fonch acabada la present obra appellada Recollecta de tots los privilegis provisions pragmatiques e ordinacions de la fidelissima vila de Perpinya estampada en la insigne ciutat de Barcelone per Mestre Johan Rosembach alemany a xxiiij del mes de abril Mil DX. » En 4511, Rosembach imprima à Barcelone le Missel d'Elne, dont un exemplaire se trouve actuellement aux archives des Pyrénécs-Orientales. En 1516, il imprima aussi à Barcelone un livre dont il ne subsiste probablement que l'exemplaire trouvé dans la bibliothèque du colonel Puiggari: MATUTINE BEATE Ma RE VirGiNIS SEGUN || DUM USUM ELNENSIS || pIocEsis. C’est un livre de petite dimension comme les paroissiens modernes ; il mesure: le papier 97x70 millimètres, et le texte 73X45 millimètres ; il v a de nombreuses gravures, les unes occupant toute la page et d'autres, plus petites, remplissant environ la moitié de la hauteur ct la moitié de la largeur du texte. Elles sont assez grossièrement faites. A la fin on lit, imprimé en rouge, le nom et la ville en noir: « Officiuz beatissime Virginis Marie ad usum elnensis diocesis missa eiusde : officium mortuor: septem psalmi penitentiales : officiu sancte crucis et sancti spirit : plures orationces devotissima : tam post kalendarium, q. in fine finiunt feliciter. Impressum Barcinone per Magistrum Joannem Rosembach, alemanus, anno salutis M. D. XVI. Die xxij mensis februarii. (Sans marque). En 1518, Rosembach vint diriger l'imprimerie que les religieux de Montserrat avaient établie pour leurs besoins dans le couvent. Parmi les nombreux travaux sortis de ses mains, on cite la gravure d’une belle image de la Vierge, ce qui prouverait que Rosembach s’occupait aussi de gravure sur bois. Il quitta le monastère vers 1522 et retourna à Barcelone. En 1530 il imprima de nouveau le missel de Tarragone; c'est probablement sa dernière œuvre.

CouErT. liosembach, étude sur les origines de l'Imprimerie à Perpignan, dans le XXXF1!° Bullelin de la Société Agricole, Scien- {UYique el Lilléraire des Pyrénées-Urienlales.

ROUMIGUIÈRES (Antoine) obtint le titre de

greffier en chef au Conseil souverain, le 2 janvier 1750, en survivance de Bernard d'Arles, et le conserva jusqu'à sa mort survenue en 1784. Nommé

procureur du Roï au Domaine le 10 juillet 1759, il

résigna cette charge le 10 janvier 1760, en faveur de Jean-Jacques Estève Simon. Antoine Roumiguières reprit cet office avec le titre de conseiller honoraire au Conseil souverain, le 9 septembre 1764, après que ce dernier eût été appelé à la présidence de la Chambre du Domaine. Il la résigna une seconde fois quelque temps après et obtint, en outre, le titre d’avocatgénéral honoraire. Les notes de l’Intendance disaient d'Antoine Roumiguières qu'il était « fort protégé de M. le duc de Noailles et de ses alentours, dont il faisait les affaires en Roussillon. »

Archives des Pyr.-Or., B. 403. 404.

ROURE (Pierre), notaire de Perpignan, reçut de Ferdinand [° d'Aragon l'office de secrétaire à la Procuration royale de Roussillon, à la suite du décès de Jean Colom. Alphonse V le nomma son commissaire, pour cffectuer le recouvrement du don qu’il exigea deses sujets, à l’occasion du mariage de sa sœur, l’infante Marie. Pierre Roure devint dans la suitc lieutenant du Procureur royal, Bernard Albert. Lorsque Barthélemy Miralles, aussi Procureur royal de Roussillon, fut suspendu de ses fonctions, la reine Marie accorda pleins pouvoirs à Pierre Roure, pour mettre les biens du prévenu sous séquestre et remplir sa charge jusqu'après la vérification de sa comptabilité. Pierre Roure amena, du palais majeur de la cité de Barcelone au chäteau royal de Perpignan, une lionne que le roi lui avait personnellement confiée. Pierre Roure laissa un fils du nom de Guillaume.

ROURE (Guiilaume), fils du précédent, se destinait d’abord à l'état ecclésiastique. Il occupa une « scolanie » au château royal de Perpignan, qu'il abandonna pour recueillir la succession de son père au notariat. La reine Marie chargea Guillaume Roure de la confection des papiers-terriers royaux du Roussillon et ne tarda pas à lui octroyer un des deux offices de secrétaire de la Procuration de Roussillon et de Cerdagne. À la mort de Guillaume Roure, cet emploi fut attribué par Alphonse V à Antich Marti. Guillaume Roure laissa trois filles : Florentine, qui épousa François de Banyuls, seigneur de Banyulsdels-Aspres ; Agnès, femme de Nicolas de Llupia; et Marie qui contracta alliance avec Jean Marti, lieutenant du viguier de Roussillon.

Archives des Pvr.-Or., B. 247, 249, 253, 292. — A bbe J. CaPEILLE La seigneurie de Banyuls-dels-Aspres.

ROUS (François-Joseph-Jean), né à Prades, le 4 novembre 1828, fut ordonné prêtre à Perpignan, le 21 mai 1853. Il fut d'abord professeur au Pelit- Séminaire de sa ville natale. Nommé successivement vicaire : à Rivesaltes, le 1° février 1855, à la paroisse de Saint-Mathieu de Perpignan, le 1°” octobre 1860, François Rous devint ensuite curé de Saint-Estève, Le 15 décembre 1863. [L occupa depuis les postes de desservant: d'Estagel, à partir du 1° novembre 1866, de Nefiach à dater du 1” octobre 1870 et de Banyulssur-Mer, à partir du 1° mars 1871. Îl mourut dans cette dernière localité, le 28 juin 1897. François Rous fit poser, en 1871, la première pierre de la nouvelle église paroissiale de Banvuls-sur-\fer, qui constitue un savant parti-pris de transition entre le roman et l’art incomparable du xnr siècle, un ensemble harmonieux et majestueux de grandes lignes, de proportions élégantes et de matériaux de premier choix. Avant de livrer cet édifice au culte, François Rous demanda au sculpteur roussillonnais Oliva de créer la statue de la Vierge Marie qui décore le maïtre-autel de l’église. A l’occasion de l'inauguration de ce chefd'œuvre, qui eut licu en 888, François Rous prit l'initiative d'un concours littéraire où la poésie catalane eut la plus grande part. François Rous a publié: Calalanes d'Eslagell; Calaulanes y Calulanades (parlar rossellonés), in-12 de 207 pages, Jammet, Espira-del'Agly, 1873.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

ROUSSILLON (Le bienheureux Pierre de), religieux de l'Ordre de Notre-Dame de la Merci, originaire de Perpignan, versa son sang pour la foi de Jésus-Christ, vers l'année 1420. IT fut mis à mort par les Maures, alors qu'il était commandeur du couvent de son ordre à Grenade. Voici en quels termes s'exprime Linas (Bullarium ordinis B. M. de Mercede Redermplionis caplivorum), Barcelone, 1696, p. 71, n° 5: « Ven. P. frater Petrus Perpiñan, Narbonensis, comendator Gronatæ, hujus magistri (Jacques 4 ymerich, maitre de l'ordre (1419-1428), tempore ob catholicæ fidei defensionem multipliciter vexatus bonisque Redemptionis orbalus ad iternum inter tormenta felici morte vitam consummavit. » Stadiler (Vollstandiger lHleiligen-Lexrikon), Augsbourg. s. d., Liv, p. 854, dit: « Le B. Pierre de Roussillon, du couvent de la Merci de Perpignan, tué pour la foi par les Maures. »

Ulysse Cuevauen, Réperloire des sources hisloriques du

moyen-dige.

ROVENACH (Roger de), originaire du pays de Foix, vécut constamment à la cour des rois de Majorque et devint, après 1343, majordome de la reine Elconore d'Aragon. Il épousa en secondes

ROUS — ROVIRA

noces Thérèse de Luna, tante du vicomte de Castellbo, et celui-ci lui fit donation de sa part de la seigneurie de Joch par un acte fait à Barcelone le 3 janvier 1354. Cet acte fut fait en présence des chevaliers Amcll de Perapertusa, Mathieu Mercer, grand camérier de la reine, et de Jacques dez Far, conseiller du roi. Roger de Rovenach ne jouit pas longtemps de sa part de la seigneurie de Joch. Il mourut en 1355 et, par une charte de cette année, le roi d’Araon attribua à l’infant Jean, son fils aïné, les rentes viagères dont Roger de Rovenach avait joui. Ce chevalier ne laissait que deux filles, issues d’un premier mariage: Isabelle, qui fut son héritière universelle, et Esclarmonde, qui avait épousé Huguet de Llupia, seigneur de Bages. Isabelle épousa Raymond de Perellos. avant la mort de son père, car ce seigneur, déjà possesseur de la moitié de Joch en vertu de son mariage, acheta l’autre moitie «et le droit de la tour de Rigarda » qui lui furent vendus pour 40,000 sols barcelonais, par André de Fonollet, d'Ille, le Y mars 1357.

Archives des Pvr.-Or.. B. 97, 110, 121, 190. — AranT, Alima-

nach Le Roussillonnats, année 18R7N. — LEcoY DE LA MaRcHE, Les relalions politiques de la France avec le royaume de Majorque.

ROVIRA (Pierre de), damoiseau, originaire de Saint-Jean-de-las-Abadessas, reçut, de Pierre IV, le commandement de la chätellenie de Bellegarde, en remplacement de Bernard de Soville. Cette charge lui avait été accordée à vie par ordonnance royale, datée de Barcelone le 10 janvier 1377. Jean 1° confirma la nomination de Pierre de Rovira à la châtellenie de Bellegarde, par lettres expédiées de Barcelone, le 430 septembre 1387. Pierre de Rovira eut pour successeur Bérenger IV d'Oms. On trouve ce dernier à la tête de la châtellenie de Bellegarde dès le début de l’année 1388. Bérenger d'Oms étant mort dans le courant de cetle même année, Jean I", par ordonnance rendue à Saragosse, le 30 mai 1388, appela à ce poste Bernard de Rovira, de Bañoles.

Archives des Pyr.-Or., B. 136, 147. — Fneixe, Le passage du

Perthus, dans le LIT Bulletin de la Socitté Agricole, Scientiique el Lilléraire des Pyreénées-Orientaies.

ROVIRA (Bernard de) fut nommé châtelain de:

Bellegarde le 30 mai 1388. « Une nouvelle provision royale, délivrée à Saragosse le 10 septembre de la même année, dit M. Freixe, le nomma batile du Perthus et de Panissas, ce qui donna lieu à un conflit violent. En effet, le 29 avril 1379, le procureur royal Bérenger de Magcerola, constatant qu'il n’existait pas d'oflicier de police dans le passage du Perthus, avait nommé pour batlle de cette localité un de ses habitants appelé Guillaume Campolatge. Cette nomination qui avait été plus tard confirmée par Jaubert ses Fonts, viguier du Roussillon, et

ROVIRA

reconnue tout d'abord par Bernard Ça Rovira, fut ensuite contestée par ce dernier qui se porta même à des voies de fait contre Guillaume Campolatge. A cette nouvelle, Jaubert ses Fonts se rendit à Bellegarde pour demander compte à Ça Rovira de ses violences ; et comme ce dernier ne voulait point se soumettre, il le fit expulser de force du château. Raymond de Çagarriga, gouverneur du Roussillon et de la Cerdagne, approuva la conduite du viguier et ordonna au procureur royal, Guillaume Miro, d’indemniser tous ceux qui avaient contribué à suffoquer la révolte et à garder provisoirement le chàteau. Mis au courant de ces événements, le roi d'Aragon, Jean [‘”, rappela d'abord l'ancien châtelain Pierre Ça Rovira; puis, le 13 février 1389, concéda la chätellenie de Bellegarde à Michel dez Guell, camérier de la reine Violante, et le bailliage du Perthus à Guillaume Campolatge. »

Archives des Pyr.-Or., B. 147, 153. — FRErIxXE, op. ci.

ROVIRA (Michel de), notaire et bourgeois noble de Perpignan, fut nommé en 1655 à la charge de procureur fiscal de la cour du Maiïlre Racional de Catalogne, que présidait Joseph de Margarit. De sa première épouse appelée Catherine Mauran, Michel de Rovira eut, entre autres enfants: Raymond, né en 1662 ; Charles, né le 14 mars 1664 ; François ; Hyacinthe ; Marie-Angele, épouse de Costa ; et Joséphine, femme de Bonhomme. Resté veuf en 1678, Michel de Rovira convola en secondes noces avec Thérèse Canals qui lui donna un fils, Bonaventure, et une fille, Marie-Magdeleine, laquelle unit ses destinées à Jean Santgerma, de Prats-de-Mollo. Michel de Rovira mourut le 7 novembre 1700 et fut inhumé à Perpignan, dans l’église du couvent des Minimes. Au moment de la Révolution, les descendants de Michel de Rovira constituaient trois branches diftérentes de la famille qui étaient représentées par François de Rovira de Ribes, Raymond de Rovira-Bonet et de Rovira-Jaubert. Tous les trois assistèrent à l'assemblée de l’ordre de la noblesse du Roussillon, tenue le 21 avril 1789.

Archives des Pyr.-Or., B. 401, E. (Titres de famille), 664.

ROVIRA (Raymond de), fils aîné du précédent, docteur ès-lois, fut avocat au Conseil souverain du Roussillon. Il épousa Ursule Deldon et eut d'elle un fils, appelé aussi Raymond. Ce dernier contracta alliance avec une demoiselle de la famille Bonet, d'où sont issus: Raymond de Rovira-Bonet qui se maria à Marie Montaner et François de Rovira-Bonet dont la notice suil.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 664.

ROVIRA-BONET (François de), né à Perpignan en 1728, embrassa la carrière ecclésiastique. Après avoir conquis le diplôme de docteur en théologie. il obtint, en 1755, une chapellenie à l’église de Saint-Louis-des-Français, à Rome. En 1760, il fut pourvu de la charge de recteur des catéchumènes et de l’église paroissiale de Saint-Pantaléon de la ville de Rome. François de Rovira-Bonet exerça son ministère pastoral dans la Ville Eternelle, ce qui ne l’empêcha pas. toutefois. d’être pourvu, le 4 septembre 1766, de la cure rurale de Saint-Christophe de Vernet, à Perpignan. Le 18 novembre 1773, il prit possession du bénéfice de Sainte-Madeleine fondé dans l’église d'Ille, et en 1784. le duc d'Hijar lui octroya le bénéfice dit de l'hopital, existant à Canet. François de Rovira-Bonet occupait à Rome, en 1780, la cure de Saint-Sauveur du Mont, que fréquentait le saint mendiant Benoît-Joseph Labre, aux approches de la fête de la Noël. Une princesse, Borghèse- Pamphili, ayant fondé dans l'église Saint-Sauveur une neuvaine préparatoire aux solennités de la Noël, saint Benoiït-Joseph Labre en suivait exactement les exercices tous les ans. Récitant, un soir de la neuvaine, les prières avant la prédication, le curé François de Rovira-Bonet distingua. parmi les voix du peuple qui répondaient, la voix fervente d’un pauvre tout déguenillé dont l'accent lui parut dévoiler un français. À l'issue de la cérémonie, François de Rovira-Bonet fit appeler le pauvre et l’interrogea. Benoït-Joseph Labre entra avec lui dans plus de détails qu’il n'avait coutume. Il parla de son pays, de sa province, et nomma même son oncle, le curé d’Erin ; il édifia beaucoup le curé de Saint-Sauveur qui se mit à son service pour tous ses besoins, le pria de ne pas manquer l’occasion d’avoir recours à lui et voulut lui faire la charité. Benoît refusa d'abord l’aumône et il ne la prit qu'à grand peine ; il remercia ensuite respectueusement et affectueusement le bon prêtre. Depuis ce temps, quand le curé de Saint- Sauveur rencontrait Benoît dars les rues avoisinant sa paroisse, ce qui arrivait souvent, ou qu'il l’apercevait aux Quarante-Heures ou aux exercices de piété, il voulait toujours lui faire l’aumône :; Benoît avait toujours de la peine à l’accepter. Benoît-Joseph Labre mourut le 16 avril 1783, chez le boucher Zaccavelli qui, l'ayant trouvé malade dans la rue, le fit transporter chez lui dans un lit. Le saint mendiant y rendit le dernier soupir à une heure du matin, en odeur de sainteté. Après avoir fait soigner son corps, Zaccavelli procura à son âme la grâce des derniers sacrements et pourvut ensuite à ses funérailles. Il pensa qu'il fallait ensevelir dans l'église de Sainte- Marie-des-Monts ce grand dévat de la Sainte Vierge. Mais la maison dans laquelle il était mort se trouvant dans la paroisse de Saint-Sauveur, il crut qu'il

fallait, avant tout, prévenir le curé de Saint-Sauveur. Celui-ci connaissait trop bien Benoît pour ne pas apprécier la rareté du trésor que la Providence semblait réserver à son église. Aussi n’était-il pas décidé à s'en dessaisir, et il se croyait d'autant mieux assuré de le conserver que, dès le matin, le P. Carlini, curé de Saint-Martin, sur la paroisse duquel Benoît était domicilié, avait fait prier le curé Rovira-Bonet de pourvoir par charité à l'enterrement de ce pauvre hôte de l’hospice de Saint-Martin. Mais c'était au curé de Saint-Martin à donner l'autorisation ; Zaccavelli la lui demanda et il l'obtint. Le curé de Saint- Sauveur dut se résigner. Le jour de l'enterrement, il était hors d'état de sortir. Ce fut le sous-curé, Giordani, qui lui avait donné les Saintes-Huiles, qui le remplaça. Entendant le cortège passer sous ses fenêtres, François de Rovira-Bonet se leva de son lit et, se penchant, put une dernière fois. et avec une indicible consolation, contempler son bienheureux compatriote, et, dit-il, « je ne manquai pas de lui donner une bénédiction ». François de Rovira-Bonet a publié: Breve noli:ia della vila, martirio, virlu e miracoli di alcuni sancti del Colosseo, Roma, 1759, in-8° ; Caralteri del Messia in Giesu, Roma, 1781, 2 vol. in-8° ; Vila del signor Delalamte, curato de Grigny, Roma, 1781, in-12.

Archives des Pyr.-Or., C. 1351. G. 754, 792, 796. — Abbé DEs- NOYERS, Le vénérable Benoil-Joseph Labre.

ROVIRA — RUERA

ROVIRA (Thomas), nommé, le 1” février 1754, au bénéfice fondé au maître-autel de Corneilla-de-la- Rivière, obtint la chaire de philosophie à l'Université de Perpignan en 1757. Six ans plus tard, Thomas Rovira devint professeur de théologie. Il enseigna cette science jusqu’en 1789. Il était le doyen des professeurs de l’Université au moment de la Révolution. Il avait été pourvu d’un canonicat à la collégiale de Saint-Jean, le 1° juillet 1766. Thomas Rovira fut déclaré démissionnaire par la municipalité de Perpignan, le 23 mars 1791, comme n'ayant pas prêté le serment de la Constitution civile du clergé. Jean d'Esponchez, évêque d’Elne, l'avait aussi nommé vicaire-général. Thomas Rovira fut exilé en 1792 et remplit en Espagne, auprès des prêtres roussillonnais émigrés, les fonctions de commissaire apostolique avec pleins pouvoirs pour l'absolution des censures. IL mourut à Mataro, en 1797, assisté à ses derniers moments par son ami, l'abbé Jacques Vassal, curé de Saint-Jacques de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., G. 141, 774. — Abbé TonneEiLLes, L’Université de Perpignan.

RUERA (Louis) était sculpteur à Perpignan en

Archives des Pyr.-Or., G. 429.

SABALY (Bernard), chanoine de Saint-Jean, apporta de Rome les reliques des saints martyrs Bénigne et Félix qui furent enfermées dans l'autel de l’église Saint-Etienne d'llle-sur-Tet, à l’occasion de la consécration de cet édifice religieux, le 18 novembre 1736.

Archives des Pyr.-Or., G. 795.

SABALY (Etienne), né en 1730, docteur en théologie, devint bénéficier de la communauté ecclésiastique de Bouleternère en 1756. Hebdomadier de Pratsde-Mollo en 1764, il était grand vicaire du chapitre d'Elne en 1789. Elu recteur de l’Université de Perpignan en 1792, Etienne Sabaly refusa cette charge à cause du serment constitutionnel exigé. Il fut exilé peu de temps après. Rentré en France après le concordat, Etienne Sabaly mourut en 1804.

Archives des Pyr.-Or.. G.

L'Universile de Perpignan.

154, 1013. — Abbé ToRREïLLEs,

SABATER (François), chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, reçut de Philippe IH Île commandement des châteaux de Puigcerda, Querol et la Tour Cerdane. 11 fut en mème temps capitaine de la galère patronne de l’escadre catalane. A la suite d'une rixe et d'un duel qu'il avuil engagé avec Raymond d'Oms, François Sabater fut privé de tous ses titres et honneurs. et condamné au bannissement le 5 octobre 1613. 11 se réfugia en France. Mais une ordonnance du duc d'Albuquerque, François-Fernandez de la Cueva, vice-roi de Catalogne. en date du 22 février 1617, réhabilita le chevalier François Sabater et le réintégra dans toutes ses charges. Un des considérants de ce document stipule que depuis la condamnation de François Sabater, la flotte catalane, jadis prospère sous le commandement d’un tel capitaine, n'avait plus éprouvé que des défaites. Le {2 janvier 1624, François Sabater, alcayd de Puigcerda, Querol et la Tour Cerdane, fut suspendu de ses fonctions et jeté en prison. Il fut accusé d'excès et de délits et François d’Ortaffa recueillit sa succession à la tête des châteaux de la Cerdagne.

Archives des Pyr.-Or., B. 380, 384.

SABATER (Etienne de), domicilié à Jlle-sur- Tet, obtint de Philippe IV des lettres-patentes qui lui conférérent le privilège de bourgeois de la ville de Perpignan. Il avait épousé Anne N. qui lui donna un fils appelé aussi Etienne.

Archives des Pyr.-Or.. B. 3x4, FE. (Titres de famille), 66%.

SABATER (Etienne de), fils et héritier du précédent, bourgeois noble, domicilié à Ille-sur-Tet, contracta alliance, en 1668, avec Marie Nicolau. Quatre enfants naquirent de cette union : Joseph, décédé sans descendance mâle en 1693: François, dont la notice suit; Anne, épouse de Sébastien de Sabater ; et Marie-Louise, épouse de Dulçat.

Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 665.

SABATER (François de), fils et héritier du précédent, bourgeois noble, domicilié à Ille-sur-l'et, unit ses destinées à Marie Pellisser qui lui donna deux fils : Etienne, qui se maria à Anne Trullès, et François.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 665.

SABATER (François-Etienne-Théodore de), fils cadet du précédent, chevalier, né en 1722. servit dans le régiment Royal-Roussillon-Infanterie dès l’âge de seize ans. Nommé sous-lieutenant le 1" novembre 1742, promu lieutenant le 25 mai 1743. François de Sabater reçut le grade de capitaine le 25 octobre 1746. Il fit la campagne d'Allemagne en 1759, et tint garnison avec son régiment dans la ville de Vindecken. François de Sabater reçut la croix de Saint-Louis le 25 juillet 1759, et quitta le service pour raison de santé le 6 juin 1763. En s'éloignant de l’armée, il reçut un titre de retraite de 400 livres sur le trésor royal. François de Sabater mourut dans les premiers jours du mois de juin 1783. Il avait épousé Anne d'Oms, qui lui avait donné deux fils: Etienne, né le 20 mai 1757, qui suivit aussi la carrière militaire, et François, né le 9 mars 1769. Le chevalier de Sabater fut présent à l’assemblée de l'ordre de la noblesse roussillonnaise qui se tint à Perpignan en 1789.

Archives des Pyr.-Or., C. 1311, E. (Titres de famille), 665.

SABATER-SACRISTA (Raphaël dn), domicilié à Ille-sur-Tet, reçut de Philippe IV, le 12 actobre 1638, des lettres-patentes qui lui octroyèrent le titre de bourgeois noble de la ville de Perpignan. Le 12 mai 1642, Raymond de Bas, portant veus du gouverneur du Roussillon, lui conféra la charge de viguier de Roussillon et de Vallespir. Raphaël de

Sabater demeura fidèle au parti français, et le 3 octo- |

bre 1663, il prêta serment au roi de France, en même temps que son frère Michel. Il mourut en 1664, laissant de sa première épouse, Catherine, un fils, Théodore, dont la notice suit, et de sa seconde femme, Isabelle, deux filles, Catherine et Thérèse.

SABATER (Théodore de), fils et héritier du précédent, fut nommé cornette dans le régiment d'Ardena, comte des Illes, par brevet de Louis XIV, en date du 11 février 1675. Il devint capitaine dans le régiment de Noailles le 1° mars 1690 et exerça les fonctions de ce grade dans le régiment des milices d'Hervault, par commission donnée à Versailles le 15 novembre 1705. Théodore de Sabater unit ses destinées, en 1667, à celles de Marie-Thérèse Viader, fille d'un pharmacien d'Ille-sur-Tet, et eut d'elle un fils appelé Raphaël.

Archives des Pyr.-Or., C. 1311, E. (Titres de famille), 665.

SABATER (Raphaël de), fils et héritier du précédent, contracta alliance avec Isabeau de Massia, originaire de Vinça. De ce mariage naquirent trois fils et trois filles : Raphaël qui fut l'héritier universel, Antoine, Félix, Marie-Thérese, Barbe et Marie- Angèle. Une liste d'émigrés, datée du 13 novembre 1793, mentionne : Sabater François, noble, et son épouse, leurs fils Etienne et François, d’Ille.

Archives des Pyr.-Or.. E. (Fitres de famille), 665, Q. 734.

SAGARRE (François de) descendait d'une famille noble de Léridu. Jeune encore, 1l embrassa avec ardeur Île parti de la France, lorsque le Roussillon venait à peine de tomber au pouvoir de cette nation. Marca, qui avait été frappe de l'intelligence et de la fermeté de caractère de François de Sagarre, obtint pour lui des lettres de juge à la Rovale- Audience. Malgré l'opposition de Fontanella, Françcois de Sagarre entra dans la magistrature roussillonnaise en 1648. « Moins d'un an après, raconte M. le chanoine Torreilles, Sagarre avait donné la mesure de ce dont il était capable. Chargé d'instruire des procès criminels de conspiration, 1} frappa vite el ferme, au grand désespoir de Fontanella, arrétant et mettant à la Lorture femmes et enfants, gentilshommes et bourweois. Sa réputation d'homme

SABATER — SAGARRE

à poigne était si bien établie que, lorsque la politique de concessions (prônée par Fontanella) eut donné ses fruits en amenant la révolte de la Catalogne et la perte de Barcelone, le maréchal de La Mothe, vice-roi de Catalogne. alla à lui comme à un sauveur.» Une ordonnance que Lamothe-Houdancourt avait donnée au mois d'avril 4652 avaitenjoint à François de Sagarre d'affecter les fonds de la Procuration royale de Roussillon et de Cerdagne à l’entretien de l'armée française qui allait au secours de Barcelone. En même temps, toutes les donations de biens faites antérieurement par le gouvernement français furent supprimées, et François de Sagarre reçut mission de se rendre en Roussillon pour concentrer entre ses mains tous les produits. François de Sagarre s’acquitta si bien de ses fonctions qu'il mérita la confiance du Gouvernement. Il fut revêtu de la charge de vice-gouverneur du Roussillon en 1653 et pourvu, peu de temps après, de rentes sur les biens confisqués de François Ça Cirera et de dona Françoise, sa mère. Louis XIV le gratifia en même temps d'une pension de trois mille livres. Durant le mois de septembre 1653, les espagnols qui avaient envahi la Cerdagne et le Conflent vinrent mettre le siège devant Prades. « Les villages pillés par l'ennemi après la victoire, dit M. le chanoïine Torreilles, étaient souvent incendiés après la défaite, et quand arrivaient nos troupes triomphantes, ce n'étaient que vexations et déprédations sans fin, sous prétexte de trahisons à venger ou à prévenir. Sagarre crut de son devoir d'intervenir. Il se jeta dans le Conflent, autant pour imposer aux chefs de corps et contenir par eux les soldats que pour surveiller les suspects de trahison. Il paya tant et si bien de sa personne, qu'il se trouva assiézé dans Prades et faillit être pris. » Le somalen général des villages du Roussillon fut levé. On réalisa des efforts énormes pour arracher François de Sagarre aux espagnols, qui en voulaient particulièrement à sa vie. Un an plus tard, François de Sagarre fut nommé gouverneur des comtés de Roussillon ct de Cerdagne, en remplacement de Thomas de Banyuls, qui s'était mis à la tète d'une conspiration pour favoriser Île parti espagnol. Les lettres-patentes de Louis XIV qui le nommèrent à celle importante charge étaient datées du 27 avril 1654. Le 24 du mois de juin suivant, le roi de France écrivit personnellement à François de Sagarre pour «le remercier de ses services et le nommer juge de toutes les contestations au sujet des personnes qui seront déclarées avoir embrassé le parti des ennemis ». Le régent de la Rovale- Audience, Fontanella. entreprit, en 1657, une campagne de dénonciations contre le gouverneur du Roussillon. Franois de Sagarre fut accusé de concussion. Le prince de Conti, alors vice-roi de Cata-

SAGUI

logne, accueillit le projet d’un débat public devant 1e Conseil royal de Catalogne pour vider toutes les accusations qui pesaient sur le gouverneur du Roussillon. Le duc de Mercœur, son successeur, trouva

inopportun ce procès, et tout débat fut alors sus-

pendu. Le 5 octobre 1658, Fontanelia envoya, à l'adresse de Mazarin, un volumineux mémoire réclamant justice contre les agissements de François de Sagarre. Cinq jours après, le régent de la Royale- Audience adressa au duc de Mercœur un autre mémoire, contenant vingt-cinq chefs d'accusation contre le gouverneur du Roussillon. Le docteur Marti, conseiller à la Royale-Audience, invoqua la raison d'Etat et le procès fut clos. Le 3 novembre 1660, François de Sagarre fut nommé second président à mortier du Conseil souverain du Roussillon. Ce magistrat consacrait ses loisirs à l'étude de la chimie. Des bruits malveillants circulèrent alors dans Perpignan. On prétendait que François de Sagarre se livrait à ce genre d'études scientifiques dans le seul but de fabriquer de la fausse monnaie. Les échos de ces accusations arrivèrent jusqu’à Paris. Le 12 mars 1666, Louvois écrivit une lettre à l’intendant de Macqueron, par laquelle il le chargeait d’engager le président du Conseil souverain «à s’abstenir de travailler à la chimie et à renvoyer de chez lui un nommé Joseph, italien d'origine.» Malgré les recommandations du ministre, Sagarre ne renonça point à ses expériences scientifiques. Une autre lettre de Louvois, adressée le 6 février 1672 à l’intendant Carlier, porte qu’il serait « bien ayse de sçavoir, simplement par curiosité, si la machine du sieur de Saint-Jean, qui a été dressée, de concert avec le dit sieur Sagarre, chez don Alexis de Sentmanat, pour faire l'eau mercurialle ct l'huile de talque aura reussy ». Au mois d'août 1667, François de Sagarre accompagna dans le haut Conflent le duc de Noailles, qui allait combattre les paysans révoltés contre l'impôt de la gabelle. Sa présence en imposa aux rebelles. Sagarre fit arrèter les suspects, les jugea et les frappa sur place. En 1668. il fut nommé commissaire géncral des domaines du roi en Roussillon. Louis XIV lui tit donation. en 1674, des biens du roussillonnais Louis Canta, considéré comme rebelle. François de Sagarre présiüa les débats où de nombreux roussillonnais, impliqués dans l'affaire des conspirations de 1674. furent soumis à la torture ou condamnés à la décapitalion. Les dernières années du président Sagarre furent attristées par des malheurs domestiques. Le 4 mai 1679, il perdit

son épouse, Françoise de Sagarre x Ferrer, qui fut

inhumée dans la chapelle du Saint-Sépulcre, à l'église de la Réal de Perpignan. De Funion qu'il avail contractée avec celle-ci, Francois de Sagarre avait eu trois fils: Polycarpe, François, Joseph, et

deux filles : Isabelle, qui devint prieure des chanoinesses de Saint-Sauveur, et Monique qui épousa Antoine Sadorne, docteur en droit de Perpignan. Polycarpe, le fils aîné du président Sagarre, descendit dans la tombe avant son père, le 14 octobre 1680. IL avait épousé Anne Albert, née en 1649, fille de Philippe Albert, seigneur de Millas, qui lui donna deux filles, Françoise et Thérèse, et un fils, Antoine, décédé sans descendance. Le second fils du président Sagarre, appelé Joseph, capitaine d’infanterie au Royal-Roussillon, mourut aussi sans postérité. Pour perpétuer le nom de la famille, François, le plus jeune des enfants de François de Sagarre, prieur de Corneilla-du-Conflent, quitta l’état religieux et épousa, en 1687, Claire Terrats, veuve de Joseph Comes, docteur en droit. Celle-ci mourut le 27 août 1695, n'ayant eu qu'une fille, Claire. tandis que son mari la suivit dans la tombe deux ans plus tard (décembre 1697). En 1704, Jean d'Oms demanda la main de Claire de Sagarre. Les parents s'étant opposés à cette union, Chamillard écrivit, le 7 mars de cette année, à l’intendant Etienne de Ponte d’Albaret : « Le Roy a qui j'en aÿ rendu compte m'a ordonné de vous faire sçavoir que $. M. trouvera bon que vous donniez toute la protection que vous pouvez au s. d'Oms le fils et à la demoiselle Sagarre pourveu qu'il ne soit point question de l’authorité de S. M. » Le mariage eut lieu. Un fils et deux filles naquirent de l’union de Jean d'Oms (voir ce nom) et de Claire de Sagarre. Le président François de Sagarre mourut dans le cours du mois de novembre de l’année 1688. ;

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401, 402, C. 718, 719, 720. 1394 E. (Titres de famille), 667, G. 443, 452, 823. — Morer, Etude hislorique sur le president Sagarre, dans le X° Bulletin de la Soriété Agricole, Scientifique et Lilléraire des Pyrénées-Orientales. — Abbé TorReiLes, Les débuts de Sagarre, Les conspiralions en

1674, Sagarre marguillier de la Réal, dans la Rerue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, 1. Yet LE.

SAGUI (Antoine), religieux de Saint-Michel de Cuxa, fut un peintre et un sculpteur habile. Il fut nommé prieur de son couvent, le 7 mars 1582, et remplacé. le 19 décembre 1583, par Michel Malendrich, archidiacre et chanoine de l'église de Barcelone. La confection de l'autel de la Conception de la cathédrale de Perpignan lui fut confiée le 5 mai 1582 ; mais Antoine Sagui mourut avant d'avoir mis la dernière main à l’œuvre. La continuation de l'exécution du retable fut ensuite confiée à Pierre Barrofet, menuisier de Perpignan, et les peintures furent exécutées par Michel Verdaguer et Antoine Peytavi.

Archives des Psr-Or., G. 240, — P. Vipas, Histoire de la ville de Perpiynan.

SAGUI (Gaudérique-François) naquit à Perpignan le 11 novembre 1825. Engagé volontaire en

1844, au 15° régiment d'infanterie légère, il franchit en douze années l'étape qui le conduisit au grade de capitaine. Après les campagnes d'Afrique, il fit celle d'Italie. Blessé à Magenta, il reçut la croix de la Légion d'honneur sur le champ de bataille. Gaudérique Sagui retourna en France et entra dans le corps de l’Intendance militaire. Ses aptitudes lui valurent en peu de temps le grade de sous-intendant de 1" classe et plus tard celui de contrôleur de l’armée. En 1874, l’intendant Sagui fut nommé officier de la Légion d'honneur, et en 1884 officier de l’Instruction publique. Il collabora à diverses revues, notamment à l’'Echo de la Gendarmerie, à la France militaire, à l'Echo de Vincennes, à la France militaire el religieuse. Gaudérique Sagui aimait à parler la langue catalane et souvent à l'écrire. Il est mort à Perpignan, le 14 aout 1907.

SAINT-AMANS (Pierre de), chanoine de Tortose, fut vicaire-général de l'évêque d’Elne Pierre Planella.

Archives des Pyr.-Or., G. 2.

SAINT-AUGUSTIN (Georges de), damoiseau, était seigneur de Vilaclara en 1397. Il eut des démèêlés avec Guillaume Coll, son ancien vassal, qui était devenu habitant de Perpignan. Georges de Saint- Augustin ayant fait incarcérer Guillaume Coll dans les prisons de son château, les juges de la Main armée de Perpignan intervinrent en faveur de leur nouveau concitoyen et l'arrachèrent aux poursuites de son ennemi. Georges de Saint-Augustin, outré de colère, déclara que si Guillaume Coll et ses enfants tombaient en son pouvoir, il «les ferait manger les uns aux autres, car il ne leur donnercit que de la paille et pas autre chose, et qu'il les mettrait en un lieu où ils ne verraient ni le soleil, ni la lune, et où ils n'oseraient pas même dire que Dieu leur fut en aide. »

Archives des Pvr.-Or., B. 158, 166.

SAINT-CYPRIEN (Bernard de), chanoine de Barcelone, était fils de Guillaume Pagana. Le 12 mai 1270, Bérenger de Cantallops, évéque d'Elne, avait cédé à ce dernier le bailliage de Saint-Cyprien, au prix de 1000 sols melgoriens, à condition que si le nouveau titulaire n'avait point, à sa mort, délégué son office à quelqu'un de ses enfants mâles, celui de ces enfants qui en hériterait n'en jouirait que viagerement. Bernard de Saivt-Cvprien institua, par testament, une multitude d'œuvres de bienfaisance en faveur des églises et des pauvres du Roussillon. Il ordonna Ja construction d'une chapelle attenante à l'église de Saint-Cyprien; l'établissement d’un hôpi-

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