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SAINT-GELAIS

SAINT-GELAIS (Jean de), frère du précédent, arriva en Roussillon vers la fin de l’année 1462, à la tête d’une compagnie de soldats appartenant à l’armée du duc de Nemours. Il assista au siège de Gérone en 1467 et, par lettres-patentes du 2 octobre de cette même année, reçut, entre autres témoignages d’affection de l’infant Jean, le don d'une terre située en Espagne.

E. DE FOoUcHiER, 0p. cil. — CALMFTTE, 0p. cil.

SAINT-GELAIS (Charles de), issu d’une noble famille que lon tient en Poitou pour une branche cadette de l'illustre maison de Lusignan, était simple moine de l'ordre de Cluny lorsqu'il fut confirmé, le 27 novembre 1461, abbé de Montierneuf de Poitiers par Jean de Bourbon, abbé du même ordre et évêque du Puyÿ-en-Velais. Dans le courant de l’année suivante, Charles de Saint-Gelais présida le chapitre général et reçut, le 26 mars 1463, des moines de Saint-Jean d’Angély, une partie du bras de saint Malo. Aux abbés de Montierneuf avait été attribué le titre de conservateurs apostoliques de l’Université de Poitiers. C’est en vertu de cette attribution, qu’en l'année 1463 Charles de Saint-Gelais crut devoir intenter un procès à Jacques Chevallier, abbé de Saint-Maixent, qui lui contestait le titre et voulait se l'approprier. En 1469, plusieurs moines de Montierneuf firent profession entre les mains de leur abbé, Charles de Saint-Gelais. Le 8 août 1470, ce prélat fut élu évêque d’Elne; le 14 du même mois, il paya à la Chambre apostolique les revenus accoutumés. Charles de Saint-Gelais prit possession de son évéché et de la chapellenie majeure de Saint-Jean - Baptiste de Perpignan le 1° janvier 1471, par son procureur, l'abbé de Fontfroide, qui paya les dix livres de feslina traditionnelles. Déjà le 13 décembre précédent, la communauté des prêtres de Saint-Jean avait remis entre les mains de Gabriel et Jean Bonapats, marchands de Perpignan, la somme de deux cents livres, à titre de don gracieux fait, selon l'usage, au nouveau pasteur du diocèse, à l’occasion de son avènement. Le 5 janvier 1471, par lettres-patentes datées d’!Ine, signées de sa main et scellées de son sceau, Charles de Saint-Gelais nomma « commissaire général des âmes des défunts du diocèse d'Elne » son secrétaire Jean d’Agiis. Le 12 du même mois, le nouveau prélat fit son entrée solennelle à Perpignan, où il fut reçu avec le cérémonial usité en pareille circonstance, suivant la relation succincte du livre des Mémoriaux de Saint-Jean : « Le samedi XII de janvier de l'an MCCCCEXXI. le révérend seigneur monsieur Charles de Saint-Gelais, par la grâce de Dieu évêque d'Elne. entra dans la ville de Perpignan, entre une et deux heures de l'après-midi. La communauté alla au-devant de lui jusqu'au Poids

du roi. Là, le chef des chantres entonna le KR. Ecce sacerdos, et le semainier, qui était monsieur Barthélemy Moner, dit le verset Benediclus avec une oraison. Ensuite le dit seigneur adora la vraie Croix et fut reconduit sous le dais jusqu'à l'église avec le Te Deum laudamus, jusque devant le grand autel. Puis le dit semainier dit le verset Salvum fac, avec une autre oraison, et après le dit seigneur évêque assista aux vêpres : et le lendemain qui était dimanche et premier jour de l’octave de l’Epiphanie, il fit l'office, et nous fimes une procession solennelle dans le cloître avec les chapes. » Un des premiers actes de Charles de Saint-Gelais, en arrivant dans le diocèse d’Elne, témoigne de sa bienveillance pour le clergé. Coma rapporte que les chanoines, peu satisfaits de leurs portions canonicales, adressèrent, le 19 juillet, une réclamation à l'évêque qui leur fit donner satisfaction, le 3 août suivant, par son vicaire-général. Peu après, les bénéficiers de Saint-Jean, désirant que les revenus de la cure de Pia fussent unis à la communauté pour augmenter le taux des distributions quotidiennes, et ayant délibéré à ce sujet, le 30 décembre, sans l'intervention des chanoines, ceux-ci furent très froissés de ce procédé qui semblait devoir les exclure du gouvernement de l’église. Charles de Saint-Gelais, pour faire cesser ces discussions, unit à la communauté des prêtres de Saint- Jean, non seulement la cure de Pia, mais encore celle de Castellnou. Par décision du 4 mai 1472, ce prélat prononça l'union à la communauté de Saint- Jean des revenus de la cure de Sainte-Marie-la-Mer. Charles de Saint-Gelais ne suivit pas l'exemple de ses prédécesseurs en fixant sa résidence à Perpignan. Il sut se contenter du vieux palais épiscopal d’Elne, durant le court séjour qu'il fit en Roussillon. Dès le 27 août 1472, Charles de Saint-Gelais se trouvait hors de son diocèse. Dans un acte de ce jour, Jean de Casanova est désigné comme vicaire-général de l'évêque d’Elne, « allé en pays lointains ». Depuis cette époque, les nombreux documents où il est fait mention de l’évèque donnent à entendre que Charles de Saint-Gelais ne revit jamais plus son diocèse. Le 31 mars 1473, Bernard Alfonsello, vicaire-général pour Charles de Saint-Gelais, évêque d’Elne absent du diocèse, confère à Jean Casanova, prêtre, le canonicat et la prébende vacante par suite du décès de Bernard Patau. Cet acte, donné à Elne sub sigillo vicariali, est revêtu du sceau ogival (0"075 sur 0"045) appliqué cuire deux papiers, au bas de l'écriture, suivant l'usage français. Le champ du sceau est occupé par l'effigie des saintes Eulalie et Julie, patronnes du chapiire d'Elne, vues de face, et portant, l'une à la main droite et l’autre à la gauche, la palme du martyre. Chacune d'elles est encadrée dans une niche formce de deux colonnettes avec

pinacles fleuronnés, supportant deux dômes à pendentifs, dont chacun se couronne d’un petit clocheton. La partie inférieure du sceau montre un écusson sous chaque patronne. Sur celui de droite, on dis-

tingue une croix, symbole héraldique de la famille !

de Saint-Gelais. Celui de gauche, qui est indéchiffrable, devait porter l'étoile à huit rayons du chapitre d’Elne. La légende très longue, en lettres minuscules gothiques, est totalement illisible. Le 4 juillet 1473, les syndics de la communauté des prêtres de Saint-Jean, dans une assemblée au sujet de l'union de la cure de Sainte-Marie-la-Mer, prononcée l’année précédente, décidèrent que le résultat de leur délibération devait être présenté au vicaire de l'évêque «allé en pays lointains ». Le 19 du même mois, divers revenus sont affermés par Jean de Agiis, prétre, chanoine de l’église d’Elne, vicaire-général et procureur de l'évêque Charles de Saint-Gelais. Le lendemain, un bénéfice ecclésiastique fut conféré par Jean de Casanova, prêtre, chanoine d’Elne, vicaire-général de l’évêque Charles « allé en pays lointains ». Cette absence coïncidant avec l’époque à laquelle, suivant le Gallia chrisliana, Charles de Saint-Gelais aurait obtenu en commende l'abbaye de la Frenade, il est naturel de dire que le nouvel abbé commendataire, fuyant les discordes civiles, aurait cédé aü désir de visiter son abbaye. Les Mémoriaux de Saint-Jean signalent encore en 1474 l’absence de Charles de Saint-Gelais. « Le mercredi XX avril (1474), disent-ils, qui fut le quatrième jour férié après l’octave de Pâques, fut le jour du synode lequel fut célébré en la présente église (cathédrale actuelle) par monseigneur le vicaire in lemporalibus el spirilualibus pour monsieur Charles, par la grâce de Dieu, évèque d’Elne in remolis exislentem, lequel ne put se célébrer dans la cité d'Elne, à cause de la guerre. » En constatant l'absence prolongée de Charles de Saint-Gelais, on ne peut s'empêcher d’en voir la cause dans les difficultés nombreuses qui, se pressant autour de ce prélat, contribucrent sans doute à lui faire prendre en dégoût le Roussillon. D'une part, les mœurs indépendantes du clergé ; de l'autre, l’'antipathie inévitable des ecclésiastiques pour un évêque étranger, ne parlant pas leur langue el appartenant à la nation des oppresseurs ; la guerre et Îcs fléaux qu'elle engendre et, par dessus tout, la sombre politique de Louis XI durent inquiéter vivement Charles de Saint-Gelais et le déterminer à abdiquer les fonctions épiscopales. Sa démission fut la conséquence des ordres donnés par Louis XT à du Bouchage : « Dira à M. d'Albi qu'il prenne l'évêché d'Eaulnes en commende...». Quoique en apparence disgrâcié, Charles de Saint-Gelais ne fut pas cependant une victime de la politique de Louis XL Il troqua l'évêché d'Elne contre la plus opulente

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