SAINT-GELAIS
abbaye du Roussillon. Charles de Saint-Gelais fut abbé et perpétuel administrateur de Saint-Michel de Cuxa, ainsi que le prouvent divers actes des 12 août 1475, 28 mai et 14 octobre 1477, 15 mai 1479 et 7 octobre 1481 mentionnés dans les registres des notaires roussillonnais Antoine Masdamont, Jean Troyard, Georges Borgua et Pierre Vilarnau. Le titre d'abbé de Saint-Michel de Cuxa, qu’il cessa de porter vers la fin de l’année 1482, ne fut pas la seule récompense de la docilité de Charles de Saint-Gelais aux ordres de Louis XI. Jean de Châteauneuf, alias d'Etampes, évêque de Carcassonne, qui avait été nommé en 1471 premier abbé commendataire de Montierneuf de Poitiers, élant mort en 1475, Charles de Saint- Gelais fut appelé à lui succéder. Divers actes font savoir qu'en quittant l’évèché d’Elne, Charles de Saint-Gelais fut pourvu également du titre honorifique d’évèque in parlibus de Margarance, dans la province de Servie (actuellement Passarowitz). Les archives de la Vienne possèdent un titre du 5 février 1476, par lequel « Charles, évêque de Margarance, abbé commendataire de l’abbaye de Montierneuf de Poitiers, de l'ordre de Cluny, afferme le prieuré de Bouchet en Aunis », ainsi qu'un autre acte de 1482, par lequel le même prélat unit le prieuré de Notre-Dame à l'abbaye de Saint-Benoît de Quinçay, en faveur de Guérin Boisseau qui en était abbe et d'Etienne Paveau, abbé de Vernuce, au diocèse de Bourges. Suivant le Gallia chrisliana, Charles de Saint-Gelais aurait également obtenu en commende l'abbaye de Saint-Léonard de Ferrières, près Thonars. Il occupait le siège abbatial de ce monastère en 1478. Le 9 juillet 1484, le prieuré de la Fuvye- Montjault échut à l'abbé de Montierneuf. Celui-ci se trouvait en procès avec plusieurs habitants de ce lieu, au sujet de certains droits de pâture, en l’annéc 1498. Charles de Saint-Gelais, si l’on en croit un certain factum virulent rédigé par les moines contre son administration, donna lieu à de grands griefs. On blämait surtout avec aigreur son goût trop prononcé pour les constructions nouvelles, goût dont il a donné un échantillon dans la maison de campagne appelée encore de nos jours la Folie, qui se trouve située sur la rive gauche du Main, près le moulin de Lcssart. Ses subordonnés auraient dû tenir compte à Charles de Saint-Gelais qu'il ne réservait pas pour lui seul le confortable et le luxe de celte agréable villa. On trouve dans les lettres de Rieux d'Amboise, évêque de Poitiers, dont la permission avait été requise à cet effet, que l’abbé de Montierneuf, plein d'attention pour la santé de ses religieux, s'occupait, en 1486, de faire ajouter à cette maison, construite dans la paroisse de Migné et connue sous le nom de « Grange de Saint-Gelais », une chapelle ou oratoire. Cette maison était un lieu