SANTA-FE — SANTA-PAU
SANTA-FE (Bérenger de), neveu de l’évêque Bernard de Berga, était archidiacre d’Elne en 1259, lorsqu'il fut nommé exécuteur testamentaire de ce prélat défunt, en compagnie de Bérenger de Cantallops, archidiacre de Conflent. Pour sa part, Bérenger de Santa-l'e recut en héritage la bibliothèque de Bernard Berga qui renfermait, entr'autres volumes, les œuvres de maitre Odon. Bérenger de Santa-Fe fut promu à l'évêché d’Elne vers la fin de l’année 1281. Il était déja en possession de ce siège le 10 janvier 1282, date à laquelle fut tenue une assemblée capitulaire qui désigna des juges pour prononcer sur l'appel fait par les habitants de Baixas d’une sentence rendue contre eux, en faveur de l'évêque Bérenger, prévôt de ce lieu. Le 1°” janvier 1283, ce prélat, qui administrait le prieuré de Corneilla-du- Conflent, afferma, pour un espace de deux ans, les revenus de la seigneurie de Sansa à Mairona, veuve du juif Vital Bonet. Le prix de l'engagement s'élevait à la somme de 1500 sols barcelonais, et sur ce chiffre Mairona devait bénéficier d’une retenue de 1375 sols, en payement d'un prèt d'argent fait autrefois par son mari à Bernard, prieur de Corneilla. Le 29 avril 1286, l'évêque d’Elne reconnut aux habitants de Baixas le droit de mesurage de l’huile, sous la réserve d’un cens. À la suite d’un accord conclu avec son chapitre, Bérenger de Santa-Fe réduisit à quinze le nombre des chanoines d'Elne. Cette mesure avait été provoquée par l’état de pauvreté où se trouvait la cathédrale, à la suite des guerres multiples qui désolaient alors le Roussillon. L'évêque d'Elne dut. intervenir, le 5 novembre 1287, pour trancher le différend élevé entre les habitants de Pia et le chapelain de cette paroisse qui prétendait avoir Île droit de s'approprier le meilleur vêtement de tout individu décédé dans la localité. Le 14 juillet 1288, Bérenger de Santa-Fe souscrivit une transaction faite au sujet de la collation d'un bénéfice. Il mourut dans le courant de l’année suivante et eut pour successeur Raymond de Costa.
Archives des Pvyr.-Or., G. 48, 169, S38. — Puicaanrs, Catalogue
biographique des évêques d'Elne. — MONxSALVATGE, El obispado de Elna, Olot, 911.
SANTA-FE (Michel de) prit possession du siège abbatial de Saint-Génis-des-Fontaines, le 27 septembre 1587, et administra ce monastère jusqu'au 47 octobre 1:90.
Gallia chrisliana, LOVE cob. 1108.
SANTA-MARIA (Pierre-Benoïît de), né à Barcelone, ctait chanoine de la cathédrale et archidiacre de l'église Sainte-Marie-la-Mer de sa ville natale, lorsqu'il fut nommé évêque d'Elne, dans le cours de l’année 1586. Ce prélat succéda à Jean Térès,
promu à l’archevêché de Tarragone depuis le 30 mai de cette même année. Les mois qui précédèrent la venue du nouvel évêque dans son diocèse furent marqués par une série de graves démêlés entre Îles consuls de Perpignan et la communauté ecclésiastique de Saint-Jean, comme aussi par les ravages qu'exerça la peste dans tout le Roussillon. Pierre- Benoït de Santa-Maria fit son entrée solennelle à Perpignan, le 15 février 1587. Le clergé et les fidèles allèrent au-devant de lui jusqu’à la place dels quatre cantons, en face de la chapelle du Temple. On Île conduisit processionnellement à Saint-Jean où il donna la bénédiction. Le surlendemain, la commurnauté ecclésiastique de Saint-Jean fit don au nouvel évêque d'Elne de soixante livres de truites, de vingt livres de congres et autres poissons, d'une « grose de pomes canneses y merecdures » et de deux « bassines de massepans, biscuits y cansalada de caresma y citronat y carabessat y pinyonada de sucre, y sinquante cartons de vi blanch ». Pierre-Benoît de Santa-Maria approuva, en 1587, les statuts de la communauté ecclésiastique de Canet. Il mourut à Perpignan le 31 janvier 1588 et fut inhumé le 3 février dans l’église de la Réal. Ses dépouilles furent la proie de voleurs. Une sentence d'excommunication fut lancée, le jour même de ses obsèques, contre les personnes qui, dûment averties, n'avaient pas dénoncé les vols commis au préjudice des héritiers de l'évêque défunt.
Archives des Pyr.-Or.. G. 49, 240, 744. — Puiccani, Calalogue biographique des évêques d'Elne.
SANTA-PAU (Hugues de), chevalier, seigneur de Santa-Pau, fit son testament le 22 décembre 1391. Il avait épousé Béatrix de Ribelles, qui lui donna sept enfants : Pons, l'héritier universel, décédé sans descendance mâle ; Ilugues et Galcerand dont les notices suivent ; Marquesa, qui se maria à Celse de Proxida ; Béatrix. épouse de Gérard de Cervellon ; Sibille et Jeanne.
Archives personnelles de S. G. Monseigneur de Carsalade du Pont, Fet del proces se aporla a relacio del d. don Ramon Hubi de Marimon, & instancia de don Pedro Aymerich Cruylles y
Santa-Pau, contre los egreyis comples de Montegut y allres, 1611-1639.
SANTA-PAU (Hugues de), fils cadet du précédent, hérita d'André de Fenouillet, vicomte d'Ille et de Canet, la baronnie de Mosset, la tour de Mascarda el le fief de Paracols qui lui furent légués par testament, en date du 4 juillet 1386. Hugues de Santa-Pau partant pour la Sicile fit son testament le 20 décembre 1391 et iustlitua héritier Galcerand de Santa-Pau, son frère. Il parait être mort en Sicile; du moins il n'est plus fait mention de lui en Roussillon. Le roi Jean E d'Aragon et Yolande son épouse vendirent
562 SANTA-PAU — SAORRE
1833 sols 4 deniers de rente sur les revenus de Pratsde-Mollo, Conat, Cortsavi et Montbolo, en faveur d'Eléonore, épouse du chevalier Hugues de Santa- Pau. Plus tard, Martin ["”, roi d'Aragon. affecta trois mille florins d’or sur les revenus du fief de Mosset à Éléonore de Santa-Pau, en payement de la somme que le roi Jean 1° lui avait jadis promise pour l'aider à contracter alliance avec Hugues de Santa-Pau.
Archives des Pyr.-Or., B. 153, 177, 190, 240, 357.
SANTA-PAU (Galcerand de), frère du précédent, baron de Mosset, acheta la baronnie de Castellfollit (Espagne) à Gabriel de Faro, le 31 juillet 1400. Ce chevalier fut camerlench du roi Martin [”,et par l'intermédiaire de ce prince épousa Yolande de Ruis de Liori qui ne tarda pas à mourir après lui avoir donné un fils, Hugues-Adhémar de Santa-Pau. Galcerand de Santa-Pau convola en secondes noces avec Aldonsa de Cardone qui lui apporta en dot les fiefs de Finestres, de Monros en Catalogne, et les seigneuries de Butera, de la Falconara, de Licodia, Arlula et Lontin situées dans le royaume de Sicile. Galcerand de Santa-Pau eut du second lit : Raymond dont la notice suit, Guillaume, Françoise, épouse d'Emmanuel d'Aragon, et Marlusia. Le 12 juin 1431, Galcerand de Santa-Pau fit donation à Hugues son fils aîné des domaines et des fiefs qu’il possédait en Catalogne : Santa-Pau, Castellfollit, Mosset, Finestres et Monros. Il légua les châteaux et les seigneuries qu’il possédait en Sicile au fils cadet, Hugues. Galcerand de Santa-Pau mourut le 28 octobre 1439.
Archives personnelles de $. G. Monseigneur de Carsalade du Pont, Fet del proces, op. cil.
SANTA-PAU (Hugues-Adhémar de), fils aîné du précédent et de Yolande de Ruis de Liori, avait été déclaré hérilier universel de son père Galcerand de Santa-Pau. En 1439, il exigea de son frère Raymond, établi en Sicile, cent vingt onces de rentes sur Île fief de Famapetra, situé sur les terres de Calatagiro, et 3000 florins d'or d'Aragon pour édifier la chapelle que son frère avail donné ordre de construire dans le château de Licodia. Le 28 juillet 1431, Hugues-Adhémar de Mossel avait épousé Damienne de Centelles qui lui avait apporté en dot six mille florins d'or. De leur union naquirent trois filles : Béatrix qui, le 3 mai 1#4t, avant uni ses destinées à Gérard-Bernard de Cruilles, apporta à cette maison la baronnie de Mosset ; Yolande, qui se maria à Pierre de Perea ; et Eléonore. Le 25 mars 1457, Chrysowone de Centelles, tuteur des trois sœurs Béatrix, Yolande et Eléonore de Santa-Pau conclut un accord avec Raymond de Santa-Pau, chef de la branche de la famille établie en Sicile. 11 fut convenu que les premières renonceraient à la rente de cent vingt
onces qu'elles détenaient sur les fiefs siciliens, et que moyennant cette cession, elles conserveraient la propriété incontestée des seigneuries possédées en Catalogne par la maison de Santa-Pau.
Archives personnelles de S. G. Monseigneur de Carsalade du Pont, Fet del proces, op. cit.
SANTA-PAU (Raymond de), frère du précédent, était fils de Galcerand de Santa-Pau et d’Aldonsa de Cardone. Il reçut en partage les seigneuries que son père possédait dans le royaume de Sicile. Il fut camerlench d'Alphonse V, roi d'Aragon, s'établit en Sicile et laissa dans ce pays une postérité qui s’v est perpétuée. Raymond de Santa-Pau eut pour fils Pons de Santa-Pau. Celui-ci donna le jour à Raymond de Santa-Pau qui lui succéda. Pons de Santa-Pau, fils et héritier du précédent, mourut sans enfants et transmit ses biens à son oncle paternel, Hugues de Santa- Pau. Pons de Sania-Pau, fils de ce dernier, laissa les domaines seigneuriaux à son fils aîné Ambroise qui, étant décédé sans postérité, les légua à son frère François. François de Santa-Pau, prince de Butera, décédé sans descendance mâle, fit héritière sa sœur Dorothée, épouse d'Antoine Barnesi. De cette union était issu Fabrice de Santa-Pau, grand d’Espagne. Celui-ci eut deux fils : François et Jean. L'’ainé descendit dans la tombe avant son père et, à sa mort, ne laissa qu'une fille Marguerite d'Autriche, qui vivait en Sicile en 1638. Jean de Santa-Pau, fils cadet de Fabrice, fut le père de Joseph, fixé aussi en Sicile en 1640, lequel portait le titre de prince de Butera et de comte d’Almaserino.
Archives personnelles de S. G. Monseigneur de Carsalade du Pont, Fet del proces, op. cit.
SANYES (Jean de) était fils de Jean Sanves, seigneur du château de Sanyes et des villes de Desses et de Laureses en Rouergue, et de dame de Saint- Sisest. Il vint s'établir à Perpignan vers le milieu du xvi* siècle pour y exercer la médecine. Philippe T1 lui octro\a des lettres-palentes qui lui accordèrent le droit de jouir de lous les privilèges de la noblesse de Roussillon et de Catalogne. Jean Sanyes eut deux fils du mème nom que lui. Ce dernier qui s'intitulait damoiseau en 1599. laissa comme héritier Joseph Sanyes, dont les biens furent confisqués et donnés à Etienne Ferrer, le 12 octobre 1653.
Archives des Pyr.-Or., B. 375, 378, 394, G. 256, 1026.
SAORRE (Pierre de), élu abbé de Saint-Martindu-Canigou, le 22 avril 1258, gouverna ce monastère jusqu'au 15 novembre 1279. Le 1°’ novembre 1262, Pierre de Saorre fit rémission aux habitants de Vernet des droits féodaux appelés Mauvais usages.
SAPTE — SARAGOSSE
En 1264, le roi d'Aragon, Pierre-le-Cérémonieux, dispensa ce prélat de payer certains impôts et lui confirma les privilèges accordés à ses prédecesseurs touchant la justice civile et criminelle. Sous son abbatiat, des religieux cupides s’emparèrent de bénéfices, au détriment de certains de leurs confrères. Le monastère du Canigou fut le théâtre de disputes et de rixes entre moines qui se livrèrent même à des voies de fait. L'excommunication fut lancée contre les délinquants ; mais le 28 mai 1270, une lettre de François-Pierre Alcano, pénitencier de la Sainte Eglise romaine, donna à Pierre de Saorre pleins pouvoirs d'absoudre les moines qui avaient porté les mains sur d’autres religieux et s'étaient emparés de leurs propres, à condition que les coupables résigneraient les propres dont ils jouissaient en faveur du monastère.
Inventaire d'Agullana.
SAPTE, de Pollestres, fut nommé abbé de Saint- Génis-des-Fontaines en 1242. Dans le temps de son abbatiat qui eut une durée de vingt-neuf ans, ce prélat s’occupa des intérêts matériels des religieux de son abbarye. Il améliora le menu de leur maigre repas en assurant aux moines quatre œufs pour la nourriture, le mercredi et le vendredi de chaque semaine. Sapte fit effectuer des réparations aux maisons d'habitation du monastère, et fit couvrir la toiture de l'église. En 1269 il acheta le château de Brouilla à Pons-Hugues, comte d'Empories, au prix de dix mille sols melgoniens. Sapte, de Pollestres, mourut le 31 mai 1271, ainsi qu'en fait foi l’épitaphe de son tombeau que le Gallia reproduit dans les termes suivants: Anno . Domini. M.CC. LXXT. pridie calendas . Junü . obtit . domnus . Sapte . de Pollestris ubbas . huius . loci. qui . rexil . hanc . ecclesiam AXIX . annis . et. adquisivit . castrum . de . Brulliano de . mari . decimam . piscium . honorem . Bernardi Olibe. de. Vilallonga . condaminam . Petri. de. Tacione mansum . el. honorem . Ermegaudi . de . Insula campos . de. gradu . de. Ulmo . de . Vernadella . de Lortali . de. molino . domos . de . Argileriis . et. islius monasleri. repuravil . cooperuit . ecclesiam . construœil. domum . novim . suprà . Bualum . slabilivil . cuilibet . monachorum . quatuor . ova . omnibus . diebus Mercurii . el. Veneris . et. suum . anniversarium . el patris . el. malris el. fratris . sui . Auberti . baiuli de . Roca. cuius . auxilio . castrum . de . Brulliano fuit . emplum . anno . Christi.M.CC. LX\XAT .mense Octobri . translalus . est. sub . hace . pelra . quem Christus . lrarit. ad . ethera . orale . pro . ea. Cette inscription est perdue ; mais. dit Louis de Bonnefoy, «on la retrouverait sans doute en retournant les seuils et les linteaux des ouvertures modernes qui
ont défiguré l’ancien cloître de Saint-Génis-des- Fontaines ».
Archives des Pyr.-Or., B. 276. — Gallia christiana, t. VI, col. 1106. — L. DE Bonxrroy, Epigraphie roussillonnaise.
SAQUET (Bernard), marchand de Perpignan, vivait dans la seconde moitié du xrv° siècle. Un inventaire de ses biens dressé après sa mort, en 1405, fournit des renseignements sur les opérations commerciales que Saquet entreprit durant le cours de son existence. Ïl se livra spécialement au commerce maritime, achetant et vendant des esclaves, exportant des étoffes et des draps du Roussillon en Sicile, en Roumanie, dans l’île de Chypre, jusqu’à Beyrouth et dans le Levant. Par un acte du 26 mars 1382, le monastère de Fonfroide donna à Bernard Saquet l'étang d'en Baria, situé près de Villeneuve-de-la- Raho. Saquet l’approvisionna de poissons. Le 14 octobre 1382, il y fit transporter une charge d’anguilles, au nombre d’un millier environ. Ces poissons avaient été extraits vivants de l’étang de Canohès. Le 23 janvier 1383, Bernard Saquet fit jeter encore dans ce même vivier une charge de lagostins vivants. Ce riche négociant rendit sans doute de grands services à l’abbaye de Fonfroide, puisque, à la date du 5 mai 1388, Gérard, abbé de Cîteaux, lui écrivit pour lui annoncer que le Chapitre général lui avait concédé une pleine participation aux biens spirituels de l'Ordre, c'est-à-dire aux messes, aux jeûnes et aux prières des moines. Le roi d'Aragon, Jean [°, céda à Bernard Saquet la forêt de Querança. Saquet fit établir un moulin à scie à proximité de cette forêt, pour l'exploitation du bois. À sa mort, Bernard Saquet ne laissa qu'un fils mineur, appelé Georges, qui n'eut pas de descendance.
Archives des Pyr.-Or., B. 151, 154, 184, 190, 226. — E. CAUvET, Etude historique sur Fonfroide, Montpellier, Félix Séguin, 1875.
SARAGOSSE (François de), chevalier, obtint de Pierre IV, roi d'Aragon, le remboursement de certaines sommes que son père avait prêtées à Jausbert de Castellnou et pour lesquelles la baronnie de Castelinou avait été engagée. François de Saragosse eut un fils, Pierre, qui fut seigneur de Camélas. A sa mort, survenue avant 1409, Pierre de Saragosse avait institué pour héritier universel son fils, le damoiseau Jacques de Saragosse. Celai-ci se fixa à Millas. Il eut des contestations, au sujet des dimes de Vallcrose, de Politg et de Camélas, avec le bénéficier et le sacristain de cette dernière localité. En 1432, un accord fut conclu entre ces ecclésiastiques et Jacques de Saragosse. La dime de Vallcrose fut parlagée entre Jacques de Saragosse ct le bénéficier de Camélas, par moitié ; la dîime de Politg fut adjugée pour deux tiers au seigneur de Camélas et pour un tiers
au sacriste de la paroisse ; la dime de Camélas fut attribuée par moitié au prieur de Castellnou et à la chapellenie de Camélas. Jacques de Saragosse, qui avait épousé, en 1432, Yolande del Viver, laissa un fils qui portait Ie même nom que lui.
Archives des Pyr.-Or., B. 100, 262, G. 740, E. (Titres de famille), 691.
SARAGOSSE (Jacques de), fils du chevalier Jacques de Saragosse et d’Yolande del Viver, domicilié à Millas, épousa, en 1454, Jeanne, fille de Pierre del Viver. Il fut seigneur du chàtcau du Vivier et eut pour héritier un fils nommé aussi Jacques. Son second fils, Honoré de Saragosse, qui fut bailli de Millas en 1497, vivait encore en 1502.
Archives des Pyr.-Or., B. 337, 416, E. (Titres de famille), 691.
SARAGOSSE (Jacques de), fils aîné du précédent, eut pour enfants : Jacques, Jean, François ct Anne. L’ainé reçut, en 1522, de l’empereur Charles- Quint, des provisions qui lui confièrent le commandement du Castillet de Perpignan. Il épousa, en 1526, Constance, fille et héritière de Jean del Viver, seiwneur de Calce, décédé. De ce mariage naquirent: Louis, mort jeune encore en 1546 ; Guiomar qui conlracta alliance, cette année-là, avec Jérôme Pellisser : Yolande, épouse de Louis de Llupia, procureur royal ; et Anastasie-Cécile qui unit ses destinées à Ange-François Domenech, fils de Bernard Domenech, bourgeois noble. Jean de Saragosse, frère de Jacques, n'eut à son tour qu'une fille qui épousa François de Vilanova. François, le troisième fils de Jacques de Saragosse, qui avait fourni, en 1526, du vin et des vivres aux soldats allemands de passage en Roussillon, descendit dans la tombe sans postérilé. Anne, sa sœur, était chanoinesse au couvent de Saint-Sauveur, à Perpignan, en 1536.
Archives des Pyr.-Or., B. 355, 374, G. 147, E. (Titres de fa-
mille), 691. — ALarT, Nolices historiques sur les communes du Boussillon, 1 série. — Abbé J. Careise, Etude hislorique sur Millas.
SATGÉ (Cosme - Thomas - Bonaventure de) naquit à Prades Le 14 juillet 1769. I était fils de Jean- Cyr de Satgé, seigneur de Thoren, PYy, Mantet et Huyteza, et de Louise de Bordes. Ruiné par la Révolution et l'invasion cspagnole, il vint à Paris ct s'associa, prélendit-il, aux royalistes qui s'cforçèrent de délivrer Louis XVI Cosme de Katgé vécut assez ignoré sous l'Empire, et occupa en 1812 l'emploi de receveur des douanes à Puigcerda. s'établit à Toulouse en 1814 et surprit dans celte ville, au mois de février 1845, quelques preuves du projet d'évasion de Napoléon de File d'Elbe. Cosme de Satgé accourut en toute hâte à Paris, le 26 fevrier, pour révéler le complot, fut reçu par le duc de
SARAGOSSE — SATGÉ
Luxembourg, capitaine des gardes du roi, et ne put le convaincre de l'imminence du danger. Le 1° mars l'événement se réalisait, l'Empereur débarquait à Fréjus et le gouvernement de la Restauration s’effondrait. Entre temps, Cosme de Satgé s'était rendu à Bordeaux, auprès de la duchesse d'Angoulême, et avait fait saisir à la poste des correspondances secrètes destinées à Napoléon. Emprisonné comme suspect par le général Decaen, il fut relàché le 2 avril et revint à Toulouse, où il se mit à la tête de manifestations hostiles au gouvernement des Cent Jours. Assailli le 3 mai dans une échauffourée rue Peyras, il fut laissé pour mort, la têle fendue de trois coups de sabre. Victime de son zele royaliste, Cosme de Satgé espéra, au retour des Bourbons, jouir de récompenses qu'il ne reçut pas à son gré. Ce fut le rêve déçu, l'amertume de sa vie. Il se rejeta alors dans l'intrigue politique et se signala par de violents pamphlets. Il avait obtenu, par l'appui de Chateaubriand, une pension de six mille francs, et il vécut pendant plusieurs années dans l'intimité des hommes les plus éminents du parti ultra qui coilaboralent avec lui au Conservaleur ; mais ses critiques publiques, ses attaques violentes contre les ministres et la politique modérée de Decazes lassèrent le Gouvernement et la pension fut réduite et enfin supprimée. Ce fut alors, entre la police et Cosme de Satgé, une lutte incessante qui se termina par l'exil à Pamiers. À l'avènement de Louis-Philippe, Cosme de Satgé reprit ses revendications, et n'obtenant pas salisfaction il écrivit au roi des lettres de menaces. Poursuivi devant la Cour d'assises de la Seine. il fut condamné, en septembre 1832, à cinq ans de travaux forcés et fut gracié peu après. Il se retira alors à Prades, où il mourut le 6 octobre 1849. I] avait épousé, à llle-sur-Tet, Françoise Balalud de Saint- Jean et laissa trois fils: Valentin de Satgé, ne à Ille en 1802, servit à New Brisach et à Saumur dans Île 24° régiment de chasseurs à cheval et épousa, en août 1832, Caroline Sparkess, du comté de Salop (Angleterre). Il obtint et prit le litre de vicomte de Saint-Jean. Son fils Ernest épousa la fille de l'amiral anglais Rous et restaura le château de Castelnou, où il mouruten 1899. Sa descendance est fixée en A ngleterre. — Oscar de Nalgé naquit à Ille-sur-Tet le 10 novembre 1804. Officier de dragons, il fut décoré de Ja Légion d'honneur en 1827, à vingt-trois ans. pour action d'éclat. Il épousa, le 10 novembre 1$S36. Milicent Wall, du comté de Worcester. Oscar de Salgé restaura le château de Thoren, s'y retira et y mourut en 1901, âgé de 97 ans. Adjoint au maire de Sahorre et connu sous le nom de baron de Thoren. il était le doyen des légionnaires de France et des adjoints aux maires ; après lui venait l'adjoint de la ville de Limoges qu'il distançait de cinq ans. Ses
SATORRES — SAUNHAC 565
fils ont servi dans l’armée anglaise. -- Antoine de | l'âge de trente ans, il fut appelé quelques temps
Satgé, né à Ille-sur-Tet le 4 février 1807, épousa, le 4l avril 1839, une petite nièce du duc de Wellington, Henriette Rowler, fille de lord Langford, pair d'Irlande. ]l acquit l: château de l'Elysée, près de Lausanne, et les terrains où depuis lors Ouchi s'est élevé. Antoine de Satgé habita aussi, aux environs de Pamiers, le château de Longpré qu'il revendit. Sa descendance, d’abord établie à Dinan (Côtes-du- Nord), vit en Angleterre, dans le North Wales.
* Clément pe Lacroix. Un Revélaleur méconnu des Cent Jours, dans la Fterue des Pyrénées, décembre 1911.
SATORRES (François), prètre, né à Balaguer. a écrit : Historia del silio que puso à Perpiñan el Deljin de Franea Ilenrique, hijo del rey Francisee. en 154?, y el levantamiento de dicho sitio. y las proesas que hicieron entonces los de Perniñan : y los nombres de lus Jamilias que mas se distinguieron. En latin cette œuvre a pour titre: Delphini contra Perpinianum hisloria. Ge livre fut imprimé à Barcelone en 1543. François Satorres a encore écrit une comédie intilulée : Æl Delfin. C’est un curieux échantillon des pieces de cetle époque, où le sacré et le profane sont mêlés ct confondus de la plus étrange manière. L'action partagée en vingt-cinq scènes, embrasse une durce d'environ trois mois, sans indication de lieu, et ce n'est pas sans raison. car à la premiere scène, dont le dialogue est entre le roi de France, le dauphin, le duc d'Orléans, un personnage que l'auteur qualifie de priæfeclus Gall et un messager, succède une scène dans laquelle l'ombre de deux français envoyés à Venise par François [el tués par des Ilaliens, viennent demander à Caron le passage du Styx. Des chœurs et des demi chœurs de chant sont entremé lés avec des dialogues ; et à la fin de la pièce, après que le Dauphin a donné les ordres pour la levée du siège, la nvmphe de fuscino el Vénus, supposée sa mère, paraissent sur la scène, la seconde pour recevoir les doléances de sa fille sur les maux que lui causent les gucrres auxquelles elle est si souvent exposée : un grand nombre de communes du Roussillon trouvent leur nom mentionné dans ces vers plaintifs auxquels Vénus répond par des consola- Lions. À la fin de la pièce, l'auteur donnele nom des Perpignanais qui s'étaient chargés de rôles dans cettetragédie de laquelle estexelu tont rôle de fernme, et qui fut représentée pour la premiere fois en présence du général espagnol à qui elle était dédiée.
Tonues-\uar. Diecionario erilico de los eserilores calalanes. — Heu, Le Guide en Roussillon.
SAUNHAC-BELCASTEL (Jean-François de) naquit le 13 janvier 1565 au chateau d'Ampiac (Averyron). Nominé grand-vicaire honoraire à Rodez. dès
après à Cahors pour y remplir les fonctions de premicr vicaire général titulaire. Dans ces emplois il sut se concilier l'estime et le respect. Toutes les fois qu'il s'agissait de haranguer quelque haut personnage, c'était M. l'abbé de Saunhac que l'on chargeait de porter la parole. Il était considéré comine lecclésiastique du diocèse le plus capable de s'acquitter de celte mission avec distinction. Lorsque, en vertu du Concordat de 1817, la Franec eut décidé de donner des pontifes aux quatre-vingts églises qu'on se proposait de rétablir, Louis NNHIE nonriuma Jean-
François de Saunhac-Belcastel à l'évêché d'Elne.
L'exécution du Concordat fut arrêlée par le ministère jusqu'en 1823. Toutes les diflicultés opposées jusqu'alors ayant été levées, le 17 novembre de cette méme année, le nouvel évêque d'Elne fut préconisé par le pape Léon XIE, dans le consistoire tenu à Rome au Palais Quirinal. Les bulles de nomination arriverent à Paris dans le cours du mois de janvier 1624. Ceiles de Jean-Francois de Saunhac-Belcastel donnèrent lieu à discussion dans le Conseil d'Etat, parce que ce prélat y étail désigné comme suffragant de Narbonne. Cet antique siège archiépiscopal avant été supprimé, l'évèché d’Elne devait relever d'Albi, d'après la dernière bulle de circonscription, datée du 6 octobre 1822. On eslima que pour une erreur de rédaction, il ne convenait plus de retarder encore lc rétablissement de l'Eglise d'Elne, veuve de pasteur depuis un quart de siècle. En attendant qu'on rectifiät cette erreur, ce qui eut lieu sans retard, Îles bulles furent remises à Jean-François de Saunhac- Belcastel le 17 janvier 1N2#. et le lendemain ce prélat fut sacré au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. par Denys Frayssinous, évêque d'Hermopolis, pair de France, grand-maîitre de FUniversilé, assisté d'Alexandre Peterson, évèqne de Cbistre et de Charles-Louis de Nalmon du Chäàtlclier, évèque d'Evreux. Le 23 janvier 1824, le nouvel évêque d'Elne préla serment de fidélité au roi avec quatre autres prélats. Le 18 février suivant, il prit solennellement possession de son siege, par l'intermédiaire de son procureur, Le chanoine Carrière, vicaire général du diocése. Jean-Francois de Saunhac-Belcastel fit son entrée à Perpignan, sa ville épiscopale, le 19 juin 182%. If ful recu avec de grands honneurs, au milieu d'un concours immense d'habitants de la ville et des villages environnants. Une salve d'artillerie annonça sa venue. Ï s'avança sous le dais, revêtu de ses ornements pontilicaux. précédé du clergé de Perpignan ct des paroisses rurales, suivi du maire de la ville, le baron Joseph Despres et de tout le conseil municipal, qui au préalable s'étaient portés au devant du pontife el l'avaient reçu aux portes de la cité. Les troupes de la garnison étaient sous les armes, dispo-
sées par bataillons sur les principales artères de la ville. Avant de franchir le seuil de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, Jean-François de Saunhac-Belcastel reçut les souhaits de bienvenue de la bouche de l’archiprètre Garcias. Il gravit ensuite les marches du maïtre-autel, et, après les prières d'usage, le clergé, les autorités constituées et les fidèles baisèrent son anneau pastoral. Le prélat donna la bénédiction à la foule qui se pressait dans la nef de la cathédrale. Le chanoine Fortaner qui fut l’historiographe de cette journée adressa au nouvel évêque d'Elne ce quatrain en vers latins:
Helnensis veneranda sedes, rediviva, parentem
Suscipit amplexu pontilicemque suum.
Iste fide et pictate suû virlute decorus
Sancte pascet oves, alferet atque pacemm.
Jean-lrançois de Saunhac-Belcastel s’'occupa sans
retard de la réorganisation des œuvres dans son diocèse. Dès la première année de son intronisation, il créa et ouvrit le petit séminaire de Prades pour assurer le recrutement des vocations sacerdotales. En 1825, il réunit en communauté cloitrée les religieuses survivantes de l'ancien couvent de Sainte-Claire. Le 10 mai 1826, il posa et bénit la première pierre du grand séminaire, construit par ses soins sur l’ancien cimetière de l'église Saint-Jean de Perpignan. En 1828, Jean-François de Saunhac Belcastel procéda à la fondation du pensionnat des Dames du Sacré- Cœur et de la maison des religieuses de la Providence (Sœurs de Saint-Joseph de Lyon). La révolution de 1830 le contraignit à quitter moinentanément son diocèse. [l y retourna bientôt après pour donner à tous l'exemple de la modération. Ce prélat se signala surtout par l'amour de la paix et de la charité évangélique. En 1839, Jean-François de Saunhac-Belcastel fonda à Perpignan la maison du Bon-Pasteur où sont recueillies les filles repenties et les jeunes orphelines. En 1840, les religieuses du Saint-Sacrement formèrent une congrégalion diocésaine vouée à l'enseignement et au service des hospices civils. Deux ans plus tard, Jean-François de Saunhac- Belcastel concourut à l'organisation des salles d'asile fondées par la commune de Perpignan. en confiant les établissements d'instruction primaire à la communauté des Sœurs de l'fmmaculée-Conception (Sainle-Famille de Bordeaux), qu'il appela alors dans son diocèse. Ce prélat fit ouvrir et construire à ses frais les splendides verrières qu'on aperçoit audessus de l'entrée principale de la Cathédrale de Perpignan. Durant son épiscopat, il érigea huit cures el soikante-lrois succursales ; il adressa au clermé et aux fidèles de son diocèse cent scpt mandements ou circulaires. Ï mourut dans un âge avancé. le 4 décembre 1853, laissant de nombreux legs aux œuvres Catholiques de Perpignan et son domaine
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SAUNIER — SAVINA
d'Espira-de-l'Agly au grand séminaire. Son corps cst inhumé sous la chapelle du Saint-Sacrement, dans la Cathédrale de Perpignan. Une épitaphe en latin, gravée sur une plaque et adaptée à la paroi de la chapelle, retrace les phases principales de la carrière du pontife. Elle est conçue en ces termes : Hic quiescit Beatam resurrectionem expectans Hlust. ac Rev. in Christo pater D. D. Joannes-Franciscus de Saunhac-Belcastel E nobili familia provinciæ Ruthenensis ortus, Elnensis episcopus C XVI Comes romanus solio pontificio assistens, Hujus antliqui& dicæcesis restaurator Pietate, sapientia ac suavi urbanitate enitens, Inter adversa fructum affcrens in patientià Sacerdotum pater, ommibus carus Die IX decembris anno Domini M. D. CCC. LI Oftatis LÂXXXIX Episcopatus XXX In Domino pie obiit
Les armoiries de Jean-François de Saunhac-Belcastel se blasonnaient : D'or au lion couronné de gueules, cerclé de dou:e billeltes du même. Supports : Deux sauvages au naturel.
ForTaNER, Nolice ecclésiastique sur le Roussillon. — Puracam, Calalogque biographique des évéques d'Elne. — Pisaxt, L’'Episropat français depuis le Concordat jusqu'à la Séparation.
SAUNIER (Louis) prit possession d’un canonicat à la collégiale de la Réal en 1725, fut pourvu de l'archidiaconé de Conflent en 1738, devint vicaire-général de l’évêque d'Elne Charles de Gouy et mourut le 20 janvier 1774. Il était chanoine pénitencier du diocèse.
Archives des Pyr.-Or., G. 459.
SAUTO (Arnaud de), doyen de Roussillon ou grand archidiacre d'Elne, succéda dans cette dignité à Pierre d'Ortaffa, en 1232. Arnaud de Sauto occupait encore cetle charge en 1253.
Archives des Pvr.-Or., G. 122.
SAVARREÉS (Bernard-Guillaume de), origiuaire de F'ontcuberta, fut appelé par Pierre IV au commandement du chateau de Bellegarde, le 20 mars 1351. [1 recucillit dans cel emploi la succession de Jean Matheu de Perpignan, dont le passage à la chàtellenie de Bellegarde n'avait eu que la durée d’une
année.
SAVINA (Antoine), prètre-bénéficier attaché à la communauté ecclésiastique de Saint-Jean, refit en 1522 les orgues de léglise de Millas. Il tint ensuite les grandes orgues de Saint-Jean, de Perpignan, et partit pour Rome en 1536. À cette date, Antoine