‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 163 sur 227 · SCALES — SCHOMBERG · texte numérisé non relu

SCALES — SCHOMBERG

Savina fut remplacé dans son emploi d’organiste par Antoine Ballaro, bénéficier de la Réal.

Archives des Pyr.-Or., G. 147. — Abbé J. CaPreire. Elude historique sur Millas. ;

SCALES (Bernard de) exerça le commandement de la châtellenie de Montesquieu sous le règne de Pierre IV.

Archives des Pyr.-Or., B. 100.

SCHOMBERQ (Charles de), duc d'Halluin, pair et maréchal de France, né le 16 février 1601 à Nanteuil-le-Haudouin, mourut à Paris le 6 juillet 1656. Il devint pair et duc par son mariage avec la duchesse d'Halluin, succéda à son père dans le gouvernement du Langucdoc et dans la charge de maréchal de camp des troupes allemandes au service de la France. Charles de Schomberg battit, le 28 septembre 1637, les Espagnols devant Leucate. Placés sur la montagne, les retranchements du général ennemi Serbelloni, avaient six pieds d’épaisseur et étaient flanqués de demi-lunes et de redoutes. Le duc d'Ifalluin se mit à la tête des Enfants-perdus, força les obstacles qui paraissaient insurmontables, chargea jusqu’à dix fois les Espagnols, leur tua deux mille hommes et leur prit trente-sepl pièces de canon. Il reçut plusieurs coups de feu et de piques dans ce combat, où Serbelloni commandait seize mille hommes. Le duc d'Halluin n’en avait que dix mille et huit cents chevaux. Les Espagnols levèrent le lendemain le siège, abandonneérent leur camp, leurs morts, leurs blessés et leurs bagages. Cette glorieuse bataille valut au duc d'Halluin un élat de maréchal de France, donné à Saint-Germain-en-Lave. le 16 octobre 1637. Il pril alors le nom de maréchal de Schomberg. Il fit, dans Le Roussillon, les campagnes de 1638 et 1539, sous le prince de Condé. Pendant que ce prince assiégeait Salses, le maréchal de Schomberg soumit le château d’Estagel, en 1639. Les Espagnols ayant détaché trois mille hommes pour forcer le bourg «le Sigean où étaient les magasins du prince de Condé, le maréchal les batlil et Iles mit en fuite. Il continua de faire la guerre en Roussillon, en 1640), marcha au secours de la ville d'Ille-sur-Tet, assicégée par les Espagnols et les obligea de lever Île siège. Commandant l'armée du Roussillon conjointement avec le maréchal de la Meilleraie, par pouvoir du 2# janvier 1642, ils prirent de concert, le 9 septembre, la ville de Perpignan et le château de Salses Le 15. Eloigné quelques temps de la cour à l'avènement de Louis XIV, le maréchal de Schoni- ‘berg devint colonel général des Suisses en 1647. Ii prit le commandement de l'armée de Catalogne le 4 mai 1648 et fut nommé vice-roi de cette province sur la démission du cardinal de Nainte-Cécile, par

provisions du 9 du même mois. Le maréchal de Schomberg fit lever le siège de Flix et emporta la ville de Tortose, le 12 juin 1648. Il se démit de la vice-royauté et du commandement de Catalogne, le 4 novembre 1649. IL revint à Paris, où il vécut dans un repos nécessité par la maladie de la pierre, dont il souffrit longtemps et dont il mourut. En 1646, le maréchal de Schomberg avait convolé en secondes noces avec Marie de Hautefort. 11 n'eut point d’enfants de ses deux mariages.

Hoœren, Nouvelle biographie générale.

SCHOMBERG (Frédéric-Armand, comte de), l’un des plus célèbres généraux du xvn’ siècle, né en 1618, en Allemagne, tué le 11 juillel 1690, à la bataille de la Boyne, était issu d’une famille du Palatinat, les Schœænberg, différente de celle du précédent. Entré définitivement au service de la France en 1650, Frédéric de Schombherg devint lieutenant-général en 1655. Après le traité des Pyrénées, il fut envoyé au secours du Portugal, et batlit les Espagnols à Ameixial (8 juin 1663) à Castel-Rodrigo et à Villaviciosa. Rentré en France en 1668, Frédéric de Schomberg se distingua dans la campagne de Flandre (1673). Commandant l’armée du Roussillon et dans cette province, par pouvoir du 5 avril 1674, il se tint sur la défensive, leva par commission du 15 novembre un régiment d'infanterie de son nom, s'empara de Figuères abandonné par les Espagnols, en 1675. et mit tout le pays à contribution. Les faubourgs de Gérone refusant de payer cette contribution, Frédéric de Schomberg altaqua un fort qui défendait un de ces mêmes bourgs. l’'emporta el se rendit maître du retranchement. Il se préparait à brüler le faubourg. lorsque le gouverneur envoya ses otages etse soumit aux contributions. 11 prit Empurias, la pilla, fit la garnison prisonnière de guerre, et, après avoir fait vivre son armée sur le territoire cspagnol, se rabattit sur Bellegarde, qui capitula après dix jours de siège, le 29 juillet 1675. La récompense suivit de près le succes de Schomberg. Elle l'avait même devancé dans la pensée de Louis XIV, qui le nomma, bien qu'il fut de la religion protestante, maréchal dans cette promotion du 30 juillet 1675, appelée {a monnaie de Turenne. Le maréchal Frédéric de Schomberg prit le château de La Chapelle et quitta le conmandement de l'armée du Roussillon. au mois de décembre 1675. Après la révocation de lédit de Nantes, il oblint à grand'peine la permission de sortir du royaume, et commanda sous Guillaume d'Orange les troupes qui allèrent en Angleterre détrôner Jacques IT. Créé duc de Tetford. chevalier de la Jarretière, il fut envorxécontre les Jacobites soulevés en Frlande,en 1689, et futtaé. l'année suivante, à la bataille de la Boyne.

Hoœren, Nourelle biographie générale.

SCLUA, religieux bénédictin, construisil. sous la direction de Guifre, le monastère de Saint-Martin du Canigou. En 1014, sur la demande du comte et de Ja comtesse de Cerdagne, de Bernard, comte de Besalu, d'Oliba, abb* provisoire, et de la communauté de Saint-Martin, Oliba, évèque d'Elne, nomma le moine Sclua abbé titulaire du nouveau monastcre. Le 26 février 1017, le comte Guifre et la comiesse Guisla vendirent à Sclua ct au couvent du Canigou ce qu'ils possédaient en alleux à Targassonne, Torba, Pardinella et Llivia. Le 29 mars 1025, Bérenger III, évêque d’Elne, céda à l'abbé Sclua et au couvent de Saint-Martin l'église, les biens et les revenus de Saint-Martin de Vernet (église actuellement détruite), et reçut en échange l’église de Ria et les revenus qui y étaient annexés. La Chronique Colberline avance et le Gallia christiana répète que l'église du monastère fut consacrée en 1026. Cette seconde consécration parait invraisemblable. En 1032, la fondation de l'abbaye de Saint-Martin fut confirmée dans un concile tenu à Narbonne par l'archevèque Guifred, fils du comte, fondateur du monastère. L'abbé Sclua présida ce concile. Ce prélat mourut en 1044. Pujades et Poc avaient vu son tombeau encastré dans une niche du mur qui s’élevait vers l'église, sur la première marche du perron.

Inventaire de dom d'Agullana. — For, Hisloire de l'abbaye de Saint-Martin du Ganigou.

SEBARDEL (Hyacinthe), de Perpignan, reçut nomination, le 22 août 1650, de Michel Freixa, lieutenant du procureur royal, comme maître des œuvres des châteaux royaux en Roussillon et Cerdagne, à la place d'Antoine Deldon, décédé.

SÉBE (Alexis) naquit à Saint-Chinian (Hérault, le 29 janvicr 1773. Il était le fils aîné d’Alexis Sèbe, chirurgien dans cette derniére localité, et de N. Join. En sortant du collège, en 1788. il fut admis à l'école des Ponts et chaussées du Languedoc, à Montpellier, et de là à celle de Paris. Alexis Sebe reçut, au mois de juin 1793, l'ordre, du Ministre de l'Intérieur, de se rendre à L'on comme élève-ingénieur, et fut nonimeé, presque aussitôt après, Heutenant du génie à Grenoble. Le 25 mars 1794, il fut promu capitaine et envoxé à l'armée d'Italie sous les ordres de Bonaparte. Alexis Sèbe assista aux sieges de Mantoue, Vérone, Peschiera et Mequinenza où il fut grièvement blessé. 11 prit part à la défense de Coni et fut fait. à la reddition, prisonnier de guerre. En 1806, Alexis Sebe fut désigné pour servir à l'armée de Naples. Il v fit les campagnes de 1807, 1808 et 1809, se dislingua à la reprise de Scylla et de Rewwio, aux sièges d'Amanthea et de Cotrone. Il passa deux ans en Calabre, dans des expéditions continuelles. Le

SCLUA — SÈBE

31 juillet 1806, son chapeau fut percé d'une balle et son cheval tué sous lui tandis qu'il marchait, à la tête des grenadiers, à l'attuque du village de Teriolo. Distingué pour sa conduite par Murat, roi de Naples, Alexis Sèbe fut nommé chef de bataillon le 13 février 1809 et lieutenant-colonel le 2 mars 1811, dans l'armée d'Aragon. Il passa de là en Illvrie et fit dans la province de Raguse les campagnes de 1813 et 1814. Rentré en France, il fut nommé sous-directeur des fortifications de Perpignan. Il occupait ce poste lorsque, pendant les Cent Jours, il reçut l’ordre, le

& avril 1815, de mettre la place en état de défense. Il fit aussitôt fortifier le faubourg Notre-Dame et les Quatre-Cazals. Malheureusement pour lui, Alexis Sèbe dut porter atteinte à quelques propriétés privées, et faire démolir un mur parallèle à la face gauche du bastion du Jardin des plantes qui clôturail la propriété de M. de *“*, ancien émigré dont les dénoncialions, à la rentrée des Bourbons, accusèrent le colonel Sébe d'être hostile au gouvernement de Louis XVIII. Ce fut en vain que le général Prudhomme, son chef, le défendit contre d'injustes attaques. Une note du duc d’Angoulème, ainsi conçue, avait été remise aux bureaux du ministère de la guerre : « Le major Scbe, pendant l’usurpation, s’est mis à la tête de tous les excès ; on désire extrèmement qu'il quitie le département des Pyrénées- Orientales ». Cet officier qui n'avait rempli que son devoir en dégageant les fortifications de Perpignan pour les garantir contre une attaque possible des espagnols, cet officier que le général commandant en chef le génie de l'armée avait ainsi noté: « Parfait honnètle homme, doué des plus estimables qualités », fut envorxé en disgwräce à Bayonne, victime d'une rancune particulière. Son avancement fut entravé et. le 18 novembre 1821, le colonel Stcbe fut mis à la retraite. Le 16 novembre 1831, il fut nommé maire de Perpignan. Il fut le premier magistrat de cetle cité jusqu'au 3 juillet de l’année 1835. Alexis Sebe devint ensuite conseiller de préfecture et secrétaire-gwénéral du département des Pvrrénées-Orientales. Il mourut le 5 décembre 1847, des suites d'une chute dans un escalier. De son mariage avec Jeanne Gauthier, de Grenoble, Alexis Schbe eut trois (ils: Frédéric, Isidore, officier d'infanterie, et Adolphe. Frédéric, l'ainé, ancien élève de l'Ecole poly Lechnique, épousa Hyacinthe Domencch, et leur fils, Alexis, contracta plus tard alliance avec Marie de Romeu. Adolphe Sébe, frère de Frédéric, fut notaire et se maria à Thérèse Llinas-Pv, d'Argelès-sur-mer. Il eut huit enfants dont Frédéric, seul survivant, épousa Marie Boluix, de Perpignan, et mourut le 20 septembre 1894.

Communication obliseante de M. Clément de Lacroix et de M. Emile Marie.

SEDACER — SEMMANAT

SEDACER (Bernard), pareur de Perpignan, fut nommé provisoirement, par la reine Marie d’Arayon, à l'office de châtelain de la Tour du Far de Tautavel. Il recueillit dans cet emploi la succession de l'rançois Pascal, décédé. En vertu de provisions royales, Bernard Sedacer ne tarda pas à être remplacé par Augustin Castello.

Archives des Pyr.-Or., B. 238, 2:53.

SEGABRES (Antoine), marchand de Perpignan, fit donation, le 19 avril 1664, à la fabrique de l'église de Corneilla-de-la Rivière, de la relique d'un os de sainte Agathe.

Archives des Pyr.-Or., QG. 774.

SEGARRA (Antoine), carme, a composé: De viris illustribus Carmeli. Cette œuvre n'a pas vu le jour. Le manuscrit en est conservé dans le couvent de Notre-Dame du Mont-Carmel, à Barcelone. Antoine Segarra mourul à Perpignan, dans le monastère de son Ordre dont il était prieur.

Tonnes-Auar, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.

SEGARRA (Joseph), chanoine de la Réal, fonda la confrérie du Rosaire à Espira-de-l'Aglv, le 14 décembre 1667. Il avait obtenu. au préalable, l'autorisation du général des Frères-Précheurs, J.-B. de Marinis, et de Michel Arnu, prieur du couvent des Dominicains de Perpignan. Joseph Scgarra administra les sacrements dans l'église paroissiale d'Espira-de-l'Aglv, depuis le mois de décembre 1667 jusqu'au mois de juin 1673. [| mourut en 1674.

Archives des Pyr.-Or., G. 40%, 459, 767, 7N0, 781.

SEGUIER (Pierre), originaire du Quercy, remplissait les fonctions d'archidiacre de Montpezat, dans léglise de Cahors, lorsqu'il fut appelé, Île 25 septembre 1312, à recueillir Ja succession de Gui de Terrena sur le siege d'Elne. Sous son épiscopat, le roi d'Aragon, Pierre IV, dépouilla Jacques IE roi de Majorque, des comtés de Roussillon et de Cerdane, et Les réunit définitivement à sa couronne. Sur les instances de Pierre Séguier, le pape Clément VI avail adressé une lettre à Pierre le-Cérémonicux, en date du ff avril 1343, pour l'exhorter à ne pas continuer les hostilités et à épargner la cilé d'Elne. Mais le roi d'Aragon demeura sourd aux prières du Souverain Pontife et s'empara de la ville d'Elne. Île 15 juillet 13444. Le 4 mars 1346, Bertrand de Combells, vicaire-général et official de Pierre Séguier, ordonna que toutes les obventions provenant des donations faites ou à faire aux ecclésiastiques de Saint-Jean de Perpignan fussent reçues et distribuées par le procureur de cette église et non par tout autre,

sous peine d'excommunication pour les transgresseurs. Pierre Séguier mourut à Senilhacum, dans le diocèse d'Uzès, en 1346.

Puiccant, Catalogue biographique des érvéques d'Elne. — Con-

rad EUBEL, [lierarchia catholica medii œvi. — MoONSALVATGE, El obispado de Elna, L F, Olot, 1911.

Branche roussillonnaise

SEMMANAT (Raymond de), damoiseau d'Elne, adopta le parti du roi d'Aragon contre la domination de Louis XI. Ce prince confisqua les biens de Ravmond de Semmanat et les donna à Jean de Foix. Raymond de Semmanat eut un fils du même nom que lui. Celui-ci, qui était bayle d'Elne en 1507, laissa comme héritier Galcerand, lequel fut le père de Raymond de Semmanat dont la notice suit.

Archives des Pyr.-Or., B. 286, 411, G, 1062.

SEMMANAT (Raymond de), damoiscau d'Elne, épousa Jeanne Moner, en 1542. Le 3 août 1562, il donna son adhésion à la confrérie de Saint-Georges que la noblesse du Roussillon et de Conflent venait d'instituer. Son fils, Raphaël de Semimanat, s’inscrivit en inmême temps que lui sur les registres de la nouvelle société.

Archives des Pyr.-Or., B. 374, E. (Titres de famille), 720.

SEMMANAT (Raphaël de), fils du précédent, contracta alliance, en 1556, avec Angèle Pallaria. De cette union naquirent trois fils: Michel, successeur de Raphaël de Semmanat, Joseph et Raymond qui embrasserent l’état ccclésiastique, et une fille, Rose, qui se maria à Michel Silva, de Perpignan. Michel de Semmanat unit ses destinées à celles d’'Anastasie de Requesens, dont il n'eut qu'un fils, Alexis.

Archives des Pyr.-Or., E. (Fitres de famille), 720.

SEMMANAT (Alexis de) fut un ardent partisan de la domination espagnole durant la premiere période des guerres de la Catalogne. Le 1° septembre 1633, le roi de France mit ses domaines sous le séquestre, puis en fit donation à François d'Avgaviva et à André Pont, abbé d'Amer et de Rosas. Le prestige d'Alexis de Semimanat au sein de la noblesse catalane était considérable. Le 4% mai 1559, il fut élu protecteur, à l'occasion du renouvellement du bureau de l'Ordre nobiliaire de la Catalogne, du Roussillon et de la Cerdagne. Toutefois. apres le traité des Pvrénées, Alexis de Semmanat reconnut l'autorilé du Gouvernement français en Roussillon. Le 4 septembre 1663, il prêta le serment de fidélité à Louis XIV, entre les mains de François Romanrya, viguier de Roussillon et du Vallespir. Alexis de Semmanat épousa Marie de Ros d'Alemany, la sœur du premier comte de Saint-l'éliu. À sa mort, il ne

laissa que deux filles : Magdeleine, qui contracta alliance avec Michel de Tamarit, et Angeële.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 400, 401, E. (Titres de famille),

Branche barcelonaise

SEMMANAT (Henri de), damoiseau de Barcelone, épousa Anne d’'Oms, fille d'Antoine d'Oms, châtelain de Collioure, et de Lucrèce Çalba. De cette union naquirent deux fils, Henri et Galcerand dont la notice suit, et deux filles, Isabelle et Hippolyte.

Archives des Pyr.-Or., B. 374, 378.

SEMMANAT (Galcerand de), fils et héritier du précédent, seigneur de Dos-Rius et de Canyanias, fiefs situés dans la viguerie de Valles. au diocèse de Barcelone, recueillit la succession de son frère Henri au commandement des châteaux royaux de Collioure et de Saint-Elme. Henri de Semmanat avait remplacé dans cet office son oncle, Antoine d'Oms. Galcerand de Semmanat se maria, en 1589, à Anne, fille de Claude de la Nuça et d'Isabelle de Grimau, seigneurs de Céret, de Palol, de Montbuy et de Vilanova del Cami. Ils eurent cinq enfants : Antoine, Henri, Jean, Galcerand et Raymond. Ce dernier était évêque de Vich en 1654. |

Archives des Pyr.-Or.. B. 375, 378, E. (Titres de famille), 719-

SEMMANAT (Antoine de), fils et héritier du précédent, exerça aussi le commandement du chàteau de Collioure durant la première moitié du xvi siècle. Il unit ses destinées à celles d'Isabelle de Vilanova qui hérita, en 1635, des biens que sa sœur Vicioire, épouse de Ravmond de Guimera possédait dans lAmpurdan. Antoine de Semmanat était seigneur de Claira et de Saint-Laurent-de-la- Salanque. Antoine de Semmanat eut pour fils unique Emmanuel, qui se fixa en Espagne à l'époque des gucrres de Catalogne. Henri, frère d'Antoine de Semmanat, prit aussi parti pour l'Espagne à cette époque, et ses magnifiques domaines d'Argeles, de Théza et d'Alénya (mas Boaça) furent confisqués et attribués, en 1654, à François de Ros par Armand de Bourbon, prince de Conti. Jean, Île troisième des frères d'Antoine de Semmanat, avait épousé Marie de Perapertusa ; maïs il était déjà décédé en 1650, ne laissant qu'une fille, Emérentienne. Cette dernitre contracta alliance avec Francois de Torralla.

Archives des Pyr.-Or., B. 380, 398, 401, E. CFitres de famille), 719-721.

SENESTERRA (Bernard de), chevalier, seigwnour de Palau-Saverdera, commandait en 1385 la galere Vieloria équipée par le roi d'Aragon, pour

SEMMANAT — SENESTERRA

surveiller le golfe de Rosas, le port de Cadaquers et. surtout pour tenir en respect trois galiotes que le comte d'Empories entretenait dans ce dernier port, dans le but de piller les côtes du Roussillon. Pour l'indermniser de ses frais, Pierre-le-Cérémonieux vendit à Bernard de Senesterra la fontaine de Salses, puis lui concéda successivement les villes d'Estagel et de Thuir. En 1388. les habitants de cette dernière localité, vendirent à Bernard de Senesterra des rentes sur les produits des fours, de l’arrosase et des moulins de leur ville, afin de venir en aide au duc de Gérone qui avait emprunté trois cents florins à un banquier de Perpignan appelé Barthélemy Gari.

Archives des Pyr.-Or., B. 142, 143, 145, 190.

SENESTERRA (Bernard de) prit l'engagement, dans le cours du mois de juin de l’année 1426. d'aller combattre en France sous les ordres de Bernard Albertet de fournir six chevaux pour cette expédilion militaire. Bernard de Sencsterra avait épousé Françoise de Cruilles qui lui donna un fils appelé François. Celui-ci contracta alliance avec Isabelle de Vilanova. De leur union naquirent: Louis, père de Guillaume de Senesterra, gouverneur du Roussillon ; François dont la notice suit; Isabelle ; Yolande qui épousa le barcelonais Michel de Puigmari et mourut sans laisser de descendance.

Archives des Pyr.-Or., B. 268, E. (Titres de famille), GS9.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (François de) acquit en 1542, de son frère Louis, la baronnie de la Siurana, située dans le diocèse de Gérone. Il était à la tête de l'hôtel de la Monnaie de Perpignan en 14559 Le 3 août 1562, François de Senesterra s'affilia à la confrérie de Saint-Georges nouvellement instiluce, de concert avec son fils Philippe, qu'il avait eu d'un premier mariage avec Catherine Noguer, fille d'un docteur en droit de Perpignan. Philippe de Senesterra se maria en 1581 à Isabelle Joan.ll ne laissa qu'une fille unique appelée Thérèse. Celle-ci unilses destinées à celles de Christophe de Prado, son oncle au troisième degré, puisque la bisaïeule de Ja nouvelle mariée, Isabelle de Vilanova, était une sœur de la grand-mère du conjoint. François de Nenesterra convola en secondes noces avec Isabelle N.dontileut, entre autresenfants : Michel et Jean dont les notices suivront: Louis époux de Louise Sapte de Tord, et Alvaro, décédés sans postérité.

Archives des Pvr.-Or., B. 374, E. (Fitres de famille), 689, G. 1 44.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Guillaume de), neveu du précédent et fils de Louis de Senesterra, fut nommé, par Philippe I, gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne., en

SENESTERRA — SENIOFRED

remplacement d’Alphonse d'Eril. Le 31 mai 15377, Guillaume de Senesterra futexcommunié par l’évéque d’Elne Pierre-Martyr Coma, et. le 10 mai 1586, il condamna à mort le chevalier Malla qu'il fil exéculer à Perpignan. Guillaume de Senesterra avait contracté alliance avec Elisabeth de la Nuça, sœur du seigneur de Céret. À sa mort, survenue le 8 août 1591, Guillaume de Senestcrra laissa quatre filles : Marie-Anne, épouse de François de Vilarix ; Marie, femme de Jean Malendrich ; Anne et Zléonore.

Archives des Pvr.-Or., B. 374, 375, 378, 380, #13, E. (Titres de famille), 6S9, G. 240.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Miche] de), fils de François de Senesterra, était cousin-germain du précédent. Il se maria en 1572 à Angèle Paulet, dont la sœur Onuphre était religieuse au couvent de Sainte-Claire, à Perpignan. La maison d'habitation de Michel de Senesterra était bâtie à Perpignan sur la rue de {as Coslureras (Cloche d'Or actuclle). On y fabriquait en 1603 la monnaie de la ville de Perpignan. Michel de Senesterra descendit dans la tombe sans laisser de postérité. Son épouse fut inhumée dans la chapelle du Saint-Nom de Jésus, nouvellement édifiée à l’église Saint-Jean de Perpignan. Cette chapelle renfermait le caveau de la famille Paulet.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), GS9.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Jean de), frère du précédent, contracta alliance, en 1481, avec Françoise Hereter, fille de Jérôme Hereter, bourgeois de Perpignan, et de Jéromine de Cruilles. IL mourut le 12 octobre 1611, laissant une nombreuse postérité : Martin. son héritier universel, et Laurent, dont les notices suivront ; Jacques-Albert, religieux Carme ; Marie, chandinesse de Saint- Sauveur ; Magdeleine et Isabelle. Jean de Senesterra fut enseveli dans un tombeau creusé sous la chapelle de Saint-Michel de l'église Saint-Jean de Perpignan, où reposaicnt les restes de son père François et de son frère Alvaro.

Archives des Pvr.-Or., E. (Titres de famille), GS9.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Martin de), fils aîné et héritier du précédent. épousa en 1624, Mancia, fille de Guillaume d'Oms. seigneur de Calmeilles et d'Emérentienne Joli. Cette union fut de courte durée. Mancia mourutle 10 février 1627, après avoir mis au monde une enfant. Macdeleine, qui ne larda pas à suivre sa mère dans la tombe. En 1631, Martin de Sencesterra convola en secondes noces avec Marie-Anne Casamitjana d'Eril, sœur de Gaspard, abbé de Ripoll. IH n'eut qu'une fille du second lit : Isabelle qui Cpousa, en 1648, son cousin-

germain Alexis, fils de Laurent de Senesterra. Martin de Senesterra fut enseveli dans le caveau de la chapelle de Saint-Michel, à côté de son père.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 689.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Laurent de), frère du précédent, figura dans les rangs du corps d'armée formé par les nobles catalans et dont Dalmace de Queralt avait le commandement en 1639. 11 passa ensuite au service de la France. On trouve Laurent de Sencesterra en 1648 en Espagne. Il avait été nommé maître de camp par Louis XIV et il dirigeait le fercio d'infanterie de Lérida et de Balaguer. Laurent de Senesterra épousa, le 29 juin 1629, Marie Bremon, fille de Pierre Bremon, bourgeois de Perpignan, et de Rose Fabre. Il mourut à Perpignan en 1653, fut inhumé dans le tombeau que sa famille possédait duns la chapelle de Saint- Michel de l'église Saint-Jean. Son fils unique, Alexis de Senestlerra, fut son héritier,

Archives des Pyr.-Or., B. 390, E. (Titres de famille), 689.

SENESTERRA ET DE SANTA-EUGENIA (Alexis de), fils du précédent, était à peine âgé de dix-sept ans, lorsqu'il épousa, en 1638, sa cousinegermaine Isabelle, fille de Martin de Senesterra et de Marie Casamitjana d'Eril. Il resta veuf et sans enfants après vingt ans de mariage. Alexis de Senesterra convola en secondes noces, à l’âge de cinquantequatre ans avec Gabrielle de Casteras de Chefdebien, dame de Sournia, fille de François de Casteras de Montesquieu, chevalier et baron de Sournia, et de Marie-Margucrite de Chefdebien d'Armissan. Alexis de Sencsterra fut Protecteur de l'Ordre de la noblesse de Catalogne, Roussillon et Cerdagne en 1659.11 descendit dans la tombe le 23 septembre 1689, et fut inhumé dans la chapelle du Saint-Sacrement, à l'église Saint-Jean de Perpignan. Du second lit, il avait eu deux fils, Jean-Baptiste et Alexis, morts en bas-ägce. ct une fille, Marie, née en 1688, qui épousa, vingt ans plus tard, son cousin Ange-Charles de Casteras de Montesquieu, capitaine dans le régimeut

|! de Noaïlles-infanteric.

Archives des Pvyr.-Or., B. 409, E. (litres de famille), GK9.

SENIOFRED, l'ainé des quatre fils de Miron, lui succéda dans les comtés de Berga, Cerdagne et Conflent. Il envoya son frère Wifred, à Louis d'Outre- Mer, roi de France, pour lui demander la permission de donner au monastére de Saint-Michel de Cuxa quelques terres dépendantes de son comté. Suivant une charte du 50 juillet 953, relative à la consécration de Fléglise de ce monastère, Seniofred., étant fort jeune, avail construit à pierre et à chaux cette église qui n'élait auparavant bâtie qu'ex cailloux et

terre grasse. Lors de la consécration, il lui fit de grandes libéralités avec sa mère Anne et son père Oliba. Wifred étant mort assassiné avant le mois de juin 962, le comte Seniofred vengea sa mort. et, après avoir puni les meurtriers, ajoula le comté de Besalu à ses autres domaines. Seniofred fit son testament le 1°" octobre 966, et mourut en 9,67.

DE GazAaxYoLA, Histoire du Roussillon.

SENJUST (François de), né à Barcelone, était fils de Henri de Senjust, damoiseau, et de Jéromine de Castro. Il entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Benoît, se pourvut du double diplôme de docteur en droit canonique et en droit civil et ne tarda pas à être nommé prieur de Panadès au monastére de Saint-Cucufat. Elu abbé de Notre-Dame d'Arles et de Saint-André de Sorède en 1598, François de Senjust fut nommé député du général de Catalogne. De concert avec les autres mandataires, il écrivit une lettre, le 7 décembre 1612, aux prélats, aux barons et aux villes pour ordonner des levées d'hommes dans le but d’expulser les voleurs et les criminels qui infestaient le Roussillon. Ses émoluments s'élevèrent à la somme de 4416 livres. Il en fit donation à son frère Joseph-Jérôme de Senjust, mort sans postérité. En 1616. François de Senjust fut mis à la tête de la célèbre abbaye de Ripoll. Hgouverna ce monastère jusqu'au 29 octobre 1621. A cette date, il fut nommé à l'évêché d'Elne. Ce prélat fit son entrée solennelle à Perpignan le 20 décembre 1621, Le 25 juin 1622, il sanctionna et signa une transaction faite entre le chapitre et la communauté des prêtres de Saint-Jean, à Perpigoan. Transféré par le roi au sieuwe de Gérone, François de Senjust fil sa profession de foi le 23 mai 1622 entre les mains d'Onuphre Réart. évêque démissionnaire, résidant alors à Perpignan. Dans le courant du mois d'octobre suivant, il se rendit à son nouveau sivge, dont il prit possession le 22 novembre. François de Senjust réunit en collection Les diplômes émanés de la congrésalion des Brefs et les édita en 162%. Il mourut à Géronc, le 2 mars 1627, aprés avoir institué pour héritier universel François de Pages de Senjust, fils cadet de Gaudérique de Pagès, seigneur de Saint-Jean-pla-de-Corts, auquelilimposa l'obligation de prendre les armes de la maison de Senjust. Francois de Senjust fut enseveli sous le sanctuaire de la Cathédrale de Gérone. On srava sursou tombeau linseriplion suivante : « D. O0. M. = [lac leguntur fossa D. D. F'rancisctSenjust Episcopiossa, qui ordinem S. Benedictt professus, et Prreposilus vulgo de Panades cenobio S. Cucufali eleclus, gradalim ad abbalias de Arles el de RipolUdiclt ordinis assumplus db ecclesie Elu al hance Gerunden translalus est, Quibus ecclestis mulla celebranda suffragia reliquil, el sumunis erpensis illas ornarit. Hanc elian in

SENJUST — SÉRANE

officio defunclorum recitando non parum gravatam alleviavit, ac landem in ea (ul cariori) duodecim solemnissima quolannis anniversaria insliluil, ac lolidem cornua allaris mandarit. Qui dies suos ertlremos clausil VI nonas marlii anno a parlu virginis 1627.»

Archives des Pyr.-Or., B. 382, G. 241, E. (Titres de famille).

TI8. — PuicGart, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — VILLANUEVA, l'iaje lilerario a las iglesias de España, t. XI.

SENYER (Jean), fondeur de la ville de Gérone, passa contrat, au mois de mars 1542, pour la fonte dune cloche destinée à l'église Saint-Jacques de Perpignan. Le 22 octobre de cette même année, Jean Senyer refondit une cloche brisée de l'église Saint- Mathieu de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., G. 542, 679. — PartvsrRe, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

SERAGUT (Pierre de), bourgeois et consul de Perpignan en 1463 et en 1467, fut nommé Procureur royal de Roussillon et de Cerdagne par lettres de Louis XI en date du 17 octobre 1472. Sa veuve Isabelle convola en secondes noces avec le chevalier Raymond de Planella.

Archives des Pvr.-Or., B. 311, 407, 410.

SERAGUT (Antoine de), bourgeois immatriculé de Perpignan, obtint de Philippe HT un décret qui lui octroya les privilèges nobiliaires dont jouissaicnt les citoyens honoreës de Barcelone. Il combattit dans les rangs de l’armée des nobles calalans que Dalmace de Queralt commandait en 1639. Sa sœur Paule de Seragut épousa Joseph Ça Rocha, damoiseau de Gérone, et en secondes noces, Hugues d'Ortaffa (voir ce non).

Archives des Pyr.-0Or., B. 380, 390, 401.

SÉRANE (Jean) naquit à Perpignan, le 9 avril 1712, de l'union contractée entre Louis Sérane et Marie Desgars. C'élaient d'honcrables négociants qui professatent une foi chrétienne des plus solides. Ils formeérent l'esprit et le cœur de leur fils, en diriweant ses facullés vers Dieu. Entré. dès la dixième année, au collège de Perpignan, alors dirigé par les Jésuites, Jean Sérane y reçut les principes des lettres humaines. Tv donna, durant son passage, de si beaux exemples de verlu que le souvenir mérita d'en être consigné dans les annales de la maison. À l'âge de dix-sept ans. il se rendit à Toulouse et s'enrôla dans la Compagnie de Jésus. Après une année de novicial. le jeune scolaslique fut envoyé à Aurillac professer un cours de grammaire. En septembre 1733 on le transféra au college de Béziers où ses éminentes qualités de professeur d'humanités brillerent du plus vif éclal. Jean Scrane retourna à Perpignan,

SÉRANE — SERINYA

deux ans après, chargé d'enseigner la rhétorique au collège de sa ville natale. Au mois d'octobre 1737, il reçut son obédience pour Rodez, où les jeunes Jésuites suivaient alors les cours de la philosophie. Séraneselivra aux études métaphysiquesquidevaient être pour lui le fondement nécessaire aux savants écrits de controverse qui l'occupèrent toute sa vie. L'année suivante il quittait Rodez pour se rendre au collège de Tournon, afin d'y étudier la théologie et l'Ecriture sainte. Ce fut le 17 mai 1739 qu'il reçut la tonsure et les ordres mineurs des mains de Monseigneur Milon, l’un des plus illustres évêques du siège de Valence. Un äan après, le pieux scolastique fut honoré du sacerdoce.On le trouveau mois d'octobre 1740 dans les rangs des prêtres du grand collège de Toulouse, en troisième année de théologie. Là, comume à Tournon, il eut à soutenir des thèses publiques qui lui valurent des applaudissements unanimes. [labile aux controverses surtoutesles branches de la religion, Jean Scrane se fit tout à tous : le père des pauvres, le soutien des malades, le consolateur des prisonniers el des condamnés à mort. Jusqu'au jour de l'expulsion, trois ministères principaux dans lesquels il déploya toutes les ressources de son zèle et de sa vive intelligence, remplirent la journée du saint jésuite. On admira en lui le confesseur, le prédicateur et l'écrivain. Le parlement de Toulouse ayant rendu un arrêt défavorable au maintien des Jésuites dans cette ville, Jean Sérane s’arracha avec douleur à la cité qu'il aimait. Au mois de mai 1764, il alla se réfugier dans le Comtat-Venaissin sous la protection du Souverain Pontife. Depuis celte époque, jusqu'en 1766, et, tout en remplissant les fonctions du ministère sacerdotal dans les paroisses du Roussillon et du territoire papal, il s'occupa à mettre la dernière main à un ouvrage qu’il préparait de longue date : La vie du R. P. Cayron. Ce travail vitle jour à Avignon au commencement de 1767, et fut répandu dans le Midi de la France à de nombreux exemplaires. Feller le signale dans son article sur le P. Cayron « comme un modèle de perfection ». Sur ces entrefailes. Monseigneur de Reboul, évêque de Saint-Paul-TFrois Chätcaux confia à Jean Sérane la cure de Bollène, à laquelle était annexée la dignité de chanoine. L'humble jésuite accepta ce poste, mais ne voulut jamais d'autre titre que celui de sacristain-curé. A la suite de complications diplomatiques survenues entre le duc de Choiseul et Clément XIII — complications qui firent retomber la localité de Bollène sous la domination du roi — l'évêque de Saint-Paul déplaça Jean Sérane pour le nommer au mois de juillet 1768, prètre secondaire dans la paroisse de Suze-la-Rousse. Son passage dans cette bourgade fut marqué par des traits signalés de bienfaisance et aussi par l'accomplissement

d'un certain nombre d'événements miraculeux. Un bref de Clérnent XIV en date du 21 juillet 1773, portant suppression de l'Institut des Jésuites, contraignit Jean Sérane à rentrer à Toulouse pour reprendre dans cette ville toutes ses œuvres de dévouement. Le 23 mars 1776, l'administration ecclésiastique le plaça à la tête de l’église quasi-paroissiale de Nazareth avec le litre de consorciste. Ce fut là le théâtre où son zèle apostolique rayonna au-dehors jusqu'aux derniers jours de sa vie. Jean Sérane donna dans le diocèse ct dans les provinces limitrophes des prédications, des missions et des retraites. Il mourut à Toulouse, en odeur de sainteté, le 17 avril 1784. Emile Bouxtos, Le R. P. Jean Sérane, prètre de la compagnie de Jésus, Toulouse, librairie Sistac et Boubée, 1884, in-12, 174 p. — L'abbé Tourix, curé de Suze-la-Rousse, Le P. Jean Sérane, dans le Bulletin archéologique des provinces ecclésiastiques d'Aix

el d'Avignon. — Semaine religieuse du diocèse de Perpignan, année 1884, p. 243, Vie du P. Sérane.

SÉRANE (Jean-Etienne-Albert), neveu du précédent, était fils de Louis Sérane et de Thomase Ferriol. Il fut avocat au Conseil souverain du Roussillon avant 1789, adopta les principes de la Révolution et fut nommé président du Département des Pyrénées-Orientales. Jean-Etienne Sérane fut arrêté, traduit devant le tribunal révolutionnaire et guillotiné le premier messidor an ]I1 (19 juin 1794). Il avait épousé Thérèse Anglèset ne laissa, à sa mort. qu'une fille unique Thérèse qui se maria à Joseph de Lazerme, député des Pyrénées Orientales sous Charles X.

SonEz, Les Girondins du Roussillon.

SERDA (François) fut pourvu de l'archidiaconé de Conflent par bulles émanées de Rome, le 15 novembre 1660. Il succéda à Jérôme Lléopart qui avait résigné cette charge. François Serda mourut le 31 janvier 1662 et demanda par testament que tous ses biens fussent vendus à l’encan. Le produit devait être affecté à la célébration de messes pour le repos de son âme.

Archives des Pyr.-Or., G. 124.

SERIGLE (G:spard) était sculpteur à Perpignan en 1732.

Archives des Pyr.-Or., G. 304.

SERINYA (Raymond de), magistrat, reçut d'Alphonse V, roi d'Aragon, des provisions qui lui conférèrent l'office de juge du domaine des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Plus tard, la reine Marie continua sa confiance à Raymond de Serinya. Cette princesse lui adressa une lettre, lui promettant de le maintenir dans sa charge, sa vie durant. À sa mort, Raymond de Serinya fut remplacé par Etienne Mir.

Archives des Pyr.-Or., B. 215, 230, 234, 254,

514 SERRA — SERRALLONGA

SERRA (Bernard de) exerça successivement le : diocèse. Le cardinal Jacques de Serra mourut en

commandement des châtellenies de Salses et d'Opoul

sous le règne de Pierre [Il d'Aragon. Il reçutensuite

commission de lieutenant du procureur royal en Cerdagne, en Barida ct dans la vallée de Querol.

SERRA (Jacques de), né à Valence, en Espagne, d’une famille noble, originaire de la Sardaigne, fut archevêque d’Arborée, vicaire du pape in Urbe, et évèque d'Albane. De plus il obtint l'administration perpétuelle des églises d'Elne, de Calahorra et de Calzada, qui n'en faisaient qu'une, des abbaves ou monastères bénédictins de Sainte-Marie de Ripoil et de Saint-Michel de Cuxa. Le 28 septembre 1500, le pape Alexandre VI le créa cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément et il fut appelé cardinal d’Arborée. Le 5 septembre 1506, Jacques de Serra prit possession par procureur de l'évêché d’Elne, resté vacant par le décès de François de Loris arrivé le 22 juillet 1505. Le 25 mars 1507, le cardinal d’Arborée pourvut Bérenger Rodon, religieux bénédictin, des bénéfices de la prévolé-majeure de Saint-Michel de Cuxa, et le nomma, par procuration, vicaire-général de l'abbaye pour le spirituel et le temporel. Le 20 avril 1507, Pierre, évêque de Constantinople étant à Ille, donna la tonsure à Guillaume-Paul Davi, avec l’agrément du vicaire-général du cardinal d’Arborée, administraleur perpéluel de l'Église d'Elne. Le 25 janvier 1508, Jacques de Serra permit de transporter dans la nouvelle église de Saint-Jean de Perpignan les objets du culte de Saint-Jean-le-Vieux. Ce prélat faisant sa résidence à Rome, ce fut Antoine Guerau, évêque de Sébaste, qui, le 16 mai 1509, consacra la cathédrale actuelle, récemment édifice. Le clergé s’y installa le 9 juin 1510. Le 3 août 1509, le cardinal d’Arborée nonma Pierre-Louïis de Fons. prévôt de Fillols, son procureur général dans l'abbave de Cuxa. Peu de temps après, ce dernier étant décédé, Jacques de Cuxa le remplaça par Roger de Pallas. Le 23 août 13509, le cardinal d'Arborée réglementa la communauté ecclésiastique de Millas, en promulguant des statuts qui furent donnés à Rome, revêtus de la propre Siwnalure et du sceau de ce prince de l'Eglise. Le 23 mai 1511, le siège d'Elne qui se trouvait déjà détaché de fait de la métropole de Narbonne, en fut défnilivement distrait et soumis imimédiatement au Saint-Siège apostolique par le pape Jules IT, malgré toutes les réclamations de l'archevêque de Narbonne. Le 15 janvier 1513, par une lettre datée de Rome, Jacques de Serra nomina vicaire-général Eugène Crivaller, chanoine-hebdomadier de la collégiale de Saint-Jean. Le 26 février 1515, par une autre lettre, il instilua aussi François Bonet vicaire-général du

PoicGane, Catalogne biographique des évêques d'Elne. — Abbé J. Cartier, Elude historique sur Millas. — Foxr, Histoire de

l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

SERRA (François), jusler de Perpignan, construisit, en 1632, un retable pour l'autel du Saint-Nom de Jésus, élevé dans l'église d'Estagel.

Archives des Pyr.-Or., G. 783.

SERRA (Joseph), chanoine d’Elne, fut pourvu du grand archidiaconé, le 15 octobre 1750, en remplacement de Guillaume de Massia de Salelles, décédé. Joseph Serra mourut en 1754.

Archives des Pyr.-Or., G. 117.

SERRA (Jean), nommé coadjuteur du chanoine d’Elne Joseph Xaupi en 1735, obtint des bulles, le 2 août 1762, qui lui conférèrent la coadjutorerie de l’archidiaconé de Vallespir. À la mort de Joseph Xaupi, titulaire de cette dignité ecclésiastique, Jean Serra devint à son tour archidiacre de Vallespir. Il l'était encore en 1781.

Archives des Pyr.-Or.. G. 1:39.

SERRADELL (Antoine), bourgeois de Perpignan, obtint du roi Alphonse V des provisions qui lui confièrent les fonctions de maître des œuvres du château de Perpignan. Il donna la démission de cet office qui fut alors donné à Jean Artigues. Antoine Serradell était, en 1451, baïlli et capitaine de Rivesalles.

Archives des Pvr.-Or., B. 272, 292, 405.

SERRALLONGA (Raymond de) figure dans plusieurs documents, depuis 1157 jusqu'en 1203, avec le nom de Serrallonga qui fut porté désormais par ses successeurs. Etait-il fils ou petit-fils de Raymond Bracads, dont on perd les traces après 1118? Rien ne le dit, mais le rapprochement des dates permet de le considérer comme son fils. Raymond de Serrallonga assista, le 3 des ides d'octobre 1157, à la nouvelle consécration de l’église d'Arles avec la plupart des seigneurs du haut Vallespir. Raymond de Serrallonga se trouva aussi présent, le 2 des calendes de novembre 1168, dans un accord passé entre l'abbé d'Arles et Bertrand de Buada, au sujet du fief de Saint-Laurent-de-Cerdans et de Coustouges. Cet acte porte aussi la signature d’Arnald de Serrallonga, qui était peut-être le frère de Raymond et qui devint plus tard évèque d'Elne. Le baron de Serrallonga devait occuper dès cette époque une place distinguée parmi la noblesse du pays, car on le trouve comme témoin dans une charte du roi Alphonse d'Aragon,

SERRALLONGA 579

datée de Prades au mois d'octobre 1183. Raymond figure encore à la tête des feudataires du vicomte de Castellnou, le 5 des ides de juin 1193, dans une charte par laquelle, en sa qualité de chef féodal des forteresses du Vallespir, celui-ci autorisait l’abbé d'Arles à fortifier le lieu de Fourques. On trouve encore la signature de Raymond de Serrallonga dans une charte du roi Pierre d'Aragon, datée de Perpignan le 5 des ides de janvier 1202 (janvier 1203, nouveau style). C’est la dernière trace que l’on connaisse de ce personnage, et tout porte à considérer comme son fils Bernard-Hugues de Serrallonga, dont la notice suivra, bien qu'aucun document ne le dise expressément.

ALART, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

SERRALLONGA (Arnaud de), frère du précédent, fut évêque d’Elne durant une seule année (1223-1224). Les auteurs du Gallia christiana et le chanoine Fortaner donnent le nom d’Arnaud de Serrallonga à «un abbé de Poblet qui monta sur le siège d'Elne le 3 des calendes d'avril 1223 ». Ils avancent ensuite qu’ «il fit l'acquisition du fief seigneurial du Soler pour son église et ses successeurs, et qu'il vivait encore l'année suivante. 1224». Puiggari a redressé une erreur dans les affirmations de ces historiens, en soutenant avec raison que l'acte du 3 des calendes d'avril 1223 se rapporte à l'acquisition de droits sur le chäteau du Soler, et non pas à la promotion d'Arnaud à l'épiscopat. Alart corrobore cette donnée historique : « Nous avons retrouvé, dit-il, l'acte du 3 des calendes d'avril 1223, par lequel Guillem Jorda, du Soler, archidiacre d’Elne, cède à l'église d'Elne et à Arnald de Serrallonga (évêque)

élu d'Elne, les droits d’'hypothèque qu'il avait sur le

chäteau du Soler, contre les héritiers de Ferrand du Soler, son frère : el {ibi Arnaldo de Serrallonga Elnen. electo ». Mais Puiggari se trompe à son tour lorsqu'il accepte et accrédite l'étrange assertion du P. Finestres qui, dans son JlJisloire du monastère de Poblet, appelle cet évèque Arnaud de Fillela. Il convient donc de réintégrer le roussillonnais Arnaud de Serrallonga dans l’Episcopologie du diocèse d'Elne et de voir en lui le frère de Raymond, baron de Cabrens, enfants l’un et l’autre de Ravmond Bracads. Arnaud de Serrallonga était parvenu à une extrême vieillesse lorsqu'il fut promu à l'évêché d’Elne. Il ne fit, d'ailleurs, que passer sur ce siège. On le trouve encore, le 16 septembre 1224, souscrivant un acte dressé par suile du testament de Pierre Pauc ; mais l’année suivante, Raymond, son successeur, était déjà en possession de la miître d'Elne. Arnaud de Serrallonga fut l'oncle paternel de Bernard-Hug, baron de Cabrens, qui eut aussi un fils du nom

d’Arnaud, lequel devint chanoine d'Elne, prévôt de Saleilles et archidiacre de Conflent (1263-1293).

Archives des Pyr.-Or., B. 79. — Gallia chrisliana, t. NI. — FORTANER, Nolice ecclésiastique sur le diocèse d'Elne. — ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série. — Abbé J. Carrie, Figures d'évèques roussillonnaiïs.

SERRALLONGA (Bernard-Hugues de), fils de Raymond de Serrallonga « paraît pour la première fois, dit Alart, dans la constitution de paix et trêve que Nunyo Sanche, seigneur souverain de Roussillon et de Cerdagne, fit jurer par toute la noblesse des deux comtés, le 2 octobre 1217. Bernard-Hugues occupa une des premières places parmi les magnats et chevaliers de cette époque et on le voit fréquemment à la cour des souverains du Roussillon ; ainsi, dès l’an 1222, le {1 avril, il figure comme témoin dans une charte de Nunyo Sanche, datée de Perpignan, en faveur de Raymond Cadell, de Puigcerda. Bernard-Hugues de Serrallonga avait épousé la plus riche héritière du Vallespir, la dame de la baronnie de Cortsavi, Ermessende, fille ainée de Raymond, seigneur de Cortsavi et des terriloires actuels de Labastide et de Boule-d'Amont, veuve de Raymond de Termes et déjà mère d'un fils qui fut le fameux capitaine Olivier de Termes. Bernard-Hugues de Serrallonga eut, de son mariage avec Ermessende, trois fils et deux filles, Raymunda et Saurina. La première épousa Raymond de Canet, le plus puissant seigneur du Roussillon. On trouve Bernard- Hugues de Serrallonga à la cour de Nunyo Sanche, le 17 novembre 1227. Il était à Barcelone le 21 décembre 1228, pour jurer les paix et trêves décrélées par le roi Jacques d'Aragon. On le trouve ensuite le 4° juin 1229, dans l'acte par lequel le vicomte Pierre de Fenouillet fit abandon de sa vicomté à Nunyo Sanche. Il est bien probable qu'il prit part ensuite à l'expédition de la conquête de Majorque avec Nunyo Sanche, bien que son nom ne soit pas cité à cette occasion ; mais le fils de sa femme, Olivier de Termes, figure parmi les combattants. Le 5 mars 1234 Bernard-Hugues de Serrallonga prêta foi et hommage à Hugues, comte d'Empories, pour le château de la Clusa qu'il tenait en fief pour lui. Le 22 janvier 1237, il renonça avec son fils Guillem-llugucs en faveur des Templiers, à tous les droits qu'il avait sur un manse sis à Passa. Ce fut vers la même époque que Bernard-Hugues de Serrallonga prêla serment de fidélité et hommage à son seigneur suzerain, Guillaume, vicomte de Castellnou, pour ses châteaux de Serrallonga et de Mont-Doin qu'il déclara tenir en fief pour le vicomte en lui promettant, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, d'être à sa disposilion pour les hosts et chevauchées, les cours et plaids de justice. A leur tour, le vicomte de Casteil-

nou et son fils Jaubert, le 17 avril 1241, se reconnurent vassaux de Nunyo-Sanche, souverain de Roussillon, et déclarèrent tenir en fief pour lui, entre autres, « le château de Mont-Doin, celui de Mont- Alba et celui de S$crrallonga », avec tous leurs territoires et dépendances » lesquels châteaux, disent-ils, sont tenus en fief pour nous par Bernard- Hugues de Serrallonga »”. C’est la première mention que l’on connaisse de cette dépendance du baron de Serrallonga à l'égard du souverain du Roussillon, comme seigneur suzerain, et cette r:connaissance eut de graves conséquences pour les successeurs de Bernard-Hugues, car elle servit de prétexte au domaine roval pour opérer six ou sept fois la saisie partielle ou totale de la baronnie de Serrallonga. Rien ne peut faire mieux juger de l'importance de la famille de Serrallonga à cette époque et de la renommée d'honneur et de droiture de Bernard-Hugues en particulier que les deux faits suivants. Le chevalier Joffre de Céret fit son testament le 12 août 1239 et chargea Bernard-Hugues et son fils Guillem-Hugues d'en faire remplir les dispositions. De même le 22 juillet 1240, le chevalier troubadour Pons d'Ortaffa. après avoir désigné plusieurs exécuteurs testamentaires » supplie l'évêque d'Elne, Bernard-Hugues et ses fils de protéger et défendre sa veuve et ses enfants. » Nunyo-Sanche mourut au commencement de l’année 1242, et eut pour successeur le roi Jacques [°° d'Aragon, qui fit jurer sa constitution de paix et trêves à Malloles le 15 mars suivant par tous les barons de Roussillon et Cerdagne, parmi lesquels figura Bernard-Hugues de Serrallonga. Dans le cours de la même année, Bernard-Hugues et ses fils prirent part à une tentative ou expédition de guerre organisée en Roussillon par Raymond de Trancavel. vicomte de Béziers, et par d’autres réfugiés du Languedoc, dans le but de reprendre les biens dont ils avaient été dépossédés à la suite de la croisade contre les Albigeoïis. Parmi eux figurait en première ligne Olivier de Termes, fils d'Ermessende de Cortsavi. Les exilés furent un instant maitres de Carcassonne ct firent révolter beaucoup de villes des environs ; mais Raymond VII, comte de Toulouse, leur allié, se soumit au roi de France et la révolte n’eut pas d’autres suites qu'un redoublement de persécutions et de confiscations contre les révoltés et leurs complices considérés comme fuidits ou hérétiques. Une sentence rendue à Béziers le 21 juillet 1242, par Pierre, archevêque de Narbonne, excommunia le comte de Toulouse et tous ses valedors ou complices, « et nommément Olivier de Termes. Pons d'Olargues. Bernard-Huyues de Serrallonga el lous ses enfants. ainsi que leurs aides et soutiens du Razes, du Narbonnais et du Termenez qui les ont volontairement accucillis ».

CS TS ee

SERRALLONGA

Outre Olivier, fils d'Ermessende, les autres enfants de Bernard-Hugues et de cette dame sont Guillem- Hugues, Raymond et Arnald,et il n’est pas probable que ce dernier, déjà chanoine d’Elne en 1241, ait pris part à cette guerre et qu’il ait été excommunié comme le reste de sa famille. Malgré cette excommunication, le seigneur de Serrallonga continua de suivre la cour du roi d'Aragon, Jacques le Conquérant, comme il l'avait fait pour celle de Nunyo- Sanche et dès le 6 janvier 1242, on le voit auprès du roi, à Perpignan, en compagnie de Roger, comte de Foix, du vicomte de Béziers et de Bernard de Berga, évêque d’Elne. Le 24 avril 1243, on le trouve encore avec le roi à Montpellier. Le 1° mars suivant, il accorda divers priviièges aux habitants de Canet,en qualité de tuteur testamentaire de ses petits-fils Guillaume de Canet et Pierre de Domanova, fils mineurs de Raymond de Canet et de Raymonde de Serrallonga. Bernard-Ilugues reçutde Jausbert d'Ille l’aveu féodal de quelques revenus qu'il possédait à Cascfabre, le 8 octobre 1245, et quelques jours après, les 23 et 29 octobre, il figura comme témoin dans deux chartes du roi d'Aragon, datées de Perpignan. Le 28 janvier 1250, Bernard-Hugues de Serrallonga fit vente de plusieurs manses à l'abbé d’Arles, et à partir de cette époque nous ne trouvons plus de traces de lui qu’à la suite du roi d'Aragon, à Morella, le 6 mai 1250 ; à Perpignan, à la fin de novembre 1252 et mars 1253, et, pour la dernière fois, le 8 janvier 1255. On ne sait ensuite plus rien de ce personnage qui, on le voit, dut passer bien peu de temps de son existence dans le manoir de ses ancêtres ».

ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

SERRALLONGA (Guillaume-Huguesde), «fils ainé de Bernard-Ilugues de Serrallonga et d'Ermessende de Cortsavi, raconte Alart, fut associé à la plupart des actes de son père dès l'an 1238. II prit partavec son père et ses frères à l'expédition de Carcassonne en 1242 ; on le voit encore en compagnie de son père à la cour du roi Jacques d'Aragon à Perpignan en 1244, el il est probable qu’en cette mêmeannéeil lui succéda dans la baronnie de Serrallonga, Le 8 des ides de mai 1257, il confirma à Bérenger de la Clusa la seigneurie ou commandement du château de la Clusa, que ce seigneur tenait en fief peur lui et pour lequel il devait faire les hosts et chevauchées, «les cours et plaids » à Guillem-Hug, de même que celuici était tenu de Îles faire au vicomte de Castellnou pour son chäteau de Serrallonga, avec cette seule différence que Castellnou relevait du roi d'Aragon comte de Besalu, tandis que la Clusa relevait du comte d'Empories. Le 7 des ides d'avril 1260, les coseigneurs de Millas, Pons de Vernet et Guillem-

SERRALLONGA

Hugues, « seigneur de Serrallonga et de l'honneur de la Tour dans la ville de Millas », accordèrent ou confirmèrent divers privilèges aux habitants de cette ville. Nous ne savons pas d’où pouvait provenir cette part de la seigneurie de Millas, et peut être Guillem- Hug la tenait-il de sa femme Giralda. Le 8 des calen-

des de mai de Ja mème année, Pons, abbé d'Arles.

assigna à l'office claustral de son monastère « les revenus et produits des moulins que Guillem-Hug de Serrallonga possédait au pied du château de Palauda » (Recueil de Fossa). A partir de cette époque, ontrouve la seigneurie de Palauda constamment unie à celle de Serrallonga, comme dépendance directe du château de Montalba. Il en était de même de celle de Rayners. En effet, le 3 des calendes de septembre 1261, Guillem-Hug affranchit de toutes servitudes seigneuriales un de ses « hommes propres et solius » Bérenger Galangau, de Bossac, et ses descendants. Bossac est situé au territoire de Reyners, près de la rivière Ample. Nous retrouvons Guillem- Hug auprès du roi Jacques d'Aragon, à Murcie, en 1266 (nones de février 1265), en compagnie de son neveu Guillaume de Canet, de Jausbert, vicomte de ‘Castellnou, et d’autres barons roussillonnais. Il ne nous est plus connu ensuite que par son testament reçu par un notaire d'Arles, nous ne savons en quel lieu, le 4 des ones d'août 1267, en présence de Bernard d'Oms, de Galcerand de Céret, de Bérenger de Sant-Marti, de Bérenger dec Catllar et de Delmau dec Volo ». Guillaume-Hugues de Serrallonga ne laissa qu'un fils mineur et cinq filles, dont l’aînée seule, nommée Tibors, reçut une dot de deux mille pièces d'or. Quant aux quatre autres, Raymonde, Guillelma, Constance et Béatrix, il ne leur laissa qu'une somme minime en ordonnant de les mettre dans un couvent. Raymonde de Serrallonga, religieuse-chanoinesse de Saint-Sauveur à Perpignan, gouverna ce monastère depuis l’année 1321 jusqu'en 1335. Guillaume-Ilugues de Serrallonga partit, en effet, pour la Croisade ainsi que le rappelle un document de 1278, mais on ignore s'il passa dans la Terre-Sainte, ou s’il prit part à la croisade de saint Louis contre Tunis. Il dut mourir dans le courantde l'année 1270, car la copie de son testament fut délivrée par le notaire le 31 juillet 1270, c'est-à-dire, selon toule probabilité, à l’époque où l’on reçut à Serrallonga, la nouvelle de la mort du croisé pour régler sa succession.

ALART, OP. Ci.

SERRALLONGA (Arnaud de), frère du précédent, était déjà chanoine d'Elne en 1241. « Ce personnage, dit Alart, devait faire assez bonne figureau chapitre et on le trouve pourvu de nombreux bénéfices ecclésiastiques. Il n'était encore que chanoine

en 1256. et il n'apparaît qu'en avril 1263 avec le titre d'archidiacre de Conflent qu’il garda toute sa vie. C'est sous ce titre que le 10 des calendes de mai 1269, il fit construire dans l’église cathédrale d’'Elne un autel sous le vocable de l’archange Saint-Michel, où il institua un bénéfice ecclésiastique. Le choix de ce vocable s'explique sans doute par les souvenirs du licu de la naissance du fondateur, car la chapelle du château de Cabrens était sous l’invocation de Saint- Michel. Le 15 des calendes de septembre 1272, l'archidiacre de Conflent, du consentement de son évêque, vendit en franc-alleu la terre de Falgars avec tous les droits seigneuriaux, à Raymond, abbé d'Arles. Le 5 des nones d'octobre 1276, il reçut l'investiture de la chapellenie de Sainte-Cécile de Celra en Conflent. Le 16 des calendes de novembre de la même année, il obtint la chapellenie de Saint-Julien de Villeneuve-de-la-Raho, vacante par décès de R. de Garrigans. précenteur de Castello d'Emporics et chanoine d'Elne, et celle de Saint-Michel de Labastide, en Vallespir. vacante par décès du chapelain Bérenger. À la même époque, il possédait aussi la rectorie de l’église de Rovenac au diocèse de Narbonne et la chapellenie de Sainte-Marie de Castell- Rossello, qu'il conservait encore en 1283. A la suite de la guerre de 1285, il prit parti, avec son neveu, pour le roi d'Aragon, contre le roi de Majorque, et il fut forcé d'émigrer. Tous ses biens furent confisqués, et on le trouve réfugié à Peralada en 1291, avec son titre d’archidiacre de Conflent. Il existe de lui une lettre datée de Peralada, le 16 des calendes de novembre 1291, relative à une dette qu'il avait jadis reconnue à un certain Bernard Cabal d'Elne. Elle est scellée (cire verte) du sceau de l’archidiacre. Le sceau est rond avec la légende + S (igillum) A (rnaldi) D. SERRALONGA : A (rchidiaconi) c ONFLUENTIS. Le milieu du sceau est occupé par une chèvre, armes parlantes de la famille de Serrallonga, dérivées du château de Cabrens. Arnald de Serrallonga vivait encore dans l'exil en 1293, à Peralada, où 1l mourut sans doute peu après, car la maison qu'il avait possédée à Perpignan fut vendue à la fin d'août 1296 à Gui Cadell de Puigcerda. »

ALAKT, Op. Ci.

SERRALLONGA (Raymond de), second fils de Bernard-Hugues de Serrallonga et d'Ermessende de Cortsavi, était frère du précédent. La baronnie de Cortsavi et de Labastide qui était un fief de sa mère, échut en héritage à Raymond de Serrallonga. Celuici porla le nom patronymique de Serrallonga durant tout le cours de sa vie, bien qu'il fut seigneur de Cortsavi. Ce fut son fils Arnald qui reprit l’appellation de Cortsavi (voir ce nom), et un autre de ses fils,

‘Raymond de Cortsavi, fut élu évêque de Majorque en 1318.

ALANT, OP. Cil.

SERRALLONGA (Bernard-Hugues de) était fils de Guillaume-Hugues de Serrallonga et de Gueralda. Il était fort jeune à l'époque de la mort de son père et on ne le voit figurer comme seigneur de Serrallonga qu'en 1278. Bernard-Hugucs de Serrallonga demeura une dizaine d'années sous la tutelle de sa mère et de son oncle, l’archidiacre de Conflent, Arnald de Serrallonga. Durant ce temps, le tuteur fit couvrir de fortifications toutes les dépendances de la seigneurie de Serrallonga, sans avoir obtenu âau préalable l'autorisation de son suzerain, Guillaume de Castellnou. Lorsque Bernard-Hugues de Serrallonga eut atteint sa majorité, le vicomte de Castellnou somma le baron de Cabrens de remettre la seigneurie de Serrallonga dans l'état où l'avait laissée son père, à l'époque de son départ pour la croisade. Les deux chevaliers convinrent de s’en rapporter au roi de Majorque. Le 12 février 1278. Jacques [‘ porta une décision que les deux parties acceptèrent et approuvèrent. « Le 6 des ides d'octobre 1278, rapporte Alart, Barthélemi d'Un Castell, porter du roi de Majorque, reconnut avoir reçu de Pierre Franc, bailli de Rayners, une somme de 1250 sols, au nom de Geralda. veuve de Guillcin- Hugues. Cette dame, qui possédait la scigneurie de Rayners, selon les dispositions testamentaires de son mari, semble avoir survécu à son fils et même à son petit-fils, le dernier des Serrallonga, car on trouve encore une dame Geralda de Serrallonga en possession de la seigneurie de Palauda au mois de juin 1317. Son fils, Bernard-Ilugues. était à Perpignan le 2 des ides de novembre 1278 el faisait un emprunt, en donnant comme caution le chevalier Bérenger dez Gatllar dontilétait peut être le gendre. Le 13 des calendes de février suivant (janvier 1279), le roi Jacques de Majorque fut forcé de se reconnaitre vassal de son frère aîné. Pierre roi d'Aragon, et celui-ci. non content d'imposer un nouveau traité à son frère, exigea que le comte de Foix. le vicomte de Castellnou, Dalmau de Rocaberti, Bernard- Hugues de Serrallonga. Arnau de Cortsavi, Guillaume de Canet et presque tous les principaux barons du Roussillon se rendissent parants de son exécution (Gazanvola, His! du Rous., p.170. La plupart de ces seigneurs. surlout ceux du Vallespir, embrassèrent le parti du roi d'Aragon contre le roi de Majorque, qui avait livré ses élats au roi de France dans la guerre de 12835, par une violation flagrante du traité de 1279: c'est ce qui explique la conduite des chevaliers qui s'étaient engragrés à le faire respecter. Le 3 des ides de juillet 4281, dame

SERRALLONGA

Gueralda de Serrallonga, son fils Bernard-Hugues et son épouse Ermessende, concédèrent ou confirmèrent à divers habitants de Miralles, dans la paroisse et territoire de Prats-de-Mollo (quartier du Coral), le droit de pacage à la Serra de Turquera, au bois de Pinadell et, disent-ils, « en tous nos lieux » ainsi qu'ils l'avaient précédemment, en maintenant aux vassaux du seigneur de Serrallonga un usage réciproque dans le territoire de Miralles : le tout moyennant un droit d'entrée de 22 sols 6 deniers barcelonais et une censive d’un fromage à la Saint-Jean de juin (Archives de Prats-de-Mollo, Livre vert, f°38 r°}. La serra de Turquera est située dans le territoire actuel de La Menera qui a dépendu de tout temps de la baronnie de Serrallonga, mais il faut remarquer, dans cet acte, cette intervention de la mère de Bernard-Hugues, qui était cependant marié à cette époque. Les derniers actes connus de Bernard- Hugues « de Cabrenc, fils et héritier de feu G. Hug de Serrallonga ».sont du 4 des calendes d'avril 1284. A cette date, Ermengaud de Llupia, fils de Gaucerand de Céret. reconnut tenir pour lui le fief du Vilar de Loba, situé dans la paroisse de Saint-Pierre de la Serra (Bellpuig). Le même jour Bernard-Ug de Cabrencç, se disant âgé de plus de vingt ans «et tenant la libre administration de ses biens », du conseil « de ses amis » et, entre autres, d'Arnald de Cortsavi, qui était son cousin-germain, renonça en faveur de Saurimunda, « damoiselle », fille de few Gaucerand de Céret et par conséquent sœur d'Ermengaud de Llupia, à tous les droits qu'il pouvait avoir sur le fief que le dit Gaucerand avait tenu pour ses prédécesseurs, sur divers manses situés dans læ paroisse de Saint-Christopbe de Baget (au diocèse de Gérone), moyennant 1.475 sols barcelonais. C'est la dernière mention connue de Bernard-Ug, scigneur de Cabrenc. L'année suivante (1285) eut lieu la croisade de Philippe ITE, roi de France, contre le roi Pierre d'Aragon, dans laquelle le roi de Majorque se prononça contre son frère. Mais beaucoup de ses sujets du Vallespir, le vicomte de Castellnou, le baron de Cabrencç et bien d’autres, prirent parti pour le roi d'Aragon, combattirent contre les croisés français et persistérent dans leur rébellion pendant toute la durée de la guerre qui ne finit qu'en 1298. Le rôle de Bernard-Ug nous est complètemeut inconnu au milieu de ces événements ; on ne connaît que le fait de sa rébellion, ou trahison, comme disait le rot de Majorque, ce qui entraïna la confiscation de tous ses biens au profit du domaine royal. On peut supposer qu'après la campagne de 128%, il resta aupres du vicomte de Rocaberti, mais il était déjà décédé avant le mois d'avril 1293 et il ne laissait qu'un fils et une fille qui lui succédérent plus tard à Cabrenc. Pendant toute cette période et jusqu'à la paix défini-

SERRALLONGA — SEXA

dive, ce fut le roi Jacques de Majorque qui porta le titre de baron de Cabrenc. Le chevalier Pons de la -Clusa étant décédé en 1292, sa fille mineure, Blanche de la Clusa, fut obligée de reconnaitre le fief de son château qu'elle tenait pour le seigneur de Serrallonga. Son tuteur, Pierre Adalbert, reconnut en effet le 13 des calendes d'avril 1292 (mars 1293), au roi de Majorque. « que le château de Ja Clusa est tenu en fief pour le feu Bernard-Hugues de Serrallonga ou de Cabrenc et pour ses prédécesseurs, dont le roi de Majorque tient lieu et place et auxquels il a succédé par droit de confiscation, à cause de la trahison que ledit Bernard-Hugues a perpétrée contre ledit roi » (Liber feudor., G, © 167). Cette situation dura jusqu'en 1298. A celte époque, le roi de Majorque détenait encore, entre autres châteaux, celui de Castellnou, ainsi que les lieux de Rayners, Palauda et Fontanils, quidépendaient dela baronnie de Cabrenc. La paix fut conclue entre le roi d'Aragon et celui de Majorque à Argelès, le 3 des calendes de juillet 1298, et tous les émigrés roussillonnais qui avaient suivi le parti du roi d'Aragon pendant la dernière guerre rentrèrent en possession de leurs biens, entre autres Jaspert et Dalmau de Castellnou. Arnau de Cortsavi et (d'après M. Gazanvola, page 180). « les fils de Bernard-Hugues de Cabrenc ». Les documents ne font connaître qu'un fils de Bernard-Hugues, nommé Guillem-Galcerand, et une fille, Béatrix de Serrallonga ».

ALART, OP. Cil.

SERRALLONGA (Guillaume-Galcerand de),

fils du précédent, ne devait avoir guère plus de vingt ans lorsqu'il rentra dans l'héritage de ses ancètres. On le voit assister à Gérone, le 19 octobre 1302, à la la prestation de foi et hommage faile au roi d'Aragon par l’infant Sanche de Majorque, au nom duroi Jacques son père. Le 28 septembre 1306, Guillaume- Galcerand de Serrallonga prèta foi et hommage à Pons-Hugues, comte d'Empories, pour le château de la Clusa et, le 13 septembre 1307, il prèta un serment semblable au roi Jacques de Majorque pour le fiefdu château de Ravners. Le lendemain, le roi de Majorque Jacques l'"confirmaen fief à Guillaume-Galcerand de Serrallonga les justices de la localité de ce nom et du château de Cabrens. On ignore la date de la mort de ce chevalier. Elle peut cependant être rapportée avec toute probabilité aux derniers mois de 1312, car sa sœur Béatrix luiavait déjà succédé en février 1313. Guillaurive-Galcerand de Serrallonga mourut sans enfants.

ALART, OP. cit.

SERRALLONGA (Beatrix de), sœur ct héritière

du précédent, transporta la baronnie de Serrallonga

dans la maison de Rocaberti (voir les articles de ce nom) en l’annéc 1313.

ALART, op. cil.

SERRES (Jean de), damoiseau de Perpignan, fut appelé par la reine Marie d'Aragon au commandement de la châtellenie de Bar en remplacement de Michel de Vera, mort au service du roi. Plus tard l'alcaydie de la Tour Cerdane lui fut conférée. Jean de Serres était viguier de Roussillon au mois d'octobre 1440.

Archives des Pyr.-Or., B. 253, 406. G. 142. |

SERVENT (François), chirurgien de Perpignan, collabora, avec Gelabert et Torrello, à la publication en catalan d’une édition revue et corrigée de la Chirurgie d'Argilata.

HExR\, Zlistoire de Roussillon.

SERVENT (Jean) occupait l’archidiaconé de Vallespir en 1394. Il succéda à Etienne d'Agremont. Jean Scrvent était encore auditeur en la cour royale d'Aragon. Le roi Martin I‘ lui donna commission pour poursuivre dans le diocèse d'Elne tous prêtres et clercs possédant des bénéfices royaux qui étaient accusés d'immoralité ou d'autres délits. François Alerigues, orfèvre de Perpignan, fabriqua un sceau d'argent pour l'usage du nouveau commissaire ecclésiastique. En 1407, Martin 1” étendit les pouvoirs judiciaires de Jean Servent en lui confiant l'instruction d'affaires criminelles concernant divers chapelains, prêtres royaux et autres ecclésiastiques du Roussillon, qui échappaient à la juridiction de l'Ordinaire du diocèse, à cause de leur qualité de familiers du roi. L’archidiacre Servent fut encore chargé par le même monarque d'obtenir de l'évêque et du clergé d'Elne des subsides, dans le but de seconder l'expédition qu'il se disposait à entreprendre contre les Maures.

Archives des Pyr.-Or., B. 18N, IN9, 211, 269.

SETANTI (Joachim) recut de Philippe IL des provisions qui lui conférèrent la châtellenie de Bellegarde, à la mort de Gérard de Sant-Marti. Joachim Setanti. qui donna la démission de son office en faveur de Jeon de Cairnalonsa, continua toutefois de percevoir, Jusqu'à son décès, le salaire attaché à la charge d'alcavde de Bellegarde. Guillaume de Armengol fut appelé à recueillir la succession de Joachim Setanti au chateau de Bellewarde.

Archives des Pyr.-Or.. BR. 375, 378, 3N4

SEXA (Guillaume de) était châtelain de Pu\ valador en 1370.

Archives des Pyr.-0r., B. 129, 150, 157.

SFORZA (Ascagne-Marie), fils de l'rançois Sforza, duc de Milan, et de Marie Bianca, naquit à Cremone le 23 mars 1455. Destiné à l'Eglise, il fit de bonnes études à Rome. En 1476, après le meurtre du duc Galéas-Marie, son frère, Ascagne-Marie Sforza partagea les vicissitudes de sa famille. Proscrit par Simoneta, il applaudit à la chute de ce ministre ; mais l’usurpation de Louis le Maure le jeta parmi les mécontents, el il ne tarda pas à reprendre le chemin de l’exil. Dans la suite, les deux frères se rapprochèrent, et Louis demanda pour Ascagne le chapeau de cardinal que le pape Sixte IV lui accorda en 1484. Ascagne-Marie Sforza jouit à Rome d’une grande faveur. Outre l'administration des diocèses de Pesaro, de Cremone et de Novare, il eut à gouverner comme légat le patrimoine de saint Pierre. Son crédit s'augmenta encore sous le pontificat d'Alexandre VI. Ayant eu une part notable dans son élection, il reçut en récompense l'office de vice-chancelier, plusieurs bénéfices, quantité de terres et de châteaux et le palais Borgia. Ne se croyant pas en sûreté dans Rome, non seulement à cause de ses richesses considérables, mais parce qu'il passait pour le chef du parti français dans le sacré collège, il en sortit et se retira sur le doinaine des Colonna. Le 20 janvier 1494, Charles de Martigny, évêque d'Elne, avant été transféré à Castres, Ascagne-Marie Sforza fut nommé à sa place. Ce prélat ne prit jamais possession du siège d'Elne, dont il resta titulaire pendant une seule année. Ascagne-Marie Sforza était évêque d’Elne lors de l'invasion des Français en Italie. Il fut l’un des quatre ambassadeurs que Charles VIIT députa auprès du pape, au mois de décembre 1494. Sans respect pour Île droit des gens, il fut arrêté el conduit au château Saint-Ange. On le rendit bientôt à la liberté et il figura, le 31 décembre 1494. dans l’entrée solennelle que fit Charles VIII à Rome. Vingt jours plus tard, Alexandre VI donna l'évêché d'Elne à son fils, César Borgia. Le cardinal Ascagne-Marie Sforza représenta, auprès de Charles VIII, les intérêts du Saint-Siège. A l'avènement de Louis XIT, qui avait juré la perte de Louis le Maure et la ruine des Sforza, le cardinal Ascagne-Marie revint à Milan et se joigoit à son frère pour arrèter par tous les moyens l'irruption des Français. Ce ne fut qu’au dernier moment qu'il chercha son salut dans la fuite. Livré paruntraitre aux Véniliens et par ceux-ci à Louis XII, Ascagne-Marice Sforza fut enfermé d'abord à Pierreen-Cise, pres L'on, puis dans la Tour de Bourges. Ea 1503, il lui fut permis de se rendre au conclave à la condition de céder sa voix au cardinal d'A mboise. Comme il n'en fit rien, il eut ordre de rentrer dans sa prison, ce que le pape Jules Il empéècha. De partisan de la France, Ascagne-Marie Sforza devint son plus violent ennemi, et il s’occupa sans relâche de

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