VIVIER
Vivier. Henri du Vivier fut un des gentilshommes du diocèse d’Aleth que poursuivit et atteignit l’évéque janséniste Nicolas Pavillon. « Entre tous les nobles, écrit M. le chanoine Torreilles, se faisait remarquer par ses débauches et ses vexations, noble Henri du Vivier, seigneur de Rasiguères et autres lieux. Pavillon ouvrit une enquête, constata que, dans plusieurs villages, il tenait des entremetteuses connues, patentées, chargées de racoler femmes et filles, de gagner les unes par de l'argent, les autres par les menaces, ce qui avait causé beaucoup de désordre dans les familles... L’évêque. prévint le coupable qui, d’abord, promit repentance... La promesse n'ayant pas été tenue, l'évêque excommunia publiquement, le 11 septembre 1661, noble Henri du Vivier... » Celui-ci, de concert avec d’autres gentilshommes frappés par Pavillon, en appela de la sentence au vice-général de Toulouse, qui administrait le diocèse au nom de Marca. Le tribunal ecclésiastique releva Henri du Vivier et quelques autres seigneurs de la sentence d’excommunicalion. Encouragés par cette indulgence, les condamnés se concertèrent et formèrent ce qu'on appela le syndicat des gentilshommes Alétains. « Ce syndicat, raconte M. le chanoine Torreilles, recueillit une quarantaine d’adhésions dans la noblesse du diocèse et, parmi les pauvres gens, plus de cent quarante dépositions. Gentilshommes et vassaux protestaient contre les sévérités de Mgr d'Aleth, lui reprochaient d'abuser de son autorité épiscopale pour interdire les sacrements, imposer des pénitences publiques, défendre les plaisirs les plus légitimes, bref rendre la vie insupportable. Puis, quand le dossier fut complet, l’on porta l'affaire devant le parlement de Toulouse. Pavillon ne s'effrayva pas plus des sentences du vicaire-général de Toulouse que de l'appel au parlement de cette ville. Au nom de la morale et du droit, il déclara les sentences du vicaire-général nulles, insupportables et abominables... Débarrassé ainsi du vicaire-général, il échappa au parlement de Toulouse, en faisant évoquer l'affaire devant celui de Grenoble, sous prétexte que le premier était trop intéressé pour se montrer impartial. En règle avec le droit ecclésiastique et avec le droit civil, Pavillon reprit plus vigoureusement que jamais les rênes de l'administration diocésaine. On le vit traquer vivement les nobles coupables, quelles que fussent leur fortune et quelques grandes que fussent les influences mises en jeu. N'alla-t-il pas jusqu à refuser la sépulture dans l'église de Rasiguères au fils du seigneur du lieu qu'il avait interdit? En 1666, le syndicat des gentilshomimes menaçait de se disloquer, par suite de l'éloignement des plus entêtés et de la conversion de quelques autres. « Ne trouvant point de prestres dans le diocèse d'Aleth qui le
voulut souffrir dans l’église, la honte a obligé M. de Rasiguères — écrit Ragot (auteur d'un faclum laudatif pour Pavillon) — de s'en séparer. Ila passé depuisun hyver à Perpignan, et un autre à Ille dans le Roussillon, où il a continué ses débordemens, et on a sceu qu’en cette dernière ville, on l’avoit voulu jeter dans un puits allant ou revenant d’un lieu de débauche. » Henri du Vivier avait contracté alliance avec Anne-Marie de Minut. Celle-ci mit au monde un garçon : Alexandre, dont la notice suivra, et deux filles : Marie-Thérèse, mariée en premières noces, le 26 janvier 1686, à Henri de La Revertière, chevalier, maréchal de bataille, lieutenant pour le roi au gouvernement de Perpignan, décédé en 1690, et en secondes noces à Jean-Vincent de Maures de Malartic, lieutenant pour le roi au gouvernement de Perpignan ; Marthe, épouse de Sylvestre de Bruelh, seigneur de Montesquieu et gouverneur de Bellegarde. Henri du Vivier mourut en 1697.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 814. — Abbé ToRREILLESs, L'administration janséniste du diocèse d’Alelh par
Nicolas Pavillon, dans la Revue d'hisloire et d'archéologie du Roussillon, t. 1IL.
VIVIER (Alexandre du), frère du précédent, seigneur de Montfort, était capitaine au régiment Royal-Roussillon, lorsqu'il unit ses destinées. le 12 novembre 1670, à celles de Marie d’Ortaffa, fille unique et héritière de Raymond d'Ortaffa, seigneur d'Ortaffa et d’'Eus. Des lettres-patentes de Louis XIV, données à Saint-Germain-en-Laye, le 14 novembre 1674, firent don à Alexandre du Vivier de la seigneurie de la Clusa, confisquée à François Puig y Terrats, qui avait été décapité à Perpignan pour crime de lèse-majesté. Alexandre du Vivier avait le grade de major au régiment de cavalerie du comte de Bret, en 1676. De l'union qu'il avait contractce avec Marie d'Ortaffa était né un fils, Antoine, qui descendit dans la tombe le 16 février 1701, à peine âgé de dix-sept ans. A sa mort survenue en 1714. Alexandre du Vivier eut pour héritier son neveu, Alexandre du Vivier de Lansac. dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 8t4.
VIVIER-LANSAC (Alexandre du), neveu et héritier du précédent, était fils d'Henri du Vivier, seigneur de Rasiguères et d'Anne-Marie de Minut. Il avait le grade de lieutenant du régiment de Languedoc, lorsqu'il épousa, le 19 avril 1672, Marie-Anne de Caramany, dont le père Joseph de Caramany était le chef, avec le titre de maréchal. Le 5 mai 1673, Marie-Anne de Caramany fit donation à son époux d'un régiment. En 1714, Alexandre du Vivier-Lansac hérita les seigneuries d'Ortaffa, la Clusa, Montfort, de son oncle Alexandre du Vivier, décédé sans des-
cendance mâle. Bonaventure d'Ortaffla (voir ce nom) assigna Alexandre du Vivier devant le Conseil Souverain. Un long procès s'’ouvrit sur la possession des fiefs seigneuriaux annexés au patrimoine de la famille, dont la branche d'Ortaffa réclamait la propriété en vertu des testaments des ancêtres (voir les articles Bonaventure et Antoine d'Ortaffa). Les descendants d'Alexandre du Vivier de Lansac possédèrent les seigneuries d'Ortaffa et de la Clusa jusqu'à la venue de la Révolution de 1789.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 814.
VOLA (Jean) remplissait la charge de bailli de Perpignan, durant l’année 1356. Une ordonnance édictée par Pierre IE. roi d'Aragon, le 27 novembre 1360, réduisit à un seul les deux offices de Procureur royal existant en Roussillon et en Cerdagne. Ce prince les plaça sur la tête de Jean Vola. À quelque temps de là, Pierre le Cérémonieux annexa à l'office de Procureur royal celui de maitre des ports, des passagers et des objets prohibés. Jean Vola reçut mission de vendre, en 1368, les revenus que le roi percevait en Roussillon. Le produit de cette vente était destiné à payer la somme de 22.000 florins d’or dont Pierre le Cérémonieux était redevable à Bertrand Duguesclin, duc de Transtamare et comte de Longueville. Jean Vola était seigneur du lieu de Sainte-Eugénie.
Archives des Pyr.-Or., B. 105, 113, 118, 121, 262, 374, 380.
VOLA (Jean), bourzeois de Perpignan, vit sa maison incendite par la population ameutée, le 1°" octobre 1415, parce qu'il logeait chez lui l'évêque de Calahorra, castillan d’origine. Le souvenir de ce sinistre s'est perpetué jusqu'à nos jours, par la dénomination de Casas Cremades qui fut donnée à la rue actuelle de l'Incendie, sur laquelle Jean Vola possédait sa maison d'habitation.
Archives des Pyr.-Or., G. 50N.
VOL.A (Pierre), bourgeois de Perpignan, vivait en 1423. Une lettre de la reine Marie lui fit défense
VOLA — VOLONA
de prendre l’eau du nouveau ruisseau de La Garrigola pour l'’arrosage du manse de Sainte-Eugénie. Pierre Vola eut pour fils Michel.
Archives des l’yr.-Or., B. 220, 262.
VOLA (Michel), bourgeois de Perpignan, fonda un bénéfice dans la chapelle Saint-Georges de l’église Saint-Jacques de cette ville. IL eut deux fils : Jean et Michel.
Archives des Pyr.-Or., B. 174, 257, E. (Titres de famille), 816.
VOLA (Guillaume), marchand de Perpignan, donna procuration, en 1470, pour recevoir de Ferdinand, roi de Sicile, mille florins d’or d'Aragon que Jean II lui avait prescrit de prendre sur les deux mille doubles vieilles de Castille, dont le roi de Sicile lui était débiteur.
Archives des Pyr.-Or., B. 294, 330.
VOLA (Jean), bourgeois de Perpignan, fils et héritier de Michel Vola, vivait en 1504. Il fut le père de Michel qui contracta alliance avec Augustine. De leur union naquit Jean Vola dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or.. B. 416, E. (Titres de famille), 816.
VOLA (Jean) portait. en 1436, le titre de bourgeois de Perpignan. Il est qualifié de chevalier dans le contrat de mariage qu'il passa, en 1540,avec Louise Coronat, fille de Pierre Coronat, mercader de Perpignan. Jean Vola figure sur la liste des membres de la noblesse du Roussillon et du Conflent qui fondèrent la confrérie de Saint-Georges à Perpignan, le 3 août 1562.
Archives des Pyr.-Or., B. 374, E. (Titres de famille), 816.
VOLO (dez), nom d’une famille noble du Roussillon. Cf. les articles Dez Volo.
VOLONA (Jean) occupait l'emploi de maitre des constructions en pierre du château royal de Perpignan, sous le règne de Pierre le Cérémonieux.
Archives des Pyr.-Or., B. 100, 121.
WADALDE fut évêque d’Elne. Baluze croit que ce prélat était frère de son prédécesseur Helmérade. Son nom paraît, pour la première fois, dans une vente qui lui fut consentie, en 922, de deux alleux tenant au village de Cabestany et au village de Perpignan. C'est la date la plus ancienne que l’on ait trouvé de l'existence de ces deux localités. En qualité d’'évêque d’Elne, le 2 des nones de juillet (6 juillet) 925, il fit l'acquisition au nom de son siège, d’Arsinde et de ses fils, des terres et de l'église de Baixas. Le 13 des calendes de juillet (19 juin) 927, Aton vendit au même évêque les terres d’Anglars et de Salellas, avec l’étang qui en dépendait. En 931, Wadalde et le comte de Roussillon, Gausbert, firent donation à l’église d’Elne de tout ce qu'ils avaient dans le territoire de Vilaseca (Montescot) en déclarant qu'ils le faisaient pour l'amour de Dieu, le remède de leurs âmes, de celles du comte Suniaire, de sa femme Ermengarde, du comte Beneiou et de feu l’évêque Helmérade. En 937, le 18 des calendes de septembre (15 août), Wadalde assista à la dédicace de l’église de Saint-Pons de Tomières et la même année au concile d’Ausède, diocèse de Narbonne. Le 4 des ides de février (10 février) 447, il fit don à l’église d'Elne, de son alleu de Vallventosa. Baluze dit que ce jour-là Wadalde était malade, et il mourut en effet peu de jours après.
Puiccanit, Catalogue biographique des évêques d'Elne.
WENEDURIUS, évêque d’Elne, était déjà mentionné comme occupant ce siège en 783. Dans le concile tenu à Narbonne le 5 des calendes de juillet (27 juin) 788, ce prélat disputa une partie du Razès, à son archevêque Daniel, à qui elle fut adjugée. Observons ici que l'authenticité du fragment qui nous reste des actes de ce concile a été contestée. On ne voit point, en effet, sur quel fondement l’évêque d'Elne réclamait le Razès comme faisant partie de son diocèse, à moins qu'il ne fondät ses prétentions sur la délimitation faite par le roi Vamba des contrées de la Seplimanie dans laquelle les diocèses d'Elne et de Carcassonne paraissaient limitrophes, ce qui ne pouvait être qu'en donnant à l’un ou à l'autre le canton qui les sépare. Wenedurius obtint d’Arnusse, archevêque de Narbonne, en 791, le privilège d’être le premier de ses suffragants et d’occuper la première place après lui dans les assemblées ou synodes, comme on le voit par le concile de Narbonne tenu cette année. L'an 817, l’abbaye d’Arles, appelée d’abord de Vallespir. fut comptée, dans le concile d’Aix-la-Chapelle, parmi celles de la Septimanie. Wenedurius siégeait encore en 825.
Puiccari, Catalogue biographique des évêques d'Elne.
XALOT (Claude), fondeur de cioches de Limoux, au diocèse de Narbonne, passa contrat, le 27 septembre 1644, avec les consuls de Torreilles, pour la fonte d’une cloche de deux quintaux, payée à raison de trois réaux et demi par livre de métal. Le 13 février 1671, il refondit avec Paul Castro une cloche de l’église Saint-Jean de Perpignan. Ce fondeur est peut-être le même que Claude Caulot (voir ce nom).
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
XALOT (François) fondit en 1649 une cloche pour l'église de Prades.
E. DecasoxrT, Histoire de la ville de Prades. — PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
XANXO (Michel) était un mercader de Perpignan qui vivait pendant la première moitié du xv° siècle. Il portait un nom qui est bien d'origine catalane, malgré sa physionomie un peu étrange. Xanxo ou Xantxo est la forme vulgaire de l’ancien nom Sancliolus. On le trouve à diverses époques dans plusieurs communes du Roussillon, notamment à Bouleternère et à Prades. Michel Xanxo, de Perpignan, était déjà décédé en 1436, car, pendant cette année-là. sa fille Antoinette, femme de François Cellers, fit dresser un inventaire de ses biens. Ün autre membre de cette famille, Jean Xanxo, s'intitulait tisserand de lin de la ville de Perpignan, à la date du 25 juillet 1473.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 821.
XANXO (Bérenger) vendit, le 19 juin 1457, c'està-dire sept ans après la reconnaissance officielle des bourgeois honorés de Perpignan, pour Île prix de 68 livres, une esclave âgée de vingt-deux ans, baptisée, blanche et de race tcherkesse. Il ne prit jarmnais d'autre qualité que celle de tisserand ou tisseur de lin de la ville de Perpignan. C’est la seule qu'il se donnait à la fin de ses jours, le 13 juin 1475. Au dire de P. Puiggari, Bérenger Xanxo aurait fondé, en 1484, la chapelle de Notre-Dame d’Espérance, dont le splendide retable gothique constitue le plus riche joyau de l'église Saint-Jacques de Per-
pignan. À sa mort. Bérenger Xanxo laissa pour héritier son fils Bernard, dont la notice suit. Sa fille, Raphaëlle, contracta mariage avec Guillaume Miquel qui exerçait également le métier de tisserand.
* Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 821. — VI° Bul-
lelin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.
XANXO (Bernard), fils du précédent, se livra à de vastes entreprises commerciales dans les dernières années du règne de Charles VIIT et acquit une immense fortune. Dès l’année 1484, il tenait en afferme le droit de parialge de la ville de Perpignan, en compagnie d’autres associés. Le 9 mars 1489, une saisie fut opérée sur tout ce qui se trouvait au pouvoir de Bernard Xanxo, provenant des ambassadeurs de la république de Venise. Le 29 octobre 1491, en qualité de marguillier de l’église Saint-Jean de Perpignan, Bernard Xanxo fit une concession de sépulture dans les cloitres de la nouvelle église en faveur de la famille Moner. En 1492, étant créancier de tous les juifs de Montso, il fil saisir leurs biens déposés chez Abraham Menassem, juif du Call de Perpignan. Il engagea à ce sujet de nombreux procès. Son nom figure le plus souvent dans des actes relatifs à des opérations commerciales ou financières : dans un emprunt négocié le 14 août 1493. dans une expédition de draps de Perpignan à Valladolid, peu de temps après. En 1494, Bernard Xanxo eut des dificultés avec les officiers de la Procuration royale, qui avaient opéré une saisie sur les revenus des boucheries de Perpignan, dont il était un des fermiers, de concert le chevalier Vincent Canta. En 1501,il plaida contre Pierre Angles, son associé dans la ferme locale du poisson de Perpignan. Comme fermier de la leude royale de Collioure, Bernard Xanxo eut de nombreux demêlés au sujet des droits dus pour l'entrée de froment, de blés. Le 11 octobre 1507. la communauté de Saint-Jacques prit l'engagement de lui rembourser les droits d’expédilion du privilège octroyé par le roi au sujet des amortissements, dès que Bernard Xanxo aurait fait la remise du document officiel. Le 26 du même mois, ce niche négociant de Perpignan fut frappé de deux amendes pour
XATART
n'avoir pas fait enlever, dans le délai prescrit, des pierres et autres matériaux de construction qu'il avait déposés sur les places « de las Cèbes et de l'Huile » et n'avait pas reconnu à temps la tenure de la maison du damoiseau Gelabert de Llupia. C'est vers cette époque qu'il faut faire remonter la construction de la maison que l'on voit encore sur la rue de la Main-de-Fer, qui est actuellement occupée par le Cercle de l’Union. Ce magnifique hôtel gothique fut bâti sur l'emplacement de cinq autres maisons qu'on démolit tout exprès. Il a servi de maison d'habitation aux nobles familles de Llupia, del Viver, de Taqui, de Çagarriga, de Cruilles, d'Oms, de Blanes, d'Ortaffa, de Banyuls et de Vilanova. Sa façade ornée de pilastres à bossages, ses larges fenêtres à meneaux, sa grande porte en plein cintre et à longs claveaux, les fines ciselures de son ornementation intérieure, les admirables moulures du vestibule, en font un bijou de style gothique. Le 26 juin 1508, de concert avec les nobles François Rexach. Gaspard dez Vivers, seigneur d'Alénya, Thomas de Vilanova et Bernard Alénya, mercader de Perpignan, Bernard Xanxo servit de caution à Bernard de Llupia qui avait affermé à Barcelone le droit de bulle de la {able ou banque de Perpignan, à raison de 750 pacifics d’or par an. Bernard Xanxo possédait des troupeaux de bétail pour lesquels il payait des droits de passage à Belpuig, en 1508. Trois ans plus tard, il adressa des réclamations au sujet des droits imposés sur la sortie des fers du Roussillon. L'activité de ce riche commerçant perpignanais s'étendait donc sur presque toutes les branches du commerce et de l’industrie. En 1510, Bernard Xanxo fut inscrit sur la matricule des bourweois honorés de Perpignan. Le 20 janvier 1517, il reçut les pouvoirs de procureur de l'évêque d'Elne, Bernard de Messa, de la part de Pierre-Fernand Jehen. dominicain. qui avait été institué procureur de ce prélat par acte daté de Londres, le 24 septembre 1516. L'historien Capmany apprend qu'un gros navire de Bernard Xanxo, chargé de marchandises
du Levant, fit voile d'Alexandrie en 1523. À son arri-
vée à Messine, la peste s'étant manifestée dans l'équipage, l’on se vit obligé de décharger la cargaison. Bernard Xanxo avait épousé llisabeth qui lui donna une fille unique, Angèle, laquelle unit ses destinées à François de Llupia (voir ce nom). De ce mariage naquit Louis de Llupia qui devint Procureur royal du Roussillon. Bernard Xanxo fut inhumé dans le caveau de sa famille, qui était creusé sous la chapelle de Saint-Bérenger, situce dans l'église Saint- Jäcques de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 347, 393, 412, 419, 414, 415, 416, 417, 418, 419, E. (Titres de famille), 821, CG. 48, 182, — Publicateur des Pyrenées-Orientales, année 1833. — ApanT, La maison de la
Main-de-fer et la famille Xanro de Perpignan, dans le Journal des Pyrénées-Orientales, n°” des &, 8 et 11 mai 1861.
XATART (Martin) appartenait à une famille, dont plusieurs membres exploitèrent l'industrie verrière à Palau-del-Vidre. On sait que dès l’année 1362, Raymond Xatart s'intitulait veyrier dans cette localité. Bérenger Xatart exploitait les fours à verre de Palau, dès l’année 1377. « Le 5 juillet 1425, dit Alart, on trouve François Xatart, de Palau, sans autre qualification, et, à la même date, Martin Xatart, verrier dudit lieu. Martin Xatart remplissait les fonctions de baïlli de Palau le 6 février 1448, etil obtint à cette date une importante concession de terres dans cette localité ; il est encore cité le 13 janvier 1449 en compagnie de Laurent Xatard de Palau. Il y avait aussi d'autres membres de cette famille exerçant alors la même professio:, car on trouveun acte du 1” mai 1431 concernant Jean Xatart vidrierius de Palau, oncle et tuteur de Pierre Xatart, fils mineur et héritier de feu François Xatart. C’est sans doute ce Pierre Xatart, mineur, en 1431, qui figure encore dans le contrat de mariae passé le 17 novembre 1501 entre « en Johan Xatart, vidrier, fill del senyer en Pere Xatart, vidrier, e na Anna, filla de Johan Dauder q° de Palau.» Le verrier Jean Xatart et son épouse sont encore cités le 18 août 1523; il était second consul de Palau en septembre 1530 et vivait encore en 1538, mais après cette date nous ne connaissons plus aucune trace de lui ni de sa famille à Palau-del-Vidre. C’est précisément à cette époque, au commencement du xvi° siècle, que la famille Xatart est signalée à Prats-de-Moll6. »
ALART, L'ancienne industrie de la verrerie en Roussillon, dans le XXe Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrenees-Orientales.
XATART (Barthélemy-Joseph-Paul) naquit à Prats-de-Mollé, le 1° mars 1774. Il fit ses études classiques sans quitter le pays natal et vint étudier la pharmacie à Montpellier. après avoir fait un stage à Perpignan ; il avait herborisé déjà. On comprend avec quel plaisir Gouan accueillit un élève déjà formé et qui se promettait de passer sa vie au cœur même de ces monts pvrénéens, objet d'envie pour tous les naturalistes. La sollicitude du maitre fut grande pour Île jeune étudiant. Lorsque Xatart, en 1803 ou 1804, vint s'établir comme pharmacien à Prats-de-Moll6, il possédait des connaissances botaniques étendues. Dès lors, Xatart entreprit l'exploralion botanique de son pays. soumettant toutes ses découvertes au contrôle de Gougn, et elles étaient nombreuses à ce qu'il parait: car, peu d'années apres, le 3 mai 1508, Lapevrouse, informé des recherches du pharmacien de Prats-de-Moll6, sollicitait la faveur d'entrer en relations avec lui. À dater de ce jour et jusqu'à la mort de Lapeyrouse, survenue en octobre 1818, il s'établit entre eux une correspon-
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dance active. En lui adressant, le 14 mai 1813, l'un des premiers exemplaires de son flistoire abrégée des plantes des Pyrénées, l'auteur sollicitait les critiques attentives de Xatart, le priant de revoir son livre « classe par classe », et de ne lui épargner aucune observation. Il eut à s’en louer sans doute, car la correspondance prit, à partir de cette époque, un caractère de confiance toujours plus grande de la part de Lapeyrouse. Celui-ci donne le nom de « maitre » à celui qui lui donnait, en effet, de grandes preuves de sagacité. En 1814, Lapeyrouse mit Xatart en rapport avec Gay. Il s'établit entre eux une correspondance suivie. En 1823, Gay se décida à visiter son correspondant et séjourna à Prats-de-Mollé pendant une partie de l'été de cette année. Les relations n'en devinrent que plus fréquentes et plus amicales. De Candolle, de son côté, obtenait de Xatart beaucoup d'utiles renseignements. Parmi les correspondants que l’amour de la science lui avait procurés, on peut citer encore : Endress, Petit, Mutel, Prost, Seringe, Boissier, Bentham, Requien, Duby, Grenier, Bubani; Meissuer donnait, en 1840, le nom de Xa{ardia (qu’il eut fallu écrire Xal{artia) au Selinum scabrum de Lapeyrouse. Mais la botanique ne suffisait pas à l’activité de Xatart. En 1819, nous le trouvons occupé de géologie et de zoologie. Il fit des découvertes précieuses qui le mirent en faveur auprès de quelques-uns des maîtres de la science. En même temps il ne négligeait pas les intérêts de sa région qu’il défendit pendant plusieurs années au Conseil général de son département. Ses observations sur la flore du Vallespir et les nombreuses découvertes qu'il fit, lui assurèrent l’estime des botanistes. Parmi les plantes décrites par Lapeyrouse, par de Candolle et par Gay, un grand nombre leur avait été signalé par Xatart. Le premier en France, il observa un nombre plus grand encore de plantes qu'on n’y connaissait pas... Îl aimait, d’ailleurs, à suivre les plantes aux différentes époques de l’année et les cultivait autant qu'il le pouvait, dans son jardin, pour les micux connaître. En 1869, on pouvait voir encore quelques-unes des espèces les plus rares des Pvrénées dans le jardin qu'il avait occupé. Elles ont disparu aujourd'hui. Xatart avait été nommé, en 1821, membre de la Socicté Linnéenne de Paris, alors l'une des sociétés scientifiques les plus renommées ; mais il resta toujours loin des honneurs. Il aimait la science pour elle-mème et mourut comme il avait vécu, aimé de ses cpmpatriotes, à l’âge de soixantedouze ans, le 24 novembre 1846. L'herbier de B. Xatart fut donné par son fils au docteur Aimé Massot, de Perpignan, qui projetait une Flore des Pyrénées-Orienlales, e& qui avait souvent manifesté son intention de déposer ses collections botaniques au Museum d'histoire naturelle de Perpignan, dès la
publication de son livre: On espérait donc de conserver l’herbier de Xatart au centre studieux de ce département si bien exploré par le pharmacien de Prats-de-Mollé et de voir un jour réunis à cette collection les nouveaux et importants matériaux recueillis par Aimé Massot. Mais une mort prématurée suspendit la publication de la Flore, et les plantes du docteur Massot ainsi que l’herbier de Xatart sortirent de Perpignan pour aller enrichir le cabinet de la Faculté de médecine de Montpellier.
Paul Ouiver, Barthélemy Xalart, notice biographique, dans le Bullelin de ia Socièlé botanique de France, t. XXXVIIL.
XATMAR (François) appartenait à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il devint successivement commandeur des Templiers du Mas-Deu et de Bajoles, sous le règne de Jean I”. François Xatmar obtint de ce souverain la nouvelle expédition sur parchemin d’une lettre, dont l'original qui avait été brûlé accidentellement, faisait donation aux Templiers du Mas-Deu, d’une rente annuelle de 4000 sols barcelonais, à prendre sur les revenus royaux de Roussillon et de Cerdagne.
Archives des Pyr.-Or., B. 144, 158, 165.
XATMAR (François) fut élu abbé de Saint- Etienne de Banyoles (diocèse de Gérone), en 1461. Il adopta le parti de Jean II contre Louis XI, puis fut fait prisonnier à Perpignan, en 1473. L'abbé François Xatmar ne tarda pas à être mis en liberté, à la suite d’une convention intervenue entre messire de Bressieu, capitaine de la garde du duc de Calabre et les chevaliers Bernard Xatmar, Bernard Margarit et Pierre dez Bach. François Xatmar mourut en 1503. On trouve sa pierre tumulaire dans le monastère de Saint-Etienne de Banyoles. L'inscription qu'elle porte ne mentionne point la date de sa mort. On est en droit de conjecturer que le sarcophage fut construit du vivant de l'abbé François Xatmar. L'épitaphe est conçue en ces termes :
In presenti tumulo reverendi domini fratris Fran- Cisci de Xatmar abbatis istius
Monasteri chlauduntur ossa qui pro anime
Sue salute duo quotannis dimisit an-
Niversaria conventualia celebranda, unum
Quide a quinq.. hebdomada, alte-
Rum vero tali die qua ab hac luse migravil Videlicet mensis anni Ml)
Cuius anima in pace requiescat. Amen.
Archives des Pyr.-Or., B. 294. — MONSALvVATIF, Los monaslerios de la diocesis Gerundense.
XATMAR (Antich),mercaderdePerpignan, maria sa fille Grâce, en 1536, avec François de Vilaseca.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 820.
XATMAR — XAUPI
XATMAR (François) fut inscrit en 1539 sur la matricule des bourgeois honorés de Perpignan.
Sacsas, La matricule des bourgeois honorés de Perpignan, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon.
XATMAR (Raphaëi), damoiseau, occupa la chàtellenie d’Elne, dont il se démit ensuite en faveur de François Baxas. Il avait épousé Isabelle Ballaro et de leur union étaient issus : Raymond, dont la notice suit, Antoine, Cécile, Mancia et Marie-Anne. Isabelle, épouse de Raphaël Xatmar, demanda à être inhumée après sa mort dans le caveau contigu à la chapelle de Notre-Dame des Délaissés, que la famille Girau possédait à l’église Saint-Jacques de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 820.
XATMAR (Raymond), fils du précédent, obtint de Philippe IV, commission de capitaine du Castillet de Perpignan. Il figura en 1639, avec le titre de maître de camp, dans l’armée des nobles catalans que commandait Dalmace de Quéralt. Louis XIII mit ses biens sous le sequestre, et, le 16 juin 1643, en fit donation à Isidore de Pujolar, gentilhomme catalan. Raymond Xatmar qui était chevalier de la milice de Sainte-Marie de Calatrava mourut à Barcelone, au mois d'octobre 1662. Il avait contracté alliance avec Françoise de Corbère, qui ne lui donna qu'un seul fils, François, dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or., B. 388, 390, 394, E. (Titres de famille),
XATMAR (François), fils du précédent, prit parti pour l'Espagne et vit ses biens confisqués en faveur de Thérèse de Caramany y Junyent, veuve de Joseph de Caramany (voir ce nom), maréchal de camp sous Louis XIV. Les descendants de François Xatmar se fixèrent en Catalogne.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 820.
XAUPI (Michel), propriétaire du domaine de Jau, situé le long de la vallée de l’Agly, entre Casesde-Pène et Estagel, testa le 1° juillet 1593. « Après avoir dicté ses dispositions pieuses, raconte M. le chanoine Torreilles, après avoir attribué cent livres à chacun de ses enfants, cinq garçons et quatre filles, Michel Xaupi confia pour dix ans l’usufruit de son
bien à son frère Jean. Celui-ci établira les enfants !
avec les revenus du domaine, consacrera le reliquat de son agrandissement, puis le remettra non à l'ainé mais au fils qu'il jugera le plus apte à assurer la stabilité de la fortune, Jean rèva til mieux que cela” Un acte nous le montre consacrant mille livres à l'embellissement du domaine, par la construction de deux cortals et d'une tour, et deux mille livres à l'instruction des deux garçons qu'il a choisis comme
héritiers éventuels. Mais les deux enfants mourront avant d’avoir fondé une famille, et celui-là seul, Montserrat, dont il a fait un négociant en peaux, deviendra un jour le propriétaire de Jau et l’héritier du nom ».
Abbé TorREILLESs, L'abbé Xaupi, dans le LII* Bulletin de la
Sociélé Agricole, Scientifique et Litléraire des Pyrénées-Orienlales.
XAUP1 (Montserrat), négociant, « aurait déjà pris avant son décès, dit M. le chanoine Torreilles, le titre de baron de Jau; toutefois, dans les actes qui se trouvent au dossier de la famille, celui-ci s'intitule simplement tantôt négociant, tantôt pagès. S'il y eut cependant une circonstance où il aurait dû se prévaloir de son titre nobiliaire, c’eût été lors de son mariage. Or, dans son contrat avec Anne Roig, fille d'un pagès de Pézilla, le 7 janvier 1629, Montserrat Xaupi se déclare simplement négociant. »
Abbé TORREILLES, Op. cil.
XAUPI (Joseph), fils aîné du précédent, « épousa en 1655, au dire de M. le chanoine Torreilles, une fille de pagès, mais cela ne l’empêcha pas de s’intituler baron et fils de baron dans son contrat de mariage. Joseph Xaupi n’attendit même pas cette circonstance pour faire valoir ses prétentions nobi-
liaires. Dès 1649, nous le voyons nommer un bayle
à Jau... A cette époque, le baron de Jau habite Estagel; mais en 1655, lors de son mariage, il est déjà fixé à Perpignan, où il exerce les fonctions de procureur au Conseil Souverain... En 1683, il restait à Joseph Xaupi et’ Paule Delaris, sa femme, cinq garçons : …… Antoine étudiait la philosophie et allait entrer dans les ordres ; il devait plus tard obtenir la cure d'Arles. Joseph et Mathias se destinaient au métier militaire ; le premier serait capitaine de dragons et chevalier de Saint-Louis ; le second, lieutenant du Royal-Roussillon. Jean. le plus jeune, deviendrait, faute de mieux, négociant. À ces quatre enfants, Joseph Xaupi ne laissa que des legs sans importance. Presque tout alla à l'aîné, François, docteur en médecine. »
Abbé TonnEiLLes, 0p. cit.
XAUPI (François), fils aîné et héritier du précédent, embrassa la carrière de la médecine. En 1683, il manifesta l'intention d'épouser Catherine Maris, fille d'un droguiste de Perpignan. « Le projet de mariage de François Xaupi avec Catherine Maris, narre M. le chanoine Torreilles, parut aux parents détruire les espérances de leur maison... Le père eut beau s'adresser au Conseil Souverain. obtenir un arrêt prohibant le mariage. le fils passa outre, prit avec lui son jeune frère Jean et s'en alla en Espayne
avec celle qu’il aimait. Il l’'épousa clandestinement, dans les premiers mois de l’année 1683. Quelques jours après, François Xaupi était déshérité par son père, et par sa mère l’année suivante. Heureusement, la brouille ne dura pas longtemps. Dès le9 avril 1685, Joseph Xaupi rend à son fils François l'héritage et son droit d’ainesse... Celui-ci est déjà à la fin du xvir° siècle, protomédic et bourgeois noble de Perpignan... Le futur baron de Jau ne sera plus, en 1704, lorsqu'il perdra son père, un simple roturier-propriétaire d’un domaine seigneurial, mais un bourgeois honoré de charges municipales... À sa mort survenue en 1724, François Xaupi, non seulement a conservé la fortune familiale mais l’a augmentée. De son mariage avec Catherine Maris, il lui restait quatre filles et trois fils. Sa fille ainée épousa un officier noble, George Richard de Villenouvelle, chevalier de Saint-Louis, commissaire provincial d’artillerie. La seconde, Paule, fut religieuse enseignante. Il laissa aux deux autres, Adrienne et Thérèse un logement et une pension. Des trois fils, l’un, Bonaventure, fut curé de Saint-Laurent-de-Cerdans; l’autre, Joseph, chanoine de la cathédrale. et le troisième, François, docteur en médecine. »
Abbé ToRREILLES, Op. cit.
XAUPI (Joseph - Jean-François - Raymond) naquit à Perpignan, le 16 mars 1688. Il fut tenu sur les fonts baptismaux de la cathédrale Saint-Jean, par l’Intendant du Roussillon, Raymond de Trobat, et par sa marraine la comtesse de Mosset, Raphaëlle de Cruilles et d'Aguilar. Entré de bonne heure dans les ordres. il étudia la théologie dans l’Université de Paris, où il reçut le doctorat de cette faculté. Le Ai avril 1705, alors qu'il n'était point encore oint de l'huile sainte de la prêtrise, il fut pourvu par le roi de la riche commende de Saint-André de Jau, abbaye cistercienne située sur le versant de la montagne de Mosset. Le jeune docteur en Sorbonne fut choisi par les autorités religieuses et civiles de la province, pour prononcer dans l'église cathédrale deSaint-Jean de Perpignan, l'Oraison funèbre de Louis XIV, à l'occasion du service qui fut célébré le 20 décembre 1715, pour le repos de l’âme de ce prince. Le 13 février 1716, il devint chanoine de la cathédrale d’'Elne, et archidiacre du Vallespir, le 11 juillet 1724. Xaupi avait fixé à Paris sa résidence habituelle. Grâce à des
talents naturels qu'activait un travail constant et
opiniâtre, grâce aux ressources pécuniaires dont il disposait, l'abbé de Jau put consacrer ses loisirs à la culture des belles-lettres. Ses douces vertus, sa bienfaisance, la sûreté de son commerce, le rendirent cher à ses nombreux amis, surtout à M°° Doublet de Bersan. C’est en tant que membre du cercle littéraire présidé par cette dame savante, qu’il collabora
XAUPI
aux Vouvelles à la main; cette publication a depuis donné naissance aux Mémoires de Bachaumont, en 30 volumes. Il fut aussi correspondant de l’Académie de Bordeaux. A ce titre. il édita dans cette ville, en 1751, une Dissertation sur l'édifice de l’église primatiale de Saint-André de Bordeaux, suivie d’une autre Disserlalion sur l'élection à l’archevéché de Bordeaux, en 1529, de Gabriel de Gramont. Tout en se livrant aux études de la théologie et de la littérature, l’abbé Xaupi ne dédaignait pas, comme on le voit, les sciences archéologiques et paléographiques. Sa charge de commissaire à Paris des bourgeois honorés allait le lancer dans la voie des recherches sur l'histoire du Roussillon. Il prit à cœur son rôle de champion de la cause des citoyens immatriculés. S’étant rendu compte des conditions nécessaires à la défense de sa théorie, il s’adonna sans relâche à un travail pénible. Etude du droit féodal et de l’histoire du moyen âge, connaissance des auteurs de diverses nations qui ont écrit sur la noblesse, intelligence des langues espagnole et catalane. discussion des lois et usages de la principauté de Catalogne, vérification des titres originaux déposés dans les différentes archives de Barcelone, pour avoir des notions locales sur tous ces objets, Xaupi ne négligea aucun de ces auxiliaires indispensables pour donner à l’ouvrage qu’il préparait une valeur décisive. En 1763, parurent enfin à Paris les Recherches historiques sur la noblesse des ciloyens honorés de l'erpignan et de Barcelone, connus sous le nom de ciloyens honorés, en 4 vol. in-12, par l'abbé Xaupi. On connaît la polémique suscitée par l'apparition de cet ouvrage. Fossa répondit aux Recherches historiques, en 1770, par ses Observations hislorigues et criliques. Presque nonagénaire, Xaupi, l’année 1776, réédita son œuvre, après l'avoir corrigée et augmentée. Cette seconde édition comporte trois volumes in-12. Après la réplique de Fossa dans le Mémoire pour l'ordre des avocats de Perpignan, le procès demeura encore en suspens treize années. Toutefois, les théories de Xaupi furent justifiées par un arrêt de Louis XVI. du mois de février 1789. La mort n'avait point permis à l’abbé de Jau. de jouir, en son vivant, du triomphe de sa cause. Xaupi devenu, depuis 1764, doyen de la faculté de théologie de Paris. était mort dans la capitale, le 7 décembre 1778, à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Archives des Pyr.-Or., G. 1068, H. non classé. — HG@FERr, Vouvelle biographie générale. — Abbé TonReizzes, L'abbé Xaupi,
dans le LII* Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Litteraire des Pyrénees-Orientales.
XAUPI (Bonaventure), frère du précédent, curé de Saint-Laurent-de-Cerdans, fut un prêtre d’une
austérité de mœurs exemplaire. Il versa malheu-
reusement dans le jansénisme. ou du moins fut
XAUPI — XIMENÉS
accusé de ce crime. Bonaventure Xaupi fut détenu dans les prisons de l’officialité du diocèse et exilé à Narbonne.
Abbé TOoRREILLES, 0p. ci.
XAUPI (François), frère des deux précédents, suivit la carrière de la médecine, comme son père. Il est connu par le rapport qu’il fit sur les coquilles que l’on trouve au territoire de Nefiach. En mourant, François Xaupi ne laissa qu’une fille, Catherine, qui épousa, en 1741, M. de Canclaux.
Abbé ToRrREILLES, Op. cit.
XAUTO (Antoine) fut nommé, le 12 mai 1642, par Raymond de Bas, à l'emploi de procureur fiscal des cours royales. Une ordonnance que Schomberg lieutenant et capitaine général en Catalogne, porta, en 1648, donna concession de rentes en faveur d’Antoine Xauto, procureur fiscal. Ce dernier assista à l'assemblée générale que la noblesse de Catalogne tint à Perpignan, le 1” mai 1659, dans le but de pro-
céder aux nominations des divers officiers de l’ordre. On voyait les armes d'Antoine Xauto avec une inscription de l’an 1663, à la chapelle de l'Assomption, dans l’église collégiale de la Réal, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 393, 394, 400. — Xaupr, Recherches historiques sur la noblesse des ciloyens honorés de Perpignan.
XIMENES (François), évêque d'Elne. Voir Eximenès.
XIMENES (Michel), marchand de Perpignan, prit parti pour Jean 1°, roi d'Aragon, et vit ses biens confisqués par Louis XI, en 1476. Les terres qu'il possédait à Corneilla-del-Vercol furent octroyées à Jean Daillon, seigneur de Lude.
Archives des Pyr.-Or., B. 299, 303, 410, 414, 420.
XIMENÉS (Augustin de) était colonel de Royal- Roussillon-Infanterie et seigneur de Céret en 1724.
Archives des Pyr.-Or., G. 765.
YMBERT (Raymond), maçon de Perpignan, fut nommé, le 24 septembre 1504, suppléant de Pierre Cifre, maître des travaux royaux en Roussillon. Celui-ci devait s’absenter de Perpignan pour diriger les constructions du château de Collioure.
Archives des Pyr.-Or., B. 416.
YSERN (Bérenger) était un juriste de Perpignan, que Pierre le Cérémonieux appela aux fonctions de juge du Patrimoine royal. Ce magistrat ayant donné sa démission, eut pour successeur Grimald d'Avellanet.
Archives des Pyr.-Or., B. 105, 110, 136.
ZURITA (Jérôme), historien espagnol, né le & décembre 1512, à Saragosse, où il mourut, le 31 octobre 1580. D'une famille originaire d'Aragon, il fit de brillantes études à l'Université d’Alcala, où il eut pour professeur de latin et de grec le célèbre Nuñez de Guzman (el Pinciano). Son mérite, secondé par le crédit de son père, attira l’attention de Charles-Quint, qui le nomma en 1530 gentilhomme de sa chambre. Il était, depuis la mort de son beau-père, secrétaire de l’Inquisition à Madrid lorsqu'il fut remplacé par Ferdinand Valèdes (1547) et désigné à l'unanimité par les cortès d'Aragon pour remplir la charge d’historiographe (1548), qu'ils venaient de créer. Dès ce moment il se dévoua tout entier à l’accomplissement de cette grande tâche. Après avoir parcouru l’Aragon, il passa en Italie, en Sicile, et consulta soigneusement les archives, tant publiques que particulières, de ces deux pays (1550). À peine monté sur le trône, Philippe II le chargea de recueillir tous les papiers secrets qui ont formé depuis le célèbre dépôt de Simancas. En 1567, Zurita fut nommé secrétaire du cabinet, et deux ans après le cardinal Espinosa, alors président du saint-office, le chargea de recevoir de la bouche même du monarque la réponse à toutes les questions qui lui seraient soumises par l’Inquisition. Tout le reste de la vie de Zurita paraît avoir été consacré à la rédaction de ses Annales, qui ne l’occupèrent pas moins de trente ans. Il mourut à soixante-huit ans, dans le couvent des Hiéronymites de Santa-Engracia, où il s'était retiré depuis quelques années, et dont, quoique séculier, il suivait la règle. Il avait légué sa riche bibliothèque aux chartreux de la Maison-Dieu, près de Saragosse.
La plus grande partie des livres fut transportée à l'Escurial, en 1626. Zurita a encouru comme historien le reproche de prolixité, par le soin minutieux qu'il porta dans la partie de ses investigations relative aux premières et moins importantes périodes. Il n'est pas d'écrivain espagnol plus dégagé des préjugés de religion ou de parti. Il apporte dans l’examen des preuves historiques un calme impartial également éloigné d’une légèreté téméraire et d’une crédulité aveugle. On a de lui: Anales de la corona de Aragon; Saragosse, 1562-79, 6 vol. in-fol. ; ibid., 1585, 6 vol. in-fol., corrigée et augmentée par le fils de l’auteur ; ibid., 1610-21, 7 vol. in-fol., avec un index très ample rédigé par les jésuites. Ces annales
comprennent tous les temps écoulés depuis la ruine
du califat de Cordoue jusqu'à la mort de Ferdinand le Catholique ; Indices rerum ab Aragonix regibus gestarum ab iniliis regni ad annum, 1410 ; ibid., 1578, in-fol., la première partie contient un abrégé des Annales, la seconde l'histoire de la conquête de la Sicile par les Normands, dont il avait découvert le manuscrit; Progressos de la historia en el reyno de Aragon, 1512-1580 ; ibid., 1580, in-fol., suite des Annales ; Historia del rey D. Henrique III de Castilla, ms.; des Notes grammaticales sur l’/linéraire d’'Antonin, publiées dans l'édition de Schott, 1544, in-8. Les nombreux et précieux renseignements pour l'histoire du Roussillon que contiennent les Anales de la corona de Aragon donnent à Zurita droit de cité dans le Dictionnaire de biographies roussillonnaises.
HœrEr, Nouvelle biographie générale.