‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 183 sur 227 · RS · texte numérisé non relu

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afin que si, d'ici à vingt ans, il y en retourne nuls, qu'ils leur fassent couper les têtes. » Et enfin, par un dernier courrier : « M. du Bouchage, j'avais oublié de vous écrire ce qui suit: Premièrement, voyez si vous ne pourriez pas faire piller par le menu peuple les maisons des gens que vous chasserez. ou au moins d'Antoine Duvivier et d’aucuns gros qui sont les plus traitres ; alors la commune ne consentirait jamais à laisser remettre le roi d'Aragon, et elle v ferait meilleur guë que nous. C'est le plus grand service et la plus grande sûreté que vous pussiez me donner en Roussillon... car ceci me sembletrès bon, et vous pouvez savoir que je l'ai fait faire à Puycerda par Mercadier et ses partisans. » Malgré la recommandation royole, l'héritage d'Antoine dez Vivers ne fut pas pillé, et le gouverneur du Roussillon préféra le donner à un de ces capitaines bien aigres désignés par Louis XI lui-même pour se partager les dépouilles des traîtres roussillonnais. Le noble et magnifique sire Regnault du Chesnay était venu en Roussillon. en 1475, avec le simple titre de seigneur de Vilansen et Camerleng du roi Très-Chrétien. Par ses instructions du 23 mars de la même année, Louis XI lui avait donné le commandement des Capitaineries de Salses et de Leucate, en ajoutant : « Du Bouchage fera venir la femme de Philippe Albert et sa fille, pour pourchasser sa délivrance ; et si le Poulailler la veut avoir en mariage il l’aura. sinon, Regnault du Chesnay l'aura.» Nous ne savons ce que devint la fille de Philippe Albert; mais il ne s'agissait ici que de sa riche succession, comprenant presque toutes les dépendances roussillonnaises de l'ancienne vicomte de Roda, avec les villes de Ceéret, Millas, Rayners, etc., qui devinrent le partage de François de Perellos dit de Fonollet. Du Chesnay dut se dédommager d’un autre côté, et obtint pour sa part, en don gracieux du roi, tous les bicns et droits d2 François dez Bach, donzell de Salses, de feu Jean Blanca, bourgeois de Perpignan, de Pierre d'Ortaffa, d'Antoine dez Vivers et de son épouse. C'est à ce dernier titre, que Regnault dn Chesnay se dit souvent scigneur de Castell-Rossello, et nous le retrouvons encore avec tous ces Litres et possessions. représenté à Salses par le donzell Jean de Launavy, son lieutenant, à la date du 14 mai 1493. Après la reddition de Perpignan, Louis XI avait bien promis de faire couper Ja tête à dez Vivers si, d'ici à vingt ans, il retournait dans cette ville. Il est probable, en effet, que le grand traitre n'aurait jamais revu son pays, si Louis XT eùt vécu jusques-là ; mais son fils Charles VIIT ayant restitué le Roussillon et la Cerdagne au roi Ferdinand qui en prit possession au mois d'octobre 1413, Antoine dez Vivers recouvra purement et simplement ses biens et ceux de sa femme, et nous le voyons, dès le 14 octobre de la

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même année, avec le titre de Procureur royal dans les deux comtés au nom de Sa Majesté Catholique. » Ferdinand I‘ lui confia aussi la mission de recouvrer les biens provenant des personnes condamnées pour crime d’hérésie ou d'apostasie, confisqués au profit du Domaine royal. Durant la peste de 1494, qui fit des ravages dans la cité de Perpignan, Antoine dez Vivers se retira à Puigcerda. Le 10 juillet de cette année-là, il écrivait au notaire Raymond Doria, pour le prier d'apporter dans cette ville de Cerdagne tous les titres et les documents relatifs au renouvellement des papiers-terriers du Patrimoine royal. En 1495, le roi d'Aragon manda à Michel dez Vivers et au Gouverneur du Roussillon Pierre d'Ortaffa, d'organiser la défense militaire du pays. Ce prince donna ordre de faire des levées de troupes dans toute la région, d’après le système pratiqué en Castille, comme aussi de travailler aux fortifications de Perpignan, de Salses ou autres places fortes de la frontière. en prévision d’une guerre avec la France. Il exigea qu'on pourvut au logement des cent lances envoyées pour la défense du Roussillon. Le 13 août 1499, le roi Ferdinand donna provision à Antoine dez Vivers pour livrer deux cents livres à Bernard Boyl, abbé de Cuxa, qui se disposait à réparer les officines et le clocher de son monastère. Le Procureur royal devint l’objet des libéralités de son souverain. Indépendamment des rentes qu'il percevait sur le douaire de la reine de Sicile, Antoine dez Vivers obtint, du roi d'Aragon, 182 ducats d'or sur les revenus royaux du marquisat d'Oristanni et du comté de Gocian, dans l’île de Sardaigne. Ferdinand I" le fit venir à la cour et il lui octroya en même temps la somme de 100 ducats d’or pour subvenir aux frais du voyage. Antoine dez Vivers continua toutefois l'exercice de ses fonctions à la tête de la Procuration royale. jusqu'au jour de sa mort, survenue le 21 mai 1507.11 étail décédé sans enfants. Son neveu Jean dez Vivers fut son héritier universel, et sa veuve, Grimalde, continua à porter le titre de dame de Château-Roussillon. « Cette seigneurie, dit Alart, passa désormais, on ne sait comment. à une famille bourgeoise de Perpignan, celle des Canta qui avait acquis une certaine importance par ses spéculations financières et par les charges qu'elle avait occupées dans l’administration municipale. »

Archives des Pvr.-Or., B. 302, 340, 342, 943, 347, GR, 352, 357.

416. — ALART, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1°° série.

VIVERS (Jean dez), neveu et héritier du précédent, élait fils de Michel dez Vivers, le Procureur royal que Louis X[ avait banni du Roussillon, en 1475, après la reddition de la ville de Perpignan. En 1486, Jean dez Vivers épousa Elisabeth-Marguerite

de Vilafranca, dame de Ponteilla qui était déjà veuve du damoiseau Jean d'Oms. Ce chevalier vécut à la cour du roi d'Aragon où il exerçait les fonctions d'échanson. Le 21 mai 1507, jour du décès de son oncle Antoine dez Vivers, il fut appelé à recueillir sa succession à la tête du Patrimoine royal. Comme le nouveau Procureur royal ne résidait pas en Roussillon, un parti d'opposition se forma contre lui, et le lieutenant-général de Catalogne alla jusqu’à rendre une sentence par laquelle il lui interdisait l’accès des comtés de Roussillon et de Cerdagne, et l’exercice même de ses fonctions. Le roi d'Aragon, qui avait nommé Bernard Terre à sa place, annula d'abord cet arrêt; puis une sentence des juges des griefs décida que Jean dez Vivers devait être réintégré dans ses fonctions de Procureur. Une lettre de Charles-Quint porta nouvelle suspension de Jean dez Vivers. Son gendre, Bernard Albert, fut d’abord nommé à sa place ; mais Jean dez Vivers ne tarda pas à prendre la direction de l’administration du Domaine. Une grave accusation de concussion pesa bientôt sur lui. Il fut alors mis dans l'obligation de donner sa démission, et Charles-Quint plaça à la tête de la Procuration royale du Roussillon, François Agosti, commandeur de l'Ordre de Calatrava. Jean dez Vivers mourut assassiné par une bande de brigands, en compagnie de Jean d'Ortaffa, abbé de Valbonne. « Il avait fait son testament à Barcelone, le 9 janvier 1518, dit B. Alart. Il avait à cette époque un fils nommé Onuphre-Cvyr, encore mineur, à qui il destinait sa succession, comme le prouve un acte du 17 avril 1521 par lequel Galdéric Colomer, de Ponteilla, reconnaissait qu'il avait fait de grandes pertes pour avoir fourni caution de 50 charges de blé à un négociant de Perpignan ; il ajoutait que le chevalier Jean dez Vivers, seigneur usufruitier de Ponteilla, avait racheté sa dette par esprit de charité et comme il ne pouvait s'acquitter autrement envers lui, il faisait vente de tous ses biens au dit Onuphre-Cyr ou à Jean dez Vivers, son père ou curateur. Il existe aussi un privilège royal accordé à mossen Nofre Vivers. en date du 31 mai 1518, mais cet enfant mourut sans doute avant son père (1522), dont toute la succession passa à sa fille Catherine-Louise dez Vivers de Vilafranca, qui avait épousé Bernard Albert. » Le 1” mars 1527, la Royale Audience de Barcelone condamna la Ville de Perpignan à payer une indemnité de trois cents ducats à la veuve de Jean dez Vivers, qui avait servi de caution aux consuls de Perpignan pour les frais d'un procès soutenu par les habitants de Perpignan contre le tribunal de l’Inquisition. La réclamation des Perpignanais ne portait que sur les dommages soufferts à cette occasion par le syndic ou représentant de la commune. C'était maitre Antich Periz, notaire public de leur ville, qui repré-

sentait la cité dans ce procès. Sa qualité de syndic ne l'avait pas préservé de certains légers désagréments, car l’Inquisition le fit tout d’abord arrêter et emprisonner au Castillet, puis à Barcelone, où il fut détenu pendant plus de vingt mois.

Archives des Pyr.-Or.. B. 295, 345, 347, 349, 353, 354, 356, 357,

416, 417, 48. — ALanT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

VIVERS (Gabriel dez), frère du précédent, embrassa l'état ecclésiastique. En 1503, il possédait un bénéfice en l’église Saint-Jacques du château de Cortsavi. L'année suivante. Gabriel dez Vivers était titulaire de deux bénéfices royaux, fondés l’un à Sainte-Claire de Perpignan. l’autre en la chapelle du château de Tautavel. 11 obtint dans la suite la prévôté de Canohès et un canonicat à Elne.

Archives des Pyr.-Or., B. 347, 352, 416.

Branche de la maison de: Vivers Jixée à Palau-del-Vidre

VIVERS (Raymond dez), damoiseau, était propriétaire d'un four à verre dans la localité de Palaudel-Vidre, durant la première moitié du xv° siècle. Vers le mois de mai 1442, les leuders royaux du Boulou voulant soumettre aux droits ordinaires les articles en verrerie qui passaient par leur leudaire, saisirent au nom du roi un chargement de verre appartenant aux nommés Jacques Robiola et Jean Blanquet, de Palau, et le Procureur du Domaine royal ordonna la mise en vente des objets saisis. Les consuls de Palau del-Vidre protestérent contre cette violation de leurs privilèges. Un procès s'engagea à cette occasion, dans lequel il fut exposé. d'une part, que le verre saisi au Boulou avait été fabriqué à Palau-del-Vidre et était la proprieté privée de Robiola et de Blanquet, vassaux de l'Ordre de l'Hôpital. De son coté le procureur fiscal fit valoir que cette propriété provenait non pas des hommes de l'Hôpital, mais du damoisean Raymond dez Vivers. qui n'avait aucun rapport de dépendance avec l'Ordre de Saint- Jean de Jérusalem, qui jouissait, en outre, de privilèes personnels étrangers aux franchises des Hospitaliers. [ajouta qu'il était de notoriété publique que seul, Raymond dez Vivers. possesseur du four à verre, pouvait réclamer la propriété des articles saisis. « La possession d'un four à verre à Palau-del-Vidre, par un damoiseau, observe avec raison B. Alart. ne prouve rien quant à la considéralion dont l'industrie verrière pouvait jouir dans l'ancien Roussillon. C'était une simple spéculation industrielle et rien ne peut assimiler ces damoiseaux-propriétaires aux wentilshommes-verriers qui existaient alors en France et dont on peut trouver un seul exemple connu à Perpignan. en 1456, lorsque ce pays était

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sous la domination française. » Raymond dez Vivers eut pour fils et successeur, Jean, dont la notice suit. Archives des Pyr.-Or., B. 388. 406. — ALanT, L'ancienne indus-

trie de la verrerie en Roussillon, dans le XX* Bullelin de la Sociélé Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.

VIVERS (Jean dez), fils et successeur du précédent, épousa une demoiselle de la maison de Taqui qui lui donna une fille, Madeleine, laquelle contracta alliance, en 1495, avec Pierre-Arnald d'Oms, seigneur de Villelonguc-de-la-Salanque. Resté veuf, Jean dez Vivers convola en secondes noces avec Yolande Batile, une des enfants de Georges Batile, co-seigneur de Castellnou. Celle-ci était veuve en 1505.

Archives des Pyr.-Or., B. 416, E. (Titres de famille), 811.

Branche de la maison de: Vivers fixée à Canet

VIVERS (Bérenger dez), damoiseau, était domicilié à Canet sous le règne de Louis XI. 11 eut pour héritiers, son fils Arnaud, décédé sans descendance à Canet, en 1501, et ses filles Anne et Françoise. Celle-ci devint l'épouse de Jean Aybri (voir ce nom).

Archives des Pyr.-Or., B. 412, 414, 416, E. (Titres de famille),

VIVES (François) fut nommé châtelain de Força-Réal par Pierre le Cérémonieux en 1345.

Archives des Pyr.-Or., B. 97, 100.

VIVES (Jacques) était abbé du monastère de Notre-Dame d'Arles en 1456.

Gallia christiana, t. VI. col. 1092.

VIVIER (Alexandre du), seigneur d’Ausieras et d’autres lieux, acquit par voie d'achat, le 3 mai 1662, le château avec le territoire de Tautavel, ainsi que les justices de Vingrau, d'Emmanuel d’'Oms de Cabrera, pour le prix de 2250 doubles. Il en prit possession le 7 mai de cette année-là, et tradition du fief lui fut faite par Thadée del Viver d'Oms, qui avait reçu procuration d'Emmanuel d'Oms de

- Cabrera. Alexandre du Viver ne tarda pas à descen-

dre dans la tombe, car des le 3 juin 1664, son neveu Henry du Vivier, seigneur de Rasiguères, prit possession, à titre d'héritier. du château et du lieu de Fautavel.

Archives des Pvr.-Or., E. (Titres de famille), 814.

VIVIER (Henri du), neveu ct héritier du précédent, était le fils aîné de Guillaume du Vivier, seigneur de Rasiguères, et d'Anne de Verniole. Ce chevalier portait le titre de baron et seigneur du Vivier, Rasigwuères, Montfort. Il était gouverneur du château de Puylaurens et il établit sa résidence au château de Tautavel à la mort de son oncle, Alexandre du

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