‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 2 sur 227 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Présenter un livre au lecteur est chose généralement embarrassante : [a louange éveille le doute et la critique est déplacée. Mais parler d’un Dictionnaur'e historique qui contient plus de 3000 biographies de tant de personnalités éminentes devient presque impossible, par la difficulté même de faire un choix de citations. A quoi bon, d’ailleurs, un avertissement? Les monuments que la foule admire n’ont pas besoin d’indicateur. Aussi bien l’œuvre de M. l’abbé Capeille se présente-t-elle d'elle-même ; son importance apparaît dans son titre et avant de lire on conçoit l'immense effort dès qu’on entr'ouvre l’ouvrage. Effort considérable, en effet, auquel l’auteur a consacré plus de vingt ans, fouillant sans relâche les bibliothèques publiques et privées, et surtout le fonds si riche et inexploré des archives départementales.

Personne n'avait tenté jusqu'ici de telles recherches et, de fait, rassembler les éléments d’un pareil travail eut été impossible avant le classement de nos archives. Mais ces archives que sont-elles encore ?

Longlemps, ces réserves historiques furent propriétés seigneuriales, ecclésiastiques, autani dire secrètes. Puis, en haine du passé, on les brûla et, en 1792, Llucia luimême livra des liasses précieuses à l’Arsenal de Perpignan pour l’approvisionner de gargousses. L'histoire de Roussillon fut renvoyée aux Espagnols à coups de canon. Enfin le respect se fit. On ne pouvait supprimer les faits ; grâce aux archives, devenues dépôts publics, on devait rectifier les erreurs, Du Ministère de l'Intérieur partit l’ordre de classer le désordre et d'imprimer les inventaires sommaires de manuscrits généras lement illisibles et voilà du coup l’histoire locale mise à la portée des chercheurs t,

L'honneur de la conservation des archives départementales revient à M. Duchâtel, ministre de l'Intérieur,

qui envoya aux préfets, le 8 août 1839, les premières instructions : il les compléta le 24 avril 1841 en prescrivant un

lan uniforme de classement, par époques et par fonds. Les archives antérieures à 1790, date de la division de la

‘rance en départements, furent scindées en archives civiles et ecclesiastiques. Six séries A, B, CG, D, E, F, furent affectées aux archives civiles ; trois séries G, H, J, aux ecclésiastiques avec les titres généraux ci-après :

A. — Actes du pouvoir souverain et domaine public. | B. — Cours et juridictions.

Archives C. — Administrations provinciales, états provinciaux. civiles D. — Instruction publique, sciences et arts. | E. — Féodalité, communes, bourgeoisie, familles. F. — Fonds divers des archives civiles.

G. — Clergé séculier.

Archives H. — Clergé régulier.

ecclésiastiques J. — Fonds divers des archives ecclésiastiques.

Les archives postérieures à 1790 formèrent pour chaque département les séries K à Z. Des instructions analogues furent prescrites pour les archives communales et hospitalières.

On sait que le département des Pyrénées-Orientales a publié jusqu'ici trois volumes des séries B, C, G. Par comparaison le département de la Haute-Garonne en a publie six, celui de l'Aude quatre, l’Hérault trois, l'Ariège

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