IV INTRODUCTION
Inextricable fouillis où chaque archiviste travailla à sa guise, sans se préoccuper de dresser des tables de lieux et de noms. L'absence de répertoire alphabétique ne permettait aucune étude. Pour éclairer les archives, on avait négligé le flambeau. Le travail ordonné restait presque stérile ; en inventoriant ainsi les dépôts, on avait bâti un temple fermé.
M. l’abbé Capeille a fait une brèche au monument. Afin de se guider dans cette obscurité, il a eu l’idée et la patience de relever tous les actes, tous les noms compris dans les classements et il a pu grouper avec intelligence et certitude les événements épars. Ce travail, on le répète, résume un labeur de vingt années et en observant qu'il n’a pu porter que sur les inventaires d'archives des séries B, C, G, seuls imprimés, on peut juger de ce qu’on pourra encore découvrir dans les fonds qui restent à classer.
L’effort accompli par M. l’abbé Capeille exigeait un résultat. Au travail de la pensée succéda donc la préoccupation matérielle de la publication. L'œuvre manuscrite restait un trésor enfoui; pour la mettre en valeur, il fallait le grand jour de la publicité. L'impression était onéreuse ; trouver un éditeur était difficile, s'adresser à des souscripteurs encore plus aléatoire ; les amateurs d'archéologie sont plutôt clairsemés. Aussi passionné pour sa création qu'indifférent au profit qu'il en aurait pu tirer et auquel il renonçait d'avance, M. l'abbé Capeille offrait son œuvre avec désintéressement. Un imprimeur de Perpignan, M. Comet, qui soutient de son zèle la Renaissance Catalane, lut ouvrage, l’apprécia et comprenant l'intérêt qu’il présentait pour notre chère province, proposa de se charger à ses risques de tous les frais. L'entreprise était d'autant plus généreuse qu’une incertitude planait. Quel accueil serait fait à un Dictionnaire d'histoire au moment où plusieurs publications catalanes se disputaient à Perpignan la faveur des érudits ? Ces publications, il est vrai, tendaient plutôt à reconstituer la langue?; œuvres de poésie et d'imagination, nées de cet engouement provençal que l’on doit à l’auteur de Mireille, elles comptaient des félibres d’un fin talent, épris de littérature catalane qui faisaient applaudir leurs poèmes, nous charmant tous par la variété des sujets et les trouvailles d'expressions inattendues, plutôt devinées parfois que comprises, tant l'habitude en était perdue. Etait-ce un motif pour délaisser les études historiques qu'une Revue* spéciale avait précédemment développées avec succès ? On espéra que les Roussillonnais heureux de retrouver les anciennes formes de leur langue, seraient également fiers de connaitre le plus possible de leurs origines, de leurs ascendants, de tous les faits dont se compose la réalité du passé. Cette religion du souvenir qui
un. le Calvados quinze. On sait aussi dans quel local insuffisant étaient installées nos archives départementales qu'on vient de transférer dans de nouveaux bâtiments rue du Bastion Saint-Dominique : ni sécurité pour elles, ni salle de travail pour les communications. La municipalité de Perpignan a fait mieux pour les collections de la Ville et en affectant récemment les salles du Castillet à ses dépôts, elle a satisfait à la fois l'érudition et l'archeologie. |
t Aucune table n'existe pour les séries B et C ; une table de la série G a été seulement publiée.
? Revue Calalane. — Veu del Canigé.
.. * Revue d'histoire el d'archéologie (1° janvier 1900 à 31 décembre 190%). Une nouvelle Revue d'histoire, Ruscino, lui a succédé.