‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 25 sur 227 · BERNARD — BERTIN · texte numérisé non relu

BERNARD — BERTIN

BERNARD I, cinquième abbé de Saint-Martin de Canigou (1066-1076).

Foxr, 0p. cil.

BERTIN (Henri-Léonard-Jean-Baptiste de), comte de Bourileilles, seigneur de Brantôme, naquit dans le Perigord en 1719 d’une ancienne famille de robe et mourut en 1792. Successivement conseiller au Parlement de Paris en 1741 ct président du Grand Conseil en 1750, il fut un des juges du célèbre Mahé de la Bourdonnais, et, suivant Voltaire, ce fut lui qui fit rendre justice au vainqueur de Madras. Bertin fut nommé intendant du Roussillon, le 19 avril 1751 ; mais il n'occupa ces hautes fonctions que durant l’espace de deux ans. L'affaire du vingtième lui ayant aliéné la noblesse du Roussillon et l'ayant mis à couteau tiré avec le maréchal de Maiïlly, Louis XV le releva de sa charge.

En 1749, un édit de Louis XV, portant suppression du dixième, établissait en même temps la levée d’une nouvelle imposition connue sous le nom de vingième. Le vingtième, au dire d’un historien qui s'est occupé de l'économie de notre ancienne province, «était calculé sur le revenu liquide des propriétés. On entendait par revenu liquide ce qui restait au propriétaire. déduction faite des droits d'exploitation et d'entretien ; le vingtième était donc payé par le propriétaire sur le pied que son bicn lui rapporterait, s’il l'avait affermé ».

Comme il est aisé de le conclure de cette définition, les propriétaires, les riches, les nobles surtout se sentirent atteints par ce nouvel impôt royal. De là les récriminations, les remontrances, les observations de ces derniers.

L'esprit de corps s'en mêèla. Sur ces entrefaites, Pintendant de Bertin fut nommé. Mal servi par les circonstances et par les événements, ïl prit fait et cause dans l'exercice de ses fonctions pour le roi contre les nobles. Pour plaire à la marquise de Blanes, M. de Mailly intervint à son tour.

Le récit de cette affaire met en scène les personnages les plus en vue de la province au xvur siècle. Certains des écrits des gentilshommes et des administratcurs représentent bien l'état d'esprit des diverses classes de la société à cette époque de malaise qui présage la Révolution.

On peut classer dans cette catégorie le mémoire envoxé au Conseil souverain par M. le marquis de Blanes, le 26 avril 1752, ainsi que la réponse faite le 19 mai suivant par le directeur du vingtième au seigneur de Millas, commissaire de la noblesse du Roussillon. L'animosité, l'acrimonic, la haine éclatent de part et d'autre.

Blessé dans son orgueil personnel et dans sa dignité de délégué de la noblesse, le marquis de

Millas ne put se résoudre à reculer devant les explications incomplètes et les termes malsonnants du directeur du vingtième, Estors. 1l suivit alors les procédés de sa tactique habituelle : il adressa au ministère une lettre dans laquelle Estors était vivement pris à partie.

Le ministre, M. de Courteille, dans la réponse qu'il lui fit le 5 juillet 1752, couvrait de sa protection son subalterne ; il déclarait ensuite « dénué de tous fondements les avis donnés » au marquis de Blanes ; il engageait celui-ci, en dernier lieu, à « communiquer à l'Intendant toutes les connaissances qu'il aura acquises et les éclaircissements qu’il aura reçus » à l'effet « d’en rendre compte au conseil qui ne se décidera que sur son avis dans toutes les occasions où il s'agira de l'administration des intérêts du roi et du bien de la province ».

Fin de non-recevoir qui ne fit qu'envenimer l'animosité du marquis de Blanes ; conseil déplacé et à l'encontre des dispositions de son caractère, qui développa le germe de discorde qui régnait entre M. de Bertin ct lui.

Loin de chercher à s'entendre avec l’Intendant, le marquis de Millas voulut aller jusqu'au bout.

Il se souvint qu'il avait un siège d'honneur au Conseil souverain. Il gagna à sa cause certains magistrals, ses amis. Sccondé par les membres de la noblesse roussillonnaise, il déclara une guerre à outrance à l’Intendant. De concert avec le maréchal de Mailly, il travailla à saper l'autorité de l'infortuné M. de Bertin.

Un mémoire de 1753 informa la cour « des mouvements que M. de Blanes a exécuté à Perpignan parmi la noblesse ; M. de Massia de Saleilles, conseiller au Conseil supérieur de cette ville, qui est dans une liaison intime avec M. de Blanes, vient de son côté et par le même esprit d'agir auprès de sa compagnie, pour l’engager à prendre part dans le dessein qui parait avoir eslé formé de discréditer l'administration dont M. l'Intendant est chargé. Pour y parvenir, M. de Saleilles ne s’est pas contenté d'insinuations de simple critique ; il a attaqué publiquement et sans aucune retenue, depuis deux mois, la conduitte et la personne de M. l'Intendant, en tenant des discours publiant sur son compte de prétendues lettres où rien n'est omis pour se rendre odieux ou méprisable et en garantissant à ses confrères assemblés dans la chambre que M. lIntendant ne rentrerail plus en Roussillon... »

Bertin ayant dû quitter l'Intendance du Roussillon devint Intendant de Lvon en 1754. En 1757, ül fut nommé lieutenant-général de police à Paris.

Deux ans après, il fut appelé au ministère en qualité de contrôleur-général des finances. Les dépenses de la guerre et les prodigalités de la cour avaient

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