BERTOLI — BERTRAND
vidé les coffres de l'Etat ; la ressource des emprunts était épuisée, le crédit public était nul : Silhouette, prédécesseur de Bertin, avait vainement tenté de le rétablir ; les demi-mesures qu'il avait employées n'avaient eu aucun résultat, et ses réformes avaient soulevé contre lui toute la foule des courtisans. Bertin fut plus heureux ; il sut, sans rien retrancher des dépenses de la cour, sans opérer aucune réforme gênante, en anticipant seulement par des emprunts sur les ressources à venir, subvenir aux nécessités du moment. Mais de tels procédés ne pouvaient être indéfiniment employés ; quand vinrent les époques fixées pour le payement des emprunts, il fallut avoir recours à d’autres expédients. Un seul moyen s'offrit alors au ministre pour sortir d'embarras : ce fut de lever de nouveaux impôts. Mais les parlements réclamèrent et refusèrent d'enregistrer les édits. Bertin effrayé donna sa démission. Il fut remplacé par Lomerdy. En quittant le ministère, il conserva sa place au conseil et le traitement de ministre d'Etat. IL fit encore partie du ministère en 1774, après la retraite du duc d’Aiguillon, mais par interim seulement et jusqu’à la nomination du comte de Vergennes. On doit dire, à la louange de Bertin, que si son ministère ne fut remarquable par aucune réforme importante, il fonda du moins -d’utiles établissements. Les lettres et les arts n’eurent jamais de plus zélé protecteur : c'est à lui que l’on doit la publicalion des Mémoires du P. Amiot sur les Chinois, l’une des plus importantes publications du xvur siècle. C'est lui aussi qui eut l’idée d'établir à Paris un dépôt général des chartes, et de faire rechercher pour cet établissement, dans la capitale, dans les provinces et même à l'étranger, tous les documents inédits relatifs à l’histoire de France.
Enfin, c’est à Bertin que la manufacture de Sèvres est redevable de son développement, et il peut être considéré comme le fondateur des écoles vétérinaires en France, puisque c’est à sa protection que Bourgelat dut les fonds avec lesquels il établit celle de Lyon, la plus ancienne du royaume. Bertin contribua aussi puissamment à l'établissement de nombreuses sociétés d'agriculture à Paris ct dans les provinces. L’Académie des Sciences et celle des Inscriptions et Belleslettres l'avaient admis au nombre de leurs membres honoraires, la première en 1765, la seconde en 1772.
Archives des Pyr.-Or., C. 1890, 1259, 1497. — HœrEn, Nouvelle
biographie générale. — Abbé J. Carriere, Elude historique sur Millas.
BERTOLI (Bernard) n'est connu que par un acte du 2 des nones de mars 1265 par lequel, se disant peintre, habitant de Perpignan, il s'engage pour cinq ans, à partir de la fête de Pâques, envers un certain Raymond (un autre peintre sans doute,
dont le nom est effacé, R. Lodrigo ? ou R. de Sainte- Croix ?), pour peindre des armures, des selles, épées, etc., moyennant un salaire déterminé. Les professions de peintre, sellier et frener, étaient à cette époque exercées par le même individu.
Bernard Bertoli, en admettant qu'il ne fût pas originaire de Perpignan, y faisait sa résidence en 1265 et il y laissa postérité, puisque l’on y retrouve en 1286 (9 des cal. de juin) un clerc qui s'appelle Berlolinus Bertolini clericus et était sans doute son fils, et plus tard le peintre suivant, qui pouvait être son petit-fils.
ALART, Notes hisloriques sur la peinture et roussillonnais.
les peintres
BERTOLI (Jacques), peintre, n’est connu que par un acte du 5 des nones de juin 1321 où il figure comme associé d’autres peintres de Perpignan.
ALART, OD. Cil.
BERTRAN (Joseph), docteur en droits, de Pra-
des, fut nommé, le 12 mai 1642 à la charge de juge
des premiers appels de Roussillon et Cerdagne par le gouverneur Raymond de Bas. Quinze jours plus tard, il l'appelait auprès de sa personne comme assesseur. Très attaché au parti de la France, il obtint, en 1646, une augmentation de traitement, et, en 1654, différentes donations de biens confisqués aux roussillonnais fidèles au gouvernement espagnal.
Archives des Pyr.-Or., B. 393, 394.
BERTRAND Î!°, vingt-huitième abbé de Saint- Michel de Cuxa, siégea depuis l’année 1221 jusqu’en 1236. A cette dernière date, le roi d'Aragon et le Pape dépossédèrent Bertrand de son titre abbatial et le conférèrent à Bernard, abbé de Saint-Martin de Canigou.
For, Hisloire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
BERTRAND Il, trente-neuvième abbé de Saint- Michel de Cuxa (1361-1371), célébra un synode dans l'église de Ria, durant la dernière année de son abbatiat. Les constitutions qu'il y édicta concernaient la discipline des clercs, quelques points de liturgie et le culte spécial que les paroisses du rayon du monastère rendaient à Saint Blaise.
FonT. op. cil.
BERTRAND 1, était abbé de Saint-Génis-des- Fontaines en 1180.
Gallia christiana, VI, col. 1105.
BERTRAND Il, nommé abbé de Saint-Génis-
des-Fontaines en 1371, assista à un chapitre provincial des maisons de son ordre qui se tint à Carcas-
58 BESOT — BIROTTEAU
sonne et qui l'élut président de cette assemblée. Il figure encore comme abbé de Saint-Génis en 1391. Gallia christiana, VI, col. 1107.
BESOT (Thomas), fondeur de cloches. M. Charles Portal (Notes sur quelques fondeurs de cloches du xv° au xvur siècle, dans le Bullelin archéologique du Comité des travau.* historiques el scientifiques, 1905) a signalé un document du 14 novembre 1476 par lequel deux fabriciens de l'église de Bleys (Tarn) reconnaissent devoir à Thomas Besot aîné, fondeur, habitant de Clermont-Ferrand, la somme de 36 écus et demi, plus # livres tournois, pour la façon d’une cloche et pour la fourniture de trois quinlaux 66 livres de métal. Il s'agit probablement du même Thomas Besot, fondeur de cloches (campaner) de Clinchamp (Haute-Marne), diocèse de Toul, qui passe marché pour la refonte de la grande cloche de l’église paroissiale de Saint-Michel (Collioure) et de deux petites cloches, l’une du poids d’un quintal pour la chapelle de Saint-Elme, l’autre pour la chapelle Saint-Lazare (21 septembre 1478, 4 janvier 1479). Dans ce document il est question du fils de Thomas Besot qui travaillait avec son père. Le 24 mars 1480, il passe contrat « sobre la factura e reffeccio del seny major e dos squelles de la dita sglesia de mossen sant Matheu ». Il est appelé Thomas Beset. Il avait deux fils, Grégoire et Guillaume.
PALuSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
BIERT (Dalmace de), préposé aux convois militaires en Sicile sous le règne de Martin le jeune, fut nommé par Martin I* d'Aragon à l'office de procureur royal et des fiefs des comtés de Roussillon et Cerdagne. Il a laissé des Memories ou Libre ordenat sobre lo quitament faedor de les coses patrimonials dels complats de Rossello et de Cerdanya. Ce manuscrit, qu'on trouve dans le fonds des Archives des Pyr.-Or. sous la cote 190, est un grand in-folio renfermant 58 feuillets en parchemin. Rédigé en latin eten catalan, il contient une analyse détaillée des actes de concession et d’aliénation des juridictions, revenus, rentes et biens domaniaux faits par Jacques [", Pierre IV, Jean I” et Martin, rois d'Aragon, aux chevaliers, nobles et seigneurs roussillonnais. C'est une source précieuse de renseignements pour la composition de monographies historiques des communes du département des Pyrénées-Orientales. Sous le règne de Ferdinand, Dalmace de Biert fut élevé à la dignité de bailli général de Catalogne. Il avait épousé Brunissende et eut d'elle un fils, le chevalier Pons, qui fut convoqué et assista aux corts de la reine Marie. Celui-ci fut le père de Jacques Biert qui entra dans les ordres.
Archives des Pyr.-Or., B. 185. 190, 191, 192, 194, 19%, 196, 202, 203, 206. 209, 211. 212, 218, 253, 254. 267. 269, 272.
BIANYA (Raymond de), sculpteur roussillonnais du xur° siècle, est l’auteur de deux pierres tumulaires conservées dans les galeries nord et est du cloître d'Elne. L'une est celle d'un évêque, qu'Alart suppose être un Raymond, dont l'épiscopat éphémère n'avait pas été signalé. A côté du genou droit de l’image du prélat, selit l'inscription suivante en caractères bizarres : R [aymundus] f [ecit] hec opera de Bia ny] a. La seconde est celle de F. du Soler qui renferme la signature suivante de l'artiste avec la date (1203) : R lamond] de Biaia me fe e immate sere. « Il nous paraît, dit M. Brutails, que ces deux statues, le groupe placé à droite de la porte d'entrée de Saint- Jean-le-Vieux, à Perpignan, le Christ qui ornaït, semble-t-il, le trumeau de cette porte et la tombe de Guillaume Gancelme, à Arles, ont un air de famille qui dénoterait une commune origine. L'œuvre de Raymond de Bianya. fut-il réduit à ces deux tombeaux d'Elne, vaut qu'on s’y arrête... Bianya fut en Roussillon l’un des premiers artistes, le premier peut-être, qui ait substitué aux données purement conventionnelles d’un art de tradition les résultats de ses observations. Les effigies sépulcrales taillées par Bianya paraissent être des portraits ; elles sont faites du moins à l’imitation d’un type local, ce type aragonais que l’on rencontre à chaque pas dans les montagnes de Catalogne ou dans les rues de Saragosse : la tête carrée, le nez mince. droit et court en hauteur : les yeux sont petits et rapprochés ; la barbe est courte et fournie. Bianya fut, à son époque, un réaliste, dans la bonne acceptation du mot. Il fut vrai. Et c’est pourquoi nous nous faisons un devoir de tirer de l'oubli ce vieux maître de la sculpture roussillonnaise ».
ALArT. Notes historiques sur la peinture el les peintres roussillonnais, dans le XIX' Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales. — BRUTAILS, Elude archéologique sur la cathédrale el le cloitre d'Elne.
BIROTTEAU (Jean - Bonaventure - Blaise- Hilarion), membre de la Convention, né à Perpignan le 21 octobre 1738. exéculé à Bordeaux le 24 octobre 1793, était secrétaire du district, puis officier municipal de Perpignan, au début de la Révolution, dont il avait embrassé les idées avec enthousiasme. Administrateur du département en 1792, il fut élu, le 3 septembre 1792, par les Pyrénées-Orientales, membre de la Convention, avec 98 voix sur 154 votants, et prit place parmi les Girondins. L'un des commissaires nommés par cette assemblée pour prendre connaissance des papiers de la commune de Paris, il dit dans son rapport « qu’on avait déjà reconnu l'innocence d’une foule de victimes massacrées les 2 et 3 septembre, et que des membres de la commune et ceux du comité de surveillance, auteur de ces attentats, devaient être punis ».Il demanda que