BLAN — BLANCA
furent saisis, en 1375. Pierre IV nomma cependant | ce consul, lui énvoyèrent déclarer que, s'il ne leur
Pierre Blan procureur de son fils, l’Infant Jean, et lui fit concession du mère empire et des justices du château d’Ultrera, du lieu de Sureda et des manses de La Pausa, dans la vallée de Saint-Martin.
Archives des Pyr.-Or., B. 121, 130, 190, 202. — CoLsox, Rrecherches sur les monnaies qui ont eu cours en Roussillon.
BLAN (Pierre), fils de Perpinya Blan, suivit la carrière des armes. Il est surtout connu par une lettre qu'il écrivit le 30 mai 1400 à Charles d'Albret et à douze autres chevaliers dénommés dans une missive qui avait été présentée par Alvernye, leur héraut, à Raymond de Çagarriga, gouverneur du Roussillon et de Cerdagne. Pierre Blan leur annonçait que « pour amour de sa mie », il faisait vœu de faire une passe d'armes devant le roi de Sicile, fils ainé du roi d'Aragon, et, pour acquitter son vœu, il porterait durant un certain temps un ruban (tireta)à la jambe. Il défiait celui des chevaliers qui voudrait le délier de son serment et se mettait à sa disposition pour le combat. En 1404, il hérita de la fortune de Jean Garrius, procureur royal. Pierre Blan, scigneur de Montfcrrer, prit part en 1425, à l'expédition militaire du royaume de Naples conduite par Alphonse V. I! eut un fils, Raymond, qui se dit en 1461, propriétaire du canal dit l’Agulla d'Avalri. Ce dernier eut pour héritier Bérenger Ça Ribera qui, le 9 septembre 1479, faisait donation de ses biens à la dame de Rocaberti.
Archives des Pyr.-Or., B. 187, 257, 209, 407, #11.
BLAN-RIBERA (Jean), dit Andreu, donna son adhésion à la confréric de Saint-Georges, lors de sa fondation à Perpignan, le 3 août 1562. Philippe Il le nomma provisoirement gouverneur de Roussillon et de Cerdagne, mais il ne tarda pas à être remplacé à ce poste d'une façon définitive par Jean de Queralt.
Archives des Pyr.-Or., B. 374, 378.
BLANCA (Jean), bourgeois de Perpignan, recut, le 15 novembre 1460, de Jean IL, roi d'Aragon, désignation pour retirer les revenus de l’abbaye de Saint-André de Sureda qu'il avait mise sous seques-
tre. Il était propriétaire de moulins à farine situés
sur la Tet et la Vassa, à Perpignan, et remplissait la charge de premier consul de cette ville, lors du siège qu'elle soutint, en 1474, contre les troupes de Louis XI. À son sujet, la tradition s'est emparée d'une légende que l'historien a le devoir de détruire, en ramenant les faits à leur juste proportion. D'après les on-dit, Blanca serait l’auteur d’un acte de vertu civique digne des beaux temps de Grèce et de Rome : Dans une sortie, durant lc siège, le fils de Jean Blanca
fut fait prisonnier, et les Français, croyant intimider |
ouvrait les portes de la place, ils massacreraient son fils sous ses veux. Le généreux gouverneur, loin de céder à cette sommation, répliqua que sa fidélité à son souverain lui était plus chère que ses affections de famille ; il ajouta que, si les Français manquaient d'armes pour cxécuter leur menace, il leur enverrait son propre poignard. Jean Blanca, par son héroïque réponse, perdit son fils unique; mais il eut la gloire de prolonger, durant huit mois encore, la défense de Perpignan, quoique le roi d'Aragon Jean Il, qu'il regardait comme son légitime souverain, lui eut permis de capituler. Les Perpignanais puiséerent dans l'exemple de leur chef un courage invincible ; et ce ne fut qu'après avoir subi les dernières extrémités qu'ils acceptèrent la domination des assiégeants. Elle ne leur fut cependant imposée qu'à des condi- Lions honorables : Perpignan reçut le nom de « ville très fidèle », et le souvenir du dévouement de Jean Blanca fut perpélué par une table de marbre scellée à la porte de sa demeure, et sur laquelle, au commencement du siècle dernier, on lisait encore les paroles suivantes : //ujus domus dominus fidelitate cunclos superavil Romanos.
Cette inscription a été transférée de Perpignan au château de Corbère. Dans la réalité, une première tentative pour reprendre Perpignan aux Français avait été faite par Jean IT ct avait échoué. Üne seconde réussit complètement. Le roi d'Aragon, à la tête de quelques troupes d'élite, traversa en silence les Pyrénées et se présenta inopinément devant Perpignan, le 1" février 1473, après minuit. « Sur le cri général : Aragon ! Aragon ! Jean Blanca, premier consul de cette ville et ses collègues ouvrirent au roi celle porte (de Canet) ; la garnison française. épouvantée, se relira au château ». Voilà ce que François de Fossa a lu dans un manuscrit du temps, et ce qu'il cite dans son Mémoire pour l'ordre des arocats.
Cependant ce trait d'héroïsme n’a pas élé avancé sans quelque fondement par les historiens catalans. Dans les registres de Bonfill, notaire contemporain à Perpignan, où l’on trouve quelques dates exactes des événements de ce temps, on lit : « Aujourd’hui, jour de sainte Lucic (13 décembre), on a exécuté dans le château D. Bernard d'Oms et le fils de J. Blanca. Ce malheureux jeune homme, victime de Fattachement de son père à la cause nationale, périt presque sous ses veux, puisque J. Blanca était enfermé dans Perpignan ». Les biens de Jean Blanca furent confisqués et donnés par Louis XT à Régnaud du Chesnay, gouverneur de Montpellier et capilaine de Salses.
Après la restitution du Roussillon à la couronne d'Aragon, un Pierre Blanca fut baïlli de Salses. À ce litre, il percevait, en 1494, des pensions sur Îles revenus de Prats-de-Mollôé, Montholoa, Cortsavi, La Bas-
1763. Il montra, dès son enfance, une grande inclination pour la vertu et un goût décidé pour l'étude. Ayant suivi les cours de la facullé de théologie à l'Université de Perpignan, il disputa, à l’âge de vingt-deux ans une chaire de théologie, et ne fut écarté qu'à cause de son jeunc âge. Trois ans s’élaient à pcine écoulés, qu'une autre chaire de théologie étant devenue vacante, il se présenta au concours pour la remporter (1788). Après avoir étonné le public par la sagacité de son jugement et l'étendue de ses connaissances, il fut proclamé professeur de l'Université de Perpignan, et élu par Mgr d'Agay, directeur du Séminaire. Dès Îles premiers mois de 1791, Birotteau quitta ses deux chaires plutôt que de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Le professeur devint écrivain. Dans cette nouvelle tribune, il se montra digne des espérances qu'on fondait sur lui. Lorsque l'évêque constitutionnel des Pyrénécs-Orientales, Deville. eut publié sa première lettre pastorale, Birotteau édita sous le voile de l'anonyme les Observalions chrétiennes qui ne devaient être dans la pensée de l’auteur qu'une simple série de réflexions. Mais il y avait dans son argumentation tant de solidité, dans son exposé tant de lumière, dans son style tant de force et de netteté que Verdier, vicaire épiscopal de Deville et champion du clergé constitutionnel, se crut obligé de répondre.
Aux Observations chrétiennes, il opposa la Réponse catholique. Le soin avec lequel il prépara sa brochure, l'effort qu’il fit pour ne pas se laisser entrainer par son penchant à la déclamation, les textes qu'il réunit pour étayer sa thèse prouvent qu'il appréciait à sa juste valeur le coup porté à l'Eglise schismatique.…
Birotteau aurait pu se dispenser de riposter ; mais il y allait de l'intérêt de la religion, et il publia, en 1792, la Doctrine des observations chréliennes, brochure in-8° de 116 pages, sans nom d'imprimeur. fl eut facilement raison de l’érudilion d'enrprunt de son adversaire, appuya sa thèse sur les preuves les plus théologiques et les témoignages les plus irrécusables. Ce livre eut au moins un avantage : celui de réduire Verdier au silence. Birottcau prit alors le chemin de l'exil et pénétra en Espagne où ildemeura une dizaine d'années. En 1801, il fit paraître à Perpignan, chez Alzine, l'Essai sur les rapports de la religion catholique avec. la sociélé civile. Après le Concordat, il rentra dans le diocèse de Carcassonne dont le département des Pyrénées-Orientales faisait partie. Dans ses notes intimes, Mgr de Laporte, son évêque, portait sur lui ce jugement : « C'est un sujct de la plus grande distinction ; professeur de théologie, beaucoup de talens, de capacité, mœurs inlactes, et en état de tout. Ge serait un excellent sujet pour le Séminaire où il avait été déjà un des directeurs. » Effectivement, ce prélat appela Fabbé Birotteau au
BISTORS — BLAN
chef-lieu du diocèse et lui confia successivement les chaires de philosophie, de théologie et d'Ecriture sainte. Il apporta dans l’enseignement des sciences ecclésiastiques la solidité dans les principes, la justesse dans Îles raisonnements et la clarté dans l’expression. Birotteau connaissait plusieurs langues, l'espagnol, le grec et l'hébreu. En 1818, il fut mis à la tête du diocèse de Carcassonne, avec le titre de vicaire-général. En 1824, il quitta Carcassonne pour rentrer dans le diocèse d'Elne que Pie VIT et la Reslauration venaient de reconstituer. Mgr de Saunhac- Belcastel en fit son vicaire-général ct le chargea de l'organisation ct de la direction des œuvres catholiques d'enseignement et de bienfaisance. Il s'acquitta de ses délicates fonctions avec une rare prudence et un zèle infaligable. Ses vertus prédominantes furent la charité et l'humilité. Jamais il ne porta la plus légère atteinte à la réputation d'autrui et, sur le point de rendre son âme à Dieu, il redisait aux personnes qui l'entouraient : Soyez: humble et Dieu vous bénira. IH mourut à Perpignan le 3 octobre 1832.
Publicaleur des Pyrénées-Orientales, n° 37, 1832. — Abbé Ton-
RELLES. Histoire du clergé dans le departement des Pyrénées- Orientales pendant la Révolution française,
BISTORS (Raymond), troubadour roussillonnais. On ne possède que deux couplets de ses poésies. Dans le premier, il remercie un de ses amis qui l'avait repris de ses fautes ; dans l’autre, il s'élève pour les flétrir, contre la fausseté et la luxure de certains membres du clergé.
Ravonn, Choir de poésies originales des troubadours, 1. V. — Abbé Miczor, Histoire lilleratre des troubadours.
BLAN (Perpinya), chevalier, obtint successivement de Pierre IV, le Cérémonieur, concession des lieux de Montferrer et Céret.
BLAN (Pierre), frère du précédent, jouissait en 1360, et pour l’espace de deux ans, du droit de fabrication des florins frappés à la Monnaie de Perpignan. Des lettres patentes de Pierre IV, en date du 29 juin 1362, lui concédèrent la faculté de battre monnaie et de fabriquer des florins, durant une nouvelle année. Le 21 avril 1365, il fut chargé. par le roi d'Aragon, d’une troisième frappe des mêmes pièces. Pierre Blan sut gagner les bonnes grâces de ce prince qui l'attacha à la cour et en fit son conseiller. En 1371, l'afferme de la frappe des florins d'Aragon fabriqués dans Îles monnaies rovales de Saragosse, Valence, Barcelone et Perpignan lui avait été consentie pour une durée de trois années. A la suite du non-paicment des droits auxquels il était astreint envers le Domaine, plusieurs de ses revenus en Roussillon