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BIROTTEAU

le décret rendu pour la destitution du général Montesquicu fut annulé, et vota l'impression d'une pétition faite à l'assemblée par des patriotes qui allaient volontairement rejoindre les drapeaux de l'armée républicaine. Il appuya aussi la motion de Buzot pour la formation d’une garde départementale pour protéger la Convention qu'il disait opprimée par le peuple de Paris. Il fut envoyé en novembre de la mêine année en mission dans le département d’Eureet-Loir, où plusieurs émeutes s'étaient élevées à l'occasion des grains. et manqua de perdre la vie en remplissant ses fonctions. Dans le compte qu'il rendit, il ne dissimula point les excès auxquels on avait porté le peuple à l'occasion de la suppression du traitement des prêtres.

Dans le procès de Louis XVI, il répondit au second appel nominal : « Citoyens, dans une assemblée où pas un seul membre n’a déclaré Louis innocent. on ne peut pas y voir un ennemi de la liberté du peuple. Comme le salut de la République ne dépend pas de Louis détrôné, mais qu'il dépend de l'anéantissement des factions qui la déchirent ; comme un vrai républicain peut craindre, par tout ce qui s’est passé, que les ambitieux ne fassent servir le cadavre de Louis de marche-picd à une puissance individuelle ; comme je crois absurde de dire que la majorité de la nation ne sera composée que d'aristocrates et de factieux ; comme ce malheur ne serait pas moins à craindre, lorsque le peuple sanctionnera la Constitution et que si malheureusement les factieux et les aristocrates donnaient nous devrions désespérer de voir jamais la République se consolider, je dis : oui. »

Au troisième appel nominal, il dit : « J'ai dit que Louis était coupable. Comme législateur, chargé de travailler pour le bonheur de la République, j'ai voté pour la sanction du peuple ; c'est encore comme législateur que je voterai aujourd’hui ; car si c'était comic juge, je me demande comment, entouré de s«célérats... ‘de violents murmures interrompent l'opinant. On demande à grands cris qu'il soit rappelé à l’ordre, envoyé à l'Abbaye). Je suis au désespoir qu'un mot général ait paru à certains membres unc personnalilé qui, certes, n’entre pas dans mon cœur. Comme législateur, je dois amalgamer ce

décret à la sùreté publique, afin de déjouer les com- :

plots des partisans de la royauté. Je vote pour que ce ne soit qu'après la paix et l'expulsion des Bourbons qu'on excrcec la peine de mort que je prononce contre Louis. »

Cette contradiction explique l'incertitude de sa conduite pendant le séjour qu'il fit au sein de la Convention.

Le 19 février suivant, il parla de nouveau sur les massacres de septembre et demanda pour la deuxième

fois la mise en accusation de ceux qui les avaient provoqués ; le 1° mars, il dénonça encore le comité de surveillance de la commune de Paris. 1! s’éleva sans succés, dans la séance du 9 mars, contre le projet de Carrier pour l'établissement d’un tribunal révolutionnaire. Il ne put obtenir que l’on discutât cette proposition. Le 1” avril, au milieu des discussions oragcuses qui avaient licu entre les députés de la Gironde et ceux de la Montagne, il déclara dans un comité de la défense générale, où l’on s’occupait des moyens de sauver la patrie, que Fabre d'Eglantine, ami de Danton, avait indirectement proposé le rétablissement de la monarchie. Le 15 du même mois, Birotteau fut l’un des députés du parti girondin dont trente-cinq sections de Paris demandèrent l'expulsion. Il fut accusé, le 25 mai, par Barrère, d'avoir cherché dans sa correspondance à jeter du discrédit sur les députés envoyés en mission. Le 28, en pleine séance, il reprocha à Robespierre son hypocrisie, mais trois jours après, la chute des Girondins mit Birotteau dans la dépendance de ses ennemis. Pache le comprit dans la liste des vingt-deux députés dont il demanda la tête à la Convention. Arrêté le 2 juin, il écrivit le 7 à la Convention afin « d'être condamné s’il était coupable, vengé s’il était innocent », ajoutant que « les départements ne pouvaient rester plus longtemps privés de l'intégrité (sic) de leur représentation ». Ayant échappé à la surveillance du gendarme qui le gardait, il se rendit à Lyon, d’où il lança son Appel aux Français (juillet 1793), et où il organisa un comité d'insurrection contre la Convention nationale. Accusé, le 1°” juillet, d'être chef d'un comité insurrectionnel pour le soulèvement des départements, il fut déclaré traître à la patrie et mis hors la loi. Lors du siège de Lyon, perdant toute la fermeté que jusqu'alors il avait montrée, il se cacha dans les environs de Bordeaux. Arrêté au moment où il s'embarquait, il fut traduit devant la commission militaire, dont il refusa la juridiction comme membre de la Convention. Puis, retrouvant tout son courage, il dit en face à Tallien « que la guillotine ne l’eùt pas manqué, s'ils avaient été les maîtres ». Au moment de l'exécution, la foule criait autour de l'échafaud : « Quel peuple pour une république ! » murmura Birotteau, et il se livra à l'exécuteur. L'année suivante, le 17 décembre, la Convention nationale accorda des secours à sa veuve.

Dictionnaire des parlementaires. — Iloœrrr, Nouvelle bioyraphie generale. — Sonez, Les Girondins du Roussillon. — Tor- REILLES, Histoire du clergé dans le département des Pyrénées-

Ovientales. — P. Vipar, Histoire de la Révolution Française dans les Pyrenees-Orientales.

BIROTTEAU (Joseph-François-Emmanuel),

frere du précédent, naquit à Perpignan, le 3 février

1763. II montra, dès son enfance, une grande inclination pour la vertu et un goût décidé pour l'étude. Ayant suivi les cours de la faculté de théologie à l'Université de Perpignan, il disputa, à l’âge de vingt-deux ans une chaire de théologie, et ne fut écarté qu'à cause de son jeune âge. Trois ans s'étaient à peine écoulés, qu'une autre chaire de théologie étant devenue vacante, il se présenta au concours pour la remporter (1788). Après avoir étonné le public par la sagacité de son jugement et l'étendue de ses connaissances, il fut proclamé professeur de l'Université de Perpignan, et élu par Mgr d'Agay, directeur du Séminaire. Dès les premiers mois de 1791, Birotteau quitta ses deux chaires plutôt que de prêler serment à la Constitution civile du clergé. Le professeur devint écrivain. Dans cette nouvelle tribune, il se montra digne des espérances qu'on fondait sur lui. Lorsque l’évêque constitutionnel des Pyrénées-Orientales, Deville, eut publié sa première lettre pastorale, Birotteau édita sous le voile de l'anonyme les Observalions chréliennes qui ne devaient être dans la pensée de l’auteur qu'une simple série deréflexions. Mais il y avait dans son argumentation tant de solidité, dans son exposé tant de lumière, dans son style tant de force et de netteté que Verdier, vicaire épiscopal de Deville et champion du clergé constitutionnel, se crut obligé de répondre.

Aux Observalions chréliennes, il opposa la Réponse catholique. Le soin avec lequel il prépara sa brochure, l'effort qu'il fit pour ne pas se laisser entrainer par son penchant à la déclamation, les textes qu'il réunit pour étayer sa thèse prouvent qu'il appréciait à sa juste valeur le coup porté à l'Eglise schismatique.…..

Birotteau aurait pu se dispenser de riposter ; mais il y allait de l'intérêt de la religion, et il publia, en 1792, la Doctrine des observalions chréliennes, brochure in-8° de 116 pages, sans nom d'imprimeur. fl eut facilement raison de l'érudilion d'emprunt de son adversaire, appuya sa thèse sur les preuves les plus théologiques et les témoignages les plus irrécusables. Ce livre eut au moins un avantage : celui de réduire Verdier au silence. Birotieau prit alors le chemin de l'exil et pénétra en Espagne où il demeura une dizaine d'années. En 1801, il fit paraître à Perpignan, chez Alzine, l'Essai sur les rapports de la relgion catholique avec la sociélé civile. Après le Concordat, il rentra dans le diocèse de Carcassonne dont le département des Pyrénées-Orientales faisait partie. Daus ses notes intimes, Mgr de Laporte, son évêque, portait sur lui ce jugement : « C'est un sujet de la plus grande distinction ; professeur de théologie, beaucoup de talens, de capacité, mœurs intactes, el en état de tout. Ce serait un excellent sujet pour le Séminaire où il avait été déjà un des directeurs. » Effectivement, ce prélat appela l'abbé Birotteau au

BISTORS — BLAN

chef-lieu du diocèse et lui confia successivement les chaires de philosophie, de théologie et d'Écriture sainte. Il apporta dans l’enseignement des sciences ecclésiastiques la solidité dans les principes, la justesse dans les raisonnements et la clarté dans l’expression. Birotteau connaissait plusieurs langues, l'espagnol, le grec et l'hébreu. En 1818, il fut mis à la tête du diocèse de Carcassonne, avec le titre de vicaire-général. En 1824, il quitta Carcassonne pour rentrer dans le diocèse d'Elne que Pie VIT et la Restauration venaient de reconstituer. Mgr de Saunhac- Belcastel en fit son vicaire-général et le chargea de l'organisation et de la direction des œuvres catholiques d'enseignement et de bienfaisance. Il s’acquitta de ses délicates fonctions avec une rare prudence et un zélc infatigable. Ses vertus prédominantes furent la charité et l'humilité. Jamais il ne porta la plus légère atteinte à la réputation d'autrui et, sur le point de rendre son âme à Dieu, il redisait aux personnes qui l'entouraient : Soyez: humble et Dieu vous bénira. Il mourut à Perpignan le 3 octobre 1832.

Publicaleur des Pyrénées-Orientales, n° 37, 1832. — Abbé Torn-

RELLES, Histoire du clergé dans le département des Pyrénees- Orientales pendant la Revolution française.

BISTORS (Raymond), troubadour roussillonnais. On ne possède que deux couplets de ses poésies. Dans le premier, il remercie un de ses amis qui l'avait repris de ses fautes ; dans l’autre, il s'élève pour les flétrir, contre la fausseté et la luxure de certains membres du clergé.

RayvmonD, Choir de poésies originales des troubadours, & N.— Abbé Mizcor, Histoire lilléraire des troubadours.

BLAN (Perpinya), chevalier, obtint successivement de Pierre IV, le Cérémonieu.r, concession des lieux de Montferrer et Céret.

Archives des Pvr.-Or., B. 145. 190.

BLAN (Pierre), frère du précédent, jouissait en 1360, et pour l’espace de deux ans, du droit de fabrication des florins frappés à la Monnaie de Perpignan. Des lettres patentes de Pierre IV, en date du 29 juin 1362, lui concédéerent la faculté de battre monnaie et de fabriquer des florins, durant une nouvelle année. Le 21 avril 1365, il fut chargé. par le roi d'Aragon, d’une troisitine frappe des mêmes pièces. Pierre Blan sut gagner les bonnes grâces de ce prince qui l'attacha à la cour et en fil son conseiller. En 1371. l'afferme de la frappe des florins d'Aragon fabriqués dans les monnaies rovales de Saragosse, Valence. Barcelone ct Perpignan lui avait élé consentie pour une durée de trois années. A la suite du non-paicment des droits auxquels il était astreint envers le Domaine. plusieurs de ses revenus en Roussillon

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