V. 380 et
BOFFILE DE JUGE était un aventurier de Naples, un condotliere qui se qualifiait de gentilhomme ou de damoiseau comme la plupart de ses compagnons, el qui était venu guerroyer en Roussillon à la solde de Louis XI. On le voit figurer avec éclat, pour la première fois, comme capitaine de cent lances dans l'attaque ou déroute de l’armée du roi Jean II d'Aragon, campée devant Peralada (samedi 4 avril 1472). Tout le Roussillon, la Cerdagne, l’Ampourdan, le pays de Besalu étaient alors en armes au nom du roi d'Aragon; Perpignan, Elne, Arles, Céret, Rivesaltes, Prades, Llivia et presque toutes les places fortes étaient au pouvoir des fédérés. Mais les Roussillonnais furent écrasés par une nouvelle et formidable armée de Louis XI, et après une résistance de plusieurs mois, la ville de Perpignan fut obligée d'ouvrir ses portes, le 13 mars 1475, et de subir les conditions inexorables du vainqueur. Ce fut alors que Boffile de Juge fut nommé capitainegénéral ou vice-roi des comtés de Roussillon et de Cerdagne, fonctions qu'il conserva durant dix-sept ans. Les conditions imposées aux vaincus étaient implacables et c’est Boffile qui était chargé de les mettre à exécution. Louis XI lui avait fait remettre, écrils sur un beau papier rouge, les noms de tous ceux qu’il regardait comme traîtres pour qu'il leur fit trancher la tête, si de là à vingt ans ils osaient se montrer dans la ville. Il lui accordait d’ailleurs la dépouille de ceux qu’il ferait périr. Lorsque Jacques d’'Armagnac, duc de Nemours, fut mis en jugement, Louis XI, craignant que la sentence ne fut pas aussi sévère qu'il le désirait, transféra le Parlement à Noyon et lui adjoignit les anciens commissaires qui avaient travaillé à l'instruction du procès. Quelquesuns de ces derniers s’excusèrent d'opiner, entr'autres Louis de Gravelle, seigneur de Montégu, et Boffile de Juge, vice-roi de Roussillon, lesquels servaient dans l’armée qui avait assiégé Carlat et avaient garanti les conditions accordées au duc de Nemours par le sire de Beaujeu et par Tannéguy du Châtel qui lui avaient promis la vie sauve. Ils supplièrent l'assemblée d'être dispensés de donner leur avis, disant qu'il leur semblait en leur conscience qu'ils ne le devaient faire. Mais ces beaux sentiments n'empèchèrent nullement Boffile de prendre le duché de Castres (49 août 1477) parmi les dépouilles de celui dont il ne voulut pas prononcer la condamnation à mort, ni de tenir sous sa garde, jusqu'au dernier Jour de sa triste existence, l'héritier innocent de
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celui dont il avait garanti la vie. Louis XI donna encore à Boffile, Marie d’Albret en mariage, avec la seigneurie de Roquecourbe pour dot. Cette union ne fut pas heureuse, et Boffile, deshéritant la fille qu'il avait eue de Marie, donna tous ses biens à son beau-frère, Alain d’Albret, qui s'était rangé de son parti. Il conserva la vice-royauté de Roussillon jusqu'en 1491, mourut tranquillement au château de Roquecourbe, le 11 août 1502, et ses funérailles eurent lieu le lendemain dans la ville de Castres, l’un des anciens domaines du duc de Nemours. Le fonds d'archives Boffile de Juge qui comprend environ 230 pièces, la plupart originales, fait partie du chartrier de Léran (Ariège). La collection se répartit en cinq catégories : 4° Rapports avec le roi René ; 2° Viceroyauté de Roussillon et Cerdagne ; 3° Lutte contre l'évêque de Castres, Jean d'Armagnac ; 4° Gestion du temporel de l'évêché de Castres, mis sous la main du roi ; 5° Affaires privées. Les documents relatifs au gouvernement des comtés de Roussillon et Cerdagne sont au nombre de quarante-huit.
Inventaire des documents concernant Boffile de Juge, comte de Castres, vice-roi de Roussillon, sous les règnes de Louis XI et de Charles VIII (1466-1493), Toulouse, 1905, in-#°, 61 pages, (Extrait
du tome II de l’Inventaire historique et généalogique de la branche Lévis-Léran, devenue Lévis-Mirepoix).
BOHER (François) naquit à Villefranche-du- Conflent, en 1781. Il était fils d’un marbrier, tailleur de pierre. Il annonça dès son jeune âge de grandes dispositions pour le dessin, travaillant sans maître d'après les gravures qu'il pouvait se procurer. L’'intendant de la province, Raymond de Saint-Sauveur, ayant vu quelques-uns de ses essais, l'encouragea beaucoup, et dans un second voyage qu'il fit en Conflent, il fut si enchanté de la délicatesse avec laquelle le jeune Boher avait sculpté ses armoiries, qu'il décida ses parents à le placer chez un sculpteur à Perpignan. Après son apprentissage, Boher partit pour Montpellier où il se distingua et trouva de nouveaux protecteurs. Un chevalier de Malte et un grandvicaire de cette ville devaient l'envoyer à Rome à lcurs frais, lorsque la Révolution éclata. Il dut s'arrêter à Toulon où ses travaux de dessinateur suffirent à sa subsistance quotidienne. Ses parents l'ayant instamment rappelé auprès d'eux, il retourna au pays natal. Un scigneur espagnol, le comte de Descatilar, allant se marier à Puigcerda, le jeune Boher dut s’y rendre au préalable pour orner son hôtel et le rendre digne des fêtes nuptiales. De Puigcerda, Boher passa à Barcelone où le célèbre Gorry lui donna des lecons de sculpture. Il réussit à faire dans l'atelier de ce maitre des tableaux et des portraits qui lui rapportèrent chacun un quadruple, c'est-àdire environ quatre-vingt francs. Des circonstances fâcheuses l'ayant contraint de quitter ce pays, il
reprenait par mer le chemin de la France lorsqu'un coup de vent le jeta sur les côtes de Gênes. Il alla de Gênes à Rome, jusqu'alors le vain objet de ses désirs : mais il ne put y séjourner longtemps. Il retourna à Perpignan, néanmoins rêvant toujours voyage. Un mariage d'inclination avec Mademoiselle Arnaud, la fille d’un organiste de la Réal, petite-fille d’un collecteur de dimes, qu'il aima passionnément ct dont il devait reproduire les traits dans la figure de la Vierge de la Réal, l'y fixa pendant quelques années. Le 5 mai 1796, il oblint au concours la chaire de dessin à l'Ecole centrale de Perpignan : il y profcssa, rendant de grands services au pays ct à la classe industrielle, jusqu’au 21 avril 1804, date de la fermeture des cours par décret de l'Empereur. En 1807, il fit le retable du maître-autel de l’église paroissiale de Céret. Boher se refusait à végéter dans sa médiocrité; pour en sortir, il affirmait qu'un voyage à Paris lui était indispensable. Deux fois il cssaya ses forces et parvint jusqu'à Carcassonne et Toulouse avec son épouse; mais il dut retourner sur ses pas. En 1811, il prit la détermination invincible de réaliser son projet. Il se munit de provisions pour vivre modiquement sans le secours de personne, puis emporta dans ses bagages, outre ses compositions, des échantillons de stuc imitant divers marbres et dont il avait le secret. Arrivé à Narbonne, il réunit des ouvriers plâtriers, et après une souscription collective, leur communiqua, en diverses leçons, cette utile découverte. À Carcassonne, à Béziers, à Pézenas, à Montpellier et à Nimes, il recommença celte opération, poursuivant sa navrante odyssée au sein des soucis, de la maladie et des privations. Il reprit courage à Lyon, où les ouvriers, d’après son dire, « furent moins méfiants et plus intelligents de leurs véritables intérêts ». Après cinq jours de voyage en diligence, Boher arriva à la capitale. II courut en toute hôte au Louvre. Il demeura saisi d’admiration devant la Transfiguration de Raphaël : instinctivement, il saisit la chaise du gardien, monta dessus, et baisa le buste du grand maître qui se trouvait à côté. Le concierge, le prenant pour un fou. courut à lui et se mit en demeure de l'arrêter : Boher s’expliqua et présenta l’élan de son enthousiasme comine mobile de son acte. En rendant visite à David, Guérin, Gros, Gérard, Girodet-Trioson, dont le talent artistique brillait alors à Paris, il eut occasion de recueillir une ample moisson de compliments chaleureux. Boher prétend, dans un de ses ouvrages, que David, en voyant ses esquisses, s’écria : « Quel malheur que ces talents et cette étude végètent, soient ignorés et perdus dans un coin du monde ! » Flatté par ces élogicuses paroles. Boher conçut l'idée de se fixer à Paris pour acquérir la gloire et la renommée. Mais, revenu bientôt de son éblouissement, il com-
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prit les inconvénients et les difficultés de la vie à Paris, surtout pour un artiste. Il quitta brusquement la capitale et s’en revint à Perpignan. Un rival, le peintre Maurin, originaire de Narbonne, était établi dans le département des Pyrénées-Orientales, pourvu du diplôme de professeur de dessin. D’un caractère affable, il vivait entouré d’un cercle d'amis et d’admirateurs. Boher, au contraire, dont la tournure d'esprit était originale et dont l'humeur ne pouvait jamais souffrir la contradiction, n'était lié qu'avec un nombre restreint de personnes graves. Un de ses amis l'ayant un jour critiqué, Boher ne crut pas mieux faire que de caricaturer l'esprit et le maintien de son contradicteur : il représenta sous ses traits le plus atroce des Judas, sur la toile de la Cène qu’on remarque dans la chapelle du Saint-Sacrement, à l’église de la Réal. Malgré ses travers, Boher finit par se créer une situation aisée à Perpignan. Les autorités départementales et municipales de la Restauration le protégeaient, et en 1816, les édiles de la ville établirent unc école gratuite de dessin et d'architecture à la tête de laquelle Boher fut placé. L'idée lui vint de réunir en un ouvrage les cours qu'il professait ; il fit paraître les Leçons de l’école gratuite de Dessin el d’Archileclure de la ville de Perpignan, 1° volume, Perpignan, 1819 et 1820; il fit suivre cette publication de Leçons, etc.; Ouvrages sur le beau idéal, sur le beau sublime, dans l'art du peintre et du staluaire ; Réponse au Mémoire de M. Emeric-David, tome second, Narbonne. 1822. Après avoir achevé le magnifique retable des saints Abdon et Sennen, à Arlessur-Tech, il avait édité, en 1816, la Description de quatre lableaur représentant quatre époques de la vie
des saints Abdon et Sennen, patrons d'Arles en Rous- :
sillon, Perpignan, in-8. Boher eut des commandes dans diverses églises, maisons particulières ou établissements : il les exécuta avec une ardeur et un soin extraordinaires. Son œuvre durable. ses sculptures, méritent peu de reproches. La tête, la pose, les extrémités de son saint Mathieu rappellent d'un peu loin, il est vrai, le Moïse de Michel-Ange. Le Christ de Saint-Laurent-de-Cerdans, le Ressuscité d'Arlessur-Tech sont des œuvres qui se recommandent par leurs qualilés plastiques, des études académiques admirables. La Vierge de lAssomplion de la Réal est de beaucoup supérieure à toutes les madones qu'il a peintes. Boher eut le tort de négliger, dans la plus grande partie de sa vie, la sculpture pour la peinture ; il s’exalta pour des composilions médiocres en ce genre. On cite cependant de lui la toile de l'allégorie qu'il peignit pour célébrer la Pair d'Amiens. Ce tableau, dont l’acquisition fut refusée par plu-
"à" nd PE NAS ENS A
sicurs villes et des particuliers, resta entre les mains ;
de la veuve de l'artiste qui le légua. en 1859, à Napoléon ]IIT, par un testament olographe. Un tableau
esquissé de Boher, qui ne manque pas de mérite, est un grand dessin à l’encre de Chine représentant les horreurs de la guerre ; malheureusement, il était inachevé. Il avait ébauché un superbe tableau de l'Assomplion qui aurait été à tous égards, disait-il, fort au-dessus de tout ce qui était sorti de sa palette. Dans sa correspondance, il prétend en avoir soumis le projet au jugement du sculpteur Thinard, de David et de Girodet qui l'avaient unanimement engagé à en faire un tableau. Des critiques furent formulées par des perpignanais sur cette composition. L'irascible Boher s’en formalisa, laissa l'œuvre inachevée ct inscrivi. sur le verso de la toile ces mots empreints de découragement : « Artiste qui vois mon ouvrage. tremble de t'élever au sublime : l'ingratitude. l'injustice et la mort l’attendent. Après avoir vu la Trans/iguration de Raphaël, j'ai voulu faire mon chef-d'œuvre de peinture. Mais l'envie fit tomber le pinceau de mes mains, à la fin de l’ébauche et (il veut marquer l’époque) de l’année 1819 ». Boher tenait à son titre d'architecte qu'il mérita par ses travaux à la porte d'Espagne, par divers projets de construction ct surtout par les classes qu'il ouvrit en faveur des ouvriers de la ville de Perpignan. Il laissa en mourant un très riche portefeuille de dessins de sa main. Le musée de Paris en a acquis quelques-uns ; ils peuvent être comparés aux meilleures productions de ce genre qui s’y trouvent. Celui de Perpignan ne possède de Boher qu'Une téte d'homme âgé, vue de profil, tournée à gauche, dessin au crayon noir. M. le docteur Sabarthez à acquis quelques dessins signés Boher qu'on peut admirer dans son cabinet de travail. Il a la bonne fortune de posséder un portefeuille de dessins au crayon qui révèlent une riche imagination et une activité sans égale chez l'artiste. Boher cut la prétention de faire aussi œuvre littéraire. Quoiqu'il n’eut appris que les rudiments de la langue française dans son enfance. il s'était formé de lui-même à l’art d'écrire. Il composa des pièces de vers qu'il convient de ne citer que pour mémoire : Dialogue entre la Peinture et la Sculpture, Perpignan, 1820 ; Poésies de Francois Boher, salires, 1° livraison, Perpignan ; Salires, Epitre à Michel-Ange. Toulouse. 1822 ; Poésies, ete. Impromptu, Epitre, Discours; Essais sur l'Ode. Odes, Perpignan et Toulouse. 1823; Poésies, etc. Odes, 3° livraison. Narbonne. 1825. On pourrait citer de lui des articles de revues et de journaux, où il sut quitter son ton généralement déclamatoire., et qui dénotent un jugement sain, un dévouement au progrès des arts et une imagination féconde. Il mourut le 12 avrit 182%. Son décès fut un deuil pour tous ceux qui aimaient les arts et le Roussillon. Ses élèves élevèrent un petit monument sur sa tombe creusée au cimetière Saint-Martin de Perpignan. Ce mausolée porte la
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brève inscription suivante : À Boher, ses élèves reconnaissants.
FABRE DE LLAaRO, Biographie de Boher dans le XXIII° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrenées- Orientales. — Abbé ToRREILLES, L'Ecole Centrale de Perpignan. — Annuaire de 1834. — CRoucHaNbEcL, Catalogue raisonné des
objets d'art du musée de Perpignan. — Archives de l'église de Céret. — Archives personnelles de M. le docteur Sabarthez.
BOHER (Jacques), né à Prats-de-Mollo le 16 septembre 1820, appartenait à une famille de condition modeste. Dès son jeune âge, il dut vaquer aux travaux des champs pour subvenir aux frais de son entretien. Il avait reçu en partage une intelligence pénétrante, une piété vive et une inclination prononcée pour la science. Appelé à l’état ecclésiastique, il s’'appliqua à l'étude des langues française, latine el grecque, sous la direction d’un vieux prêtre qui le conduisit du foyer paternel au seuil du Grand- Séminaire. Il y fut admis à la suite d'un brillant examen qui fit augurcr du bel avenir du jeune lévite. Lorsqu'il eut achevé ses cours de philosophie et de théologie, l'abbé Boher reçut l'ordination sacerdotale des mains de Mgr de Saunhac-Belcastel, Île 4°" juin 1844. Ce pontifc lui octroya en même temps le titre de vicaire à Ille-sur-Tet. Cinq ans plus tard, Jacques Boher était appelé par l'autorité diocésaine dans la ville épiscopale, comme collaborateur du distingué curé de la Réal. le chanoine Vialar, alors nonagénaire. À la mort de cet éminent pasteur, en 1854, l'abbé Boher rentra dans la carrière de l’enseignement et professa les Belles-Lettres au Petit- Séminaire de Prades. L'illustre Gerbet. à peine arrivé dans le diocèse de Perpignan, discerna les puissantes facultés intellectuelles de ce professeur d'humanités que le P. Gratry et le P. Petetot désiraient affilier à la congrégation de l'Oratoire. Le remarquable prélat lui confia, dès 1855. la chaire de dogme au Grand-Séminaire. Ce fut pour l'abbé Boher le temps d'un labeur acharné ct passionné où, réservant le jour à ses élèves. il donnait la nuit à ses études de prédilection personnelle. C’est à cette période de sa vie que se rapportent la composition et la mise au point de ses meilleurs ouvrages. Mu par un sentiment de reconnaissance el de piété filiale, il entreprit d'écrire un volume sur Marie. L'apparition de l'ouvrage d’Auguste Nicolas: La Sainte-Vierge et le plan divin déjoua ses projets. Il revisa trente-cinq ans plus tard les feuillets épars de ce travail, ct avec la matière de cette ébauche composa le poème catalan la /nmaculada, une perle de la littérature roussillonnaise, comportant dix chants en des versifications variées. Le professeur de théologie. qui enseignait à ses élèves le traité de l’Eucharistie. s’enthousiasma à la vue des magnificences, aperçus nouveaux. horizons sans bornes que lui dévailait le sacrement de
l'autel. Il écrivit les Harmonies eucharisliques, manuscrit dans les pages duquel, comme il le dit lui-même, « se reflètent les pensées ct les affections de son âme en ces jours bénis de son existence ». Son espril, s’arrachant aux régions élevées du dogme, passa bientôt à celles de la mystique et il composa un traité de la Dévolion qui ne devait voir le jour qu’en 1894. L'abbé Boher devait prendre, en 1867, la direction de l'Etoile du Matin, organe mensuel de la Cour de Marie, confrérie qui se développait dans le diocèse et dans la France entière. En 1861, la confiance de son évêque l’appela à l’aumônerie du Collège municipal de Perpignan, qui avait alors à sa tête le chanoine Granier de Cassagnac. La cure d’'Elne lui fut donnée en 1865. En 1868, l'abbé Boher reçut dans sa paroisse la visite des membres de la Société française d'archéologie. Il fit à ces hôtes éminents les honneurs de l'antique cathédrale du diocèse et leur adressa. dans cette circonstance, un discours remarquable que le chanoine Pottier qualifia de « monument historique » et qui fut inséré dans le bulletin officiel du Congrès archéologique de France. L'année suivante. l'abbé Boher obtenait une stalle au sein du chapitre de la cathédrale de Perpignan. Durant les mauvais jours de la guerre franco-allemande, l'administration diocésaine lui confia la direction du Petit- Séminaire de Prades ; il occupa cette situation honorable jusqu'en 1873. Il rentra de nouveau au milieu de ses collègues, les chanoines, et à la mort de Mgr Saivet, ceux-ci lui donnèrent un témoignage de haute considération en le désignant comme vicairecapitulaire du diocèse. Durant toute sa vie, le chanoine Boher cultiva avec un goût égal la théologie et les études littéraires. Il appartint à cetle pléiade de poètes roussillonnais qui activèrent dans notre département le mouvement de la renaissance catalane. Il produisit des pièces de vers au travers desquelles circule un vrai souffle d'inspiration. On cite de lui: le Roch del Frare, la légende de Sant-Guillem de Combret et de nombreuses Poesias. « Jacques Boher, dit M. Jean Amade, est un des poètes roussillonnais qui surent Île mieux constrhire le vers, lui donner cette force et cette harmonie qui rendent la pensée plus resplendissante et plus belle. Son art patient et sûr laisse l'impression d'un travail solide et définitif. Son vers ne sent jamais l'improvisation et ne trahit aucune négligence : il est achevé, il est pur. Mais s'il connaîl la sobriété de l’art classique. s’il professe le culte de la forme au même titre que nos meilleurs parnassiens, ce poète semble avoir reçu des romantiques l'imagination ardente et le magnifique lyrisme qui l'élèvent aux plus hauts sommets. Son inspiration trouve l’image éclatante dont le vers reçoit à la fois plus d'ampleur et plus de noblesse. Et certes. il faut bien que ses qualités d'artiste soient
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réelles pour qu'une matière aussi abstraite et aride que celle du poème théologique l'Inmaculada demeure poétique jusqu’au bout. Boher manie en vrai maître la strophe lyrique; elle n'est entre ses mains ni gauche, ni lourde; il semble qu'elle y gagne au contraire un superbe élan pour les plus larges envolées. Mais bien qu'un souffle puissant anime presque toujours sa poésie, l'on n’y déplore point, quand il faut, l'absence de la grâce et de la délicatesse. » Le chanoine Boher maniait le vers français avec la même aisance. La collection de la Semaine religieuse de Perpignan renferme de nombreux sujets poéliques qu'il traita avec art el grâce. A la fin de sa vie. sa vue s'était considérablement affaiblie au point de ne plus lui permettre ni de lire, ni d'écrire ; mais son intelligence toujours vive composait et retenait de longues poésies qu'il dictait plusieurs jours après à ses secrétaires bénévoles. Grand admirateur de Verdaguer, l’illustre poète catalan le lui rendait en sympathie. Le chanoine Boher mourut le 17 mars 1908. à l’âge de quatre-vingt-sept ans. élant depuis de longues années le doyen du chapitre de Perpignan.
Archives de l'évêché de Perpignan. — Jean AMADE, Anthologie
catalane, Perpignan, Comet, 1908. — L'abbé BoxaronT, Le chanoine Boher, dans la Revue Calalane, n° de juin 1908. — Semaine religieuse de Perpignan, passim. — Congrès archéologique de
de France, 1868.
BOISAMBERT (Clément du Bois de), de Caramany, scigneur de Fulla et autres lieux, obtint, le 16 mars 1724, le titre de conseiller au Conseil souverain en survivance de d'Ortléga. Il fut nommé président à mortier, le 19 novembre 1740, en remplacement de Joseph de Vilar, et mourut le 8 mai 1748. IT laissa à son décès, deux filles : Marie qui épousa le chevalier François de Vilar, Cécile-Josèphe qui unit ses destinées à celles d'Antoine de Çagarriga et un fils Louis qui,aprésavoirété conseiller, mourut sans enfants au mois de mars 1779. On doit à Clément de Boisambert un recueil manuscrit, en forme de dictionnaire, des arrêts notables du Conseil souverain. [les avait pris des décisions de Calvo, Carrère et de Vilar. Il existe plusieurs exemplaires de ce recueil.
Mémoires de Jaume.
BOIVIN DE VAUROUY (Antoine), chanoine et précenteur de la Sainte-Chapelle de Paris, abbé de Notre-Dame de l’Absie-en-Brignon, diocèse de Poitiers, depuis 1664, et de Saint-Médulfi, diocèse d’'Auch, fut nommé par le roi à l'évêché d'Elne le 22 mai 1721, et préconisé par le pape dans le Consistoire public, le 1° décembre suivant, mais il se démit de son évéché avant d'être consacré.
Puiccant, Catalogue biographique des évèques d'Elne.
BOIXÉDA (Gabriel), curé d'Oms (1840-1863), composa des fables en catalan ; la plupart d'entre elles ont été éditées dans le journal le Roussillon, sous la
rubrique Variélés par les soins de son neveu, Jacques Boixéda.
BOIXÉDA (Jacques) était né à Prats-de-Mollo, le 4 mai 1837. Au Grand-Séminaire il s'était fait remarquer par la vivacité de son intelligence : Mgr Gerbet lui témoignait une affection toute spéciale.
Ordonné prêtre en 1860, il fut quelque temps après appelé comme vicaire à la cathédrale Saint-Jean de Perpignan. En 1872, il était désigné pour occuper la chaire de rhétorique à l’Institution Saint-Louis-de- Gonzague. À peine nommé aumônier du collège, il se sentit poursuivi par l'ambition de rendre son éclat à la vieille langue catalane. Dès son entrée au séminaire, il composait déjà à l'intention de ses condisciples : Una diada de vacansas, dont les péripéties tour à tour gaies et mélancoliques se déroulent dans un sile aimé, le Coral. Aux inoubliables fêtes de Banyuls qui réunirent, lors de l'inauguration de la statue d'Oliva, toute une élite de poètes, d'artistes et de musiciens, l'abbé Boixéda apporta sa gerbe : ses Alabansas a la Mare de Deu, dont la lecture provoqua dans l’assemblée entière de longs applaudissements. Ses Noms de casa lui valurent, en 1889, la palme d’argent au concours littéraire de la Société des Prrénées- Orientales, et sa Cuynera de Prats-de-Mollo est toujours présente à la mémoire des amateurs de notre belle langue. Il traduisit avec un rare bonheur le Lübre de Job, livre où la vraie poésie coule à pleins bords. Les /Jimnes de l'Iglesia le captivèrent bientôt et, pendant un an, les lecteurs de La Croir lurent au rez-de-chaussée de ce journal, ce que j'appellcrai la transposition en Catalan des chefs-d'œuvre du roi Robert, de Fortunat, de Saint-Bernard, etc. Enfin. avec la collaboration du colonel Puiggari et de Bosch de la Trinxeria, le chanoine Boixéda publia dans la Revista calalana de Barcelone, une étude approfondie sur les Mots catalans d'élimologia greca.
L'autorité ecclésiastique avait récompensé les talents et les vertus de l'abbé Boixéda en le noimnmant, dès 1812, chanoine titulaire de la basilique Saint-Jean-Baptiste. Le ministre de l’'Instruction publique lui avait décerné, le 1” janvier 1897, les palmes d'officier d'Académie. Le chanoine Boixéda succomba à une longue ct pénible maladie, le 11 novembre 1898.
Archives de lévêché de Perpignan. — Articles nécrologiques
dans la Croir des Pyrénees-Orientales, la Talia catalana, F'Alliance et le Journal illustré des Prrénées-Orientales.
BOIXO (Montserrat) clait chanoine d’Elne, en 1600, lorsqu'il se rendit à Rome pour affaires person-
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nelles. Le chapitre de la cathédrale, dont il était membre, se trouvait en instances en cour de Rome pour obtenir du Souverain Pontife sa translation à Perpignan, capitale de la province. Il accorda à Montserrat Boixo pleins pouvoirs pour agir en son nom auprès des congrégations et des tribunaux ecclésiastiques. Le chanoine Boixo sut mener à bonne fin cette affaire, de concert avec son collègue Paulet, et obtint de Clément VITE, une bulle qui ordonnait la translation du chapitre et du siège épiscopal d'Elne à Perpignan. Il demeura durant sept années à Rome où il entretenait une active correspondance avec ses collègues du chapitre de Saint-Jean, lesquels soutenaient des procès intentés contre eux par les bénéficiers d'Elne. Montserrat Boixo fut nommé archidiacre de Vallespir, en 1612 : il exerçait en même lemps les fonctions d'official de Perpignan. Il mourut le 30 novembre 1628 et fut enseveli dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste érigée au vieux Saint- Jean où les membres du chapitre cathédral avaient leur caveau.
Archives des Pyr.-Or., G. 62, 126, 1535. — Abbé ToRREILLES, La translation du chapitre et du siège d'Elne à Perpignan.
BOIXO (Emmanuel), originaire de Millas, était le troisième des fils d’une famille mêlée aux conspirations de 1674. Antoine, l’ainé, avait pris du service dans l’armée d'Espagne, à la suite d’une menace que la baronne d'Albert, dame de Millas, voulait faire diriger contre lui pour un délit peu important. Un autre, Jean, résidait à Barcelone, où il était censé faire des études ; mais il avait une situation telle qu'on ne pouvait douter de l'objet principal de sa présence en Catalogne.
Le troisième frère, Emmanuel, curé desservant de la paroisse de Forques, prenait la part la plus active aux intrigues qui préparaient la trahison. Il élait de tous les conciliabules de Perpignan el recevait dans son presbytère les principaux conjurés, qui s’y rencontratent quelquefois avec Jean Boixo, porteur de la correspondance sccrète et des instructions verbales du roi. Jean Boixo allait et venait, de Barcelone à Perpignan, sans exciter les soupçons qu'il éveilla plus tard, au début de la guerre de 1672... On ne se doutait pas encore que le curé de Forques était, autant que Jean Boixo, acquis à l'Espagne ; mais il ne larda pas à lever le masque et s’éloigna de sa paroisse le 5 mai, pour rejoindre l'armée du vice-roi quand elle eut franchi les Pyrénées par le col de Portell, en vue de Bellegarde. Il était venu pendant la guerre, à la tête d’un parti de miquelets d'Espagne, enlever l'économe qui le remplaçait à Forques et l'avait emmené prisonnier à Roses. Il avait constamment favorisé, par lui-même ou par des espions, les mouvements de l'ennemi. On lui reprochait, en
outre, d’avoir dépouillé de certains ornements les églises de Forques et de Panissars. Tout cela était vrai, bien que les derniers faits ne présentassent pas le caractère de détournement frauduleux, comimne l'insinuait le magistrat accusateur. Mais en écartant cette aggravation additionnelle, il suffisait des autres gricfs pour faire tomber sa tête. L'échafaud fut dressé sur la place de la Loge, et le malheureux sacrislain, mutilé par la torture préalable, paya de sa vie son dévouement passionné à la cause espagnole. Ce fut la dernière victime notable des conspirations de
V. ARaGoN, Le Roussillon aux premiers temps de sa réunion à la France. — Abbé J. Carrizze, Etude historique sur Millas.
BOLO (Pierre), maitre-fondeur, logé à Perpignan, passa marché, le 21 actobre 1511, avec les consuls du lieu de Corbère pour la réfection d'une cloche brisée et la confection d’une nouvelle. destinée à l'église paroissiale.
Archives des Pyr.-Or., G. 773.
BOMBES (Jacques de), issu de l’une des premières familles de Millas anoblie, en 1653, par Louis XIV, obtint, en 1716, n'étant que simple clerc, un bénéfice ecclésiastique dans l’église Sainte-Eulalie de son village natal. Il rentra dans l'ordre de saint Benoît, au couvent de Notre-Dame d'Arles. En 1743, il fut nommé abbé de Saint-Martin de Canigou. « Savez-vous ce qui lui valut cet honneur ? écrivait Puiggari à Malart dans la lettre qu'il lui adressait le 26 octobre 1841. Sa grande science dans le jeu de l’hombre. Le duc de Plaisance, marquis de Dosaguas, étant à Céret dont il était seigneur, s'y ennu\ait passablement. Il demanda pour tuer Île temps un habile joueur d’hombre ; on lui désigna le docte et pieux de Bombes, moine d’Arles. Il fut appelé, bien reçu et bien traité... Le duc, envoyé en ambassade à Paris, voulut le récompenser el obtint pour lui l'abbaye de Saint-Martin du Canigou. » Dom de Bombes administra ce monastére durant vingt ans. Il fut nommé visileur des abbayes de l’ordre de Saint-Benoiîil en Roussillon. À ce titre, il présida la commission scientifique qui procéda. le 22 mars 1732, à une enquêlce sur la tombe dite dels Cossos Sants, à Arlessur-Tech. Le procès-verbal signé de sa main conclut « que celte eau est véritablement prodigieuse et surnaturelle ». Jacques de Bombes mourut à Millas le 3 décembre 1764 et fut inhumé le lendemain dans le caveau de sa famille, creusé dans la chapelle de Saint-Sébastien de l’église paroissiale. Les armes de la maison de Bombes qui sont : d'aiur au lion d'argent, armé et lampassé de gueules, au chef d'or, chargé de trois bombes de sable, en flammées de gueules et rangées en fasce, se distinguent sur la clef de voutc qui
surplombe l'autel dédié au saint martyr Sébastien, si en vogue dans le Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., B. 395, G. KI5. — Archives personnelles de M. le docteur Ecoiffier (Correspondance inédite entre Puig-
gari et Malart). — Archives communales de Millas. — Abbé Capeie. Étude historique sur Millas.
BON (Louis-Quillaume de), chevalier, marquis de Saint-Hilaire, baron de Fourques, seigneur de Celleneuve, Saint-Quentin et autres lieux, appartenait à la maison de Bon rendue célèbre par François- Xavier Bon de Saint-Hilaire, premier président de la Cour souveraine de Montpellier, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris, de la Société royale de Londres et auteur de la Disserlalion sur l'araignée, traduite en latin, en italien et en chinois (1678-1761). Louis-Guillaume de Bon avait été nommé, en 1733, comme son père et son aïeul, premier président de la Cour des Aydes à Montpellier, commandant et gouverneur de Marseille ; Louis XV le plaça, le 17 avril 1754, à la tête de la Province du Roussillon. Il recueillait la succession difficile de l’intendant de Bertin, relevé de ses fonctions à la suite de la lutte qu'il avait eu à soutenir contre le maréchal de Mailly et la noblesse de la province. Depuis le 9 novembre 1753, il était président du Conseil souverain du Roussillon. Il réunit entre ses mains l'exercice de ces deux fonctions jusqu’au 28 juin 1773. Il avait épousé à Paris une demoiselle de Bernage ; son frère, le chevalier Pierre-Françcois-Ignace de Bon se maria, à Perpignan, à Jeanne- Hippolyte-Rose, comtesse de Montégut, héritière de la famille d’Aguilar et de cette union naquit le marquis Melchior d'’Aguilar, littérateur. L'intendant de Bon écrivit un mémoire sur le projet d'abolir le droit de parcours en usage dans la province de Roussillon et le pays de Foix ct de laisser aux particuliers propriélaires des biens la faculté de clore leurs héritages. M. d'Ormesson demanda à Louis-Guillaume de Bon de formuler un projet d'édit sur cette matière pour que celte loi fut conforme aux usages de la province. En 1773, il se démit de ses places de premicr Président et d’Intendant du Roussillon et eut
pour successeur Pierre-Philippe Peyronel du Tressan.
Archives des Pyr.-Or., C. 1498, 1508. — Mémoires de Jaume. — Hœrer, Nouvelle biographie générale.
BONAFOS (Emmanuel) fut professeur de médecine à l'Université de Perpignan où il dicta un Trailé de Physiologie, qui, au dire de Cassanyes, était devenu le manuel des étudiants. Il eut deux fils Joseph et François, tous deux professeurs de médecine à l'Université de Perpignan.
Mémoires de Jaume.
BON — BONAFOS
BONAFOS (Joseph), médecin français, né à Perpignan le 4 décembre 1725, mort le 5 février 1779. Il fut doyen de la faculté de médecine de sa ville natale.
On a de lui :
Dissertation sur la qualité de l'air et des eaux, el sur le tempérament des habitants de la ville de Perpignan (dans le Recueil des Hôpilaux mililaires, tome ID) ;
Mémoire sur la nature et les propriélés des eaux minérales de la Preste (dans les Mémoires de la Société royale de médecine, 1716) ;
Observation sur une imperforation du rectum dans un enfant (dans l’ancien Journal de médecine, tome VIE p. 760).
On trouve encore de lui quelques observations dans le Trailé de l’'Hydropisie de Bacher.
HœrEr, Nouvelle biographie générale.
BONAFOS (Emmanuel), médecin en chef des hospices civils de Perpignan, professeur d'histoire naturelle, d’accouchements, elc., né à Perpignan, le 14 janvier 1774, mort le 9 novembre 1854, était issu de cette ancienne famille Bonafos, longue et honorable lignée de médecins distingués qui rappellent dans nos contrées les illustres Asclépiades de Rome. Son père, Joseph Bonafos, médecin estimé, était conseiller du roi, médecin des camps et armées royales, protomédic de la province de Roussillon, etc.
Le jeune Emmanuel, né avec de rares dispositions, après avoir fait de sérieuses études, quitta à quinze ans le collège pour se rendre à Montpellier, afin d'y étudier la médecine et d’y pratiquer à son tour. Le 14 janvier 1793, il recevait à la faculté de médecine de cette ville son grade de docteur-médecin.
Après avoir passé quelque temps à Paris, où l'avait aitiré son oncle maternel Siau, il rentra à Perpignan. En juin 1794, il fut nommé en même temps professeur d'histoire naturelle à l'Ecole centrale et appelé à la direction du Jardin des plantes de celte ville, où il devait professer tous les ans un cours public de botanique.
En 1795, il fut nommé médecin-adjoint de l’hôpital civil et fut chargé aussi de l'hôpital militaire de cette ville. En 1799, ses relations avec la Société royale d'Agriculture le firent nommer membre correspondant de cette société.
En 1800, un des premiers, il pratiqua de nombreurses vaccinations à Perpignan, et il s’évertua à propager la vaccine dans le département. En 1817, il fut appelé à la conservation de la pépinière départementale. En 1818, il devint médecin des prisons civiles, et en 1827, il fut chargé de traiter la partie médicale et physiologique du cours départemental d'accouchements, cours utile qui a pourvu notre pays de
BONAFOS — BONNEFOY 71
sages-femmes expertes et précieuses. En 1828, devenu médecin des épidémies du 1” arrondissement, il lui fut donné de traiter et d’étudier les deux épidémies cholériques de 1835 et 1837. Cette même année il fut nommé président du comité médical de notre ville, et en 1843, M. Vaïsse, préfet des Pyrénées-Orientales, le mettait le premier au nombre des archéologues qu'il voulait réunir en société. En 1840, à son tour, la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, dont il devint peu après le président, l’appela dans son sein.
La République de 1848 le suspendit de ses fonctions qu’il ne devait jamais plus reprendre.
Souvent retiré dans son intérieur, on conçoit que Bonafos ait beaucoup écrit. Aussi laissa-t-il de nombreux travaux inédits qui demanderaient à être coordonnés pour tre livrés au public : des mémoires sur différents sujets d'histoire naturelle, une relation intéressante d’un voyage de Perpignan à Paris, quelques jolis vers où pétillent la verve et l'harmonie, elc.
L. Faure, X* Bulletin de la Société Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénées-Orienltales.
BONAFOS (Emmanuel), fils du précédent et de Hyacinthe Lazerme, naquit à Perpignan le 24 décembre 1824. Aprés avoir obtenu le doctorat en médecine, il épousa à Barcelone le 21 octobre 1856, Marie- Fanny Ribell, fille d'André Ribell, médecin et ancien maire de Perpignan. Il est décédé à Perpignan le 5 février 14885, étant médecin en chef de l'hôpital civil de cette ville et décoré de la croix de la Légion d'honneur. Il a publié des travaux de médecine très appréciés : Ovariolomie; Anévrisme de l'aorte; Compte - rendu de service de l'Hôpital civil de Perpignan, année 1868, dans la Revue médicale de Toulouse, Toulouse, Douladoure, petit in-8° de 12 pages.
Archives de l'état civil de Perpignan.— Communication obligeante de M. le D’ Albert Donnezan.
BONAURA (Pierre), bénéficier de Saint-Jean à Perpignan, publia en 1698 : Tr'actat de la Imilacio de Chrislo, y menyspreu del mon, del venerable Thomas de Kempis, canonge regular del orde de Sant Agusti. Dividit en quatre llibres : traduhit en llengua cathalana de son original llati per lo reverend Pere Bonaura, prebere y beneficiat de la iglesia major de Sant Joan-Baplista de la fidelissima vila de Perpinya, del present bisbat de Helna, a honra y gloria de Deu y de la purissima Verge Maria mare sua, y del Precursor sant Joan pare nostre. Ÿ a la fi trobara l'anima fervorosa algunas oracions devotas per acostarse dignament al sagrament de Penitencia, y rebrer devotament l'Euchar'istia santa. Dedicat al illustrissim y reverendissin Senyor Joan H. Basan de Flamenville, bisbe de la santa iglesia de
Helna. En Perpinya, en casa de Francisco Vigé, impressor del Rey y del Illustrissim Senyor bisbe de Helna. À la plaça nova. Any 1698.
BONET (Guillaume), était procureur royal de Roussillon, en 1354, sous Pierre IV le Cérémonieux. Archives des Pyr.-Or., B. 101, 102, 112.
BONFILS 1, abbé d'Arles, est mentionné dans le testament de Bernard, comte de Besalu, en 1020. Il était encore abbé en 1026.
Gallia christiana, VI, col. 1086.
BONFILS Il, abbé d'Arles en 1036. On croit qu’il était encore à la tête de ce couvent en 1046, lors de la consécration de l’église de ce monastère.
Gallia christiana, VI, col. 1086.
BONFOS (Manahem), lexicographe juif de Perpignan. On a de lui : Michhal-Jofi (Perfection de beauté ou Liber definitionum. C'est un manuel-lexique dans lequel l’auteur explique les termes des sciences connues de son temps, et dont le texte hébreu parut à Salonique en 1657, in-4°.
HŒærFER, Nouvelle biographie générale.
BONNEFOY (Louis-François-Pierre de), issu d'une noble et ancienne famille du Languedoc, naquit à Perpignan en 1816, Son père, Jean de Bonnefoy, était un chevalier de Malte qui, lors de la suppression de l’ordre par Napoléon I”, était venu se fixer à Perpignan. Il avait épousé dans cette ville la fille du dernier président du Conseil souverain, Albert de Collarès. Après de bonnes études faites aux Passages (Espagne), sous la direction des Jésuites, Louis de Bonnefoy rentra dans sa ville natale. C'était l'époque où se dessinait dans les milieux savants de notre pays un mouvement en faveur de l'histoire du Roussillon. Henry venait de publier son /Jistoire de Roussillon, en 1835 ; le Publicateur éditait chaque semaine des articles historiques et archéologiques de Puiggari, Campagne, des frères Saint-Malo, ctc. Des prédispositions naturelles, un goût inné pour l'étude portèrent Louis de Bonnefov à s'occuper aussi d’histoire locale. Ses recherches et ses travaux lui fournirent occasion de lier amitié avec J.-B. de Saint- Malo, ancien sous-préfet de Céret. Il ne tarda pas à choisir pour compagne de sa vie la fille de ce savant gentilhomme. Louis de Bonnefoy fut le continuateur des œuvres de son beau-père et des érudits de l’école du Publicateur. Ilest le trait d'union entre ces derniers et Alart. Quand la nombreuse pléiade de ces historiens roussillonnais disparut, en 1854, il resta seul sur la brèche, maintenant les traditions de ses illustres devanciers. En 1851, il avait inséré, dans Île