BONNEVAL — BORGIA
VIII: Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales deux articles archéologiques ayant pour titre : Aulel de Pé:illa et Notes archéologiques sur Saint-Génis-des-Fontaines. Cinq ans plus tard, il se décida à publier l'Epigraphie roussillonnaise, œuvre capitale qu’on pourra complé-
manuel en la matière que tout archéologue devra étudier. On doit savoir gré à Louis de Bonnefoy d'avoir déchiffré les inscriptions lapidaires du département dont la plupart sont pour le vulgaire de véritables hiéroglyphes et surtout de les avoir mises à la portée de tout le monde. « Cette épigraphie, dit M. Brutails. a été publiée par fragments dans le Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales entre 1856 et 1866 ; il en a élé fait un tirage à part à un petit nombre d’exemplaires..…. L'Epigraphie Roussillonnaise est un de ces travaux complets, aussi remarquables par l’érudition et la sagacité de l'auteur que par l'étendue de ses recherches et la forme heureuse dans laquelleil en a présenté les résultats. Il n’est pas une commune perdue dans la gorge la plus reculée du département que Louis de Bonnefoy n'ait courue. Dans son Epigraphie les moindres détails sont traités avec ce soin minutieux, cette conscience desquels il est permis de dire qu'ils sont la probité de l'historien ». Les recherches furent longues et pénibles ; l’auteur a pu écrire avec raison dans la préface de son ouvrage : « J'ai interrogé les produits de la céramique; les métaux, les bois, les étoffes aussi bien que le marbre et la pierre ». Les notes historiques qui accompagnent les diverses inscriptions sont de précieux commentaires, d'utiles auxiliaires pour ceux qui se livrent à l'étude de l’histoire du Roussillon. En 1868, se réunit pendant quelques jours à Perpignan, sous la présidence de M. de Caumont, le XXXV° Congrès archéologique de France. Louis de Bonnefoy l'avait préparé ; il en fut l'âme pendant sa session. A tout instant c'était lui qu’on consultait ; il ne lut pas de volumineux mémoires, mais sur toutes les questions il apporta des explications, fournit des dates, rectifia des jugements précipités. L'année suivante, Louis de Bonnefoy quitta Perpignan pour se fixer définitivement à Toulouse, où il mourut le 21 mars 1887. Dans cette dernière ville il n’accepta qu'un seul honneur, celui d'être membre du comité de la bibliothèque dont il était l'hôte si assidu qu’il semblait en avoir fait sa seconde demeure. Travailleur infatigable, il étudiait sans relâche ; mais ce savant d'espèce rare fuyait la publicité et le renom. Les plus habiles reçurent de lui plus d’une fois Le trait de lumière qui lcur manquait, et ils savaient que lorsqu'il avait donné une affirmation ils pouvaient s'appuyer sur elle avec certitude. Ils goûtaient dans sa causerie,
avec le charme d’une bienveillance sans mesure, des aperçus variés, semés de traits dans leur bonhomie narquoise, parfois doucement raïlleuse pour les érudits improvisés.
VI, XXVIT et XXXIT Bulletins de la Société Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrenées-Orientales. — Abbé Tor-
ter, mais dont les grandes lignes resteront, véritable ! REILIES. Le mouvement historique en Roussillon pendant le xix° » a ,
siecle. — Abbé J. CaPriie, Louis de Bonnefoy dans le 38° tascicule du Journal illustré des Pyrénées-Orientales. — Messager de Toulouse, n° du 24 mars 1887, article nécrologique.
BONNEVAL (Antoine de), chevalier, sire de Blanchefort, conseiller et chambellan de Louis XI, élait capitaine des châteaux royaux de Collioure et de Perpignan, en 1473.
ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 1°" série.
BOQUET (Joseph), orfèvre de Perpignan, était originaire de Castello d'Empories. Il fut pourvu de l'office de maître de la Monnaie de la ville de Perpignan, par privilège royal daté de Madrid, le 6 juin 1598. IL exerça cette fonction jusqu'au 19 juin 1603, date à laquelle il fut remplacé par Pierre Pujol. Il avait un frère, Jacques, qui reçut, de Philippe III, un privilège de noblesse, le 3 septembre 1599.
Archives des Pyr.-Or.. B. 378, 401, 437. — IX° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.
BORDES (Joseph de), né en 1680, mort en 1747, exerça à Prades les fonctions de viguier royal de Conflent et Capcir. Il fut anobli en 1721.
Reg. IT, fol. 97 des lettres d'enregistrement.
BORGIA (César), dont la naissance honteuse et la vie criminelle sont assez connues, fut d’abord nommé évêque de Pampelune. Alexandre VI étant devenu pape le fit archevêque de Valence et cardinaldiacre de Sainte-Marie-la-Neuve, le 24 août 1493. II obtint encore l'évêché de Castres, le 4 novembre de la même année et puis celui d'Elne dont il prit possession par procureur, suivant les registres du Vatican. Il administra ces églises, mais il ne fut jamais consacré. Il n’avait point reçu les ordres sacrés. Par une bulle du 3 juin 1494, Alexandre VI « ayant le ferme espoir que le Seigneur dirigera les actes de son bien-aimé fils César, le nomme abbé de Saint- Michel-de-Cuxa avec la confiance que, grâce à son zèle, le monastère sera utilement et heureusement dirigé et en retirera de précieux avantages spirituels ettemporels. » César Borgia ne s'occupa jamais de son abbaye que pour en recouvrer les revenus. Le 16 novembre 1497, il avait ordonné une levée de décimes ecclésiastiques dans le diocèse d’Elne. Mais le clergé se plaignit et envoya une ambassade au roi pour lui porter ses doléances. Le 30 janvier 4498, la
BORRELL — BOSCH
délégation était de retour à Perpignan et apportait l’ordre de la modération de la moilié accordée par le roi sur les décimes levées par César Borgia. Son frère aîné étant mort, il quitta l'habit ecclésiastique pour suivre la carrière militaire, en 1498. IL vexa et tyrannisa tous les gens riches et seigneurs qui avaient des domaines dans les Etats du pape. Louis XII érigea en sa faveur le duché de Valentinois, auprès du Rhône. Il fut encore duc d’'Urbin, de Camerino, de la Romandiole, d’Imola et gonfalonier de l’église romaine. Après la mort d'Alexandre VI et la mort de Pie JT, il fut emprisonné dans le château Saint-Ange. Rendu à la liberté sous Jules If, il se sauva en Espagne où il fut de nouveau arrêté par Gonzalve de Cordoue, et incarcéré. Echappé de la prison, il se réfugia auprès de Jean d'Albert, roi de Navarre, dont il avait épousé la sœur, quoique diacre, par dispense du pape son père, et péril enfin ignominieusement au siège du château de Viana, en 1507. IL a été enseveli à Pampelune et son tombeau a été orné de quelques vers.
Archives des Pyr.-Or., G. 238, biographique des évêques d'Elne.
H. 66. — Puicaari, Calalogue
BORRELL (François), mercader immatriculé de Perpignan et greffier de la maison et de la cour du Domaine, dans cette ville, continua depuis 1653 jusqu'en 1683, l'inventaire des archives de la Procuration royale de Roussillon et de Cerdagne que Michel Rodo avait commencé en 1613. Le notaire Joseph Bosch reprit la suite de ce travail au début du xvin° siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 1, 394, 402.
BORRO (Pierre), bourgeois de Perpignan, était maître racional de Jacques IT de Majorque. Il passa dans le parti du roi d'Aragon et Pierre IV le nomma, en 1357, commissaire pour enquêter contre les officiers royaux qui avaient été en exercice dans la viguerie de Roussillon et Vallespir durant les années qui venaient de s'écouler. Il eut deux fils, Jean son successeur, Jacques qui devint abbé de la Réal, et une fille Françoise qui épousa le damoiseau Jausbert dez Fonts.
BORRO (Jacques), fut nommé prieur d’Espirade-l’Agly en 1373. La siluation de ce prieuré était loin d’être brillante ainsi que le prouve une délibération prise en chapitre, le 17 décembre de cette année-là, portant affectation à la réparation du monastère qui menaçail ruine, des cent livres barcelonaises léguées par Jausbert de Tregura, de Perpignan. Cet état de délabrement ne fut pas étranger au transfert du prieuré dans l’église collégiale de la Réal à Perpi-
gnan, en 1381. Jacques Borro qui fut le premier abbé de la Réal, garda cette charge jusqu’en 1384 date à laquelle il eut pour successeur Antoine Gircos.
Archives des Pyr.-Or., H. 2, 3.
BORRO (Jean), bourgeois de Perpignan, hérita en 1442, de Françoise Borr6, épouse de Jausbert dez Fonts, décédée sans enfants. Il prit parti contre la domination de Louis XT et ses biens avant été confisqués en 1476, il émigra en Catalogne.
Archives des Pyr.-Or., G. 5st, B. 300.
BOSCH (André), avocat à Perpignan, en 1570. Il devint juge des premières appelations de la Gubernacio, c’est-à-dire de la juridiction du gouverneur, pour le comté particulier de Roussillon, et des secondes pour le comté de Cerdagne. Il fut créé citoyen noble de matricule le 16 juin 1628. Sa famille est éteinte. I! composa l’année 16528 : Suminari, Indez 0 Eptlome dels admirables y nobilissims tilols de Cathalunya, Rossello y Cerdanya ; il s'intitule lui-même, « religios profes de la tercera regla de penitencia del seraphich pare sant Francesch ». Cet ouvrage est divisé en cinq parties ; la première traite des droits et honneurs de la Catalogne, du Roussillon et de la Cerdagne en général, la deuxième des charges et offices des juridictions et des anciens souverains de ces provinces, la troisième des droits royaux et féodaux, de la noblesse, des gens de guerre et des sciences, la quatrième des prérogatives des cités, villes et autres corps particuliers, la cinquième des lois, usages et privilèges et qualifications honorifiques : le tout est justifié par la citation des titres originaux dont il avait fait la vérification. On voit à la fin le dénombrement des 1097 pragmatiques, provisions, sentences, transactions, ordinations et privilèges, consentis et donnés par les souverains pour la ville de Perpignan depuis 1173 jusqu'en 1620. C'est un in-folio
imprimé à Perpignan chez Lacavalleria, en 1628. Cette compilation a valu à son autcur, le triste sur-
nom de mentider ; l’épithète est trop sévère: Bosch n'a pas menti, mais il s'est trompé. Il était, nous dit Fossa, « aussi peu jurisconsulte qu'historien ».
En général, les faits que l’auteur appuic sur des lois et des chartes sont vrais et les cilations exactes. Il n'en est pas de même de ce qu’il a puisé dans de mauvais historiens, tels que les préjugés et les traditions populaires.
Archives des Pyr.-Or., B. 384, #32, #44.
BOSCH (Joseph), né à Perpignan en 1680, fut notaire dans cette ville. Devenu greffier en chef de la Chambre du Domaine de Roussillon, en 1728, il
continua l'inventaire des registres de la Procuration
royale entrepris par Michel Rodo. Il travaillait en collaboration avec François Borrell ; mais il s’attacha personnellement à la recherche et à l’arrangement des comptes des procureurs royaux, depuis 1335 jusqu'en 1646. Il mourut au mois de novembre 1752.
Bosch avait laissé en manuscrit un ouvrage intitulé : Règles pour connaitre la valeur des vieilles espèces de monnaie qui onl eu cours dans la province du Roussillon. De son vivant, il l'avait communiqué à Joseph Jaume. Celui-ci le transcrivit en y ajoutant des additions et des notes, et le fit imprimer en un volume in-4°, chez Joseph-François Reynier, durant l'année 1771.
Archives des Pyr.-Or., B. 1, 403%. — Mémoires de Jaume.
BOSCH (Antoine de), né en 1757, était citoyen noble, seigneur de Garrius et de Nidolères. Il remplit les fonctions de commissaire de l’ordre de la noblesse de Roussillon en 1789. Conseiller général sous la Restauration, il mourut à Ille-sur-Tet en 1845.
Communication obligeante de M. Henri Estève de Bosch.
BOTONAC (Jausbert de), né à Gérone, était fils de Bérenger de Botonac et de Saurine de Castelinou. En 1271, il était abbé de l’église collégiale de Saint- Félix, dans sa ville natale. Il fut alors chargé avec dom Gérald, abbé de Saint-Paul de Narbonne, de vider le différend qui avait surgi, à l’époque de l'érection du royaume de Majorque, entre les Templicrs et certains licux du Roussillon, sur lesquels cet Ordre revendiquait une entière juridiction. La sentence arbitrale qui vint terminer ces contestations fut rendue le 8 décembre 1271. Elle réduisait les prétentions des Templiers à la juridiction des seuls lieux de Saint-[ippolyte, Orle, Nyls et Terrats. Ermengarde, sœur de Jausbert de Botonac, fut élue. le 10 mars 1272, abbesse de Sainte-Claire, à Perpignan. C'est la première supérieure de ce couvent qui ait porté ce titre. Jausbert fut promu au siège épiscopal de Valence, en 1276, par Jean XXI. Deux ans après son arrivée dans ce diocèse, il célébra un synode dans les sessions duquel furent promulguécs de nombreuses et importantes constilutions, appropriées aux circonstances el aux besoins de l'époque. Son leslament contenait une clause spéciale : Le prélat créa une rente annuelle de quatre cents sols en faveur de la cathédrale de Valence. pour entretenir à perpétuité deux cierges allumés sur le maïitre-autel de cette église. Jausbert de Botonac mourut en 1278. I fut inhumé dans la chapelle qui se trouve actuellement sous le vocable de Saint Vincent Ferrier. On grava, à proximilé de son tombeau, l'inscription suivante sur une plaque en marbre :