‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 50 sur 227 · COMPTE · texte numérisé non relu

COMPTE

dans le département des Pyrénées-Orientlales avec indicalion des localités. Cette partie renferme les Hydrocanthares et les Lamellicornes, 1856, X° Bulletin ;

Observations sur les insectes nuisibles aux oliviers dans le département des Pyrénées-Orientales, 1858, X1° Bulletin ;

Notice sur des cétacés échoués sur les côtes de la Méditerranée, entre Saint-Laurent-de-la-Salanque et Leucale en février 1864, Delphinus globiceps. Description de l'animal, anatomie et ostéologie, avec # planches. Le squelette de ce cétacé a été monté par Companyo pour le Musée de Perpignan, 1867, XV° Bulletin.

Louis Fasre, Biographie de Louis Companyo dans le XIX° Bul-

letin de la Sociélé Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénées-Orientales.

COMPTE (François), originaire d’Ille-sur-Tet, instrumentait comme notaire vers la fin du xvr siècle. Il eut un fils du nom de Jean-Ange qu’assassina Narcisse Batlle, chanoine d’Elne. Cette affaire criminelle portée au tribunal du Saint-Siège fut instruite par l’évêque de Gérone, ainsi qu’il conste des lettres écrites par Clément VIIT au prélat de cette église, Le 21 juin 1601. François Compte a laissé un manuscrit intitulé: /llustracié dels comlats de Rossello, Cerdanya y Conflent. L'original de cette œuvre écrite en 1586 se conserve dans les archives de la maison de Pinos. On en trouve des copies à la Bibliothèque royale de Madrid et au musée archéologique de Vich. Cette dernière fut exécutée par Jérôme Pujades, au début du xvir' siècle.

TonREes-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes. — Musée archéologique de Vich, salle des manuscrits.

COMPTE (François-Xavier), fils de François Compte qui avait rempli les fonctions de viguier de Conflent depuis 1747 jusqu’en 1774, recueillit à cette dernière date la succession de son père. Les 27 et 28 juillet 1789, sa maison située de Prades fut envahie par une foule ameutée, venue des villages voisins. Les papiers de ses burcaux furent brûlés. Il ne dut son salut qu'à la fuite. Il se retira dans le comté de Foix, puis à Sigean. Il fut poursuivi par le receveur-général des finances qui lui réclamait la somme de 114.960 livres 8 sols 6 deniers dont il le supposait redevable au trésor public et à la caisse générale des finances de la province de Roussillon. Un arrêté de l’administration fixa le déficit du viguier à 43.006 livres 7 s. 3 d.; mais Compte expliqua sa faillite par le pillage dont sa maison avait été l’objet. Le 20 janvier 1790, le bureau du district de Prades chercha à établir que la caisse des impositions n'avait pu être pillée les 27 et 28 juillet 1784 :

COMPTER — COPONS

mais la plupart des documents de la comptabilité avaient été détruits. Compte émigra et sa situation financière ne fut jamais éclaircie.

DELAMoNT, Hisloire de la ville de Prades. — P. Vina, Histoire

de la Révolution française dans le département des Pyrénées- Orientales.

COMPTER DE ÇAGARRIGA (Isabelle).

Henry, dans son Histoire du Roussillon, avait fait d'Isabelle Compter de Çagarriga «une religieuse enseignante et chanoinesse de Saint-Augustin, au couvent de Saint-Sauveur de Perpignan. connue par une pièce de 179 vers catalans intitulée: Liras à Nostra-Senyora del Carme ».

Or, :la découverte du contrat de mariage. entre François de Blanes et cette même Isabelle Compter de Çagarriga faite plus de trente ans après par Alart dans les archives départementales, vint prouver que la Muse de Millas n'avait jamais porté le voile de la religieuse. Elle était bien née à Perpignan, en 1632, de l’union contractée à Millas le 9 octobre 1626 entre Onuphre Compter, docteur en droit, originaire de Banyuls-dels-Aspres, et Anne-Marie de Çagarriga. Isabelle qui était la seconde fille issue de cette union vivait donc en 1645, dans ce sens qu'elle était âgée de 13 ans. En effet, à l’âge de dix ans, le 18 décembre 1642, elle manifesta le désir d’embrasser la vie relirieuse dans le couvent de Saint-Sauveur, où elle était déjà depuis quelques années comme escolana (écolière). Elle s’y trouvait encore le 29 décembre 1651, lorsqu'elle fit son testament dans lequel elle déclarait persister dans son désir de se vouer à la vie religieuse ; elle y fit quelques legs au couvent des Carmes-Déchaussés où elle se confessait. Son contrat de mariage avec François de Blanes y Ros, docteur en droit, en 1652, prouve qu'un mois plus tard elle se trouvait dans des dispositions toutes contraires, et qu'elle ne fut jamais chanoïnesse de Saint- Augustin, au couvent de Saint-Sauveur, ni ailleurs, ni encore moins religieuse enseignante, puisque cet ordre ne fut établi à Perpignan qu'en 1660.

Isabelle porta en dot à son mari la bibliothèque de son père, presque entièrement composée d'ouvrages de droit. Leur union ne fut pas de longue durée, et il v a lieu de croire qu'’Isabelle fut emportée par la peste qui ravageait alors la ville, après un an et demi de mariage. Elle n'avait que 21 ans et fut ensevelic dans l'église du couvent de Saint-François.

HENRY. Histoire de Roussillon. — ArarT. Echo de Roussillon, 1863. — Abbé J. CaPeiLe, Elude historique sur Millas.

CONSTANT !: (Flavius-Julius), le plus jcune des trois fils de l’empereur Constantin-le-Grand et de Fausta, mort en 350. Il reçut de bonne heure, de son père, le gouvernement de l'Ilyrie oceidentale,

de l'Italie et de l'Afrique. Plus tard, lors du partage de l'empire, en 337, les mêmes provinces tombèrent dans son lot. Après avoir résisté avec succès à la violence et à la trahison de son frère Constantin, qui avait envahi ses états en 340. en même temps qu'il avait trouvé la mort dans cette expédition, Constant resta maître de tout l’ouest. Il s’abandonna alors à toute la fougue des passions ; cependant, il accorda sa protection à l'Eglise. Pendant qu'il était occupé dans la Gaule à un de ses plaisirs favoris, la chasse, il apprit que Magnence s'était révolté, entraînant l'armée à sa suite, et que des émissaires étaient en route pour lui donner la mort. Il tenta alors de se sauver en Espagne; mais il fut atteint près d'Elne par la cavalerie de l’usurpateur. Abandonné de tous, excepté d'un Franc appelé Larriogaise. il fut massacré, à l'âge de trente ans, dans une chapelle où il s'était réfugié. Ainsi parut s'accomplir le singulier horoscope de Zonare annonçant que ce prince mourrait dans le sein de son aïeule : allusion à la ville d'Elne à laquelle Constantin-le-Grand avait donné le nom de sa mère, sainte Hélène. Dans la galerie sud du cloître d'Elne se trouve un fragment d'un sarcophage chrétien portant le monogramme du Christ cntouré d’une couronne de laurier. Une tradition sans fondement prétend que ce relief aurail appartenu au tombeau de Constant. Il convient toutefois de reconnaïtre dans ce marbre un morceau de sculpture des premiers siècles de l'ère chrélienne.

HœrEer, Nouvelle biographie générale. — XIV' Bulletin de la Société Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orienlales. — 1. ve Bonxeroy, Epigraphie roussillonnaise.

COPONS (Philippe de) était fils de Raymond de Copons, seigneur de la Manresana, dans le diocèse de Barcelone. Il s’attacha au parti de la France, lors des guerres de Catalogne, et vint en Roussillon où il commença la branche cadette de cette famille, la branche aînée avant demeuré en Espagne. Dès le 29 juillet 14653. Louis XIV lui fit donation de rentes sur les biens de Raymond Delpas. Les Espagnols à leur tour, confisquèrent ses biens, et en 1668, Louvois lui adressa une lettre pour l’assurer des bonnes intentions de son royal maître à son égard. Ce ministre lui apprenait que le roi de France songeait à lui donner des fiefs sur les confiscations dont on n'avail pas encore disposé, dans le but de le dédommager de la perte de ses biens. Lors de la création du Conseil souverain, une place de conseiller lui fut réservée au sein du tribunal suprême du Roussillon. Philippe de Copons devint ensuite président à mortier de ce prétoire célèbre. Il mourut criblé de dettes au mois d'avril 1686. confiant dans la clémence de Louis XI\ pour les solder, en récompense des services qu'il

avait rendus à sa cause durant l’espace de quarantequatre ans. Philippe de Copons qui avait épousé Elisabeth de Tamarit laissa en mourant deux fils : François et Sauveur, et une fille, Josèphe, qui se maria à Joseph de Pagès de Vilanova, seigneur de Saint-Jean-pla-de-Corts.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, C. 1363, E. (Titres de famille). — Abbé J. Capri, La seigneurie de Saint-Jean-Pla-de-Corts.

COPONS (François de), fils aîné du précédent fut avocat-général au Conseil souverain. Il épousa Marie-Anne d'Oms de Foix qui lui donna quatre enfants : François. qui devint président à mortier du Conseil souverain ; Joseph. tour à tour chevalier et commandeur de Malte ; Marie, qui se maria à Antoine d'Oms de Tamarit, et Philippe, chanoine d'Elne.

Archives des Pyr.-Or., G. 140. — Mémoires de Jaume.

COPONS (Sauveur de), second fils de Philippe de Copons, entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Benoît. Il était sacristain-majeur de Saint- Michel de Cuxa lorsqu'il fut élevé, en 1723, au siège abbatial de ce monastère, vacant depuis la mort de dom Joseph de Trobat, décédé vingt ans auparavant. L'abbé de Copons demeura trente-quatre ans à la tête de cette abbaye. Il était seigneur haut-justicier de Codalet, Taurinya, Maryans, Planès, La Cabanasse, Saint-Pierre-dels-Forcats, Matemale et les Angles. Comme tel, il détenait la propriété de la magnifique forêt de la Matte, dont les habitants du Capcir lui disputèrent les droits, en se prévalant d’un privilège de pacage jadis accordé à la localité par les prédécesseurs de l'abbé. En 1745, une transaction fut conclue entre eux et Sauveur de Copons. Les consuls des Angles se constiluèrent les gardiens du bois. s'obligèrent à sauvegarder la forêt contre les déprédations et à verser annuellement la somme de 1100 livres à l'abbé et à ses successeurs. La communauté des Angles se réserva le droit de pacage et d'affouage dans la forêt. Sauveur de Copons mourut, en 1757, dans un âge avancé.

FoxT, Histoire de l'abhaye royale de Saint-Michel de Cura.

COPONS (François de), seigneur del Llor, au territoire de Thuir, naquit en 1715. Malgré son jeune age, il fut nommé conseiller au Conseil souverain, Le 25 septembre 1733, et président à mortier, le 9 novembre 1748. Il remplit ses fonctions jusqu’au milieu

de l'année 1775, et fut remplacé, en 1778, par M. d'An- :

ylade. François de Copons garda le titre de président honoraire du Conseil souverain. se retira à Paris, où il mourut le 6 février 1786. Il épousa en premières noces Marie d'Oms de Montalt, et de ce mariage naquirent trois filles : Madeleine, qui se maria à Joseph de Réart, Louise, qui se fit religieuse, et Vic-

COPONS — CORBÈRE

toire. Resté veuf, en 1774, il ne tarda pas à convoler en secondes noces avec une demoiselle de Maupertuis.

Mémoires de Jaume.

CORBÈRE (Bernard de), seigneur du château de ce nom, était un chevalier roussillonnais qui vivait sous le règne de Jacques [° le Conquérant. Le 4 février 1266, de concert avec les frères Bernard et Bérenger d'Oms. Guillaume de Castellnou et Arnaud de Saint-Marsal, il se porta caution pour la restitution de la dot que Dalmace de Castelinou aurait à faire à Ava, fille de Pierre de Fonollet, en cas de divorce. Le 24 juin 1269, Bernard de Corbère reçut aveu de Bérengère de Saragosse pour les fiefs que cette dernière possédait aux terroirs de Saint-Pierre de Corbère et de Saint-Julien de Vallventosa. Après la constitution du royaume de Majorque, Bernard de Corbère demeura fidèle partisan du roi d'Aragon. Il pénétra en Ampourdan avec les chevaliers roussillonnais Ermengaud d'Alénya. Hugues de Cuyxos, Raymond d'Urg. Bérenger d'En, Bernard d’Enveig, etc., fit irruption sur le château de Vilariu et le pilla. Il fut dénoncé au roi de Majorque par le viguier de Géronc. Bernard de Corbère laissa un fils du nom de Bérenger. Celui-ci, à la mort de son père, survenue avant 1298, était pupille et placé sous la tutelle d’Arnaud Bertran. Bérenger de Corbère était décédé en 1303. Son successeur fut Picrre-Raymond de Corbère.

Archives des Pyr.-Or., B. 247. — Archives de l'hôpital d'Ille. — L. be BoNxEroY, Epigraphie roussillonnaise.

CORBÈRE (Pierre-Raymond de), qui était seigneur de Corbère en 1303, épousa Agnès. Celle-ci mit au monde un garçon auquel on donna au baptème le nom d’Arnaud. Pierre-Raymond de Corbère était décédé en 1319; sa veuve administra le domaine seigneurial jusqu'à la majorité de son fils.

Archives de l'hôpital d'Ile.

CORBÈRE (Arnaud de), fils du précédent, contracta mariage avec Huguette. fille de Bérenger de Perapertuse. Le 23 avril 1338, il reconnut avoir reçu de son beau-père la somme de quinze mille sols barcelonais de tern, représentant la dot de son épouse. Arnaud de Corbère était déjà mort en 1350. car. à cette date, le damoiseau Huguet d'Ille se reconnut débiteur d'Huguette de Corbère, tutrice de sa fille Marguerite, pupille, et héritière universelle d'Arnaud de Corbère. Marguerite de Corbère épousa Pierre de Pecrapertuse en 1355. De cette union naquit une fille, Huguette, qui, s'étant mariée en 1380 à François de Çagarriga, apporta en dot à celui-ci le château ct la seigneurie de Corbère.

Archives de l'hôpital d'Ile.

CORBÈRE — CORBIAC

CORBÈRE (Etienne de), citoyen honoré de Barcelone, vivait pendant le xvr siècle et au commencement du xvn' siècle. Il est auteur de quelques ouvrages d'histoire, parmi lesquels on cite: Vida de doña Maria de Cervello 6 del Socés, imprimé à Barcelone en 1629 ; Genealogia de la nobilissima casa de Queralt en el principado de Cataluña y breves relaciones y epitomes de las vidas y hechos de los antiguos condes de Barcelona y reyes de Aragon, œuvre restée inédite, qu'il avait dédiée en 1623 à Dalmace de Quéralt, comte de Santa-Coloma, chef de la famille et baron de Quéralt ; Respuesla a varias consullas lilerarias ou questions que lui avaient soumises le comte de Guimera et divers écrivains espagnols ; Prologo à una obra de Francisco Compte, notaire à Ille-sur-Tet ; Prosperidades infelices, abrégé historique des anciens rois de Naples, renfermant la relation des premières guerres de Sicile entreprises par les Catalans et Aragonais ; Calaluña illustrada, ou l'Histoire de la Catalogne, qu'il laissa manuscrite, lorsqu'il mourut en 1635. IL est fait mention d’Etienne de Corbère dans la Bibliothèque espagnole. On croit que ce manuscrit, dont Marca eut communication lorsqu'il séjourna à Barcelone, lui fut de quelque utilité pour la composition de son fameux ouvrage : Marca hispanica. Cette dernière œuvre d’Etienne de Corbère fut imprimée à Naples, en 1678, sous le titre de Cataluña illustrada, par les soins du P. Joseph Gomez de Porres, carme, professeur à l’Université de Naples, qui y fit quelques additions.

TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.

CORBIAC (Bérenger de), chevalier, habitant à Vinça, en 1242, avec Bruna, son épouse, et Udalgar, son fils, inféode à Raymond d'Erantiga une partie de l'honneur qu’il possédait à Marcevol.

Almanach Le Roussillonnais, 1881.

CORBIAC (Guillaume de), fils aîné d'Udalgar de Corbiac, fut chargé par les habitants de Marcevol, le 29 décembre 1281, de défendre leurs intérêts dans les procès que le nouveau prieur du Saint-Sépulcre se préparait à leur intenter. Guillaume de Corbiac reparaît en 1313 comme possesseur du tiers de la dime de Vinça.

Archives des Pyr.-Or., B. 15. — Alnanach Le Roussillonnais,

ISS1.

CORBIAC (Arnaud de), était sacristain de Saint- Michel de Cuxa, lorsqu'il fut chargé, le 9 janvier 1288, de faire un partage des dîimes d'Arbussols, avec les chanoines du Saint-Scpulcre. Le 2 janvier 1290 il traita avec les hommes de Vinça pour la foresteria du bois de Llech. Arnaud de Corbiac fut élu abbé de Saint-Martin du Canigou le 19 juin 1303,

et succéda à Guillaume de Cervoles décédé deux mois auparavant. Le 19 mars 1309, Arnaud de Corbiac permit à Guillaume de Novelles de construire et tenir des bains dans les maisons que celui-ci possédait à Vernet, près les eaux de ce lieu et de recevoir à cet effet une source d’eau chaude qui était éloignée des grands bains. Le 16 mai de cette même année, l’abbé de Canigou ordonna à ses moines de se rendre au chapitre général de l’ordre convoqué à Saint-Tibéri (diocèse d'Agde) et de comparaître devant le président du chapitre. Arnaud de Corbiac mourut le 3 août 1314. On lit l'inscription tumulaire suivante sur un bas-relief qui se trouve dans l’église de Castell: « Anno Domini MCCC XIII III nonas Augusti obüt fraler Arnaldus de Corbiaco condam abbas monaslerii sancti Martini Canigonensis cuius anima requiescat in pace. Amen. » Le défunt est représenté couché dans son tombeau, et derrière lui se trouvent neuf DOrORRAR né emCEVRÉPAEUE SOUS.

quatre arcades ogivales à redents.

L. be Boxxeroy, Epigraphie roussillonnaise. — Almanach Le Roussillonnais, 1881.

CORBIAC (Bernard de), fils de Guillaume, portait le titre de damoiseau ; ayant épousé dame Fabis, il mourut avant 1350. De ce mariage naquirent deux filles : Torrona et Esclarmonde, épouse de R. Amalric, et trois fils, les damoiseaux Guillaume, Bernard, dont la biographie suit, et Adhémar qui était déjà décédé en 1350.

Almanach Le Roussillonnais, 1881.

CORBIAC (Bernard de), damoiseau de Vinça.

obtint de son frère aîné la renonciation de ses droits sur la succession de leurs parents, moyennant une

| somme de six mille sous barcelonais de tern, par

acte passé le 3 janvier 1350. Bernard de Corbiac s’unit à une noble et ancienne famille d'Ille, en épousant Philippa. fille de Blanche et du damoiseau Hugucs d’Alénya. I} était au mois d'août 1364 bailli de Vinça pour la dame de cette ville, l’infante Jeanne, fille du roi d'Aragon, Pierre IV. Bernard de Corbiac fut remplacé. comme baïlli, par François d'Esblada, à la fin du mois d'avril 1365 et porta quelque temps encore le titre de lieutenant de baïlli et de capitaine de Vinça. On le trouve encore, vers l'an 1369, en qualité de procureur de l’archidiacre de Conflent. Bernard de Corbiac avait épousé en secondes noces Jeanne dont le nom patron\mique est inconnu. l fit son testament le 4 février 1376, et mourut le 14 juillet suivant, sans laisser d’héritier pour conserver le nom de sa famille.

Archives des Prr.-Or., D, 106, 121. — Almanach Le Roussil-

lonnais, 181.

CORDELLAS (Charles) était abbé de Saint-

(iénis-des-Fontaines, en 1409.

Gallia chrisliana. VE, col. 1107.

CORDELLAS (Jean), protonotaire apostolique et évêque de Guardia, dans le royaume de Naples fut nommé abbé commendataire de Saint-Génis-des- Fontaines, en 1539. Son frère Michel, qui était chanoine de Barcelone, fut son procureur jusqu'en 1569, mais ce dernier n’obtint jamais ses bulles de nomination à la dignité abbatiale.

Archives des Pyr.-Or., G. 10. — Gallia chrisliana, VI, col. 1107.

CORDERO (Martin) fit paraître à Perpignan.en 1608, la traduction de l’ouvrage de Josèphe : De bello juduico.

FOouRQUET, Catalogue des livres de la bibliothèque communale de Perpignan.

CORNELLA (Antoine), bénéficier de la communauté ecclésiastique de Bouleternère, en 1663, fut nomimé à la cure de Catllar et s'occupa de la construction de l'église de cette paroisse. Il fut enterré dans une chapelle de cette dernière église, ainsi qu'en témoigne une inscription tumulaire gravée sur une dalle du sol. |

Archives des Pyr.-Or., G. 734.

CORNET (Frédéric), prêtre de Barcelone, docteur en droit canon, inquisiteur dans la ville et royaume de Murcie, fut nommé évêque d'Elne par une bulle en date du 13 février 1617. Il prit possession de son siège par procureur le 23 juin et prêta de même son serment le 24. Mais il mourut à Barcelone le lendemain, sans avoir même vu son diocèse.

Archives des Pvr.-Or.. G. 49, 241. — Puicqants, Calalogue biographique des eveques d'Elne.

CORNET-LACREU (François), de Rodès, était colonel du régiment de Farnèse (cavalerie espagnole) lorsqu'il fut blessé à Gibraltar. le 6 juillet 1763. C'est ce qu'apprend la légende d’un ex-voto qu'on aperçoit sur les parois de la chapelle de Notre-Dame de Domanova.

Communication obligeante de M. l'abbé G. de Llobet, vicairegénéral de Perpignan.

CORONNAT (Pierre-Guillaume-Paul), né à Latour-de France. le 26 octobre 1845, entra à l'Ecole spéciale de Saint-Cyr le 20 octobre 1865. IL fut nommé, le {octobre 1867, sous-lieutenant au 4° régiment d'infanterie de marine, et partit presque aussitôt pour la Cochinchine où il fut promu lieutenant, puis pour le Japon où il demeura jusqu'en 1873.

Capitaine au choix le 31 mars 1874 au 2’ régiment

CORDELLAS — CORONNAT

à: Brest, Coronnat suivit les cours de l'Ecole supérieure de guerre, obtint en 1877 le brevet d'étatmajor avec la mention bien et fit un stage à l’étatmajor du 15° corps d'armée à Marseille.

Le 10 octobre 1879, 1l fut nommé aide de camp du vice-amiral préfet maritime à Toulon. Le 1° juillet de l’année suivante, il était promu chef de bataillon au choix et maintenu dans ses fonctions. Il y resta jusqu'au mois de février 1882.

Appelé à servir en Cochinchine, il s'embarqua à Toulon, le 20 juillet 1882, et débarqua à Saïgon le 30 août. L'année suivante, il fut appelé par le général Bouët, alors commandant en chef au Tonkin,comme chef d'état-major. Après avoir préparé avec son chef la marche en avant contre les Pavillons-Noirs, il prit lui-même le commandement de la colonne du cenutre et se dirigea sur Yen-Taï et Noï et Yen. Il chassa l'ennemi devant lui, et, lorsqu'il se trouva coupé de ses communications avec les autres colonnes par suite du mauvais état des routes, il sut inspirer une telle confiance à ses hommes, que ceux-ci conservèrent une attitude qui découragea l'ennemi et le força à la retraite.

Jusqu'au 1” septembre, le commandant Coronnat dirigea lui-même une partie des reconnaissances en vue d'étudier le terrain sur lequel on devait combattre.

Au départ du général Bouët, il fut remplacé comme chef d'état-major; mais il demanda et obtint de rester au Tonkin à la tête d’un bataillon. Il assista ainsi à presque toutes les affaires qui se déroulèrent dans cette colonie jusqu’en 1884. A Bac-Ninh, le 16 mars 1884, il fut cité à l'ordre du jour du corps expéditionnaire pour avoir brillamment conduit son bataillon pendant les marches et lors de la prise de cette place. Il se distingua encore lors de la poursuite de l'ennemi dans la direction de Thaï-Nguyen et dans les opérations contre Hong-Hoa.

Le 2 mai 1884, il fut promu lieutenant-colonel en récompense de sa belle conduite pendant lexpédition et appelé à continuer ses services au 4 régiment, à Toulon.

Au uinois d'octobre 1886, le lieutenant-colonel Coronnat fut désigné pour prendre le commandement du régiment de tirailleurs sénégalais ; il débarqua à Dakar le 15 novembre suivant. Quelques mois après (avril 1887), une révolution menaça le centre de notre possession du Séncyal. Üne attaque du Saloum par Saërmaly, chef du Rip. aidé des marabouts voisins, devint imiminente. Le lieutenantcolonel Coronnat fut désigné par le colonel Duchemin, commandant supérieur des troupes, pour aller, avec une colonne de 400 à 500 hommes, châtier les rebelles. Grâce à de savantes combinaisons, la colonne se rendit maîtresse du Rip en peu de temps,

CORREA — CORTSA VI

après avoir enlevé six tatas (villages fortifiés), construits au prix de grands efforts et dont leurs extérieurs avaient en moyenne 5 mètres de hauteur. L'influence française, un instant compromise, se trouva ainsi définitivement assise dans les provinces de Sine, du Bayol et du Cayor.

Le 18 juin de cette même année 1887, en récompense de cette belle campagne, le lieutenant-colonel Coronnat fut nommé colonel et commandant supérieur des troupes de la colonie.

Rentré en France au mois de novembre 1888, il fut placé au 3° régiment d'infanterie de marine et, au mois de janvier 1889, appelé à servir à Paris comme chef d'état-major de l'inspecteur général de l'armée. Le 10 octobre 1891, le colonel Coronnat fut promu au grade de général de brigade et placé à la tête de la 3° brigade de marine, à Rochefort, dont il prit le commandement le 1° février 1892, puis de la 2° brigade, à Brest.

En février 1894, il fut appelé au commandement en second des troupes de l'Indo-Chine. et, en décembre, au cominandement de la brigade de Cochinchine et du Cambodge. Le général Coronnat prit en juillet 1896, le commandement de la #4 brigade à Toulon. Au cours de ces différents commandements, il fut chargé d’inspecter à diverses reprises Îles troupes stationnées dans les colonies.

Elevé au grade de général de division le 12 août 1900, Coronnat fut nommé inspecteur-adjoint de l'infanterie coloniale : il fut ensuite placé (décision du 25 février 1901) à la tête de la 2° division d’infanlerie coloniale, à Toulon, puis, par décision du 7 juillet 1902, commandant sup‘rieur des forces miliaires de l’Indo-Chine à Hanoï. Il était. depuis le {août 1905, président du comité technique des troupes coloniales.

Le général Coronnat, grand-officier de la Légion d'honneur du 29 décembre 1903, était, en outre, officier de l'instruction publique, commandeur du Soleil-Levant du Japon, grand-officier de l'ordre royal du Camhodge et de l'ordre impérial du Dragon-Vert de l’Annam, titulaire de la médaille du Tonkin et de la médaille coloniale. grand-croix de l'Etoile Noire du Bénin, grand-croix de la Couronne d'Italie. Il mourut le 6 avril 1909.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

CORREA (André), moine bénédictin qui avait rempli diverses charges au couvent de Notre-Dame de Montserrat, fut élu abbé de Saint-Génis-des-Fontaines le 27 août 1598. Il eut des démêlés avec l’évèque d’Elne, Onuphre Réart, au sujet de la juridiction.

Archives des Pyr.-Or.. G. 13. — Gallia chrisliana, VI, col. 1108.

CORTSAVI (Raymond de) était seigneur des territoires de La Bastida et Bula-d'Amont vers le milieu du xur° siècle. Son nom est mentionné dans une nomenclature de feudataires du vicomte de Castellnou que contient une charte du 9 juin 1193. Par ce document, Raymond de Serralonga, chef féodal des forteresses du Vallespir, autorisa l'abbé d'Arles à fortifier le lieu de Fourques. avec le consentement de divers chevaliers, au nombre desquels se trouvait Raymond de Cortsavi. Celui-ci mourut l’année suivante, laissant trois filles: Ermessinde. qui devint l’héritière de la baronnie de Gortsavi, et, par le fait, la plus riche dame du Vallespir ; Giraula, qui contracta mariage avec Pons de Valigornera ; et Marie, qui devint la femme de Bertrand d’Ille.

Ermessinde épousa Olivier de Termes, puissant scigneur du Narbonnaiïis, qu'elle ne tarda pas à perdre. En 1211, elle convola en secondes noces avec Bernard-Hugues de Serralonga. De son premier époux, elle avait eu un fils, Olivier. qui s'illustra dans les Croisades. De son second mari, elle eut deux garçons, Guillaume-Hugues et Raymond. Une charte la montre concluant, le 21 juin 1248. avec ses trois fils, la dotation d'un tènement avec droit de pacage au territoire de Cortsavi, en faveur de l’abbaye de Vallbona.

L'héritage de la baronnie de Cortsavi et de La Bastida échut à Raymond, le cadet. D'après Gazanvyola. « Raymond de Serralonga portait ce nom d’une terre de sa mère située en Roussillon ». Il n'en cest rien. Raymond garda l'appellation patronymique de son père, Bernard-Hugues de Serralonga, bien qu'il fut baron de Cortsavi. Ce furent ses deux fils, Arnaud ct Raymond. qui reprirent le nom de Cortsavi.

Archives des Pyr.-Or., B. S0. — Marca hispanira, col. 484. — Gazawoza, Histoire de Roussillon.

CORTSAVI (Arnaud de), fils de Raymond de Serralongue, épousa Guéralda. fille unique ct héritière universelle de Galcerand TT d'Urg, seigneur d'Ile, Joch, Estoher. Via. etc. et de Xatberta de Barbeyran, de la maison des scigneurs de Molitg. Le 18 avril 1282. Arnaud de Cortsavi et Guéralda, sa femme, concédèrent plein et libre pouvoir aux habitants de Vinça. de Joch, de Rigarda, de Sahorla, de Finestret et de Vilella de prendre les eaux de la rivière dite de Lentilla ou de Finestret, de les amener à lravers le territoire de leur juridiction du château de Joch. et de construire un ruisseau pour conduire les eaux, s’en servir, en user et arroser leurs propriétés. En 1285. Arnaud de Cortsavi, ainsi que plusieurs autres grands seigneurs roussillonnais. prit parti pour le roi d'Aragon contre les croisés français alliés du roi de Majorque. H fut obligé de s’expatrier et tous ses biens furent confisqués

au profit du Domaine royal. Cette situation dura jusqu’à la paix conclue en 1298 entre les rois d’Aragon et de Majorque. Dans l'intervalle, Guéralda, qui n'avait pas d'enfants el n'avait jamais cessé de jouir de ses biens patrimoniaux, par un acte du 6 février 1297, vendit à son cousin-germain, Pierre de Fonollet, le château et la ville d’Ille. avec divers droits dans les territoires de Saint-Michel de Llotes, Mersuga, Greolera et Corbera, le lieu d’'Estoher et le vilar de Vilanova-des-Escaldes en Cerdagne, le tout pour le prix de cinquante mille sols de Malgone. Arnaud de Cortsavi n’eut aucune réclamation à faire contre cette aliénation que son épouse faisait de tous ses biens, à l'exception de la moitié de la seigneurie de Joch et du château de Via dont Galcerand IT d'Urg avait ordonné la vente pour payer les dettes de son père. Pierre de Fonollet acheta dans la suite le chàteau de Via ; ainsi, tous les anciens domaines de la maison d'Ürg se trouvèrent réunis en son pouvoir. Arnaud de Cortsavi fut présent à la prestation de foi et d'hommage que l’Infant Sanche fit, dans Gérone, à Jacques II d'Aragon, en l’année 1302. Il mourut sans laisser d’héritier mâle.

Zurira, Anales de la corona de Aragon. — Almanach Le Roussillonnais, 1879.

CORTSAVI (Raymond de), évêque de Mallorca, frère du précédent, était entré dans l’ordre de Saint- Dominique et avait fait sa profession religieuse dans le couvent des Jacobins de Perpignan. C'est ce qu’apprend une lettre de Sanche, roi de Majorque, écrite le 2 avril 1321 à son lieutenant, Dalmace de Banyuls. Le monarque lui prescrivit d'accueillir avec faveur le lecteur des Frères-Prècheurs de Perpignan, qui se rendait à Mallorca pour connaître et exécuter les dispositions testamentaires de feu l'évêque Raymond, lequel avait arrêté secs suprêmes volontés durant le temps de son noviciat au couvent des Dominicains de cette ville. Ses connaissances étendues dans Îles sciences ecclésiastiques lui valurent la charge de maître du Sacré-Palais, quelque temps avant l’arrivée des papes à Avignon. Jean XXII le nomma à l’évéché de Mallorca, le 28 mai 1318, en remplacement de Guillaume de Vilanova.

De concert avec le chapitre de sa cathédrale, Raymond de Cortsavi éleva, le 9 juillet 1319, le taux des prébendes canonicales de soixante à quatre-vingtcinq livres. Cette mesure avait été dictée à l’évêque par les événements dont il était Le témoin. La cherté des vivres obligeaïit un grand nombre de chanoines à abandonner l'ile de Mallorca et à ne pas garder la résidence. Îl remédia à cet abus en majorant le tarif de leurs émoluments. Villanueva dit qu'il avait eu sous les eux un statut diocésain daté de cette même année, au bas duquel était apposée la signature de

CORTSA VI — COSTA

l'évêque Raymond de Cortsavi. Le 18 octobre. ce prélat approuva la fondation d'un bénéfice institué par un particulier à l'autel de sainte Anne de la cathédrale de Mallorca.

Raymond de Cortsavi eut un pontificat de courte durée. Il mourut dans Je courant du mois de mars 1321, ainsi qu'il conste du texte d’une lettre dirigée de Perpignan par le roi Sanche à Dalmace de Banyuls. son lieutenant. Celui-ci avait notifié à son royal maître la nouvelle du décès de l’évêque de Mallorca. Dans la réponse qu'il lui adressa, à la date du 29 mars, le monarque déplorait la mort de ce pontife, mais il se consolait à la pensée que le défunt avait fidèlement rempli sa mission. Cette lettre découvre quelques particularités du testament de Raymond de Cortsavi. L'évêque avait recommandé que ses dernières volontés fussent exécutées avec l'agrément du roi. Le souverain délégua ses pouvoirs à Dalmace. Celui-ci dut retirer cent livres du capital et les affecter à l’œuvre de l'hôpital de la ville épiscopale. Cinq mille sols devaient aussi en être distraits pour permettre de terminer le chevet de la cathédrale. Le successeur de Raymond de Cortsavi sur le siège de Mallorca fut le perpignanais Gui de Terrena.

ViLLANUEVA, Viaje literario à las iglesias de España. — Abbé J. CaPriLee, Figures d'évèques roussillonnais.

COST A (Arnaud de), jurisconsulte de Perpignan, épousa Ausberga. Deux fils naquirent de leur union : Raymond qui devint évêque d’Elne et Pierre, archidiacre de Xativa et chanoine d'Elne. Arnaud de Costa mourut le 20 septembre 1282 et fut enseveli sous le parvis de l'ancienne église de Saint-François, à Perpignan (l'hôpital militaire), ainsi qu’il conste de l'épitaphe suivante : + Anno Domini M CC LXXXII II KLS. Octobris obiil domina Ausberga uxor quondam domint Arnaldi de Cosla iurisperili de Perpiniani +. Et post ac anno Domini M CC LXXXAII XII KLS Octobris obiil diclus dominus Arnaldus de Costa quorum conjugum ossa jacent hic tumulata. Filios habuerunt venerabilem in Christo paltrem dominum Raymundum Dei gracia Elnensem episcopum et dominum Petrum de Costa iurisperiltum presbilerum. Prediclorum anime in pace requiescant.

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