COSTA — COURTAIS
COSTA (Pierre), peintre de Perpignan, fabriqua en 1424 le retable de Saint-Thomas pour l’église de Cabestanvy.
Archives des Pyr.-Or., G. 737.
COSTA (Guillaume), sculpteur, construisit un retable pour l'église de Baiïixas, en 1460. En 1474, il s'engagea à faire trois retables pour l’église Saint- Jacques d’Elne : Ie premier devait être sous le vocable de saint Loup, le second sous celui de saint Roch et le troisième sous celui de saint Dominique.
Archives des Pyr.-Or., G. 725. 779.
COSTA (Jean), peintre de Perpignan, exécuta des retables pour l'église de Baixas, en 1493.
Archives des Pyr.-Or., G. 725.
COSTA (Michel) était peintre à Perpignan, en
COSTA (Louis), sculpteur de Perpignan, qui avait entrepris la construction du retable du maîtreautel de l’église de Canet, en 1642. La mort le surprit au milieu de son œuvre ; sa veuve, s’engagea, l’année suivante, à faire mener l'entreprise à bonne fin.
Archives des Pyr.-Or., G. 751.
COSTA (Ferdinand) naquit le 19 août 1632 à Chambéry, de Jean-Baptiste Costa, président de la Cour des comptes de Savoie et de Pétronille de Guirod. Après avoir obtenu ses diplômes en droit, il embrassa la vie religieuse et entra, le 12 mai 1652, à l'Ermitage des Camaldules de Turin. En 1673, il reçut de ses supérieurs l’ordre d'aller faire en France des fondations de leur Institut. Après avoir jeté en Bretagne les fondements d'un monastère de son ordre, il partit pour l'Espagne, dans le but de créer de nouveaux couvents. Mais la guerre qui désolait le Roussillon lui ferma l'entrée de la Péninsule hispanique. Après avoir vainement demandé un passe-port au vice-roi de Catalogne, San-German, Ferdinand Costa se décida à demeurer quelque temps en Roussillon : il se dirigea vers le monastère de Saint-Michel de Cuxa, dans lequel saint Romuald, fondateur des Camaldules, s'était sanctifié. De passage à Prades, il fit la rencontre du révérend Bassols, prêtre-bénéficier de l’église paroissiale de cette localité qu’une préutation de sainteté environnait déjà. Le prêtre et le relicieux se saluèrent de leur nom respectif sans s'être jamais vus, puis Bassols offrit au pèlerin l’hospitalité dans son humble maison d'habitation. Avant voulu passer une nuit sur la pierre où la tradition veut que saint Romuald ait couché, à proximité de
l'abbave de Cuxa, Ferdinand Costa fut pris d’une fièvre qui le conduisit au tombeau. IL mourut à Prades, Le 23 septembre 1674, et fut enseveli avec honneur dans l'église paroissiale de cette petite ville. Gaspard Costa, comte de Vilard. membre du conseil secret du roi de Savoie et président de la Cour des comptes de Chambéry, frère du défunt, fit graver sur une pierre sépulcrale en marbre l’épitaphe ornée d’un blason à trois fleurs de lys qui relate les principaux traits de la vie et les circonstances de la mort du saint Camaldule.
Abbé F. For, Vie du marquis Ferdinand Costa, Perpignan. Comet, 1881.
COSTE (Louis) n’est connu que pour avoir controversé, en 1771, quelques questions anatomiques avec le médecin Joseph-Barthélemy Carrère.
HENuY, Hisloire de Roussillon.
COSTE, maître de chapelle à la cathédrale de Perpignan, a écrit les paroles et la musique d'un opéra-comique en trois actes : La quenouille de la reine Berthe qui fut représenté au mois de mai 1858, sur le théâtre de Perpignan.
FÉris, Biographie universelle des musiciens, supplément.
COTXET (Bonaventure) naquit à Err, le 14 octobre 1791. Ordonné prêtre en 1815, il fut nommé curé de Rigarda le 1°" juillet 1815. Le 1°" octobre suivant, il devint vicaire d’Arles-sur-Tech. Il fut successivement : curé d’Elne, le 1” juillet 1817 ; de Trouillas, le 1°" octobre 1822 ; de Mont-Louis, le 1°" mai 1824. L'abbé Cotxet servit ensuite dans les armées carlistes, en qualité d'aumônier militaire, à dater du 26 novembre 1825 jusqu'au 23 janvier 1832. À cette date, il reçut le titre de desservant d'Enveitg, puis celui de sa paroisse natale, le 14 novembre 1834. Le 1° juillet 1850, l'abbé Cotxet devint curé de Molitg. En 1853, il publia: Nolicia hislorica de la imatge de Nostra- Senyora d'Err, seguida de la sua descripcio, dels noms dels rectors que han gobernal la parroquia dos cents anys y de una curla relacio de la sequedal de 1847. in-12 de VIT-83 pages, Perpignan, J.-B. Alzine. Nommé curé de Corneilla-du-Conflent le 1” octobre 1858, il fut mis en disponibilité en 1862. Il occupa ensuite le petit poste de Nahuja. à partir du 1” mars 1863 jusqu'à l'année 1877, durant laquelle il se retira au sein de sa famille. Il mourut à Err, le 27 mai 1879.
Archives de l'Evêché de Perpignan.
COURTAIS (Pierre) fut, pendant de longues années, instituteur à Port-Vendres et à Banyuls-surmer. Après sa mise à la retraile, il se retira à Argelès-sur-mer, où il mourut en 1888. Son premier recueil de poësies catalanes, lors de Canigo, parut
CREXELL — CROU
en 1868 ; il fut dédié à Aimé Camp, alors inspecteur d'académie à Perpignan. Ce recueil, qui comprend une description du Roussillon et une quinzaine de fables, est, au dire de M. Amade, «un modeste petit volume où l’auteur s’est essayé à manier le dialecte du Roussillon, en le purifiant de ses gallicismes. On n'y découvre aucune trace de talent ; mais si Courtais a quelque mérite, c'est bien celui d’avoir tenté, sinon le premier, du moins l’un des premiers, l'adaptation du langage moderne à la poésie; son exemple n'est pas resté vain ». En 1874, Pierre Courtais fit paraître une plaquette, La Pedragada, au profit des orphelins d’Alsace-Lorraine.
Jean AmaDr, Anthologie catalane, Perpignan, Comet, 1908.
CREXELL (P.), marchand de Perpignan qui faisait l'exportation des vins du Roussillon à l’étranger, vers le commencement du xv° siècle.
CREXELL (Bertrand) était châtelain de Força- Réal en 1451.
Archives des Pyr.-Or., B. 271, 405.
CRIBALLER (Raymond), fondeur de cloches de Perpignan, passa contrat pour la refonte de la grande cloche de l’église de Thuir, au prix de cent cinquante livres. Le 24 mai 1753, la communauté séculière de Thuir refusa d'accepter l’ouvrage de Criballer comme mal exécuté et lui intenta un procès devant le bailliage de Perpignan. Des experts furent nommés qui se contredirent. La ville de Thuir se décida alors à recevoir la cloche.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
CROS (Jacques-Marie-Jérôme) naquit le 13 avril 1582 à Perpignan, où son père exerçait la profession de cordonnier. Ayant subi ses examens en 1611, Jérôme Cros ne tarda pas à ouvrir une boutique de chirurgien dans sa ville natale. Le 22 octobre 1613, il se maria à Jéronime Auger qu'il perdit l'année suivante. Le 3 décembre 1616, Jérôme Cros épousa en secondes noces Isabelle Miquel, de Rivesaltes, qui lui apporta une dot suffisante pour acheter une maison sur la place des Trois-Rois. C’est là qu'il établit son domicile ; c’est là qu’il exerça son art jusqu'à sa mort, survenue à la fin du mois d’octobre 1639. Jérôme Cros est surtout connu comme auteur de Mémoires qui relatent les principaux événements dont il fut le témoin à Perpignan, durant la première moitié du xvir siècle. Sur le registre manuscrit qu'il a laissé, Cros a observé l’ordre chronologique dans le récit des faits qu’il raconte. On peut les ramener à quatre groupes principaux : les
faits divers, les affaires religieuses, civiles et militaires. La première catégorie est relative aux fléaux occasionnés par la perturbation des éléments terrestres ou à l'observation de phénomènes célestes : les grêles du 6 juin 1614 et du 17 avril 1617, les inondations de 1628 et de 1632, l'apparition d’une comète en 1618, l’aurore boréale de 1621 et l’éclipse de lune de 1628. Cros s'attache aussi à raconter en détail l'affaire d’une secte de sorcières roussillonnaises. saisies et pendues en 1618, et les principaux assassinats perpétrés à Perpignan, principalement depuis 1624 jusqu’en 1632. La relation des manifestations extérieures du culte catholique à Perpignan occupe une large place dans les Mémoires de Cros. Telles sont : les fêtes, réjouissances et cavalcades qui eurent lieu en décembre 1625 en l’honneur de Marie-Immaculée ; celles que les Carmes organisèrent pour célébrer la mémoire de sainte Thérèse, en 1630 ; celles qui se firent à l’occasion de la canonisation de saint André Corsini. Le chroniqueur mentionne onze processions où la relique de saint Gaudérique fut portée à la mer, pour obtenir la pluie, durant le temps de sécheresse. Il s’appesantit aussi sur les travaux d'embellissement exécutés à l’église Saint-Jean. Les affaires civiles rapportées par les Mémoires ont trait aux cérémonies du service funèbre, célébré en 1621, pour le repos de l’âme de Philippe IT, aux fêtes données à Perpignan, en 1626, lors de la naissance d'une princesse royale, et à l’arrivée des divers vicerois de Catalogne, depuis 1629 jusqu'en 1634. A partir de 1630, la crainte des invasions françaises et les menaces de guerre déterminèrent les Perpignanais à organiser un systèrne de défense. De là, la construction de divers remparts et la venue de différents corps de troupes dont Cros retrace l'historique. Jérôme Cros ne laissa pas d'enfants à sa mort ; par testament, il consacra sa fortune à de pieuses libéralités. Le manuscrit de ses Mémoires est entre les mains de M. Lafabrègue, de Perpignan.
Abbé ToRkeiLes, Mémoires d’un chirurgien au XVII siècle, dans le IV‘ volume de la Revue d'Hisloire et d'Archéologie du
Roussillon.
CROU ou DE SANTA CROU (Guillaume), peintre, n'est connu que par un acte fort endommagé du 15 octobre 1276, par lequel un habitant de Perpignan pardonnait à Guillaume de Santa Crôu, peintre, fils de Raymond, une blessure qu'il était accusé de lui avoir faite. Il n’est pas douteux que K. de Sancla Cruce ou de Cruce, père de cet artiste, ne fut le même que Raymond de Cruce qui, dès l'an 1265, prenait à gages le peintre Bernard Bertoli pour peindre des armes, selles, épées ou autres objets. Raymond se retrouve, qualifié de sellier, dans divers actes de 1276, 1278 et 1283, tantôt sous le nom de
LT
146 CROU — CRUILLES
R. de Cruce, tantôt sous celui de Sancta Cruce. Guillaume Crôu laissa, sans doute, des descendants qui ne portèrent plus que le nom de Créus ou Crôus, car le nom latin crux, crucis prenait alors en catalan Îles formes crôu ou crolz et cruz et aujourd'hui creu. En Roussillon, la suppression du qualificatif de saint pour les noms de famille tirés des lieux d'origine est un fait communément observé dans la formation des appellations patronymiques.
ALART, Notes hisloriques sur la peinture et les peintres rous-
sillonnais, dans le XIX° Bulletin de la Société Agricole, SRE fique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.
CROU ou CROU (Jean), qu'un acte du 10 octobre 1308 appelle Johan Creus pinlor est considéré comme le fils du précédent et le père des deux artistes suivants.
ALART, OP. Cil.
CROU (Pierre) signa. le 3 juillet 1321, la reconnaissance d'une dette contractée à un juif, en compagnie de cinq autres peintres de Perpignan. Pierre Crôu, qui se retrouve comme témoin dans un document, le 30 août 1333, avait épousé Jeanne. Celle-ci demeurée veuve, se remaria avec Guillaume Mates et vivait encore le 13 avril 1362.
ALART, OP. Cil.
CROU ou CROUS (Bernard) qui paraît être le frère du précédent, était marié avec une nommée Dulcia, dont il eut une fille du nom de Michelle, vivante en 1334. Mais il est probable que dès l’an 1323, le peintre Bernard était déjà remarié et qu'il avait eu de Béatrix, sa seconde épouse, une fille de même nom, puisque ce second mariage ne fut célébré qu'en 1325, et sa fille Béatrix se trouve dix ans plus tard aussi mariée. Bernard Crôus fit son testament le 7 juillet 1334. Il déclara vouloir être enseveli au cimetière de Sainte-Marie de la Réal. fit divers legs à ses deux filles mariées et institua pour héritier universel son fils Jacques qu'il avait eu de sa seconde épouse. Get enfant mourut, sans doute, en bas-âge, ou ne suivit pas la profession de son père, car il n’est plus fait mention de lui dans les documents.
ALART, Op» Ci.
CROUCHANDEU (Joseph), né en 1831, était homme de lettres à Perpignan, lorsqu'il entra dans la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, en 1872. Cette année-là, il fut
chargé d'écrire le rapport des travaux de la section
littéraire de cette Société ; en 1882, il s'acquitta pour la deuxiéme fois de cette délicate mission. Nommé Conservateur du Musée de Perpignan, en 1880, Crouchandeu apporta d'importantes améliorations dans
le service des collections artistiques confiées à sa garde. En 1885, il publia un Catalogue raisonné des objets d'art et d'archéologie du musée de Perpignan. Ce volume constitue un excellent guide pour les amateurs et les étrangers qui visitent les salons de peinture et de sculpture établis dans les locaux de l'ancienne Université. Joseph Crouchandeu mourut à Perpignan le 21 décembre 1894, léguant par testament la somme de mille francs au Musée de la Ville.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
CRUILLES (Gilabert de) fut nommé, le 5 octobre 1384, par Pierre 1V Le Cérémonieux, aux fonctions de gouverneur et capitaine-général des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Il exerça cette charge importante jusqu’au jour de son décès, survenu le 44 novembre 1395. Gilabert de Cruilles fut secondé dans son emploi par Raymond de Çagarriga qui, après avoir été vice-gouverneur à partir de l’année 1387, recueillit, à la mort du premier, sa succession à la tête du gouvernement des deux comtés. Jean I‘ d'Aragon fit cession à Gilabert de Cruilles d’une importante cession de terrain dénommée le Figueral del rey, sise dans les dépendances du château royal de Perpignan (citadelle actuelle). Gilabert de Cruilles avait épousé Elvire et avait eu d'elle un fils, Jaufre- Gilabert, qui, en 1408, étail seigneur de Pedracisa et de Cruilles.
Archives des Pyr.-Or., B. 145, 148, 151, 133. 159, 161, 188, 190, 222.
CRUILLES (Bérenger de), frère du précédent.
oblint de Pierre IV. roi d'Aragon, concession de la ville de Thuir. Les habitants de cette localité, pour venir en aide au duc de Gérone qui avait emprunté. lors de son mariage, trois cents florins à Barthélemy Gari, banquier de Perpignan, firent diverses ventes de rentes possédées par l’Infant en faveur de Bérenger de Cruilles et de Bernard de Sinisterra. Constance, sœur de Bérenger de Cruilles, était prieure du couvent des chanoinesses de Saint-Sauveur de Perpignan en 1407.
Archives des Pyr.-Or., B. 142, 188, 190, 211, 222.
CRUILLES (Bernard de), fils du précédent, était, en 1417, majordome de la reine Marie d'Aragon. Il remplit deux missions importantes dont le chargea Alphonse V. à son avènement au trône. Ce prince le désigna pour recueillir la somme de cinquante mille florins que le cardinal de Pise, légat du Saint- Siège, attribuait au roi d'Aragon, comme compensation des dépenses faites par ce monarque pour arriver à l'union de l'Eglise, divisée par le schisme d'Occident. Ces fonds devaient être pris sur le subside nouvellement imposé sur le clergé des royau-
muse M “0e Eieÿ mien
CRUILLES
mes d'Aragon, de Valence, de Majorque et sur la principauté de Catalogne. Bernard de Cruilles reçut encore mission de prélever dans ces pays l'argent que le clergé avait à payer à l'occasion du mariage de l’Infante Marie, sœur du souverain, avec le roi de Castille. Alphonse V l’envoya auprès des manumisseurs de Ferdinand le Juste, son père, pour recou- vrer cinquante mille florins dont ils étaient redevables à l’héritier de la couronne.
Archives des Pyr.-Or., B. 212.
CRUILLES (Bernard-Gilabert de), fils de Jaufre-Gilabert, laissa un enfant qui, ayant dans la suite épousé Aldonse, en avait deux fils en 1455 : Bernard- Gilabert, seigneur de Petracisa et Isabelle.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236.
CRUILLES (Bernard-Garaud de) épousa, en 1460, Béatrix de Santa-Pau qui apporta la baronnie de Mosset dans la maison de Cruilles.
Revue d’histoire et d'archéologie du Roussillon, t. IV.
CRUILLES (Pierre-Galcerand de), seigneur du château de Colonge, se maria à Hippolyte, fille de Pierre Redon, bourgeois de Perpignan. En 1476, Boffile-de-Juge. vice-roi de Catalogne, ordonna de procéder à la confiscation des biens d’'Hippolyte de Cruilles qui avait pris le parti de Jean IF, roi d'Aragon contre Louis XI. Ses possessions furent attribuées à Antoine de Chourses, chevalier, seigneur de Maigne.
Archives des Pyr.-Or., B. 289, 299, 503, 411.
CRUILLES (Auzias de) percevait. en 1494. une rente de vingt-cinq livres sur les scrivanies des premiers et seconds appels de Roussillon et Cerdagne. Il eut une sœur, Catherine, qui épousa. le 8 janvier 1482, le chevalier André de Peguera, maître-racional du roi d'Aragon.
Archives des Pyr.-Or., B. 413.
CRUILLES (Jacques de), chevalier de Perpignan, se maria à Stéphanie, fille et héritière universelle de Jean Redon. Il assista à l'assemblée de la noblesse de Roussillon et Cerdagne réunie dans la salle de la maison du Général de Perpignan qui délégua des ambassadeurs au roi avec mission de protester contre les consuls et le conseil de la ville de Perpignan, qui prétendaient les faire contribuer aux impositions, à l’égal des autres habitants.
\rchives des Pyr.-Or., B. 445.
CRUILLES (Garaud de), fils de Bernard-Garaud
et de Béatrix de Santa-Pau. seigneur de la baronnie
de Mosset et de Castellfollit, laissa un fils, Galcerand, qu'il mit par testament, sous la tutelle de Charles de Llupia. Sa sœur Yolande, qui avait épousé Louis d'Oms, gouverneur de Roussillon, était veuve en
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236, G. 773.
CRUILLES (Galcerand de), fils du précédent, reçut de Charles-Quint le commandement des chàteaux de Puigcerda, Querol et La Tour Cerdane. Ce monarque lui avait engagé la baronnie de Conat contre une somme de 3500 florins d'or. Le chevalier Alemany de Bellpuig, propriétaire de ce fief, lui en disputa la possession ; un procès s'en suivit. Il fallut que l'empereur tranchât le différend à l’aide de lettrespatentes.
Archives des Pyr.-Or., B. 368. 374.
CRUILLES (Charles de) et de Viladamanvy, gouverneur de Roussillon et de Ccrdagne, en 1548, épousa Raphaëlle de Cardone, dont il eut une fille Catherine, qu'on trouve religieuse au couvent de Monte-Sion, à Barcelone.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236.
CRUILLES (Gérald de), fils de Galcerand, engagea. le 25 janvier 1576, les baronnies de Mosset et de Castellfollit à Louis de Çagarriga, seigneur de Pontos, moyennant une pension annuelle de cent vingt livres. Gérald de Cruilles ambitionnait la charge de gouverneur de Roussillon et de Cerdagne qu'occupait Jean de Quéralt. Il insinua à François Semaler, originaire d’Ille-sur-Tet, d’accuser faussement Jean de Quéralt d'avoir vendu en fraude des chevaux à M. de Joyeuse et d'avoir soutenu Île seigneur de Vivier dans l'attaque dirigée par ce dernier contre la ville de Mosset. Le calomniateur ayant désavoué sa déposition, dans la sacristie du couvent des Carmes de Perpignan, déclara, en outre, qu'elle lui avait été suggérée par Gérald de Cruilles, désireux d'obtenir le titre honorable de gouverneur.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236, B. 377.
CRUILLES (Alphonse de) et d'Oms, était abbé de Valbonne et prieur du Mas-de-Garriga, en 1584. Il obtint, en 1593, des syndics de Saint-Jean de Perpignan, la permission de faire inhumer dans leur église le cadavre de Raphaël de Cruilles, damoiseau, avec la faculté de l'enlever quand il lui plairait. Alphonse de Cruilles était encore vivant en 1596.
Archives des Pyr.-Or.. B. 434, 436, G. 262, 264.
CRUILLES (Gilabert de) et de Santa-Pau, fit en
1614, un testament par lequel il instituait héritier
universel Jean de Liupia, alors âgé de quatorze ans. Mais son successeur fut Hugues de Cruilles.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236.
CRUILLES (Galcérand de), fils d'Hugues de Cruilles et d'Isabelle de Villaseca, était comte de Montagut et baron de Mosset en 1666. IL laissa une fille, Raphaëlle, qui épousa Jean, fils du célèbre Joseph de Margarit, marquis d’Aguilar!
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 236.
CRUZAT (Raphaël), prieur d’Espira-de-Conflent, a publié : VNovena en veneraci6 del glorios Sant Antoni de Padua... Ab lo offici menoret y Goïgs en alabança del maleix sant, Perpignan, J. Vigé, 17174, in-32;: Novena del glorios patriarca sant Josep... novement corregida y aumentada de una devocié en memoria y veneraciô de las set majors Alegrias y Trislezas del maleix sant, de son offici menoretl, y de tres lletanias per venerar la sagrada familia de Jesus, Maria, Josep, Perpignan, Le Comte, 1778, in-32.
FourQUET, Catalogue des livres... de la bibliothèque commu-
nale de Perpignan. — P. Vipaz et CALMETTE, Bibliographie roussillonnaise.
CURP (Saturnin) était curé de Villelongue-dels- Monts en 1660. Le 10 avril de cette année-là, il se rendit à Perpignan pour y voir Louis XIV qui faisait
CRUILLES — CURZAY
son entrée dans la capitale du Roussillon. Une fois revenu dans sa paroisse, l’idée lui vint d'écrire la relation de ce qu'il avait vu d’extraordinaire à cette occasion dans la ville de Perpignan. Plus tard, les événements se précipitèrent. Le Vallespir fut désolé par la guerre civile durant une période de huit ans (1666-1674), à la suite de la levée de l'impôt de la gabelle. Saturnin Curp inséra dans le registre de son manuscrit le détail des tentatives, des escarmouches qui eurent lieu alors entre les soldats de Sagarre et les miquelets catalans. Comme il prend fait et cause pour les rebelles du Vallespir, on reproche la partialité à la seconde partie de sa chronique. Ce mémoire, qui était en possession de la famille Berge, de Collioure, a été mis à contribution par le président Aragon dans sa notice : Le Roussillon aux premiers temps de son annexion à la France. Saturnin Curp dirigeait encore la paroisse de Villelonguedels-Monts en 1677.
Archives des Pyr.-Or., G. 736. — V. ARAGox, Le Roussillon aux premiers temps de son annexion à la France.
CURZAY DE BOURDEVILLE (Antoine), né en 1710, fut lieutcnant-colonel et major de la place de Perpignan. Il se distingua à la bataille de Fontenoy et fut cité à l’ordre du jour de l’armée. Antoine Curzay de Bourdeville, qui était chevalier de Saint- Louis, mourut en 1771.
Communication obligeante de M. Henri Estève de Bosch.
DAGOBERT de FONTENILLE (Luc -Siméon- Auguste), général français, né le 8 mars 1736, à la Chapelle, près Saint-Lô, est mort à Puycerda, le 28 avril 1794. Il entra au service le 9 mars 1756, comme sous-lieutenant dans le régiment du Tournaisis. Il fit toutes les campagnes de la guerre de Sept Ans, et fut blessé dans plusieurs combats, notamment à la bataille de Minden, à Ober-Vemer et à Clostercamp. Il fit aussi trois campagnes en Corse, et s'y distingua également.
Nommé successivement capitaine le 8 juin 1768, major le 27 mai 1787, colonel le 27 mai 1792, il fut promu au grade de maréchal de camp le 20 septembre 1792. Employé en cette qualité, à partir du 20 novembre suivant, à l’avant-garde de l'armée d'Italie, il battit les ennemis au col de Bronns. et s’empara de leur camp. Nommé général de division le 15 mai suivant, il continua à faire la guerre en Italie, sous les ordres du général Biron.
Ses débuts avaient été marqués par des succès. Dès le 14 février 1794, n'ayant avec lui que 800 homines, il avait attaqué et battu à Sospeillo un corps autrichien de 2.000 hommes. Le combat fut opiniâtre : mais l'ennemi, partout culbuté, perdit 300 prisonniers. Cet avantage n'était que le prélude de la victoire que Dagobert remporta dans les journées des 28 février, 1 et 2 mars suivant. Biron avant résolu de chasser les ennemis du comté de Nice, lui donna l'ordre d'attaquer les hauteurs du col de Negro. Ces hauteurs furent emportées en un instant, et Dagobert continua sa marche avec ses troupes qui formaient la droite de l’armée, tandis que la gauche, commandée par le général Brunet, suivait le même mouvement. L'ennemi fut chassé de position en position, jusqu'à la Vesubia, ct l’armée française établit son bivouac sur la rive gauche. Le 2 mars au matin, le général Dagobert culbula les troupes légères qui occupaient encore quelques hauteurs sur les deux rives de la Vesubia, pendant que le général Brunet s'emparait du Belvédère, que les autrichiens occupaient en force. Dans ces diverses affaires, Dagobert avait déplové une grande vigueur et des . talents militaires qui attirérent sur lui l'attention du gouvernement.
La guerre venait d’être déclarée en Espagne. Ce fut lui que la Convention chargea du commandement en chef de l’armée des Pyrénées-Orientales. Mais l’armée à la tète de laquelle il venait d'être placé était si peu nombreuse, qu'il crut que les moyens mis à sa disposition étaient insuflisants pour entreprendre une opération de quelque importance. Il se rendit donc à Paris pour exposer l’état des choses et réclamer des renforts. IL fut arrêté à son arrivée. Sa détention ne fut pas longue, grâce aux vives instances de quelques représentants qui avaient eu l’occasion de reconnaître son patriotisme et sa haute capacité.
Bientôt de retour dans son quartier il fit la campagne de l’an IT en Espagne.
IL s'empara de Puycerda, marcha ensuite sur Belver, et s’'avança le long des gorges du Sègre, jusqu’à trois lieues d'Urgel. sans avoir pu atteindre l'ennemi qui fuvait devant les colonnes françaises. Ainsi, en vingt-quatre heures. il fut maître de la Cerdagne et de la vallée de Carol.
Dagobert avait puisé dans son patriotisme les forces nécessaires pour supporter les fatigues ; mais l’âge et le délabrement de sa santé lui firent demander à être remplacé. En attendant son successeur, il ne resta pas inactif. Apprenant, pendant qu'il était en reconnaissance sur Ripoll et Campredon, que l'ennemi s'était emparé de son camp d'Olette, il se porta aussitôt, quoique malade et harassé de fatigues, sur Mont-Louis, commençaimmédiatement l'attaque. et après un combat de deux heures, les espagnols mis en déroute, abandonnèrent leur artillerie et leurs bagages. L’ennemi fut poursuivi avec acharnement par les français, qui s’emparèrent de Villefranche et de toute la vallée d'Aran.
Le 13 vendémiaire an IT (4 octobre 1793). Dagobert se porta sur Campredon. Mais la saison risoureuse força l'armée française à suspendre ses opérations.
-Dagobert prafita de ce moment d'inaction forcée
pour prendre le repas qui lui était nécessaire, et recommença bientôt une nouvelle campagne. Il chassa les espagnols de plusieurs postes importants. leur fit un grand nombre de prisonniers. Les fran çais arrivèrent bientôt sous les murs d'Urgel. Dévoré
par la fièvre, exténué par la maladie, il eut encore le courage de présider lui-même à tous les préparatifs d’une attaque contre cette ville. Cet excès de zèle lui fut fatal. Sa position empira et le fit descendre dans la tombe, au milieu de nouveaux triomphes.
On a de lui: Nouvelle méthode de commander l'Infanlterie. d'après les ordonnances grecques et romaines pour êlre particulièrement l'ordonnance des français, 1793, in-8°. Cet ouvrage reproduit plusieurs idées de Folard.
Le 15 thermidor an VIII le corps du général Dagobert fut exhumé et transféré à Perpignan. Il fut déposé. avec celui du général Dugommier, dans un Caveau à voûte cintrée formée de pierre de taille, que l'on avait creusé au pied d'une colonne élevée sur la place de la République actuelle. Le 20 mai 1826, à la suite de travaux de nivellement cffectués sur la place Royale. les corps des généraux Dagobert et Dugommier furent retirés de leur tombeau, portés au cimetière Saint-Martin et déposés dans des cercueils en pierre de taille. Le modeste monument en forme de prramide que l’on voit encore de nos jours, au cimetière Saint-Martin, fut élevé quelques années plus tard.
Sur la place de Mont-Louis, en face de l’église, est érigé en mémoire de Dagobert, un monument funéraire ayant la forme d'une pyramide quadrangulaire.
À la suite des grandes manœuvres qui furent exécutées au mois de septembre 1885 sur le plateau de la Perche, le général Bézard, commandant de la 32° division militaire à Perpignan. réunit les officiers de cette division autour du monument Dagobert. Il leur rappela. en quelques mots, que le terrain sur lequel la division venait de manœuvrer pendant deux jours avait été arrosé par le sang français.. Le général Bézard proposa alors aux officiers d'ouvrir une souscription, en tête de laquelle il inscrira sa modeste obole, pour parer aux frais de reslauralion et à ceux d'installation d’une balustrade.
Le monument a élé. en effet, restauré en 1887 par les soins de Fautorité militaire. L'ancienne prramide surmontée d'un boulet a été conservée intacte. Elle se trouve au centre d'un carré formé par quatre colonnes de granit. Ces colonnes supportent un gros bloc, également en granit, en forme de pyramide tronquée. Sur chaque face de ce bloc on lit:
LA PERCHE-OLETTE — 1736-1794
Ün médaillon, fixé à la partie supérieure du monument, représente le général Dagobert. Dans le mur qui longe la rue, est incrustée une plaque de marbre portant cette inscription :
AU GÉNÉRAL Dacogerr LA 32° DivisIoN D'INFANTERIE ET LA GARNISON DE Mowr-Louis
DARNIUS
Le monument, très disgracieux, est entouré de la balustrade élevée par souscription militaire. HœrEr, Nouvelle biographie générale. — Emmanuel Brousse,
La Cerdagne Française, Imprimerie de l’Indépendant, 1896. — Revue d'Ilistoire et d'Archéologie du fioussillon, t. WE.
DARNIUS (Dailmace de), chevalier, reçut. en 1412, de Ferdinand [", mission de se rendre auprès de Charles VI, roi de France, pour lui notifier son avènement au trône d'Aragon. Il partit en ambassade avec Jaufre d'Ortigucs, licencié en droit, citoyen de Barcelone cet auditeur de la cour du roi. En 1420, Dalmace de Darnius fut nommé lieutenant de Raymond de Perellos, gouverneur de Roussillon et de Cerdagne. Il n'était pas en possession d’une forte instruction, car, dans une circonstance, au reçu d'une charte royale, il avoua qu'il était bien disposé à exécuter les ordres de son souverain, mais qu’au préalable il devait, de toute nécessité. consulter son assesseur, la langue laline ne lui étant nullement familière. Dalmacede Darniusreçut du roi Alphonse V l'investiture d’un fief honoré situé à Ille-sur-Tet, provenant de la succession du chevalier Jean d’Avinvo. Ce domaine scigneurial consistait en un manoir avec tour, dimes et redevances diverses, dont le procureur royal, sequestre des vicomtés d'Ille et de Canet, lui fit la remise. Dalmace de Darnius fit son testament à Perpignan, dans la maison du commandeur de la Merci. Dans cet acte, il recommanda à son frère Pierre, chanoine de Géronce, de ramener du château de Termens, en Sicile, les restes d'Auger de Darnius, leur autre frère, en son vivant inspecteur des chäleaux du royaume de Sicile, et de les faire ensevelir en la chapelle Saint-Jacques du couvent des Carmes de Peralada.
DARNIUS (Pierre de), fils du précédent, seiwneur de Darnius, eut ses biens-fonds, situés en Roussillon, confisqués par Louis XE, le 22 mars 1464. I donna alors procuration à Pierre de Marça, chevalier, de Corneilla-de-la-Rivière, et à Félix Andreu, docteur &s-lois de Perpignan, pour le déclarer disposé à devenir sujet et vassal du roi de France, bien qu'il se trouväl en Ampourdan, où il négociait de graves affaires concernant «l'honneur el le service du roi d'Aragon ». Les procureurs se rendirent auprès de Louis XI: ils demandèrent à ce monarque d'autoriser Pierre de Darnius à émanciper son fils, auquel il faisait donation de ses biens possédés en Roussillon. Le 4 février 1465, le Domaine restitua à Pierre de Darnius les propriétés qu'il lui avait soustraites. Mais en 1476, de nouvelles ordonnances portées par Jean Adam et Jean de Cambray. procureurs royaux de Louis XI, mirent sous scquestre les domaines de
DAVI — DAX
Ed
Pierre de Darnius, considéré comme rebelle roussillonnais. Ils furent attribués à Jean de Daillon, seigneur de Lude.
Archives des Pyr.-Or., B. 283, 285, 299, ‘402, 408.
DAVI (Bernard), peintre de Perpignan. Sa famille exerçait la profession de sellier au xur° siècle, à Perpignan, où l’on trouve, de l’an 1261 à l’an 1286, un Pons Davi celerius, appelé aussi Davin David, et son frère Arnald exerçant aussi la même profession de 1267 à 1283. Bernard Davi, peintre de Perpignan, cest est cité dès l’an 1301. Faut-il considérer comme ses fils les deux peintres Bernard et Arnald frères, qui prenaient toutefois le nom de Giraud Davi ? Bernard Davi, l’un d'eux, qualifié de pinlor, avait sa maison dans la rue de la cellaria, d'après un acte du 12 mai 1333. Il vivait encore le 16 avril 1344. d’après un document qui le désigne comme frère du peintre Arnaud Giraud-Davi, sans toutefois mentionner sa profession.
AzanT, Noles hisloriques sur la peinture et les peintres rous-
sillonnais, dans le XIX° Bullelin de la Societé Agricole, Scientifique et Lilléraire des Pyrénées-Orientlales.
DAVI (Pierre) était un marchand de Perpignan que le roi Alphonse d'Aragon nomma, le27avril1448, à l'office de monnayeur de la Secca ou Monnaie, établie dans la capitale du Roussillon. Il était baiïlli de Perpignan en 1452,.et avait épousé Marguerite Feliu, de Perpignan, le 9 novembre 1425. Leur fils, Pierre- Antoine, se maria à Elisabeth Serra.
Archives des Pyr.-Or., B. 40%, E. (Titres de famille) 243.
DAVI ou DEVI (Arnaud), damoiseau d’Ille-sur- Tet, accompagna Alphonse V dans son expédition en Sardaigne, de concert avec son frère Antoine. Au retour, ce dernier devint baïlli de Torrelles, tandis que Arnaud acquit la châtellenie et le bailliage de Castellnou. Arnaud Devi eut deux fils. Galccrand ct François. L'aîiné fut nommé, le 13 décembre 1465, constructeur des travaux des digues de la rivière de l'Agiv. Son fils, Pierre-Antoine, épousa Eulalie et vendit, le 5 mai 1513, à Thomas de Marça, la moitié du moulin Estramer de Salces.
Archives des Pyr.-Or., B. 226, 234, 236, 270, 408, 420. y
DAVI (Pierre-Antoine), fils de Picrre-Antoine et d'Elisabeth Scrra, bourgeois de Perpignan, désigna, le 19 mars 1515, à titre de co-propriétaire, les constructeurs du ruisseau de Notre-Dame du Pont de Perpignan. Ilavait eu, de son mariage avec Claire, un enfant, Jean-François, qui élait mort en 1527, laissant pour héritier son fils Jean-Antoine, en bas âge.
Archives des Pyr.-Or., B. 420, E. (litres de famille) 283.
DAVI (Jean-Antoine), petit-fils du précédent, épousa, en 1549, Anne, veuve de Bernard Domenech. Trois enfants naquirent de leur union: Raphaël- Antoine, François, qui mourut jeune, et Anne, épouse de Jacques Puigmija, docteur en droit.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 243.
DAVI (Raphaël-Antoine), fils ainé du précédent, damoiseau de Perpignan, soutint un procès, en 1593, contre Jérôme Aduart, archidiacre de Vallespir. au sujet de la juridiction d'Ultrera. Le 6 juin 1595, à fit don à la collégiale Saint-Jean de Perpignan d’une épine de la couronne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que le pape avait cédée à son frère, et qui lui était parvenue par droit d'héritage. En 1599, Raphaël- Antoine Davi épousa Victoire de Sant-Marti. veuve de Jérôme Pals. Il mourut sans postérité, en 1602 ; Gaston de Foix et de Béarn, damoiseau de Perpignan, fut son héritier.
Archives des Pyr.-Or., G. 241, 256, 2684, 266, 455, 1038, E. (Titres de famille) 243.
DAX (Samuel), chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et commandant en chef dans l'ile de Rhodes, quitta la Suisse. sa patrie. en 1302. Il vint se fixer en Languedoc où ses descendants possédèrent diverses scigneuries.
Abbé GiBRAT, Quelques mielles d'histoire locale, dans le Roussillon, 1906.
DAX (François), fils de Jean, baron d’Axat, ct d’Isabeau de Bruyères-Chalabre, servit dans l'armée de Roussillon commandée par le duc de Noailles, en qualité de capitaine d'une compagnie de dragons. Il se maria le 10 mai 1701, avec sa cousine Gabrielle de Bruyères-Chalabre, dont il eut cinq enfants morts Jeunes.
Généalogie des Dar, Perpignan, Latrobe, 1K02.
DAX de CESSALES (Jean-François), un des dix-sept enfants de Jean et de Marthe de Cézat, voyant que la fortune de son père ne lui permettait pas de figurer en qualité d’officier dans les armées du Roi, prit le parti d'entrer en qualité de volontaire dans le régiment de la Sarre et dans la compagnie des Grenadiers. En 1754, Jean-François Dax alla au Canada avec son régiment. Dès son arrivée, il prit part au sicse du fort Cataraquiou, sous les ordres du marquis de Montcalm. En 1756, il se distingua au siège de Chouaguam où il fut blessé par les sauvages. Pendant l'hiver de la même année, il fit campagne dans le but de s'emparer, par escalades, à travers les glaces, du fort de Villamaric, sous Îles ordres de Rigau de Vaudreuil. En 1757. il fit une seconde campagne pour aller mettre le feu à tous
les batcaux qui se trouvaient dans le port du fort Georges. L'entreprise eut plein succès. Durant l'été
de l’année 1758, Jean-François Dax fut fait prisonnier au siège du fort de Villamaric et conduit en Angleterre. Îl ne fut échangé qu'à la fin de 1758. L'année suivante. il entra, en qualité d'officier, dans le régiment royal d'infanterie qu'il alla rejoindre à Minorque. Îl y resta jusqu'en 1763, époque où cette île fut rendue aux Anglais. Dans ses expéditions militaires, Jean-François Dax avait contracté des douleurs rhumatismales. Ces douleurs ayant augmenté en 1775, il fut obligé de se retirer. Cependant il demanda bientôt une compagnie de milice de la Province de Roussillon, et c'est en 1777 qu'il devint capitaine d'une compagnie de canoniers gardes-côtes de la Province du Roussillon. Il obtint la croix de Saint- Louis en 1779.
Jean-François Dax de Cessales fut présent, en 1789, à l'assemblée de la noblesse de Roussillon. Il avait épousé, le 1” juin 1767, Marie-Thérèse de Cabestany de Soler. qui lui donna trois garçons: Joseph, qui, étant entré à l’école royale militaire en 1778, fut tué en duel; Jean-François et Louis; et deux filles alliées aux familles Affre et de Llambv.
Abbé Gysnar, loc. cil. — Généalogie des Dar.
DAX de CESSALES (Jean-François-Pierre- Joseph-Gabriel-Boniface), baron de Cessales, fils du précédent, naquit à Perpignan, le 2 mai 1777. Il émigra en Espagne au moment de la Révolution. Rentré en France après l’amnistic, il devint successivement capitaine garde-côtes de la province de Roussillon, capitaine adjudant-major et chevalier du Lys. Il mourut à Pollestres le 21 juin 1839. Du mariage quil contracta le 13 février 1816 avec Marguerite Garau de Barréra, il eut onze enfants, dont un garçon, Charles, est décédé en 1888, sans postérité et une fille. Marie, épouse d'Eugène Laromiguière, capitaine adjudant-major.
Contimunication obligeante de M. Clément de Lacroix.
DAX de CESSALES (Louis), troisième fils de Jean-François et de Maric-Thérèse de Cabestany, se maria avec Julie de Saunhac-Belcastel. Un fils, Euwène, naquit de cette union. Les descendants résident actuellement à Corneilla-de-la-Rivière.
Généalogie des Dar.
DAX de CESSALES (Jean), lils cadet de Jean et de Marthe de Cézat, dit le chevalier de Cessales, naquit Île 11 juillet 1738. Lieutenant de la milice en 1758 et lieutenant dans le régiment d'Artois en 1760. il assista à l'assemblée de la noblesse du Roussillon en 1789, et mourut le 13 juin 1809. IH avail épousé
DAX — DEBESSE
Thérèse de Chiavari, descendante d’une famille des doges de Gênes, qui lui donna trois garçons dont deux morts en bas-âge et deux filles alliées aux familles Pallarès-d'Armengaud et Viader.
Généalogie des Dax.
DAX de CESSALES d’AXAT (Ange-Jean- Michel-Bonaventure), fils du précédent. naquit à Bouleternère. le 11 juin 1767. Cadet-gentilhomme à l'Ecole militaire en 1782, sous-lieutenant au régiment de Bassigny en 1784, il devint marquis d’Axat. en vertu du testament de son cousin Marc-Antoine Dax d’Axat mort sans postérité, le 20 juillet 1788. Ange-Jean émigra en 1792 et passa en Espagne où il fit les campagnes de 1793-1794-1795, soit comme officier dans le bataillon de la Frontera, soit comme volontaire dans un corps d’émigrés. Incorporé en 1796, dans le régiment de Bourbon, il retourna en France en 1797. Exilé pendant les Cent-Jours, il reprit le service militaire sous la Restauration et fut nommé chef de bataillon. Le comte d'Artois, frère de Louis XVIIT, le reçut en personne dans l'ordre de Saint-Louis. Ange-Jean fut aussi nommé chevalier du Lys et de la Légion d'honneur. Maire de Montpellier pendant la Restauration il fut invité et assista aux cérémonies du baptême du duc de Bordeaux et du sacre de Charles X. IL mourut au château de Saint-Georges de Venejean (Gard) le 18 août 1847. Le 3 ventôse an V il avait épousé Anastasie Guignard de Saint-Priest, fille d’un ambassadeur à Constantinople et à Madrid, qui lui donna six enfants.
Généalogie des Dax.
DAX de CESSALES d’'AXAT (Constantin), fils aîné du précédent, né à Montpellier le 30 novembre 1797, fut tour-à-tour garde du corps de Louis XVIII et lieutenant au 5 dragons, dit Dragons de l'Hérault. Il prit ensuite part à la guerre d’Espagne en 1823 ; il ne tarda pas à devenir capitaine ct chevalier de l'ordre royal de Saint-Ferdinand d'Espagne et oflicier supérieur de la garde royale. Démissionnaire en 1830. il mourut le 7 février 1868. Constantin avait épousé le 16 février 1824, Candelaria Villart, fille d’un ancien chef des commandements du roi d'Espagne. Sept enfants furent issus de leur union. Un d’entre eux, Albert, fut consul général à Berne.
Généalogie des Dar.
DEBESSE (François), maïître-fondeur, natif et habitant de Carcassonne, passa contrat, le 31 mars 1685, pour la fonte de deux cloches de l’église paroissiale de Collioure.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
DEBESSE — DELDON
DEBESSE (Fulcrand), fondeur, habitant de Perpignan. Le 28 avril 1688, il s'engagea, de concert avec son collègue Joseph Guiter, à faire une cloche du poids de seize quintaux pour le couvent de Saint- François de Perpignan. Quelques mois plus tard (5 août 1688), les mêmes fondeurs passèrent contrat, avec le prieur du couvent de Sainte-Monique, pour la fonte d’une autre cloche.
PALUSTRE, Op. cil
DEDEU (Jean), servit Alphonse dans ses ex pé-
dilions guerrières en Sardaigne et en Corse. Il se distingua particulièrement aux sièges de Calvi et de Bonifacio ; en retour, le roi d'Aragon lui concéda le greffe et la recette des plaintes et des réclamations des peines, bans, crimes, droits et revenus de la cour du baïilli de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 253.
DELAMONT (Ernest), né à Prades, en 1830, était fils de Jean Delamont et de Jenny Thomas. Il fut commis principal des services ambulants des postes à Bordeaux ; il mourut dans cette ville en 1881. Ernest Delamont avait été président du syndicat du canal de Bohère, construit pour servir à l'irriwation des terres du Conflent. Il a publié :
Pierre Orséolo, Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, X VIT Bulletin, 1868 ;
Hyacinthe Rigaud ({d., XIX, 1872);
France el Aragon, La croisade de 1285 (Kd., XXI, 1874);
Sièges soutenus par la ville d'Argelès en Vallespir, Bordeaux, 1861 ;
Hisloire de la ville de Prades en Conflent, des communes ‘du canton et de l'abbaye royale de Saint- Michel de Cuzxa, Perpignan, imprimerie de l’Zndépendant, 1878.
DELCASSO (Laurent), membre de la Convention et député au Conseil des Cinq-Cents, né à La Cabanasse, le 15 décembre 1740, avait suivi la carrière ecclésiastique et était curé de Mont-Louis, lorsqu'en raison de son ardcur pour les idées de la Révolution, il fut élu, le 24 septembre 1792, premier député suppléant des Pyrénées-Orientales à la Convention, par 23 voix sur 153 votants. Il ne fut admis à siéger que le 13 août 1793, en remplacement de Birotteau, condamné à mort, et s'assit à la Plaine. se maria peu après à Paris, et le 21 vendémiaire an V, fut élu député des Pyrénées-Orientales au Conseil des Cinq-Cents par 614 voix. Il ne joua dans ces dernières assemblées qu’un rôle très effacé, et son nom ne figure pas au Moniteur. Son fils, qui fut recteur de l’Académie de Strasbourg, est avantageusement connu dans les lettres comme traducteur des œuvres
de Cicéron. A son talent de littérateur il joignait celui de musicien distingué. Il a composé un grand nombre de morceaux de musique très cstimés, en usage dans les écoles primaires. A l'entrée du village de La Cabanasse, on distingue la maison du conventionnel Delcasso. Sur la grande porte d'entrée de la cour de la maison où il est né, cest gravée, sur la pierre de taille, l'inscription suivante : 1754. D. C. O.
RosenT, Bourzorox et Coucxx, Diclionnaire des Parlementaires français. — Emmanuel Brosse, Pyrénées inconnues : La
Cerdagne française, Perpignan, Imprimerie de l’'Indépendant,
DELCROS (Elie) naquit à Perpignan, le 19 avril 1847. Son père, Henri, qui avait occupé au barreau de Perpignan une place en vue, remplissait, au moment de la naissance d’Elie, la charge de conseiller de préfecture ; sa mère se nommait Clémence Parès. Elie Delcros suivait les cours de droit à la Faculté de Toulouse, lors de la déclaration de la guerre francoallemande, en 1870. Il paya l'impôt du sang à la patrie en servant dans les rangs de l’armée française, en qualité de capitaine de mobiles. En 1874, il rentra dans le pays de sa naissance et se fit inscrire au barreau de Perpignan, au sein duquel ses aïeux avaient laissé de brillants souvenirs. Ses connaissances juridiques ne tardèrent pas à lui valoir le poste de juge au tribunal supérieur d’Andorre. La politique Île séduisit, et après avoir siégé au Conseil municipal de Perpignan, il obtint l'écharpe de maire de cette ville, à la date du 17 février 1890. Au mois d'août de cette même année, le gouvernement lui conféra la croix de la Légion d'honneur. Elie Delcros fut maire de Perpignan jusqu'au 15 mai 1892. Il s’adonna exclusivement à ses fonclions d'avocat jusqu’au 21 février 1897. A cette date, les délégués sénatoriaux du département des Pyrénées-Orientales l'envoyèrent au palais législatif du Luxembourg pour y recueillir la succession d’'Emmanuel Arago, récemment décédé. Elie Delcros réunit sur son nom 267 suffrages tandis que son rival, Frédéric Escanyé, n’en compta que 201 sur le sien. Il fut réélu le 28 janvier 1900 par 429 voix. Au Sénat, Elie Delcros prit la parole dans les questions relatives aux taxes d'octroi et au régime des boissons hygiéniques. Il fut membre de la comimission des finances, de celle de l’armée et rapporteur du budget de l’Instruction publique. Elie Delcros mourut à Perpignan, le 26 octobre 1904.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
DELDON (Antoine), « obrer royal et maïîtremajeur des fortifications et des places du Roussillon » au moment des guerres de Catalogne, avait été révoqué de son emploi. Mais des lettres de Louis XIIT, en date du mois de juin 1642, le réintégrèrent dans son
ancien office. Il mourut en 1650 et eut pour successeur Hyacinthe Sébardel de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 394, 446.
DELHOSTE (Julien-Joseph-Jean), né à Perpinan, le 24 février 1818, appartenait à une famille de jardiniers foncitrement chrétiens, qui abrita dans son foyer Jean de Saunhac-Belcastel, évêque de Perpignan. durant les émeutes de 1830. Ordonné prêtre au mois de juin 1842, Julien Delhoste fut nommé vicaire à la cathédrale Saint-Jean et occupa ce poste durant trente années. Le 1°" octobre 1871, il devint aumôÔnier de l'Hôpital militaire de Perpignan. Il remplit ces fonctions jusqu'au jour de sa mort survenue le 27 septembre 1896. En 1860, les membres de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales le désignèrent pour occuper dans leur bureau la charge d'archiviste. Jusqu'en 1874, il prit une part active à la rédaction du bulletin où il publia successivement :
Nolice sur le blé (Société agricole, XI, 1856) ;
Rapport sur l'erposition florale et maraichère du concours régional de Perpignan (Id., XIT, 1862) ;
Une procession de saint Gauderie au xv° siècle (Id., XIV, 1862) ; |
Noëls calalans (plain-chant du xv° siècle) (Id., XIV, 1802) ;
Histoire de l'harmonie religieuse aux xv° et xvr° siècles en Roussillon ({d., X VIT, 1868) ;
De la musique religieuse (Id., XXI, 18741.
En 1866, Julien Delhoste édita : Principes de plainchant à l'usage des séminaires, écoles normules, mailrises, etc., Perpignan, 1864.
Archives de l'Evèché de Perpignan.
DELMAS (Pierre), peintre de Perpignan, conclut un marché. le 8 février 1494, avec la communauté des habitants de Clayra, au sujet de la décoration des retables de saint Michel et de saint Gaudérique de l’église paroissiale.
Archives des Pyr.-Or.. G. 766.
DELMAS (Joseph) naquit à Céret en 18#1. Après de solides études suivies à la Faculté de droit de Toulouse, il entra dans la magistrature. [était substitut près le tribunal de première instance de sa ville natale, en 1880. I donna sa démission plutôt que de mettre à exécution les décrets d'expulsion des reliwieux. Joseph Delmas défendit alors ses convictions religicuses et politiques à l'aide du journal l'Alliance qu'il fonda en 1885. Il en fut le rédacteur en chef jusqu'au jour de sa mort, survenue à Céret, le 3 décembre 1902. Sous le pseudonyme Anton de Siboune, Joseph Delmas publia en 1816, à Céret, chez Louis
DELHOSTE — DEL PAS
Roque, un volume intitulé: Mon vieux Céret. Il y traça un tableau des mœurs et coutumes de ses compatriotes de la première moitié du xix° siècle. avec un talent d'observation qui ne manque ni de verve ni de finesse.
DEL MENO (Roger), marchand de Perpignan, acquit, en 1503, le château et le licu de Saint-Marsal. Roger avait épousé Anne, qui, demeurée veuve vers 1506, épousa en secondes noces le chevalier François Bilena. La seigneurie de Saint-Marsal passa entre les mains de la famille Auger.
Archives des Pyr.-Or., B. 416, 417, #18.
DEL PAS ou DELPAS (Jean), bourgcois. docteur en droit civil et en droit canonique. était un jurisconsulte qui exerçait en 1525, à Perpignan, les fonctions de juge du Domaine royal. I était aussi avocat fiscal. Charles-Quint lui octroya plus tard des provisions. le nommant à Foffice d’assesseur du Gouverneur de Roussillon et de Cerdagne. Au mois de janvier 1532, il acquit, par voie d'achat, le lieu et le territoire de Saint-Marsal, avec juridiction haute et basse, ainsi que le mère et mixte empire. Ce domaine féodal qui appartenait, en 1530. à Pierre Auger, avait été engagé, pour un censal, à Jean Jaubert, notaire de Perpignan. Ce fut en raison de ce censal et à l’instance de Jean Jaubert que la cour du viguier de Roussillon et de Vallespir mit à exécution l'acte de vente de la baronnie de Saint-Marsal en faveur de Jean Delpas. Le 14 janvier 1541, celui-ci paya à Jean Jaubert six cents livres, monnaie courante de Perpi- . gnan, dont trois cents pour pensions échues jusqu'au jour de la vente. Jean Delpas avait épousé Anna Pincart en 1522. Celle-ci laissa trois enfants: Jean qui succéda à son père, Elconore et Charles. Ce dernier entra en religion et prit le nom d’Ange sous lequel il est plus connu. Jean Delpas fut enseveli dans le couvent de Saint-François de Perpignan.
Archives des Pvr.-Or.. B. 356, 368, 374, — AtarT, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1" série.
DEL PAS ou DELPAS (Jean ou Joanot), fils aîné du précédent, né en 1535, reçut, le 1° août 1539, donation entre vifs de la moitié du lieu de Saint- Marsal avec sa juridiction. Héritier de la seigneurie de ce nom, à la mort de son père, 1 fit son testament. le 21 juin 1568. Il voulut être enseveli, revêtu de lhabit de religieux de Saint-François, dans Île caveau où son pére élail inhumé. Jean Delpas ne mourut qu'au mois d'avril 1573. Il avait épousé Paule, dont il avait eu deux enfants : Jacques, son successeur, et Pierre qui devint chanoine d'Elne.
ALART, ON. CÙ.
DEL PAS
DEL PAS ou DELPAS (Ange) naquit à Perpignan, au mois de novembre 1540, de Jean Delpas, seigneur de Saint-Marsal, et d'Anne Pincart, son épouse. Celle-ci a donné vraisemblablement son nom à la rue de cette ville qui porte l’appellation de Fonlaine Na-Pincarda (Anna Pincarda). Ange Delpas fut baptisé à l’église de Saint-Jean-Baptiste et reçut le prénom de Charles sous lequel il fut connu jusqu’au jour de son entrée en religion. [l manifesta de bonne heure le désir d’embrasser l’état ecclésiastique. Entré dans la cléricature, Ange Delpas était àgé de treize ans, lorsque sa famille se préoccupa de lui obtenir au chapitre de la cathédrale d’Elne la succession d’un canonicat occupé par son oncle maternel, Michel Pincart. Le jeune clerc, doué d’une intelligence vive et d'un jugement droit, avait terminé brillamment ses études, ÿ compris sa philosophie, dès l’âge de quinze ans.
Ses progrès ne furent pas moins rapides dans la piété que dans les sciences. Ange Delpas n'avait que sept ans et déjà on remarquait en lui une gravité douce dans le caractère et une grande sagesse dans les habitudes qu'il s'était formées. [Il passait la majeure parlie de ses journées dans les églises ou dans son oratoire ; il suppliait Dieu de l'éclairer sur le choix de l’état de vie qui lui était destiné. Ange Delpas ne tarda pas à comprendre que Dieu l’appelait à la vie religieuse. L'Ordre de Saint-François d'Assise l’attirait tout particulièrement. H forma la résolution d'y entrer pour y pratiquer les observances de sa règle austere. Il prévit que de grandes difficultés entraveraient son dessein, mais rien ne put arrêter ni décourager l'élan du vertueux jeune homme.
Ange Delpas se rendit au couvent de Saint-Francois d'Assise de Perpignan, où le Provincial se trouvait en cours de visite. Il se jeta à ses pieds et lui demanda humblement de vouloir l'admettre dans l'Ordre franciscain. Jean Delpas, qui avait ignoré les desseins de son fils, ne put contenir sa colère lorsqu'il apprit l'entrée de son enfant au couvent de Saint-François. Il y courut, et avant surpris son fils occupé à balayer en compagnie des autres novices, il ne craignit pas de prodiguer Îles reproches et les menaces, soit au jeune homme, soit au Père gardien. Croyant le délourner de sa vocation. il Paccompagna chez son beau-frère, Michel Pincart, chanoine de la cathédrale d'Elne. auquel il donna des instructions particulières. Ange Delpas disparut le lendemain de grand matin, retourna au couvent de Saint-François et sollicita la faveur d’être revêtu immédiatement de l’habit religieux. Les supéricurs du monastère accédèrent à sa demande, et sans retard envoyèrent le jeunc religieux dans un couvent de Barcelone. Le temps de son noviciat fut employé au travail de la
formation de son âme. Il s’y adonna avec tant de zèle qu'il ne larda pas à être considéré comme un religieux consommé dans les voies de la spiritualité. Le Provincial voulut recevoir en personne la profession du jeune novice.
Ange Delpas fut envoyé à FUniversité d'Alcala de Hénarès pour faire de solides études de théologie. Il y rencontra un jeune frère, François Gonzaga, qui devait devenir plus tard Général et historiographe de l'Ordre franciscain. Après avoir passé trois ans à Alcala, où son temps était partagé entre l'étude de la théologie mystique et scholastique et les exercices de la pénitence, il soutint des thèses publiques avec un grand éclat et retourna en Catalogne, précédé par une réputation de science et de vertu. Il avait vingt-cinq ans. D'abord envoyé au couvent de Figuères, il commença d'exercer le ministère de la prédication. L'onction était le principal caractère de son éloquence ; la solidité de ses sermons était rehaussée par la simplicité de la forme. Aussi, ses premières prédications excitèrent-elles un grand enthousiasme el produisirent-elles des fruits bien précieux à Figuères et aux environs. Rentrant un soir au couvent après avoir prêché dans le voisinage un sermon sur l'Assomption de la Sainte Vicrge, il fut surpris par la pluie et bientôt mouillé jusqu'aux os ; ses sandales restèrent dans la boue, sans que notre religieux, avare d’un temps qu'il voulait consacrer entièrement à la gloire de Dieu, songeñt à s'arrêter ; il médita sur les souffrances de Notre-Seigneur dans sa Passion, ct particulièrement sur la nudité de ses pieds. Dès ce jour, il promit d’imiter sur ce point son divin Maitre le reste de sa vie ; sauf des cas de nécessité extraordinaire, il alla toujours nu-pieds Jusqu'à sa mort, sans tenir compte des objections de ses confrères. C’est ainsi qu'il accomplit toujours ses missions et ses voyages, soit en Cataloune et dans Île reste de l'Espagne, soit en France ct en Italie, durant trente-trois ans. Le serviteur de Dieu n'était pas retenu par le froid le plus rigoureux, et jamais il ne cessa d'aller nu-pieds, même sur la neige et la glace.
En 1565, les supérieurs d'Ange Delpas, redoutant les suites des rigoureuses pénilences qu'il s'imposait au milieu des fatigues de l’apostolat, le chargèrent d'une chaire de théologie au collège de Vich. Un an après, il fut désigné pour professer les arts au couvent de Tortose. Durant deux ans, il fut à la fois professeur et missionnaire. Une foule inimense accourait pour l'entendre et de nombreuses conversions furent le fruit de ses prédications. Dans la contrée. Ange Delpas fut désigné comme un saint par la voix publique. Cette réputation faisant le tourment de son âme, il demanda à ses supérieurs la faveur de passer dans un autre couvent. Ange
Delpas fut alors autorisé à prêcher partout où l'attirait l'esprit de Dieu. Le saint religieux donna alors une libre carrière à son zèle et parcourut les diverses parties de la province, répandant partout les enseignements de l'Evangile et les exemples vivants des plus sublimes vertus.
En 1572, Ange Delpas, à peine âgé de trente-deux ans, fut élu gardien du couvent de Tortose. Il donna à ses frères l'exemple de la plus grande humilité, recherchant les travaux les plus grossiers. L'année suivante, il fut nommé définiteur au chapitre pro-
vincial ; quelque temps après, il passa, avec le titre |
de gardien, au couvent de Perpignan. sa ville natale.
‘évêque d’Elne, Pierre-Martyr Coma, qui venait de donner une vive impulsion au culte de l’Immaculée- Conception dans le Roussillon. fit monter Ange Delpas sur la chaire de la cathédrale de Perpignan, pour exciter la dévolion de ses compatriotes envers Marie.
Ange Delpas, en qualité de définiteur de la Province franciscaine de Catalogne. ne cessait de déployer un grand zèle pour l'extension de l'observance réformée. Désireux.avec quelques autres Pères, de suivre la Règle avec plus de rigueur et d’'austérité. il demanda au Général de l'Ordre, Christophe de Chef-Fontaines, la création d'une nouvelle custodie, composée des couvents de la Province, qui. sous le nom de maisons de Récollection, avaient précédemment embrassé la réforme ; c’étaient les couvents de Tortose, de Figuères. d’'Horta, d'Ille et de Villefranche-de-Conflent. Le Général y consentit. en investissant le futur custode de nombreux privilèges (1576).
Les Pères de la nouvelle custodie furent convoqués dans le couvent de Figuères, à l'effet de nommer le custode de cette réforme des Recollets (Recollecli) de Catalogne. Ange Delpas fut élu. Peu de temps après. il se rendil. avec le gardien du couvent, au chapitre provincial, dans le couvent de Barcelone (1579). Cette assemblée reconnut et approuva la nouvelle custodie, à laquelle fut cédé et annexé le couvent de Lérida. Elle reçut le titre de Cuslodie du très saint nom de Jésus des Réformés de Calalogne.
Le chapitre général de l'Ordre devant se tenir à Paris dans le courant de l'année 1579, Ange Delpas, en qualité de enstode, se rendit nu-pieds à cette assemblée, où fut élu Général le célèbre annaliste François de Gonzaga. A son retour, le P. Ange redoubla de zèle et de ferveur dans le but de propawer la Réforme. Ses désirs reçurent bientôt un premicr accomplissement : le 8 janvier 1580, l'arche-
vêque de Tarragone offrit aux Hécollels où Réformés
l'église et Le couvent de Saint-Michel d'Escornalbou, occupé précédemment par des chanoines réguliers
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de Saint-Augustin. Ange Delpas accepta avec reconnaissance la donation du prélat.
Les Récollets étaient restés soumis à la juridiction du Provincial. Ange Delpas. jugeant qu’une certaine liberté d'action était la condition de la prospérité de la réforme qu'il avait entreprise, sollicita et obtint de Grégoire XIIT que les Récollets fussent entièrement séparés de l'Obsecrvance, et ne relevassent désormais que du Général de l'Ordre. Sur les représentations du Provincial de l’Observance de Catalogne, le Nonce apostolique, qui avait déjà reçu le décret pontifical, crut devoir en suspendre l'exécution ; puis, il écrivit une lettre au P. Ange pour lui ordonner de renoncer à ses prétentions. On peut juger à quel point tout cela contrista Ange Delpas: il crut devoir en appeler au jugement du Pape qui pouvait seul révoquer ou suspendre son décret. C’est alors que, désirant exposer le véritable état de choses au Souverain Pontife et connaître sa volonté, notre religieux résolut de se rendre à Rome.
Grégoire XIIT fut frappé par la douceur et l’humilité de l'homme de Dieu; reconnaissant ses excellentes intentions et sa sainteté, et désirant donner une prompte solution à l'affaire des Réformés de Catalogne. il rendit une nouvelle bulle, par laquelle il les sépara de l'Observance, ct érigea une nouvelle Province distincte composée, non seulement des six couvents que les Récollets avaient en Catalogne, mais encore de ceux qu'ils occupaient dans les provinces d'Aragon et de Valence (février 1581). Cette décision, loin d’apaiser les oppositions qui s'étaient manifestées, ne fit que les rendre plus vives et plus regreltables ; les prélats de l'Ordre, et particulièrement l'illustre Gonzaga, alors Général, s’efforcèrent d'aplanir ces obstacles et de rétablir la paix. On cut recours au roi Philippe IT, qu'on savait profondément attaché à l'Ordre de Saint-François. L'intervention du monarque fut prépondérante, car les mesures qu'il proposa furent confirmées par le Pape et expédiées en forme de Bref.
Le Général de l'Ordre croyant empêcher. dans l'intérêt de l'union et de la paix, que notre religieux continuât à poursuivre l’exécution des bulles pontificales favorables à la réforme des Récollets, lui ordonna de quitter Rome, en lui assignant le couvent de Gênes pour résidence. Le saint religieux ne recula point devant ce nouveau sacrifice ; et, bien qu'il ne fût venu à Rome que pour obtenir la confirmation de cette réforme, il n'hésita pas un instant, n'écoulant que la voix de lobéissance. Ses nouveaux frères ne tardérent pas à admirer en lui l'humilité el la pauvreté la plus parfaite; et, durant les deux années qu'il passa à Gênes, il prêcha continuellement avec un grand profit pour les âmes. Un grand nombre de personnes oblinrent miraculeusement la
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santé par les prières ou un simple signe de croix du serviteur de Dieu, ou même par l’usage de l’eau ou l'application d’un morceau de toile qu’il avait bénits. Ange Delpas, passant un jour dans une rue de Gènes, entendit des gémissements : comme il en demandait la cause, il apprit qu’une dame de ce quartier venait de perdre son enfant. Inspiré par sa grande charité, il entra dans la maison et, pénétrant jusque dans la chambre où l'enfant était étendu sans vie, il le prit par la main comme s’il voulait le réveiller, et, s'adressant aux parents et autres personnes présentes, il répéta par trois fois ces paroles : « Cet enfant n'est pas mort. » Et aussitôt, on vit cette innocente créa-
ture reprendre le mouvement et la vie. Tous louaient :
Dieu et bénissaient son serviteur; mais lui, craignant qu'on ne vit là un miracle et qu'on ne le lui attribuñt, insista pour qu'on n'en parlät pas, répétant que l'enfant n'était qu'endormi. — On ne l’appelait que le Saint, et l’on vit s’accomplir de nombreuses conversions, déterminées bien moins par la solidité de ses instructions que par l'influence de ses vertus et l'édification de ses exemples. Le Nonce de Gênes reconnut hautement le mérite de notre
Vénérable comme prédicateur. L’humilité du servi-
teur de Dieu soulfrait de tous ces éloges ; il conçut la pensée de quitter Gênes pour retourner dans sa province de Catalogne. Ün jour, lorsqu'il venait d'achever sa messe, une picuse femme demanda à l'entretenir : elle lui fit connaître que Notre-Seigneur lui était apparu la nuit précédente et lui avait ordonné de se présenter à lui pour lui faire part de la volonté divine; elle ajouta que Dieu ne voulait pas qu'il donnât suite à son projet de retourner en Catalogne, parce qu'il était destiné à faire plus de bien en [talie.
Le serviteur de Dieu fut singulièrement frappé de cet événement, car les pensées de départ qui l'avaient si fortement agité étaient connues de Dicu seul. Il comprit dès lors qu'il ne pouvait rentrer en Catalogne sans résister à la volonté de Dicu. En conséquence, il demanda et obtint la permission de passer dans Île royaume de Sicile. Il s’embarqua secrètement. Grâce à un vent favorable, le vaisseau se trouva bientôt en vue de Palerme : mais une tempête éclata qui mit l'équipage en péril. Ange Delpas, après avoir prié, exhorta les matelots et les passagers à la confiance en Dieu. M fit ensuite Le signe de la croix avec le crucifix qu'il portait et toucha de sa main Îles eaux en fureur. La ternpêète cessa aussitôt. L'humble serviteur de Dicu supplia les témoins de ce prodige de ne point le divulguer. Ce fut en vain. On avait à peine débarqué que Îles habitants de Palerme se pressèrent en foule pour voir le Saint. Ange Delpas prècha une station quadragésimale à la cathédrale de Palerme, puis se rendit à Messine
pour se livrer à l’oraison et à la composition d’ouvrages d’ascétisme.
En 1585, Sixte-Quint qui avait eu l’occasion de connaître et d'apprécier Ange Delpas, l’appela à Rome. Ce pape le reçut avec une bienveillance marquée ct accepta avec une grande satisfaction l'hommage de l'Explication du symbole des A pôtres. Le Maître du Sacré-Palais rendit compte de ce livre au Pape dans les termes les plus élogieux, en disant que nul écrit de ce genre ne l'avait si pleinement intéressé et satisfait, après les œuvres immortelles de saint Bonaventure et de saint Thomas d'Aquin. Le Pape confirma ce témoignage, dès qu'il eût goûté par lui-même le mérite du livre, et il n’en fut que plus résolu à retenir le serviteur de Dieu à Rome : « Ma volonté, dit-il « au P. Ange, est que vous abandonniez tous vos « projets de Réforme, que vous renonciez même à « votre Province et que vous entrepreniez paisible- « ment une Exposition sur les quatre Evangélistes. » Ce fut une nouvelle épreuve pour le religieux : son obéissance triompha de son humilité. Cependant. comine il hésitait encore. un jour qu'il s'était rendu dans la basilique de Sainte-Marie Majeure pour se prosterner aux pieds de la Reine du Ciel et lui soumettre ses perplexités, la Sainte Vierge, voulant le rassurer d'une manière éclatante, daigna lui apparaître avec saint Mathieu et une multitude d’anges : tous l’encouragèrent à écrire Fouvrage dont le Pape l'avait chargé. Le P. Ange n’hésita plus. Afin de travailler avec plus de calme. il se retira au couvent de Tivoli ; dans fe court espace d’un an et sans avoir une grande bibliothèque à sa disposition, ilcomposa vingt-huit livres sur l'Évangile de saint Mathieu, ct un traité sur la connaissance de l'amour de Dieu.
Sur l'invitation du Souverain Pontife, Ange Delpas s'établit au couvent de Saint-Picrre-in-Montorio. C'est là qu'il passa les neuf dernières années de sa vie dans les exercices de la retraite et les labeurs de l'étude. Sixte V, par une faveur signalée, l'affranchit de l’obédience de tous les prélats de l'Ordre et le plaça sous la juridiction du Cardinal protecteur. 1 paraît certain que ce pape lui offrit la pourpre cardi nalice ; mais l'humble religieux ne put jamais se résoudre à l’accepter.
Voici les principales œuvres du vénérable Ange Delpas :
Commentario sobre la Reqgula de San Francisco ten espa- #nol) ; un vol. in-&°. publié à Barcelone, en 1579. à l'époque de la création de la nouvelle Custodie des Récollets ou Réformés de Catalogne (Pierre Malo. éditeur).
De los fundamentos del buen espirilu x de loda perfeccion espirülual: dédié à la noble dame génoise Dona Veronica de Mari. et publié à Gênes en 83:
c'est le même ouvrage mentionné parfois sous ce titre : Avisos sobre la vida espiritual.
Tractalus de reslituenda disciplina velusla Religionis Sancli Francisci; Gènes, 1583. Ce livre, que certains bibliographes appellent tout simplement De Reformalione, se Composait de quatre traités, dédiés : les deux premiers, au cardinal Ferdinand de Médicis ; le troisième. aux Cardinaux de la Congrégation des Évêques. et le quatrième, qui traitait de la Réforme des religieux en général, au cardinal de Montalto, devenu Pape peu de temps après, sous le nom de Sixte-Quint.
Enchiridion divin scholaslicæque theologiæ, distributum in duas parles. speculalivam el prælicam. Genuæw. 1584. Cet ouvrage fut dédié au cardinal Ferdinand de Médicis.
Enchiridit exposilio, sive commentarium libris VIT divisum. C'est une explication ou développement de l'ouvrage précédent.
Erposilio symboli Apostolorum; Romæ, 1595. Deux volumes in-folio, imprimés à l'imprimerie du Vatican. Cet ouvrage. un des plus instructifs et des plus utiles qui aient été composés sur cette matière, est écrit dans un style pur et élégant : on y admire surtout une grande profusion de citations empruntées aux Pères de l'Eglise.
Breve traltalo della preparazione del Santlissimo Sacramento dell'altare ; Roma, 1595. Cet excellent ct pieux traité sur la préparation à la sainte communion est composé aux deux tiers de textes de l'Écriture Sainte. Il fut écrit par le Vénérable, en 1586, sur la demande de la très noble dame Antoinelle de la Roccha, de Messine, et publié neuf ans après sur les instances de la Révérende Mère abbesse du couvent de Sainte-Suzanne. de l'Ordre de Saint-Benoît.
De culltu sanclorum el oratione ad eosdem, eorumdemque pro nobis intercessione, el de reliquiarum reverentia (Dédié au patrice génois François Tagliacarniæ).
De confidentia hominis in Deum libri HI. (Dédié à D. Antoine-Marie Bracello, génois).
Les ouvrages qui précèdent furent les seuls, à ce qu'il paraît, publiés du vivant du Vénérable. Ceux qui suivent virent le jour après sa mort, où demeurèrent inédits :
De la cena eucharistiea :
De l'oracion jaculatoria Gimp. du Vatican. 159 ;
De Christi amore quo pro nobis palt dignalus est;
Commentaria in S. Maltthæœum libri NA VIII ;
Comumentaria in S. Marecum libri A VT ;
Commentaria in S. Marcum libri X\Y ;
Commentaria in S. Joannem libri HT, sur les trois premiers chapitres seulement. — Ces quatre commenlaires sur les évangélistes furent publiés en trois
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volumes in-folio, par les soins du célèbre annaliste Wading, de 1623 à 1626 ;
De fabricä mundi, sive de rerum omnium primé crealione libri IT, un vol. ;
Opusculum instruclionis sive admonilionis ad Jacobum Sanchæ franciscanum, commissarium provinciæ Valentliæ ;
De divino amore caplando ;
Commentaria in Abdiam prophelam ;
De parentlum el filiorum amore reciproco, L. VI. Discours funèbre prononcé à l’occasion de la mort
du frère César Pergamo : |
Opusculum de auctoritate cardinalis prolectoris ;
Opusculum de instructione el educalione religiosorum ;
Opusculum quo commendal decrelum S. Congregationis de lollendis omnium regularium cœnobiis, in quibus necessarius ad conservandam disciplinam religiosorum numerus haberi non polesl. Tabulæ et repertoria omnium ferè conciliorum insignium, quorumcumque SS. Patrunm, illustrium historicorum, et vitarum sanctorum, præsertim a Laurentio Surio collectarum.
Cette magnifique et si utile compilation avait fait dire au savant Surius que le vénérable Ange Delpas avait dû lire tant de livres, qu'il n'avait pu, ce semble, trouver le temps d'en écrire un seul ; et que, d'autre part, il en avait écrit un si grand nombre, qu'il ne paraissait pas avoir pu trouver le temps d'en lire.
Le 14 août 1596, Ange Delpas fut atteint d'une fièvre qui le conduisit au tombeau. Au bout de quelques jours de maladie, il mourut en odcur de saintcté, le vendredi 23 août, vers les neuf heures du soir.
Les religieux de Saint-Pierre in-Montorio transportèrent dans l’église le corps d'Ange Delpas que l'on entoura d'un grand nombre de lumières. Bientôt les abords de la colline furent envahis par la foule. On baiïsait ses pieds et ses mains ; nonobstant la présence des religieux chargés de veiller auprès de la précieuse dépouille. on dut, pendant les deux journées du samedi 24 et du dimanche 25 août, vêtir successivement cinq fois le corps du religieux, tant on mettait de l’empressement à emporter des fragments de son habit.
Le duc de Cesse, ambassadeur d'Espagne, vint vénérer les restes du saint religieux avec sa famille et sa suite. La duchesse, sa femme, fit faire à ses frais un cercueil de plomb, dans lequel on plaça, le mardi, 27 août, le corps d'Ange Delpas, renfermé d'abord dans une bière en boiïs. Il fut inhumé le lendemain. Mais un tombeau en marbre ayant été découvert dans Rome en ce jour, le cardinal Mattleï, protecteur de l'Ordre franciscain, le fit transporter à Saint-Pierre-in-Montorio, et décida qu'il servirait à
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renfermer le corps du vénérable Ange Delpas. Le samedi 31 août, ce tombeau fut établi dans le sanctuaire, à droite du maïtre-autel, du côté de l’'évangile, et le lundi, 2 septembre, les travaux d’appropriation étant achevés, le corps fut enseveli dans ce sépulcre.
Au-dessus du sarcophage, fut gravée une effigie du P. Ange. représenté dans l'attitude qu'il prenait ordinairement pour faire oraison : au-dessous de ce portrait fut gravé le vers suivant :
Sic orans Domino placuit : sic saccula juvit
et un peu plus bas :
Conditur hac ingens meritis Pater Angelus urna, Hispanus patria, Relligione Minor.
Puis, l'épitaphe proprement dite : « Obiit R. P. fr. Angelus del Paz, Perpinianensis, Anno Domini MDXCVI, die XXII augusti. »
Enfin, sur la pierre tumulaire en marbre blanc qui recouvre le sarcophage intérieur dont nous venons de parler, et qui se trouve au niveau du pavé du sanctuaire, on lit: « Hic jacent ossa et cor P. Angeli à Pas, eximiac virtutis doctrinaeque viri. Vixit, Annos LVT. Obiit in hoc Caenobio die XXII augusti MDXCVL. »
En outre de ce portrait du Vénérable, qui n'est pas visible, il en existe deux autres à Rome: l’un sur une des fresques du cloître du couvent de San-Francesco-à-Ripa ; l’autre. qui se conserve à Saint-Picrrein-Montorio, paraît avoir été exécuté sous les yeux ou par les soins du frère Boniface Bonibelli : le Vénérable y est représenté prosterné devant le Saint- Sacrement et prononçant celle prière. qu'il faisait très souvent : « Salvum fac populum luum, Domine, el benedic haeredilali tuae.» Au-dessous de ce portrait, on lit les vers latins suivants :
Angele, flos hominum, telluris sidus Iberae, Et Franciscanae gloria magna domus :
Incola nunc coeli es, qua te pius evocat ardor. Sectaris vitae dum melioris iter :
Nam Christi meditare crucem durosque labores Inque illis semper mens tua fixa fuit.
Inde tibi sacrae doctrinae haurire liquores os erat, et totus dum pietate mades Qua stupet haec actas, seri Stupeantque nepotes Aetheri scribis Flaminis auctus ope:
Inde petis radios quorum fulgore inicanti Mens Lua splendescens quaeque futura videt.
Inde tibi licuit saevos depellere morbos.
Quos contra medicae non valuere manus.
Ad tua traxisti totam miracula Romam.
Quae nunc vota tibi supplici mente facit.
Peu d'années après sa mort, Clément VIII donna des ordres pour faire entreprendre l'enquête de sa vieet ses miracles. En 1624, Urbain VIII permit expressément l'introduction de la cause ct l’instrucüon du procès apostolique qui fut achevé peu de temps après. Copie en fut prise en 1699, sous le pon-
tificat d'Innocent VII. Depuis cette époque, la cause n'avait pas avancé. vu que personne ne faisait instance. Enfin. elle fut reprise en 1863. Par décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en date du 30 juillet 1863, Pie IX autorisa la reprise de celte cause de béalification au point où elle avait été laissée. Ce décret consacrait officiellement le titre de VÉNÉRABLE et dispensait des nombreuses et longues formalités qu'il aurait fallu remplir, conformément à la procédure moderne. Dès ce moment, on put s'occuper immédiatement de l'examen et de la révision des écrits du P. Ange del Pas. En effet. le 18 février 1864, le Saint-Père donna l'autorisation de procéder à la perquisition des écrits du Vénérable. Par décret du 2 juin suivant, Sa Sainteté commit à la Sacrée Congrégation des Rites, et particulièrement au promoteur de la foi, de faire, avec l'assistance du Chancelier, cette perquisition dans Rome. Le 15 Juillet de la même année, un édit de Son Éminence le Cardinal Préfet de la sainte Congrégation ordonnait cette perquisilion canonique dans Rome, et un ordre semblable élail transmis à Perpignan. — Le 1” septembre 1866, le Postulateur général de l'ordre des Franciscains fiformali, à ÉlEé autorisé à retenir la cause du Vénérable Ange. bien que la réforme qu'il avait entreprise n'eut pas obtenu tout le succès qu'il en attendait. — Enfin. le 3 juillet 1869, un décret de la sainte Congrégation des Rites, confirmé le 8 par Sa Saintelé, a conslaté que le vénérable Ange del Pas n'avail pas élé, depuis sa mort. l'objet d'un culte irrégulier de la part des fidèles.
L'église paroissiale de Saint-Marsal conserve deux tableaux consacrés à la mémoire d'Ange Delpas. Le premier, qui se trouve sur le dôme du confessionnal. représente le vénérable religieux dans l'attitude de l'oraison. Le second, placé sur un côté de la chaire, reproduit une scène miraculeuse : Ango Delpas apparaissant à un seigneur de Saint-Marsal, faisant une partie de chasse. Le chasseur est arrêté par un coup de foudre qui à tué son chien ; quant à lui, ïl est sain et sauf, grâce à la protection du vénérable Ange Delpas, son parent.
Archives des Pvr.-Or.. G. 143, 230. — ToLka DE Bonpas, L'ordre de Saint-François d'Assise en Roussillon. — Avrox-Mania pa
ViceNza, File del venerabile servo di bio P. {ngelo Del Pas, di Perpianano, Roma, 1N67.
DELPAS (Pierre), fils de Jean Delpas. seigneur de Saint-Marsal, était déjà pourvu, en 1579, d'une slalle de chanoine à la cathédrade d'Elne. Il avait succédé à son grand-oncle Michel Pincart. qui s'était démis du canonicat en sa faveur. Le #4 juin de cette même année. Pierre Delpas afferma pour un an le greffe et les émoluments de l'officialité de Perpignan. En 1587, il fut revètu de la dignité de sacristain du
chapitre d’Elne. Pierre Delpas se trouva, l’année suivante, dans les rangs de l’armée espagnole qui combattait à Grenade contre les Maures. Rentré en Roussillon, il reprit sa place au chapitre d'Elne. Ses collègues, les chanoines, l’'envoyèrent sièger, comme leur représentant, à l’assemblée du clergé provincial qui se tint à Tarragone le 2 janvier 1602. En 1605 on le trouve à Barcelone avec le titre de délégué du chapitre d’Elne.
Archives des Pyr.-Or., G. 61, 62, 128. 134, 155.
DELPAS (Jacques), autre fils de Jean Delpas, épousa, en 1567, Anne Johan, fille du chevalier Laurent Johan. Demeuré veuf, il convola en secondes noces avec Anne de Terreros, et mourut en 1618. IT avait eu de sa dernière femme un fils qui porta le même nom que lui. Philippe III lui avait concédé les privilèges nobiliaires accordés aux citoyens de Barcelone.
Archives des Pyr.-Or.. E. Il. (Titres de famille) 248, B. 380.
DELPAS (Jacques), fils du précédent, se maria en 1603 avec Françoise Alzine, la fille de Raphaël Alzine qui, après avoir été recteur de l’Université de Perpignan, devint sénateur au Conseil royal criminel de Catalogne. De cette union naquirent quatre enfants : Ange, qui succéda à son père; Jacques ; Jeanne, épouse de Hyacinthe de Vilanova, et Anne, mariée à Jean Despuryol.
Archives des Pyr.-Or., E. IL (Titres de famille) 288. — Mémoires de Jaume.
DELPAS (Ange), fils aîné du précédent, avait épousé Eléonore de Millas dont il n'eut qu'une fille, Isabelle ; celle-ci se maria avec Bernard Ballo, mercader de Perpignan. À la mort d’Ange Delpas, les fiefs patrimoniaux passèrent à son frère Jacques. Ce dernier laissa en mourant deux fils: Ange et Raymond.
Archives des Pvr.-Or., E. IE. (Titres de famille) 248.
DELPAS (Ange), neveu du précédent et fils aîné de Jacques Delpas, avait épousé en 1652 Marie d'Oms-Jou, fille d'Antoine d'Oms, seigneur de Pia et de Calmeilles. À fa mort de celle-ci il convola en secondes noces avec Thérèse de Camporells. Durant, les guerres de Catalogne, Ange Delpas soutint le parti espagnol et combattit dans les rangs de l’armée de Dalmace de Quéralt. Le 29 juillet 1653, ses biens furent attribués par Louis XIV à Scvère Soler-Salvador, lieutenant au régiment du capitaine-général. Î reconnut en 1661 la domination française et hérita alors des propriétés et des Litres de son frère Raymond, baron de Saint-Marsal, qui avaient été durant quelques années entre les mains de Philippe de Co-
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pons. Ange Delpas mourut en 1663. Sa veuve ayant prêté serment de fidélité au roi de France, le 24 septembre de cette même année, resta librement en possession de ses seigneuries de Saint-Marsal, Pia et Montoriol. Elle n'eut qu'un fils, Ange-Charles.
Archives des Pyr.-Or., B. 390, 394, 401, E. (Titres de famille)
DELPAS (Raymond), frère du précédent, baron de Saint-Marsal, fut nommé, dès les premières levées d'armes en Roussillon contre la France (1639), alferez de Ia compagnie des nobles. Il demeura fidèle partisan de la domination catalane et ses biens furent dévolus, en 1653, à Philippe de Copons. Huit ans plus tard, ils firent retour à son frère Ange.
Archives des Pyr.-Or., B. 389, 390, 394, E. II (Titres de famille)
DELPAS (Ange-Charles), fils d’Ange et de Thérèse de Camporells épousa Marie-Anne d'Oms. De cette union furent issus : Raymond, camérier de Saint-Michel de Cuxa, chanoine d'Elne et archidiacre de Conflent (1724-1728) ; Ange-Charles, né en 1683.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille) 248.
DELPAS (Ange-Charles), fils du précédent, seigneur de Pia, de Saint-Marsal, Taulis, Croanques, Montauriol-d’'Amont el d'Avail, Puig-Sutrer et leurs dépendances, se maria avec Thérèse de Générès. En 1725, Louis XV érigea en marquisat ses terres de Saint-Marsal. Ange Delpas cut trois fils: Ange-Augustin qui lui succéda, Jean, Antoine, et deux filles.
Archives des Pyr.-Or.. E. IT (Titres de famille) 248.
DELPAS (Ange-Augustin), fils aîné du précédent, marquis de Saint-Marsal, épousa le 20 février 1732, Madeleine de Ros de Margarit. De ce mariage naquirent deux garçons, qui moururent en bas-âge, et deux filles: Marie-Angèle-Martine, qui se maria le 2 août 1746 avec le marquis Jean-Etienne de Blanes, et Josèphe, qui épousa en 1759 le vicomte Jean-François d'Albaret. Le marquis Ange-Augustin Delpas mourut le 27 septembre 1766, et laissa sa fortune. évaluce à 800.000 livres, à sa fille ainée. Jean- Baptiste, comte de Saint-Marsal, frère du marquis défunt, attaqua le testament comme contraire aux dispositions de leurs ancêtres prohibant que le patrimoine tombät en quenouille. Un procès fameux s’ouvrit en 1780 qui. d'appel en appel, passa successivement au Conseil souverain, au tribunal de la viguerie, au Parlement de Paris et au Conseil d'Etat. La Révolution suspendit la solution de cette affaire.
Archives des Pyr.-Or.. E. IT (Titres de famille) 248. — Mémoires de Jaume, — Abbé J. Careiee, Etude historique sur Millas.
DELPAS — DEL RIU
DELPAS (Jean-Baptiste-Poilycarpe), frère du précédent, naquit à Perpignan en 1714, entra dans l'armée, où il servit jusqu'en 1766. A cette date, il était commandant du régiment de Rennes. Üne ordonnance royale du 25 novembre 1766 lui délivra un livret de pension de douze cents livres avec rang de lieutenant-colonel. Malgré son grand âge il fut arrêté en mai 1793, et enfermé à Montpellier avec son fils âgé de vingt-neuf ans. Jean-Baptiste Delpas mourut en 1797.
Communication obligeante de M. le docteur Sabarthez.
DEL RIU (François) naquit à Perpignan. de parents nobles. Quoiqu'il fut l’aîné de la famille, il résolut de quitter le monde pour se donner à Dieu. Il entra dans l’ordre de Saint-François et son existence s’écoula daus le couvent des capucins de Perpignan et celui de Vinça. Ce religieux s’appliqua à faire briller dans ses actes la vertu d'humilité. C'est pourquoi il remplit dans le cloître les emplois les plus grossiers : il y exerça les méliers de relieur, de ailleur et de cordonnier. Il ne rougit pas de remplir à Perpignan, au milieu de la place publique et en présence d’un grand nombre d'habitants, l'emploi réputé le plus vil aux yeux du monde. Ayant appris qu'on avail promis du fumier au jardinier du couvent, mais qu'il fallait envoyer des frères pour le charger sur le chariot, François Del Riu s'offrit pour être employé à ce travail, sans songer à l'effet que cela pourrait produire sur sa famille et ses amis. Pendant qu'il était occupé à ramasser ce fumier de ses mains, vint à passer un gentilhomme, ami de sa famille, qui. à ce spectacle. s'arrêta d'abord interdit et sans pouvoir proférer une parole ; mais bientôt, l’indignation prenant le dessus, il éclata en ces termes : « Comment, toi, dont «“ les aïeux comptent dans la noblesse la plus hono- « rée de la Province. ne rougis-tu pas de dégrader le « nom de ta famille aux yeux de Les concitoyens en « remplissant l'emploi du dernier des serviteurs 2. « Souviens-toi qu'à La naissance tu n'as pas été déposé « sur du fumier, ni même sur de la paille, et que les « gens de ta race peuvent aspirer aux plus hautes « dignités. bien loin de pouvoir s'avilir par d'aussi « humiliants travaux...» François ne parut nullement impressionné par ces paroles et se contenta de répondre : « Je ne suis plus ce seigneur del Riu dont « Le souvenir réveillé soit capable. conrme vous sem- « blez le croire, de me détourner de mon dessein en «“ me présentant mon devoir comme une honte. J'ai « dépouillé le vieil homme et revêtu l'homme nou- « veau. J'ai déposé le masque du siècle en embras- « sant la vice séraphique ; c'est pour cela que, si l'épée « qui brille à votre côté vous convient comme à un
« noble et vaillant chevalier, ainsi cette action, que « vous trouvez vile et abjecte, me convient à moi, « religieux le plus petit d’entre les Frères Mineurs. » François Del Riu s'était fait aussi une loi de ramasser soigneusement tout ce qu'il trouvait par terre, abandonné comme hors d'usage, pour peu qu'il pût l’utiliser, ce qui le dispensait souvent d'employer des objets neufs pour son service. Il se trouvait un jour au couvent de Vinça. Voulant rogner ou ébarber quelques feuilles d’un volume avec un outil qu'un long usage avait mis hors de service, il porta cet instrument à Joachim Colmell ou Colmelle, forgeron de Vinça, afin que, le passant au feu, celui-ci put lui donner une forme qui permit de l'utiliser. L'ouvrier objecta qu'il ne pouvait rien faire de ce fer, tant il était usé : et il lui montra les creux et les bosselures qui le déformaient. Le religieux insista pour que l'outil fut mis au fourneau, ajoutant qu'il réciterait la salutation angélique pendant ce temps. et que sans doute la Sainte Vierge se montrerait favorable à son dessein. Vaincu par ces insistances, le forgeron fit ce qu'on lui demandait ; et bientôt. il retira le fer incandescent de la fournaise pour le tremper dans un vase d'eau. Mais aussitôt après, et sans autre opération. le fer apparut d'une forme aussi régulière ct d'un métal aussi brillant que s’il eut été nouvellement fabriqué du plus pur acier. Ce n'est pas tout ; ce qui surtout jeta Colmell dans un étonnement indicible, ce fut la vue d’une image de Maric très nettement gravée sur le fer de l’instrument ainsi transformé : la Vierge était debout, ayant la lune à ses pieds ; son visage et toute sa personne jetaient unc lumière éclatante... A la vue de ce prodige, François Del Riu, arrachant vivement l'outil des mains du forgeron, se mit en devoir d'effacer l’image ; mais ce fut en vain, et l'ouvrier put encore la contempler dans les sentiments d'un pieux et profond anéantissement. Cependant, le saint religieux, comprenant bien que. si ce fait venait à être connu. il ne manquerait pas de lui attirer quelque gloire, reprit l'outil et se mit à le frotter de toutes ses forces contre l'enclume, jusqu'à ce qu'il eût réussi à faire disparaitre l'image, ce qui plongea le forgeron dans une si grande tristesse qu'il passa près de trois mois sans pouvoir trouver aucune consolation. Et ce qui ne servit qu'à augmenter son chagrin, ce fut la promesse qu'avait exigée de lui François Del Riu, de ne point révéler le prodige, au moins de son vivant. Ce ne fut qu'après la mort du religieux que le forgeron Île fit connaître et le confirma par serment. Quand Erançois Del Riu chantait au chœur, il semblait répandre son àme, et pénétrait les assistants d'un tel sentiment de piété qu'ils croyaient entendre quelque chose de surhumain. À ce sujet. François Delmas, médecin de Vinça, qui avait l'habitude
d'assister aux vêpres du couvent, affirma, dans sa déposition, qu'il croyait entendre la voix d’un ange pendant que François Del Riu chantait scul au chœur. L'annaliste Boverius, qui a relaté ces divers faits, termine le récit de la vie de François Del Riu par ces mots : « li eut autant de témoins et de panéuyristes de ses vertus que de personnes avec lesquelles il se trouva en relations. » François Del Riu mourut à Perpignan en 1631.
BovERus, Annales Capuccinorum. — ToLrA DE Borbis, L'Ordre de Saint François d'Assise en Roussillon.
DENAMIEL (Alfred-Gustave-Joseph), ingénuieur. né à Rivesaltes le 26 mai 1839, mort à Perpiwnan le 7 décembre 1879. Doué de facultés éminentes, il entra à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole des Pontset- Chaussées ; il en sortit en 1862. Envoyé en Algérie où des travaux prenaient un grand développement, il v fut chargé successivement des arrondissements de Tlemcen et d'Oran dans lesquels il exécuta des ouvrages importants qui appelèrent sur lui l'attention de l'Administration. Denamiel fut appelé en 1869 à Aix. et peu de temps après à Marseille, où il trouva des chantiers de premier ordre qui lui permirent d’étaler au grand jour ses qualités d'inventeur en même temps que celles d'organisateur. En 1874, il demanda à rentrer dans le département des Pyrénées-Orientales, où on put connaître et apprécier son ardeur au travail, son désir de perfectionner et la recherche du progrès qu'il apportait en toutes choses. Il avait conçu de grands projcts d'amélioration agricole dont il poursuivait les études avec la plus grande activité, entr'autres un projet de submersion des vignes pour combattre le phvloxéra ; mais il fut atteint d'une maladie qui lui fit endurer d'atroces souffrances et qui le conduisit au tombeau.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
DENTRANYA (Jean), brodeur de Perpignan, fabriquait des ornements sacerdolaux durant la première moilié du XVF siecle.
Archives des Pvr.-Or., G. S29.
DERROJA (Joseph-Barthélemy-Xavier), né à Saint-Hippolyte, le 9 octobre 1822, de Jacques Derroja et de Rose Guiter, entra à l'Ecole spéciale de Saint Cxvr en I8#1. Il fut promu successivement : sous-lieutenant en 1843, licutenant en 1847, capitaine en IN53 et chef de bataillon en 1859. C'est en qualité de commandant qu'il fit la campagne d'Halie où il reeut a médaille de cette expédition militaire. Joseph Derroja était lieutenant-colonel d'infanterie quand la guerre franco-allemande éclata. Quelques
DENAMIEL — DESBACH
promu au grade de colonel. En décembre 1870, il fut nommé général de brigade. Général de division le 4 mars 1579, Joseph Derroja reçut le commandement d'un corps d’arméeen 1881. I prit sa retraite en 1887 et mourut à Paris, dans un âge avancé, le 25 mars 1909. Le général Derroja qui était décoré des médailles d'Algérie, de Rome, d'Orient. de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, avait été fait tour à tour : chevalier de la Légion d'honneur en 1861, officier de cet ordre en 1871, commandeur en 1878 et grand officier en 1887.
Archives du ministère de la guerre (Conimunication obliseante de M. Clément de Lacroix).
DESBACH ou DEZ BACH (Gérard) fisrure
comme abbé de Notre-Dame d'Arles de 1209 à 1214.
Gallia Chrisliana, VE, col. 108$.
DESBACH, DEZ BACH ou D’ESBAC (Raymond), abbé du monastère Sainte-Marie d'Arles, succéda, au mois de janvier 12614, à l'abbé Pons Descallar. Les auteurs du Gallia Chrisliana et les Bénédictins placent entre eux deux, cinq autres personnages sur le siège de l'abbaye: Raymond IF, Antoine [”, Raymond IIT. Robert IT et Raymond IV, qu'ils font vivre jusqu'au mois de novembre 1303. Mais l’épitaphe de Raymond Desbach qu'on voit encore dans l'église du monastère (chapelle de Saint-Benoît) prouve que ces cinq abbhés n'en faisaient qu'un et qu'il fallut effacer de la liste des abbés d'Arles Raymond Il, Antoine [", Robert ITF, et Raymond IV. Cette inscription tumaulaire est ainsi conçuc:
: DomiNuS : Raimundus : De BACHO : \BBAS: FECi: OPerAR!I: CASTR NV De RIARDO : & EMIT : TerCI\m
: Par TEm : PoSSessiONNon ET FEC& : OPer\ART: C\ASTRVm : De FVRCHis © & EME: Cention : LIBRAS : READ ALES
ET FECIT SABE Au" De BA\AEN\EIS © & EMIT © BI " Mille : QUuINGENTORS : SOLidos * RenDalLes :
- & EMIF : CASSER Nm De CODALeETO : & BAIN EI BABLNelS © ET FECFF IN
FERMARIENRT CLAUSER A PAL ACIN ne CaMer AM & STAGIV ne: ABBAalIS CET CORVM
ECCLesiE * ET VALLERN : NILLE ET EMIF : QulCQrld Donmini De CORSANIRO ET De MOnTE
FARARIO & DONS MAnSE Del ARNEAR Non EF EMIT
REDDIT As" VALEIS : De RINOFERRARIO : & EMETF : MARSOS : De FALGARS :
De SABAN OT & LOCVm De ORTIS :
NUMerNM SO MONACHOR\ mn :
De D\ORus ® MOnA\CIES * & HEDIFFICANIT : ALTARE : Sancti Be\eDICTE : & In EO © DPVOS :
PreSBileROS SFABILINIT : & SV\m :
STABILINEE © & CNILI
Bel: MOnACHO : D\VODECHne: SOLIDOS : In FESTO : PASCHe : & CEREIS