DES FONTS — DES MARES
encore ». dit l'Infant. — « Seigneur, s’écrièrent les chevaliers roussillonnais, sauvez-vous, car votre bannière est perdue ». — « Pas encore ! » riposta Ferrand. — « Vaia, s'écria Guillaume Des Fonts, que can volrelz no porelz ». — « Seigneur, lui dit-on encore, voilà de nouvelles troupes ennemies et une bannière blanche des Bourguignons, songez à fuir, sans quoi vous êtes mort ». Ce ne fut qu'à ce moment désespéré que l'Infant prit le parti de revenir sur Clarmunt. Sa monture était hors d'état de le porter. Le prince descendit lestement de cheval et s'apprêta à monter sur celui que conduisait le page de Guillaume d'En..L'ennemi fondit alors sur les catalans, les dispersa ou les massacra. Adhémar fut emporté par son coursier jusqu’au château de Belveser ; Guillaume Des Fonts, délivré des cavaliers bourguignons qui l'entouraient, se réfugia au château d'Estamira. Quant à l’Infant, il fut cerné par les ennemis qui lui coupèrent la tête sur le champ de bataille. En moins de quinze jours, tous les châteaux de Morée occupés par les catalans se rendirent ; la ville de Clarentza dont André Guiter s'était proclamé capitaine, en fit autant. La fortune du prince fut dissipée, et ses restes seulement retournèrent sur la terre natale où ils furent ensevelis, dans le monastère des Frères-Prècheurs de Perpignan, le lendemain de la Toussaint de l'an 1316. Les chevaliers roussillonnais revenus de l'expédition de Morée eurent à se justifier de l'accusation de trahison. Il leur fut aisé de réduire à néant cette imputation calomnieuse. Guillaume Des Fonts jouit ensuite du plus grand crédit à la cour de Majorque. En 1322, il occupait auprès du roi Sanche la charge de Portier majeur, qu'il conservait encore en 1329, avec le titre de conseiller du roi. En 1331, il était vice-roi ou lieulenant du roi dans les parts cismarines, c'est-à-dire dans les comtés de Roussillon et Cerdagne et dans la ville de Montpellier. Guillaume Des Fonts avait épousé Boneta, fille de Pons Bonet, bourgeois de Perpignan, décédée en 1331. Il vivait encore en 1338, mais la faveur des princes ne l'avait pas mis en possession de la forlune ; en cette même année, son fils Guillaume, fut doté d'une rente annuelle de trente livres jusqu’au jour de son mariage.
ÂLART, OP. Cl.
DES FONTS (Guillaume), fils du précédent, ne survécut pas à la chute du royaume de Majorque. Il eut un fils, Jaubert qui recueillit la succession de son oncle, Jaubert, scigneur des Fonts, et deux filles, Brunissende et Sibille. Celle-ci se maria à Pierre de Marça, damoiseau de Cornella-de-la-Rivière, le 16 mars 1361. |
ALART, OP. Cil.
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DES FONTS (Jaubert), fils du précédent, était
encore sous la tutelle de sa mère, à la mort de son grand-oncle, survenue en 1346. Il épousa Françoise, fille de Pierre Borro. Jaubert Des Fonts remplit la charge de viguier de Roussillon et Vallespir en 1387, acheta la seigneurie de Ponteilla le 13 novembre 1393 et vendit celle des Fonts au chevalier Ludrigo de Pobols, pour dix-sept mille sols barcelonais, le 22 janvier 1396. Jaubert Des Fonts eut deux fils : Dalmace qui mourut avant lui ct Bérenger, abbé de Cuxa ; et une fille, Sibille, qui s'étant mariée à Simon de Vallgornera lui apporta en dot la seigneurie de Ponteilla.
ALART, op. Cil
DES FONTS (Bérenger), fils du précédent, entra dans l'ordre de Saint-Benoît, fut sacristain-majeur du monastère de Cuxa, sous l'abbatiat de Guillaume de Sans. Celui-ci étant mort en 1411, Bérenger Des Fonts fut appelé à recueillir sa succession à la tête de l’abbaye. Il siégea jusqu’en 1442. Le Capbreu de l'abbaye de Cuxa, rédigé au xvur siècle par Melchior de Bru-Descallar, signale quarante-huit reconnaissances de propriétés, dont les bénéfices revenaient à l'abbé Bérenger Des Fonts. Ce prélat se livra à l’exploitation des gisements miniers et donna à cette industrie un grand développement.
Archives des Pyr.-Or., B. 240. — For, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
DES MARES (Charles), damoiseau, conseiller et majordome du roi Louis XI, fut nommé lieutenant de Bernard d'Oms, gouverneur de Roussillon et de Cerdagne, aux premiers temps de la domination française (1463). Le roi de France lui confia ensuite la direction du château royal de Perpignan. Un jour que Hugues le Vianet, procureur de Tenneguy du Chastel, se présentait à lui pour prendre possession du commandement du château. dont il se disait investi par Louis XI, Charles Des Mares lui répondit que le roi de France lui « avait dit de parole qu'il ne donnât la dite place, pour moults mandements qu’il en aye, sans que par lui de parole ne lui soit mandé ». Des Marcs ne tarda pas à mourir. Les hommes d'armes et les archers du château de Perpignan
‘députèrent trois messagers auprès du roi de France
pour « savoir son bon plaisir et volonté ». Ils adressèrent en même temps une lettre à Louis XI dans laquelle ils lui annonçaient le décès de leur chef, Charles Des Mares. Ils suppliaient le souverain de donner un successeur à leur commandant d'armes défunt. Baud de Saint-Gelais fut mis par Louis XI à la tête de la châtellenie de Perpignan, en remplaccment de Charles Des Mares.
Archives des Pyr.-Or., B. 283, 287.
DES PLA ou DEZ PLA (Pierre), chevalier, possédait, dès 1378, par hypothèque ou engagement, divers droits scigneuriaux des domaines de Perpignan et d'Argelès. Il eut deux filles : Constance et Violant. Celle-ci “pousa Barthélemy de Vilafranca, décédé en 1410.
Archives des Pyr.-Or., B. 134, 196, 202.
DES PLA ou DEZ PLA (François), damoiseau, afferma les revenus du roi à Rodës, le 29 janvier 1467. L'année suivante, il possédait le lieu de Vinça. En 1469, il portait le titre de seigneur de cette dernière ville.
Archives des Pyr.-Or., B. 409.
DESPRES (François) était fils de Jean Desprès du Chailat. seigneur de Poumeyrol (Corrèze), conseiller du roi et maire de Tulle en 1631. Sa famille était originaire du Quercy, où elle possédait, dès 1519, les seigneuries de la Bernardie et Poumeyrol, et où certains de ses membres rembplirent, de 1573 à 1750, les charges de premier consul, conseiller du roi et maire de Tulle, procureur-général en la cour des sénéchaussées et siège présidial de Tulle. Le Quercy était aussi le pays d’origine des Desprès, seigneurs de Montpezat, dont le Père Anselme, dans son Histoire des grands officiers de la couronne, a fourni la filiation, dressée sur preuves et titres, depuis 1286 jusqu’à extinction en 1498 dans la famille de Lettes, qui releva leur nom. Les seigneurs de Montpezat portaient, en 1344, un écu à trois chevrons, qui furent remplacés plus tard par trois bandes. Le 15 janvier 1671, les Desprès, seigneurs de Mirabet, La Suchère et le Chastelar, au diocèse du Puy-en- Velay, furent confirmés dans leur noblesse de race par jugement souverain, lors de la reformation générale de la noblesse de France, ct, en 1697, ils firent enregistrer à l’Armorial général de France, dressé sous la surveillance de Ch. d'Hozier, leurs armoiries identiques à celles des Desprès de Montpezat. Les Desprès de Tulle et de Perpignan avaient également le chevron dans leurs armes. Ils blasonnent : d'azur, au chevron d’or, accompagné en chef de deux coquilles et en pointe d’une coquille du même.
François Desprès entré dans les ordres fut appelé dans le Roussillon par l'évêque d'Elne Louis-Habert de Montmort en qualité de vicaire-général, en 1683. Il seconda ce prélat dans l'œuvre difficile de l’administration diocésaine, au lendemain du changement de nationalité. I fut tour à tour chanoine d'Elne, official, procureur-général de l'évêque, durant quarante années. Le 15 janvier 1687, François Desprès concéda aux membres de la confrérie des Saintes- Epines érigée à Saint-Mathieu, le droit de sépulture dans leur chapelle particulière, à charuwe pour cette
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