DES CLOT — DES FONTS
mença à recevoir de son chef une rente de cinquante livres à prendre sur les revenus des bains de la cité de Montpellier. Ayant suivi l'infant en Sicile avec l'élite des chevaliers roussillonnais, Guillaume Des Fonts combattit à Palerme ct au Mont Saint-Julien contre l'armée du roi de Naples, Robert. Ce chevalier accompagna Ferrand en Morée et joua un rôle dans le drame qui amena la fin aventureuse et chevaleresque de ce prince. Ferrand qui avait épousé Isabelle, dame de Matagrifon, possédait des droits sur la principauté de Morée, propriété dotale de sa feinme. Celle-ci ne tarda pas à descendre dans la tombe, après avoir mis au monde un fils qui devait être plus tard Jacques IE, roi de Majorque. Les droits sur la Morée furent disputés à Ferrand par sa cousine Mathilde de Hainaut qui s'était mariée à Louis, frère du duc de Bourgogne. Celui-ci arriva en Morée avec une troupe de soldats français et bourguignons et se disposa à livrer bataille à l'infant Ferrand. Ce prince partit de Messine au mois de mai 13145 avec ses soldats et seigneurs roussillonnais, au nombre desquels se trouvaient, outre Guillaume Des Fonts : les nobles Guillaume d’'En, Adhémar de Mosset, André Guiter de Torrelles, Pons Ça Ribera. Jean Catala, Bertrand de Saint-Marsal. Guillaume de So, Bernard de Vallcros, Romeu d’'Enveig, etc. Ferrand se rendit maitre de Clarentza et du pays environnant. Il sortit de Clarentza le samedi 3 juillet 1316 et se trouva en présence de l'ennemi, le lendemain, à la tombée du jour. Le lundi 5 juillet, de bon matin, l’armée française se porta sur Clarentza. L'Infant de Majorque voulut livrer bataille. Guillaume Des Fonts et Guillaume d'En l’en dissuadèrent. Ils lui proposèrent d'attaquer plus tôt l'arrière-warde des troupes ennemies. « Non, non, s'écriait Ferrand, férons sur cux tous, et je vous prie. tenez-moi tous de près, car vous me trouverez toujours près de la bannière ». Guillaume Des Fonts. Adhémar de Mosset ct d'autres chevaliers, montés sur des dextriers armés, se rangèrent autour de l’Infant et s'élancèrent en imême temps sur l’ennemi. « Voici le moment ! » s’écria Ferrand, dès qu'il fut en leur présence. — « Ce n'est pas le moment, reprit Guillaume d'En, mais la palmada est donnée, il n'y a plus à reculer ». Tous se précipitèrent avec ardeur sur la masse de l’armée. Le porte-bannière de la troupe catalane est bientôt tué. Les hommes de l'Infant Ferrand sont dispersés, six ou sept cavaliers sont tués à côté de leur chef qui réussit à se dégager. Ferrand se retrouva alors seul avec Adhémar de Mosset, Guillaume Des Fonts, un écuyer de Bertrand de Saint-Marsal et un page de Guillaume d’'En monté sur un cheval armé à la légère. Dans cette situation critique, il n'y avait plus de salut que dans la retraite. Ses compagnons d'armes proposèrent alors à Ferrand de fuir vers le château de Clarmunt. « Pas