DES VOLO — DEVILLE
en 1771, sous-diacre en 1774, Gabriel Deville reçut la prêtrise en 1775 des mains de l’évêque d’Aleth. Le 18 mai 1782, il fut promu à la cure canonicale de Saint-Paul-de-Fenouillet. Favorable aux idées de la Révolution, Gabriel Deville prêta le serment de la constitution civile du clergé, sans restriction « avec cette candeur, cette loyauté, cette franchise qui doivent caractériser les ministres de l'Evangile, en un mot des Français libres ». Dès lors le procureurgénéral-syndic, Llucia jeta les yeux sur lui et le jugea digne de monter sur le siège épiscopal schismatique des Pyrénées-Orientales. Antoine Molas, curé de Palalda, plus favorisé que Deville, avait été élu, le 30 janvier 1791, par une assemblée du peuple composée de cent vingt-sept votants, évêque contitutionnel du département. Sur le refus catégorique que Molas opposa aux avances des électeurs, Deville fut nommé le lendemain à sa place. Gabriel Deville fut sacré à Paris, le 26 avril 1791, en même temps que les évêques de Bourges, de Toulouse et d'Oloron. par Gobel, assisté de Talleyrand et de Miroudot. Il fit son entrée dans la cathédrale de Perpignan, le 15 mai suivant. Dès le 31 du même mois, Deville adressa à ses ouailles un mandement pour justifier son élévation à l'épiscopat. Il publia chez Joseph-François Reynier une Lettre pastorale de M. l'évèéque du département des Pyrénées-Orientales au clergé et aux fidèles de son diocèse, qu'il fit suivre d’une Lettre de communion écrile au pape par M. Deville. Ce premier mandement ne fut que l'apologie personnelle de l’intrus. Il ne tarda pas à être suivi d’un deuxième que le prélat schismatique lança dans son diocèse à la date du 8 août 1791. Cette lettre pastorale, véritable pamphlet. constitue une longue suite d'invectives contre la cour romaine. Environné d'un conseil épiscopal composé de seize membres, tous choisis dans les rangs du clergé contilutionnel, Deville tenta de procéder à l’organisation nouvelle du diocèse. L'influence du pontife intrus ne se fit guère sentir dans le département, en dehors du district de Perpignan. Les quelques tournées pastorales qu'il accomplit en juin 1791, en avril 1792 et en 1793, se bornèrent à certaines contrées du diocèse. Le 29 novembre 1793, Gabriel Deville se présenta au département pour « renoncer à son titre d'évêque, ainsi qu'à toute fonction ecclésiastique ». Non content d’abdiquer. il offrit encore « en don à la patrie deux crosses ; puis. il pria l'administration de faire insérer sa déclaration au prochain numéro de l'Echo des Pyrénées, afin que lc public instruit de ses démarches ne lui adresse plus de pétitions relatives à son ancien état d’'évêque ». Sans attendre que le journal rendit son abdication publique, Deville parut le soir mème de ce jour à la tribune de la société révolutionnaire et déclara «qu'il renonçait, en parlant de la religion, à d'anciennes, à
DIAGO — DOMENECH
de vieilles erreurs, et qu'ayant fait des dupes jusqu'’alors, il ne voulait plus en faire dorénavant ». Cette apostasie lui valut des applaudissements frénétiques, l'accolade fraternelle du président et l'admission comme membre de la société révolutionnaire. Gabriel Deville alla travailler avec son père dans ses forges de Latour-de-France, et y fabriqua des instruments en fer. Il devint ensuite charretier, pour le service de l’armée, dans le département des Pyrénées- Orientales. Il fut très dangereusement malade en 1794 ; il passa même pour mort durant près de deux ans. Ïl ne mourut à Latour-de-France, que le 14 mai 1796, après avoir fait sa rétractation au lit de la mort, en présence de dix témoins expressément appelés, au nombre desquels se trouvait le curé de Cassagnes qui lui administra l'absolution. La rétractation écrite de Deville fut imprimée à Paris, en 1796, à la suite de celle de François-Thérèse Panisset, évêque constitutionnel de Montblanc, en Savoie. En 1798, le peuple assemblé à Perpignan élut pour évêque constitutionnel à la place de Deville, Dominique-Paul Villa, religieux de l'ordre de la Merci.
Abbé ToRrREiLLES, Histoire du clergé dans le département des
Pyrénées-Orientales pendant la Révolution francaise. — Mémoires de Jaume.
DIAGO (François), né à Bibel ou Vivet, petite ville d'Espagne, dans le royaume de Valence, non loin de l’Aragon, entra dans l’ordre de Saint-Dominique, au couvent de Saint-Onuphre, à quatre milles de Valence. Il professa la théologie à Barcelone, fut prieur au couvent de Saint-Onuphre, d’abord en 1603, puis de 1611 à 1614. Mais au milieu de ses occupations. c'était toujours vers les éludes historiques que son goût le ramenail. I[l se plaisait à fouiller dans les archives et, dans ce dessein, entreprit plusieurs voyages. Il s'était acquis une telle réputation par ses travaux que Philippe IT le nomma historiographe de la couronne d'Aragon. Il mourut en 1615. On a de lui, en espagnol: fisloire des Frères de l'ordre des Précheurs de la province d'Aragon. Barcelone. 1599 ; Histoire des comtes de Barcelone, Barcelone, 1603, ouvrage qui, au jugement d'Antonio, est le fruit d'un grand travail et que l’auteur de la Bibliotheca hispanica historio-gencalogico-heraldica, publiée sous le nom de G. E. de Franckenau, dit jouir d'une grande réputation auprès des savants espagnols. On peut cependant reprocher à l'auteur d'être remonté jusqu'aux temps fabuleux et de se montrer un peu trop superstiticux. Diago ne s'est pas borné à parler des comtes de Barcelone ; il donne aussi la généalogie des comtes d'Ursell. de la Cerdagne, du Roussillon, etc. ; Annales du royaume de Valence, Lome 17 461%: commençant après le déluge et venant jusqu’à la fin du règne de Jacques 1”, roi d'Aragon, de
Valence et de Murcie en 1276. Le tome second devait venir jusqu'aux temps où vivait l’auteur. Diago mourut lorsqu'il était à la veille de le livrer à la publicité. Il paraît que Diago avait écrit en latin un Calalogue des évêques de Gérone, dont Etienne de Corbère parle avec éloge dans sa Calaluña ilustrada et une Description de la Catalogne. Xl est à présumer que ces deux ouvrages sont restés manuscrits.
DOMENECH (Jacques), inquisiteur des rois de Majorque, est appelé par Echard et Nicolas Antonio Jacobus Dominici. Diago le nomme Jaime Domingo. Son véritable nom est Domenech, comme il le dit lui-même dans l'ouvrage qu'il a composé. Cette œuvre est un extrait du Speculum histloriale de Fr. Vicente Bellovacense. Il s'était proposé de continuer son travail jusqu'à son temps, mais il n’est pas même arrivé à la venue de Jésus-Christ. Il a laissé deux volumes in-folio. C’est un abrégé de toutes les histoires de l’univers. Ce résumé n'est guère apprécié qu'à cause des mots qu'il a conservé de l’ancienne langue catalane. Le roi d'Aragon, Pierre IV Le Cérémonieux, avait Domenech en grande estime. C’est sur l'ordre de ce prince qu’il commença son travail, à Perpignan, vers l'an 1360. Le 19 mai 1390. Pierre IV accorda à Jacques Domenech une rente viagère de mille huit cent soixante sols. à prélever sur le lieu de Prades. en récompense des multiples versions latines d'ouvrages historiques qu'il avait composées en langue catalane. à l'usage du monarque.
Archives des Pyr.-Or.. B. 136. — ToRnRes-\uaT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.
DOMENECH (Raymond), teinturier de Perpignan, fut nommé par Pierre IV, roi d'Aragon, à l’office de gardien des lions que le château royal de Perpignan possédait depuis la création du royaume de Majorque. Ces fauves étaient parqués dans un local qui portait le nom de maison des lisses. Les provisions royales et le salaire du gardien étaient payés sur l'aljama des Juifs de Perpignan. En 1416, Ravmond Domenech reçut, de Ferdinand I". des provisions nouvelles qui lui concédaicent la faculté de transmettre son emploi à son fils Guillaume.
Archives des Pyr.-Or.. B. 193, 217, 226, 238, 254.
DOMENECH (Guillaume) recueillit. au château royal de Perpignan, la succession de son père. Le 14 octobre 1437. il fit à Pierre Roure. licutenant du procureur royal, la déclaration officielle de la naissance de deux jeunes: lionceaux, venus au monde dans la cage du château royal. L'année suivante, jour par jour, par une étrange coïncidence, Guillaume Domenech déclara que le lion venait de mouriretqu'il ne restait dans sa ménagerie que la lionne
avec ses deux lionceaux. On écrivit à Guillaume Castello d'Empories, l’éleveur des lions que la cour de France entretenait dans un parc, pour connaître les procédés qu'il employait pour l'éducation de ses fauves. Celui-ci ne tarda pas à envoyer des instructions que Guillaume Domenech suivit. Ce dernier prenait un soin tout particulier de ses pensionnaires, car on le trouve formulant des plaintes contre le procureur royal. IL l’accuse de négligence et d’incurie dans la fourniture des moyens de subsistance nécessaires aux fauves. Guillaume Domenech fut sacrifié à la vengeance du procureur royal et remplacé dans son emploi par un jardinier, François Vilar. Mais à quelque temps de là, Guillaume Domenech fut réintégré par le roi d'Aragon dans l’ancien office de « HMelhoner » qu'il avait déjà rempli. Il était chargé d'élever des troupeaux de chèvres devant servir à l'alimentation des lions et de donner leur nourriture à ces fauves.
Archives des Pvr.-Or., B. 254,
DOMENECH (Pierre), fils du précédent, remplit au château royal de Perpignan les fonctions de son père et de son aïeul. Ce fut lui qui reçut, du comte de Modica, une lionne que ce seigneur envoya à la reine Marie d'Aragon pour peupler la ménagerie de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 262, 272.
DOMENECH (Dalmace), fils du précédent, remplit l'affice de gardien des lions en même temps que la charge de notaire. Le 14 mai 1462, il déclara officiellement à la cour du Domaine qu'une des deux lionnes entretenues dans le château de Perpignan
“était morte le vendredi précédent, 12 du mois courant.
Archives des Pyr.-Or., B. 278, 402.
DOMENECH (Guillaume), notaire de Perpignan, fut nommé par Philippe TT à l'office de greffier de la Procuration royale en même temps que son cColléwue Pierre Just. Sur le rapport qu'avait dressé Joseph Perez de Banyatos. visiteur général des officiers royaux, et sur la proposition qui lui fut faite par le capitaine général de Catalogne, le roi créa, le 8 juillet 1643, l'office d'archiviste du Domaine et le plaça sur la tête de Guillaume Domenech. Le nouveau titulaire s'engageail à dresser un inventaire général (accompagné de tables des matières et des noms de licux) de tous les actes renfermés dans les archives du Domaine royal. Mais il était déjà sexagénaire. Guillaume Domenech ne pouvant. à cause de son âge, entreprendre ce long et minutieux travail. se fit adjoindre Michel Rodo comme collabora-
DOMENECH — DOMNUS
teur. C'est celui-ci qui commença et mena à bonne fin l’'Inventaire manuscrit des registres de la Procuralion royale (série B des Archives départementales) auquel son nom est resté attaché. Guillaume Domenech vivait encore en 1630 ; à sa mort. Michel Rodo le remplaça aux fonctions d'archiviste de la Procuration royale.
Archives des Pvr.-Or., B. 375. ‘380, 387, 38, 440.
DOMENECH (Antoine-Vincent), de l'ordre des Frères-Prècheurs, naquit en 1553 dans le diocèse de Gérone. Il étudia la philosophie à Barcelone, puis enseigna la grammaire à Figuères. De là, il se rendit à Rome et rentra, en exécution d’un vœu qu'il avait fait, dans le couvent des Dominicains de cette ville. C'était en 1580. En 1604. il fut nommé lecteur de philosophie au monastère de Lucherte, et en 1605 il passa maître en cette science. Il recueillit le fruit de ses voyages en un volume qui le recommande aux yeux des historiens catalans. C’est un ouvrage d'hagiographie qui parut en 1602, à Barcelone. sur les saints ct les saintes de la Catalogne et qui est intitulé : Flos sanctorum 6 Historia general de los sanctos y varones ilustres en sanclitad del principado de Cutaluña. Antoince-Vincent Domencch mourut à Gérone. en odeur de sainteté, le 30 octobre 1607. Son corps demeura exposé trois jours à la vénération publique.
TorRRES-AMAT, Diccionario crilico de los escritores calalanes.
DOMENECH (Le Père), né à Perpignan en 1828, élait issu d’une famille qui provenait de Collioure. Lors de ta constitution de l'éphémère empire mexicain, il fut nommé directeur de la presse par l’empereur Maximilien. Le Père Domenech publia de nombreux récits de voyages fort estimés. I fut précepteur du roi d'Espagne Alphonse XIT. Pendant la guerre de 1870, le Père Domenech fut aumônier de l'ambulance de la presse et reçut, à cette occasion, la croix de la Légion d'honneur. Il mourut le 7 septembre 1903, à Lyon, où il occupait les fonctions d'aumônier des frères de Saint-Nicolas.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
DOMNUS. L'abbé de Biclar, dans sa petite Chronique, qui s'étend de l'an 555 de Jésus-Christ à l'an 587. parle de Domnus, son contemporain. sous la date de 511. en ces termes : Domnus Ilelenensis ecclesiæ
.episcopus, claru; habetur, et il s'exprime de même à
l'égard de six autres prélats sous leurs dates respectives. Domnus a pu vivre encore au temps où finit la Chronique ; mais puisqu'il n’est mentionné qu'en 511 dans ce document où les faits sont rapportés année par année, il n'est nullement probable qu'il ait siégé à Elne avant celte époque, comme on l’a
DONNEZAN — DOPPET
supposé. Ce qui a été ajouté à l'éloge si laconique qu'en fait l'abbé de Biclar n'est qu'une paraphrase du mot clarus.
Puiccan, Calalogue biographique des évêques d'Elne.
DONNEZAN (Edmond), descendant de la famille d'Arnaud de Donnezan, anciennement établie à Mirepoix. naquit à Perpignan en 1834. Engagé volontaire à l’âge de dix-sept ans dans le 20° léger, i partit avec son régiment pour l'armée d'Orient, en qualité de sergent. Edmond Donnezan reçut une première blessure au front dans les tranchées de Sébastopol. Quelques jours plus tard, à l'attaque du Mamelon-vert, il fut frappé d'une balle qui, pénétrant entre les deux sourcils, s'engagca ensuite dans l'œil gauche et le détruisit complètement. A celte occasion, il fut décoré de la médaille militaire (17 juin 1855). Il rentra en France avec le grade de sous-licutenant, et porta le drapeau historique du 11° de ligne qui était resté longtemps enseveli sous les cadavres à la courtine de Malakoff. En récompense de sa bravoure et malgré la perte lotale de l'œil gauche, Edmond Donnezan fut affecté comme sous-lieutenant au 2 grenadiers de la garde impériale. C'est en cette qualité qu'il fit la campagne d'Italie. Il se distingua à la bataille de Magenta. À la tête d’une section de son régiment, le sous lieutenant Edmond Donnezan se jeta à la nage dans la rivière du Naviglio pour établir sur les eaux du fleuve une passerelle sur laquelle sSengagèérent de nombreux combattants. Avec sa petite troupe, il enleva le village de Buffalora. Malgré de nombreuses blessures, il rejoignit son régiment, tout en accompagnant au camp français une centaine de cavaliers autrichiens. Signalé au maréchal de Mac-Mahon pour ce glorieux fait d'armes, Edmond Donnezan reçut des mains du général en chef. sur le champ de bataille, la croix de la Légion d'honneur. Il fut cité à l’ordre du jour ; unc large part de prises pécuniaires faites à l'ennemi lui fut dévolue. Il la distribua en totalité aux soldats de sa compagnie, sans garder un centime par devers lui. Rentré en France après la guerre d'Ilalie, Edmond Donnezan en ressenlit péniblement les fatigues. I fut mis dans la dure nécessité de quitter la garde impériale et de prendre une retraite anticipée. Napoléon TE, mis au courant de la situation de l'intrépide héros, Île nomma commissaire de surveillance administrative à la Compagnie du Midi et fournit, de sa propre cassette, le cautionnement à verser pour la prise de possession de cet emploi. Une blessure qu'Edmond Donnezan avait reçue à la jambe, pendant la guerre de Crimée, s'étant rouverte, entraïna sa mort, à Agde, le 24 novembre 1867.
DE BazaxcourT, Campagne d'Italie de 1859, Paris. 1860. — Capitaine Ricnanp. La Garde, Paris. 180%.
DOPPET (François-Amédée), médecin, littérateur et général français, d'origine savoisienne. né à Chambéry en mars 1753, mort à Aix (Savoie), vers 1800. Il s'engawea d'abord dans un régiment de cavalerie, qu'il quitta pour entrer dans les gardes françaises. Il abandonna le service au bout de trois ans. étudia la médecine et se fit recevoir docteur à Turin. Ensuite, il ÿ parcourut la Suisse, vint à Paris, où il Soccupa sans succès de littérature, et se fixa quelque temps à Grenoble. Partisan zélé des idées républicaines. il se montra dès lors orateur assidu des clubs, et se lia avec Aubert Dubayet, qui le ramena à Paris et l’attacha à la rédaction des Annales palrioliques, publiées par Carra. Doppet contribua beaucoup, par ses discours au club des Jacobins comme par ses actes, à la journée du 10 août, où plusicurs Suisses lui durent la vie. L'Assemblée législative Le nomma lieutenant-colonel de la légion des Allobroges, dont il avait provoqué la formation. Elu en 1792 député de Chambéry à l’Assemblée nationale de Savoie, ilfit le 26 septembre l'inauguration du club jacobin de sa ville natale, ct fut l'un des députés envoyés à Paris pour solliciter la réunion de la Savoie à la France. Nommé ensuite général de brigade à l'armée du Midi, commandée par Carteaux, Doppet prit part aux opérations qui amenèrent la soumission de Marseille, et devint en septembre 1793. général en chef de l’armée des Alpes, en remplacement de Kellerman. Il reçut l’ordre de se porter sur Lyon ct d'en diriger le siège. Il montra quelque talent et beaucoup de courage dans cette occasion. et réduisit la ville le 9 octobre 1793. Il accorda quinze heures aux lyonnais, pour donner le temps aux plus compromis de pourvoir à leur sûreté, et fit ensuite d'heureux efforts pour empêcher le pillage et le massacre. L'armée républicaine opéra son entrée dans la ville avec une modération qui tenait de la réconciliation plutôt que de la conquête. Aucun désordre, aucune violence ne furent tolérés, ct les paysans de l'Auvergne, accourus avec des chars, des mulets et des sacs pour remporter les dépouilles de la seconde ville de France, furent congédiés les mains vides. Doppet, désormais initié aux guerres civiles, fut ensuite dirigé sur Toulon, et commença, sans beaucoup de succès, les premières opérations d'investissement. Dugomimier le remplaça lorsque lui-même prit le commandement de l’armée des Pyrénées-Orientales. TT obtint quelques avantages sur les espagnols, et leur enleva le camp de Villelongue ; mais une maladie grave le força de quitter son poste, et Dugommier, vainqueur de Toulon, lui fut encore donné pour successeur. Après son rétablissement, les représentants Milhaud et Soubrani le mirent à la tête des troupes qui opéraient dans la Cerdagne, et que la mort de Dagobert venait de
laisser sans chef. Doppet eut d’abord de brillants succès : il refoula les espagnols, entra en Catalogne et enleva, malgré une énergique résistance, Doria, Torres, Ribes, Campredon, Saint-Jean-des-Abadessas et Ripoll; mais de prompts revers suivirent ces rapides victoires. et Doppet en accusa injustement les généraux d’Aoust et Delattre. Il signa cette dénonciation adressée au Comité de Salut public : Le Sans-Culotle Doppet. Forcé de nouveau par le mauvais état de sa santé de quitter le service actif, il resita sans commandement depuis le 27 septembre 1794 jusqu’en 1796. Nommé commandant de Metz à cette époque, il n'occupa ce poste que peu de temps. Après le 18 fructidor, il fonda L'Echo des Alpes, journal démocralique, in-4°. imprimé à Carouge. Cette feuille ne dura que quelques mois ; néanmoins, son rédacteur fut élu membre du Conseil des Cinq-Cents pour le Mont-Blanc ; mais son élection fut annulée par la loi du 22 floréal an VI (14 mai 1798). Depuis il disparut entièrement de la scène politique. Doppet a laissé la réputation d’un général médiocre ; mais nul ne lui a contesté une grande bravoure. Son caractère était faible, doux et humain ; et quoiqu'il fût exalté dans ses opinions. on n'eut jamais à lui reprocher aucun acte de cruauté ; plusieurs fois même on le vit s'opposer énergiquement aux excès révolutionnaires. On a de lui :
La Mesmériade, poëme burlesque ; Paris, 1784, in-8° ;
Trailé théorique et pralique du Magnélisme animal, Turin, 1784, in-8°; trad. en allemand, Breslaw, in-8° ;
Oraison funèbre de Mesmer et son teslament, Genève, 1785, in-8° ;
Mémoires de Madame de Warens, suivis de ceux de Claude Anet, Genève et Paris, 1785, in-8°: les Mémoires de Claude Anet sont d'un frère de Doppet ;
Des moyens de rappeler à la vie les personnes qui ont toutes les apparences de la mort, Chambéry, 1785, in-8° :
Le Médecin philosophe, ouvrage ulile à lout citoyen, dans lequel on trouve une nouvelle manière de guérir, puisée dans les affections de l'äme el la gymnastique, Turin et Paris, 1786, in-8° :
Le Médecin d'Amour, ouvrage médico-romanesque. Paphos et Paris, 1787. in-8° ;
Les Numéros parisiens, Lausanne, 1787, 2 vol. in-8° :
Vintienried, cu les Mémoires du chevalier de Courtille, pour servir de. suile aux Mémoires de Madame de Warens, à ceux de Claude Anet et aur Confessions de J.-J. Rousseau, Lausanne et Paris, 1787 et 1789, in-12 ;
Celeslina, où la Philosophie des Alpes, Lausanne, 1787, Paris. 1789, in-12 ;
Aphrodisiaque erlerne, où traité du fouet et de ses