‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 63 sur 227 · DORIA · texte numérisé non relu

DORIA

effels sur le physique de l'amour, ouvrage médicophilosophique, suivi d’une Disserlalion sur tous les moyens capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, Genève, 1778, in-16 ;

Manière d'administrer les bains de vapeur et les fumigalions, Turin, 1788, in-12, fig., ouvrage couronné par l’Académie de Turin ;

Médecine occulle, ou trailé de magie naturelle et médicinale, Paris et Lausanne, 1788 et 1790, in-8° :

Zélamire ou les liaisons bizarres, 1788, in-8° :

Déclamation contre les vendeurs et distributeurs de remèdes secrets, in-8° : |

Adresse au prince de Piémont, 1791 ;

Réflexions historiques el praliques sur les élections, id. :

Réponse de la légion franche des À llobroges aux armées de la République, id. ;

Où sera-t-il ? id. ;

Elal moral, civil et polilique de la maison de Savoie, suivi d'une Esquisse des portraits de la maison régnante, Paris, 1791 et 1792, in-8°, trad. en allemand par Bruun, 1793, in-8° :

Le Commissionnaire de la ligue d'outre-Rhin, ou le messager nocturne, contenant l'histoire de l'émigralion française, les aventures galantes et politiques arrivées aux chevaliers français et à leurs dames dans les pays étrangers, Paris, 1792, in-8° ;

Destruction de la Vendée lyonnaise, ou rapport des événements y arrivés jusqu'à la reddilion de Ville- Affranchie, Paris, 1793, in-8° ;

Eclaircissements sur la fuile el l'arrestation des fuyards de Lyon, Villefranche, 1793, in-8;

Mémoires politiques et mililaires, contenant des notices intéressantes et impartiales sur la Révolution francaise ; sur la révolution des Allobroges et la réunion de la Savoie à la France : sur la guerre dite du fédéralisme ; sur la guerre des Pyrénées-Orientales jusqu'au moment de la pair conclue entre l'Espagne el la France, Carouge, 1797. in-8°. avec des Notes el éclaircissements historiques, Paris, 1824, in-8° ;

Essai sur les calomnies dont on peut étre accablé en révolution, et sur la manière avec laquelle doit y répondre un citoyen, Carouge, 1797, in-8°.

Hœren, Nouvelle biographie generale. — P. Vinu., Histoire de la Revolution francaise dans les Pyrénées-Orienlales.

DORIA (Jérôme), appartenait à l’illustre famille génoise de ce nom. Îl rendit comme diplomate de grands services à sa patrie, qui l'envova, en 1512. à Rome près du pape Jules IT. I fut nommé l’un des douze citoyens qui devaient rétablir l’ancienne forme de gouvernement démocratique ; mais ayant perdu sa femme, il résigna ses charges et embrassa l'état ecclésiastique. Le célèbre amiral génois Andrea Doria, son parent, le fit nommer successivement évèéque de Nebio-Robinato, de Noliet de Jaca. Jérôme

DOUGADOS — DOUZANS

Doria était revêtu de la pourpre cardinalice au titre de Saint-Thomas in Parione, lorsqu'il obtint l'évêché d'Elne, le 12 avril 1530. Une forte opposition se forma contre lui, et Charles-Quint dut écrire une lettre au lieutenant-général en Catalogne pour lui apprendre que sa volonté était que le cardinal Doria fut mis en possession de l’évèché d’Elne ou des revenus de la mense épiscopale. Jérôme Doria occupa le siège d’Elne, en qualité d'administrateur perpétuel, jusqu’au 26 septembre 1532. A cette date, le chapitre d'Elne déclara que l'évêché était vacant par suite de la renonciation du cardinal Doria et nomma vicairegénéral du diocèse, Michel d'Oms, chanoine et sacristain d’Elne. Jérôme Doria engagea un procès en cour de Rome contre le chapitre d’Elne qui. disait-il, l'avait spolié de ses titres. Il ne tarda pas à être doté de l'évêché d’'Huesca, et le 1° juillet 1533 il montait sur le siège archiépiscopal de Tarragone. Jérôme Doria témoigna à Andrea Doria, son bienfaiteur, une vive reconnaissance en diverses circonstances, et surtout. en 1547, lors de la conjuration de Fieschi. Ce cardinal ne craignit pas d'exposer ses jours pour la défense de son parent. Il mourut en 1588, titulaire de l’archevèché de Tarragone et du titre cardinalice de Sainte-Marie in Porticu qu'il avait permuté contre celui de Saint-Thomas in Parione.

Archives des Pyr.-Or., G. 10, 52. — Puicuart, Catalogue bio-

graphique des évêques d’Elne. — HœrEr, Nouvelle biographie génerale.

DOUGADOS (Jean-François), connu sous le nom de Père Venance. naquit à Carcassonne, le 12 août 1763. Trahi par une jeune fille à la main de laquelle il prétendait, le désespoir lui fit embrasser la vie monastique. Il sefit capucin, et prit en religion le nom de Venance. Sa passion. amortie par les sentiments religieux, fut étouffée par l'étude et surtout par le goût de la poésie, qui ne tarda pas à s'emparer de lui au point de lui faire négliger ses devoirs professionnels, ce qui lui attira de vifs reproches de la part de ses supérieurs. Dougados demanda alors son changement. Il fut envoyé à Montpellier, où, ses goûts n'étant pas contrariés, il se fit une réputation littéraire, qui lui valut le surnom de père Tibulle. Par la protection de quelques personnes puissantes, il obtint sa sécularisation. La princesse Lubomirska le prit pour secrétaire, et l'emmena à Gènes et à Naples. Dougados la quitta avant la Révolution, et, en se séparant, celle-ci lui donna la somme de douze mille francs. Dougados rentra en France. Il obtint la chaire de rhétorique au collège de Perpignan que dirigeait le chanoine Jaubert. I l’occupa durant l’année scolaire 1791-1792. Avant eu occasion d’arracher un malheureux des mains d'une multitude furieuse, Dougados sentit s'éveiller en lui

des inclinations belliqueuses. Il s’enrôla dans un bataillon de volontaires qui passait à Perpignan et s'éleva par son mérite au grade d'adjudant-général. Envoyé à la Convention pour y exposer le dénûment dans lequel se trouvait l’armée des Pyrénées -Orientales, il y dit hardiment la vérité et fut écouté. Il servait encore à l’armée des Pyrénées, lorsque le 31 mai renversa le parti de la Gironde. Dougados fit tous ses efforts pour en soutenir les débris, et protégea la fuite de Birotteau. C’est pourquoi en revenant de Paris. Dougados fut arrêté à Béziers pour avoir mal parlé du coup d'Etat. Il écrivit imrnédiatement à Perpignan et le 26 juillet 1793, le département délibérait d'envoyer un certificat constatant le civisme de l’inculpé. Le club bitterrois ne se tint pas pour battu et dénonça Dougados. le 4 août, à la Convention. Celui-ci fut enfermé à Perpignan dans les cachots du Castillet. Le 26 août, les représentants des Pyrénées-Orientales adressèrent leurs félicitations à la société populaire de Béziers pour sa dénonciation. Celle-ci leur avait appris que Dougadoss'était vanté à Montpellier d'avoir coopéré à l'évasion de Birotteau et qu'il avait favorisé sa fuite en l'emmenant dans sa voiture. Pendant l'emprisonnement de Dougados au Castillet, on écrivit ce quatrain sur la porte extérieure de sa geôle :

Cy-git dans ces prisons un frère capucin,

Qui prôcha si longtemps l'horreur et le pillage.

. Passans, conduisez-le, cet infâme assassin,

Sous le fatal couteau qui fait tant de ravage.

Après avoir examiné le dossier judiciaire de Dougados, le jury d'accusation de Perpignan décida de renvoyer le prévenu au tribunal révolutionnaire. Dougados écrivit à Fouquier-Tinville et celui-ci ordonna, le 27 septembre 1793, son transfert à la Conciergerie. [Il y fut envové le 9 cctobre en voiture, parce qu'il était atteint d’une grave maladie. Traduit devant le tribunal révolutionnaire de Paris, Dougados fut condamné à mort et exécuté le 24 nivôse an Il (13 janvier 1794), à peine âgé de trente ans. On a de Dougades un recueil de Poésies légères, 1806, in-12. Les principales pièces comprises dans ce volume sont : La quéle du blé: Elégie sur l'ennui ; Cantique sur le jour de Noël, etc. La grâce.le naturel, la pureté en font le principal mérite. Les (Œuvres complètes du Père Venance ont été publiées par Auguste Labouisse, Paris, 1810. in-18. L'éloge littéraire de Dougados a été prononcé en lan IX (1801) à l’Académie de Lyon.

Hœrenx, Nouvelle biographie générale. — WaLLox, Histoire du

Tribunal révolutionnaire de Paris. — G. Soret. Les Girondins du Roussillon.

DOUZANS (Marius-Auguste-Hyacinthe), naquit à Banyuls-sur-Mer. le 18 juin 1848. Il descendait d’une famille où le courage et la valeur étaicnt héré-

DOUZANS

ditaires : ses ancêtres avaient pris une part glorieuse | tement à pic, aux applaudissements de toute l’esà la défense du col de Banyuls contre les Espagnols, | cadre française. Le torpilleur 46 marcha en arrière

au mois de décembre 1793. Il fut confié dès les premières années de son adolescence aux soins du P. Lacordaire, alors directeur du Collège de Sorèze (Tarn). Les leçons d'un tel maître profitèrent à son caractère intrépide et à sa vive intelligence. Douzans fut admis dès l’âge de dix-sept ans à l’école navale, d'où il sortait deux ans après faisant déjà concevoir de lui les plus belles espérances. Entré au service avec le grade d'aspirant, le 1% août 1867, il fut nommé enseigne le 15 août 1870. Le 10 juin 1879. il était promu lieutenant de vaisseau. Successivement en service dans l’escadre du Levant, dans une campagne autour du monde et plus tard en Cochinchine, Marius Douzans devait arrêter l'attention de ses chefs ; aussi, dès qu'il eût été promu au grade de lieutenant de vaisseau, voulurent-ils compléter son éducation technique et l'envoyèrent-ils à l'école du canonnage d'abord, à celle des torpilles ensuite. Il fit une seconde campagne en Cochinchine suivie d'une expédition en Tunisie. La guerre du Tonkin fournit à Marius Douzans l’occasion d'étaler au grand jour ses qualités guerrières. En 1884, il était en Chine sous les ordres de l'amiral Courbet. Celuici avait reçu l'ordre, au mois de juillet de cette même année, de pénétrer dans la rivière Min et d'aller mouiller les vaisseaux devant l'arsenal de Fou-Tchéou, où la Chine avait accumulé un matériel de guerre considérable et où stalionnait aussi une flotte composée de plus de vingt bâtiments. Le Céleste Empire, dans le traité de Tien-Tsin, avait montré la plus insigne mauvaise foi à l'égard du gouvernement français : nos marins tombés dans le guet-apens de Bac-Lé devaient aussi être vengés. Toutefois, pour mener à bonne fin une entreprise si hardie, Courbet n'avait pour toute escadre que sept navires de divers modèles ct de faible armement, avec deux torpilleurs portant les numéros 45 el 46. C'était Le 23 août 1884. IL faisait. ce jour-là. une chaleur torride. L'amiral n’attendit pas la venue de la brise rafraichissante du soir pour venger l'affront fait au drapeau. Il voulut que le soleil, surplombant le théâtre, l'iluminät de sa plus brillante lumière. T1 était une heure et demie de l'après-midi, quand il donna le signal du combat. Ce furent les torpilleurs qui, entamant la lutte, préludèrent d'une façon mawistrale, à la sanglante tragédie. Ceux-ci, ainsi que Courbet l'avait ordonné. s'élancèrent rapides, leurs engins terribles placés à l'avant. l'un dans la direction du vaisseau-amiral chinois, le Yang-Ou, l'autre. contre le transport-aviso, le Fou-Po. Le premier, que commandait le lieutenant Douzans, manœuvra si habilement sa torpille sous les flancs du Yang-Ou, que ce croiseur, tout entr'ouverl coula immédia-

pour se dégager. À peine avait-il fait quelques tours que sa chaudière fut crevée par un éclat d’obus. Le 46 dériva en aval jusqu’à la hauteur des bâtiments neutres, dans le voisinage desquels il vint mouiller : un seul homme avait été tué par une balle.

À six heures du soir, l'arsenal de Fou-Tchéou était en flammes : de plus, neuf vaisseaux et douze jonques composant la flotte chinoise étaient coulés bas.

En annonçant par télégramme cette grande victoire au gouvernement français, l'amiral. Courbet faisait le plus grand éloge de l'état-major et des équipages de la flotte qui, disait-il, «avaient déployé un courage à toute épreuve ». Notre gloire navale n'avait pas brillé d’un plus vif éclat depuis Jean Bart.

Il cest vrai de dire cependant que le principal mérite de ce brillant fait d'armes revient de droit à Marius Douzans. :

Nommé chevalier de la Légion d'honneur pour cet exploit. Marius Douzans recevait peu de temps après le grade de capitaine de frégate. Il n'avait pas 38 ans et les plus hautes situations de la marine lui etaient dès lors réservées. Marius Douzans passa quelques années dans le grade de capitaine de frégate, soit comme officier en second du Fulminant, en escadre, puis du Primauguel, dans les mers d’Extrême-Orient, soit en qualité de commandant du Milan, du Forbin, enfin du Drac, à Terre-Neuve. Il fut fait capitaine de vaisseau en 1893.

Dans ce nouveau grade et après un premier commandement du Lapérouse, il reçut celui du Suchet, nouveau type de croiseur. C'était une indication de la haute considération en laquelle on tenait le jeune capitaine de vaisseau. Ce témoignage d'estime fut de nouveau confirmé par la mission délicate qui lui fut donnée, à l'expiration du commandement du Suchet, de la présidence dela commission d'examen des pilotes de la côte ouest de France, et enfin de celle très importante de commandant la division navale de Cochinchine. C'était le dernier échelon avant les étoiles d'officicr général.

Le commandant Douzans quitta Saïgon le 18 octobre 1898. Il comptait arriver auprès de ses parents le 18 novembre suivant. Mais sa santé était déjà délabrée. Le Natal qui portait le commandant Douzans dans un état désespéré arriva à quai de Djibouti (Egypte). le 10 novembre au matin. L'illustre malade fut descendu à terre; mais, en dépit des meilleurs soins qu on lui prodigua, il mourut dans la nuit du même jour.

L'année suivante, les restes mortels de Marius Douzans furent portés et inhumés en grande pompe dans le caveau de famille qui se trouve à Banyulssur-Mer.

DUCHALMEAU — DUGOMMIER

Marius Douzans était officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre du Sauveur de Grèce, du Dragon de l’Annam et du Nicham-Iftikar. Il avait été aussi décoré de plusieurs ordres étrangers et de médailles commémoratives.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

DUCHALMEAU (Jean-Baptiste) naquit à Caunes (Aude) en 1760. Marchand de tissus à Perpignan. il fut nommé officier municipal de cette ville en 1793. Le 5 brumaire au IV (6 novembre 1795), il devint chef de la municipalité et conserva cette fonction sous le Directoire, le Consulat et l'Empire. Doué d’une force herculéenne. il lui était souvent arrivé de se servir de la vigueur de ses muscles pour faire respecter son autorité. Dans une circonstance, le cénéral Augereau, qui commandait la 10° division militaire à Perpignan, se présenta devant Duchalmeau pour formuler une plainte contre un habitant de la cité. Il arriva cavalièrement à l’hôtel de ville et. introduit dans le bureau du maire, garda le chapeau sur la tête. Duchalmeau le laissa s'expliquer ; puis ayant entendu la requête du général, il lui dit: « Général, tu oublies que tu parles au premier magistrat de la cité, auquel tu dois le respect. Je ne recevrai ta réclamation que lorsque tu te présenteras convenablement devant moi ». Duchalmeau quitta brusquement le général qui resta tout étourdi de cette leçon de politesse. Par son initiative et avec la collaboration du fondeur Criballer, Duchalmeau dota la ville de Perpignan du service des sapeurspompiers pour la préservation contre les incendies. En 1802, il prit un arrêté qui défendait la mendicité dans la ville de Perpignan; il netolérait que les cheminots porteurs de la plaque d'identité délivrée par la mairie. En 1803, il fit un voyage à Paris, et obtint de l'Etat l'autorisation de rendre municipal le collège Pi, propriété du chanoine Jaubert. Duchalmeau fut le premier perpignanais enterré dans le champ de repos appelé le cimetière Saint-Martin. le 11 décembre 1804. Une rue de Perpignan porte le nom de ce magistrat municipal.

X° Bullelin de la Societe Agricole, Scientifique el Liltéraire des

Pyrénées-Orientales. — GUiBEAaUD, Origines el historique des rues de Perpignan.

DUGOMMIER (Jean-François COQUILLE) naquit à la Basse-Terre (Guadeloupe) le 17 novembre 1764. Fils d'un riche colon, il entra dès l'âge de treize ans dans la carrière militaire. Il était lieutenant-colonel et chevalier de Saint-Louis, lorsqu'un passe-droit lui inspira la résolution de quitter le service. [se consacra alors à l'exploitation de ses immenses propriétés. jusqu’au moment où la Révolution vint appeler tous Les Français à la défense de

leur patrie. Dugommier fut nommé colonel général des gardes nationales de la Martinique. La colonie se divisa en deux partis et la guerre civile éclata. Les colons les plus opposés à toute idée de réforme, trompés par leur passion, furent précisément ceux qui eurent recours aux moyens révolutionnaires en armant leurs esclaves. Dugommier, dont les principes républicains étaient connus, devint le but de toutes les attaques. Après plusieurs combats dont les succès furent partagés. une révolte, conduite avec intelligence et audace par un certain Behague, mit la vie du colonel général dans le plus grand danger, et l'insurrection faisant des progrès effrayants,. il dut se retirer dans les forts Saint-Pierre et Saint-René. Avec quatre mille hommes, il y soutint un siège de sept mois contre des forces décuples et malgré la famine, qui lui enleva la plus grande partie de ses soldats. En 1791, des commissaires envoyés par Île gouvernement français vinrent rétablir un calme apparent dans la colonie, et Dugommier put se dérober à la vengeance de ses ennemis en s'embarquant avec un de ses fils pour la France 1792). T fut nommé député de la Martinique à la Convention nationale. où il éleva énergiquement la voix en faveur des colonies. Mais de plus graves questions préoccupaient les esprits. Il sollicita alors du service et obtint, en 1793. le grade de général de brigade à l’armée d'Italie. Son premier combat fut une victoire, remportée avec huit cent hommes sur six mille Autrichiens et Piémontais. Ce succès lui valut le grade de général de division. Toulon avait été livré aux étrangers, Anglais, Espagnols et Napolitains. Dugommier fut chargé de continuer le siège commencé par Barras. La résistance ful savante et opiniatre. La persévérance et la hardiesse de Dugominier la domptèrent. Puissamment secondé par le chef de bataïllon. commandant l'artillerie, Napoléon Bonaparte. Duygommier entra à Toulon le 20 décembre 1793.

En janvier 1794. l'armée espagnole inondait Île Roussillon. Elle occupait Collioure, Bellegarde, toutes les places fortes du pays et menaçait Perpignan. Dans ces circonstances fâcheuses, le comité de salut public crut devoir donner le commandement en chef de l’armée des Pvrénées-Orientales au sénéral Dugommier. Dès son arrivée, ce capitaine se mit en mesure d'arrêter les progrès de l'ennemi. TE prit d'abord le Tech pour limite et repoussa tous les postes espagnols au-delà de cette rivière. Dugommier avait reçu du comité du salut public l'ordre de prendre l'offensive cet d'attaquer Port-Vendres et Collioure ; mais avant reconnu que ce plan était défectueux, il résolut de commencer ses opérations par l'attaque du camp du Boulou. En conséquence, 1l fit faire, Le 30 avril. sur toute la ligne des Espagnols, une attaque générale dont le résultat fut l'enlève-

ment de plusieurs redoutes et positions importantes. Le lendemain, 17 mai, il fit marcher ses troupes contre le camp du Boulou, que les ennemis évacuèrent dans le plus grand désordre, après un combat dans lequel les Françaïs déployerent une intrépidité et un dévouement dignes d'éloges. Pour mettre à profit la victoire qu'il venait de remporter, Dugommier donna au général Augereau l’ordre de remonter la vallée du Tech et d'aller attaquer les Espagnols sur la Muga. La prise de Saint-Laurent-de-Muga fut le fruit de cette expédition très avantageuse en ce qu'elle procura aux Français beaucoup d’habiilements et toutes les ressources d'une fonderie qui approvisionna l'armée d’une quantité considérable de projectiles.

Après la reddition de Saint-Laurent, Dugommier redoubla ses préparatifs pour le siège de Bellegarde. de Collioure et des autres places françaises occupées par les Espagnols. Les succès obtenus jusqu'alors par Dugommicr avaient eu pour résultat de chasser les ennemis d’une partie du Roussillon et les forcer de laisser ces mêmes places à découvert. Vers la fin du mois de mai, Dugommier, jugeant que le moment était venu de tenter la reprise du fort Saint-Elme, de Port-Vendres et de Collioure, fit attaquer ces forteresses qui tombèrent successivement au pouvoir des troupes françaises. Les travaux que nécessitèrent les sièges de ces différentes places furent difficultueux ; mais Dugommier donnant lui-même l'exemple à ses troupes parvint à vaincre les obstacles. La reprise de ces forteresses fut terminée le 29 mai, et la reddition des armes fut faite par les Espagnols au village de Banyuls-sur-Mer. Dans une sortie combinée qui avait été faite, le 16 mai, par les garnisons des trois places, Dugommier fut blessé. Il serait mème tombé au pouvoir des Espagnols, sans le dévouement des soldats d'un bataillon du 28° régiment de ligne, qui se firent presque tous tuer à ses côtés en le défendant.

Aussitôt après la prise de Collioure. Dugommier força le blocus de Bellegarde. place qui, par sa position, est regardée comme une des clefs de la France, dans cette partie de la frontière des Pyrénées. ll employa autant à ce blocus qu'au corps d'expédition lui-même, c'est-à-dire environ trente-cinq mille hommes. De leur côté, les Espagnols avaient à peu près soixante mille hommes. dont quarante-cinq mille campés aux environs de Figuères el quinze mille près de Puigcerda. Avant été battus, le 13 août. à Saint-Laurent-de-la-Muga. ils avaient été obligés de se retirer avec perte et de renoncer à secourir Bellegarde, Cette place ainsi abandonnée à elle-même, n'en tint pas moins jusqu'au IS septembre, jour où elle se rendit par capitulation à Dugommier qui s'y empara de soixante-six bouches à feu et de quarante

Page 1