‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 65 sur 227 · DURFORT · texte numérisé non relu

DURFORT

Thérèse, née le 6 avril 1721 et reçue à Saint-Cyr, le 16 février 1732. Nicolas de Durfort avait deux frères : Pierre de Durfort, seigneur de Rousine, au diocèse de Mirepoix, et Charles.

D'Hozier, Armorial genéral de la France.

DURFORT (Jacques-Joseph de), fils cadet du précédent, fut nommé abbé de Saint-Martin du Canigou, le 17 décembre 1764, en remplacement de Jacques de Bombes, décédé. Il devint le 29 mai 1767, conseiller d'honneur au Conseil souverain du Roussillon et mourut le 16 février 1779.

Archives des Pyr.-Or., C. 1264.

ELNE (Louis d’}, de l'ordre des Frères-Mineurs. passa de la province de Catalogne dans la province d’'Arrabida. en Portugal. I devint à deux reprises gardien d'un couvent de religieux franciscains. Il brilla par une grande dévotion envers la Vierge Marie, fut très versé dans les Saintes-Ecritures et se fit connaître par ses profondes connaissances comme helléniste. Ce religieux publia, en 1550, un ouvrage à l'usage des prédicateurs sous le titre : Pro concionibus totius anni.

TOoRRES-AMAT. Diccionario crilico de los escrilores catalanes. — TocrAa DE Bonrpas, L'ordre de Saint-François d'Assise en Roussillon.

EN (Bérenger d’), chevalier, partisan du roi d'Aragon, après la constitution du royaume de Majorque, pénétra en Ampourdan avec Bernard de Corbère, Ermengaud d’Alénya, Raymond d'Urg, Bernard d’Enveig, etc., fit irruption sur le château de Vilariu et le pilla. Il fut dénoncé au roi de Majorque par le viguier de Géronc.

EN (Guillaume d?), fils du précédent, chevalier roussillonnais, suivit l'Infant Ferrand dans son expédition en Morée. Parti de Messine en mai 1315 avec l’armée de ce prince, il prit une part active à la bataille de Clarentza que Ferrand livra le 5 juillet 1316, aux troupes franco-bourguignonnes. Il avait vainement conseillé à l’Infant de Majorque de ne pas livrer d'action : il tomba dans la mêlée. Son page, monté sur un cheval armé à la légère, parvint à se dégager et prêta son coursier à Ferrand qui, entouré d’'ennemis, ne tarda pas à succomber à son tour.

ALART, MVolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" serie.

ENTENÇA (Bernard-Guillaume d’) était un descendant de Pierre, comte d'Empories, frère du roi Alphonse d'Aragon. Le 26 août 1346, au monastère de Poblet. Pierre IV donna au chevalier Bernard-Guillaume d'Entença et à ses descendants, en ficf honoré et sans la prestation d'aucun service, le château et le lieu d'Evol, ceux de Sauto et de La Bas-

tide, avec les droits de justice, de chasse, de douane,

22225222 — 22222 oo

etc., à l'exception de la juridiction criminelle qu’il réserva aux magistrats rovaux. Le 7 avril 1347, à Valence, le même monarque concéda à Bernard- Guillaume d’'Entença la possession des montagnes, bois, cours d'eau, prairies, vignes, champs et agriers compris dans les limites de ces mêmes localités. Il lui accorda, en outre, dans toute l'étendue de la vicomté d'Evol. la juridiction civile et criminelle, en même temps que la faculté d'établir le carcan dans ses prisons. Bernard-Guillaume d'Entença reçut à la même occasion la donation de la baronnie de la Rocha, Porcinyans et Nver. En 1350, la vicomté d'Evol fit retour à la maison de So.

Archives des Pyr.-Or., B. 97, 190, 367. — Abbé Girazr, Notice

historique de la vicomté d'Evol, dans le XLVI' Bulletin de la Société Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orientales.

ENTICI (César d’), napolitain au service de la France,commandait une compagnie de hallebardiers à Perpignan, sous la domination du Roussillon par Louis XI. Il obtint les biens de François de Perapertusa et se maria à Catherine dez Volo. dont il eut trois filles. Il mourut en 1490. Sa veuve se remaria avec Raymond de Çagarriga, veuf d'Yolande Xammar.

Archives des Pyr.-Or.. B. 412, 413, 414.

ENVEIG (Bernard d’), chevalier. prit part au pillage du château de Vilariu, dans l’Ampourdan, en compagnie de Bernard de Corbère, Bérenger d’'En, Raymond d'Urg et d'autres scigneurs, partisans du roi d'Aragon, Alphonse III. Le viguier de Gérone le dénonça au roi de Majorque Jacques I‘.

Archives des Pyr.-Or.. B. 247.

ENVEIG (Raymond-Guillaume d’), baron d'Enveig en 1290, unit ses destinées à Agnès, fille unique de Bérenger de Soler, feudataire d'Ur. De ce mariage naquirent deux fils : Raymond-Xatmar et Romeu.

Abbé J. CaPpeie. Le chateau el la baronnie d'Ur.

ENVEIG (Raymond-Xatmar d’), fils ainé el héritier du précédent, fit aveu de ses biens. le 11 février 1293, à Pons de Guardia, seigneur de Canet, et

188 EN VEIG

à Arnaud Batlle, juge, l’un et l’autre procureurs de

Jacques I‘, roi de Majorque. Dans un acte de vasse-

lage, Raymond-Xatmar d'Enveig déclara tenir en fief pour son suzerain la tour de Pimorent, les dimes et tasques dans la vallée de Quérol (celles-ci sous-inféodées au chevalier Jacques de Santa-Eulalia), deux parts de la dimce de La-Tour-de-Quérol sous-inféodées aussi au noble Arnaud de Saga. Raymond- Xatmar d'Enveig était encore détenteur de quelques censives de truites et de bois, de tasques et de certains autres droits dans le lieu de La Tour-de-Quérol. Il possédait à Ur le château-fort que lui avait concédé sa mère Agnès de Soler. avec des manses ct des revenus seigneuriaux, dont il reconnut la suzeraineté au roi Sanche de Majorque, en 1318. Indépendamment de ces domaines, Raymond-Xatmar d’Enveig (comptait dans le nombre de ses possessions directes les justices et la dîime des lieux d'Enveig, de Feners, des Cases, de Bena et de Salith, dont Jacques [‘, roi de Majorque, lui avait fait concession, le droit de pêche durant quinze jours dans les eaux de l’étang de Lanos, différentes portions de dimes à La Tour et à Rialtès, un moulin à Sancta-Eulalia, un demi-manse à Flory, deux manses à Salteguell, etc. Raymond-Xatmar d'Enveig laissa trois enfants : Pierre qui lui succéda ; Raymond, moine de la Grasse, et Galcerand qui se fixa à Villefranche-du-Conflent.

Abbé J. CAPEILLE, Op. Cil.

ENVEIG (Romeu d’), frère du précédent accompagna l’Infant Ferrand dans son expédition militaire de la Morée, se battit et succomba à ses côtés à la bataille de Clarentza (1316) avec un grand nombre de chevaliers roussillonnais.

ALamT. Notices hisloriques sur les communes du Roussillon, {'" série.

ENVEIG (Pierre d’}), fils ainé de Raymond- Xatmar, fut un fidèle partisan de Jacques IT de Majorque. Par une lettre que ce prince écrivit, le 13 juillet 1329, au viguier de Cerdagne. il fut prescrit aux officiers royaux de maintenir intacts les droits du chevalier Pierre d'Enveig sur les dîmes de la localité de ce nom et sur celles du lieu d'Ur. Il eut quatre enfants : Guillaume, huissier d'armes du roi, qui mourut avant son père ; Guéraldona, femme de Raymond Bertran, citoyen de Lérida ; Blanche, épouse de Bernard dez Brull ; et Pierre, encore en bas-âge à l'époque du décès de Pierre d'Enveig.

Abbé J. Carrie, Le chäleau el la baronnie d'Ur.

ENVEIG (Galcerand d’), troisième fils de Ray-

ENVEIG (Guillaume d’), fils ainé de Pierre, huissier d'armes à la cour de Jacques IT, roi de Majorque, fut impliqué dans la conspiration que ce prince trama, en 1343, pour s'emparer des personnes de Pierre IV son ennemi, et de ses fils les infants Jean et Pierre. D’après le plan qu'avait conçu le monarque majorquin, Guillaume d’Enveig était chargé d’emmener captif le plus jeune des fils du roi d'Aragon. au moment où la famille royale pénétrerait par un pont de bois dans une arrière-chambre garnie d’armes au préalable. Mais ce complot ne fut pas mis à exécution. Appelé à déposer dans le procès engagé contre son souverain, Guillaume d’Enveig affirma qu'il était venu à Barcelone, à la suite de Jacques IT, et de la reine Constance. Il ajouta qu'il les avait vus passer de leur galée dans le monastère des Frères- Mineurs par un pont de bois. Il avait observé que des conseils secrets se tenaient dans la chambre du roi, mais il prétendit ignorer ce qui s’y était passé. Guillaume d'Enveig ajouta que l’arrière-chambre ne renfermait pas d'armes, à l'exception de celles du prince et de ses quatre huissiers. Quant à lui, il avait reçu l'ordre de ne pas bouger d’auprès du prince et de lui obéir en toute occurrence, même au péril de sa vie. A la chute du royaume de Majorque, Guillaume d’Enveig reconnut la domination aragonaise de Pierre le Cérémonieux. C’est pourquoi ce monarque lui maïintint une pension viagère, à titre d'ancien huissier d'armes de Jacques IT.

Archives des Pyr.-Or., B. 97. — LEcoYv DE La MaRrCuE, Les relations poliliques de la France avec le royaume de Majorque, t. IE.

ENVEIG (Pierre d’) recueillit la succession seigneuriale de son père, sans remplir les conditions prescrites pour le droit féodal : il n'avait point fait acte de vasselage au roi d'Aragon. Jean IT confisqua l'héritage ; mais le 14 juillet 1395, le souverain leva la saisie et mit de nouveau le seigneur en possession de ses domaines et de ses privilèges. Un acte du procureur royal, Dalmace de Biert, acte rédigé à Puigcerda, le 19 novembre 1406, accorda autorisation aux chevaliers Pierre et Romeu d'Enveig, pèrc et fils, d'engager au noble Jaspert de Tregura leurs revenus et droits des lieux d'Ur et Flory tenus en fief pour le roi. Romeu suivit de près son père dans la tombe, et Antoine, le fils cadet, fut le successeur et l'héritier de Pierre d'Enveig.

Abbé J. Career, Le chateau et la baronnie ŒUr.

ENVEIG (Antoine d’}), seigneur d'Enveisz. Ur,

mond-Xatmar. n'eut que deux filles: Brunissende. | Flori, paraît, dès 1417, avec les titres féodaux. dans

laquelle épousa Bernard d'Oms. et Agnès.

Archives des Pyr.-Or., B. 126. — Abbé J. CAPEULLE, 0p. cit.

| les actes. En 1424, il renouvela la reconnaissance de | ses domaines au roi Alphonse V d'Aragon. Il vivait

né tin ns

ENVEIG — ERIL

encore en 1432. Antoine d'Enveig laissa un fils du nom de Bernard qui lui succéda.

Abbé J. CAPEILLE, 0p. cil.

ENVEIG (Bernard d’) vit son fief d'Enveig un moment confisqué. Üne lettre de citation du procureur royal, qui lui demande une nouvelle reconnaissance des seigneuries en sa possession, énumère les domaines suivants : la baronnie d'Enveig, la dime de Dorria, l'étang de Lanos, diverses censives à Saint-Martin d’Aravo, Ur et Flory, les dimes de Bena, Faners et Salit et le droit de prise d'eau pour les moulins d'Enveig. Bernard d’'Enveig eut pour héritier son fils Saturnin.

Archives des Pyr.-Or., B. 254, 257.

ENVEIG (Saturnin d’) était seigneur ou vavasseur d'Enveig au moment de l'occupation du comté de Cerdagne par Louis XI. Il reconnut la suzeraineté du roi de France. Il vivait en 1504. mais, en 1506, son fils Jean-Saturnin d'Enveig était à la tête de l'honneur d'Enveig. Jean-Saturnin d'Enveig ne laissa qu’une fille, Madeleine, qui épousa, en 1555. François de Castell-Arnau. Celui-ci devint le vavasseur de l'honneur, baronnie et château d’Enveig.

Archives des Pyr.-Or., B. 288, 324, 408, 409, 416, 417. — ALART, Notices historiques sur les communes du Roussillon, 1°" série.

ERIL (Arnaud d'), viguier de Barcelone. que Pierre IV nomma procureur, le 8 avril 1344, pour représenter la couronne d'Aragon dans le procès intenté contre Jacques If, dépossédé du trône de Majorque. Arnaud d’Eril se signala dans l'instruction du procès par un zèle de commande. Ce magistrat demanda que le prince détrôné fut déclaré contumace et que ses biens fussent saisis conformément aux usages de Barcelone et aux coutumes générales de Catalogne. Il présenta aussi devant la cour les actes d’inféodation du royaume de Majorque et les autres titres favorables à sa cause. Le 26 juillet, Arnaud d'Eril arriva à Barcelone, chez les Frères- Mineurs, au milieu desquels Jacques IT se trouvait. Il fit au monarque la sommation de comparaître aux débats. L'ancien roi de Majorque refusa d’obéir aux injonctions d'Arnaud d'Eril. En récompense de son zèle complaisant. Arnaud d'Eril fut nommé par Pierre IV gouverneur de Majorque. avec mission de réduire les places ou les villes inféodées au parti de Jacques IL Lorsqu'en 1347 ce prince pénétra dans le Conflent suivi d'une multitude de francais, Arnaud d’Eril, qui élait devenu gouverneur des comtés de Roussillon et Cerdagne et qu'accompagnaient Pierre de Fenouillet, vicomte d'fle, et

MORT PAT DE à CS TE D

plusieurs barons catalans, enleva par la force la place de Vinça où Jacques II s’était établi. Il fit de la garnison un carnage épouvantable. Le 29 octobre de cette même année, Arnaud d’'Eril fit partie de la comnission désignée par Pierre*IV pour rédiger le nouveau règlement des châtelains du Roussillon. Il mourut en 1384 et eut pour successeur Gilabert de Cruilles.

Archives des Pyr.-Or., B. 100. — LEcoy DE La MaRCHE, Les relations poliliques de la France avec le royaume de Majorque.

ERIL (Alphonse d’) reçut provisions de Philippe 11 qui Le désigna pour recueillir la succession de Charles d'Omns, décédé, à la tête du gouvernement général des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Alphonse d’Eril prit possession de son poste en 1566, et prêta serment entre les mains du bailli et des consuls de Perpignan. En 1576, il fut remplacé par Guillaume de Sinisterra et de Santa-Eugenia.

Archives des Pyr.- Or., B. 375.

ERIL (Pierre-Louis d’) prit en mains la tutelle de Philippe-Galcerand de Castro. vicomte d'Evol, le > mars 1531. Le 7 août 1540, Galcerand Vilanova lui fut substitué.

Archives des Pyr.-Or., B. 360.

ERIL (François d’) ne fit que passer sur le siège ahbatial de Saint-Michel de Cuxa. Entré en fonctions en 1617. il mourut l’année suivante.

For, /lisloire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

ERIL (Elisabeth-Agnès) épousa Gaspard-Galcerand de Castro et de Pinos, vicomte d'Evol, qui mourut à Saragosse, en 1638, abandonnant ses biens féodaux à sa cousine Françoise de Pinos. vicomtesse de Canet. L'usufruit en fut laissé à sa veuve, Elisabeth Agnès, laquelle ne put guère en jouir à cause des guerres. Elle fut mandée en 1639 à Puigcerda par le roi d'Espagne au sujet du service militaire qu'elle devait pour les châteaux de la vicomté. Elle répondit que les fiefs qu’elle tenait pour sa vicomté étaient des fiefs honorés et n'étaient astreints à aucun service militaire. Elle déclara que le château de Sauto était entièrement détruit et ne pouvait pas se défendre. Elle n'en fut pas moins condamnée à fournir deux hommes avec armes et chevaux, l'un pour Île fief de la dime de Fetes, l'autre pour le service des fiefs de Fontrabiouse et d'Esposolla. Élisabeth-Agnès d'Eril, vicomtesse d'Evol, reconnut posséder en fief du roi: deux parts de la dîme d'Evol. la moitié de la dime du blé, les dimes et les cens de Fontrabiouse, des droits aux Horts et la juridiction civile d'Estavar. De 1643 à 1652, la vicomté d'Evol fut occupée par les

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Français et confiée à l'administration de Thomas de Banyuls, seigneur de Nyer. Elle fut donnée le 18 juin 1653 au marquis d'Aguilar, qui la conserva jusqu'au traité des Pyrénées. Elle fit alors retour à Elisabeth d’Eril qui mouruf en 1665 à Saragosse. D’après les disposilions testamentaires de Gaspard-Galcerand d'Hijar, Jacques-Fernandez d’Hijar, petit-fils de Françoise de Pinos, hérita les fiefs de la vicomté d'Evol.

Archives des Pyr.-Or., B. 389. — Abbé GirazrT, Nolice historique de la vicomté d’Evol.

ERMENGAU (Bérenger), peintre de Perpignan, n’est connu que par un document du 27 novembre 1276 ; cette charte apprend que l'artiste avait épousé une fille du peintre Lodrigo. Le 13 janvier 1277, Bérenger Ermengau paya à Bernard de Codalet, marchand de peaux de Perpignan, la somme de sept livres barcelonaises qu'il lui devait.

ALART, Notes historiques sur la peinture et les peintres rous-

sillonnais, dans le X/X° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orientales.

ERMENGAUD était évêque d’Elne en 1097. Le 12 mars de cette même année, il accorda à Guillaume Jorda, comte de Cerdagne, que l’église Saint- Jacques de Villefranche fut toujours soumise à celle de Notre-Dame de Corneilla. Le 16 août de l’an 1100, il souscrivit à l’acte de restitution faite par le même Guillaume Jorda en faveur du monastère de Saint- Michel de Cuxa. Le 25 septembre de la même année, il racheta de Guilabert, comte de Roussillon, la troisième partie du village de Texneras avec l’église de Saint-Genis qu Arnaud-Guillaume de Salses avait donné autrefois à l’église d'Elne. Dans cet acte, Ermengaud n'est appelé qu'évéque-élu, tandis que dans l'acte du 12 mars 1097, on lui donne et il prend le titre d’évéque d'Elne. Guillaume Jorda, voulant faire le pèlerinage de Jérusalem, fit son testament l'an 1102 et nomma exécuteurs testamentaires l’évèque Ermengaud, Pierre Guillaume, abbé de Cuxa, et Pierre, abbé de Saint-Martin du Canigou. Le 45 septembre de la même année, Gélabert. comte de Roussillon, et Stéphanie, sa femme, donnèrent à l’évêque Ermengaud, pour l’église de Saint-Jean de Perpignan, les dimes, prémices, etc. de cette paroisse, afin que cet évêque et ses successeurs tinssent la main à ce que les clercs de la dite église vécussent en commun et canoniquement. Le chef de cette collégiale, sous le titre de chapelain-majeur, fut chargé de pourvoir à l'entretien des prébendés. Le 22 avril 1165, Ermengaud, partant pour la Terre- Sainte. fit don à son chapitre, vivant en commun, du tiers de la terre de Texneras avec le moulin. Le 27 septembre 1109, Ermengaud consentit à la dona-

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ERMENGAU — ESCALAS

tion que fit Agnès, comtesse de Roussillon, du monastère de Saint-André de Suréda à celui de La Grasse, sauf l'approbation du comte Gérard, son mari, à son retour de la Terre-Sainte. La même année, il fit don d'un moulin à son église et eut quelques différends avec le clerc Hugon Eblonis.

Marca hispanica, col. 1197, 1219, 1226, 1238. — Puicaart, Catalogue biographique des évêques d'Elne.

ERQUERD (Jean) succéda à Guillaume Catala sur le siège abbatial de Saint-Martin du Canigou, le 14 inars 1407. Le 2 février 1428, un tremblement de terre causa des dégâts considérables aux bâtiments de ce monastère. Le clocher de l’abbaye avec une partie de l’église s’écroulèrent ; les murs des lieux réguliers furent ébranlés jusqu'aux fondements, au point d'exiger une réparation estimée à sept cents florins. Le 17 juin 1433, l’évêque d’Elne, Jean de Casanova, accorda des indulgences aux fidèles qui aideraient de leurs mains aux réparations à faire au monastère de Saint-Martin. L'abbé Erquerd payait, dès le 9 octobre de cette année, quatorze livres à Guillaume Carmesson, tailleur de pierres, qui travaillait à la reconstruction du clocher démoli. En 1434, dans une transaction que Jean Erquerd fitavec les consuls de Vernet et de Castel}, ïl fut reconnu que la mortalité avait réduit le nombre des feux de ces villages à vingt-cinq, de deux cents qu'il y en avait quelques années auparavant. Et en cette considération, leurs habitants, qui étaient tenus de compter quarante livres barcelonaïises à chaque nouvel abbé, pour une mule, à son entrée en possession, obtinrent de n’en payer désormais que cinq. Jean Erquerd siégea jusqu’en 1441. Jean de Millas lui succéda l’année suivante.

Inventaire de dom d'AGuULLANA, n° 15, 77, 1606. — HExRY, Hisloire de Roussillon.

ESCALAS (Raymond de Las), abbé du monastère de Villabertran, ordre des chanoines de Saint- Augustin, dans le diocèse de Gérone, fut promu au siège épiscopal d’Elne, le 8 août 1377. Il fut consacré dans la cathédrale d'Elne en 1378, et le 12 mars de la même année, il accorda des indulgences à ceux qui contribueraient de leurs largesses à la construction de la nouvelle église Saint-Jean de Perpignan. A la charte de concession, est suspendu, par une tresse de soie rouge, un sceau ogival, très mutilé, long de 0"07 et large de 0"045, duquel on ne distingue plus qu'une faible partie de la légende, attenant à quelque fragment de portique gothique assez finement dessiné. Raymond de Las Escalas fut transféré à Lérida, le 7 octobre 1380 : mais le pape lui conserva l'administration du diocèse d’Elne. C'est ainsi qu'il transféra, le 6 octobre 1381, le prieur et les chanoines

ESCANYÉ

réguliers de Notre-Dame d’Espira-de-l’Agly à l'église Notre-Dame de la Réal de Perpignan. En même temps il nomma premier abbé de cette église Jacques Borro. dernier prieur d’Espira. Le 17 décembre 1384, avec la permission des vicaires-généraux de Gérone, Ra)mond de Las Escalas conféra les ordres sacrés dans l'église paroissiale de Peralada. Il était conseiller de Pierre le Cérémonieux et attaché à la cour d'Aragon. C'est pourquoi, le 2 avril 1386, étant absent du diocèse, son vicaire général, Pierre Descazes, fit un règlement pour établir la concorde entre les bénéficiers de Notre-Dame de la Réal et les chanoines transférés d’Espira à cette église. Le 8 juillet 1385, il fit promulguer des statuts synodaux dans le diocèse d'Elne. En 1386, Raymond de Las Escalas fut promu au siège de Barcelone, dont il prit possession le 21 décembre. Il contribua pour une large part à l'armement d’une galère qui alla réprimer les brigandages des pirates musulmans sur la Méditerranée. L'initiative de l’équipement de ce vaisseau avait été prise par les pères du concile de Tarragone, en 1395. Raymond de Las Escalas fit élever les murailles qui encadrent le chœur de la cathédrale de Barcelone ; il y fit aussi construire la chapelle des Saints-Innocents, où il repose dans un sarcophage en marbre. Durant sa maladie, il donna ordre de faciliter l'accès de sa chambre à tous les visiteurs, afin que chacune de ses ouailles put le contempler et apprendre de lui à bien mourir. Il mourut à Barcelone le 24 juillet 1398.

Archives des Pyr.-Or., G. 170, H. 4 — Puiccart, Calalogue

biographique des évêques d'Elne. — VuLaNtEYA, Viaje lilerario a las iglesias de España, t. XV.

ESCANYÉ (Sébastien), né à Mosset, le 24 août 1759, était homme de loi à Vinça, à la veille de la Révolution. Administrateur des Pyrénées-Orientales, il fut, le 1” septembre 1791, élu le troisième sur cinq, à la pluralité des voix, député de ce département à l'assemblée législative. Escanyeé vota avec la majorité.

ROBERT, BouTRLoToN et Cocuc\r. Diclionnaire des Parlemenlaires.

ESCANYÉ (Ferdinand-Jean-Joseph-Sébastien), fils du précédent, noquit à Vinça. le 20 octobre 1795. IL suivit la carrière militaire, et avait le grade de capitaine d'état-major, attaché à la 4 division militaire à Montpellier, lors de son entrée à la Chambre des députés, Le 30 novembre 1831. Le troisième collège des Pyrénées Orientales lui avait donné cinquante-deux voix contre quarante-six à François Durand. Ferdinand Escanvyé prit une position intermédiaire entre l'opposition et la majorité gouvernementale, tout en se rapprochant davantage de celleci. En effet, s’il fut, le 5 janvier 1832, du nombre

des députés qui protestèrent contre la dénomination inconslitutionnelle de sujets employée par les ministres, on ne trouve son nom ni parmi les signataires du compte rendu des députés de l'opposition (mai 1831). n1 parmi les membres qui se récusèrent, en 1833, dans l'affaire du journal La Tribune. Ferdinand Escanyé contribua d’une façon très efficace, avec François Arago, à la construction de la route de Mont-Louis. Il échoua aux élections législatives du 21 juin 1834 avec cinquante-deux suffrages contre soixante-deux obtenus par Joseph de Lacroix. Ferdinand Escanyé fut admis à la retraite, le 15 décembre 185%, comme lieutenant-colonel d'état-major. Il mourut à Perpignan le 22 décembre 1874.

ROBERT, BoURLOTON et Couc\y, Diclionnaire des Parlemen-

aires. — Horace Cuauvet, Jlisloire du parti républicain dans les Pyrenees-Orientales.

ESCANYÉ (Frédéric), fils du précédent, naquit à Thuir le 45 mai 1833. Il fit ses études de droit à Aix, puis vint se fixer à Perpignan, comme avocat, sous l'Empire. Il devint juge suppléant à Prades. Frédéric Escanyé débuta dans la politique en se présentant aux élections municipales de Perpignan, le 23 juillet 1865. sur la liste conservatrice de Sylvestre Villalongue. Il abandonna le barreau au commencement de l’année 1870. pour se livrer à l'exploitation de ses propriétés. Pendant la guerre franco-allemande, après avoir présidé la commission départementale de défense, Frédéric Escanyé s’engagea dans les mobilisés. Il remplit les fonctions de conseiller de préfecture, le 4 septembre 1870. Elu conseiller municipal de Perpignan, le 30 avril 4871, Frédéric Escanyé fut nommé conseiller général du canton de Thuir le 8 octobre 1871 ; il fut réélu en 1874. Frédéric Escanyé se présenta comme candidat républicain aux élections du 20 février 1876. dans l'arrondissement de Prades, et fut élu député le 5 mars suivant. au scrutin de ballotage, par 5060 voix contre Joseph de Gelcen qui avait recueilli 5055 suffrages. Il prit place à gauche ct fut un des députés de l'opposition qui refusèrent au ministère de Broglie un vote de confiance, après le 16 mai. La Chambre des députés avant été dissoute, de nouvelles élections lésislatives eurent lieu le 16 octobre 1877. Frédéric Escanyé fut battu avec 5244 voix à Prades par Joseph de Gelcen qui en obtint 5375. L'élection de ce dernier ayant été invalidée le 4 décembre suivant. Escanvé fut élu sans concurrent, dépulé de Prades, le 24 janvier 1878, par 6083 votants. Le 3 août 18N0, il fut battu aux élections cantonales, à Thuir, par Léon Vilar, maire de Bages: mais Le 20 avril 1881. le canton de Sournia le choisit pour son représentant par 471 voix : son concurrent Rotgé recucillit 410 suffrages. Frédéric Escanvé fut successivement réélu : député

de Prades, le 3 août 1881 par 4866 voix contre 3564 à Jean Albiot, et conseiller général du canton de Sournia, le 13 août 1883. Le 5 octobre 1885, des élections législatives au scrutin de liste ayant eu lieu dans le département des Pyrénées-Orientales, Frédéric Escanyé arriva le huitième sur la liste opportuniste et fut hattu. Le 29 juillet 1889, il fut réélu conseiller général du canton de Sournia contre Armand de Lacour, son concurrent. Battu le 4 janvier 1891 aux élections sénatoriales, Frédéric Escanyé fut élu, le 23 février suivant, au second tour de scrutin, député de l'arrondissement de Prades contre Paul Vilar, Bès-Sire et Noé. Il fut encore envoyé au Palais- Bourbon par ses électeurs le 21 août 1893 et au Conseil général par le canton de Sournia le 29 juillet 1895. Il échoua aux élections sénatoriales, le 21 février 1897, mais fut réélu député le 9 mai 1898 et le 28 avril 1902. Les électeurs de Sournia lui renouvelèrent aussi le mandat de conseiller général le 22 juillet 1901. Frédéric Escanyé, qui fut battu par M. Emmanuel Brousse aux élections législatives du 6 mai 1906, est décédé à Perpignan, le 31 août 1906.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

ESCARGUEL (Lazare-Henri) naquit à Routier (Aude) le 23 mars 1816. En 1848, les électeurs de cette commune le choisirent pour maire. Lazare Escarguel ne tarda pas à s'établir à Perpignan où il venait de se marier. ÎIl s'adonna à l'industrie de la minoterie, et se fit remarquer au preraier rang de l'opposition républicaine sous l'Empire, en combattant les candidats officiels dans le département des Pyrénées-Orientales. Le 23 septembre 1865, Lazare Escarguel avait été déjà envoyé au Conseil municipal de Perpignan. Réélu en 1870 par le quartier de Saint-Martin, il fut nommé maire de Perpignan le 11 septembre de cette même année et conserva ses fonctions jusqu'au 3 février 1871, jour où il donna sa démission. Le 4 septembre 1870, il proclama la République sur la place de la Loge et parvint à arrêter Ja colère du peuple prête à se porter aux derniers excès. 11 sauva de la mort le colonel Pays, commandant de la place, à qui certains francstireurs el une foule ameutée voulaient faire un mauvais parti. Le maire de Perpignan disputa scul

le malheureux officier à la fureur populaire pen-

dant plus d’une demi-heure et finit par aller tomber évanoui sur la place Arago. Réintégré dans ses fonctions de maire le 10 mai 1871, il resta à la tête de la municipalité jusqu'au 13 février 1874. Le 2 juillet 14871, Lazare Escarguel fut élu représentant des Pyrénées-Orientales en remplacement d'Etienne Arago. démissionnaire, par 20.632 voix contre 16.724

données au maréchal de Mac-Mahon. Il prit place :

à J'extrèéme-gauche et fut, entre les représentants,

ESCARGUEL — ESPIRA

le premier maire révoqué par le duc de Broglie, après la chute de Thiers. Il s’abstint lors du vote des lois sur l’organisation du Sénat et sur l’ensemble des lois constitutionnelles. Le 8 octobre 1871, Lazare Escarguel fut élu sans concurrent au Conseil général par les électeurs du canton de Vinça. Quinze jours après, ses collègues le mirent à la tête de l’assemblée départementale qu'il présida encore en 1872 et en 1873. Le 4 octobre 1874, Lazare Escarguel échoua aux élections du Conseil général dans le canton de Vinça. M. Trullès, son concurrent, nommé à quelques voix de majorité, ayant vu son élection annulée, Lazare Escarguel recouvra son siège au Conseil général, le 15 novembre de cette année. Il fut élevé à la présidence de l'assemblée départementale en décembre 1877, en août 1878 et en août 1879. Le 20 février 1876, Lazare Escarguel fut réélu député de l’arrondissement de Perpignan avec 13.364 voix contre 5.847 à Renard de Saint-Malo. Il reprit sa place sur les bancs de l’extrême-gauche, et après le 16 mai fut un des 363 députés qui refusèrent un vote de confiance au ministère de Broglie. Il fut réélu après la dissolution de la Chambre, le 14 octobre 1877, par 13.235 voix contre 8.276 données au colonel Falcon. Lazare Escarguel regagna sa place dans la majorité républicaine avec laquelle il vota. Son mandat fut renouvelé, le 21 août 1881, par 4.802 voix contre 4.038 au docteur Magnan, mais il ne siégea pas longtemps au Palais-Bourbon. Il fut élu sénateur, le 16 juillet 1881. par le département des Pyrénées- Orientales, en remplacement d’Achille Farines, démissionnaire. Au Sénat, Lazare Escarguel siégea à l'Union républicaine et confondit ses votes avec ceux de ce groupe. Battu aux élections sénatoriales du #4 janvier 1891, Lazare Escarguel se retira dans sa ferme de Routier, où il mourut foudroyé par une attaque d’apoplexie. le 26 mai 1893. Une rue de Perpignan porte son nom. Un monument a été élevé en son honneur aux abords de la Pépinière de la ville, Le 16 octobre 1898. |

RoBErT. BouRLoTôN et Coucxx, Dictionnaire des Parlemenlaires. — Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

ESPIRA (Pierre d’) fut abbé de Saint-Martin du Canigou depuis le 28 avril 1212 jusqu’au 31 août 1230. Il peut être regardé comme le fondateur du village actuel de Vernet-les-Bains. Soit crainte des inondations, soit besoin de groupement autour de la tour de défense, la population commença à se retirer de la plaine (appelée Villelongue) pour se transporter sur le flanc de la colline qui supporte le châteaufort. Le 21 mars 1217, Pierre d'Espira passa un bail emph\téotique avec Pierre de Portes, au sujet d'une languc de terre qui se trouvait dans le castrum, contre l'église de Sainte-Marie, placée depuis sous le

ESPONCHEZ

vocable de saint Saturnin. Cette même année, une vente de terres fut effectuée par l'abbé de Canigou à Bernard Oria et à son épouse Sibille, à l'effet de construire des maisons d'habitation dans la villa de Vernet et au-dessous de l’église de la Vierge. Nunyo- Sanche, seigneur de Roussillon. Vallespir et Cerdagne, donna, en 1219, à Pierre d'Espira et à l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, la dime du territoire d'Eus et celle de Llunar. Par suite du vigoureux appui que le roi d'Aragon Alphonse IT et les bulles pontificales d'Alexandre III avaient prêté à l'abbé de Saint-Martin du Canigou, lors des graves discussions de cette abbaye avec celle de la Grasse, le monastère du Canigou était dans un état puissant et très prospère, à ce point que Pierre d'Espira crut pouvoir tenir tête au seigneur du Roussillon, oncle du roi d'Aragon Jacques [”, en donnant asile à deux chevaliers qui avaient pris les armes contre Nunyo- Sanche, nommés Bérenger d’Espira et Adhémar de Saint-Ferréol. Lorsqu'il eut eu raison de ses ennemis, Sanche se disposa à punir sévèrement l'abbé de Saint-Martin. Mais celui-ci demanda à transiger et, sur la promesse formelle qu'il fit de verser entre ses mains la somme de 4000 sols barcelonais, Sanche épargna le monastère du Canigou ainsi que les habitants de Vernet, à l'exception de deux. C'était le 25 octobre 1220.

Jaloux de l'extension que prenait la juridiction tempcrelle de l'abbé, Pons de Vernet commit des exactions au préjudice du monastère du Canigou. Pierre d'Espira qui avait pris soin, en 1227, de rédiger un mémoire des vols dont il avait été victime de la part de Pons, fournit le récit circonstancié des multiples déprédations de celui-ci. Un jour, ayant fait irruption dans la ferme que son frère venait de céder à l'abbé, Pons s'était enfui emmenant avec lui onze vaches volées. Il avait été désavoué par son père Raymond qui, par un serment prêté sur les saints Evangiles dans l'église de Sainte-Marie de Vernet, avait juré de ne lui jamais donner main forte jusqu'au jour où il aurait composé avec les moines du Canigou. Mais Raymond. parjure au serment, seconda plus tard Îles tentatives criminelles de son fils qui alla jusqu'à attaquer, démanteler la forteresse de Vernet et dévaster les jardins environnants. Pons de Vernet se saisit, une autre fois, de deux hommes, envovés de l'abbé. les lia contre un arbre de la forêt et les dépouilla des menues pièces de monnaie qu'ils portaient sur eux. 11 se transporta de là en Cerdagne. À Egat, 1] saccagea une ferme appartenant à Pierre d'Espira et s'enfuit, emportant la tunique et les chausses du gardien, Bernard de Mosset. Dans une autre circonstance. il pilla une ferme située à Oris, près de Corneilla ; il tua ensuite deux vaches au col de Jou, en blessa quatre autres,

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puis se retira après avoir fait main basse sur une certaine quantité de fromages. À Via, il vola neuf sols et sept pièces de volaille ; à Odeillo, il s'appropria un champ dont son père avait opéré la vente, quelque temps auparavant, en faveur de l'abbé. Enfin, et c'est ce qui mit le comble à la juste colère de Pierre d'Espira. Pons fit la saisie d’un troupeau de quatre-vingt-dix brebis et de quatre hommes qui réussirent cependant à s'évader.

Pierre d’'Espira demeura sur le siège abbatial de Saint-Martin du Canigou jusqu'au jour de sa mort, survenue Île 31 août 1230.

Inventaire de dom d’Agullana. — Henry. /lisloire de Roussillon. — Abbé J. CaPEiLze, Vernel-les-Bains, la commune, la chatellenie, les thermes.

ESPONCHEZ (Antoine-Félix de Leyris d’) naquit à Alais (Gard) le 20 décembre 1750. Il était fils de Guillaume de Levris, scigneur d’Esponchez (paroisse de Sainte-Cécile d’Angore), capitaine au régiment de Treynel, et de Blanche de Thomas La Garde. Destiné de bonne heure à l’état ecclésiastique, il fit de sérieuses études sous la direction de Fumel, depuis évêque de Lodève. Pourvu d’abord de plusieurs bénéfices simples, Antoine-Félix d'Esponchez ne tarda pas à devenir chanoine de la cathédrale de Nimes. L'évêque de Senlis l’appela auprès de lui comme son vicaire-général et le roi lui donna en commende l’abbaye de Lesterps. dans le diocèse de Limoges. Antoine-Félix d'Esponchez avait à peine trente-huit ans lorsqu'il fut nommé, le 14 septembre 1788, à l'évêché d’Elne. Au dire de l'abbé Mathieu, historiographe du clergé constitutionnel des Pyvrénées-Orientales.ilavait été élevé à l’épiscopat «comme par hasard. En effet, raconte-t-il, un homme de cour m'a dit qu'il n’était point du bois dont on faisait les évêques en France dans le xvin siècle, mais que ses aptitudes et ses dispositions connues au travail projeté de la réforme du clergé régulier l'avaient présenté dans un moment favorable comme un bon travailleur. » Le nouvel évêque d'Elne prêta serment le 4 janvier 1789 et fit son entrée à Perpignan le 13 mars suivant. C'était le moment de la convocation des assemblées provinciales pour l'élection des Etats généraux. Cette réunion venait de ranimer en Roussillon une question délicate et irrilante qui divisait les esprits ; elle était soulevée par les citovens nobles de Barcelone et de Perpignan. Ceux-ci, pourvus de lettres d'anoblissement ct de certains privilèges, soutenaient avoir volé avec Ja noblesse dans les anciens états de Catalogne et voulaient prendre part aux nouvelles élections ; mais les gentilshommes possédant fiefs et titres refusaient de reconnaître celte prélention. Antoine-Félix d'Esponchez s'interposa et débuta dans son diocèse par une mission de

conciliation. Il se chargea de remettre au maréchal de Noailles, gouverneur de la province, un mémoire rédigé par Laurent de Lassus qui s'appuyait sur la vérification des titres des citoyens nobles par Charles d'Hozier et l’almission de leurs enfants à l'Ecole militaire. La question fut soumise au Conseil du roi qui se prononça en faveur des citoyens nobles de Perpignan et les autorisa à voter le 23 avril avec la noblesse titrée, à laquelle fut réservé cependant l'honneur de la présidence en la personne de son doyen d'âge, le baron d'Ortaffa ; ce que les ciloyens nobles acceptèrent. Antoince-Félix d'Esponchez eut l'honneur d’avoir provoqué cette décision. Le clergé l'en remercia en le nommant par acclamation premier député de l’ordre aux Etats généraux. L’évêque refusa cette élection spontanée et pria l'assemblée de soumettre son choix aux formes prescrites par le règlement ; le scrutin n'en fut pas moins unanime. Antoine-Félix d'Esponchez manifesta sa bonté dès son arrivée dans le diocèse. Son premier soin fut de soulager la misère des congruistes. Avant le départ du prélat pour Paris, le 27 avril, le bureau diocésain, obtempérant à la proposition de l'évêque d’'Elne, réduisit les impositions des congruistes. L’évêque de Perpignan arriva à Paris le 15 mai 1789, avec ses collègues des trois ordres. À l’Assemblée Constituante, il siégea à droite. C’est ainsi qu'il demeura dans la salle du clergé le 25 juin, avec ses confrères qui réclamaient le vote par ordre. Dans la séance du 9 août, il demanda la parole et monta à la tribune après Mirabeau qui venait de prononcer un discours enflammé en faveur de la suppression des dîimes. Antoine-Félix d'Esponchez s'opposa à la disparition de la dime ecclésiastique ; il soutint que la morale et la raison ordonnaient de la conserver, parce qu’elle était considérée comme la ressource des pauvres secourus par le clergé. Il convint toutefois du principe qu'elle était la propriété de l'Etat. Il se joignit le lendemain à l'archevêque de Paris, de Juigné, el au cardinal de La Rochefoucauld pour en faire un total abandon à la nation. L'évéque de Perpignan ne reparut plus à la tribune et assista silencicuscment aux séances de l’Assemblée nationale. essayant d'arrêter la Révolution par ses votes. La loi du 26 décembre 1790 exigea des membres du clergé la prestation de serment à la Constitution civile. Antoine-Félix d'Esponchez écrivit, en janvier 1791, une lettre à son grand vicaire, de Monteils, pour éclairer les ecclésiastiques de son diocèse sur l’attitude à observer dans les circonstances critiques où ils allaicnt se trouver. Le prélat leur persuada de ne prêter que le serment conditionnel de Mgr de Clermont. Le 16 janvier 1791, la municipalité de Perpiwnan dénonça l'évêque du diocèse à l'Assemblée nationale. El fut alors réputé démissionnaire et rem-

ESPONCHEZ

placé le 31 janvier par l’intrus Devilie. Comprenant alors que toute nouvelle tentative de conciliation serait inutile, Antoine-Félix d'Esponchez dénonça l’intrusion de Deville, réclama ses droits méconnus et indiqua à ses prêtres les devoirs qui leur incombaïient après l’organisation du clergé constitutionnel. Le 8 avril 1791 parut à Paris l’'Ordonnance de M. l'évéque d'Elne au sujet de l'élection faite le 31 janvier 1791 de M. Deville, curé de Saint-Paul de Fenouillèdes, diocèse d’'Aleth, en qualité d'évéque du département des Pyrénées-Orientales, Imprimerie Crapart, rue de l'Enfer, 39, près la place Saint-Michel. Le document était court, mais suffisant pour donner la pleine intelligence des doctrines schismatiques de la Constitution. Il fut dénoncé à l’Assemblée nationale, et dans le département, défense fut faite à toute personne de la vendre, de la distribuer ou de la faire circuler. En octobre 1791, Antoine-Félix d'Esponchez partit de Paris après la clôture des sessions de la Constituante. Au dire du Moniteur, il fut compris parmi les prisonniers accusés du complot militaire de Perpignan (de Saillant, Chollet, Jean d’Adhémar de Lantagnac) et envoyé avec eux à Orléans, le 12 janvier 1792. L'évêque de Perpignan fut du nombre des rares prisonniers qui s'évadèrent durant le trajet. Il se trouvait à Rome au mois de mars 1792. Le 15 de ce mois, il adressa au clergé et aux fidèles de son diocèse une Lettre pastorale, brochure in-12, en deux parties de 48 pages chacune. Dans la première partie, il rendit compte au peuple de son mandat de député, rappela les illusions de la première heure, les réformes qu'il espérait faire prévaloir, les déceptions journalières essuyées et la stérilité des efforts vainement tentés. La deuxième partie du mandement ne fut qu'une réfutation sobre, mais nerveuse, de la Constitution civile. Afin de donner plus de force à son argumentation, surtout afin de faire mieux ressortir les inconvénients tant sociaux que politiques du nouveau régime, Antoine-Félix d'Esponchez ajouta, en appendice, une série d'éclaircissements sur les principes généraux de l’ancienne et de la nouvelle constitution de l'Eglise de France. Ces pages substantielles témoignent d'une intelligence supéricure, d'un esprit vraiment philosophique, d’un sens politique aussi juste que délicat et d'une connaissance approfondie du droit social du royaume. Quelques jours après. il adressa à son clergé de nouvelles instructions et lui communiqua le bref de Pie VE, du 19 mars 1792, contenant concession de pouvoirs extraordinaires capables de remédier aux grands maux qui afligeaient la France. Craignant que son éloignement ne nuisit à l’à-propos et à l'exécution de ses vues, Antoine-Félix d’Esponchez songea à se rapprocher de son diocèse. En 1795, il demanda au gouvernement espagnol lautorisa-

’ ESPRER — ESTÈVE

tion de se réfugier en Catalogne, au milieu de son clergé exilé. Sa supplique n'ayant point été agréée, il se retira d’abord à Terni, puis à Ancône et à Venise, enfin à Goritz. Durant l’année 1796, malgré son éloignement, l’évêque de Perpignan continua ses relations avec ses ouailles par l'intermédiaire du vicairegénéral de La Boissière, fixé à Barcelone. En 1800, il lui écrivit de conseiller à ses prêtres l'adhésion à la constitution de l’an VIII. Cet acte facilita à la majorité des ecclésiastiques roussillonnais le retour de l'exil. Antoine-Félix d'Esponchez passa, en 1800, de Goritz à Campolongo, diocèse d'Udine, dans le Frioul (Italie). C'est là qu'il mourut en odeur de sainteté, le 13 juillet 1801. Il fut enseveli dans cette ville, avec les honneurs dus à sa dignité d'évèque. Le portrait d'Antoine-Félix d'Esponchez est conservé au cabinet des estampes, à la Bibliothèque nationale, dans la collection Dejabin. Le prélat porte le costume avec lequel il siégeait à l'Assemblée et la croix épiscopale sur la poitrine. Ses armes se blasonnaient : De gueules à une branche de laurier posée en bande accompagnée de deur besans d'or, au chef cousu d'argent.

Archives des Pyr.-Or., G. #4. — Le Monileur de 1789, 1790, 1791, 1792. — LE BasTarp D'Esranc. Une mémoire oubliée, dans la Revue des questions historiques, n° de juillet 1874. — JAUME, Arrêts du Roussillon. — Mémoires de Jaume. — Puiccant, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Abbé TORREILLES, Histoire du clergé dans le département des Pyrénées-Orientales pendant la Révolution française. — Vipar.' Histoire de la Révolution française dans les Pyrénées-Orientales.

ESPRER de MONTALT (Antoine), seigneur de Boaça. épousa Magdeleine Deydé. De ce mariage naquirent deux filles, Marie et Félicité, et un fils, François. Lors de son mariage avec François Ducup de Saint-Paul, Marie Esprer-Deydé avait reçu en dot 18.350 livres. et Félicité Esprer-Deydé. lors de son mariage avec Joseph Noguer, avocat général, 13.350 livres. François Esprer-Deydé se trouvant major de Roses. en Espagne, épousa sans le consentement de ses parents. vers 1774, Josèphe Mayro dont il eut un fils en 1775 qui s’appela Antoine-Jérôme Esprer de Boaça. Antoine Esprer de Montalt mourut le 13 janvier 1780, laissant ses biens à son fils. François Esprer-Deydé. Celui-ci mourut quelques jours après le décès de son père, le 1° février 1780, donnant son patrimoine à son enfant, Antoine-Jérôme Esprer de Boaça. La mère de ce dernier étant venue à Perpiynan réclamer la succession échue à son fils, Maric et Félicité Esprer revendiquèrent le payement intégral de leur dot dont elles n'avaient reçu qu'une petite partie. La veuve de François Esprer fit valoir que les dettes de la succession s'élevant à 99.943 livres, elle ne pouvait payer totalement les dats de ses belles-sœurs. Joseph Jaume, avocat au Conseil Souverain, chargé de l'affaire, rédigea deux mémoi-

ee Se —— —

res où il établissait que les biens de la famille Esprer de Boaça valaient au moins 400.000 livres. Le Conseil Souverain statua dans ce sens en 1785 et l'accord se fit.

Mémoires de Jaume.

ESTAMPES (Jean-Baptiste d’), docteur en Sorbonne, fut nommé évêque d’Elne en 1675 par Louis XIV qui, le 20 septembre de la même année, lui octroya le titre d’'Inquisiteur de la province. Mais avant de venir dans son diocèse, il fut transféré au siège de Marseille, en septembre 1680. Tandis qu'il allait en prendre possession, Jean-Baptiste d’'Estampes mourut de mort subite, en 1684. Cet évêque avait intenté un procès au chapitre d'Elne pour se faire payer en entier les émoluments de deux portions canonicales à dater du jour de sa nomination, outre les distributions quotidiennes. Le chapitre fut condamné par la grand’chambre du Parlement de Paris, sur le motif que la régale avait lieu dans tout le royaume. En 1678, l'évêché d'Elne rentra sous la suffragance de Narbonne.

PuicGeani, Catalogue biographique des évêques d'Elne.

ESTARI (Arnaud), fondeur, fabriqua. en 1547.

une cloche pour l'église de la Réal. Il collaborait avec Guillaume-Pierre Fay.

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

ESTÈVE (Jean d’), avocat à la cour du Conseil Souverain, épousa Monique Simon dont il eut deux fils : Jean et François.

ESTEVE (Jean-Joseph-Jacques d’) fils du précédent, naquit en 1719. Il fut d'abord avocat, puis conseiller au Conseil Souverain du Roussillon. Le 2 janvier 1760, il reçut des provisions royales lui décernant l'office de procureur en la Chambre du Domaine. De nouvelles provisions lui furent octroyées par Louis XV, le 9 septembre 1764, qui lui conférèrent la charge de Président en la même Chambre.

ESTEVE (François d’) frère du précédent, docteur en droit, naquit à Perpignan en 1724. Entré dans le couvent bénédictin de Saint-Michel de Cuxa, il reçut l'habit monastique, le 8 juillet 1744, des mains de l'abbé Sauveur de Copons, et fit sa profession religieuse le 11 juillet de l’année suivante. Il occupa après dom Réart (1756) l'office de la Prévôté et le conserva jusqu'à sa mort arrivée à Perpignan le 21 juin 1777. 11 fut enterré le lendemain dans l'abbaye de Cuxa.

E. DELauoNt, Hisloire de la ville de Prades.

ESTRUGOS (Joseph-Elie), né à Perpignan, entra dans l’ordre du Carmel, devint supérieur du couvent des Carmes de Perpignan et mourut dans cette maison en 1645. Prédicateur en renom, il a composé différents ouvrages ascétiques. Estrugos est surtout c:nnu à cause de son livre : l'enix calalä. Au début du volume se trouve un petit traité intitulé : //elench dels scriplors catalans. L'auteur publia son ouvrage à Perpignan, un an avant sa mort, chez Etienne Bartau. Caresmar estime que ce Fenir calala n'est autre chose que la vie du frère Romeu Saclosa, et Marcilla dit que ce livre est le mème que le Zlibre dels singulars privilegis, favors, gracias y miracles de Nostra-Senyora del Mont del Carme.

TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes.

EXIMENES, EXIMENIS ou XIMENES (François) naquit à Gérone (Espagne) vers le milieu du xiv° siècle. F obtint des succès dans l'étude de la philosophie et de la théologie, et s’exerça de bonne heure à la pratique des vertus de la perfection chrétienne. Avant résolu d'embrasser la vie religieuse, il revètit l'habit franciscain dans un couvent de sa ville natale et fit sa profession au monastérce de Saint- François de Barcelone. François Eximenès déploya particulièrement toutes les forces de sa science et les ressources de son zèle dans la mission qu'il reçut d'évangéliser les populations de l’Aragon, de Valence, de Catalogne et de Majorque, à l’occasion du jubilé ct des indulgences accordées par Pierre de Luna à tous ceux qui prendraient les armes pour repousser les Sarrasins dont les invasions menaçaient ces provinces. Les prédications de François Eximenëes montrèérent déjà l’habileté de ses moyens, la puissance irrésistible de sa parole, et par dessus tout, l'heureuse influence de sa vertu. Le mérite et le succès de cette mission firent d'autant plus d'honneur au saint apôtre que, le plus souvent, ses conseils, ses exhortlalions et ses plaintes s'adressaient aux princes, aux grands et aux magistrats de ces contrées. Bientôt ses hautes qualités le recommandeérent aux personnages les plus distingués et les plus puissants. C'est ainsi qu'il mérita la confiance de la reine d'Arawon, Marie Lopez de Luna, sœur de Benoit XIE, si bien que cette princesse le désigna comme un de ses exéenteurs tesltamentaires. Les Conseils de la Couronne et Benoît XII lui-même ne craignirent pas de recourir à lui dans les doutes ou les embarras, el de S'en rapporter à ses sages décisions. Ce qu'on estimait et qu'on admirait de plus en lui, c'était une alliance si intime de la science et de la sainteté, qu'elles formaient comme un seul élément et constituaient sa nature propre; de telle sorte que sa profonde humilité n'était nullement altérée par

ESTRUGOS — EXIMENES

les applaudissements et les louanges, pas plus que sa science n'était amoindrie par le peu de valeur qu'il s’attribuait et la pauvre idée qu'il avait de luimême. On peut même dire, en reproduisant la pensée des historiens de sa vic, que son esprit s'élevait et s'ornait à proportion des pénitences et des mortifications qu'il imposait à son corps. Benoît XIIT avant convoqué les dignitaires ecclésiastiques de son obédience au Concile général qui se tint dans l'église de la Réal, à Perpignan, François Eximenès reçut de cet antipape le titre de patriarche de Jérusalem, le 12 novembre 1408. Trois jours après se fit l’ouverture de cette réunion où figurèrent trois cents Pères. Le 19 décembre de cette même année, François Eximenëès fut nommé par Pierre de Luna administrateur de l'évêché d’'Elne. Mais son passage sur le siège épiscopal fut éphémère : il n'eut qu’un mois de durée. François Eximenèés mourut à Perpignan le 23 janvier 1409, ct sa dépouille mortelle renfermée dans un sarcophage fut déposée deux siècles plus tard (1623) dans l’église des Cordeliers de Perpignan (actuellement chapelle de l'hôpital militaire). Ce monument funéraire fut placé au-dessous de la porte de la sacristie de cette église. On y avait gravé l’inscription suivante: D. D. F. Franc. Ximenius ordin. Minor., episc. Helenensis et patriarcha fHierosolymitanus, obiit die 23 januar. 1409; hic est translatus die 17 sept. 1623. Ce prélat s’est surtout fait remarquer par d'excellents ouvrages de science ecclésiastique, de théologie morale et d'ascétisme, écrits en latin ou en catalan ct traduits en plusieurs langues, qui furent publiés en divers lieux dès les premiers temps de l'imprimerie. Voici la nomenclature de ses écrits les plus connus :

Libre de: la vida de N. S. Jesucrist, o Vita Christi. Cet ouvrage fut traduil en espagnol par Fernand de Talavera, archevèque de Grenade, et imprimé à Valence en 1484 et 1495 :

Llibre de la dignitat, regimen o condicio dels angels. Il composa ce traité de théologie à la prierce de Pierre d'Artes, maitre des comptes de Martin EF. roi d'Araon. I fut imprimé à Genève en 1478. Cet ouvrage, en caractères gothiques, est d'une extrême rareté et passe pour le premier livre imprimé à Genève. Ce livre à été aussi publié à Burgos, puis à Alcala de [énares en 1527 ;

Le Pastoral, pour l'instruction des évèques et des supérieurs (Pastorale pro instruclione episcoporum et superiorum), le seul de ses ouvrages écrit en latin. dédié à l'archevêque de Valence et publié à Barcelone en 1495. Ce volume est celui qui à le plus contribué à la réputation de l'auteur, qui expose luiméme son but: « £sca prœparalur el cibus omnitbus prælatis Ecclesia pripsentibus el fuluris ». le divise en quatre parties. Dans la premicre, il traite de la

EZOBI

dignité du sacerdoce et s'adresse au clergé en général. La seconde partie s'occupe des évêques, dont il trace les devoirs dans un superbe commentaire des Epitres de saint Paul sur ce sujet. Dans la troisième, l'auteur examine et fait ressortir les obligations de la charge pastorale du prêtre vis-à-vis de son troupeau. Dans la quatrième partie, il traite de la récompense et de la gloire réservées au Pasteur fidèle et vigilant ;

De l'Echelle Mystique (De scala Dei), livre publié en 1494 à Barcelone. L'auteur l'avait dédié à la reine Marie Lopez de Luna, à qui il avait déjà fait hommage d'un autre livre de piété, Llibre de la Devoci6, resté manuscrit :

Le Char des Dames (El Carro de las Damas), appelé communément Lo Llibre de les dones, dédié à la très haute et très illustre Dona Sanche Ramirez de Areños, comtesse de Prades. Ce livre réunit à l'enjouement le plus spirituel une profonde connaissance du cœur humain et une morale des plus saines. Il fut imprimé à Barcelone èn 1495, et traduit du catalan en castillan par un Frère Mineur. Lo Llibre de les dones, texte catalan, a été souvent copié à la main : à Barcelone il en existe deux ou trois copies. et à Perpignan nous en connaissons deux. Une surtout mérite une mention spéciale : elle se trouve dans la riche bibliothèque du regretté colonel Puiggari ; elle est écrite de la main ferme du colonel en 1881. Cette œuvre est digne des copistes enlumineurs des siècles passés. La gravure qui est en tête est reproduite avec une telle perfection que l'œil le plus exercé ne peut y découvrir le moindre défaut, et l’on pourrait sans peine croire qu'elle a été imprimée. Les initiales qui se trouvent en tête de chaque chapitre, et il y en a 396, sont toutes de forme diflérente, et si bien cnluminées que chacune en particulier est une œuvre d'art. Les unes sont noires. les autres de couleur, mais la plupart sont dorées ou argentées. Dans les premières enluminures, la dorure est quelquefois un peu terne, mais vers le milieu et à la fin, l'habitude aidant, l'or et l'argent sont appliqués avec un talent qui défierait les spécialistes eux-mêmes. Les dessins surtout sont d'une finesse exquise. C'est véritablement une œuvre de bénédictin dont on ne se lasçerait jamais d'admirer tous les petits détails. Une autre copie, datée de 1888, en a été faite par l’abhé Jalabert. prêtre de la Réal, à Perpignan. Ce manuscrit contient 839 pages, encadrées rouge et noir. avec la gravure du titre, sans initiales. L'écriture est nette et bien régulière. et le texte débarrassé des nombreuses abréviations qui entravent la lecture de l'original ;:

Enfin, outre une Erposilion des sept Psaumes, une Méthode pour la Confession et pour oblenir une bonne mort, ct une Histoire Erclésiastique, dont il n'est pas

sûr qu'il soit l’auteur, François Eximenès a laissé encore un ouvrage théologico-politique, divisé en trois volumes de titres différents : El Crestia, 1483 : Regimen de princeps, 1484 ; Regiment de la cosa püblica, 1499. Cet ouvrage dénote chez l’illustre évêque l'érudition la plus vaste et renferme la plus solide doctrine ; car il tient à la fois à la philosophie morale. au droit, à la théologie et à la politique. Il comprend treize livres, dans lesquels se trouvent successivement traitées les questions les plus élevées et les plus pratiques. François Eximenès l'avait dédié au marquis de Villena.

On a attribué à François Eximenès un Traité de la Vie chrélienne, qui aurait été imprimé à Perpignan en 1502. Ce titre ne se trouve pas dans la nomenclature des ouvrages de cet auteur donnée par les meilleurs bibliographes. Le lieu et la date de l'impression sont beaucoup moins probables, malgré l'incertitude qui règne encore à ce sujet. On a, sans doute, confondu l’illustre évêque d'Elne avec Pierre Ximenez de Prexano, évêque de Badajoz et Coria. magistral de Tolède en 1499, dont les œuvres, de sujets semblables, furent imprimées à la même époque et aux mêmes lieux. On connaît, en effet, de ce dernier : Lucero de la Vida christiana, divisé en trois parties : de l’Incarnation à l’Ascension ; des Sacrements ; de la Loi ancienne et nouvelle. Ce livre castillan, imprimé à Salamanca en 1493, fut réimprimé à Burgos en 1495 ; traduit ensuite du castillan en catalan et imprimé à Barcelone en 1496.

De vieux ouvrages renfermant l'historique de l'ordre franciscain attribuent à Eximenès le titre de Bienheureur. Sa vice fut exclusivement consacrée au service de Dieu, à la conversion des âmes, à l'extension du règne de la paix autour de lui. Il s'oublia complètement lui-même et n'eut en vue que la gloire de Dieu et le salut de ses frères. soit dans ses actions de chaque jour, soit dans la composition de ses ouvrages, dont il avait commencé de pratiquer la doctrine et les maximes avant de les transmettre par écrit. Ses ouvrages ne sont que l'explication de sa vie.

TorREs-AuarT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — Puicuant, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — HŒFEn. Nouvelle biographie générale. — ToLRa DE Bonpss, L'Ordre de Saint-François d'Assise en Roussillon. — \bbé J. CApEiLE, Le

Concile de la Real, Perpignan, Comet, 1908. — COMET, Rosembach, 1896. — F. MENDEZ, Tipografia española, 1861, 2° édition.

EZOBI ou HYSSOP (Joseph ben Hannan ben Nathan), « connu sous le nom d'Ezobi, dit M. Pierre Vidal, fut un des plus agréables poètes du xur siècle. L'épithète d'Ezobi indique qu'il était originaire d'une ville désignée par le nom d'Ezob ou Hysop. que l'on croit être Orange. Il demeurait à Perpignan et flo-

rissait probablement vers 123%, vuisqu'il fut le maï-

tre d'Abraham Bedersi, né vers 1225. Au mariage de son fils Samuel, il composa une pièce de vers connue sous le nom de Qu'araih Késef (Plat d'argent) par allusion au vase dont il est question dans le Penliateuque (Nombres, vi, 13). Ce petit poème contient des règles sur la conduite que Samuel devra tenir dans la société et sur les études auxquelles il doit s’adonner. Joseph recommande à son fils de s'occuper surtout des commentaires d’Isaac El Fassi et de Maïmonide. Par moments, il peut étudier la grammaire ct la Bible, mais il doit s'abstenir complètement d'étudier la science des Grecs, laquelle ressemble aux fruits de Sodome et de Gomorrhe (allusion au passage d’Isaïe, 1, 7). Joseph engage encore son fils à étudier la poésie, afin de produire des poèmes comme ceux de son père ; il lui recommande d'avoir soin d'employer un langage élégant pour écrire en prose. Joseph avait deux frères, Eléazar Ezobi et Meschullam Ezobi, qui n’habitèrent pas Perpignan. On connaît de Samuel Ezobi, fils de Joseph, une pièce de vers qu'il adressa à son père en réponse au poème du Vase d'argent.» L'épithalame d’Ezobi se compose de deux cent soixante vers, correspondant

EZOBI

aux sicles que pesait le vase d'argent dont il est question dans l'Écriture, au livre des Vombres, chap. vu, verset 13. Très estimé par les Hébreux et par les orientalistes chrétiens, ce poème fut imprimé à Constantinople, non en 1533, comme le disent Bartoloccio et Wolf, mais en 1531, comme Rossi le démontra dans les Annales Hebrœæo Typographici. Il a été publié de nouveau à Paris (1599) avec la traduction latine par Mercier, professeur d’hébreu au Collège royal. Üne autre traduction latine du même ouvrage avait été donnée dès 1512 à Tubinguen par Reuchlin, sous le titre : Rabbi Jos. Hyssopus Perpinianensis judæorum poeta dulcissimus ex hebræa lingua in latinam traduclus. C’est cette dernière traduction que Wolf a insérée dans le tome IV de sa Bibliothèque hébraïque. Rossi possédait dans sa collection une Lettre manuscrite en vers, adressée par Ezobi à son fils Samuel. On lui attribue encore : Sepger Hameloïm ou Livre des suppléments. Edouard Drumont appelle Ezobi le « Gresset du xirr° siècle ».

TORRES-AMAT, Diccionario critico de los escrilores catalanes. — HœrEr, Nouvelle biographie générale. — P. Vinai, Les Juifs des

anciens comtés de Roussillon et de Cerdagne, Paris, Durlacher, 1888. — Edouard DrumonrT, La France juive.

Ed

FABRE (Jacques), riche marchand de draps à Perpignan, avança une forte somme d'argent au roi Jean [ d'Aragon. lors du séjour que ce monarque fit dans cette ville, en 1390. Le prince créa en sa faveur une rente de trois mille cinq cents sous sur les revenus royaux jusqu'à complet remboursement des fonds prètés.

Archives des Pyr.-Or., B. 167.

FABRE (Guillaume), bourgeois de Perpignan, jouta contre François d'Oms, dans un tournoi qui eut lieu dans la lisse du château royal de la ville, en 4397. Fabre mit hors d'état de service le cheval de son adversaire. François d’'Oms lui réclama comme dommages la somme de cinq mille florins d’or. Le roi Martin [® nomma Guillaume Fabre à l'office d'obrer de la Loge de mer de Perpignan. Guillaume Fabre faisait aussi le change et les opérations financières de la banque.

Archives des Pyr.-Or., B. 166, 192, 206.

FABRE (Jean), bourgeois de Perpignan, avait acheté le lieu de Maureillas, de Jaufre, vicomte de Rocaberti. Il épousa Françoise et eut d'elle trois filles : Françoise, qui se maria à Jean Beuda ; Marguerite, épouse du chevalier Bernard de Llupia ; la plus jeune unit ses destinées à Jean Canta. Jean Fabre fut syndic de la ville de Perpignan aux cortès célébrées à Barcelone, le 22 avril 1422.

Archives des Pyr.-Or., B. 207, 232, 239.

FABRE (Bernard), damoiseau du Volo, fut nommé, par la reine Marie, à la lieutenance de la châtellenie de Bellegarde et du bailliage du Perthus, pendant l'absence du châtelain Bernard-Guillaume dez Goëll, retenu au service d'Alphonse V, dans le royaume de Naples. Il fit exécuter des travaux au château de Bellegarde.

Archives des Pyr.-Or., B. 229, 254.

FABRE (Pierre et Jean), passèrent un contrat, le 16 janvier 1418, avec Anne de Perapertuse, dame de Peyrestortes, et les consuls de cette localité, pour

la fonte d'une cloche destinée à l’église Saint-Jean l’'Evangéliste de cette paroisse.

Archives des Pyr.-Or., G. 832. — PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs roussillonnais.

FABRE (André), peintre de Perpignan. rendit une sentence arbitrale, en 1462, constatant les malfaçons dans les décorations du retable de Baixas exécutées par Veguier, peintre de Toulouse.

Archives des Pyr.-Or., B. 725.

FABRE dit de l'Hérault (Denis), conventionnel français, né à Montpellier, tué à l’arméc des Pyrénées-Orientales, le 20 nivôse an IT (9 janvier 1794). Il était conseiller à la cour des aides de Montpellier lorsque la révolution éclata. Il en embrassa les principes avec ardeur. En septembre 1792, envoyé à la Convention par le département de l'Hérault, il s’y fit d'abord peu remarquer et siégea à la Montagne. IL fut souvent chargé de rapports sur Îles subsistances et fit prendre diverses mesures utiles relativement à leur libre circulation. Lors du procès de Louis XVI. il se prononça ainsi : « D’après le Code pénal, je vote pour la mort ». A la suite du 31 mai 1793, il fut envoyé en mission avec ses collègues Boisset, Cassanyes et Gaston à l'armée des Pyrénées, où il montra de la valeur, mais où ses empiétements sur l'autorité militaire devinrent un des principaux motifs auxquels on attribua la désorganisation de l’armée. la retraite de Dagobert, celle de Turreau et l'inaction de Doppet. leur successeur. Dans leur fougue, Fabre et Gaston. impatients de chasser l'ennemi du territoire français, contraignirent le prudent et brave général Dagobert à atlaquer le 1" vendémiaire an IF (22 septembre 1793), les espagnols dans leur camp retranché à Trouillas. Cette tentative n'aboutit qu'à une inutile effusion de sang. Fabre alors voulut tenter une marche au delà des Pyrénées pour forcer le général espagnol Ricardos à rétrograder. On lui avait persuadé que Île fort de Roses pouvait être enlevé par un coup de main. D'après sa volonté, et malgré l'avis des généraux. en brumaire (octobre), trois colonnes furent lancées au delà des Prrénécs pour se réunir à Spola. Mais trop

faibles, trop désunies, elles ne purent se joindre, furent battues et rejetées en France avec une perte considérable. Peu après, Fabre annonçait à la Convention un succès sur les espagnols et la reprise des villes de Thuir et Sainte-Colombe ; mais attaqué le 30 frimaire (20 décembre) par le général La Cuesta sur les hauteurs qui couvrent les places maritimes du Roussillon, Fabre fut entraîné dans la déroute de l’armée française, et périt près de Port-Vendres, en défendant une batterie. Sur la proposition de Robespierre, la Convention. dans sa séance du 23 nivôse an IT (12 janvier 1794), decerna à Fabre les honneurs du Panthéon. En 1797, une pension fut accordée à sa veuve. C'était, selon ses contemporains, un homme enthousiaste et de bonne foi, doué de talents médiocres, qui n'avait que peu d'instruction, mais qui ne manquait pas de courage.

Monileur untrersel, année 1792, n° 293, 306, 309, 322, 340 : an IT (130), n° 278, 18, 08, 99: (1798), 118, 115. 199: an V, 96. — Petite Biographie Convenlionnelle. — Biographie moderne (1402). — Galerie historique des Contemporains (ANIS). — ARNAULT, Joux, elec. Biographie nouvelle des Contemporains. — Tiers, Histoire

de la Révolution française, liv. XIX. — P. Vipar, Histoire de la [2 . + . [4 ’ - .

Revolulion francaise dans les Pyrenees-Orientales.

FABRE (Joseph), naquit au hameau de Sahorle, près de Vinça, le 13 janvier 1741. Il se destina d'abord à la carrière ecclésiastique. puis abandonna la théologie pour suivre les cours de la médecine. Reçu docteur, Joseph Fabre s'établit à Vinça, et y exerça sa profession. Il abandonna ses droits de chef de maison, moyennant une rente viagère que lui servit sa sœur ; celle-ci s'étant mariée au sieur Paret, vint se fixer à Sahorle. Joseph Fabre, épousa Thérèse Monyer. d'fle-sur-Tet, puis fut nommé maire de Vinça. Îl réussit, par sa prudente intervention, à empêcher, en 1790, des troubles fomentés par la société Les Amis de la pair ct devint ensuite juse de paix dans la commune qu'il avait administrée. Le 3 seplembre 1792, Joseph Fabre fut élu, le second sur cinq, par 43 voix sur 158 votants, membre de la Convention pour le département des Pyrénées- Orientales. Il partit de Vinça pour Paris, monté sur un äne, et ecxécuta son voyage à la capitale dans l'espace d'un mois. À la Convention, Joseph Fabre passa inaperçu. Absent pour cause de maladie au moment du vote sur le jugement de Louis XVL il siéga obscurément à la Montagne. Les tables du Monileur universel ne mentionnent mème pas son nom. En 1744, les armées espagnoles, de passage à Vinça, incendierent sa maison. Joseph Fabre mourut à Vinça, le 29 janvier 1819. M. l'abbé J. Paret. curé de Rigarda, arrière-petlit-neveu de Joseph Fabre. conserve la médaille de député à la Convention que celui-ci rapporta de Paris et légua précieusement à Sa famille. M. Laurent Durand, numismate à Per-

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