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FERRIER

Suisse, la Savoie, Lyon, Gênes, le nord et le centre de la France, la Navarre. Il se trouvait dans les pays basques, lorsque se fit l’ouverture du concile de la Réal, à Perpignan, le 15 novembre 1408. Personnellement invité par Benoît XIII à prendre part aux délibérations de ces assises ecclésiastiques, il se rendit sans retard à Perpignan, en longeant à grandes marches la chaîne des Pyrénées. Vincent Ferrier fut l'âme de ce concile. Il prononça plusieurs discours en latin, lors des premières réunions de cette assemblée, pesa sur l’esprit des Pères et entraîna Ia majorité vers la voie de la cession. Il quitta Perpignan avant la fin du mois de novembre: l'envoi de son propre frère Boniface au concile de Pise indique assez clairement l'orientation de son opinion. Le fond intime de sa pensée consistait à défendre en théorie la légitimité de Benoît XIII ; en pratique, il jugeait indispensable la démission de Pierre de Luna, comme nécessaire au bien général de la chrétienté. Durant son court séjour à Perpignan, le saint eut occasion de manifester le don miraculeux qu'il avait delire dansles consciences.A côté de Benoît XIIT, au concile, siégeait un ermite vénérable. Vincent le reconnut pour un de ceux qui, en Lombardie, vrais diables déguisés, répandaient contre lui toutes sortes de mauvais bruits. Il le lui fit comprendre au sortir d’une séance. Se voyant découvert, le diable lui dit : « Tais-toi, traître ; je pars d'ici, puisqu'il le faut. mais tu auras bientôt de mes nouvelles. » On apprit le lendemain que l'abbé d'une abbaye voisine (celle de Montserrat) était mort d’un mal subit et inexplicable.

Vincent Ferrier fut rappelé en Espagne par le roi Martin d'Aragon, au mois de janvier 1409. Lors de son passage à Elne, il fut pris comme arbitre pour trancher un différend élevé entre la ville et les particulicrs au sujet d’un impôt qu'on devait payer à Benoît XIII. Le saint décida contre la ville. A Collioure, Vincent Ferrier devina et reçut à la profession religieuse, le bienheureux Pierre Cerda. Il parcourut l'Espagne, préchant et convertlissant Îles foules. La mort, le péché, l'enfer et le jugement dernier étaient ses sujets habituels. Sa voix, dominant l'auditoire, remuait profondément les àmes et inspirait la terreur. La confiance qu'il inspirait était universelle. Les peuples, les prélats, les souverains recoururent plusieurs fois à ses conseils. En 1412, il fut délégué par les états de Valence pour concourir à l'élection d’un successeur à la couronne d'Aragon. Son choix tomba sur Ferdinand de Castille, et il parvint à le faire agréer. Benoît XIIT. qui après le Concile de la Réal avait choisi Tortose pour sa résidence habituelle, appela Vincent Ferrier auprès de sa personne, au début de l’année 1414. Ce pontife désirait amener à la foi chrétienne les juifs établis

en Espagne. Les conférences que le saint donna à Tortose, sous la présidence de Pierre de Luna, eurent pour résultat la conversion au catholicisme de cent vingt familles juives. Le nouveau roi d'Aragon, Ferdinand [°”, s'efforçait d'arriver à la pacification de l'Eglise. Après avoir tenu les cortès à Saragosse, il s'était rendu à Morella, sa résidence d'été. Il fit prier affectueusement Pierre de Luna de venir passer près de lui la belle saison. Benoît XIII se rendit à une si aimable invitation. Le roi, secondé par saint Vincent Ferrier, travailla durant cinquante jours à obtenir la démission de l’ancien pape d'Avignon, mais rien ne put fléchir son indomptable obstination. L’'empereur d'Allemagne, Sigismond, pensant avec raison que l'entrevue de Pierre de Luna et du roi d'Aragon était le nœud de l'affaire du schisme d'Occident, proposa une rencontre pour le mois de juin 1415. Il avait d'abord été décidé qu'elle s’effectuerait à Nice, mais Ferdinand étant tombé malade, il fut convenu que Perpignan serait le théâtre des conférences projetées. Perpignan vit, alors, une des plus imposantes assemblées que mentionne l’histoire. Durant deux mois, les trois cours du pape, de l’empereur d’Allemagne et du roi d'Aragon déployèrent leurs magnificences dans les salles du château et les rues de la ville. C'est à la présence simultanée dans Perpignan de Benoît XIII, de Sigismond et de Ferdinand [° que fait allusion ce passage des goigs de Notre-Dame de la Réal :

Han visitat vostre temple Papa, Rey. Emperador.

Du 20 septembre au 5 novembre 1415, Sigismond multiplia vainement ses entrevues avec Benoît XIII. Pierre de Luna demeurant inflexible, l'empereur le quitta brusquement, le 5 novembre, en proie à une sourde colère, sans daigner prendre congé de lui. Saint Vincent Ferricer intervint aussi auprès du Pontife et fit parler la voix du devoir. Benoît XIII n'écouta pas davantage les conseils du saint qui avait dirigé sa conscience. Il comprit toutefois que sa cause était perdue : il s'apprêta à gagner Collioure où stationnaient ses galères. Le roi d'Aragon adressa une suprême mais respectueuse sommation à Pierre de Luna, le 21 novembre. Celui-ci, loin d'y obtempérer, se contenta de proférer cette phrase en mettant le pied sur son embarcation prête à lever l'ancre : Dites à votre roi de ma part: « Me qui te feci misisti in deserlum! Moi qui l'ai fait ce que tu es, tu me jettes au désert. » L'obstiné vicillard quitta Collioure pour s'enfermer jusqu’à sa mort dans la forteresse de Peniscola, où il arriva le 1” décembre. L'heure d'agir était venue. Ferdinand d'Aragon convoqua une assemblée d'évêques et de docteurs auxquels se joignirentles ambassadeurs de Castille et de Navarre. ainsi que ceux des comtés d'Armagnac et de Foix,

c'est-à-dire toute l’obédience avignonaise. IL fut décidé que Benoît pouvant rendre la paix à l'Eglise et se refusant à la lui procurer, on était en droit de se soustraire à son autorité. Quant au vrai pape, on reconnaîtrait celui que le concile général de Constance allait élire. Le 6 janvier 1416, saint Vincent Ferrier lut, dans la chapelle même du château royal de Perpignan où Benoît XIII avait célébré pontificalement quelques années auparavant, l’acte de renonciation à son obédience. Ce document était signé des rois de Castille, d'Aragon et de Navarre. En 1417, Jean V, duc de Bretagne, appela saint Vincent Ferrier dans ses Etats. À la nouvelle de son approche, le duc et toute sa maison se portèrent au devant de lui et l’amentrent à Vannes en triomphe. Vincent Ferrier mourut dans cette ville le 5 avril 1419. Il y fut inhumé dans une chapelle élevée derrière le chœur de la cathédrale. Calixte IIT le canonisa le 29 juin 1455; cependant la bulle de sa canonisation ne fut publiée que le 1°” octobre 1458. Les œuvres complètes de saint Vincent Ferrier furent publiées à Valence en 1591, et plusieurs de ses manuscrits sont conservés dans la bibliothèque Vaticane.

P. FAGEs, Histoire de saint Vincent Ferrier, Paris, Maison de

la Bonne Presse, sans date. — Abbé J. CaPeiLe, Le Concile de la Réal.

FERRIOL (Barthélemy), notaire et commis au greffe du Conseil souverain du Roussillon, reçut de Louis XIV des lettres datées du 21 novembre 1683 qui lui donnaient la charge d’archiviste du Domaine ‘avec la mission spéciale de continuer l’'Inventaire général des titres, chartes ou documents que possédait l’ancienne Procuration royale. Barthélemy Ferriol reprit l’œuvre de Guillaume Domenech et de Michel Rodo. A son tour, il eut pour continuateur Joseph Bosch.

Archives des Pyr.-Or., B. 401.

FERRIOL (Sébastien), archidiacre du Vallespir, succéda en 1688 à Jérôme Pérarnau ct remplit cette charge jusqu'en 1712.

Archives des Pyr-Or., G. 508, 729, 805.

FERVEL (J. Napoléon), officier de génie en garnison dans l'Algérie, publia en 1851 : Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées-Orientales el description lopographique de celle moilié de la chaine pyrénéenne, 1793-1794-1795, Paris, Pillel, fils ainé. 2 vol. in-8”. Une seconde édition de cet ouvrage, augmentée d’un atlas de quinze planches, parut chez J. Dumaine, en 1861. L'auteur avait alors le grade de colonel de génie. On connaît encore de lui : La der-nière année du général Dagobert, Perpignan, imprimerie de l’{ndépendant, 1873, in-12 de 45 pages.

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