GUILLAUME
tribus degenlibus cœnobii almi Martini, est incontestablement celle des moines de Saint-Michel de Cuxa. L'éloge de l'abbé Oliba, mort en 1046, et du comte Guifre, son frère, en est le principal objet. Oliba, d’ailleurs, n’a pu être le prédécesseur de Miron : Sclua, élu en 1014, gouverna le monastère durant trente ans: Renard [", son successeur, n'a pas la durée de son abbatiat indiquée : Guillaume occupa le siège abbatial durant cinq ans. Oliba n'aurait donc pu devenir abbé de Canigou qu'en 1049 ; or, il mourut le 30 octobre 1046.
Baszuze. Miscellanea, t. 1V. — Gallia chrisliana, t. VI, col. 1110. — Léopold Deusre, Rouleau des morts du ix° au xv' siècles.
GUILLAUME Il, élu abbé de Saint-Martin du Canigou, le 10 février 1291, mourut le 19 octobre 1299. En 1296, ce prélat ayant donné un festin splendide au roi de Majorque. Jacques [”., qui était venu le visiter, reconnut ensuite que la dépense qu'il avait faite était très considérable. Il voulut faire supporter une partie des frais à la population de Vernet dont il était le seigneur. Sur le refus que celle-ci fit d'y concourir, l'abbé Guillaume ordonna à son bailli de saisir divers immeubles des habitants de ce village. Le 2 décembre 1296, la communauté de Vernet fit présenter à l'abbé Guillaume, par ses procureurs, une requête tendant à obtenir que toutes ces saisies fussent relaxées. Elle déclarait que si le festin avait été contraint et forcé, la communauté des habitants ne refuserait pas de supporter une partie de la dépense ; mais que. puisqu'il avait été offert volontairement par l'abbé au roi, qui l'avait accepté pour faire honneur au monastère, les habitants ne devaient contribuer en rien aux frais qu'il avait occasionnés. Ils menacèrent de s'adresser à qui de droit pour obtenir justice, si les saisies n'étaient pas restituées. Les deux cents sous que réclamait l'abbé Guillaume ne lui furent pas payés.
Henry, Histoire de Roussillon.
GU'ILLAUME IV, abbé de Saint-Martin du Canigou (9 avril 4391 — 20 août 1396).
GUILLAUME |, était abbé de Saint-Génis-des- Fontaines en 1020. C'est ce prélat qui fit élever les premières constructions monacales en l'honneur de de saint Génis, ainsi qu’en témoigne l'inscription suivante qu'on peut lire encore sur le linteau de l'église paroissiale : ; Anno videsimo (sic) quarto recnnanle (sic) Rotberto rege Milielmus gralia Dei aba (sic). Isla opera fieri jussil in onore (sic) sanclt Genesti cenobiique (sic) vocant F'onlanas.
Gallia christiana, VA, col. 1405. — DE Box\Eroy, Épigraphie roussillonnaise.
GUILLAUME 11, abbé de Saint-Génis-des-Fontaines (1283-1305).
Gallia christiana, VI, col. 1105.
GUILLAUME lil, était abbé de Saint-Génis-des- Fontaines en 1412 et en 1416.
Gallia christiana, VI, col. 1107.
GUILLAUME-JORDAN, naquit de Guillaume- Raymond, comte de Cerdagne, et de la comtesse Adélaïde, fille de Pierre-Raymond, comte de Carcassonne. Îl succéda à son père en 1095. Ce seigneur fut un de ceux qui firent le plus d'efforts pour rétablir Bernard, son parent, dans le comté de Toulouse, que Guillaume IX, duc d'Aquitaine, avait envahi pendant l'absence de Raymond de Saint- Gilles qui était à la croisade. L'an 1101, il partit pour aller rejoindre ce dernier seigneur à la Terre-Sainte, où il combattit sous ses drapeaux. Raymond étant mort le 28 février 1105, le comte de Cerdagne lui succéda, en vertu de son testament, dans toutes ses possessions d'Orient. Il continua Île siège ou blocus de Tripoli commencé par Raymond, ce qui ne l’empêcha pas d'entreprendre d’autres expéditions, soit pour conserver les places dont Raymond lui avait confié la garde, en mourant, soit pour étendre ses conquètes. Après un siège de trois semaines, il se rendit maître de l'importante place d’Archon que Godefroy de Bouillon et Raymond de Saint-Gilles avaient inutilement attaquée. De là il étendit ses conquêtes jusqu'à Damas. Bertrand, son cousin, fils du comte Raymond, se rendit en Palestine, à la tête d’une armée et réclama la succession de son père. Guillaume refusa de lui reconnaître des domaines qu'il possédait à bon droit et qu'il avait défendus pendant quatre ans au péril de sa vie et à grands frais. Prévoyant toutefois que le comte de Toulouse ne renoncerait pas aisément à ses prétentions. il s’allia avec Tancrède, neveu du prince d’Antioche, pour se mettre en état de défense. Bertrand, de son côté. s’allia avec Baudoiu, roi de Jérusalem. Mais au moment où la guerre allait éclater entre les deux partis, il se fit un rapprochement. Une réconciliation opérée par l'entremise du roi assura au comte de Cerdagne la forteresse d'Archon, avec Tortose et les autres conquêtes qu'il avait faites. Guillaume continua de prendre part au siège de Tripoli, qui se rendit en 1209. Peu de jours après cet événement, le comte Guillaume-Jordan fut tué d’un coup de flèche par un de ses écuyers avec lequel il avait pris querelle. En 1097, Guillaume-Jordan. comte de Cerdagne, fonda, dans l'église de Corneilla-de-Conflent, un prieuré de chanoines réguliers, de l’ordre de Saint-Augustin.
Archives des Pyr.-Or., B. 177. — Annuaire de 1844. — DE GazaxaoL«, Histoire de Roussillon.
QGUILLAUME-RAYMOND succéda à son père Raymond au comté de Cerdagne, en 1068. IL était déjà marié, l’année précédente, avec Adélaïde, fille du comte de Carcassonne, puisque le 27 décembre 1067, il avait vendu au comte de Barcelone les droits de sa femme sur le Carcassès et le Rasès pour quatre mille mancuses d’or de Barcelone. Ses gens ayant employé la violence, en 1075, pour chasser le comte de Roussillon de l'église de Saint-Michel de Cuxa, qui dépendait de son comté, il se soumit à la pénitence canonique imposée par Raymond, évêque d'Elne. pour expier ce sacrilège, commis par son ordre. Quelques années après, il fonda Villefranche. en Conflent. D'après les termes de la charte, cette fondation doit être postérieure au 10 mai 1085; elle eut lieu le jour même de la nomination d’Artal IT à l'évêché d’'Elne. Ce comte mourut à la fin de 1093. Par son testament du 7 octobre de cette année-là, il institua pour son héritier universel, son fils aîné, Guillaume-Jordan, ne laissant au puiné, Bernard- Guillaume, que le comté de Berga, pour le tenir sous la dépendance féodale de son aîné. Sa femme lui survivait encore en 1102.
Archives des Pyr.-Or., B. 177. — DE GazanyoLa, Histoire de Roussillon.
QGUIMERA, était abbé de Notre-Dame d’Arles en 943.
Gallia chrisliana, VE, col. 1085.
GUIMERA, était abbé de Saint-Génis-des-Fontaines en 990.
Gallia christiana, VA, col. 1105.
GUIRAU (Jean), marchand de Perpignan. fit donation, le 22 décembre 1344, à l'église Saint-Jean de Perpignan, d'un reliquaire en argent. Cette châsse renfermait, outre des statuettes en argent, une dent de l’apôtre saint Pierre.
PuiGxac, Rubriques, \.
GUIRAUD DE SAINT-MARSAL (Le baron Raymond-Marc-Antoine) naquit à Limoux, le
20 janvier 1780. Après avoir fait de brillantes études. |
d'abord au collège des Doctrinaires de sa ville natale, et puis à celui de Sorèze, il fut reçu. en 1798, à l'Ecole polytechnique, d’où il sortit deux ans après pour entrer dans celle du Génie. Dès 1802, il débuta à la campagne du Hanovre, fit successivement toutes celles de l'Empire, y comprises celles de Fleurus et de Waterloo, et c’est sur les champs de bataille qu'il conquit à peu près tous ses grades. Licutenant du énie en 1802, capitaine en 1805, chef de bataillon de la garde en 1811, le baron Guiraud fut nommé le 26 mars 1816, lieutenant-colonel du génie, directeur
GUILLAUME — GUISLABERT
des fortifications à Perpignan, où il continua son service actif jusqu'au jour où il prit sa retraite, après avoir été promu en 1824, au grade de colonel dans la même arme. Décoré de l’ordre de la Légion d'honneur en 1807, il reçut le titre d'officier en 1812, après la bataille de la Moscowa où il fut grièvement blessé à la tête. Il joignit, Le 12 octobre 1814, au titre d'officicr de la Légion d'honneur celui de chevalier de Saint-Louis. Par lettres-patentes du 29 mai 1825, le roi de France lui conféra le titre de baron, avec adjonction du nom de Saint-Marsal qui était celui de la famille de sa femme, Angélique Delpas de Camporells de Saint-Marsal, vicomtesse de Tréville, fille d'Ange Delpas. Le 12 mars 1829, le roi d'Espagne le nomma chevalier de l’ordre de Saint-Ferdinand. Enfin, le 30 avril 1833, le baron Guiraud fut élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur.
Guiraud de Saint-Marsal se retira du service en 4840. À partir de ce moment s'ouvrit devant lui une seconde carrière. La vie civile d’un officier de ce mérite devait être digne de sa brillante vie militaire. Le 14 février 1841, il fut nommé maire de Perpignan. Ces fonctions, aussi bien que celles de président de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales révélèrent bientôt, par les nombreux discours qu'il eût à prononcer, dans une foule de circonstances diverses, tout ce qu'il y avait dans son esprit ardent de talent littéraire et oratoire. Ayant cessé, en septembre 1846,. d'être à la tête de l'administration de la Ville, il n’en continua pas moins d'être porté par le suffrage unanime de ses concitoyens au Conseil municipal, où il siégea jusqu'à ses derniers jours. Plusieurs administrations el
établissements. tels que les hospices, le collège, la
ferme-école, avaient utilisé à leur profit la haute capacité de M. Guiraud de Saint-Marsal ; les uns et les autres recevaient à la fois le tribut de son zèle et de ses lumières. Il mourut le 2 août 1857.
L'année même de sa mort. le baron Guiraud de Saint-Marsal mit au jour l'Jisloire de Roussillon. composée par son oncle Jean de Gazanyola. Il ajouta à cette œuvre excellente quelques nouveaux documents historiques qui témoignent d'une compétence et d’une critique sûres en matière d'histoire de la province.
Notice biographique insérée en tèle de lisloire de Roussillon par J. de Gazanyola.
GUISLABERT 1! ou GUILLABERT ÏI, comte de Roussillon, est mentionné dans une charte du 3 novembre 1007. De concert avec son frère Hugues d'Empories, il donna au monastère de Saint-Pierre de Rhodes quelques terres situées dans les comtés de Pierrelatte ct d'Empories, provenant de la succession de leur père. Guislabert mourut en 1014. On ne con-
GUISLABERT — GUITARD 264
naît pas le nom de sa femme. Il en eut au moins deux fils : Gausfred, qui lui succéda, et Suniaire. On les voit figurer dans une vente faite, de concert avec leur oncle Hugues, en 1029, à l’abbaye de Saint- Pierre de Rhodes, d'un vaste terrain inculte qui s’étendait des terres du monastère jusqu'au cap de Creus. Il est possible que Suniaire soit l’évêque d'Elne de ce nom qui occupait le siège épiscopal en
DE GazaNyoLA, Hisloire de Roussillon.
QGUISLABERT Il ou QUILLABERT II, comte de Roussillon, régnait déjà en 1075, puisqu'il fut chassé, cette année, de l’église de Saint-Michel de Cuxa par les soldats du comte de Cerdagne. On ignore s’il obtint réparation de cette insulte. Il termina. en 1085, les différends qu'il avait avec Hugues IT, comte d'Empories. Dans l’accord conclu entre ceux le 29 mai, Hugues s'’engagea à assurer ses droits sur les comtés d'Empories et de Pierrelatte, à employer la voie de la justice, et, au besoin, celui des armes. pour châtier ceux qui voudraient lui faire tort. On convint qu'ils s'appelleraient réciproquement aux plaids tenus dans leurs terres, qu'ils partageraient les compositions et lesamendes lorsqu'ils seraient lous les deux présents, et qu'en l’absence de l'un des deux, les bénéfices seraient pour l’autre. Il y fut convenu encore que lorsque Guislabert se rendrait à Empories, il y jouirait des mêmes droits et prérogatives, dont jouissait Hugues. Le goût des pèlerinages lointains, si commun dans ce siècle, s'était aussi introduit en Roussillon. On prétend que, dès l'an 1027. Bérenger, évêque d’Elne, avait fait celui de Jérusalem, et que peu d'années après le comte Gausfred fit celui de Saint-Jacques. En 1096, Gérard, fils aîné du comte Guislabert, partit, suivi de plusieurs vassaux de son père, entr’autres de Guillaume de Canet. et se joignit à l’armée des croisés qui, sous la conduite de Raymond de Saint-Gilles. marcha à travers les Alpes, la Lombardie, le Frioul et la Dalmatie pour se réunir à ceux qui les avaient précédés à Constantinople ct aller à la conquête de la Terre-Sainte. Gérard était l'un des sept principaux chefs de cette moitié de l’armée du comte de Toulouse qui partit la première et qui, avec une autre armée de croisés, arriva devant Nicée, le 6 mai 1097. Après avoir contribué à la prise de cette ville. à celle d'Antioche et à toutes les victoires remportées par les chrétiens, il fut, dans la bataille livrée sous les murs de cette dernière ville, l’un des chefs du onzième corps de l’armée chrétienne, composé de la cavalerie des provinces méridionales de la France. Les croisés ayant ensuite marché sur Jérusalem, Gérard, au siège de cette ville, faisait partie de l'attaque commandée par Godefroy de Bouillon, et
pénétra. l’un des premiers, dans la place. Il était de retour en Roussillon au mois de septembre 1100. Arnald Willelini, de Salses, avait légué à l’église d'Elne, le tiers du lieu de Saint-Génis de Tanyères. Le comte Guislabert contesta la validité de cette donation. On discuta cette affaire dans une réunion de nobles, de juges et de personnes d’un rang inférieur qui eut lieu à Elne. Comme on ne décidait rien. le comte ordonna à Raymond Willelmi, juge des comtés de Roussillon, d'Empories et de Peralada. de prononcer le jugement. Celui-ci débouta le comte qui, furieux. se jeta, avec son fils Gérard, sur les possessions de l’évêque, abattant les maisons, coupant les armes, maltraitant les habitants : maïs ces princes ramenés par les conseils et les reproches de leurs amis et des gens de bien, consentirent, dans un accord fait le 25 septembre 1100, à ratifier la donation d'Arnald de Salses, moyennant sept cents sols que leur compta l’évêque. Quoique disposés à soutenir par les moyens les plus violents leurs prétentions contre l'Eglise d'Élne. ces comtes se montrèrent généreux envers celle de Saint-Jean de Perpignan. Guislabert lui donna. le 1% septembre 1102, de concert avec sa femme Stéphanie et son fils Gérard, la dime de toute la paroisse et quelques autres objets afin que les ceclésiastiques qui la desservaient pussent vivre en communauté. La charte relative à ce don est la dernière où il soit fait mention de Guislabert, ce qui fait présumer qu’il mourut peu de temps après.
DE GaAzANY OLA, op. cil.
GUITARD (Arnaud), commandeur du Mas-Deu, acquit. en 1370, les droits justiciers et scigneuriaux possédés à Saint-Hippolyte par les dumoiseaux Raymond de Montlaur et Guillaume dez Castell. L'infant Jean d'Aragon lui vendit, plus tard. des rentes sur les leudes de Perpignan. Arnaud Guitard eut une fille, nommée Richsende qui épousa Bernard Garrius, pareur de Perpignan. En mourant, celle-ci laissa le bailliage du Mas-Deu à son cousin Arnaud Guitard. Ce dernier aliéna cet héritage en faveur d’Arnald d’'Oms. pour le prix de trois cent dix livres.
Archives des Pyr.-Or.. B. 133, 147, 273.
GUITARD (Jean), né à Vallcèbre (Espagne) Île 16 mars 1815, fit ses études ceclésiastiques au collège diocésain de Solsone et à l’Université de Vich. Il venait de terminer ses cours de philosophie, lorsque la guerre civile éclata en Espagne. Incorporé dans un régiment de chrislinos, en 1833. il déserta les rangs des troupes d'Isabelle pour servir la cause de don Carlos. Signalé au maréchal comte d'Espignac, comme un excellent soldat, Jean Guitard entra dans l'Académie militaire de Ripoll, d’où il ne tarda pas
La
262 GUITER
à sortir sous-lieutenant. Une année ne s'était pas encore écoulée que. par des services exceptionnels, Jean Guitard s'élevait de grade en grade et méritait l'affection particulière du maréchal d'Espignac qui l’attacha à son état-major. Promu capitaine à vingtquatre ans. Jean Guitard justifia bientôt les espérances qu'on fondait sur lui.
Un jour, l'ennemi fut aperçu aux environs de Ripoll se dirigeant sur un plateau, point stratégique de premier ordre. au-dessus de la petite vallée de Campdenaval : mais il avait à franchir la rivière de la Riera située près du hameau de ce nom. Il s’agissait donc de l'arrêter à ce passage et de le refouler dans la plaine de Ribes. Le jeune capitaine à qui incombait cette périlleuse tâche, n'hésita pas un instant. Il réunit son bataillon, franchit avec sa petite troupe le cours d'eau qu’il avait à défendre, et s’élança impétueusement sur l'ennemi. Celui-ci était trois fois, au moins. supérieur en nombre, mais il fut pris de panique devant cet audacieux coup de main, et la victoire resta aux carlistes. Le héros de cette journée paya son glorieux exploit en arrosant de son sang le champ de bataille. Porté à l’ambulance, il y reçut un pli par lequel le prétendant. pour récompenser le vaillant soldat de sa victoire. lui octroyait, avec les galons de commandant et la croix de Charles III, le titre de Comte de la Riera. Après la convention de Vergara qui mit fin à la guerre civile, Jean Guitard abandonna le service militaire pour suivre les inclinations de sa vocation. A cet effet, il se rendit à Rome, en 1840. Un vieux docteur du rand-séminaire de Vich lui enseigna la théologie, et après avoir successivement reçu les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat, Jean Guitard reçut la consécration sacerdotale. le 18 septembre 1841, dans la basilique de Saint-Jean de Latran. Son désir était d'embrasser la vie religieuse et de se faire affilier à la Compagnie de Jésus. Ne pouvant se rendre en Espagne, d'où les Jésuites étaient expulsés, Jean Guitard arriva à Perpignan, demeura quelque temps au sein de la famille de La Boissière, puis alla à Nivelles (Belgique) pour y faire son noviciat. Le climat des Pays-Bas fut nuisible à sa santé. Jean Guitard dut retourner à Perpignan. C'est dans ces conjonctures, qu'il fit un jour la rencontre d'un de ses illustres compatriotes, Mgr Claret, archevêque de Santiago, fondateur de la société des prêtres-missionnaires connue sous le vocable de Congrégalion du Saint-Cœur de Marie. Jean Guitard accompagna le saint prélat à Cuba. L'archevêque de Santiago avant dû abandonner l'île, Jean Guitard le suivit dans sa retraite. et, pour la troisième fois, vint se fixer à Perpignan qu'il ne quitta jamais plus. L'évèque d'Elne, de Saunhac-Belcastel. lui fit l'accueil le plus paternel et lui conserva sa liberté, afin qu'il put, en
toute facilité de zèle, établir des œuvres pies dans le diocèse. Jean Guitard consacra toutes les ressources de son intelligence et de son zèle à l’organisation et au bon fonctionnement de l’œuvre bien connue de l'Archiconfrérie de la Cour de Marie. Il s'était mis en relation directe avec Raymond Léal. le premier fondateur de cette importante association qui comptait déjà dans son sein les personnages les plus illustres de l'aristocratie espagnole.
Sous l’intelligente et vigoureuse impulsion qu'il donna à ses débuts. la nouvelle association s'étendit dans les paroisses de la ville de Perpignan. Elle gagna la campagne et envahit en peu de temps toute la France, dont elle franchit les limites. Le 2 décembre 1850, Jean de Saunhac-Belcastel approuva cette œuvre et y attacha une indulgence de 40 jours. Gerbet, qui la prit en particulière estime, voulut, le 7 décembre 1860, l’enrichir de toutes les indulgences qu'un évêque pouvait lui accorder. Le 20 novembre 1862, il publia une ordonnance établissant canoniquement l’Archiconfrérie de la Cour de Marie dans l’église paroissiale Saint-Jacques de Perpignan. Honorée et agrandie par ses encourageantes faveurs, l’'Archiconfrérie atteignait en France, vers 1890. le chiffre de 355.650 associés. Léon XIIT savait depuis longtemps tout le bien opéré dans les âmes par la Cour de Marie. Il connaissait les travaux et les vertus de son directeur général ; aussi voulut-il dignement le récompenser et jeter sur l’Archiconfrérie une auréole de gloire. Le Pape nomma l'abbé Guitard, camérier d'honneur de sa maison. Cette dignité fut conférée au directeur général par lettres-patentes, en date du 2 juin 1883. Vers la même époque, la reine d'Espagne honora Jean Guitard du titre de chevalier des Hospitaliers d'Espagne et le décora de l'ordre de la Croix Rouge. Des récompenses venant de si haut jetèrent leurs reflets sur le petit périodique, l'Etoile du Malin, organe de l'Archiconfrérie de la Cour de Marie. Toute petite et toute humble que fut cette publication, elle put recueillir la somme de 80.000 francs en faveur des Saints-Lieux.
Le patriarche de Jérusalem. Vincent Bracco, grand-maîitre de l'Ordre du Saint-Sépulcre. touché d'une telle générosité, récompensa celui qui en était le promoteur et le nomma chevalier du Saint-Sépulcre, en date du 16 avril 1888. Jean Guitard qui consacra son existence sacerdotale à la direction de l'œuvre de la Cour de Marie, mourut à Perpignan, le 8 novembre 1904.
Abbé J. BorazLo. Vie de Mgr Jean Guilard, directeur général de la Cour de Marie.
GUITER (Jean), était châtelain de Rodès en 1393.
Archives des Pyr.-Or., B. 151.
GUITER
GUITER (Joseph), fondeur de Perpignan, était, en 1692, trésorier de la confrérie des maréchauxferrants établie dans cette ville. En 1704, il fondit la plus petite cloche de l’ermitage de Font-Romeu. En 1721, Joseph Guiter refondit deux cloches de l’église d’Elne et, en 1732, celle de la petite chapelle rurale de Notre-Dame del Roure, près Taillet.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
GUITER (Joseph-Antoine-Sébastien) naquit à Torreilles. le 24 février 1761. Il fut le septième enfant vivant d'une famille de situation très modeste. Envoyé à Perpignan dès l'âge de dix ans, il fit ses humanités au Collège royal, d'où il passa à l'Université, pour se préparer à l’état ecclésiastique. Joseph Guiter reçu docteur en théologie, fut ordonné prêtre et pourvu d’un bénéfice à la collégiale de Saint-Jean, à Perpignan. La Révolution de 1789 vint changer ses destinées et s'emparer de lui. Il adhéra un des premiers au schisme, en prêtant le serment à la Constitution civile du clergé. Il rompit sans retard avec toute fonction ecclésiastique et fut nommé maire de Perpignan le 28 décembre 1790. Joseph Guiter exerça à deux reprises cette magistrature. Le 3 septembre 1792, il fut élu membre de la Convention nationale par le département des Pyrénées-Orientales, le premier sur six députés, avec 127 voix sur 158 votants. La santé de Guiter était alors sérieusement atteinte. Lorsqu'il allait à Paris, pour occuper son siège de député, il tomba malade et fut obligé de s'arrêter en route. Ce fut vers le milieu d'octobre seulement qu’il arriva dans la capitale où tout était alors, au sein de la Convention et au dehors, dans une extrême agitation. Guiter avait correspondu avec Petion et ce fut le premier ami avec lequel il s'entretint de l’objet de toutes les conversations de cette époque, l’inviolabililé du Roi. « Votre inviolabilité, lui dit Petion, n'est qu’un mot, et vous avez la faiblesse de vous y arrêter ! — J'aurais désiré, lui répliqua Guiter, trouver en vous le courage de la défendre ! » Et ils se séparèrent. Guiter apprit par cette conversation que sa nouvelle position était encore plus difficile que la première. et il eut bientôt à lutter avec la minorité de la Convention contre les violences d’une faction qui avait résolu de sacrifier à sa vengeance, ou plutôt à ses projets, tousles principes de la Conslitution sur l'inviolabilité de la personne du roi. Membre de la droite de l’Assemblée, il lutta contre les opinions de la Montagne, soutint que Louis XVI ne pouvait être mis en jugement ; puis, au cours du procès, s’exprima ainsi, lors du troisième appel nominal : « Mon opinion est connue. Je sais ce que c'est que varier. Je demande la reclusion pendant la guerre ct le bannissement ensuite ». Lorsque les vingt-deux députés dénonceés par la
Commune de Paris eurent été frappés d'un décret d'arrestation, le 2 juin, il protesta, et le 5 juin, publia un compte-rendu à ses commettants, dans lequel il affirmait son « modérantisme ». Bientôt décrété luimême d'arrestation, et incarcéré avec ses soixantedouze collègues, il ne recouvra la liberté qu'après le Nthermidor.Josephb Guiter futrappelé à la Convention le 18 frimaire an [IT et prit part à ses dernierstravaux. Elu, le 21 vendémiaire an IV, député des Prrénées- Orientales au Conseil des Cing-Cents. par 48 voix sur 103 votants, Guiter se fit peu remarquer dans cette assemblée. Il approuva le coup d'Etat de brumaire. et le Sénat conservateur l’inscrivit (4 nivôse an VITT) comme député du même département, sur la liste des membres du nouveau Corps législatif, où il siégea jusqu'en l'an XI. En 1805, Joseph Guiter devint commissaire impérial des vivres au camp de Bruges, sous les ordres de François Chambon. Le 15 mai 1815, l'arrondissement de Perpignan l'élut représentant à la Chambre des Cent-Jours par 39 voix sur 66 votants. Après cette dernière législature, Joseph Guiter vécut à l'écart des affaires publiques. Il mourut à Paris, le 1” juillet 1829.
P. Vipar, Hisloire de la Révolution francaise dans les Pyrénées- Orientales. — Abbé ToRRrEILLes, Histoire du clerge dans le deparlement des Pyrénées-Orientales pendant la Révolution française.
— RorerrT, BourzLorTox et Coucxy, Dictionnaire des Parlemenlaires.
QUITER (Théodorse) naquit à Perpignan, le 15 février 1797. Il fit ses études à Paris, sous les yeux de son oncle, Joseph Guiter, ancien membre de la Convention nationale. Théodore Guiter était secrétaire de Destutt de Tracy. lorsque la mort de son père, notaire à Perpignan, survenue en 1818, le rappela dans sa ville natale. Il recueillit la succession paternelle dans le notariat et épousa en 1823, Mademoiselle Massot, sœur du sénateur Paul Massot. Théodore Guiter se signala de honne heure par ses idées libérales et son opposition au gouvernement de Louis-Philippe, contribua à la création du journal l'Indépendant, assura l'élection de son beau-frère Arago en 1846, et après la révolution de février fut nommé commissaire du gouvernement provisoire des Pyrénées-Orientales, où les passions politiques se donnèrent un moment libre carrière.
Le 23 avril 4848, il fut élu représentant des P\rénécs-Orientales à l’Assemblée constituante, le deuxième sur cinq, par 31.445 voix sur 36.773 votants. Il prit place à gauche, fit partie du comité de PAdministration et vola avec le groupe républicain. Réélu à la Législative, le 13 mai 1849, par le méme département, le quatrième et dernier avec 20.424 voix sur 32.466 votants. il v fut l'adversaire de la majorité conservatrice et de la politique du prince-président. Après le 2 décembre, il fut enfermé à la prison de
Mazas. Exilé, Théodore Guiter se refugia à Chambéry, dont il devint maire, après l’annexion de la Savoie à la France. De retour à Perpignan, il se mêla peu de politique jusqu’en 1869. Aux élections législatives qui eurent lieu cette année-là. Théodore Guiter fut porté comine candidat de l'opposition démocratique, dans la première circonscription de l'Ardèche. Il eut au premier tour de scrutin une majorité relative de 248 voix, mais il échoua, au scrutin de ballottage, avec 12.176 voix contre 15.598 données au général d'Hauteville, candidat officiel. Il fit ensuite une vive opposition au plébiscite napoléonien. Théodore Guiter fut élu, le 8 février 1871, représentant du peuple à l’Assemblée nationale, par le département des Pyrénées-Orientales, le deuxième sur quatre par 22.562 voix. Il siégea sur les bancs de la gauche et vota contre les préliminaires de la paix. Il mourut à Paris, le 22 mars 1875, avant la fin de la législature.
ROBERT, BOURLOTON et Cou, Diclionnaire des parlemen-
laires. — Horace Cuauver, Hisloire du parti républicain dans les Pyrénées-Orientales.
GUIU — GUZY
GUIU (Gabriel), fondeur de Perpignan, se maria en 1566, et, le 2 juillet de l’année suivante, passa contrat pour la refonte de la cloche du couvent de Saint-François de Perpignan, qui était brisée.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
GUIXAN (Raymond de) était abbé de Notre-Dame d'Arles en 1369.
Archives des Pyr.-Or., B. 119.
GURB (Pons de) fut nommé, en 1389, par le roi Jean 1°” d'Aragon, à la châtellenie et au bailliage de Puig-Balados (Puyvalador).
Archives des Pyr.-Or., B. 147.
GUZY (Michel), orfèvre de Toulouse, fabriqua, en 1682, un ostensoir pour l’église de Notre-Dame de la Réal, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., G. 447.
HAM (Hyacinthe), de Canet, reçut, de Philippe IV, des lettres-patentes qui lui conférèrent le privilège de bourgeois de la ville de Perpignan, le 21 septembre 1633. En 1653, ayant pris parti pour l'Espagne, Hyacinthe Ham vit ses biens confisqués et attribués à François Fontanella. Dix ans plus tard, il reconnut la domination de Louis XIV et prèta serment de fidélité à la France, entre les mains de François Romanya, viguier de Roussillon et Vallespir.
Archives des Pyr.-Or., B. 388, 394, 401.
HARCOURT (Henri de Lorraine comte d'), dit le Cadet de Perle, parce qu'il portait une perle suspendue à son oreille, fils de Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, et de Marguerite de Chabot, naquit le 20 mars 1601. En 1637, il reprit les îles Marguerite sur les Espagnols qu'il battit complètement devant Quers ; peu après, il ravitailla Cazal et s’empara de Turin au boutde quatre mois de siège. Nommé vice-roi de Catalogne, après la prise de Perpignan et la révolte de cette province, il commanda l’armée d'occupation pendant les années 1645, 1646 et les deux premiers mois de 1647. Au mois de mai 1645, il couvrit, contre l'armée ennemie. le siège de Roses que faisait le comte de Plessis-Praslin. Après la prise de cette place, le comte d’'Harcourt s'empara d'Agramont et de Saint-Aunais, passa le Sègre, battit l’armée espagnole dans les plaines de Llorens et lui tua quatre mille hommes. S’étant mis à la poursuite du général espagnol et du reste de sa troupe, il l'atteignit dans Balaguer qui se rendit à composition. Une conspiration qui s’ourdit contre lui vers ce temps, le rappela à Barcelone où il fit arrêter et punir les chefs du complot. Au mois de mai 1646. il investit la place de Lérida qu’il voulait prendre par la famine, mais le général espagnol, marquis de Legañez, le força, au mois de novembre, de lever le siège et de se retirer dans un désordre qui entraîna la perte des bagages et des canons. Il remporta ensuite quelques succès en Flandre, s’attacha d’abord pendant la Fronde au cardinal Mazarin. Mécontent ensuite de lui. il le quitta et entra en Alsace à la tête des troupes étrangères. Battu par le maréchal de La Ferté, il fit la paix
avec la cour et se retira dans son gouvernement d'Anjou, où il mourut, le 25 juillet 1666.
HærEr. Nouvelle biographie générale.
HELMERADE ou ALMERADE, frère des comtes de Roussillon Bencion et Gausbert, et fils du comte Suniaire, fut sacré évêque d’Elne. le 1° scptembre 916. L'année suivante et le jour anniversaire de son sacre, il fit, en présence du comte Gausbert, la dédicace de sa cathédrale. assisté des évêques de Carcassonne, de Gérone et de Carpentras. A cette occasion, le comte offrit à sainte Eulalie, patronne de l'église et du diocèse d’Elne, son alleu de Mudagons, et Helmerade, son domaine de Monistrol, dans le comté de Barcelone, une crédence d’un travail exquis, une aiguière du même métal avec sa cuvette et plusieurs autres objets précieux à l’usage de l'autel.
Marca hispanica, col. 383, 844. — Devic et VAISsETTE, Histoire
de Languedoc. — Puiccart, Catalogue biographique des évéques d’Elne.
HENRY, fondeur, fabriqua, en 1785, une cloche pour l’église de Notre-Dame de la Réal, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., G. 450. — PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
HENRY (D.-M.-J.) naquit à Entrevaux, cheflieu de canton du département des Basses-Alpes. le 15 juin 1778. Lorsqu'il fut appelé à Perpignan pour recueillir la succession de Jean-Pierre Campagne, fondateur et premier conservateur de la bibliothèque de la Ville, Henry s'était déjà fait remarquer dans le monde des lettres par la publication de deux ouvrages avant pour titre Mémoire sur la marine des anciens, Paris, 1817. in-8°, et Recherches sur la géographie ancienne et les antligquilés du département des Basses-Alpes. orné de cinq cartes, en 1818. Etranger à la langue et à l’histoire du pays, il parvint, à force de travail, à se familiariser avec l’une et l’autre. Un mémoire sur la voie romaine marqua son début dans les études d'histoire locale auxquelles il s'était entièrement adonné. Ce livre qui parut à Perpignan, en 1820, chez Tastu père et fils. est connu sous la rubrique : Recherches sur la voie de Rome en Espagne,
à travers le Roussillon, el examen crilique de l'ilinéraire d'Antonin, depuis Narbonne jusqu'aux trophées de Pompée. Il n’avait pas à sa disposition plus de données que Marca et cependant il apporta au système de ce dernier des corrections tellement heureuses, qu’il aurait découvert presque toute la vérité, si, au lieu de croire que les deux itinéraires d’Antonin se rapportaient à deux routes différentes, il avait pensé comme Marca que ces deux itinéraires n'étaient que deux descriptions dissemblables d’une seule et même voie. On l'avait chargé, dès sa venue en Roussillon, de procéder au dépouillement des archives provenant des églises et des maisons religieuses qui, depuis la Révolution, demeuraient amoncelées dans un galetas de l’hôtel de la Préfecture. A la vue des richesses que recélait cette mine historique, il conçut le projet, hardi pour l’époque, de composer une histoire de notre province. L'infatigable écrivain travailla durant quinze années consécutives à la réalisation de son dessein, puis édita. l’année 1835, son Histoire de Roussillon comprenant l'histoire du royaume de Majorque, en 2 vol. in-8. L'apparition de l'ouvrage provoqua des appréciations diverses des critiques et du public ; les unes étaient favorables, les autres désavantageuses. L'auteur en prit occasion pour exposer son but dans le journal le Publicaleur et caractériser son œuvre de vulgarisation dans une lettre privée adressée à Pierre Puiggari: « J’ai autant cherché, disait-il, à être utile au pays en lui donnant une histoire qu’il n'avait point encore qu’à travailler dans l'intérêt de l’histoire générale de la France, en lui offrant sur le Roussillon un ensemble de matériaux qui ne se trouvaient qu'épars dans dans un grand nombre de livres ou dans les pièces d'archives et des écrits de circonstance qu'il n'est pas donné à tout le monde d’être à même de consulter ». Et à Puiggari qui lui reprochait sa méthode de composition, Henry répliqua : « Vous avez raison ; mais considérez que je n'écris pas pour ce qu'on appelle les savants ; je dois être lu par les gens du monde. Vous n'ignorez pas que ce sont les femmes qui font aujourd'hui presque toutes l2s réputations. » L'Histoire de Roussillon est une étude d'ensemble qui se propose principalement d'expliquer la liaison de l'histoire de France à celle de l’Aragon : « Malgré les erreurs et les omissions qu'on est en droit de lui reprocher. cette œuvre restera, non pas uniquement parce qu'elle est, en date, le premier livre de ce genre consacré à notre pays, mais parce qu'elle révèle des qualités de premier ordre. » D'ailleurs, l'imperfection de l'œuvre n'échappait point à la sagacité de son auteur ; celui-ci cherchait à combler les lacunes qui s'y étaient glissées, en recueillant minutieusement les faits, les anccdotes. les chroniques qu'il rencontrait dans le cours de ses lectures et de ses