JOHAN — JOLY
par une maladie qui le contraignit à couler le reste de ses jours sous le ciel natal, au sein de sa famille. Jean de Saunhac-Belcastel, évêque de Perpignan, le nomma humble succursaliste de Fontpédrouse, le 1°’ janvier 1838. Antoine Jofre desservit cette paroisse jusqu'à la fin de l’année 1841. À cette date, il fut dans l'obligation de rentrer au milieu des siens pour donner des soins à sa santé ébranlée. En 1851, il accepta le titre de desservant de Montalba, petit hameau du Vallespir, dont le sol est hérissé d'obstacles et semé de précipices. Toutefois, Antoine Jofre ne se rendait dans cette paroisse que le dimanche pour y célébrer les cérémonies du culte. Les vieillards de cette localité et de la ville d'Arles ont gardé le souvenir de sa voix puissante, d’une sonorité et d'un timbre uniques. Antoine Jofre mourut à Arles-sur-Tech, le 12 juin 1864. Les œuvres de l’abbé Jofre. éditées en 1882 par Lo Pastorellet de la vall d'Arles, forment un volume in-8°. où l’on remarque surtout La Bruxas de Carança. Son chef-d'œuvre, après l’Epislol al Senyor Durand, dipulat, est, sans contredit, Arles, vila forlunada. L'Escupinyada de Satanas, La Dona forte, L’Epistol al meu amich Parrot, L’Epistol al eleclor rossellonés sont des pièces frappées au coin de la plus pure poésie. Un poète catalan du xvn° siècle, Vincent Garcia, plus connu dans le monde littéraire sous le nom de RReclor de Vallfogona, lui servit de modèle. Il possédait par cœur ses œuvres. Les vers de l'abbé Jofre tiennent de Juvénal pour la concision ; il maniait l'ironie avec autant de facilité que le poète latin.
Archives de l'évêché de Perpignan. — Communication obligeante de M. l'abbé Bonatont, curé-doyen d'Ille-sur-Tet.
JOHAN (Guillaume) était un riche marchand de Perpignan, au début du xv° siècle. Il épousa Jeanne, fille de Thomas Taqui, autre grand commerçant de la même ville. Guillaume Johan occupa, sous le règne d'Alphonse V, la charge de garde ou essayeur de l'or, argent et autres métaux frappés à l'hôtel de la Monnaie de Perpignan. Ïl mourut en 1452 et eut pour successeur dans cet emploi, Bernard Aybri jeune, bourgeois de Perpignan. De l’union de Guillaume Johan ct de Jeanne Taqui naquit un fils. Jacques.
Archives des Pyr.-Or., B. 202, 203, 213, 230, 405.
JOHAN (Jacques), fils du précédent, acquit les lieux et manses de Montauriol, Taulis, Caixas et Croanques. Lors de l'annexion du Roussillon à la France par Louis XL, il abandonna le parti du roi d'Aragon et demeura tranquille possesseur de ses biens. Jacques Johan eut deux fils : Guillaume et François.
Archives des Pyr.-Or., B. 494, 408.
JOHAN (Guillaume), fils et héritier du précédent, obtint, de Ferdinand [”, un privilège de noblesse pour lui et sa postérité en ligne masculine.
Archives des Pyr.-Or., B. 375, 416.
JOHAN-GIRAU (Henri) appartenait à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en 1639, date à laquelle al figurait dans les rangs de l’armée des nobles catalans, placée sous les ordres de Dalmace de Quéralt. Ses biens furent confisqués et donnés. en 1653, à Joscph Mitja, citoyen honoré de Barcelone. Au mois de janvier 1658, un domaine situé à Torrelles et appartenant à Henri Johan-Girau fut attribué par Louis XIV, à Joseph de Fontanella, docteur en droit, comte de Peralada. vicomte de Canet et régent de la chancellerie de Catalogne et des deux comtés de Roussillon et de Cerdagne.
Archives des Pyr.-Or., B. 390, 394, 398, 400.
JOLI (Jacques), marchand de Perpignan, acquit, en 1555, des dimes et des revenus à Torrelles qui furent vendus par autorité de justice et qui provenaient du damoiseau Galcerand Dusay.
JOLI (Raphaël), docteur en droit, à Perpignan. Le 9 mars 1626, il fut nommé par le roi, procureur de Moncade, pour administrer la vicomté d’Ille. Au mois d'août 1639, il se trouvait dans les rangs de l’armée des nobles catalans que commandait Dalmace de Quéralt.
Archives des Pyr.-Or., B. 388, 390.
JOLI (Gelibert), scigneur de Roquejan, était capitaine du Castillet de Perpignan, au moment de la révolution de Catalogne. Le 29 août 1653, il reçut en partage la moitié des bicns patrimoniaux qui furent confisqués à Gaspard de Terrena.
Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401.
JOLI (Antoine) fut élu conseiller, lors de la composition du bureau constitué par la noblesse de Catalogne, Roussillon et Cerdagne, dans l'assemblée générale qu'elle tint à Perpignan, le 4° mai 1659.
Archives des Pyr.-Or.. B. #W. |
JOLY-CANDY (Joseph), bourgeois noble de Perpignan, acquit une concession de justices et droits sur la ville du Boulou, le 30 octobre 1755.
Archives des Pyr.-Or., B. 403.
JOLY-FRIGOLA naquit à Rivesaltes, le 4° mai 1809. Sorti de l'Ecole polytechnique, il entra comme sous-lieutenant à l’école d'application à Metz. Le {" février 1833, Joly-Frigola fut nommé lieutenant
284 JORDA
d'artillerie et chevalier de la Légion d'honneur. Il prit part, en 1856, comme chef d'escadron, à la guerre d'Orient. Sa belle conduite, pendant les combats de nuit des 23 et 24 mai, le firent particulièrement remarquer. Cité à l’ordre général de l'armée par le commandant en chef de l'expédition, il fut aussi proposé pour la croix d’officier de la Légion
d'honneur. Cette récompense lui fut accordée le,
14 septembre de la même année. Appelé à commander le 15° régiment d'artillerie, le 25 juillet 1860, Joly-Frigola resta à la tête de ce régiment comme colonel jusqu'en 1868, date à laquelle il fut nommé général de brigade. Le 19 juillet 1870, le général Joly- Frigola reçut le commandement de ia réserve d’artillerie du premier corps de l’armée du Rhin. Fait prisonnier à la capitulation de Sedan, il fut retenu captif en Allemagne, et ne rentra en France que le 9 avril 1871. Atteint par la limite d'âge, dans le courant de cette même année, Joly-Frigola fut admis dans la section de l’Etat-major général de réserve. Joly-Frigola, qui élait commandeur de la Légion d'honneur, mourut à Saint-Camon (Haute-Garonne), le 3 février 1878.
F. CasrELco et LiouquEeT, Rivesalles.
JORDA (Guillaume), évêque d’Elne, succéda à Artal IL, à la fin de l’année 1171. Le 12 juin 1172, le roi d'Aragon, Alphonse, lui fit le serment de fidélité et de protection qu'avait prêté Raymond Bérenger, comte de Barcelone, de Besalu et de Cerdagne, aux évêques précédents. Le 24 juin suivant. Guillaume Jorda vendit à Bernard d'Oms ses droits seigneuriaux sur deux métairies et le vignoble de Trullas. Le 19 mars 1180, ce prélat fit don de l'église Saint- Jean de l’Albera à la commune de Notre-Dame du Vilar. Le 14 janvier 1184, Grimald d'Ortafa concéda à Guillaume, à son clergé et aux habitants d’Elne le droit de former un aqueduc dans ses terres. Le 24 avril suivant, l'évêque d'Elne cet son chapitre accordèrent à Arnaud de Jocbert et à secs vassaux la rémission d'un meurtre et de certains méfaits. Celuici leur remit de son côté, ainsi qu'à leurs vassaux et solduriers, les maux et préjudices qu'ils lui avaient faits. Guillaume Jorda mourut en 1180, la veille de l'Assomption. comme l’atteste son épitaphe dans le cloître de l'église d'Elne :
Guillelmus jacet hic Joardanus pastor ovil
MEME ARR PR ER EN ee ee Elne quem juvenum plebs plaugit et ordo senil Urbis et orbis. honor sed nunc dolor urbis et or b re.
Pro quo tota flet urbs cui totus condolet orb uns Crastina lux hunc assumta matre potent | Bis septem demptis annis de mille ducent nr
Cette inscription tumulaire en vers rimés, dont la disposition est originale, est gravée sur le devant du
sarcophage où sont déposés les restes mortels de Guillaume Jorda. Le prélat est représenté sur cette pierre sépulcrale, revêtu de ses ornements pontificaux, couché, la crosse à droite, les mains croisées sur la poitrine et la tête appuyée sur un cousin richement brodé. La forme de la mitre est digne de fixer l'attention : elle est ouverte sur le devant, à l'instar d’une barrette espagnole, à quatre pointes, qui ne montrerait que deux cornes.
PuiGGart, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — DE Boxx\reroY, Epigraphie roussillonnaise.
JORDA (Guillaume), préchantre d’Elne en 1194, occupait l'archidiaconé de Conflent en 1208. Le 26 juillet de cette même année, il prononça de concert avec Pierre, abbé de Saint-Martin du Canigou, une sentence arbitrale qui trancha le différend pendant entre le prieuré de Sainte-Marie de Corneilla-du- Conflent et l'abbaye de Fontfroide.
Archives des Pyr.-Or., B. 412, G. 171.
JORDA (Guillaume), du Soler, prévôt de Trullas, devint archidiacre d’Elne, en 1213, à la place de Pons de Narbonne. Il mourut le 1° janvier 1226, ainsi que l’'apprend une inscription tumulaire qui se trouve dans le cloître d’Elne. Il appartenait à la famille des seigneurs du Soler. Avant son décès. il céda définitivement à l'évêque d’Elne le château du Soler, gratifia de libéralités les membres du chapitre, fit des fondations de messes et laissa des fonds pour distribuer annuellement des aumônes aux pauvres.
DE Boxxrroyx, Epigraphie roussillonnaise.
JORDA (Guillaume) était peintre à Perpignan, avant 1286. Dès Le début de cette année, il était décédé, instituant héritier son fils Nicolas. Celui-ci ne tarda pas à le suivre dans la tombe, car, le 12 septembre 1286, les manumisseurs du peintre Guillaume Jorda, défunt, firent vente des maisons que l'artiste possédait dans la ville de Perpignan.
ALART, Notes historiques sur la peinture el les peintres rous-
sillonnais, dans le XIX° Bullelin de la Sociéle Agricole, Scientifique et Lilléraire des Pyrénées-Orientales.
JORDA (Guillaume), damoiscau de Perpignan, vivait sous le règne de Jacques [”, roi de Majorque. En 1301, on le trouve possédant en fief pour ce monarque, la colomine dite « d'en Johan Bastit » située hors des anciens murs de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 110.
JORDA (Guillaume), licencié en droit de Perpignan, recueillit la succession provisoire de Raymond de Pérellos. à l'office de gouverneur de Roussillon,lors du décès de celui-ci, survenu le 30 septembre 1384.
JORDA — JOU
Cinq jours plus tard, Guillaume Jorda fit la remise de ses titres et de ses pouvoirs administratifs à Gilabert de Cruilles, pourvu de ce haut emploi par le roi d'Aragon. Guillaume Jorda fut nommé juge des premières appellations en Roussillon et Vallespir, et acquit la seigneurie du Volo. Il eut un fils, Bernard, qui fut jurisconsulte à Perpignan. Ce dernier laissa pour héritières Eulalie, épouse du chevalier Bernard Albert, et Raphaëlle, femme de Bérenger
d'Oms.
Archives des Pyr.-Or., B. 14%. 148, 150, 18%, 208, 231, 2659, 346.
JORDA prit une part active à l'expédition guerrière de la Ma armadu que la ville de Perpignan entreprit, en 1613, contre les gens de Villefranchedu-Conflent, lesquels se refusaient à livrer passage à la relique de saint Gaudérique. Jorda commanda l’arrière-garde du corps de troupes perpignanaises. C'était une compagnie de quarante hommes très bien équipés et levés à ses propres frais. Lorsque l’expédition de la Ma armada arriva en vue de Villefranche, Jorda fut envoyé à la découverte de l’ennemi avec sa compagnie et celle de Pierre de Marti, seigneur de Banyuls-dels-Aspres. Jorda étant parvenu sur le plateau d’Ambulla qui domine Villefranche, le trouva occupé par Dalmace de Descallar. Ce dernier commandait un corps de trois à quatre cents hommes. Jorda, avec sa troupe, fit sur eux une telle décharge que dans un quart d'heure il réussit à les débusquer de leurs positions. Obligée de battre en retraite, la petite armée de Dalmace de Descallar rebroussa chemin. Elle était arrivée sur le pont d’en Gorner, lorsqu'elle fit une salve de mousqueterie contre les perpignanais. Ceux-ci ripostèrent et tuèrent deux cents combattants sur les huit cents qui composaient la troupe de Descallar. La Ma armada, victorieuse, emporta avec elle les reliques de saint Gaudérique et les accompagna jusqu’à Perpignan.
Publicateur de 1834. — Abbé Torkreizzrs, La Ma armada
de 1613, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. III.
JORDA-FERRER (François), seigneur de Nidolères, reçut de Louis XIII, à la date du 20 janvier 1643, des lettres qui lui conférèrent les titres de noblesse.
Archives des Pyr.-Or., B. 394.
JORDA-ROSSELLO (François) était jurisconsulte à Perpignan en 1626. Sa véritable appellation patronymique était celle de Rossello, mais Marc- Antoine, frère de François, ayant hérité par adoption du nom de Jorda qui était celui d’une ancienne maison de Perpignan, les membres de la famille Rossello finirent par abandonner leur nom propre
pour prendre celui de Jorda. François Jorda-Rossello épousa Marie Baldo, dont il n’eut pas de descendance.
ALART, Journal des Pyrénées-Orientales, année 1867.
JORDA-ROSSELLO (Marc-Antoine), frère du précédent, bourgeois honoré de Perpignan, se maria à une fille de la maison Réart qui lui donna un enfant, Jorda-Réart. Celui-ci fut capitaine de dragons ; il se maria à Thérèse Ravell qui lui apporta en dot le château et le lieu de Tatzo-d’Amont. De leur union naquirent: Antoine, seigneur de Tatzo-d'Amont, et Monique qui épousa Jean de Terrena. Antoine Jorda unit ses destinées à celles de Marie-Thérèse d'Ortéga, et eut d'elle un fils, Gaëtan. Le 12 janvier 1770, celui-ci obtint de Louis XV des lettrespatentes qui confirmèrent ses titres nobiliaires.
Archives des Pyr.-Or., G. 507, 508, 527, 959, 1028, B. 404.
JORDI (Philippe), chanoine d’Elne, obtint l’archidiaconé de Conflent, en 1594. Il remplissait en même temps la charge de sous-collecteur de la Chambre apostolique. Philippe Jordi fut dignitaire du chapitre d'Elne jusqu’en 1609. Au dire du chanoine Coma, il fut alors promu à l'épiscopat et nommé archevêque de Laxano, en Italie. et visiteur dans le royaume de Sicile.
Archives des Pyr.-Or., G. 24, 62, 123. — Coua, Nolicies de la iglesia insigne collegiada de Sant-Joan de Perpinya, ms.
JOSA (Philippe de), chapelain-majeur d’Ille-sur- Tet, fut nommé archidiacre de Vallespir en 1517. Sa résidence n'était pas établie dans le diocèse d’Elne, et en 1520, Jean-Geraud Ballaro lui succéda.
Archives des Pyr.-Or., G. 182, 790.
JOU (Jean), docteur en droit de Perpignan, fut
nommé par Martin I" d'Aragon à la charge de com- .-
missaire royal de l’aljama des Juifs de Perpignan, vacante par suite du décès de Pierre de Berga. Il devint dans la suite assesseur du Gouverneur du Roussillon, Raymond de Çagarriga, et le roi Ferdinand [° lui assigna un traitement de trois mille sols.
En 1420, Alphonse V ayant levé un impôt sur ses sujets du Roussillon, à l’occasion du mariage de sa sœur, l’Infante Marie, avec Jean I], roi de Castille, certaines villes et quelques bourgs refusèrent de verser leurs quote-parts aux commissaires Pierre Roure et Michel Jaume. Ceux-ci ayant porté leurs doléances au gouverneur du Roussillon, Raymond de Çagarriga et son entourage négligèrent de donner suite à la réclamation. Alphonse V fit des remontrances au gouverneur. Dans une lettre qu'il lui adressa, il lui
déclara qu'il était surpris et indigné de la dissimulation téméraire avec laquelle lui et Jean Jou, son assesseur. avaient laissé la résistance impunie. Jean Jou continua à exercer ses fonctions d’assesseur sous le gouvernement de Raymond de Pérellos. gendre et successeur de Raymond de Cagarriga. IF eut trois enfants : Raymond. Jean et Françoise, épouse d'Antoine Ballaro.
Archives des Pyr.-Or., B. 192, 203, 209, 215, 247, 240.
JOU (Bernard), marchand de Perpignan, du commencement du xv’ siècle, se livra spécialement à l'exportation des marchandises du Roussillon dans les ports de la Méditerranée. On le voit. en 1409, passer, avec G. Campredon et G. Canelles. aussi marchands de Perpignan, un traité par lequel ils s’engasent, tous les trois, à expédier des draps du Languedoc, du sel d’Iviça et de l'huile à Gaëte, à Naples et en Roumanie, sur la nef castillane que commandait Arnaud Taulari, de Collioure. Üne autre fois, Bernard Sunyer, de Castello d'Empories, patron d’une ywaliote, mouillée au Port-Vendres de Collioure, lui donna procuration pour enrôler des marins n'importe où ni comment, même parmi les criminels et les malfaiteurs. Pour équiper l'armement du navire, Ferdinand [° avait même accordé à Bernard Sunyer le pouvoir de tirer des prisons les prévenus et les condamnés. Bernard Jou fit partie d'une société qui tenait en afferme les leudes et les revenus de Collioure. Il engagea quelques galiotes pour le service du roi d'Aragon.
Archives des Pyr.-Or.. B. 201, 218, 225.
JOU (Raymond), fils de Jean Jou, était commandeur de Nouvilles, en 1458. Le 24 janvier de cette année, l’évêque d’'Elne, Jean Molas de Margarit, les consuls, les syadics de la communauté ecclésiastique et les obrers de l'église Saint-Jean de Perpignan, considérant que la seconde chapelle du côté gauche (de la cathédrale actuelle). concédée au bourgeois François Fabre, étail déjà couverte et achevée, firent concession de la chapelle qui suit immédiatement à Raymond Jou, commandeur de Nouvilles, à Jean Jou, bourgeois, et à Françoise, veuve d'Antoine Ballaro. I était dit que cette chapelle devait se faire et construire, et que les concessionnaires pouvaient la dédier à tel saint qui leur conviendrait, y faire un tombeau, avec grilles en fer. portes et serrures. et jouir. en un mot, de tous les avantages et privilèges «que Îles seigneurs de chapelles ont dans la dite église ». Cette chapelle qui n'avait nivoüte. ni vocable, ni autel en 1458, est celle qui précède la petite porte actuelle. On y travaillait encore en 1472, et le 27 février 4490, un peintre fournit quittance des sommes
JOU — JOUFROY
reçues pour l'exécution d’écussons aux armes de la famille Jou.
ALART, Mémoire inséré dans le Congrès archéologique de France. XX XV: session, 186.
JOU (Jean), frère du précédent. bourgeois de Perpignan, s'attacha au parti de Louis XI et devint, en 1433. fauconnier du roi de France. On trouve un Antoine Jou, bourgeois de Perpignan. en 1513.
Archives des Pvr.-Or.. B. 311, 420, 348.
JOU (Jean) figure dans les rangs des nobles du Roussillon et de Conflent qui fondèrent la confrérie de Saint-Georges, à Perpignan, le 3 août 1562.
Archives des Pvr.-Or.. B. 374.
JOU (Jean) fut achidiacre de Vallespir depuis 1563 jusqu'en 1566.
Archives des Pyr.-Or.. G. 879, 1038.
JOU (Hieronyma) épousa Antoine d'Oms et lui apporta en dot la seigneurie de Vilaclara. De leur union naquirent trois filles : Mancia, morte en basâge, Marie-Anne, femme d’'Ange Delpas, seigneur de Saint-Marsal, décédée quelques mois après son raariage, et Dorothée. Cette dernière entra en religion dans le couvent des chanoinesses de Saint-Sauveur à Perpignan, le 27 novembre 1648. Elle y mourut. au mois de mars 1692. Le prieuré de Saint-Sauveur, héritier testamentaire de la noble religieuse, prit possession des seigneuries de Calmella et de Vilaclara et les conserva jusqu'à la Révolution.
ALART, Noles et documents historiques sur le département des Pyrénees-Orientales.
JOUFROY (Jean) fut successivement évêque de Riez (1348-1351), de Valence (1352-1354) de Luçon (5 mai 1354). Le pape Innocent VIT le transféra de ce dernier siège sur celui d'Elne par une bulle expédiée d'Avignon le 21 novembre 1354. L'année suivante, il fut envoyé en Angleterre avec Audroin, abbé de Clugni, par le Souverain Pontife, afin d'établir la paix entre Edouard, roi de la Grande-Bretagne, et Jean, roi de France. Il devait empêcher la rupture qui était sur le point d’éclater entre ce dernier ct Charles de Navarre. Jean Joufroy revint de cette légation au mois de mai, comme il l'a écrit lui-même dans son journal. Le 15 avril 1356, pendant son absence hors du diocèse, les prêtres bénéficiers de Saint-Jean de Perpignan présentérent une supplique à son vicairewénéral. Il paya les services comme évêque d'Elne. le 20 janvier 1357. suivant les registres du Vatican, et il fut transféré, le 26 février de la même année, sur le siège du Puy-en-Velay, qu'il occupa jusqu'à sa
JUALLAR -
mort, survenue en 1361. Il fut inhumé au milieu du chœur de l’église de Saint-Vosy qu'il avait enrichie de ses dons. Jean Joufroy était originaire du Limousin et il était né en 1309.
Gallia christiana, t. TU, col. 726. — Puiccari, Calalogue biographique des évèques d’Elne.
JUALLAR (Raphaël), magistrat de Perpignan, vivait dans la seconde moitié du xvr siècle. Philippe Il l’éleva d’abord aux fonctions de juge des premiers appels de la cour du Gouverneur. Il occupa ensuite la charge d'avocat fiscal des cours royales de Perpignan, en remplacement de François-Vital Descamps, nommé conseiller à la Royale Audience de Barcelone. Raphaël Juallar fut dans la suite assesseur du Gouverneur du Roussillon et de Cerdagne. Il avait un oncle. François Juallar, qui était chanoine d'Elne en 1572, et deux frères : Ange qui fut abbé de Saint-Martin du Canigou, et Onuphre. Raphaël laissa deux fils : François et Joseph.
Archives des Pyr.-Or., B. 375, 478, G. 923.
JUALLAR (Ange), fils du précédent, était déjà abbé de Saint-Martin du Canigou en 1600. Le 25 juin de cette année, les deux consuls sortants de la communauté séculière de Vernet-les-Bains, Barthélemy de Gasto et André Marti, se présentèrent devant Onuphre Juallar, procureur de son frère Ange, abbé de Saint-Martin, et lui exposérent que, d’après les usages locaux, l'élection de leurs successeurs aurait dû avoir lieu le dimanche précédent. Ils le supplièrent en conséquence d'accorder aux habitants de Vernet l'autorisation de se réunir sans délai, à l’effet de procéder à la nomination de nouveaux édiles. Ce même représentant du seigneur ecclésiastique reçut, le 24 septembre 1611, une lettre de Jérôme d’Argensola, porlant-veus du gouverneur général de la province, qui lui faisait un mandement de purger la localité de Vernet des bandes de brigands qui l’infestaient et la désolaient. En 1613, et sous l’abbatiat d'Ange Juallar, eut lieu l'expédition héroï-comiquede la Ma armada de Perpignan contre les habitants de Villefranche-du-Conflent. Ceux-ci s'étaient refusés à livrer passage aux reliques de saint Gaudérique dont la descente à la capitale de la province était réclamée par les populations de la plaine aux abois, à la suite d’une trop longue sécheresse. Une armée de deux mille perpignanais vint demander raison aux gens de Villefranche de leur arrogance et obtenir d'eux le libre passage pour la relique vénérée. L'abbé du Canigou, Ange Juallar, fut remplacé, le 6 décembre 1623, par Melchior Soler d'Armendaris, antérieurement son coadjuteur.
Archives des Pyr.-Or.., H. 174. — Abbé J. Caprilee, Vernet-les- Bains, la commune, la chatellenie, les thermes.
JUANYA 287
JUALLAR (oseph), fils de R aphaël Juallar. était chanoine d'Elne en 1627. En 1640, il remplissait l’office de sacristain-majeur et celui de commissaire du Saint-Office de l’Inquisition dans le diocèse d’Elne. Raphaël Juallar fut vicaire-général en 1657. Il laissa par testament la somme de cent ducats. valant deux cents livres, pour doter quatre jeunes filles d'Elne.
Archives des Pyr.-Or.. G. 128, 20, 266, 399.
JUALLAR (François), frère du précédent, fut nommé juge du Domaine, à Perpignan, le 13 mars 1629. Il figura dans les rangs de l’armée des nobles catalans que commandait Dalmace de Quéralt, en 1639. En 1632, François Juallar eut, de son épouse Thérèse Riu-Pi, un fils, Joseph, qui mourut de la peste, à Elne, un mois après sa naissance. Son autre enfant, nommé André. qui vint au monde quelque temps après, devint bourgeois honoré de Perpignan. Il mourut en 1670 sans postérité ; les biens de la famille Juallar passèrent à la communauté ecclésiastique de Saint-Jacques, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 387, 388, 443, G. 515, 525.
JUÉ, prêtre et bénéficier de la cathédrale Saint- Jean de Perpignan, prononça, dans cette église, le 12 septembre 1774, l’Oraison funèbre de Louis AV. Le texte de ce sermon fut imprimé à Perpignan, en 1774.
FourqQuET, Catalogue des livres imprimées et manuscrits de la Bibliothèque communale de Perpignan.
JUSSES (Bérenger), du diocèse de Lérida, fut pourvu du grand archidiaconé d'Elne, mais il résigna cette dignité, le 18 mai 155%. en faveur d'Antoine Carreras.
Archives des Pyr.-Or.. G. 113.
JUNYA (Raymond de), chevalier, possédait des fiefs en Cerdagne. En 1370. il vendit la dîime de Cruells, dans la paroisse de Sallagosa, à ‘Bernard Paylars, mercier de Puigcerda. L'année suivante, il acheta les lieux d’Aranser, Mucer, Alt, Soreg et Quéralt, en Barida. à Béatrix. fille d’Arnald de Saga et épouse de Bérenger d'Oms. seigneur de Mosset. Il devint dans la suite châtelain de Quérol. Le 11 mai 1386, le roi Pierre d'Aragon fit donation à Raymond de Junya, de tous les émoluments qui provenaient de la cour du bailliage de Quérol, en se réservant seulement le cinquième du produit des bans. Raymond de Junya fut remplacé à la châtellenie de Quérol, le 31 janvier 1392, par Pierre-Damien de Bergues. Une partie de la dot de son épouse, Saurine. fut dévolue au couvent des chanoainesses de Saint- Sauveur, à Perpignan.
Archives des Pyr.-Or.. B. 123, 124, 136, 142, 145, 158. — ALANT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" série.
JUST (Jean-Pierre-Melchior) naquit à Perpignan, le 31 décembre 1588. Son père, Pierre Just qui instrumentait comme notaire dans la capitale du Roussillon, remplissait aussi la charge de greffier de la Procuration royale. L'inscription latine que j'ai déchiffrée au sommet d’un tableau reproduisant les traits de Just, conservé dans les salons du château de Bellevue à Céret (propriété de la famille Conte de Bonet), renseigne sur les diverses étapes de sa brillante carrière. Elle mentionne les charges honorables et les offices glorieux que Jean Just a remplis dans l'Ordre des Frères-Prêcheurs et dans le monde des lettres. La voici fidèlement reproduite :
Vera effigies AR P F Petri Just . Perpi . ord.
Pred . M. Vic. gnlis
Arag . prov . perpetuus . rector . imper . coll.
Dertus N et sacre scripture . in alme
Urgelle . ecclesie . continu . interpres . Obii
Die 8 7bre Hora 9 et Matu Anno 1633 Etatis sue 45.
Après de brillantes études, Jean Just fut reçu docteur ès-arts et en théologie dans l’Université de sa ville natale. Il fut immédiatement désigné par ses supérieurs pour occuper une chaire de philosophie à l'Université de Lérida. En 1624, il fut nommé recteur de celle de Perpignan, où il professa en même temps la théologie. II devint dans la suite prieur du couvent des Dominicains à Perpignan et à Puigcerda. { fut tour à tour recteur du collège impérial de Tortose, lecteur perpétuel de l’Ecriture sainte à la cathédrale d'Urgell et vicaire-général de son Ordre pour le royaume d'Aragon. Joseph Carrère affirme que Jean Just avait formé une bibliothèque considérable dont il fit don au couvent de Perpignan. Il ajoute que ce docte religieux n’a rien publié. Jean Just mourut le 8 septembre 1633.
Archives des Pyr.-Or., B. 37%. 377. — Archives communales de Perpignan. GG. 5. — CARRÈRE, Voyage en France.
JUST (L'hereu), dont la véritable appellation patronymique est Jean-Michel Mestre, était un pagès de Ballestavy qui se révolta, un des premiers, contre la gabelle levée par Louis XIV dans le Roussillon. Il ne tlarda pas à se trouver à la tête de bandes de rebelles formées dans le Vallespir et connues en histoire sous le nom d’Angelets : mais l’hcreu Just n'agit toujours que sous les ordres de Joseph de La Trinxeria, de Prats-de-Mollé. Du 3 août 1667 au 30 juin 1668, des assassinats multipliés furent commis par les Angelets sur la personne des gabelous. Le Conseil souverain lança un arrêt, le 21 juillet 1668, qui déclara perturbateurs publics La Trinxeria et ses deux lieutenants Damien Nohell et Jean-Michel Mestre, l’hereu Just. On promit la somme de cent doubles d'or à quiconque arrêterait un de ces trois chefs et cinquante à celui qui apporterait leur tête aux magis-