HOCQUINCOURT
Briare, où le maréchal de Turenne avoit son quartier ; dès qu'il fut averti, il courut à cheval sur une éminence d'où il dominoit la plaine... Il repartit au galop pour se mettre en état de recevoir l’ennemi. De son côté, Hocquincourt avoit pris position avec neuf cents chevaux en arrière de Blesneau, sur un ruisseau profond et marécageux ; les ennemis pouvoient le passer seulement sur une digue étroile, et en se suivant un à un à la file. Le prince de Conde passa le premier cette digue avec Nemours. Beaufort. La Rochefoucauld, Tavannes, Vallon, Clinchamp, Coligny, Guitaut, Gaucourt et une centaine de maitres. Ils mirent le feu au village qui étoit au-delà ; c'étoit le cinquième des quartiers d’'Hocquincourt qu'ils attaquoient. Celui-ci, à la lueur des flammes, reconnut combien étoit petit le nombre des ennemis qu'il avoit sur les bras ; il tomba sur eux avec toutes ses forces ; mais cette troupe d'élite soutint avec tant de vaillance l'attaque d'Hocquincourt, qu'elle donna aux autres le temps d'arriver ; celui-ci d’ailleurs entendoit les tambours del'infanteriequiapprochoit: il craignit de se voir enveloppé; il prit la fuite, et tandis qu'une partie de ses cavaliers se jetèrent dans Blesneau, les autres furent poursuivis trois ou quatre lieues sur la route d'Auxerre. Dans cette nuit. l'armée royale perdit tous ses bagages et on lui prit trois mille chevaux. »
En 1653, d'Hocquincourt fut nommé vice-roi de Catalogne et chargé du commandement en chef des troupes françaises dans cette province. Au mois de juillet, il rejoignit Duplessis-Bellière, et tous deux vinrent mettre le siège devant Gérone. Après soixante jours de combat, ils furent obligés de le lever. Ils curent plus de succés à la fin de l’année, en ravitaillant Rosas, malgré don Juan d'Autriche qui en faisait le siège. L'année suivante, d'Hocquincourt passa en Flandre, et vint rejoindre Turenne et La Ferté devant Arras. Tous trois réussirent à forcer les lignes des Espagnols et délivrèrent cette ville dans la nuit du 24 au 25 août. D'Hocquincourt attaqua le quartier des Lorrains et ne rencontra pas une grande résistance. Il ne fut pas employé dans la campagne suivante ; mécontent, il fit offrir à Condé de lui livrer Ham et Péronne, dont il était gouverneur, moyennant une bonne somme d'argent. « La duchesse de Châtillon, qui recevoiten mèmetemps, dit Sismondi. les hommages du prince et du maréchal, avoit été l’'entremetteuse de ce marché, et Condé s'étoitavancé jusqu’à Cambraÿ pour se mettre en possession. Mais Hocquincourt avoit d'autre part communiqué au ministre les offres qui lui étoient faites. pour voir s'il n’en pourroit pointtirer plus d'argent, et pendant quinze jours il mit en quelque sorte sa trahison à l'enchère. Il finit par rendre au roi, moyennant deux cent mille écus et un gouvernement pour son fils.
HOMDEDEU — HORTOLA
les deux places qui lui étoient confiées. » Peu après
Espagnols. Les uns attribuent sa trahison à M" de Châtillon ; d’autres à M”° de Montbazon, à qui il avait écrit des 1648 : « Péronne est à la belle des belles. » M'"° de Montpensier dit que personne n'a connu le motif de la défection du maréchal d'Hocquincourt ; quil avait bien eu des démélés avec les gens de la gabelle dans une de ses terres, mais qu'il n'y avait pas là de quoi sortir de France. Il reçut des Espagnols le titre de grand-bailli de Gand, avec de gros appointements. L'armée royale vint assiéger Dunkerque, occupé par les Espagnols. Le prince de Condé et don Juan d'Autriche marchèrent au secours de cette place. Dans une reconnaissance des lignes françaises, d'Hocquincourt fut blessé de trois coups de mousquet. Selon Bussy-Rabutin, il « mourut une heure après, dans une petite chapelle où ses gens le portèrent ». M”° de Motteville le fait vivre quelques jours après ses blessures, et M" de Montpensier seulement quelques heures.
Hœrer, Nouvelle biographie générale.
HOMDEDEU (Jean) est appelé « fondateur de l'église de Notre-Dame de l’Eule » dans un document daté du 26 juillet 1255, qui porte mention d’un bénéfice qu'il institua ce jour-là même à Elne.
Archives des Pyr.-Or., G. 6.
HOMDEDEU (Pierre), sacristain de l'église Saint-Jean de Perpignan, succéda dans cette charge à Bérenger de Palma, décédé en 1291. Pierre Ilomdedeu mourut le 21 avril 1294. ainsi que le mentionne une pierre funéraire qui est conservée dans le vieux Saint-Jean de Perpignan.
DE BoNxxEFOY, Epigraphie roussillonnaise.
HOMDEDEU (Guillaume) était bailli de Perpignan, dans les dernières années du xim° siècle. Il rendit une ordonnance par laquelle il commit aux préposés du jardinage (sobreposats de la horta) la police des chemins ruraux. On trouve un Jean Homdedeu bourgeois de Perpignan en 1381.
Archives des Pyr.-Or., B. 141, 276, 346.
HORTOLA (Côme-Damien), né à Perpignan l’année même où le Roussillon, soustrait à la domination française, rentrait dans le domaine de la couronne d'Aragon (1493), fut reçu docteur en théologie à l'Université de cette ville, à l'époque où se dessinait, un peu partout en Europe, le mouvement en faveur des lettres, des sciences et des arts, connu dans l'histoire sous le nom de Renaissance. Avide d'étendre le cercle de ses connaissances, Hortola
| quitta son lieu d'origine ct alla se mèler, à l'âge de il alla joindre le prince de Condé, et se réunit aux : vingt-deux ans, à la foule des étudiants qui, à Alcala,
suivaient les cours de linguistique au collège appelé des trois langues. Il v apprit, en mème temps que les sciences naturelles et mathématiques, la philosophie, le grec et l’hébreu. Esprit encyclopédique. il suivit ensuite le courant qui entrainait les savants vers l’Université de Paris, le foyer des lumières. Tout en se perfectionnant dans l'étude des langues orienales, Hortola s'adonnait avec un soin particulier à l'étude de la théologie et des sciences ecclésiastiques. Ce jeune érudit avait conçu le projet d'embrasser la carrière sacerdotale vers laquelle le poussaient ses aspirations et ses goûts. L'ardeur avec laquelle il entreprit ses divers travaux scientifiques fit qu'il fut atteint d'une maladie, vite jugée incurable par les médecins de la capitale. Heureusement, un membre de la colonie roussillonuaise à Paris s'intéressa à son état de santé. C'était le médecin du roi de France, Gabriel Miro, fils et petit-neveu de notabilités médicales attachées à la cour depuis un demi-siècle environ. Grâce à son savoir, lillustre docteur tira son ami du danger ; mais la vive intelligence de Côme Hortola réussit à s'assimiler encore les notions de la médecine, à la suite des simples conversations qu'il eut sur cet art avec son compatriote. Plus tard, il devint très versé en matière de thérapeutique. Entre temps, [ortola suivait, au collège royal que venait d'ouvrir François 1”, les leçons du fameux hébraïsant Valable. Celui-ci l’eut vite distingué et en fit un de ses disciples préférés. L'Université de Bologne, où professaient les maîtres les plus éminents de la théologie, eut aussi l'avantage de compter Hortola au nombre de ses plus brillants étudiants. 1 x prit. à l’âge de trente-cinq ans, le grade de docteur en droit canon. La renommée d'Hortola arriva jusqu'à Rome. Certains cardinaux étaient désireux de se montrer, à l'exemple des papes de la famille Médicis (Léon X et Clément VID, les protecteurs des hommes de lettres. Un d'entre eux, le cardinal Cantarini, voulant témoigner son estinrie à Hortola, l'invita à se fixer à Rome. Mais celui-ci crut devoir résister aux offres séduisantes et aux sollicitations rcitérées de son Mécène : il rentra en Catalogne. Les magistrats de Barcelone l'avaient appelé pour travailler à la restauration de leur Université renaissante. Dixsept années durant, au cours desquelles il v enseigna la philosophie et la théologie, il s'efforça de faire refleurir les sciences. A cette époque de sa vie, il comparait les textes grecs et hébreux de Ha Sainte- Ecriture à leurs versions latines : il composa alors l'Erposicion del libro de los canticos, ouvrage capable à lui seul d'immortaliser son nom. Le recteur de l'Université de Barcelone était d'ores et déjà regardé comme l'oracle de la Catalogne entière : Jaume va
jusqu'à l'appeler l'ornement de toute l'Espagne. De fait, les savants, les tribunaux, + compris celui de l'Inquisition. allaient à lui comme à leur conseiller ou à leur arbitre. Pour Jui témoigner son estime. Philippe I le nomma spontanément abhé de Vilabertran (diocèse de Gerona), sans que notre savant eul, le moins du monde, prétendu à cette distinction aussi honorable que lucrative. Sur ces entrefaites, le concile de Trente avait été convoqué. suspendu et repris successivement par les papes Paul TT, Jules TI et Pie IV. Vers la fin de l’année 1561, le roi d’'Espagne. jetant les veux sur Hortola, le délégua, en qualité de mandataire et de député de la principauté de Catalogne, pour siéger au concile. L'abbé de Vilabertran, prétextant son grand âge. déclina d'abord l'honneur que lui faisait son roi: à bout d’arguments, il accéda aux désirs de Philippe IF. Au milieu des Pères du concile. Hortola se fit remarquer autant par l'étendue ct la sûreté de ses connaissances scientifiques que par l’ascendant de ses vertus. Pallavicini note que l'abbé de Vilabertran prit la parole dans la session du 10 février 1563. Cet historien a soin d’ajouter qu'il disserta savamment sur le sacrement de mariage après Nicolas Maillard, le doyen de la Sorbonne. et que son discours, quoique des plus longs, ne fatigua aucun de ses nombreux auditeurs. Lorsque le concile eut fixé les dogmes et réglementé les points de discipline de la religion catholique, Côme- Damien Hortola rentra en Espagne. Le 16 mai 1564, il prit possession de l’abbaye dont le monarque espaunol l'avait gratifié : Pie IV lui en avait octrové les bulles gratuitement. en témoignage de gratitude et de reconnaissance. Joignant lFexemple au précepte, le nouveau supérieur des chanoines réguliers déclara qu'il désirait gouverner en personne son monestére et que, par suite, il ne pouvait se contenter d'un titre de commende purement nominatif. On conserve encore de nos jours. dans les archives de ce monastere, le récit de sa prise de possession, Pendant quatre années, le théologien perpignanais administra l'abbase de Vilabertran. où il mourut en odeur de sainteté. le 3 février D568. La nouvelle de sa mort se répandit vite dans toute la Catalogne.
Les œuvres d'Hortola, au rapport de Scoto. sont nourries de la doctrine des saints Pères et émaïllées de citations érudites des auteurs profanes. Elles renferment. en parliculier. de curieux renseignements sur les mœurs et les coutumes des Hébreux que nos modernes exéectes seraient loin de désavouer, Ses
HORTOLA — HUGUET
commentaires sur les psaumes de David ont été publiés par le P. Michel Taberner, de Gérone. sous ce titre: Za cantica canticorum Sulomonis erplanatio in [sagogen, paraphrasim el quinque postleriores plenioris tnlerprelulionts Uibros distributa, Deo el D. N. Jesu Chrislo dicala, auctore Cosma Darmiano Hortolano, etc. Jérôme Capmany, bachelier en droit et proche parent de notre théologien, rassembla les ouvrages d'Hortola quelque temps après sa mort et les publia, en 1580, à Barcelone. L'éloge en vers latins qu'il mit en tête de l'édition mérite d'être rappelé :
Gloria magna quidem est nostro de germine natum,
Esse hunc Lam doctum., tam celebremque virum,
Hortlos qui Domini coluit servitque fideli
Doctrinà, miris perpolitisque modis.
Grates ergo Deo pro tanlo muncre agamus Talem Hortulanum qui dedit Ecclesiæ.
PazLavicint, Histoire du concile de Trente. — ToRRES-AMAT. Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — Mémoires de Jaume. — Abbé J. Carriere, Un theologien perpignanais au
concile de Trente, dans la Itevue d'Histoire et d'Archéologie du Roussillon, t. IE.
HORTOLA (Jérôme), peintre de Perpignan, dora, en 1647. le retable du maitre-autel de Millas, aux frais de l'archidiacre d’'Elne, Michel Mongay.
Archives des Pyr.-Or., G. 811. — Abbé J. Carte, Etude historique sur Millas.
HOSTALRICH (Bérenger d’)}, damoiscau, recueillit la succession d'Albert Ça Trilla à la direction du château royal de Perpignan. Il ne tarda pas à donner la démission de son office : il fut remplacé par le damoiïseau Jaspert de Tregura.
Archives des Pyr.-Or., B. 154, 154.
HUGO (Jean de), brodeur, confectionna.en 1520, une chasuble, un devant et une nappe d'autel. en velours brodé et historié, pour l'église Saint-Vincent de Clayra..
Archives des Pyr.-0r., G. 766.
HUGUET (Georges) était procureur fiscal de la cour de la viguerie de Roussillon vers le premier quart du xv' siècle. Tse rendit coupable du crime de faux. La reine Marie d'Aragon le suspendit de son emploi et désigna le perpignanais Raymond Coma pour le remplacer. Alphonse V condamna Georges Huguet au bannissement du royaume pendant une durée de dix années.
Archives des Pyr.-Or., B. 234, 254, 265.
ILITARICUS, ILITARIUS ou WITARIUS, évêque d'Elne, n'est connu que pour avoir souscrit le dixième concile de Tolède, le 1” décembre 656. La liste chronologique des Pontifes d'Elne présente une lacune d'un quart de siècle, entre ce prélat et son successeur médiat, Clarus, qui siégeait en 683.
Puiccart, Calalogue biographique des évèques d'Elne.
ILLE (Raymond-Ermengaud d’) possédait, en 41105, trois chevaleries ou fiefs nobles dans la Cerdagne.
Abbé Picrre Boxer, Impressions el souvenirs (Ille-sur-Tet et ses environs).
ILLE (Quérald d?’) était propriétaire d’un domaine à Orle, en 1116.
Abbé Pierre BONET, 0p. cit.
ILLE (Bérenger-Arnaud d?) détenait le manse du Puig et la dime de Conangles, dans le Capcir,
Abbé Pierre BoET, 0p. cil.
ILLE (Pons d’) concéda. en 1163, à Arnaud de Castellnou le droit de construire le canal de Nefiach et Millas.
Abbé Pierre BoxET. 0p. cil.
ILLE (Raymond d’ ou ÇA ILLA), épousa. en 1264, Bérengère d'Alamande. Il tenait à Jujols une chevalerie, sous la directe du seigneur de Mosset, que l'on appelait chevalerie d'en Ça Illa et Militia de Insula. Jacques [”, roi de Majorque, lui concéda aussi les justices de Casesnoves, par indivis.
Archives des Pyr.-Or., B. 190. — Abbé Pierre BoxET, op. cil.
ILLE (Pons d’), chevalier, vivait à Villefranchedu-Conflent, en 1273. Un autre Pons d'Ille, damoiseau, acheta un domaine à Serdinya en 1331.
Abbé Pierre Bo\ET, op. ci.
ILLE (Gérald d’), chevalier, fut attaché à la cour du roi Jacques IT de Majorque. Après la ruine de ce
souverain, le roi d'Aragon Pierre III maintint une pension viagère à Gérald d'Ile.
Archives des Pyr.-Or., B. 97, 110.
ILLE (Raymond d’), chevalier, servit la cause de Jacques ÏT. Les biens qu'il possédait à Puig, en Capcir. furent confisqués par Pierre III d'Aragon, et donnés en 1347. à Bernard-Guillaume d’Entença.
ILLE (Bernard d') exerça le commandement de la châtellenie de Conat, sous le règne de Pierre II.
Archives des Pyr.-Or., B. 100.
ILLE (Jacques d’) fut châtelain de la Tour Cerdane, du 10 novembre 1395 jusqu’au 8 mai 1396.
ALT, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1" série,
ILLES (Jean), peintre de Perpignan, travaillait en collaboration avec Antoine Fitals et Jean Brell. Ces trois artistes peignirent 1e retable de Saint- Michel de Pia, en 1564.
Archives des Pyr.-Or.. G. 8SS.
IVORRA (Guillaume d’) reçut, de Philippe IF, un privilège royal, le nommant aux fonctions de Gouverneur du Roussillon et Cerdagne, en remplacement de Jérôme de Argensola, élevé à la disnilé de Gouverneur de Catalogne. Il mourut en 1615. Le {1 octobre de celte même année, Gabriel de Elupia recueillit provisoirement sa succession. à la tête du gouvernement civil de la province.
Archives des Pyr.-Or.. B. 380, 382, 384.
IVORRA (Raymond d’), prêtre de Lérida et docteur en droit canon, fut nommé évêque d'Elne par Louis XIII et institué par le pape Paul V. le 20 novembre 1617. Le 12 janvier 1618. il prit, par procureur, possession de son siège et de la dignité de chapelain-majeur de l'église Saint-Jean. Le 14, il prêta de même le serment d'usage. Sous son éphémère pontificat, l'ordre des Carmes célébra. à Perpignan, un chapitre provincial, avec grande solennité.
IZOS
Cette assembléetint sa séance d’ouverturele 17 février | pas à la séance du Conseil des Cinq-Cents, mais il
1618. Une mort prématurée enleva Raymond d'Ivorra dans le cours de cette même année. Ce prélat était décédé avant le 7 mai 1618. puisque Île registre de l'évêché mentionne, à cette date, un vicaire général du chapitre, sede vacante. Ce serait donc une erreur de date que celle du 23 juin, indiquée par le Gallia chrisliana comme celle du décès de Raymond d'Ivorra.
Archives des Pyr.-Or., G. 241. — Puiceans Catalogue biographique des évèques d'Elne.
1ZOS (Jacques-Françoiïis) naquit à Prades, le 29 janvier 1763. Il était fils de Joseph [70os, « praticien de notaire » et de Thomase Circan. Reçu docteur en droit. il se fit inscrire comme avocat à la Cour du Conseil souverain du Roussillon. [lexerçait cette profession dans son pays natal, lorsqu'il fut député par le district de Prades, pour le représenter à la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790. Jacques Izos fut ensuite élu, par l’Assemblée électorale. second juge au tribunal du district de Prades. Le département des Pyrénées-Oricntales envoya 1z0s siéger au Conseil des Cinq-Cents, le 22 septembre 1795, par 52 voix sur 101 votants. Il y prit la parole en brumaire an V (octobre 1796; pour défendre la loi qui excluait du Corps législatif les parents d'émigrés et les signataires d'actes contre-révolutionnaires. Il termina son discours par ces mots : « Le salut public! Voilà l'instrument de tous les trans anciens et modernes et la pierre angulaire du gouvernement révolutionnaire. N'est-ce pas avec ces mots que Sylla excusait les plus exécrables cruautés ? » Le 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Jacques 1z0s n'assista
adhéra ensuite aux mesures prises dans cette journée contre ceux qui voulaient relever la monarchie. Le 17 floréal an VI (6 mai 1798), il prononça un discours sur les opérations électorales du département de la Seine et demanda que les bâtiments de l’archevôché d’Auch fussent mis à la disposition de l'administration du Gers. Le ministre des finances ayant écrit à Jacques Iz0os, pour le prier de lui désignerun candidat à l'emploi de caiïissier de la Monnaic de Perpignan, celui-ci indiqua François-Bonaventure Arago, père de l’illustre astronome François Arago. Cette circonstance permit au nouveau titulaire de la Monnaie de faire éduquer ses enfants au collège de Perpignan. 1zos fut élu deux fois secrétaire du Conseil des Cinq-Cents. en pluviôse an V et en ventôse an VII. IL adhéra au coup d'Etat de brumaire. et fut nommé. le 28 germinal an VIIT (48 avril 1800), sous-préfet de Prades. I[zos exerça ces fonctions durant plus de quinze ans. Après les Cent-Jours, il fut destitué de sa charge. Il fixa sa résidence soit à Toulouse, soit à Perpignan, jusqu’à la mort de Napoléon I”, survenue en 1821. Rentré de nouveau dans sa ville natale. Izos fut nommé maire de Prades, en septembre 1829 ; mais il ne conserva cette dignité que l’espace de quelques mois. Il mourut à Prades, le 28 juin 1836. Jacques Iz0s était lié avec Merlin de Douai, Talma, de Girando et principalement avec Augereau qui entrelint une correspondance suivie avec lui.
Archives de la famille. — DrELauonr. flistoire de la ville de Prades. — ROBERT, BOURLOTON et Couc\xy, Dictionnaire des Parlementaires.
JACOMET (Nicolas-Denis-Jacques), né à Prades, le 3 juin 1757, était fils de Simon Jacomet, négociant dans cette ville, et d'Eulalie Vilar. Il s’adonna à son tour au négoce. Les suffrages de ses concitoyens l’appelèrent, Le 31 janvier 1790, à remplir les fonctions de maire qu'il conserva jusqu’en 17%. En septembre 1792, Jacomet avait été élu membre du Conseil du Directoire des Pyrénées-Orientales ; mais il refusa d'occuper ce poste. Le 21 germinal an VL. il fut élu député des Pyrénées-Orientales au Conseil des Anciens. d’où il passa. après le coup d'Etat de brumaïire, le 4 nivôse an VIIT, au nouveau Corps législatif, en vertu d'une décision du Sénat conservateur. Il y représenta jusqu’en 1807 les Pyrénées-Orientales. Le Corps législatif choisit Jacomet pour secrétaire en 1813. Il fut, pour la seconde fois, appelé aux fonctions de maire de Prades qu'il conserva jusqu'en 1814. Pendant les Cent-Jours, Jacomet fit encore partie de la Chambre des représentants où l’envoya siéger, le 45 mai 181, l'arrondissement de Prades avec 38 voix sur 43 votants. Jacomel mourut à Prades, le 13 janvier 1829.
DELAMONT, Histoire de la ville de Prades. — RoBEerT. Bour- LorTos et Coucny, Dictionnaire des Parlementaires.
JACQUOT - DEFRANCE (Laurent) naquit le 99 avril 4874, au Perthus, où son père avait la direction du casino de Bellegarde. Sa mère s'appelait Anne Defrance. En 1901, Laurent Jacquot-Defrance obtint le premier prix de Rome pour la peinture avec son tableau : Jésus guérissant les malades. Cet artiste de grand talent, qui voyait s'ouvrir devant lui le plus brillant avenir, mourut quelque temps après son triomphe.
Archives communales du Perthus. — Articles parus dans divers périodiques.
JAHEN (Raphaël), marchand de Perpignan. fut nommé receveur du Domaine royal, dans la capitale du Roussillon, en remplacement de Montserrat Règnes, révoqué. Le 12 mai 1620, un privilège royal nomma Raphaël Jahen. bourgeois de Perpignan. Il eut un fils du même nom que lui, lequel recucillit sa succession, le 24 décembre 1621.
Archives des Pyr.-Or.. B. 380, 382, 384, 444.
JAHEN (François), bourgeois de Perpignan, s'enrôla dans les rangs de l’armée des nobles catalans que commandait Dalmace de Quéralt, en 1639. Ses biens furent confisqués par le roi de France et donnés. le 14 septembre 1653, à Joseph de Rocabruna
Archives des Pyr.-Or., B. 387, 390, 394.
JALABERT fut professeur de médecine à l'Université de Perpignan. On voit son portrait, peint à l'huile. dans un des salons de M. le docteur Albert Donnezan.
Communication obligeante de M. le docteur Albert Don:nezan.
JALABERT (François-Césaire-Jean-Joseph), fils de Jean Jalabert, bourgeois, et de Marie Llobet, naquit à Perpignan, le 27 août 1769. Il suivit d’abord la carrière militaire. Le 22 germinal an VIII, Françcois Jalabert fut nommé conseiller de préfecture des Pyrénées-Orientales. Le 6 janvier 1813, il fut désigné par le Sénat conservateur pour représenter ce département au Corps législatif. Il reparut à la Chambre des représentants, le 15 mai 1815, comme l'élu du collège du département des Pyrénées-Oricentales, avec 65 voix sur 75 votants. Après les sessions de cette assemblée, il rentra dans la vie privée. En 1819, François Jalaberi publia la Géographie du déparlement des Pyrénées-Orientales, Perpignan, Tastu père et fils, in-8° de VII-172 pages. Cet ouvrage n'est qu’une statistique abrégée du département. Îl existe du même auteur: Première réponse à l'écrit intitulé Errata de la Géographie du département des Pyrénées-Orientales, imprimé chez J. Alzine, à Perpignan, sans nom d'auteur. François Jalabert mourut à Paris le 28 avril 1832.
Rosenr, BourzLorTox et Coucxyx, Diclionnaire des Parlemenlaires.
JAUBERT ou JOBERT (Jean), archidiacre de Conflent (1394-1405) remplissait la fonction de vicairegénéral de Barthélemy Peyro, évêque d'Elne. Il administra le diocèse en l'absence de ce prélat, chargé de missions diplomatiques. |
Archives des Pyr.-Or., B. 188, G. 3%, 169.
JAUBERT (Jean) était secrétaire général (scriba major) de la maison consulaire de Perpignan en 1479.
Archives des Pyr.-Or., B. 308.
JAUBERT (Barthélemy) était un chevalier qui adopta Île parti de Louis XT, lorsque ce monarque acquit le Roussilion. I} obtint, de son souverain, la donation des biens de Laurent Redon, bourgeois de Perpignan (15 janvier 1478). Le roi de France lui octroya aussi la concession des amendes et greffes des cours du baiïlli de Perpignan et de la viguerie du Roussillon et Vallespir. Barthélemv Jaubert exerça quelque temps l'office de viguier de Roussillon et Vallespir; il fit ensuite l'acquisition de la nef Notre- Dame Sainte-Catherine pour le transport des produits roussillonnais en Italie et dans le Levant. Ce riche chevalier se livrait encore à l’industrie de la minoterie et de la fabrication des huiles d'olive. Il possédait
des moulins à farine sur Île territoire de Bajoles et
des moulins à huile à Millas. H tenait aussi en afferme le pasquier roval de Cortsavy et les droits des généralités du Roussillon. Barthélemy Jaubert ne paraït plus après 1414, dès que le Roussillon eut fait retour à la couronne d'Aragon.
Archives des Pyr.-Or., B. 310,318, 324, 325, 410, 411, 412, 413, 414.
JAUBERT (Guillaume), fondeur de cloches, originaire de la ville de Saint-Gaudens. Il passa contrat, Le 18 novembre 1531, avec les fabriciens de Corneillade-la-Rivière, pour la fonte d’une cloche destinée à l'église du lieu, en remplacement de l'ancienne qui s’élait brisée. Le 23 août 1588, Guillaume Jaubert et Guillaume Augin «mestres fondeurs de Saint-Gaudens » passérent contrat pour la fabrication d’une cloche destinée à l'église de Pouyloubrin (Polobrin).
Archives des Pyr.-Or., G. 774. — PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
JAUBERT (Antoine), chanoine de Saint-Jean, fonda, le 7 avril 1587, une œuvre pie pour fournir une dot à une jeune fille de sa famille, ou à défaut d'elle, à une autre jeune fille n'ayant pas de quoi se maricr. Les administrateurs de cette fondation, qui dura jusqu'à la Révolution, furent le prévôt du chapitre de Saint-Jean et les syndics majeurs des chanoines et bénéficiers de la communauté ecclésiastique de cette église.
Archives des Pyr.-Or., G. 344, 345, 362.
JAUBERT (Simon), fils de François Jaubert- Corsa et de Catherine Bolet, se maria à Fle-sur-Tet, le 14 janvier 1583, avec Catherine Sarda-Troiart. Le 20 novembre 16417, ïil reçut le titre de bourgeois de Perpignan, et mourut à Elne, le 14 mai 1632, laissant
deux fils : François, dont la descendance mâle ne tarda pas à disparaître, et Sébastien.
Archives de la famille Jaubert de Passa. — Archives des Pyr.-Or., B. 384.
JAUBERT (Sébastien), fils du précédent. Il épousa, le 7 septembre 1625, Anne Rebollet, fille unique de Gaudérique Rebollet et d'Isabelle Terreros. De cette union naquit une fille, Bonaventure, laquelle se maria, en 1648, avec François Coronat, de Perpignan. Devenu veuf, Sébastien Jaubert convola en secondes noces, au mois de juin 1632, avec Marie Mauran- Vallespir ; il eut d'elle deux garçons, Etienne et Emmanuel, et une fille. Françoise, mariée le 22 décembre 1652 à Joseph Pallarés, de Rigarda.
Archives de la famille Jaubert de Passa.
JAUBERT (Etienne), fils du précédent, figura dans les rangs de l'armée des nobles catalans que commandait Dalmace de Queralt. en 1639. Le 1° mai 1639, il assista à l'assemblée générale du Bras militar ou noblesse de Catalogne, Roussillon et Cerdagne, qui se tint à Perpignan pour nommer le Protecteur et les autres officiers de cette société. Il unit ses destinées, en 1665, à celles de Margucrite de Taqui de Baldo, et mourut en 1676. Ses deux fils. Joseph et François, ne laissérent pas de descendance. Quant à sa fille ainée, Marie-Thérèse, devenue par la mort de ses frères l’héritière de la famille Jaubert, elle épousa en 1690 Abdon-Doumninique Esprer de Copons.
Archives de la famille Jaubert de Passa.
JAUBERT (Emmanuel de) servit en qualité de capilaine dans les milices de la province du Roussillon, depuis le 10 novembre 1733 jusqu'en 1765, année de sa mort. Get officier eut deux fils, Raymond et L'élix, qui suivirent aussi la carriere des armes.
Archives des Pyr.-Or., CG. 1311.
JAUBERT (Raymond-François-Antoine de) naquit à Perpignan, le 41 août 1740, Incorporé au régiment de Béarn-infanterie en qualité de lieutenant, le 25 août 1759, ïl fut réformé, le 30 décembre 1762. Raymond de Jaubert fut replacé au régiment de réserves de Perpignan avec le grade de lieutenant, le 1° mai 1763. Il fut ensuite nommé aidemajor de la place de Mont-Louis, le 7 avril 1773 et y demeura jusqu'au 4 juillet 1777. Raymond de Jaubert fut alors promu aide-major de la place de Perpignan. Il vivait en 1789, assista aux séances de l'Assemblée générale du Roussillon et laissa un fils, François, qui entra, en 1780, à l'Ecole royale militaire.
Archives des Pyr.-Or., C. 1311.
J AUBERT
JAUBERT (Félix-François-Antoine-Paulde), frère du précédent, commença à servir la France, le 25 août 1753, en qualité d’enscigne dans le régiment d'infanterie de Béarn. Ce corps avant été reformé, Félix-François-Antoine de Jaubert fut nommé lieutenant le 25 mars 1755. Îl passa dans l'Amérique septentrionale avec le second bataillon de Béarninfanterie, et fit la campagne du Canada, en 1756. Deux lettres écrites par lui. contenant des détails circonslanciés sur cette expédition militaire ont été publiées par l'abbé Casgrain dans son ouvrage : Monteabn el Lévis, guerre du Canada, Guebec. Demers. 1891. Félix de Jaubert, qui passa au régiment des réserves de Perpignan, le 20 mars 1765, fut promu major de Mont-Louis, le 9 mai 1771, Il occupait cette situation au moment de la Révolution.
Le tableau des noms de l'Assemblée générale que la noblesse tint à Perpignan. le 21 avril 1789, énumère six membres de la famille de Jaubert qui participèrent aux travaux de cette réunion : de Jaubert père. Emmanuel de Jaubert, Louis de Jaubert, François de Jaubert. Antoine de Jaubert. major de Mont- Louis et de Jaubert, aide-major de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., GC. Ut. — Abbé Cascraix, Montcalm el Levis, guerre du Canada, Guebec, Demers. — ALART, Noles el
documents historiques sur le département des Pyrénées-Orientales.
JAUBERT (Antoine), né en 1742, entra dans la carricre de l’enseignement dès l'âge de seize ans. Ses débuts à la Flèche. à Périgueux et à Bordeaux furent si brillants qu'il obtint facilement, en 1782, une chaire de philosophie à l’Université de Perpignan et une stalle de chanoine à la collégiale de la Réal de cette même ville. En 1786, Antoine Jaubert publia l'Eloge de M. de Mailly, in-12 de huit pages. Lorsque la Révolution éclata. il hésita à adopter les principes qu'elle prônait. Antoine Jaubert appartint. en 1790, aux clubs perpignanais des Jacobins et des Arnis de la pair, opposés aux idées nouvelles. Le 22 janvier 1790, il rédigea une protestation populaire. Antoine Jaubert se trouva mèlé à l'affaire du 5 au 6 décembre de la même année. H fut pour ce fait enfermé à la citadelle de Perpignan. Relaxé de prison dès Le mois de janvier 1791, Antoine Jaubert se méêla aux fonctions du culte non assermenté et osa résister à Pordonnance municipale profhibant les encensements. Six mois plus tard, it entra dans le mouvement révolutionnaire. Antoine Jaubert rompit avec les fonctions ecclésiastiques, devint membre des clubs et rédigea méme les procès-verbaux du Cornité central. En 1793, Antoine Jaubert fut nomimé administrateur du département des Pvrénées-Orientales. Le 17 mai de cette année-là, il fonda l'Echo des Pyrénées, journal à idées avancées, dans les colonnes duquel l'histoire trouve cependant de curieux détails à glaner sur la cam-
pagne de 1793 en Roussillon. Antoine Jaubert eut beau faire assaut de déclarations dans ce périodique. il ne parvint pas à gagner les sympathies des Jacabins. Il se vit dénoncé, en 1794, par Pavot-Ricord, comme mêlé au mouvement fédéraliste. I s'esquiva prudemment de Perpignan et se rendit à Sorèze où il accepta une place de professeur. Antoine Jaubert se trouvait encore dans cette ville, au mois de mai 1796, lorsqu'on institua l'Ecole Centrale à Perpignan. Ï fut appelé dans ce nouvel établissement d'enscigwnement supérieur pour y occuper la chaire de professeur de physique. Vers la fin de lPannéce, il fut charué par l'Administration de créer à Perpiwnan une maison d'instruction secondaire. On s'encagea à lui céder les locaux de lPancien collège Pi durant l'espace de vingt ans et à lui verser. à des époques fixes et par fractions. la somme de dix mille francs. Antoine Jaubert dût. de son côté, restaurer Ta maison suivant un devis déterminé et y préparer un logement pour neuf professeurs de l'Ecole Centrale, dont le nouveau collège devenait l'annexe et la pépinière. Le 10 mai 1797, les deux parties s'engagèrent, par devant notaire, aux conditions projetées. L'ouverture de la nouvelle institu- Lion eut lieu le 1° novembre 1797. Mais de graves diflicultés surgirent aussitôt au sujet de l’acceptaüon du fait accompli par le ministre. Des démèlés sen suivirent. dans le cours desquels Antoine Jaubert fit preuve d'éminentes qualités d'un maître de pension. [l publia réguliérement les Actes publics du pensionnalt, espèces de palmarès modernes, doublés de compte rendus annuels et de programines d'études. Le 2 mai 1805, le conseil municipal, sur linstigation du maire de Perpignan, général Bertrand de ’almarole, s'occupa du projet d'un établissement communal d'instruction secondaire. La municipalité entra en pourparlers avec Antoine Jauberlt pour acquérir l'immeuble qu'il occupait. Celui-cidemanda cinquante mille francs d'indemnité. Les édiles de Perpignan acceptèrent ces conditions, le 7 seplembre 1806, mais le Gouvernement les rejeta quelque temps après. Le 10 mai 1807, le conseil municipal offrit à Antoine Jaubert la somme de vingt-deux mille francs, avec promesse de le maintenir à la tête du collège désormais communal et mis sur le pied d'un lveée de seconde classe. Jaubert déclara ne pouvoir céder son immeuble qu'au prix de vingtcinq mille francs ; mais le 9 juin 1807, il accepta Îles proposilions offertes par la Ville de Perpignan. Le décret impérial érigeant l'ancien pensionnat Pi en collège communal fut publié le 17 octobre 1807. La prise de possession officielle du college par la municipalité perpignanaise s'effectua le 7 septembre 1808. Antoine Jaubert dirigea le nouvel établissement d'instruction secondaire jusqu'à sa mort survenue
en 1817. Sa nièce, Angélique Jaubert, épousa, en 1795, l’imprimeur Jean Alzine.
Abbé Tonneu.Les, Histoire du clergé dans le département des |
Pyrenées-Urientales pendant la Revolution française ; L'Universilé de Perpignan; Le Collège de Perpignan; L'Ecole Centrale de Perpignan.
JAUBERT-CAMPAGNE (Antoine) naquit à Perpignan, le 17 février 1780. Il embrassa la profession d'avocat et sut mériter, par ses qualités oratoires, une place distinguée au barreau de Perpignan. Les occupations professionnelles n'offrant pas un aliment suffisant à l’activité de son intelligence, Antoine Jaubert-Campagne s’adonna de bonne heure à des travaux littéraires et à des recherches historiques sur la province du Roussillon, qu'il poursuivit jusqu’à la fin de ses jours. Durant plusieurs années, il compulsa les vieux manuscrits. lut les auteurs anciens qui avaient disserté sur le droit public et privé du Roussillon. Lorsqu'il eut amassé de nombreux documents sur les lois. les usages et les coutumes qui régissaient le pays sous l’ancien régime, il retraça les éléments principaux de cette organisation judiciaire dans plusicurs opuscules publiés à différentes époques. Des 1833, Antoine Jaubert-Campagne édita, chez Alzine, un Essai sur les anciennes institulions municipales de Perpignan, où il mit à profit d'une manière sommaire et parfois peu heureuse les deux manuscrits qui conservent les actes du droit public de la vieille cité: Le Livre verl majeur et le Livre vert mineur. En 1848, il publia un Mémoire sur l'arrosage dans le département des Pyrénées-Orientales. Le VII Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales renferme une étude historique sous la signature d'Antoine Jaubert- Campagne qui est intitulée : Le Vieux Roussillon. Ce travail esquisse à grands traits l'ancienne constitution politique de la province. Antoine Jaubert-Campagne a écrit encore plusieurs éloges historiques, dont le premier, consacré au maréchal de Mailly, fut couronné par la Socicté Littéraire des Pyrénécs- Orientales, au concours de 1820. Antoine Jaubert- Campagne mourut à Perpignan, le 10 mat 18:54.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
JAUBERT DE PASSA (Jacques), né en 1729, était Le fils cadet de Pierre Jaubert, de Llupia. En 1749, son oncle, Pierre Parahy, lui légua tous les biens qu'il possédait à Passa, Villemolaque et Tresserre. Jacques Jaubert de Passa épousa, cette année-là même, Thérèse Gurgas qui lui apporta une riche dot en biens-fonds. Il s'adonna avec zèle ct intelligence à l'exploitation de ses terres. H doubla fa valeur de ses domaines par des améliorationsetdes acquisitions nouvelles : il planta à Passa, Tresserre et Villemola-
que plus de huit mille pieds d’oliviers. Jacques Jaubert de Passa, qui fut officier des gardes de la province sous les ordres du maréchal de Noaiïlles et député à l’Assemblée nationale, en 1787, mourut le 5 mars 1802. Il avait eu de son épouse six enfants : Pierre, Jacques, François. Rose, Catherine et Joseph.
Archives de la famille.
VJAUBERT DE PASSA (Pierre), fils ainé du précédent, naquit en 1750. IL fut docteur-ès-lois, procureur-syndic à Céret, membre du Directoire du département des Pyrénées-Oricentales et conseiller général du canton de Thuir. Pierre Jaubert de Passa s'était marié, en 1779, à Catherine Vilar qui lui donna neuf enfants, parmi lesquels : Marie-Thérèse, épouse d’Anglès de Céret ; Catherine, femme de Tardiu et François, le membre le plus connu de la famille. Pierre Jaubert de Passa mourut en 1808.
Archives de la famille.
VAUBERT DE PASSA (Jean -François- Jérôme), frère du précédent, naquit à Passa le 25 juin 1754. Avocat depuis le 2 juin 1785, il fut procureur de la commune de Céret en 1791. Maire de cette localité en 1792, il devint successivement juge-président du canton et procureur impérial près le tribunal de première instance de Céret. Jean-François Jaubert de Passa fut élu, le 45 mai 1815, par cet arrondissement, représentant à la Chambre des Cent-Jours avec trente-neuf voix sur quarante-trois votants. Il ne fit pas partie d’autres assemblées. Il avait épousé Lucie Quiée, de la famille des d’Assas. Une fille unique naquit de cette union. S'étant mariée au général de Bourgon, elle mourut, en 1881, sans laisser de postérité.
Archives de la famille. — RoBerrT, BoukLzLoToN et CocG\y. Diclionnaire des Parlementaires.
JAUBERT DE PASSA (Joseph), frère des deux précédents, entra dans la carrière ecclésiastique. Elève du Grand-Séminaire Saint-Charles de Toulouse, il reçut les ordres mineurs, le 10 juin 1775, des mains de l'évêque de Saint-Papoul. Diacre en 1779. il entra en possession d'un bénéfice fondé à l'autel de Sainte-Catherine de l’église de Thuir. Ordonné prètre, il devint un des secrétaires de l'archevêque de Toulouse. Loménie de Brienne. Lors de l'élévation de ce prélat au ministère, Joseph Jaubert de Passa se retira à Thuir pour y vivre. dans la retraite, du produit de son bénéfice ecclésiastique. Il applaudit aux premiers actes de l'Assemblée nationale, et son imagination surexcitée par de longues veillées studicuses, lui faisait souhaiter une réforme sociale. Joseph Jaubert de Passa ne tarda pas à être effravé par la marche précipitée de la Révolution. Craignant
que sa présence à Passa n'aggravât les périls que courait sa famille, il renonça courageusement au repos dont il jouissait et à la sécurité qu'il eut trouvée au-delà de la frontière. Il quitta le Roussillon. au mois de mai 1793, pour se rendre à Toulouse. Arrêté à Villefranche-de-Lauraguais. il fut trainé dans les prisons de Toulouse. Le tribunal criminel du département de la Haute-Garonne porta contre lui la sentence de mort, le 15 février. 1794, en le qualifiant de prêtre réfractaire. L'abbé Joseph Jaubert de Passa fut exécuté dans les vingt-quatre heures. Il fut, à Toulouse, le premier prêtre qui monta sur l’échafaud. Depuis longtemps il avait prévu sa mort, et il s'y était préparé par des actes de dévoucment qui honorent sa vie et qui lui gagnèrent les sympathies de ses persécuteurs. Arrivé sur l’échafaud, il pardonna à ses bourreaux et, élevant la voix avec une énergie surprenante, prédit aux Toulousains un prochain retour vers le passé et la restauration des Bourbons.
Archives des Pyr.-Or.. G. 891. — Archives de la famille. — Abbé GuiLLox, Martyrs de la Foi pendant la Révolution française.
JAUBERT DE PASSA (François), fils de Pierre Jaubert de Passa et de Catherine Vilar, naquit à Passa le 24 avril 1785. Son père et sa mère avaient fait de beaux rèves sur son berceau ; mais la Révolution française, en changeant leur position sociale, traversa leurs projets. Cependant, ils ne surent rien négliger pour lui faciliter un avenir honorable. Ils confièrent son éducation élémentaire à l’abbé Jaubert. Plus tard, leur fils entra au Collège militaire de Tournon et perfectionna ses études au Prytanée, d’où il sortit pour être incorporé comme sous-lieutenant dans le 12° régiment de Dragons ; mais son père, facilement alarmé des périls qui accompagnaient la gloire militaire à cette époque, le rappela auprès de lui. François Jaubert obéit, mais non sans regret, à cette injonction paternelle. Cependant, il obtint de rester encore à Paris pour y compléter son instruction ou l'approprier à une autre carrière. Sa vie d'étudiant devint alors très laborieuse : elle se partageait entre les cours de l'Académie de Législation, de l'École de Médecine, et les leçons de l'Académie des Beaux-Arts dirigée par David. Sa forte volonté, sa vive imagination, favorisées par une conception promple. un jugement sûr et une mémoire des plus heureuses, lui facilitèrent le succès de ses études nouvelles et multipliées. Il ne tarda pas à être inscrit sur le tableau des avocats, et l’Académie de Dessin lui décerna Ja médaille d’artiste. Mais cédant toujours aux nécessités de la famille, il renonça à ses goûts de prédilection et il crut entrevoir des chances dans la carrière administrative. À Tournon el au Prytanée, il eut pour amis
des condisciples dont les familles appartenaient aux illustrations de l’époque. A la faveur de ces amitiés, il fut présenté dans les salons de Cambacérès, de Tallevrand et de Cuvier. où l'avait devancé la renommée de ses succès scolaires. Il fut vite jugé, et un décret du 11 janvier 1806 le nomma Auditeur au Conseil d'Etat. C'était un brillant prélude à une carrière pour ainsi dire improvisée. Mais une maladie sérieuse menaçait son père, et il fut contraint de demander un congré (1810) ; néanmoins, il fut maintenu pendant un an sur les cadres du Conseil d'Etat. Le 10 juin 1813, les fonctions de Sous-Préfet à Perpignan lui furent confiées ; il les conserva peu de temps, mais au mois d'août 1814, il fut envoyé auprès du général Castañas, salliciter la retraite de l’armée espagnole. Pour le récompenser du talent et du patriotisme qu'il déploya dans cette mission, le Gouvernement lui donna place parmi les Conseillers de Préfecture (décret du 5 octobre 1815). L'influence de cette nouvelle position ne fut pas inutile à son pays : connaissant tout ce que peut promettre de richesse l’application d’un bon svstème d'arrosage, surtout dans un pays essentiellement agricole comme le nôtre, il profita de l'appui que lui accordait le préfet, Villiers du Terrage, pour organiser le syndicat de la Tet (1818-1819). Le règlement de ce syndicat, qu'il rédigea lui-même, fut appliqué par ordonnance royale et accepté, enfin, par l’Administration des Travaux publics. En 1817, la rareté des subsistances inspirait des craintes sérieuses à l’Administration, et les spéculateurs étrangers aggravaient encore la situation : les désordres qu'amène la disette semblaient imminents ; Jaubert de Passa proposa un plan dont l'application prévint toutes les difficultés. Il provoqua une réunion de douze notables qui, renonçant généreusement à des profits que les temps rendaient trop certains, firent une mise de fonds pour l’approvisionnement du pays. François Durand s’empressa de s'associer à cet acte de patriotisme ; et, mettant au profit de ses concitoyens Îles vastes ressources de sa ‘haute capacité commerciale, il sut faire arriver d'abondantes cargaisons dans Îles ports de Saint-Laurent et de Port-Vendres. Un magasin public fut ouvert, et les populations roussillonnaises purent s’y approvisionner au fur et à mesure de leurs besoins et à des prix modérés. La crise passée, on constata un bénéfice de 1.500 francs, qui furent distribués aux employés du magasin.
François Jaubert de Passa composa et publia deux volumes : le premier sur les arrosages des Pyrénées- Orientales. et le second. sur les irrigations en Espagne. Ce dernier livre, résultat d'une mission screntifique, dont l'avait chargé M. le Ministre de lIntérieur, fut traduit en espagnol ct en allemand. Le succès de ces publications l'encouragrea à livrer à la
presse quelques mémoires sur des sujets d'économie rurale. Le Gouvernement voulut sanctionner l’opinion publique ; et. par ordonnance royale du 11 août 1823, |. Jaubert de Passa fut nommé, commehomme de lettres, Chevalier de la Légion d'Honneur. Il justifia cette distinction par d’autres travaux estimés. Il était membre de plusieurs Sociétés savantes nationales ou étrangères, entre autres de la Société royale et centrale d'Agriculture, de la Société royale des Antiquaires, de la Société Linnéenne, de celle de Toulouse, de celle de Valence, en Espagne. A toutes il envoya son tribut d'intelligence et de dévoûment ; toutes avaient su apprécier son utile coopération. Plusieurs de ses mémoires, sur des objets mis au concours, furent couroanés. Tant de travaux utiles, son activité si constante, ses grandes aptitudes, devaient lui ouvrir les portes de l’Institut de France, rare distinction, qui suffit pour faire la réputation d'homme éminent. Ce fut le 3 janvier 1825 qu’il eut l'honneur d'être agrégé, comme correspondant, à cette illustre Compagnie. Depuis cette époque, fixé parmi nous par de nouveaux liens de famille, il renonçÇa à quitter le pays. Jamais il ne négligea d'étendre le cercle de ses connaissances. Il cultiva le commerce des gens de lettres, des savants, des artistes, pour trouver le moyen d'élever son esprit; et, cependant, ceux qu'il regardait comme ses maîtres se plurent, plus d’une fois, à rechercher ses décisions. Après 1830, l'élection le fit entrer au Conseil général : il y resta jusqu'à sa mort (16 septembre 1856). D'éminentes qualités le distinguèrent dans cette Assemblée, dont il dirigea plusieurs fois les travaux comme président.
On lui doit de nombreux ouvrages, dont la plupart ont pris rang parmi ceux qui honorent son pays.
Les plus connus sont :
Mémoire sur les cours d’eau des Pyrénées-Orientales :
Voyage en Espagne. où arrosage en Espagne ;
Mémoire sur la cullure du chéêne-liège ;
Mémoire sur la culture de l'olivier ;
Mémoire sur le mürier ;
Notice historique sur la ville el le comté d'Empurias ;
Essai historique sur les Gilanos ;
Recherches sur Roses el le cap de Creus ;
Carte marine des côtes de la Méditerranée espagnole ;
E:rpédilion de Philippe-le-[lardi en Catalogne ;
Une famille calalane en 1710 ;
Istdro ;
Marie de Montpellier ;
Mémoire historique sur le cloître du Monastir, et les monuments roussillonnais ;
Mémoire sur les pasquiers el les forêts de l'État. H concourut à la publication du grand ouvrage de Taylor et Mérimée, sur {a France pilloresque et roma-
nesque, pour lequel il fournit les dessins et les légendes du Roussillon ;
Recherches sur les arrosages chez les anciens, # forts volumes. Cet ouvrage, qui obtint la grande médaille d'or, a eu les honneurs de la traduction en Espagne.
On soupçonne à peine l’incessant travail de recherches que cet ouvrage dut coûter à son auteur. Rien ne manque à ce livre pour en rendre la lecture attrayante : les descriptions géographiques, les tableaux de mœurs, écrits dans un style net, concis, serré el fleuri, tout y révèle une vaste érudition, une application patiente et l'expérience d’un écrivain habile. Ce livre, mis au concours depuis vingt-cinq ans, est l’histoire complète de l’arrosage et de la législation des anciens. Il manquait à la science agronomique : François Jaubert de Passa l’entreprit dans l'intérêt de la patrie.
Les travaux de Jaubert de Passa lui valurent une belle moisson de lauriers dans les champs littéraires : il reçut, outre la croix de la Légion d'Honneur, quatre médailles d'or, trois en argent, plusieurs en bronze, et de nombreux témoignages flatteurs de la part des sommités de la science. Là ne se borne pas son bagage littéraire. Il a laissé des manuscrits que nous croyons précieux, entre autres l'Hisloire du Roussillon, fruit de ses dernières veilles et de longues méditations : c'était son dernier tribut payé à son pays. Cette histoire est malheureusement inachevée. Sa vaste correspondance avec des personnages appartenant aux lettres, aux sciences, aux arts et à l'administration, lui avait donné une supériorité remarquable dans l'art d'écrire une lettre. Les siennes se distinguent par un style orné de toutes les qualités que ce genre exige ; et il se complète par ce vernis de politesse exquise, par la finesse de l'esprit et la justesse de l’à-propos, qui en font le charme, dans les écrivains de cel ordre.
Mais son œuvre capitale, où il s'est peint luimême avec secs impressions, avec l'expérience des hommes et des choses. est celle que le public ne sera pas appelé à lire, de longtemps encore, ce sont ses Mémoires, qu'il écrivit pour son petit-fils, Henri Jaubert, et qu'il termina en 1853. Tout en racontant d'abord sa vie d'étudiant à Paris, il donne des apercus sur les lettres, les sciences, la philosophie, les arts et sur les célébrités contemporaines, qu’il compare rapidement aux maîtres des écoles de l’antiquité. Ce sont des esquisses d'histoire, faites avec cette précision qui est le fruit d'une longue attente, éclairée par les rectifications que fournit le temps dans l'appréciation des actions humaines. Il écrivait pour son petit-fils : il lui devait la vérité, et sa plume aurait refusé d’obéir aux entraînements qui n'eussent pas cu pour mobile la conscience du vrai et du
JAUBERT — JAUME
beau. Ces mémoires composent cinq forts cahiers. Le sentiment chrétien qui domine dans toutes les pages de cette œuvre prouve que François Jaubert avait toujours placé les événements sous l'influence divine. En 1828, le prince Woronzof, gouverneur général de la Crimée, avec lequel il entretenait d'honorables relations, l’appelait à Odessa, pour lui confier la charge de directeur général de l’agriculture. Il lui offrait 40.000 francs de traitement et lui assurait l’avenir de ses enfants ; mais François Jaubert de Passa, vivement combattu par l'amour de la patrie, se borna à remercier le prince. À cette même époque, les savants Bosch, Sylvestre, Yvart, Cuvier, le baron Teissier, tous membres de l'Institut, et maîtres des premiers postes dans les sciences, les lettres et l'adininistration. le sollicitaient pour qu'il acceptât une chaire de professeur d'agriculture au Jardin des Plantes : il obéit aux répugnances de M°° Jaubert, son épouse, que l’idée de quitter la province ou la patrie, avait toujours effrayée. Un peu avant 1840, il était libre d’accepter la place d'inspecteur d’agriculture en Afrique. Le prince Esterhazy, essaya plusieurs fois de l’atlirer auprès de lui, en lui assurant les bénéfices d’une charge administrative très élevée. Né, pour ainsi dire, dans les champs, François Jaubert de Passa y revint pour y rester avec une riche éducation, un esprit cultivé et le souvenir d’illustres arnitiés auxquelles il fit appel moins pour lui et les siens, que pour l'utilité des autres. Il mourut à Passa, le 16 septembre 1856.
François Jaubert de Passa eut cinq enfants de son épouse, Françoise Morer, de Finestret : Edmond qui, après de bonnes études au lycée Louis-le-Grand, tint une maison de banque à Perpignan ; Elisa, épouse du colonel Bach ; Adolphe, officier de marine ; Octave, officier dans le régiment des tirailleurs de Vincennes, tué en duel à Metz en 1842; et Charles, mort en bas-âge.
Archives de la famille. — Marrrs, Nolice biographique de François Jaubert de Passa, dans le XI° Bulletin de la Societe Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénees-Orientales.
JAUBERT DE RÉART (Joseph) naquit à Ponteilla, le 30 décembre 1792. Son existence fut courte mais remplie. Maire de la commune qui le vit naître et membre du Conseil du premier arrondissement des Pyrénées-Orientales, il consacra à l'étude ses heures de loisir. Les travaux scientifiques de Jaubert de Réart.la plupart insérés dans le Publicaleur des Pyrénées-Orientales, sont en grand nombre. Ce fut grâce à ses persévérantes invesligations et à son intelligence que l'archéologie fit ses débuts dans le Roussillon. Le premier, Jaubert de Réart signala dans le pays les monuimnents celliques qu'il contient. Le Journal des Savants, dans son numéro d'avril 1835,
parla en termes élogieux des découvertes de Jaubert de Réart. La science lui doit encore des recherches
| sur la langue des bohémiens, qu'on ne doit pas qua-
lifier de frivoles, mais bien de curieuses et savantes. Jaubert de Réart fut un des premiers membres de la Société Philomathique devenue plus tard la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales. Dès les premiers jours de cette association, Jaubert de Réart déploya une activité et un dévouement qui contribuèrent à assurer son succès et son avenir. Îl en était le président, lorsque la mort le frappa, à Ponteilla, le 23 mars 1836. Jaubert de Réart était aussi le correspondant de la Sociélé royale des Anliquaires de France.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
JAUME (Dominique), de l’ordre des Frères-Précheurs. écrivit, à l’époque de sa résidence au couvent de Collioure, une Histoire de l’ordre de Saint-Dominique. C'était vers 1350. Jusqu'à la veille de la Révolution, ce précieux manuscrit fit partie de la collection des ouvrages renfermés dans la bibliothèque des religieux Jacobins de cette ville maritime. En 1357, Dominique Jaume fut élu Provincial de la Provence. Dix ans après, il passait à la tête de la province d'Aragon. Durant son passage à la direction de cette dernière province, il eut l’insigne honneur de recevoir, au noviciat de Valence, saint Vincent Ferrier, le saint si populaire et si avantageusement connu dans Île Roussillon. Dominique Jaume est l'auteur de deux volumes intitulés Chroniques. Le premier mentionne tous les couvents d'hommes et de femmes de son ordre ; l’auteur se contente d’y consigner simplement la date de leur fondation. Le second relate la tenue des chapitres généraux ou provinciaux des Frères-Prêcheurs en France et en Aragon. Le P. Jaume fut un historien doublé d’un parfait administrateur, car il a composé aussi divers travaux d'économie religieuse. On cite de lui un ouvrage sur La bonne geslion des affaires de son ordre, un traité sur le Mode de convocation des chapitres el sur la manière de procéder aux élections et enfin un volume juridique sur la procédure à suivre entre Dominicains dans les cas liligieur.
TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — P. Faces. Histoire de Saint Vincent-Ferrier.
JAUME (Joseph-Jean-Michel) naquit à Perpignan le 2 juillet 1731, de Michel Jaume, notaire de cette ville, et de Catherine Boxader. son épouse. TI entra tout jeune au collège des Jésuites de Perpignan. Il n'eut pas plutôt terminé son cours de philosophie qu'il se décida à embrasser la profession du barreau. Après avoir pris le grade de docteur en droit dans l'Université de sa ville natale, le 19 fé-
vrier 1754, il se perfectionna dans la science des lois, sous la direction d'un des plus grands jurisconsultes qu’ait produits le Roussillon, Antoine Coma, avocat au Conseil souverain de cette province et professeur en droit, depuis 1710, à l'Université de Perpignan. Joseph Jaume commençait à peine sa carrière d'avocat qu’il conçut le dessein de se vouer à l'instruction de la jeunesse dans l'Université où il avait puisé ses connaissances juridiques et qui. de tous les temps, avait vu ses chaires occupées par des talents de premier ordre. Le 17 mai 1757, jour de la mort du jurisconsulte Antoine Coma, Jaume fut nommé viceprofesseur à sa place. Cette chaire de droit ayant été mise au concours, il la remporta avec la plus grande distinction dans le mois d'octobre de la même année. Jaume avait alors vingt-cinq ans. Il l'occupa jusqu'en 1791, époque de la dissolution de l'Université de Perpignan. Le jeune professeur dépassa bientôt les espérances que ses précoces talents avaient fait concevoir. De son école sortirent une quantité de jurisconsultes qui ont fait honneur au Roussillon. Personne ne réunit à un plus haut degré que Jaume la solidité du jugement, la facilité de la parole, la clarté dans l’expression, la lucidité dans les pensées et la force du raisonnement. Ses discours, plaidoyers ou mémoires sont aussi remarquables par l'érudition que par la pureté, la précision et souvent par l'élégance du style. Trois ans ne s'étaient pas encore écoulés depuis que Jaume se livrait à l'enseignement du droit, que l’évêque d'Elne, Charles de Gouyÿ d’Avrincourt, le désignait pour son avocat et son conseil ordinaire à la place de Coma. décédé. Ce prélat lui confia aussi la place de juge banneret des villages dépendants de l’abbaye de la Réal, unie à la mense épiscopale. Le 7 janvier 1669, Jaume fut mis en concurrence, pour la place de recteur de l'Université, avec le chanoine Vidalier, doyen des professeurs, bachelier cn médecine et docteur dans les autres facultés. A la pluralité des suffrages, le rectorat fut adjugé à Jaume qui prononça son discours à la louange du roi, le 13 février 1770. Une des deux places de substitut du procureur-général près le Conseil souverain étant devenue vacante en 1779, par suite du décès d'Antoine Jaubert, Joseph de Vilar, procureur-général, pria Jaume d'accepter le siège vacant. Jaume crut devoir refuser cette offre honorable. Le Conseil souverain dépêcha auprès du professeur de droit un de ses membres, Etienne Desprès, qui finit par avoir raison de ses hésitations. La réputation dont jouissait Jaume nc tarda pas à dépasser les limites du Roussillon. Les avocats des premiers barreaux du royaume, tels que ceux de Paris et de Toulouse, établirent avec lui des relations. Plusieurs fois, ayant à décider des ques- Lions graves, ces mayistrals eurent recours aux connaissances et aux lumières juridiques de Jaume.
JAUME
Une nombreuse et brillante clientèle sollicita ses conseils et lui confia la défense de ses intérêts. C’est ainsi qu'il devint l'avocat ordinaire, non seulement de l’évêque d’Elne, mais encore du Gouverneur de la province, des Intendants, des Premiers-Présidents, des Procureurs-généraux et de presque tous les présidents et conseillers du Conseil souverain du Roussillon, des maisons de Perpignan les plus distinguées telles que celles du marquis d’Aguilar, du comte de Ros, du baron de Cabrens, des familles d'Oms, de Copons, de Çagarriga, de Réart. de Boisambert, de Camprodon, de Montferrer, de Noaiïlles, et après la mort de Fossa (1789). du prince de Montbarrey. ancien ministre de la guerre et du département du Roussillon.
Lorsque les lois rendues par l’Assemblée nationale, les 22 mars et 15 avril 4791, assujettirent tous les fonctionnaires publics, et par conséquent les professeurs des Üniversités, à prêter le serment constitutionnel, Jaume s'empressa d'adresser au recteur sa démission de professeur. Le recteur convoqua immédiatement le conseil général de l'Université. Dans sa réunion, cette commission décida que le recteur se rendrait chez Jaume pour le supplier, au nom de l’Université, de retirer sa démission et de vouloir bien continuer l'exercice de ses fonctions. Jaume se laissa fléchir. Sans consentir toutefois à prêter le serment, il se décida à continuer le cours de son enseignement jusqu'au jour où un remplaçant lui serait donné. Quand après la suppression du Conseil souverain on eut‘créé, en 1790, les trois tribunaux civils du département des Pyrénées-Orientales, les électeurs, avant de procéder au choix des cinq juges qui devaient composer le tribunal de Perpignan, députèrent plusieurs d'entr'eux à Jaume pour Île prier d’agréer les fonctions de premier juge ou président de ce tribunal. Tout en remerciant les membres de cette députation de leur bienveillance, Jaume leur répondit qu'il n'avait jamais voulu être juge, qu’il avait refusé même la charge de membre du Conseil souverain et que, conséquemment, il ne pouvait accepter la judicature qu'on lui offrait. Joseph Jaume épousa, Le 9 mai 1737, Marie-Anne Bosch ; celle-ci eut plusieurs enfants dont trois survécurent : François, Catherine et Thérèse qui épousa, en 1803, Vincent Vicens, président du tribunal de Prades. sous le premier Empire. Joseph Jaume mourut à Perpignan, le 14 décembre 1809, Les écrits nombreux de Jaume attestent sa passion pour la science du droit et l’étude. Ses volumineux traités de droit. qui excitent sans cesse par leur profondeur l'admiration des légistes qui les consultent, portent l'empreinte d’un savoir aussi vaste que consommé. Voici la nomenclature des ouvrages de Jaume :
JAUME
Ouvrages de Droit :
Explication des quatre livres des Institutions civiles de l’empereur Justinien, en 2 vol. in-4°, contenant ensemble environ 600 pages ;
Tractatus Academico-forensis, de Jure accrescendi, 1 volume in-4° de 206 pages ;
Tractatus Academico-forensis, ad legem falcidiam et senatus-consultum Trebellianum, 1 volume in-4° de 180 pages ;
Petit traité de Successionibus quæ ab intestato deferuntur ex jure Novellarum, 1 volume in-4° de 42 pages ;
Autre petit traité de Substitutionibus directis. 4 vol. in-4° de 42 pages ;
Tractatus Academico-forensis de Donationibus, 1 volume in-4° de 220 pages ;
Petit traité ou exposition abrégée des Renonciations aux bénéfices et privilèges de droit, qui peuvent ou ne peuvent pas être faites dans les contrats, 4 volume in-#° de 114 pages ;
Traité des cas prévôtaux ou présidiaux. suivant l'ordonnance criminelle de 1670 et la déclaration du roi, du 5 février 1734, 1 vol. in-4° de 108 pages :
Traité de la Reconnaissance et vérification des écritures privées, et de la preuve contre et outre le contenu aux actes publics et privés, 1 volume in-4° de 196 pages ;
Traité des Successions légitimes, régulières et irrégulières, suivant les lois et ordonnances du royaume et le droit municipal du Roussillon, conférés avec le droit romain, 1 volume ïin-#° de 234 pages ;
Traité des secondes noces, suivant les lois civiles et les lois de l'Eglise et suivant l’édit des secondes noces. fait par le roi de France François IT, au mois de juillet 1560, qui rendit communes à tout le royaume les peines que les lois romaines avaient établies contre les secondes noces contractées même après l’an, { volume in-4° de 260 pages ;
Recueil de Mémoires imprimés, 3 vol. in-folio contenant: le premier 630 pages, le second 532 et le troisième 556 ;
Recueil manuscrit d’arrêts du Conseil souverain de Roussillon, 10 vol. in-folio de 580 pages chacun ;
Recueil manuscrit de matières civiles, 2 vol. in-folio contenant : le premicr 1220 pages cet le second 748.
Recueil manuscrit de matières ecclésiastiques ct bénéficiales, 2 vol. in-folio contenant: le premier 952 pages cet le second 650 ;
Recueil manuscrit de matières ecclésiastiques et canoniques, 2 vol. in-folio de 780 pages chacun ;
Farrago diversorum, c’est-à-dire, mélange de plusieurs matières civiles, ecclésiastiques, canoniques, bénéficiales et autres, 4 gros vol. in-folio,
le premier de 1116 pages, le second de 1006, le le troisième de 916 et le quatrième de 1048 ;:
Explication de l'ordonnance du mois d'avril 1667 sur les matières civiles, 4 vol. in-folio de 372 pages ;
Recueil de différents traités de paix, et conventions ou accords intéressants pour la province de Roussillon, 1 volume in-folio de 198 pages ;
Droits et privilèges de la province de Roussillon et de la principauté de Catalogne, avec la liste des comtes de Roussillon et de Cerdagne, 96 pages infolio ;
Stile de lettres de chancellerie pour la chancellerie
établie près la cour du Conseil souverain de Roussillon, depuis l’édit de création de ce Conseil souverain donné par Louis XIV, à Saint-Jean-de-Luz, après la paix des Pyrénées, au mois de juin 1660, joints des faits historiques de ladite chancellerie et le tarif des droits de sceau, 1 volume, gros in-4° :
Règles pour connaître la valeur des vieilles espèces de monnaie qui ont cours dans la province de Roussillon, suivies d’une ordonnance des consuls de Perpignan du 3 juin 1772, et de nouvelles découvertes sur les différentes espèces de monnaie qui avaient eu cours en Roussillon et en Catalogne. et sur les différents poids et mesures de ce pays et même du Languedoc et autres provinces de France, 1 volume in-4° de 278 pages.
Ouvrages religieux :
Le Très Saint Rosaire de la Sainte Vierge Maric, petit volume in-12 ;
Les quatre dimanches de l'Avent et les trois jours des Quatre-Temps d'hiver ;
Prières des Quatre-Temps de l’année ;
Prières diverses pour le cours de l’année et surtout pour les dimanches ;
Plusieurs écrits, au nombre de 36, ayant pour objet des Octaves, des Neuvaines, des Septenaires, etc.
Noëls, Hymnes et Proses en vers français, catalans et patois, écrits en 1 vol. in-12 et en 1 vol. in-# ;
Goigs ou éloges de plusieurs saints ct autres hymnes et Proses, écrits en 4 vol. in-12 et en ! vol. in-4’:
Calendrier des fêtes annuelles et solennelles et les Vies des Saints, pour tous les jours de l’année, 1 gros volume in-4° de 9120 pages ;
Martyrologe romain des Fêtes et Saints y rapportcs et d’autres Saints rapportés dans l'Histoire ecclésiastique de M. de Fleury ; précédé d’une liste chronologique des papes, suivi d'un catalogue des saints rois. reines. empereurs, impératrices, princes et princesses de tous les pays catholiques. de la filiation des ancêtres de Louis XVL, roi de France et de Navarre, en remontant jusqu'à saint Arnoul, tige de la seconde et de la troisième race des rois de France ; d'une chronologie de tous les rois
de France, depuis et y comprise la première race ; et enfin de différents rapports et ressemblances de la vie et de la mort de saint Louis, roi de France, et de sainte Elisabeth ou Isabelle, sa sœur, et du reste de sa famille, avec la vie et la mort de Louis XVI, roi de France, de la princesse Elisabeth, sa sœur, et du reste de sa famille, etc... 1 vol., petit in-folio de 400 pages ;
Epitome ou abrégé de la vie de Jésus-Christ, extrait des quatre Evangiles, avec une explication de sa passion et son dernier avènement, { volume, petit in-folio de 260 pages ;
Parnasse chrétien, 4 volume in-4° de 140 pages ;
Collection de psaumes en vers français, 1 volume, petit in-12 de 88 pages.
Jaume laissa aussi des Mémoires en 1 volume manuscrit in-4° de 284 pages, qu'il intitula : « Faits historiques de la famille Jaume et Franc de laquelle je suis né; et faits particuliers de ma vie depuis ma naissance, qui fut le 2 juillet 1731, jusqu'à l’an 1808 », avec cette épigraphe : Si nomen Domini benedictum, ex hoc, nunc, et usque in sœculum. Amen. M. l'abbé Torreilles les a édités en 1894, chez Latrobe, 1 vol. grand in-8° de Lxn-215 pages.
Publicateur des Pyrénées-Orientales de 1835. — Justin Bausy, Etude biographique sur Joseph Jaume, dans le XVIII Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orienlales.
JOCAVELL (Joseph), natif de Finestret et curé de La Bastide, publia en catalan, l’année 1688, chez L. Reynier, un volume in-12 intitulé : Reglas y documents parliculars per la vida eremilica. En ces temps de dévotion et de pratiques religieuses, la vie érémitique était en honneur dans la province du Roussil- Ion. Déjà en 1640, Honoré Ciuro mena ce genre de vie solitaire dans l'ermitage de Saint-Martin de Camélas, qu’il restaura de ses mains et à ses frais. Narcisse Camos, un dominicain espagnol très dévot . à la sainte Vierge, avait fait imprimer à Barcelone, en 1657, son Jardin de Maria plantado en Calaluña où, entr'autres choses, il décrit les églises et les ermitages dédiés à la reine du ciel dans notre province. Jocavell compléta ce travail. Dans ses Reglus y documents parliculars per la vida eremilica, il donna une nomenclature des ermitages que possédait en 1688 le diocèse d’Elne. Si l’on remarque quelques omissions dans cette énumération, il faut dire, d’autre part, que plusieurs des ermitages relatés par l’auteur n'existent plus aujourd'hui. L'idée de Jocavell fut reprise au commencement du dernier siècle. La lithographie et la gravure vinrent alors en aide à la palcographie. Vers 1824, le chevalier de Basterot fit connaître les ermitages du Roussillon dans une série de tableaux saisissants où la couleur locale est
JOCAVELL — JOFFRE
surtout mise en relief. En 1860, Louis Just, de Bompas, condensa les divers travaux parus sur ce sujet dans un ouvrage édité à Perpignan sous le titre : Les Ermilages du diocèse de Perpignan.
TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escritores catalanes. — Her, Histoire du Roussillon.
JOFFRE-SINGLA (Firmin) naquit à Rivesaltes en 1820. Après de solides études faites au Collège de Perpignan, il entra à l'Ecole polytechnique, où il fut un des plus brillants élèves. Sorti l’un des premiers de cette école, Firmin Joffre-Singla fut désigné par le gouvernement pour occuper une place d'ingénieur à Toulon. Il fut spécialement chargé de la construction des bateaux à vapeur et demeura dans ce poste jusqu’en 1854. Nommé chevalier de la Légion d’honneur, il devint le collaborateur de Dupuy-de-Lôme et participa à la construction du vaisseau Le Napoléon « qui a été le plus grand effort et est resté le chef-d'œuvre de la marine de guerre ». Devenu directeur à Indret et officier de la Légion d'honneur, ül fut envoyé en Angleterre pour étudier l’application de la vapeur aux vaisseaux. Ayant été mis à la tête des constructions navales à Rochefort, Firmin Joffre- Singla dota la marine française du Cérès et du Labrador. Joffre-Singla mourut à Paris, en 1879; il était commandeur de la Légion d'honneur. Dans la séance publique annuelle de l’Académie des Sciences, du 26 décembre 1887, J. Bertrand, secrétaire perpétuel, en faisant l'éloge de Dupuy-de-Lôme, dit « qu’on ne pouvait séparer ce nom de celui de notre compatriote, car tous deux avaient transformé, en élevant la France au premier rang, la marine de guerre de l'Europe. »
F. CasTELLO et A. LLOUQUET, Rivesalles, Toulouse, imprimerie H. Labouche, in-8°, 1893.
JOFRE (Antoine) naquit, le 13 juin 1801, à Arlessur-Tech, où son père Dominique Jofre-Serradell tenait une boutique d’apothicaire. Il fit ses classes littéraires et théologiques à Carcassonne. Ses inclinations et ses goûts le poussaient vers la vie religicuse et l'étude des sciences ecclésiastiques. Il entra dans la congrégation des Lazaristes et reçut l’ordination sacerdotale à Paris, au mois de septembre 1830. Ses supérieurs lui confièrent, cette année-là même, une chaire de théologie au Grand-Séminaire de Carcassonne. En 1833, Antoine Jofre alla professer le même enseignement à Cahors ; et, en 1836, il occupa la chaire d’Ecriture sainte à Amiens. Après avoir suivi quelques années la règle austère de la congrégation à laquelle il était affilié, Antoine Jofre se vit dans la nécessité de rentrer dans les rangs du clergé séculier.
Quoique grand et fort en apparence, il était miné