‹ Dictionnaire de bon langage [microforme]Chapitre 57 sur 58 · FIN DES'EXERCICES · texte numérisé non relu

FIN DES'EXERCICES

LE PARLER CANADIEN Le Bon Langage dans les maisons d'édu.- tion.

Il n'y a pas de patois à faire disparaître chez nous, mais il y a l'accent et la prononciation à corriger ; il y a l’anglicisme à combattre, l’anglicisme qui pénètre et s’infiltre partout; il y. a la correction du langage à acquérir et à répandre. Je touche là, Messieurs, un de nos points les plus faibles. L'œuvre de la première éducation dans la famille, aujourd’hui, est presque toujours à refaire. Et l'on sait combien sont difficiles à déraciner les habitudes du bas âge.

Comment arriver à obtenir l< respect des règles grammaticales dans le discours .:milier et improvisé, dans la simple conversation comme dans le discours public préparé avec soin? La réforme est difficile; elle doit cependant être tentée, et mérite tous nos efforts. Déjà un progrès réel a été accompli dans ces dernières années. Nous devons en remercier et féli- - citer nos maisons d’enseignement, nos pensionuats de jeunes filles et nos collèges classiques en particulier. Qu'ils continuent la belle œuvre commencée.

Que le langage intime des élèves soit surveillé de près, autant que leurs réponses en classes, Exigeons | que ces réponses soient toujours grammaticales, et ne nous contentons pas de deviner la pensée exprimée à demi-mots dans des phrases inachevées. Les récompenses sont un puissant moyen d’émulation pour les élèves: le prix du bon langage devrait être l’un des plus beaux et nartant l’un des plus ambitionnés.

Mgr Paul BrucHÉSsI

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Le Bou Langage dans la lamille.

Dans la société instruite on rougirait d'une incorrection flagrante ; que de fautes déguisées l'on se permet! Mots, expressions, tournures d'origine anglaise, bien que d'apparence française, abondent en certains entretiens. Le vocabulaire de .’ameublement, de la toilette, du sport, est un fouillis d’anglicismes frondeurs ou penauds. Et la syntaxe, quels accrocs on lui inflige! L'usage de termes étrangers entraîne avec lui toute une stylistique où nos pères ne reconnaîtraient plus leur phraséologie toute en. droiture. “Ton maître m'a dit que, quand tu es à la maison, de te faire étudier deux heures. — Ce que nous nous sommes amusés, ma chère! — T'en rappellestu de cette journée? — Mon mari est en devoir aujotrd'hui. __ Mon frère est malade, et ça se l'oppose pas de travailler, lui. — Pour ton grand'père, aucun souŸènir ne lui est plus agréable. — Laisse-moi ; j'ai des lettres à répondre.” Nous n'inventons pas ces tours aussi absurdes ue fréquents.

L'enfant, qui a écouté les propos des visiteuses et re cenx de sa fnère, arrive au collège ou à l'école avec la tête lourde d'un vocabulaire barbare, l'esprit vide des expressions les plus élémentaires. Le maître devra extirper le premier et implanter les autres, quitte à prendre, pour ce travail d'épuration et d’initiai:on, le temps nécessaire au développement de l'esprit. Si les mères instruites voulaient so surveiller davantage ; si celles qui ne le sont pas assez se donnaient la peine d'apprendre à parler convenablement, la tâche des maîtres serait réduite de moitié. Au lieu de perdre le temps à corriger une éducation falsifiée, ils l’emploïieraient à doter l'enfant des connaissances littéraires appropriées à son âge.

à PCR Abbé Emile CHARTIER

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