PARESSE
La paresse est un amour déréglé du repos, un dégoût de nos devoirs et une crainte excessive de la peine. On distingue la paresse corporel e el la paresse spirituelle.
La paresse corporelle. Cas. N'êtes-vous point de ces paresseux qui passent leurs jours dans l'oisiveté, le repos, au jeu, à table, circulant de maison en maison pour apprendre péniblement ce qui s'y passe, négligeant vos affaires el l'économie de tolre maison, n'osant meilre la ma n à rien, lai-saut lou dans le désordre, dans la malpropreté sur vous comme chez vous? Pcclié véniel, à moins que l'omission des devoirs, qui est l'effet de la paresse, ne •oit grave; mais alors celle omission même serait péché grave.
N'êtes-vous point de ces ouvriers lenls, pesants dans leurs travaux, qu'il faut toujours presser, aig> illonner; qui ne travaillent que sous 1 : il du maître, et qui, a la fin de la journée ne sonl guère plus avancés qu'au commencement? Si vous ne proportionnel pas voira travail au salaire que vous recevez, vous êtes coupab'e d'injustice el tenu à restitution. N'»iis devons tous travailler, les uns d'une manière, les autres d'une autre, tous conformément à l'étal dans lequel la Providence nous a placés. Celui qui ne travaille pas sur celle terre ne fait que de la surcharger d'un fardeau inutile. L'Espnl-Sainl renvoie l'homme à la fourmi pour apprendre d'elle à s'occuper.
Les ciioies de Sodome furent, dil un prophète, une suite de l'oiive'é. On peignait les dames romaines un fuseau à la main. Cornaient faudrait-il peindre aujourd'hui quelquesunes de nus dames? Au milieu d'un attirail de toilette, ou ies caries à la main.
Paresse spirituelle. Avez-vous négligé, par crainte de 1 1 peine ou par amour du repos, de taire valo r les talents qu*' Dieu vous a donnés? Si par là vous vous êtes mis dans l'impossibilité de remplir les obligations grave» de v<>:re état ; pèche mortel. Si celle paresse ne vous a pas fait ome'tre des devoirs notables ; péché véniel.
Avez-vous négligé les choses du salut, trop différé de vous approcher des sacrements, de remercier Dieu de ses bienfaits? Péché véniel, à moins qu'on n'en vienne à négliger quelques devoirs graves commandés par la religion.
Vous êtes-vous dégoûté de la vertu, la croyant trop difficile et ennuyeuse? C'est une illusion de l'esprit de mensonge qui nous trompe. La veitu a des douceurs; mais quand il ne s'y Irouverail ni plaisir, ni consolation, elle n'est pas moins nécessaire. Dieu la cumulande si expressément, que sans velu on n'est point sauvé. La paresse qui vous empêche de vous y ivrer est un péché véniel, à moins qu'elle ne vous détourne de l'accomplissement de quelques devoirs essentiels
Menez- vous une vie molle, cherchant en tout vos aises, vos satisfactions, vos plaisirs, voulant vous «ontenlcr en lout, ri fusant de vous gêner, de souffrir, de vous incommoder, de vous faire violence pour réprimer voire humeur et vos passions? On ne peut pa< diro qu'il y ail en cela un péché gravi* , à moins qu'on ne se laisse aller par p iresse à «les sal sfaclions ou à des plaisirs illi< îles. Mais comh en une telle vie est dangereuse pour le s a I u 1 1
N'êtes-vous point dans l'habitude de faire l'œuvre de Dieu avec nonchalance, ne tombant pas a la vérité dans des faut s mortelles, mais n'ayaul aucun soin n'avancer dans la venu; vous confias «a Ht el communiant même assez souvent, sans vous mettre en peine <l\n nrer du f. uil el de vous i n corriger ; vous souciant peu du pèche , poun u qu'il ne soil pas mortel ; tombant volontairement, fréquemment et sans remords dans des taules légères? Paresse, péché véniel, à moins qu'elle n'expose au danger prochain el prévu de commel rides fautes graves. Craignez, âmes tièdes, que Dieu ne vous vomisse de sa bouche et ne vou 9 rejette enfin pour toujours.
Faites-vous vos bonnes œuvres à contre-temps, sans ordre cl sans règle, en ne suivant que votre fantaisie? Imperfection, péché véniel; c'est une marque qu'on ne veut ni assujettissement ni contrainte. Suivre une rè^le exactement, c'e l au contraire 1 1 marque d'une âme courageuse, cl fervenle. Vivre par r. gle, dit un saint l'ère, c'est vivre pour Dieu » l selon Dieu; vivre sans règle, c'esl le caractère des âmes léchai el paresseuses, qui ne suivent que leurs caprices et qui ne vivent que p ur elles-mêmes.
A force de réllexions dans les choses qui regardant Dieu ou le prochain, avez-vous appréhendé de prendre une détermination dans la crainte d'échouer? Pusill inimité, imperfection ; péché véniel. Faites vos réflexions avec sagesse, avec conseil el maturité; confiez-