PENSÉE
La pensée est l'action de l'esprit qui pense, ou l'idée d'une chose qui nous vient dans l'imagination. Toute pensée est bonne ou mauvaise, selon la qualité de son objet ; mais quelque mauvaise qu'elle soit, elle n'est jamais péché, à moins qu'elle ne soit accompagnée de quelque volonté.
et il est certainement morlel. C'est ce qu'enseigne saint François de Sales, dans son Introduction à la vie dévote, part, iv, chap. 6.
— Cas IL Renée est-elle obligée de déclarer en confession, non-seulement ses pensées, mais encore leur objet?
R. Oui, sans doute, il y a plus de mal à s'entretenir dans l'idée d'un mauvais commerce avec un parent qu'avec un étranger, avec une personne consacrée au Seigneur, ou mariée, qu'avec une personne libre ; et ces pensées seraient encore plus criminelles dans une personne qui serait elle-même mariée, ou qui aurait fait vœu de chasteté.
Cas III. Madeleine a souvent dans l'esprit des pensées impures, et souffre en son corps des mouvements déréglés qui lui viennent sans, qu'elle s'y excite? elle ne va pas jusqu'au mauvais désir et ne s'attache pas même à la délectation sensible qu'elles lui causent. Mais, connaissant qu'elles sont mauvaises, elle néglige seulement de les rejeter pour ne pas trop gêner son esprit. Pèche-telle en cela?
R. Elle pèche par cette seule morosité et par sa négligence à ne pas renoncer à ces mauvaises pensées. Car, dit saint Thomas, 1-2, a. 1b, art. G, le péché d'une délectation morose se commet, non-seulement lorsqu'on
Cas I. Renée s'entretient quelquefois avec plaisir dans des pensées impures. Pèche-telle mortellement, quoiqu'elle n'ait aucun désir de commettre le péché auquel elle pense avec plaisir?
R. Renée pèche mortellement, même dans celte supposition ; comme il paraît, 1° par les paroles du Sage, Prov. xv, 26 : Perversœ cogitaiiones séparant a Dca. Abominatio Domini cogitationes malœ; 2° parce que, dit saint Augustin , I. xu de Trinit. cap. 12 : Totus damnobitur homo, nisi Itœc quœ sine voluntate operandi, sed tamen cum volunlate animum lalibus (blectandi, solius coyitalionis sentiuntur (sse peccala, per Mediatoris yratiain remittantur. La difficulté est de connaître si l'on a véritablement consenti à ces pensées. Pour cela il faut distinguer trois différents mouvements de la concupiscence; le premier, qui prévient entièrement la volonté, ei qui n'étant pas libre, n'est pas péché. Le second, qui n'est pas entièrement libre, parce que la volonté s'y oppose; mais parce qu'elle n'y résiste pas assez fortement, elle est censée y donner un consentement imparfait, et le péché n'est que véniel. Le troisième est celui qui est pleinement libre, parce que la volonté s'y porte avec connaissance sans nécessité, et même avec affection,
s'excile a la pensée mauvaise, mais encore advertit, non removet; 2" qu'on peut quel-
quand après avoir reconnu qu'on en est oc- quefois ne vouloir combattre ces sortes de
cupé, on continue de s'y arrêter, et de s'en pensées qu'çnles méprisant, parce que que!-
entret^nir, au lieu de la rejeter. quefois un combat direct et réfléchi les rend
— Il faut remarquer, 1° que la délectation plus opiniâtres, en sorte qu'il en est d'elles
morose se nomme ainsi, non a mora tempo- comme de certains moucherons, qui ne fati-
ris, puisqu'il ne faut qu'un instant pour con- guent jamais plus que quand on les chasse
sentir à une pensée infâme ; mais a mora ra- avec plus de vivacité.
fi ont a rjuœ malam delectationem, statim ut Voyez Péché.