RITE ET RITUEL
Rit ou Rite , c'est le nom qu'on donne aux cérémonies religieuses en tant qu'elles sont approuvées et réglées par l'autorité compétente. Le livre qui en contient le détail et les formules s'appelle Rituel.
Jésus-Christ, en fondant son Eglise, n'a institué qu'un petit nombre de rites essentiels qui forment le fonds invariable de la religion chrétienne. 11 n'a rien prescrit louchant les autres c rémonies accessoires; il laissa ce soin à ses apôtres ou aux évêques leurs successeurs , comme une partie variable et qui, sans mettre la foi en danger , pouvait se modifier à l'infini selon les temps , les lieux , les mœurs , les goûts et le caractère des différents peuples. Déclarât (Tridenlina synodus) hanc potestalcm prrpetuo in Ecclesia fuisse, ut in sacrementorum dispensatione. snlva eofum substantia, ea statueret vel mutaret quœ suscipientium utili-
tati seu ipsorum sacramentorum vener<itioni pio rerum, temporum et locorum varietate , magis expedire jud\caret.
L'Eglise défend expressément non-seulement aux simples prêtres, ma is aux évêques eux-mêmes d'omettre ou de changer les cérémonies prescrites pour l'administration des sacrements : Si quis dixerif, dit le concile lie Trente, receptos et approbatos Ecclesiœ cutholicœ ritus in solemni sacramentorum administralione adhiberi consuelos , aut conlemni ait sine peccato a minislris pro libito omitti , aut in novos alios per quemeunque ecclesiarum pastorem mutari po.sse, anaihema s. t.
Un grand nombre d'éveques et de prêtres français ont témoigné le désir, pour une plus grande uniformité, que le Rituel romain fût exactement suivi dans tous les diocèses ; ce qui pourrait se faire d'autant plus facilement, ainsi que le remarque Mgr Gousset, que les Rituels particuliers sont généralement, à peu de chose près, c mformes au romain pour ce qui regarde les bénédictions et l'administration des sacrements. Paul V, en publiant le Rituel romain, émit le vœu qu'il fût généralement suivi dans toute la chrétienté.
In quo (Riluali) cum receptos et approbatos cathulicœ Ecclesiœ ritus suo ordine d gestos conspexerimus, illud sub nominc Ritualis romani merito edendum publico E< clesiœ Dei bonojudicavimus. Quapropter hortamur in Domino venerabiles fralres patriarclias , arcfiiepiscapos , episcopos et dilectos filios eorum vicarios , nec non abbat s, parocho-t nniversos ub que locorum existentes et alios ad quos spectat, ut in poster um tanquam Ecclesiœ Romanœ fin, ejusdem Ecclesiœ om iummalris et magistrœ auctoritatè conslduto rimali in sac7i< funclionibus utanlur et in re iantimomenti, quœ calholica Ecclesiaei ab ea probalusjisus antiquitalis stuluit, inviolate observent.
L'evêque ou le prêtre qui, volontairement et en matière grave, omettrait, changerait l'ordre et les cérémonies prescrites pour l'administration des sacrements , pécherait mortellement. Si ce changement, ou celle omission, sans êire en m il ère grave , était accompagné de mépris on était de nature à scandaliser les fidèles, le péché serait mortel.
Jpse sacerdos , dit le Rituel romain , dum sacramenlum uliquod ministrat , singula ve ba quœ ad illius formum et ministerium pertinent, attente , distincte et pic otque clara voce pronuntiabit, simili 1er et r//as orationes et preces dévote ac rcligiose diect; nec memoriœ, quœ pler umque la'iitw, facile confidet; sed omnia recitabit ex libro. Jîe'iquas prœterea cœremonias ac ritus i'a decenter gravique actione peiaget, ut asiuntes ad cœleslium rerum cogitaiiones erigai et attentas veillât.
Saint Augustin, entraîné sans do île par son respect pour l'antique Iradition, s'inquiétait vies différences qu il remarquait de son temps dans ies usages des Egises d'Afrique, et ceux de R me, l'Eglise-Mère de toutes les Eglises ; et pourtant il répond à sainte Monique , qui l'avait consulté sur le jeûne du samedi qu'on n'observait pas à Milan, où elle demeurait alors, comme on le faisait à Tagasle, sa patrie : « En quelque Eglise que vous soyez, obser* « vez-cn la coutume, si vous voulez n'être pour personne un objet de scandale, et que per- « sonne ne le soit pour vous. »
El quand un moine du même nom, Augustin, premier apôtre et évêque d'Angleterre, traversait les Gaules pour se rendre dans le pays qu'il allait soumettre à l'empire de Jésus- Christ, s'il fait remarquer au pape avec élonnement la multiplicité des rites qu'il trouve en ce pays , le pape Grégoire le Grand lui répond :« Ce qui attache votre cœur aux riles romains, c'est que vous les avez observés dès l'enfance. Cependant, que cette affection na vous détourne pas des bonnes coutumes que vous trouverez dans les Gaules ou ailleurs, cl ne vous empêche pas de les transporter en A; glelerre, où la foi est nouvelle; car il faut aimer les choses pour leur valeur et non pour les souvenirs qu'on y rattache. Prenez donc en chaque Eglise ce que vous y trouverez de meill ur et de plus capable de nourrir la piété, d'inspirer résume et l'amour de la religion , pois l'ai es de tous ces nies un recueil à l'usage des Bretons. » Si saint Giégoire , ce pape savant et pieux, qui lui-même avait rélormé la liturgie romaine du pape Géiasc , parle ainsi au futur évêque de Cantorhéry, peut-on s'étonner encore de la diversité des rites du monde chrétien , cl songer à rétablir jamais une véritable unité dans les usages, quand on voit , mène encore de nos jours, chique Eglise varier dans ses propres riles, cl Home elle-même rejeter ceux qu'elle suivait autrefo s pour en adopter de nouveaux plus conformes aux besoins actuels des populations. Les riies ne sont-ils pas d'ailleurs la Si ule partie de la religion qui puisse el qui doive même se modifier à toutes ies diverses périodes de l'histoire? Il y a loin duiv au x* siècle de l'Eglise, et du \c au xixe siècle. Ee symbole de notre loi est resté lo même qu'en l'an .'J2> , époque du concile de Nicée, mais le pape Pie IX ne doit pas être le dernier des successeurs de saint Pierre qui verra de nouveaux rites s'introduire sans danger dans l'Eglise confiée à sa sollicitude paternelle.
La congrégation des Riles ne reconnaît cl n'admet qu'un seul bréviaire , qui csl le bréviaire romain, pour tonte l'Eglise ; cependant, à cause des usages qui se sont introduits à diverses époques dans plusieurs diocèses cl qui ont pas é à l'état de loi, elle tolère les brév in ires particuliers.
Nous croyons faire plaisir à dos lecteurs en leur citant la lettre que Grégoire XVI écrivit en 1842 sur n'ite matiô e à Mgr l'archevêque de Iteims :
Studium pio prudentique nntistite plane dignum recognovimus in binis illis tuis littcrix, (juibas aputl nus querens varietatem librorum lilurgicorumt quœ in militas Oalliaruin ttc/c-