‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 204 sur 402 · SACRILEGE · texte numérisé non relu

SACRILEGE

Le sacrilège est une profanation des choses saintes qu'on emploie à de mauvais usages ou à des usages pour lesquels elles ne sont pas destinées. Les choses saintes sont, 1° celles qui le sont par elles-mêmes, comme l'Ecriture sainte et les sacrements ; ou celles qui sont consacrées à Dieu, comme les vases sacrés, etc. ; 2° les personnes sacrées, comme ceux qui sont dans les saints ordres, et les personnes religieuses; 3° les lieux sauts, comme ceux où les fidèles s'assemblent pour exercer leur relifiion ou qui sont destinés à leur sépulture. Ainsi, on commet un sacrilège, 1° en profanant l'Ecriture et 'es sacr menta par l'abus qu'on en fait en les recevant ou en les administrant indignement, ou de toute autre minière; 2" en traitant injuricusem eut la cro x, les images de Jésus-Christ, de la Vierge ou «les saints, les saintes reliques; 3° en faisant servir à des usages profanes les ornements sacré-, etc.; k° en outrageant un ecclésiastique, ou bien un religieux ou une religieuse, auquel cas l'on encourt l'excommunication par le seul fait; ou enfin lorsque ces sortes «te péri sonnes commettent le crime d'impureté, ou qu'on le commet avec ell< s; 5° par l'usage qu'on lait des églises, (ies cimetières, etc., soit en faisant des actions contraires au respect qui leur est dû, comme lorsqu'on y lue, ou qu'on y frappe quelqu'un, ou qu'on y vole une chose même profane, ou qu'on y lient des assemblées profanes, ou qu'on y donne la sépulture à un excommunié dénoncé.

1" Sacrilège des personnes. Avez-vous frappé, outragé, injurié des personnes consacrées h Dieu, des préires OU des religieux? Les avez-vous méprisées, en avez-VOUS mal parle? Pourquoi celle fureur d'une foule de catholiques contre les prêtres? Est-ce parce que les

î\. Sylvius estime que si ce prêtre n'est lié d'aucune censure, Renaud peut, sans péché, s'adresser à lui, pourvu 1° qu'il se trouve dans l'obligation de s'approcher du sacrement, comme il arrive au temps de Pâques ou dans la maladie; 2° qu'il ne puisse recourir à un autre prêtre qu'il croit être en éiat de grâce; 3° que ce prêtre soit disposé à administrer le sacrement qu'il lui demande : comme s'il est actuellement au confessionnal.

— lin tout cela il faut avoir beaucoup d'égard aux circonstances du ministre et du pénitent. On recevrait plus volontiers les sacrements d'un prêtre sujet au vin, que d'un curé incestueux. On différerait moins à se confesser sur la fin d'un jubilé, ou quand on doit se fortifier contre une occasion prochaine de péché, que quand il n'y a rien qui presse. La science extraordinaire dq directeur, l'espérance de le rappeler à Dieu, comme il arriva à sainte Thérèse, la nécessité de finir une confession pénible qu'on a commencée sans le connaître, sont encore des motifs qui méritent d'être considères.

Voyez Absolution, Confession , Curé.

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préires lenr ont donné le baptême? Est-ce parce qu'ils onl consenti à bégayer arec eux dans leur enfance pour leur apprendre à connaître D eu? Est-ce parce qu'ils recomman-

denl i iix hommes de l'aimer les uns les autres? Est-ce parce qu'ils viennenl les assister dans leurs derniers moments? Un vénérable ecclésiastique e « appelé pour administrer les derniers sa renie! (s à un vieillard. A la vue du ministre de Dieu, le mourant se trouble et frémit : « Omon Père, s'écrie-l-il, pouvez-vous soutenir ma vue et m'entendre? Cette main, que la mort saisit déjà, a massacre trente «le vos confrères!*.. — Rassurez-vous, lui dit le vertueux prêtre, il en reste encore un pour roua consoler. »

Les peuples les plus éclairés ont toujours vu, dans les pontifes eî les prêtres de leur religion, une (lasse d'homim s dignes d'une vénération particulière. A Home, la puissance des tribuns avait quelque chos de bien redoutable; n'importe, un tribun fut condamné à nue amende pour avoir manq é de respect à wn prêtre ; et \ous , catholiques , vous livrez vos prêtres à la haine et au mépris , vous les jouez sur le théâtre , vous les insultez dans les journaux et les libelles! Ch se remarquable I ce ne sont que les catholiques qui insultent leurs piètres. Le mahométan , le juif, le païen, insullcnt-ils les leurs? Les protestants in- BUllont-ils leurs ministres? Jama s, jamais ils n'en parlent mal; toujours ils cherchent à justifier leurs plus grands excès. Un missionnaire se Irouvail en voyage avec quatre jeunes g ns catholiques et un protestant. A la vue du prêtre, ces jeunes gens se mettent aussitôt à parler religion, à répéter leurs plaisanteries ordinaires. Le protestant, après quelques moments de silence, leur dit : « M ssieurs, sans dou e que vous êtes protestants? — Non, nous sommes catholiques. — Comment, vous êtes catholiques, et vous insultez vos prêtres I Ce n'est pas ainsi que nous protestants nous traitons nos ministres. » De là que conclure? que la religion catholique est divine. Elle sera t tranquille comme les autres religi ns que les hommes ont faites , si celte religion était l'ouvrage des hommes. « On ferait, dit Fontenelle, une longue histoire des mauvais traitements qu'ont éprouvés les introducteurs de celte malheureuse étrangère qu'on appelle la vérité. Combien ils durent être traités plus sévèrement encore, ceux qui ont été apôtres de vérités qui nous humilient, qui condamnent toutes nos passions! Doit-on donc s'étonner que dans tous les siècles les envoyés de Dieu, exerçant le beau ministère d'éclairer et de sanctifier la terre , aient été si constamment et persécutés et calomniés ? »

Que quelques piètres ne soutiennent pas pir leurs mœurs la dignité de leur vocation, c'est à l'humanité seule que vous devez l'attribuer; et loin de relever avec éclat des fautes que la religion déplore, vous devriez les pallier cl les taire. On avait présenté à Constantin de nombreux libelles con!re un évéque; il les jeia tous au feu sans les lire, ajoutant : « Si je voyais un prêtre commettre un crime, je le couvrirais de ma pourpre. »

Toutes ces inculpations contre les prêtres , quand elles seraient aussi vraies que le plus souvent elles sont calomnieuses , loin d'affaiblir, devraient au contraire affermir notre foi. Un mahométan, touché de la beauté de la morale de l'Evangile , se sentit puissamment entraîné à en embrasser la doctrine. 11 en fit part à un mahométan comme lui. Celui-ci voulut l'en détourner, et n'osant le contredire de front , il cr;it réussir en lui conseillant de faire, avant de se déterminer, le voyage d'Italie. 11 eut lieu, mais ce fut avec un :uccès bien d fièrent de celui qu'en avait attendu le dangereux ami. « Je me fais chrétien, lui écrivit le mahométan, et c'est d'après ce que j'ai vu; car lest impossible qu'une religion, si elle n'est pas divine, subsiste a\ec des mœurs si contraires à sa doctrine. » En effet, la barque de Pierre , ou l'Eglise, n'a point fait naufrage, quoique conduite, selon l'incrédule, par de mauvais pilotes, il faut donc qie ce soit une main invisible , mais divine, qui la conduise. Que l'on ne pense pas que cesoit pour notre intérêt que nous rappelons le respect dû aux piètres ; mais dans un temps où on les insulte, où on les calomnie de toutes parts , il est bien permis de rappeler aux peuples ce qu'ils leur doivent de reconnaissance et de respect. Alexandre arrive à Jérusalem; il avait conquis l'univers. Le grand prêtre Jaddus va au-devant de lui, revêtu des ornements pontificaux. A sa vue , le conquérant descend de cheval et se prosterne devan Jaddus. Parménion, favori du prince, s'en é tonne et lui en demande la raison. Alexandre lui fit cette réponse : « Ce n'est pas lui que j'adore, c'est le Dieu qu'il représente. »

Dans une paroisse du diocèse de Besançon , à quelques lieues de cette ville , il arriva un événement surprenant , qui fut regardé comme un coup du ciel pour inspirer le respect dû aux piètres. Deux libertins scandalisaient la paroisse par leurs desordres; le curé en étant informé, en avertit leurs pères , qui reçurent mal l'avis de leur pasteur. L'un d'eux eut 1 insolence de lui répondre. « Monsieur le curé, mêlez-vous de dire votre bréviaii e, et ne vous mêlez point de ce qui se passe chez moi ; il faut bien que la jeunesse se passe. >• Cet homme publia dans toute la paroisse qu'il avait si bien dit le fait à son curé, qu'il ne s'aviserait plus de lui faire des réprimandes. C'était un samedi, et les deux libertins passèrent le dimanche au cabaret, du consentement de leur père, et pour braver le cuvé, ils tirent plus de scandale que les autres fois. Le lendemain le ciel menaçait d'un orage ; ces deux libertins . avec deux autres jeunes gens vertueux, court ut à la tour de l'église pour sonner les cloches. Il se lit dans le moment un si grand coup de tonnerre, que ces quatre jeunes gens, saisis ce frayeur, prirent la fuite. Dans le temps qu'ils descendaient , le tonnerre écrasa les deux libertins, mais d'une manière qui fil comprendre que c'était un châtiment de Dieu. Le tonnerre, en tombant , après avoir fait plusieurs circuits uans la tour, suivit les quatre

jeunes hommes le Ions de l'escalier ; il épargna le premier, qui était sage, et écrasa le sei o 1, qui était un des libertins; il ne Gl aucun mal au troisième, el vint enfin frapper le quatrième, qui était l'autre libertin. Le tonnerre entra ensuite dans l'église , où était la mère de ces libertins ; il enleva cette femme , la jeta contre les murs, et ne fit aucun mal aux autres personnes qui se trouvaient dans le lieu saint.

± Sacrilège des choses. N'avez-vous point profané des lieux sainls, tels qu'églises, cimetières, oratoires, chapelles, ; ar des actions indécentes, criminelles? Y avez-vous entretenu des pensées, des désirs; vous y êtes-vous permis des signes, des sourires, des regards, des actions contre l'amable vertu? y éles-vous venu avec des parures immodérés , y avez-vous donné des rendez-vous, y avez-vous choisi un, place avec une mauvaise intention? Le témér Ira qui eût profané la sainteté prétendue du temple des idoles, eût été frappé de mort. Les dames romaine- venaient prier , et quelquefois prosternées devant leurs idoles , elles purifiaient les pavés du temple avec leurs cheveux. Polybe dit que c'était l'usage dans le^ temps de grandes calamités. Un Charlemagne embrassait avec dévotion les pi iers mêmes des églises ; un Louis XIV n'y mirait jamais sans en baiser respectueusement le pavé , ce qui a d nné lieu à ces beaux vers de Racine :

Tu le vois ions le« jours devant toi prosterné, Humilier ce front de splendeur couronné, Et, confondant l'orgueil par d' mgustes exemples, Baistr avec respect le pavé de les temples.

Et aujourd'hui que voit-on dans nos églises? des femmes hardies, devant lesquelles la pudeur tremblante baisse les yeux ; de jeunes impies qui viennent y chercher un aliment à leur cupidité , y tendre des pièges à l'innocence, l'alarmer par leurs démarches comme par leurs regards et leur attitude.

N'avez-vous point profané les reliques des saints, leurs images ou leurs tombeaux ? L'impératrice Constance tenait à grande faveur d'avoir un peu de la poussière qui était tombée en limant la chaîne de fer dont saint Paul avait été chargé.

Pendant la révolution , n'avez-vous point pillé, contribué à piller nos églises , à brûler les images, à renverser nos autels ? Avez-vous profané les vases sacrés, les linges ou ornements d'égise? Combien ces sacrilèges n'ont-ils pas été multipliés parmi nous I Mon Dieu, pardonnez-nous.

Avez-vous insulté, renversé, aidé à renverser les croix? C'est outrager Jésus-Christ luimême. Quand nous révérons la croix, ce n'est ni le bois , ni la pierre que nous adorons, mais Jésus crucifié. Que n'a-t-on pas fait , que n'a-t-on pas dit de nos jours con're la croix? Et cependant la croix demeure , et ses ennemis ont été comme celte poussière q ni s'élève, aveug'e pour un moment, mais se dissipe bientôt, tandis que la pyramide reste. Au sortir de notre révolution , un respectable ecclésiastique travaillait au salut des âmes dans un hôpital; on lui parla d'un soldat dont la vie paraissait un prodige dans l'étal de mutilation où il était. Il l'aborde : Mon ami , lui dit-il, on m'a dil que vos blessures étaient très-graves. Le malade sourit .'Monsieur, répondit-il, soulevez un peu la couverture; il la lève : ô Dieul s'éene-t-il, eu reculant d'horreur ; vous n'avez plus de bras. Mon père, levez la couverture aux pieds : — ô Dieu 1 vous n'avez plus de jambes 1 — Je n'ai que ce que je mérite; c'est ainsi que j'ai traité un crucifix. Je me rendais à l'armée avec uns camarades; nous rencontrâmes sur la roule une croix , aussitôt on se mil en devoir de l'abattre. Je fus un des plus empressés, je montai, et, avec mon sabre , je brisai les bras et les jambes du crucifix , et il tomba. A mon arrivée au camp, on livra bataille, et dès la première, decharge, je fus réduit où vous me voyez. Mais, Dieu soit béni ; il punit mon sacrilège en ce monde pour m'épargne? eu l'autre, comme je l'espère de si grande miséricorde.

Ce triomphe de la croix, ces hommages que nous lui rendons suffiraient pour confondre nos incrédules; en effet, comment la coix dont tous avaient tant d horreur, que Dieu même avail maudite , comment est-elle devenue plus noble que les couronnes, puisqu'elle y a été placée pour en faire l'ornement? Un jeune homme s'était laissé gâter par le venin de l'incrédulité ; un de ses anciens amis s'en aperçut et se mit sur l'heure, à travailler à sa guérison. Si l'incrédulité, lui dit-il , n'a pas altéré votre jugement que j'ai connu si droit, voyez ■vee quel éclat la croix brille sur nos autels ; les édifices religieux dominent nos ci es, et la croix elle-même domine ces superbes monuments ; veuillez me dire comment cola a pu se l'ail e , et si, pour s'emparer des autels, au sortir du supplice , il ne fallut pas que Jésus- Clinst fût Dieu?

Ce raisonnement si simple réduisit au silence ce jeune incrédule; il réfléchit , et, comme le cœuf n'était pas encore vicié, il s'estima heureux de revenir à ses anciens prin-

bipi s.

Ne vous èles-vous point servi de l'habit ecclésiastique OU religieux , peut-être même des vêlements sac rdolaux , pour des divertissements profanes , des bils , des comédies, des mascarades? On ne peul que déplorer ces scènes scandaleuses où dans res derniers temps la icligion a été si Indignement traitée. Que de vils bis Irions se jouenl des choses sacrées , c'est ce qu'on peut attendre d'hommes aussi méprisables; mais que la foule se presse pour applaudir à ees parodi* s saerileges, c'est ce qui fait 'a bonis de notre siècle.

Avez-vous profané les cérémonies do l'Eglise en les simulant par une impie dérision, ou les tournant en ridicule ?

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