SACREMENTS
Les sacrements sont des signes sensibles que Jésus-Christ a institués pour sanctifier les hommes, soit en leur donnant la vie de la grâce qu'ils n'avaient pis, et ceux-ci s'appellent sacremenls des morts; soit en augmentant la grâce qu'ils avaient déjà, et on les appel!.1 sacrements 'les rivants. Chaque sacrement a sa matière et sa forme. La forme consiste dans les paro'e» que prononce le ministre, ou au moins dans d -s signes équivalents. La matière est ou éloig»e'e, et c'est le siijne môme dont se sert le prêtre pour appliquer la grâce; ou prochaine, et c'est l'action par la i ne : le ce signe est appliqué. Ainsi dans le baptême l'eau est la matière éloignée, et l'application de cette eau, ou l'ablution, est la matière prochaine. Le changement essentiel de Sa matière et de la forme rend le sacrement nul , mais le changement accidentel. n'a pas le même effet. Outre la matière et la forme, il faut encore l'intention du ministre, comme on l'a dit. Voyez Intention.
Il y a sept sacremenls, et il et lit digne de la bonté de Jésus-Christ de les établir- On naît enfant d'Adam par le péché, et on devient enfant de Dieu par le baptême. La confirmation donne de nouvelles forces, l'eucharistie les répare. On se relève de leur perte par la pénitence, etc.
Cas I. Renaud sait que Félix, son curé, est dans une habitude criminelle. Peut-il recevoir de lui la pénitence ou la communion, ou même les lui demander?
R. Si Félix n'est pas déclaré suspens, ni dénoncé excommunié, ni dégradé, mais qu'il soit toléré dans son ministère, on peut recevoir de lui bs sacrements, parce que pendant que l'Eglise le reconnaît pour son ministre on communique avec l'Eglise en communiquant avec lui ; c'est ce qu'enseigne saint Thomas, 3 p. h, 6V, art. 6, après Nicolas I", cap. fin. xv, q. 8. Mais on ne doit pas s'adresser à ce mauvais prêtre hors le cas de nécessité, mais recourir à un autre : Nec ohstat, dit Sylvius, quod sit parochm, a quo habet jus petendi:quiachiritas dictai non esse utendumjure suo, quando inde sequitur gravis proximi lœsio, et tua parum in'erest, an ab eo petas, an ab alio. Ce serait autre chose s'il y avait quelque juste raison de le croire bien converti ', comme après une bonne retraite.
Cas II. Renaud peut-il recevoir un sacrement de son confesseur ordinaire, qui n'est pas son curé, quoiqu'il le sache en péché mortel?