‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 24 sur 402 · MAITRES ET MAITRESSES · texte numérisé non relu

MAITRES ET MAITRESSES

Ils doivent à leurs domestiques, ainsi que les pères et mères à leurs enfanis, les soins temporels et les soins spirituels.

Soins temporels: Avez-vous traité vos domestiques avec durelé, exigeant d'eux des services au-dessus de leurs forces et dont vous n'étiez pas convenu? Leur avez-vous refusé une nourriture convenable et proportionnée à leur âge, à leur tempérament, à leurs fatigues ? Maîtres impitoyables, dit à ce sujet saint Chrysostome, prenez-vous donc vos domestiques pour des statues de pierre, qui n'aient besoin ni de boire ni de manger?

En avez-vous eu soin dans leurs maladies, ou les avez-vous renvoyés dès qu'ils sont devenus malades? Si c'est par votre faute qu'ils sont devenus malades, parce que vous les avez fait trop travailler ou parce que vous les avez trop mal nourris, vous êtes obligés par justice de leur fournira vos frais les remèdes et les soulagements nécessaires; et quand même il n'y aurait pas de votre faute, la charité chrétienne, une compassion toute naturelle demande de vous que vous en preniez soin, les païens mêmes nous donnent l'exemple. Un domestique tomba malade au service d'un officier païen. Que fit le maître tout païen qu'il était. Le mit-il dehors pour s'en débarrasser? Non, il le garda chez lui, il en eut tout le soin possible; ayaqt entendu parler des miracles que faisait Jésus-Christ pour la guérison des malades, il vint lui-même en demander un pour son domestique. Que répondront à cet exemple tant de maîtres chrétiens qui, après avoir épuisé un domestique, l'avoir rendu malade par leur dureté, le laissent languir misérablement dans un coin de la maison, sans lui donner ni soulagement ni consolation? A peine daignc-l-on lui parler une fois le jour, et encore lui dit-on des choses capables d'aigrir son mal. Pour qui auriez- vous de la charité, si vous n'en avez point pour ceux qui sacrifient leur liberté pour vous servir? Ne soyez pas, dit le Sage, semblable à un lion furieux dans votre maison, renversant tout, accablant vos domestiques d'injures et faisant gémir sous un joug de fer ces malheureux que la Providence vous a soumis.

Si la maladie des domestiques est longue ou contagieuse, les maîtres, s'il n'en sont pas la cause, ne sont pas obligés de les garder chez eux; ou s'ils les gardent, ils peuvent retenir sur leurs gages les dépenses qu'ils font, soit pour la nourriture, soit pour les remèdes, à moins que les domestiques ne soient vraiment pauvres. Lorsque les dépenses ne sont qu> faibles, Antoine et Collet font aux maîtres une obligation de charité de les payer. Heri tenentur ex charilaîe minores morbi impensas solvere.

Avez-vous renvoyé vos domestiques avant le terme convenu sans raison légitime, les décriant ensuite et faisant connaître sans nécessité leurs défauts? Péché d'abord contre la charité et ensuite contre la justice. Maîtres, dit l'Apôtre, souvcnez-\ous que vous avez un maître qui est dans les cieux, qui ne fail acception de personne, qui vous traitera comme vous aurez traité vos serviteurs ; pardonnez-leur, s'ils s'échappent quelquefois comme vous voudriez qu'ils vous pardonnassent, si vous étiez à leur place ; traitez-les comme vous voudriez être traité vous-mêmes. Ce domestique est votre frère selon la religion; il est l'enfant de Dieu comme vous; il a droit comme vous au royaume des cieux; peut-être sa petitesse actuelle relèvera dans le ciel, et votre grandeur vous précipitera dans l'abîme.

Lorsque les domestiques ont été renvoyés avant le temps et malgré eux sans raison, Ml ont en conscience droit au salaire entier de l'année; cependant s'ils trouvaient sans délai d'autres mai rea qui leur donnassent les mêmes gages, tellement qu'ils ne souffrissent aucun dommage de la faute de celui qui les a injustement renvoyés, ils ne pourraient pas en conscience exiger le gage entier qui leur était promis.

Avez-vous fait payer à vos domestiques des dommages casucls dont vous n'étiez pas convenus? Vous ètes-vous acquittés envers eux de vos promesses pour habits, linges, gratifications? Leur avez-vous retenu ou fait attendre sous de mauvais prétextes une partie de leur salaire? C'est un péché qui crie vengeance, contre le ciel. On voit des maîtres riches qui profitent do l'empire qu'ils ont sur certains domestiques ou delà misère où ils les voient pour les avoir à meilleur compte. C'est une barbarie ; si le prix qu'on donne à un domestique est bion au-dessous du bas prix, il y a injustice manifeste et obligation de restituer. Pri-

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