MASQUE
Un masqne est un faux visage qui sert à une personne à couvrir le sien pour le déguiser. François I'r et Henri III ont défendu les masques ; et l'ordonnance du dernier, en 1579, était si rigoureuse, que ceux qui tuaient des gens masqués n'avaient pas besoin de lettres de grâce. Le parlement de Pans défendit, en 1514, de vendre des masques. Voyez Grég. do Toulouse, lib. xxxix de Larvis et Personatis.
Cas I. Valérien s'est déguisé en bergère, Lydie, sa sœur, en vieillard, ayant chacun des masques, et sont allés en cet équipage chez leurs amis. Ont-ils commis en cela un péché grief?
R. Oui : 1° parce que l'Ecriture défend ce travestissement comme une chose abominable. Denier, xxii , 5. Non induelur millier vest>> viril i, nec vir uletur veste feminea: aboviinabilis enim est qui facil hœc ; 2° parce que les Pères, et parmi eux saint Augustin, traitent d'infâmes ceux qui se déguisent ainsi ; 3° parce qu'il *v a toujours à perdre pour la
pudeur et pour la pureté dans ces indignes mascarades. Saint Thomas, 2-2, q. 169, art. 1.
Cas IL Claude, déguisé en paysan, et Jeanne en dame de qualité, vont masqués au temps ducarnaval. Edouard, leur maître, qui le voit, ne s'y oppose point. Pèche-t-il en cela, ces deux domestiques ayant gardé les habits de leur sexe?
R. Comme ces déguisements portent aisément à des paroles et à des actions qui blessent la pudeur, surtout dans un temps de débauche tel qu'esl eelui du carnaval , ce qui
peut encore arriver plus facilement à des gens qui manquent souvent d'une bonne éducation , le maître de ces domestiques se rend coupable de tous les péchés qu'ils commettent, puisqu'il est chargé devant Dieu de leur conduite et de leur salut, suivant cette terrible sentence de l'Apôtre, 1 Timolh. v: Si quis suorum et maxime domesticorum curant non habet, fidem negavit, et est infideli deterior.
Cas III. OEdipe gagne sa vie à faire des masques, tels qu'on les porte au carnaval. 11 prétend le pouvoir faire, 1° parce que ce métié est autorisé par les lois civiles ; 1° parce qu'il ne consent pas au péché de ceux qui vont en masque; 3e parce qu'il n'a que ce rnelicr-1 1 pour nourrir sa femme et ses en-
fants. Son confesseur ne peut-il pas l'absoudre?
R. Non, parce qu'on ne peut absoudre un homme, quand sa profession est mauvaise par elle-même, ou qu'elle donne occasion de péché mortel au prochain. Or tel est le métier qu'exerce OEdipe. Et les raisons dont il se sert pour s'excuser, peuvent toutes être employées par un sculpteur chrétien, qui étant au Mogol voudrait continuer à faire des idoles pour les gens du pays. On peut lire sur cela Terlullien, Lib. de Jdololatria. Je me contente de rapporter ce que dit saint Augustin sur le psaume xvm, n.6. Audent feneratores dicere : Non habeo aliud unde vivam. Hoc ?nihi et falro diceret, deprehensu* in fauce. Hoc mihi et leno diceret, emens puel-
las ad prostitutionem, etc.