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l'immaculée conception comme un problème qu'on pouvait défendre ou combattre, les docteurs de Paris en furent offensés, et le recteur de l'université en porta ses plaintes à Pierre de Gondi, évèiiue de Paris, qui se déclara en faveur de Maidonat. La faculté de théologie fit au contraire une conclusion par laquelle elle déclarait <iue l'opinion de l'immaculée conception était de foi. Cette conclusion de la faculté irrita l'évéque <W> p;iris, qui excommunia le syndic et le doyen de la faculté. Ceux-ci en appelèrent comme d'abus au parlement. La cause y l'ut plaidée en présence du prélat, et il fut çrdonné que ces deux docteurs seraient absous ad cautelam, et l'affaire en demeura au parlement. Mais le pape Grégoire XIII confirma la sentence del'évêque de Paris. Depuis ce temps-là, les tliéo'ogiens soutiennent presque tous l'immaculée conception , et même en S orhonne les docteurs font serment qu'ils défendront celte opinion ; la difficulté est desavoir s'ils la regardent cou. me un point de loi et s'ils la jugent ainsi. Maintenant, dans presque tous les diocèses de France, on a ajouté aux litanies : Sine labe conrepta.
Cas. il est des personnes qui ont un si grund zèle pour défendre toutes les prérogatives qu'elles attribuent à la sainte Vierge, qu'elles font vœu de réaandre leur sang pour soutenir sa conception immaculée et sou assmnption corporelle dans le cel , aussi bien que sa milernilé et sa virginité perpétuelle. Que doit-on penser de ce vceu extraordinaire et nouveau ?
On répond : 1° qu'il ne faut point multiplier les devoirs des fidèles, mais les porter autant qu'on le peut à s'acquitter fidèlement de ceux de l'état où Dieu les a mis. C'est pourquoi les supérieurs et les directeurs ne doivent point permettre des vœux extraordinaires, s mis avoir (ait auparavant une grande attention à la qualité des personnes et des vœux qu'on leur propose, parce que souvent ce sont des occasions d'offenser Dieu, ou d'une infinité de scrupules,
"1" Quoique tous les fidèles soient obligés d'être dans la disposition de mourir pour la défense de la foi, quand l'occasion le demande, on ne voit pas néanmo;ns dp raisons suf-^ Usantes pour leur conseiller d'en faire un vœu ou une promesse particulier? 11 y a dans l'Eglise des personnes destinées par leur état à instruire les autres des vernis de la religion ; en celle qualité ils contractent une p'us grande obligation d'exposer leur vie pouï les défendre , mais il n'appartient pas à toutes sortes de personnes de s'en faire unq obligation particulière.
3" Les vérités qu'on promet à Dieu de défendre jusqu'à sa mort, et qui méritent la gloire du martyre, sont des vérités de f »i, dit saint Thomas : la maternité divine, la virginité de Marie sont de ce nombre; chaque fidèle est obligé de les croire et de les soutenir jusqu'à la mort. Mais il n'en est pas de même de l'immaculée conception, ni Je l'assompiion de la sainte Vierge ; car, sans entrer dans l'examen du sentiment de ceux q".i prétendent que l'Eglise ne peut point définir ces deux articles comme de loi , parce qu'il n'y a rien, ni dans l'Ecriture, ni dans la tradition, qui puisse servir de fondement à cette décision, il est certain que l'Eglise n'a point proposé -jusqu'à présent aux (Mêles de croire comme do foi ni l'immaculée conception ni l'assompiion de la sainte Vierge.
Or, dans le cas proposé, on ajoute ces deux articles aux deux premiers, comme s'il y avait une égale obligation de les croire, ce qui n'es! pas vrai. Je crois, dit Alponse à Castro, l'immaculée conception, maii je ne la crois pas de telle manière que je voulusse mourir pour la soutenir. Thomas Hurlado, (tans son traité du Martyre de la foi, dit qu'il n'es pas permis de répandre son sang pour soutenir le sentiment de l'immaculée conception. Il rapporte ensuite une censure de l'inquisition de Portugal, où l'on condamne la proposition d'un particulier qui disait que, quoique l'immaculée conception ne soit pas de foi, néanmoins, parce qu'elle en approche, on pouvait mourir pour la défense de cet article et être Véritablement martyr.
On peul conclure de tout ceci que le vœu de perdre la vie pour la défense de l'immaculée conception et de l'assompiion de la sainte Vierge est nul, parce qu'il est fondé sur une fausse supposition ; que les deux articles sont proposés par l'Eglise comme de foi. Mais lors même qu'ils seraient ainsi définis et regardés cornue de foi.ee vœu particulier serait contre les règles, puisque l'obligation générale qu'ont tous les fidèles d exposer leur vie pour la défense de la foi sullit, sans y ajouter une nouvelle promesse de verser son sang à l'égard de ces articles en particulier.