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douteux si de pareils vœux ne sont pas suspendus par le changement considérable qui est survenu en la personne de Calistrate, et que les savants sont fort partagés là-dessus. Voy. mon ik* vol., ch. 3, a num. 386, et remarquez avec Pontas que si Justine avait connu le vœu de Calistrate, il ne serait pas tenu de l'épouser; puisque sachant bien, que sa promesse ne pouvait être sincère, ni valide, elle aurait voulu être trompée. Cas VII. Brigide, ayant fait un vœu de virginité et de chasteté perpétuelle, s'est laissé séduire par les fausses promesses de Jean, avec qui elle a péché. Jean, qui savait son vœu, est-il obligé de l'épouser ou de lui procurer par une somme d'argent un mariage sortable à sa condition?
R. Jean n'est obligé ni à l'un ni à l'autre. Car quoique Rrigide ait perdu sa virginité, elle ne laisse pas de demeurer obligée à la continence à l'avenir. Néanmoins, si ello est devenue enceinte ou diffamée par le crime qu'elle a commis par la séduction de Jean, il est obligé de réparer le dommage qu'il lui a causé, de quelque nature qu'il soit.
— Ne pourrait-il pas être obligé de l'épouser après qu'elle aurait obtenu dispense, en cas que la mauvaise habitude qu'ello aurait contractée lui rendît le mariage nécessaire? C'est un accident qu'il a pu prévoir.
Cas VIII. Angilbert, acolyte et chanoine, a promis mariage à Clémence, avec une sincère volonté de l'épouser. Il a ensuite péché avec elle en conséquence de sa promesse : est-il tenu de quitter son bénéfice, et de renoncer à l'état ecclésiastique, où il a toujours cru être appelé, pour épouser Clémence?
R. Oui : car il est obligé par justice d'accomplir sa promesse; d'autant plus que s'il y manquait, Clémence demeurerait déshonorée. D'ailleurs un tel homme n'est pas propre pour l'Eglise, dont les ministres doivent mener une vie chaste et sans reproche. Si néanmoins Clémence voulait bien la déchargerde son obligation, moyennant une somme d'argent, il pourrait en ce cas se dispenser de l'épouser; et il n'y serait pas même tenu, s'il y avait quelque raison importante qui fît présumer qu'elle a bien voulu être trompée, comme si par exemple il était d'une naissance illustre et qu'elle ne fût qu'une simple paysanne.
Cas IX. Cécile a été corrompuo par Léopold, par violence ou par fraude; mais le crime est occulte et ne la peut empêcher de se marier aussi avantageusement que s'il n'était point arrivé. Léopold est-il néanmoins obligé de l'épouser dans ce cas, ou au moins de la doter?
R. S'il n'avait usé, ni de dol, ni de violence, il ne serait obligé à rien, parce que Scienti et consenlienti non fit injuria net/ne dolus. Mais puisque, comme on le suppose, Cécile a été ou violentée ou séduite par Léopold, il ne peut s'exemper ni devant Dieu„ ni devant les hommes, de l'épouser.