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t-efuser la satisfaction raisonnable qui lui est offerte. La raison est qu il n'y a que la 9eule nécevsi é, laquelle cesse en ce cas qui puisse juslifier la guerre, comme dit saint Augustin.

Le second état de la guêtre est, quand il y a déjà eu des actes d'hostilité, soit batailles, on sieg«s de villes, auquel temps Cajetan soutient que l'on n'est pas obligé à cesser la guene par l'offre de la sal sfaciion que l'ennemi se v<>ii co traint de faire. Sa raison est qu'alors le prince qui fait une guene juste représente la personne d'un juge criminel, à qui il appartient, cou. me personne publi me, de venger un forfait; et que, comme une jusie gueire est un acte de la justice vindicative, il peut la continuer po.i r punir celui qui j a donné lieu par sa fa» le, et qu?, par le défaut de la satisfaction qu'il pouv il offrir d abord, s'est mis lui-même v lontairemen dans la nécessité d'être puni de sou injustice. Mais les loi, de l'humanité el la prudence demandent qu'au lien de pousser trop lo n une guerre, quelque juste qu'elle soit, on y mêle de justes bornes, de peur qu'en voilant venger Hop sévèrement une injure ou un dommage reçu, on n'attire sur soi ou sur l'Etat de plus grande maux que le bien qu'on en pourrait c pérer, les armes étant journalières, et Dieu étant l'ennemi de ceux qui se rendent impitoyables, il doit donc sulfite à un prince chrétien, après avoir obtenu la réparation qui lui est due ou à ses sujets, d'avoir des sûretés, à l'abri (lesquelles il n'ait plus rien à craindre à l'avenir de la paît de l'ennemi.

Le troisième étal de la guerre est lorsqu'elle semble être Licntct sur la fin; sur quoi cet auteur raisonne encore de même qu'il a fait sur le second.

Cas I. Théodule, prince souverain, von- SS. docteurs. Aux trois conditions qu'il de-

drail déclarer la guerre a un prince voisin, dont il a grand sujet de se plaindre; nais pour n'être pas responsable devant Dieu de tout le sang qui y sera répandu, il demande à son confesseur quelles sont les conditions nécessaires pour rendre une guerre juste et sans péché. Que doit-on lui répondre?

R. Il faut lui dire avec saint Thomas, 2-2, q. 49 et 41, qu'une guerre, pour être juste, doit se faire, 1° par l'autorité du souverain; 2° pour une cause juste, et non par ambition, par vengeance, par envie de diminuer un pouvoir qui nous fait ombrage; 3° avec une intention droite, et dans le seul dessein d'obtenir une paix solide : car, comme dit saint Augustin , episl. 180 : Pacem habere débet volunias; hélium nécessitas:., non enim pax quœriiur, ut be.lum excitelur ; $ed hélium yerilur, ut pax ncquiralur.

Le eonfesseur ajoutera qu'un prince a une juste raison de déclarer la guerre, 1° quand il est obligé de se défendre contre la l\ r a noie d'un usurpateur, qui veut envabir des Etats qui ne lui appartiennent ; as, ou contre un ennemi qui entreprend une guerre injuste; 2° quand il y a une véritable nécessité de venger une injure considérable, ou d'obliger ceux qui ont commis une injustice, à la réparer; 3° quand un peuple se révolte contre son souverain, et qu'il refuse de lui obéir dans les choses qui sont justes : car, dit saint Paul, Rom. xm : Qui resistit potcstaii, Dei ordinotioni res stil ; 4° quand un prince demande avec justice passage par les Etals d'un autre, avec offre et assurance de n'y causer aucun dommage. C'est pour celte raison que les Israélites déclarèrent ia guerre à Sehon et à Og, rois des Amorrhéens : Innoxius enim transitas negabatur, qui jure fiumanœ societatis œquissimo patere debebat, dit saint Aug., q. 44 m Num. xxi.

— Je ne sais si un prince serait toujours obligé de donner passage à un autre. On

mande, il faut en ajouter une quatrième, qui est celle d'une juste modération. Il en faut avant que de commencer la guerre, n'exige i ni pas dis satisfactions qui soient beaucoup plus fortes que l'offense. Il en faut en la faisant, pour ne la pas f ire en brigand qui saccage tout, qui massacre l'innocent avec le coupable, qui viole la foi donnée. Il en faut en la finissant, pour ne prescrire que d( s conditions raisonnables. Voyez sur toute cette matière mon sixième vol. de Morale, pag. 143 et suiv.

Cas II. Nectaire, prince chrétien, ayant un plein droit au royaume de son père en qualité d'aîné, et en vertu d'un acte authentique par lequel son père l'a déclaré unique héri ier de sa couronne, est troublé par son frère puîné, qui s'est mis en possession du trône par surprise, et qui s'y maintient ptir la violence. Nectaire, peu aimé des piinces ses voisins, n'en peut obtenir aucun secours ; peut-il sans péché recourir à un prince infidèle, dont les Etats sont limilio^hes aux siens?

R. Ou ce prince infidèle n'a aucune guerre ni offensive , ni défensive contre les chrétiens, ou il en a quelqu'une. S'il n'en a puni, Neclaire peut sans péché avoir retours à lui, puisqu'il n'a nul autre moyen d'obliger son frère à lui rendre justice, et qu'il est permis par les lois naturelles, divines et humaines, de repousser la force par la force. Mais si ce prince est actuellement en guerre avec les chrétiens, Nectaire ne peut en i onscience se servir de son secours, et il ne pourrait même le faire, s'il n'y était contraint par une pressante nécessité, quelque juste que fût d'ailleurs la guerre où il se trouvera t engagé. C'est la décision de saint An ton in, p. m, tit. '«., c. 2.

— Je ne vois pas pourquoi in ne pourrait recourir à un prince infidèle, qui ne ferait à des chrétiens qu'une guerre très-légi-

pe a paver très bien sa dépense, et explorare time. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne le pour-

iiifitma lerrœ, séduire les peuples, à peu près rai* dans aucun cas, si l'on prévoyait que la

comme faisait Absalon, etc. Quand le prince liaison avec cet infidèle sera très-nuisible à

a un bon et sage conseil, il faut présumer la religion, que ses soldats pr< fam ro t les

pour lui, quoiqu'il soit toujours bon de sa- choses s a "nies, etc., à moins qu'on ne crai-

.?oir ce que l'auteur vient de dire d'après les gnit de semblables ou de plus grands maux

Dictionnaire de Cas de conscience. I. 32

DÏCTJONNAmE DE CAS DE CONSCIENCE.

de la part de l'ennemi, contre lequel on réclame le secours de l'infidèle.

Cas III. Annibal, général d'armée, persuadé que ses ennemis sont ordinairement moins sur leurs gardes les dimanches et les fêtes considérables, a coutume de livrer bataille ces jours-là. Ne pèche-t-il point?

R. Un jour de bataille n'est pas bien propre à sanctifier les fêtes. On ne doit donc combattre ces jours-là que quand il y a nécessité, ou une vraie utilité; comme, si en attaquant aujourd'hui, on peut battre une armée qui le lendemain sera plus forte par un renfort qui s'avance.

— Sylvius et plusieurs autres enseignent que, hors de ces cas, il n'y a qu'un péché véniel à combattre les dimanches, pourvu qu'on entende la messe.

Cas IV. Armand, colonel, use contre l'ennemi d'embûches , de surprises , etc. Le peut-il sans mensonge d'action?

R. Il le peut, puisque Dieu lui-même a autorisé cette conduiie, en ordonnant à Josué (c. vin, v. 21), de dresser des embûches aux habitants ùe Haï. C'est pourquoi saint Augustin, q. 10, in Josuc, dit : Cui bellare fas est... cum juslum bellum susceperit , utrum aperta pugna, utrum insidiis vincat , nihil ad luslitiaminterast. Mais il ne faut jamais rien faire contre la foi qu'on a donnée à l'ennemi. Fides enim eliam hosti servanda est, dit le même docteur.

— Il y a des ruses défendues à la guerre comme ailleurs. Ainsi, il n'est pas permis d'enivrer la sentinelle ennemie, ni de la porter à trahir son prince, etc.

Cas V. Eugène, capitaine, et sa compagnie ayant forcé une bourgade ennemie, qui avait refusé de se soumettre à la contribution, l'ont pillée et y ont fait un fort grand butin. Tout ce qu'ils y ont pris leur appartientil légitimement?

R. Ou la guerre dont il s'agit est juste, ou elle est injuste. Si elle est juste, Eugène et ses soldats ont acquis légitimement la propriété de tout ce qu'ils ont ravi aux ennemis^ moins que la loi n'en dispose autrement, comme en France, où le grand amiral a le dixième dans toutes les prises qui se font sur mer. Car quoiqu'alors on pèche souvent par cupidité, par emportement, on n'est pas tenu à restituer, * pourvu qu'on ne viole point les lois de la nature.

Mais si la guerre est certainement injuste, il faut restituer. Si son injustice est douteuse, il faut présumer pour l'autorité légitime qui

la commande, et qui en répondra chyant Dieu.

— Si on connaissait après la fin d'une guerre qu'elle était injuste , on ne serait obligé de restituer qu'autant qu'on serait devenu plus riche. Ceux qui sans ordre et sans commission du prince pillent l'ennemi, sont tenus à restitution, à moins qu'il n'irtervienne un consentement tacite du mêmtt prince. Voyez le même tom. VI, p. 162.

Cas VI. Hermograte, soldat, n'étant point actuellement de garde, ni commandé pour aller en parti, a rencontré par hasard un soldat ennemi, endormi dans la campagne, et l'a tué. L'a-t-il pu faire sans se rendre coupable d'homicide?

R. On ne peut l'en excuser, 1° parce que dans ce cas il l'a !ué de son autorité privée; 2U parce qu'on ne peut tuer à l'armée qu'eu vue du bien public, et que la mort d'un seul homme n'y contribue pas, puisqu'elle n'affaiblit pas l'ennemi. C'est la décision de S. B. T. 3. Cas 10. ' Sans cela j'aarais cru que tout militaire est commandé pour tuer l'ennemi quand il le trouve, à moins qu'il ne suffise de le faire prisonnier, comme dans le cas présent.

Cas VII. Herennius, s'étant engagé volontairement au service d'un prince dans une guerre, de la justice de laquelle il avait un doute bien fondé, et s'étant trouvé au pillage d'une ville qui avait été prise d'assaut, y a profité de 1000 écus. Il a connu, trois ans après, que celte guerre était certainement injuste. Est-il obligé à la restitution des 1000 écus?

R. Oui, parce qu'il n'a pas acquis cet argent dans la bonne foi, puisqu'il a toujours douté de la justice de la guerre où il s'était engagé. Et on ne peut pas dire qu'il ait prescrit, puisque la prescription n'a pas lieu dans un homme qui doute de la légitimité de son titre.

— Ou le soldat dont il s'agit n'était pas sujet du prince auquel il s'est engagé, ou il l'était. Dans le premier cas, que l'énoncé indique, ia réponse de P. est juste. Dans le second, tout sujet, tant qu'il n'y a que du doute, doit présumer que son prince a des raisons à lui connues , et se conduire sur celte maxime de S. Aug. 1. xxn, contra laustum, c. 75 : Tir justus, si forte sub rege homme etiam sacrilego militet, recle potest Mo jubente bellare, cui quod jubelur, vcl non esse contra Dei prœceptum,cerlum est; vel utrum sit, c.Eim m non est, etc.

Voyez Armateur, Capitaine.

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