GUERRE
Il ne s'agit pas, dans ce titre, de la guerre civile, qui est celle qui s'élève entre un prince ou une république et quelques-uns de leurs sujets, ou entre les sujets mêmes d'un Etal, ou enfin entre les magistrats et le peuple d'un même souverain. Nous ne parlons ici que de celle que fait le prince, soit pour défendre l'Etat contre ses ennemis, soit pour les obliger à réparer l'injure qu'ils lui ont faite. Tout prince, ou république, qui même reconnaît un autre prince pour supérieur, tel qu'est en Allemagne un prince électeur de l'Empire, a droit d'entreprendre une guerre purement défensive : mais d'ordinaire il n'appartient de faire la guerre offensivement qu'à celui qui est souverain, c'est-à-dire qui ne reconnaît aucun supérieur en ce qui concerne le temporel, tel qu'est l'empereur, le roi de France et les autres semblables princes. Pour rendre une guerre licite, il faut 1* l'autorité publique; 2° une cause légitime; 3° une intention droite. Faute d'une seule de ces conditions, la guerre est illicite, et ceux qui la font, ne peuvent être excusés de péché mortel. Malheur donc à celui qui ne la déclare que par ambition, par avarice et par la seule crainte de la grande puissance d'un prince voisin avec lequel il vit en paix, etc. Un prjnce ne peut commencer la guerre dans le doute si elle est juste; néanmoins ses soldats doivent alors lui obéir. Mais un étranger qui ne serait pas encore à sa solde ne pourrait s'y mettre dans ce cas.
C'est une question de savoir si le prince, qui a entrepris une guerre juste pour obliger son ennemi à réparer une injure ou un dommage public, est tenu à se désister ou à cesser la guerre, lorsque cet ennemi lui offre une juste satisfaction. Pour y répondre, le cardinal Cajetan veut qu'on distingue trois temps ou trois états différents de la guerre.
Le premier est le commencement, c'est-à-dire, quand la guerre est déclarée, et que l'armée est en marche ou au moins assemblée, auquel cas le prince ne peut sans injustice