‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 413 sur 448 · ND · texte numérisé non relu

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personnes parentes, et l'autre entre deux personnes alliées ; de sorte que, comme la parenté et l'affinité diffèrent en espèce, de même ces deux sortes d'incestes sont aussi différents eu espèce. Il y a encore un inceste qu'on appelle spirituel, à cause qu'il regarde des personnel avec lesquelles on a contracté une parenté ou alliance spirituelle par le sacrement du baptême, ou par celui de la confirmation, auxquels quelques théologiens ajoutent celui de la pénitence; sur quoi nous nous expliquerons amplement dans la seconde décision.

L'inceste est un empêchement de mariage qui ne peut cesser que par une dispense légitime , et qui, après le mariage contracté, fait perdre à celui qui est coupable de ce crime, le droit d'exiger le devoir conjugal, dans lequel il ne peut être rétabli que par la dispense de l'évéque.

Cas I. Abraham, ayant commis un inceste avec Ansgarde, sa parente, s'en est confessé comme d'une simple fornication; étant persuadé qu'étant tous deux libres il n'était pas nécessaire de déclarer qu'Ansgarde était sa parente. A-t-il pu taire cette circonstance sans rendre sa confession nulle?

R. Non ; et il était ahsolument obligé de déclarer que la fornication dont il s'accusait était un inceste, et d'exprimer même le degré de parenté qui était entre lui et Ansgarde, sans quoi sa confession a été nulle. La raison est qu'on doit déclarer les circonstances qui changent d'espèce le péché. Or la circonstance dont il s'agit change d'espèce le péché d'Abraham , parce qu'elle ajoute au péi hé de fornication une nouvelle difformité d'une autre sorte de péché, en violant le respect que la nature inspire à ceux qui sont liés par la parenté ou par l'alliance. Aussi est-ce le sentiment de tous les théologiens après saint Thomas in k, dist. kl, q. i, 2. k.

Cas II. Vigiltus a été convaincu d'avoir eu un commerce criminel avec une fille qu'il avait confessée. A-t-il commis en cela un inceste spirituel, et doit-il être puni de la peine due aux incestueux ?

R. Quelques théologiens le croient ainsi, fondés sur deux anciens canons, l'un de Célestin I", l'autre de Symmaque (can. 8 et 10, xxx, q. î), qui mettent dans le sacrement de pénitence une alliance spirituelle semblable à celle qui se contracte par le baptême. Mais saint Thomas in k, dist. k-2, q. i, n'admet entre le confesseur et la pénitente qu'une alliance improprement dite, et pour ainsi dire, similitudinaire; et il est suivi par Solo, par Gamache, et par beaucoup d'autres.

Mais le saint docteur ne laisse pas de dire

ibid. que tantum peccat confessarius carnaliter pœnitentem cognoscens, ac si sua esset spiritualis filia; ou, comme dit le pape Célestin cit. can. 10 : Sic pœniteat, quomodo de filia spiritual! ; episcopus quindecim annis, presbyter duodecim, et deponatur, si tamen in conscientiam pipuli devenerit. Vigilius doit donc subir la même pénitence qu'un sage confesseur lui imposerait s'il avait commis un inceste réel, quoiqu'il n'en ait commis qu'un similitudinaire.

— L'auteur, à moi inconnu, d'une dissertation théologique sur le péché du confesseur avec sa pénitente, soutient d'après le P. Rilluard, que la qualité du confesseur non-seulement ne fait pas un inceste, ce que bien des théologiens lui accorderont sans peine, mais ne fait pas même une circonstance mortellement aggravante, dont la déclaration soit absolument nécessaire; à moins qu'il r?e s'agit de ces sacrilèges horribles, où unissant le sacrement au péché, on fait servir l'un de moyen pour commettre l'autre, soit en sollicitant dans la confession, soit en abusant de la connaissance que* le pénitent a donnée de sa faiblesse, etc. 11 y a du bon dans cet ouvrage, quoiqu'écrit d'un style un peu trop triomphant ; et je crois avec l'auteur, 1° qu'on ferait mieux de ne point réserver ces sortes de péchés, ce qui fait croire, et très-mal à propos, qu'ils sont bien communs; 2° que le même péché n'est point par lui-même, et séparé des circonstances de sollicitation dans le tribunal, de scandale, etc., un cas privilégié. Malgré cela, je pense toujours qu'on doit s'en confesser. Dans les matières qui seraient vraiment douteuses, le doute seul joint à la nécessité du plus sûr formerait une décision.

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