‹ Dictionnaire de cas de conscienceChapitre 42 sur 448 · AGRESSEUR · texte numérisé non relu

AGRESSEUR

Il est des agresseurs delà vie, de la fortune, de la pudeur et de l'honneur.

Esl-L permis de tuer un injuste agresseur pour conserver sa vie? Assurément, po rvu qu'on ne dépasse pas les bornés 'd'une juste défense : l'article du code pénal déclare le meurtre et les blessures excusables s'il o t été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes. En conscience il es permis de tuer un injuste ; g esseur ; 1° quand celui qui es» attaqué n'a pas d'autre moyen de se defen Ire; 2° quand l'.gresseur a, sinon commencé 8'âttaq'ner, du moins de se mettre en étal de le faire: par exemple, s'il met la main à l'épée, s'il arme son pistolet. Tuer un agre seur avant ou après l'agression, c'est un véritable meurtre ; de môme s'il fuyait ou qu'il fût blessé et hors d'état

de nuire.

Dans les mêmes circonstances il est perm s de tuer celui qui attaque notre prochain; mais est-on obligé de e faire? Non, à m ins qu'il ne s'agisse de la défense d'un père, d'un frère, d'une épouse ou d'une personne éminemment utile au bien public.

Peut-on tuer un voleur quand on ne peut conserver ses biens qu'en le tuant?

R. On ne le peut pas, l' s'il s'agit de la conservation d un bien de peu d'importance; 2° si la chose de quelque prix qu'elle soit peut être renservée ou recouvrée autrement qu'en tuant le voleur, par exemple, en cri mi, en frappant; alors même il ne serait pas permis de mut 1er un voleur .-saint Liguori, contrairement à Antoine, Collet, Billuart pense quon peut le tuer quand on ne peul pas conserver autrement sa for une ou un liien d'une gr ude valeur. Il regarde ce senlimenl comme Irès-probab e. Messeij;neurs Bouvier, Gou>set sont de cet avis. Selon eux on peut même teinter de reprendre la chose volée, de se la faire rendre, au risque de tuer l'injuste délenteur; car, s'il oppose de la résistance, il devient agresseur. Mais ce serait un crime de tuer celui qui même injustement nous empêcherait d'obtenir une succession, un établissement ou quelque autre avantage,

Il n'est pas permis de tuer ni même de mutiler gravement celui qui attente à la pudeur, lo. «qu'on peui le repousser par d'autres m yens, par des coups ou par des cris. Mais si on ne pouvait le repousser, il serait permis de le tuer : c'est le sentiment de saint Anionin. de saint Liguori et celui qui est le plus commun. Bien plus, une personne doil exposer, sacrifier sa propre vie, si elle craint avec raison de consentir au péché-

Il est certain qu'.l n'est permis, [jour quelque nié. ris, quelque injure que ce soit, de luer quelqu'un, parce qu'il a dit par exemple à un personnage honorable : Vous mentez. L'injure peul êire réparte ou rep >ussée différemment ; de plus elle n'a aucune proportion ave»; la vie de l'agresseur : et il n'est permis à . ersonne de se venger soi-même; pour cette raison il est défendu de rendre injure pour injure, calomnie p^ur calomnie, soufilel poui sou filet.

Si l'agresseur avait tenté de donner un souflet, un coup de canne à un homme éminemment distingué el qu'on ne pût le repousser qu'en le tuant, serait-il permis de le hier, ou devrait-on prendre la tuile ? S'il n'est pas honteux de fuir, assurément un devrait fuir. Mais si celle fuite ne pouvait se fa re sans encourir beaucoup de bon* il paraît à saint Liguori qu'il serait permis de tuer l'agresseur. D'à U très en plus grand nombre ne sont pas de cel avis. 11 pourrait se faire que la bonne foi excusai de pé£he celui nui tuerait ainsi son agresseur.

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