INSTRUCTION
Tout fidèle est obligé de savoir qu'il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fiis el le Saint-Esprit, que Dieu le Fils, la seconde personne de la sainte Trinité, s'est fait homme pour nous, qu'il est mort sur la croix pour nous sauver, que nous avons une âme qui est immortelle , qu'il y a un paradis pour récomDenser les bons, et un enfer pour punir les mé liants qui mourront dans le péché.
Il est nécessaire, de nécessité de précepte, de savoir, du moins quant à la substance : 1° le symbole des apôtres; 2° l'oraison dominicale; 3° les commandements de Dieu; 4° les commandements de l'Eglise, qui regardent en général tous les fidèles ; 5° ce qui a rapport aux sacrements de baptême, de pénitence et d'eucharistie. Ce qui regarde les autres sacrements doit être su par celui qui les reçoit.
Cas I. Claude, jeune homme de 25 ans, peut à peine réciter l'oraison dominicale, la salutation angélique, el sait moins encore le symbole des apôtres ; il change , il altère les mots, il en ajoute de ridicules qui n'ont pas de sus. 11 répèie machinalement et à mesure qu'on le lui dit ce que c'est que le mysière de la sainte Trinité, de l'incarnation, de la rédemption , ce que c'est que le sacrement de pénitence, d'eucharistie. Il est du reste dans l'impossibilité d'en apprendre davantage. Il n'a pas encore fait sa pre-
mière communion. Peut-on la lui faire faire avec une telle ignorance?
R. Il peut, se faire que Claude sache la substance des choses qu'il est nécessaire de savoir pour être admis à la table sainte, sans pouvoir en rendre compte ni réciter l'oraison dominicale, la salutation angélique, les commandements de Dieu et de l'Eglise ; qu'il paraisse même ne pas savoir les principaux mystères de la religion. Gependantuous ferons observer, avec le ril de Relley , que dans un pays catholique
le culte s'exerce publiquement, où l'on fait sans cesse le signe delà croix, où ce signe auguste de notre rédemption se trouve à l'église, dans les maisons, dans les champs souvent avec l'image de Jésus-Christ attaché à la croix, et dans un état propre à exciter l'attention; dans un pays où l'on célèbre chaque année la mémoire de la naissance, de la mort et de la résurrection da Sauveur ; où l'image de Marie tenant Jésus entre ses mains, et d'autres images représentant les diverses circonstances de sa vie, sont à chaque instant sous les yeux, il est dîfûcile qu'on puisse ignorer les grands mystères de la sainte Trinité ou de l'incarnation , de manière que les absolutions qu'on recevrait fussent nulles et qu'on ne pût pas être admis à l'âge de 25 ans à la première communion, à moins qu'on ne fût tout à fait idiot.
Il y en a chez qui cette ignorance est tout à fait involontaire, qui, à raison de leur âge, de leur grossièreté, ne peuvent plus rien apprendre , ni rien retenir par mémoire ; dans ce cas ils sont plutôt incapa* blés qu'indignes des sacrements. Si Claude est dans ce cas d'incapacité, le confesseur doit lui faire former des actes de foi, d'espérance, de désir de sa fin dernière, d'amour de Dieu, de contrition de ses péchés et de ferme propos de n'y pas retomber; ensuite on peut l'admettre aux sacrements, s'il n'y a pas d'autres empêchements. Mais il faudra, à chaque confession, lui faire renouveler les mêmes actes. C'est là le sentiment de saint Alphonze et même celui de la Méthode de direction de Besançon.
Benoît XIV ajoute qu'on peut quelquefois donner l'absolution à ceux qui ignorent l'oraison dominicale, le symbo e des apôtres, les commandements de Dieu et de l'Eglise, les dispositions nécessaires aux sacrements qu'on doit recevoir, lorsqu'ils témoignent un regret sincère de leur ignorance et promettent de s'instruire à l'avenir.
Un confesseur doit instruire le pénitent : 1e quand l'erreur est en matière grave , qu'elle est vincible et mortellement coupable; 2° lorsqu'il est interrogé ou consulté par le pénitent; 3° lorsque l'ignorance invincible ou non a pour objet les vérités de la religion, dont la connaissance est regardée comme nécessaire au salut; 4U lorsque l'erreur invincible du pénitent est de nature